Bonjour et merci à Gwen who, Kaname et ElenaEffe pour vos reviews sur le chapitre précédent.
On poursuit l'enquête et les choses commencent sérieusement pour Edward et Alice, avec le début de semestre de printemps, qui marque officiellement le début de leur infiltration.
Bonne lecture !
PARTIE I
Chapitre 2
Seattle, Washington
Je ferme l'appartement à clé alors qu'Alice part devant. Aujourd'hui, les choses sérieuses commencent. Le semestre de printemps débute sous la fine pluie de Seattle. Alice, elle, va faire ses premiers pas sur les bancs de l'université, alors que je vais découvrir mon planning de doctorant et rencontrer mon professeur référent.
Mon emploi du temps du jour étant plus léger que celui d'Alice, je peux me permettre de l'accompagner à son premier cours. Nous marchons main dans la main sur le campus, en direction de la fac d'anglais.
Il y a beaucoup d'agitation et de monde en ce jour de rentrée universitaire. Je jette régulièrement un œil circulaire autour de nous pour observer les comportements, mais rien d'anormal à relever. En approchant de l'entrée de la faculté, je remarque Isabella seule, assise avec un livre sur les genoux. Elle dénote des autres étudiants, tous accompagnés ou en groupe. Elle est seule sur son banc. Alice va avoir du boulot avec elle.
J'accompagne Alice au secrétariat pour qu'elle récupère son horaire. En vérité, elle le connaît déjà, mais pour n'éveiller aucun soupçon, il fallait qu'elle vienne le récupérer comme pour chaque nouvel étudiant fraîchement débarqué. Nous restons dans le couloir à observer, jouant la comédie à discuter et se bécoter, jusqu'à l'annonce du début des premiers cours dans les haut-parleurs de l'établissement. Nous laissons passer la foule, puis je quitte Alice devant la porte de son amphithéâtre. Je distingue Bella seule au fond à une place, permettant à Alice de s'installer à côté d'elle. Je lui souhaite bonne chance avant de m'en aller pour ma propre faculté.
Le trajet n'est pas long et le campus subitement bien plus vide qu'auparavant. Je traverse les allées jusqu'à arriver à ma destination. Je m'annonce au secrétariat du département français/italien et on me fait attendre pour que je rencontre le doyen de la faculté.
Le rendez-vous est rapide et chaleureux. Le doyen me fait visiter les lieux et me présente mon emploi du temps et m'explique ce qui est attendu de moi pour le cours que j'aurai à dispenser. Je découvre avec surprise qu'il s'agit d'un court de mentorat commun à plusieurs facultés, dont celle d'anglais. Intéressant. Peut-être que j'aurai Alice et Isabella comme élève.
Il me montre rapidement mon bureau, avant que nous ne retournions ensuite au sien, pour discuter de mon sujet de doctorat. J'ai bien appris ma leçon, alors je pitch mon travail fictif pour lequel je n'écrirai pas une seule ligne, Esmé s'en est chargée pour la couverture.
Après cet entretien avec le doyen, je pars à la découverte de mon bureau, par chance individuel. Je pourrais donc travailler d'ici sans compromettre ma couverture. J'installe donc mes affaires, prends mes quartiers et m'installe à mon ordinateur.
Dans un premier temps, je prends le temps de parcourir à nouveau le plan de cours de ma classe. Deux leçons d'une heure trente, deux fois par semaine, les mardis et jeudis en fin d'après-midi.
J'assure une permanence linguistique, pour les étudiants de français, d'italien et d'anglais, pour les guider et les aider dans leurs rédactions et leurs divers travaux. Mon cours n'est par conséquent pas obligatoire, mais j'espère tout de même avoir un peu de monde pour ne pas me tourner les pouces tout seul comme un con. Au moins, au premier cours de demain, tout le monde sera présent, a priori. Il faudra que j'aille chercher la liste de présence au secrétariat demain matin pour connaître les effectifs exacts.
Ensuite, je me connecte au serveur crypté pour faire le point sur l'enquête. Une semaine après son entretien d'embauche, Rosalie a commencé aujourd'hui. Son premier rapport de la journée annonce les informations d'usage, il est encore trop tôt pour que des informations concrètes parviennent à l'équipe.
En revanche, les résultats d'analyse des sachets retrouvés à la fête, eux, sont tombés et les marqueurs montrent qu'il n'y a pas d'origine géographique, on est donc sur de la drogue entièrement de synthèse. Les composants ont été identifiés, rien de particuliers n'en ressort: tout peut être acheté isolément ou se trouver dans n'importe quel laboratoire de chimie.
Cependant, Esmé n'a pas dit son dernier mot et a effectué des recherches croisées avec les fournisseurs habituels de la région, afin de visualiser si de plus grandes quantités ont été commandées ces derniers temps et effectivement, il y a de légères anomalies au niveau du département de chimie de la fac de Seattle, ainsi que du lycée de Forks.
Pour l'Université, Emmett et le chef de la police du campus sont allés rencontrer le responsable du département qui n'a pas su apporter de réponses, mais a coopéré en fournissant le nom des personnes ayant accès aux achats ainsi qu'aux doctorants ayant accès au labo. Il se trouve que notre cadavre, Terence Netan, avait un accès privilégié au labo en raison d'un travail particulier avec un doctorant. Emmett et Jasper sont actuellement sur le dossier.
Concernant le lycée de Forks, cela dénote, mais cela peut se relier avec le meurtre du shérif, qui s'approchait trop de cette piste et qui aurait découvert cela s'il avait eu le temps de creuser plus.
Etant donné que Forks est la ville d'origine de Jacob, en plus d'être la ville voisine de La Push, la ville d'où son originaire les Quileute, les pièces du puzzle semblent se mettre en place.
Le Wolfpack a dû commencer localement sa production sur la réserve, en s'approvisionnant discrètement au lycée. Je fais une recherche sur les enseignants du lycée, en croisant les données avec notre base de données du FBI et je trouve rapidement des correspondances avec des personnes amérindiennes.
Ensuite, ils ont dû produire plus et ont gagné du terrain jusqu'à Seattle où ils se sont implantés. Ils ont gardé leur production locale à Forks et ont développé une plus grosse production ici, sur le campus.
Là où ils sont malins, c'est qu'ils gèrent l'entier de leur business, sans intermédiaire. Ainsi, ils encaissent l'entier des bénéfices sans partager et croissent donc très vite. Il a bien fallu à un moment donné justifier les entrées d'argent importante sur la réserve, qui a toujours vécu plutôt chichement, ils ont donc acheté le bar et le garage. Ainsi, leurs activités passaient plus inaperçues, tout en continuant à se faire un blé monstrueux sans se faire inquiéter.
Maintenant, reste à savoir si et comment ils se sont procurer les armes qu'ils utilisent et comment se passent les rivalités entre gang au sein de la ville.
Je vois qu'Alice a profité d'une pause pour se connecter au serveur et mentionner qu'elle a suivi le premier cours à côté de Bella et qu'elle a pu lui parler un peu à l'intercours. Isabella est peu loquace et clairement renfermée sur elle-même. Alice a relevé une très grande fatigue ainsi qu'un amaigrissement certain, par rapport aux photos de la base que nous avons en notre possession.
Je parcours encore le travail de Jasper et les autres éléments de l'enquête avant de me déconnecter et refermer mon ordinateur. Je me déplace dans les couloirs de la faculté pour me familiariser avec les lieux. Je profite que ma salle de classe attribuée soit inoccupée pour aller voir la disposition. Une grande salle de cours sèche, avec des tables de deux, parfait pour passer dans les rangs et aider en cas de besoin.
Une fois mon «travail» terminé, en milieu d'après-midi, je rejoins l'appartement. En chemin, je fais un détour par le département de chimie. D'abord aux alentours, je repère Seth qui ne prête pas attention à moi, avec un autre étudiant, un blond. Je relève sans m'attarder ses caractéristiques physiques mentalement pour les transmettre sur le serveur aussitôt rentré.
Quand je traverse les couloirs en direction des laboratoires, je croise Emmett et le Capitaine de la police du campus. Je les salue simplement, comme n'importe quel étudiant l'aurait fait et reprend mon chemin dans les couloirs.
Le capitaine ne m'a pas reconnu, pour cause la dernière fois qu'il m'a vu au briefing, mes cheveux étaient bien coiffés, tirés en arrière comme je le faisais chez les Marines quand ils n'étaient pas aussi court que le protocole l'exigeait. Avec l'infiltration, je les laisse libres de leurs mouvements, devenant parfaitement indisciplinés.
Emmett est habitué à mes dégaines d'infiltration. Il ne manque jamais de me charrier sur mon look d'éternel étudiant, bourreau des cœurs, faisant tomber les nanas comme des mouches. On verra demain si sa théorie se vérifie, avec des étudiantes en pamoison pendant mon cours…
En sortant de la faculté de chimie, je vois au loin Seth marcher en direction des appartements étudiants. Hasard, je dois m'y rendre aussi pour rentrer à l'appartement, alors je presse légèrement le pas, pour le rattraper tout en gardant une certaine distance.
Il n'habite pas ici, sa présence me paraît donc difficile à justifier. Je le vois avancer d'un pas décidé vers la résidence. Je presse un peu plus le pas pour réduire la distance, de sorte à ce qu'une minute sépare nos arrivées. Alors que je tire la porte d'entrée du hall, je le vois déjà revenir sur ses pas.
-Hé salut mec, me salue-t-il vivement.
-Salut Seth, je lui réponds poliment.
-Allez, je m'arrache, à bientôt, dit-il tout aussi vivement en repartant aussi vite qu'il est arrivé.
Je suis d'abord un peu surpris. Mais très vite, je comprends ce qu'il a fait. Qu'est-ce que je disais? Malins, les Wolfpack. Pour des raisons évidentes, je ne peux pas aller fouiller la boîte à lettres d'Isabella Swan, mais je mettrais ma main à couper que Seth y a glissé l'argent de la vente de la drogue du jour.
A peine arrivé, je dégaine mon ordinateur pour transmettre mes soupçons à l'équipe sur le serveur, afin qu'une surveillance vidéo soit mise en place dans le hall de l'immeuble. De plus, je suggère de faire tomber en panne l'ascenseur de la résidence pour que les gens empruntent les escaliers, passant ainsi à pied devant notre appartement pour mieux surveiller les allées et venues.
Je mentionne aussi la description physique de l'individu avec qui Seth échangeait plus tôt et je scrute les allées et venues depuis la fenêtre de la cuisine.
Si ma théorie est juste, Jacob devrait rappliquer sous peu, et j'ai vu juste. Je photographie son arrivée et note l'heure, et moins de trois minutes après, il repart. Il n'y a pas eu d'activité dans le couloir ni bruit d'ascenseur. Il n'est pas monté à l'appartement de Bella, qui plus est, est en cours avec Alice.
Mon hypothèse se confirme donc. Je consigne toutes ces informations sur le serveurs et Carlisle répond déjà que le nécessaire sera fait dès demain matin.
Je commence à voir les étudiants affluer dans ma classe pour mon premier cours. Pour l'occasion, j'ai fait l'effort de mettre une chemise, pour changer de mes éternels t-shirts à l'effigie de groupe de rock vintage. En revanche, je n'ai pas opté pour autre chose qu'un jeans et des baskets, il ne faut pas déconner non plus.
Peu de temps avant que la sonnerie, des bribes de conversation à sens unique me parviennent du couloir. Je devine aisément qu'Alice arrive avec Bella et que cette dernière est prisonnière du monologue de ma collègue.
Lorsqu'elles entrent, la première me salue vivement, alors que la seconde articule faiblement un bonjour à peine audible. Elles s'installent au deuxième rang, proche de la porte, habitude d'agent.
La salle se remplit et dès que la sonnerie annonce le début du cours, je referme la porte et commence mon speech d'introduction.
-Bonjour à toutes et tous et bienvenue à cette permanence linguistique. Je suis Anthony Seman, doctorant et chargé de cours pour ce semestre. Dans ce cours qui n'en est pas vraiment un, vous pouvez venir librement et poser toutes vos questions concernant vos rédactions et vos travaux en cours avec les autres professeurs. Pour le temps que nous allons passer ensemble aujourd'hui, je vais faire circuler la feuille de présence et je vais vous demander de vous présenter brièvement, juste nom, prénom et faculté, pour que je puisse mettre des noms sur vos visages et ensuite, je vous détaillerai les outils à disposition pour vos travaux pendant le semestre. S'il n'y a pas de question, commencez à vous présenter depuis la première table.
Il n'y a pas d'absent à ce premier cours et les effectifs sont plutôt équilibrés entre les facultés. Je passe la majeure partie du cours à présenter les outils utiles pour leurs travaux.
D'abord les différentes bibliothèques des facultés avec leurs horaires, puis les outils physiques et numériques, comme les dictionnaires, les atlas, les recueils et les précis de littérature.
Enfin, je leur laisse du temps pour leurs premières recherches et les questions qu'ils pourraient avoir. Etant donné que le semestre commence à peine, il n'y a que très peu de questions et c'est très bien comme ça.
Je peux ainsi étudier mes étudiants et surveiller d'un œil le comportement d'Isabella. Comme l'a relevé Alice hier, elle semble exténuée et elle est effectivement très amaigrie.
Le cours se termine. Je range mes affaires, tout comme les étudiants pressés de rentrer chez eux. Alors que je referme mon sac, Alice et Bella s'approchent de moi, enfin, plus exactement, Alice s'approche de mon bureau en entraînant Bella à sa suite.
-Très bon cours, Monsieur Seman, commente Alice de façon malicieuse, sous le regard ahuri d'Isabella.
-Déjà impertinente au premier cours, Mary, ça promet pour la suite du semestre, je ris.
-Bella, je te présente mon copain, Anthony, dit Alice à l'attention de son amie, qui se détend en comprenant qu'elle ne m'importunait pas.
-Bonjour, répond-elle prudemment. Votre cours était intéressant et me sera utile, ajoute-t-elle d'une petite voix.
-Tu peux me tutoyer, tu sais. Mon cours est là pour aider, alors n'hésite pas à venir en cas de besoin. Tu es prête à partir, je demande à Alice.
Cette dernière répond vivement et elle tourne les talons avec Isabella à sa suite. Puisque la salle s'est considérablement vidée de ses effectifs, je prends la main d'Alice dans la mienne pour maintenir les apparences, alors que nous quittons la salle.
Nous faisons le court trajet jusqu'à la résidence en compagnie de Bella, discutant difficilement de tout et de rien tant elle est timide. Ses réponses sont courtes, tantôt oui, tantôt non. Elle réfléchit également beaucoup avant de faire des phrases plus longues, comme si elle avait peur de dire quelque chose qu'il ne fallait pas. Je sais qu'Alice n'est pas dupe non plus et qu'elle a remarqué que ce comportement fait écho à celui des femmes battues. Le temps nous dira si cette constatation s'avère elle aussi véridique, s'ajoutant aux motifs d'inculpation de Jacob Black.
Première rencontre officielle entre Bella et Anthony/Edward... Qu'avez-vous pensez de ce chapitre ?
Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour la suite !
A très vite,
S.
