Plus tard dans la soirée, Eric suivi Georges sur la terrasse, pendant que les deux femmes faisaient le lit pour ce soir.
Jessica : je voulais te dire que je suis profondément attristé pour Éric. Comment il s'en sort ? Et toi ma chérie, comment tu gères le quotidien ?
Tami : les jours sombres sont derrière nous.
Jessica prit Tami dans ses bras : oh ma chérie…tu aurais dû m'appeler, je t'aurai épaulé, tu le sais.
Tami : je le sais maman. Je croyais pouvoirs contrôles la situation seule. J'ai eu tort. J'ai sous-estimé l'aspect psychologique de la situation.
Jessica : j'en suis consciente. Je travaille au côté de ton père, je guide ses patients vers une vie normale. Je fais beaucoup de psychologie avec eux.
Tami : je l'ignorai. Depuis combien de temps, tu travailles avec papa ?
Jessica : 5 ans un peu prêts. Ton père a toujours été un bon médecin et un bon psychologue, mais un patient lui a donner du fils a retordre. Alors, je l'ai aidé à ma manière et ça beaucoup réussi. Depuis, ton père m'envoie des patients un peu plus fragiles que d'autres. Je me sens vraiment utile et je suis plutôt doué pour écouter les gens.
Tami : je ne suis pas étonné. Tu as toujours été une personne attentive aux autres, à travers toutes les associations sur lesquelles tu t'engageais.
Jessica : tu retiens de moi. C'est remarquable ce que tu as accompli en tant que directrice d'école. Je suis fière de toi, tu sais.
Tami craqua : Jessica s'approche de sa fille pour essayer de comprendre la raison de son chagrin soudain.
Jessica : eh chérie…
Tami : ses derniers jours n'ont pas été faciles. Je suis heureuse de pouvoir compter sur toi maman, car je ne suis pas sûr d'avoir les épaules pour tous gérer, encore une fois.
Jessica : explique-toi. Il y a un problème entre toi et Eric. ?
Tami secoua la tête : revenir dans la région, après tant d'années, ça fait remonter des souvenirs. Des souvenirs douloureux enfoui si profondément, que je sens qu'Éric a plus en plus de mal à cacher. Je suis inquiète maman. Je ne veux pas revivre la période ou Eric était si refermé sur lui-même que s'en était effrayant. Et je crois aussi, qu'Eric n'a pas tous a fait accepter sa paraplégie. Tous ensemble, je…
Jessica : chut….un problème à la fois, tu veux bien ? Déjà, qu'est-ce qui te fait dire qu'Eric n'a pas accepté sa paraplégie ? Je n'ai pas vu de signe, comme j'ai pu le voir sur les patients de ton père que j'ai traité.
Tami : je ne sais pas, il a toujours ce regard fuyant quand des inconnus viennent l'aborder. Et c'est un détail, mais je n'ai jamais revu Éric se regarder dans un miroir. Il se prépare le matin, mais jette juste un regard furtif à son reflet.
Jessica : tu sais, accepter la nouvelle image que l'on renvoi de soi est un long processus. Surtout dans le cas de ton mari, qui a toujours été exposé par son métier d'entraîneur. Mais franchement, je ne pense pas que tu dois t'en inquiéter. Laisse faire le temps. Je te le dirais si j'avais vu quoi que ce soit sur Eric. D'accord ? Et si tu veux, je peux demander à ton père d'en parler avec lui ?
Tami : oh non, surtout pas, je ne veux pas qu'il pense que j'ai encore des doutes sur lui. La dernière fois, j'ai failli le perdre.
Jessica : explique-moi.
Tami : Eric rentrait à peine de rééducation, il m'a entendu parler de psychologue avec sa mère. Il s'est mis dans une telle colère. Il est parti de la maison. Nous l'avons retrouvé des heures plus tard, inconscient et au bord du coma éthylique. J'ai eu si peur maman. Il est resté 24 h avec un pronostic vital engagé.
Jessica prit Tami dans ses bras : ma pauvre chérie…
Tami : j'ai si peur de revivre cela maman. Il est si perdu, si troubler par ses souvenirs horribles qui le hantent. Je ne sais pas quoi faire pour l'aider.
Jessica : est-ce qu'il est en contact avec ses amis de l'époque ? Je me souviens que vous étiez une petite bande à l'époque.
Tami : oui, son meilleur ami nous loge, et 3 de ses anciens coéquipiers sont ici également. Pourquoi cette question ?
Jessica : ça ne va sûrement pas te plaire, mais je pense que ce n'est pas à toi de l'aider aujourd'hui.
Tami : je suis sa femme. Nous avons toujours fait face aux épreuves de la vie ensemble.
Jessica : je sais, mais, justement, vous vous protégez trop l'un et l'autre. Et si mes souvenirs sont bons, ce sont ses nouveaux coéquipiers qui l'ont aidé, à l'époque, à revenir dans le droit chemin. Que cela te plaise ou non, Éric a vécu des choses uniquement avec ses amis, et il a plus besoin d'eux aujourd'hui que de toi à ses côtés.
Tami : je vais y réfléchir.
Jessica : Tami, ne le prends pas comme un échec. Dans certaines situations, les amis sont plus aptes à aider que sa propre famille.
Au même moment, sur la terrasse.
Eric : j'aimerais vous demander un service M. Tal.
George : qu'est-ce que je peux faire pour toi Eric ?
Eric : j'aimerais que Tami et mes filles restent avec vous pendant un petit moment.
George : il y a un souci entre vous deux ?
Eric : ah non pas du tout, c'est juste que…j'ai besoin… d'espace. J'ai besoin de me retrouver, seul, avec mes anciens amis pour… pour gérer le deuil qui me touche. Je sais, ça peut paraître égoïste. Tami a toujours été là pour moi, mais enfin je… ce qu'on a traversé depuis mon accident, Tami a souffert. Je voudrais la préserver des jours à venir. Vous comprenez ?
George : de quel deuil tu parles ?
Eric : je suis revenu dans la région pour dire au revoir à la personne, sans qui je ne serai pas qui je suis aujourd'hui. Il est mort dans mes bras il y a quelques jours, l'enterrement a eu lieu i jours. J'ai perdu pied. J'ai vu dans les yeux de Tami et de mes filles le chagrin. Je déteste être cette source de chagrin à leurs yeux. Je les ai fait traverser tellement de chagrin pendant ma convalescence, qu'elles ne méritent absolument pas de le revivre. Je veux les préserver des jours compliqués qui vont arriver.
George : je comprends.
Eric : merci Mr Tal.
George : je vais t'aider même si je sais que cette demande cache quelque chose de plus profond.
Eric : a la naissance de Julie, j'ai vécu en parallèle un autre deuil en lien avec mes amis, et je…. j'ai bloqué tous mes souvenirs en lien avec ce passé. L'accident a fait remonter quelques souvenirs, mais depuis que je suis revenu ici, c'est comme si je me prenais un train en pleine figure. J'ai craqué plusieurs fois, que ce soit devant Tami, ou Julie. Je ne veux plus que cela se produise. Je veux guérir mes blessures devant les seules personnes qui m'ont vu au plus bas, mes anciens amis. Je ne veux plus impliquer ma famille. Je les ai déjà fait assez souffrir.
George : ce sont eux que tu protèges ou toi ?
Eric hésitant : les deux.
George : c'est une bonne chose que tu l'admettes.
Eric : depuis l'accident, elles me regardent autrement. Je sais que ce n'est pas volontaire, ni même qu'elles s'en rendent compte, mais c'est dur pour moi.
George : laisse-moi deviner ? Elles te regardent avec une tristesse dans leurs yeux.
Eric baissa les yeux.
George : mais toi, est-ce que tu te regardes avec tristesse ?
Eric : je me regarde très peu en vérité.
George : je m'en doutais un peu. Quand je te regarde, je vois encore une personne qui n'a pas totalement accepté sa paraplégie. Est-ce que je me trompe Eric ?
Eric : j'ai accepté ma vie quotidienne dans ce fauteuil, ce que je n'accepte toujours pas, c'est mon reflet dans un miroir et le regard de mes proches sur moi. Après, je ne peux pas leur en vouloir, elles ont été si proches de me perdre. Elles prennent soin de moi, et moi, j'aimerais prendre soin d'elles, comme avant, mais j'ai tellement de choses qui se chamboule dans ma tête que je ne peux pas. J'ai vraiment besoin de prendre du temps pour moi, et régler mes problèmes loin d'elles. Je les aime si fort, vous savez, et c'est dur de leur demander de l'espace pour moi alors qu'elles pensent bien faire en me chouchoutant.
George : je parlerai à Tami.
Eric : oh non…
George : je suis médecin Eric, j'ai vu toute sorte de couple faire face à le handicap. Si je peux, vous apportez mon aide. D'ailleurs, si tu as besoin de parler de tes ressentis, je suis là Eric.
Eric : merci M. Tal, j'apprécie le geste.
George : il ne faut surtout pas que tu te mettes la pression. L'acceptation est un très long processus. J'ai des patients pour qui cela a duré 5 ans. Une étape à la fois. Tu es sur la bonne voie Eric et je suis là si tu veux en parler.
Tami apparut : la chambre est prête Eric. Je monte dormir.
Eric : je te rejoins. Bonne soirée M. Tal.
George : bonne nuit à vous deux.
George s'approcha de son épouse : Eric veut que je persuade Tami de rester auprès de nous, avec les enfants. Connaissant ma têtue de fille, je ne sais pas comment mit prendre.
Jessica : et si je te disais que j'avais persuadé notre fille de laisser Eric rentrer seul demain.
George : QUOI ?
Jessica : moi aussi, je ressens les choses mon tendre mari.
George : tu es merveilleuse.
Dans la chambre.
Tous les deux étaient gênés, sans savoir comment aborder le sujet.
Eric : tu apprécies tes retrouvailles ?
Tami : j'avoue être assez surprise par mon père, surprise dans le bon sens. Merci pour cette initiative mon amour.
Eric : je suis heureux de te voir heureuse. D'ailleurs, je…tu pourrais rester ici…quelques jours. Les filles pourraient te rejoindre. C'est l'occasion idéal pour qu'elles fassent connaissance alors tes parents.
Tami : c'est drôle, c'est justement ce que ma mère m'a suggéré.
Eric : c'est vrai ?
Tami : Eric, j'ai besoin que tu répondes à ma question de façon honnête. Est-ce que tu veux rester un peu seul ?
Eric hocha timidement la tête : je voudrais passer du temps avec mes amis. J'espère que tu ne m'en veux pas.
Tami : non, je peux le comprendre.
Eric : tu es sûr de cela ?
Tami : mon ego me dit le contraire. Je suis ta femme, et je ne peux pas t'aider, et je me sens mal à cette idée.
Eric : et je me sens mal que tu penses que je n'ai pas besoin de toi. J'aurai toujours besoin de toi.
Tami les larmes aux yeux. Eric l'a pris dans ses bras et la berça avec tendresse.
Eric : je veux que tu prennes tu temps pour toi aussi. On en a besoin tous les deux après les émotions fortes que nous traversons depuis quelque temps. Je t'aime si fort Tami.
Tami : j'aurai beaucoup à faire les prochains jours. Il faut que je présente nos filles à leurs grands-parents.
Eric : il faut que tu contiennes Julie, tu n'auras pas le temps de penser à moi.
Tami souris : ça, c'est sûr.
Eric : aller, ça va bien se passer. On se donne une semaine d'accord ?
Tami : une semaine.
Eric : merci d'être une femme aussi compréhensive.
Tami : merci d'être mon mari aussi protecteur.
Eric : laisse-moi te montrer à quel point je t'aime.
Tami : mes parents pourraient entendre.
Eric malicieux : Justement, on n'a jamais connu cette adrénaline. C'est existant, tu ne crois pas ?
Tami : mm
