Bonjour et merci pour vos reviews sur le chapitre précédent et merci en particulier à Gwen who, Kaname, ElenaEffe et la personne anonyme.

Je vous retrouve aujourd'hui avec le chapitre 3 !

Bonne lecture !


PARTIE I

Chapitre 3

Seattle, Washington

La semaine a défilé rapidement. Hier, je n'avais déjà plus que la moitié des effectifs à mon cours d'appui. Bella et Alice étaient fidèles au poste, chacune travaillant sur des analyses de textes différentes.

J'ai eu pour la première fois un échange individuel avec Bella, qui rencontrait des difficultés à accéder aux ressources en ligne en raison de problèmes d'accès au serveur de l'Université.

J'ai dû pianoter quelques instants sur son ordinateur pour la dépanner. Ne pensant pas avoir cette occasion deux fois, j'en ai profité pour y installer un logiciel caché, confectionné par Esmé, nous permettant d'avoir accès aux recherches effectuées et aux téléchargements, ainsi qu'aux outils de messagerie. Je ne pense pas que Jacob utilise l'ordinateur d'Isabella, auquel cas, Esmé aura juste plus de données à traiter, mais au cas où, ce logiciel introduit dans l'ordinateur de Bella nous sera utile.

Alice ayant compris mon intention était venue elle aussi à mon bureau, comme pour former une file derrière Bella. Elle en avait profité pour discuter avec elle, la faisant tourner le dos le temps que je termine l'installation.

Après ça, le cours s'est poursuivi calmement, sans que rien ne soit remarqué, puisque j'ai dû faire du dépannage informatique pour plusieurs étudiants.

Ce matin, j'ai profité de rattraper mes heures de sommeil en retard, puisque j'ai passé une bonne partie de la nuit à passer en revue les rushs de la semaine de la caméra discrète filmant les boîtes aux lettres dans le hall de la résidence.

Cette caméra est une véritable bénédiction. On y observe clairement le remue-ménage généré par du trafic de drogue: une personne vient déposer la recette – en occurrence, notre pote Seth – et une autre personne – Jacob – passe chercher dans la demie heure l'argent placé dans une enveloppe et scotchée au plafond de la boîte aux lettres d'Isabella.

La question qui reste en suspens est que devient cet argent. Selon les jours, l'enveloppe est plus ou moins épaisse. Le gang fait sa meilleure recette de la semaine le vendredi, en raison des fêtes et autres activités récréatives du week-end.

J'ai aussi peu dormi cette nuit, car il y a eu du grabuge chez Isabella. Vers quatre heures du matin, j'ai entendu des éclats de voix, ainsi que des bruits de pas et des meubles tirés sur le sol. J'en ai parlé à Alice ce matin, avant de me partir me coucher, pour qu'elle en parle avec Bella si elle arrive à lui tirer les vers du nez.

Je ne dors que quelques heures, pour être suffisamment en forme pour aller courir. Avec les cours et la surveillance à effectuer, j'ai moins de temps pour conserver cette habitude et cela se ressent parfois sur mon humeur.

C'est donc avec un certain plaisir que je me lance dans mon trajet de quinze kilomètres à travers le campus en début d'après-midi. Comme d'habitude, à chaque fois que je cours, j'observe mon environnement en relève les éléments susceptibles de nous intéresser pour l'enquête.

En rentrant, je me dépêche de passer sous la douche pour être dans les temps afin d'observer et photographier les allées et venues de Seth, qui selon toute vraisemblance, ne devrait pas tarder à venir déposer le butin conséquent du jour.

Avec la caméra du couloir, nous voyons certes les individus entrer et sortir du bâtiment, mais afin de compléter cet arsenal de preuves, il est également important d'avoir des clichés de bonne qualité.

A peine installé à mon poste d'observation – l'évier de la cuisine, au-dessus de la fenêtre – je réalise mes premiers clichés. Il est seize heures, Seth est ponctuel. Je le photographie donc à quelques pas des marches du perron, saisissant quelque chose dans la poche intérieure de sa veste. Moins de trois minutes plus tard, je le photographie à nouveau, de dos, cette fois, repartant d'où il vient.

Moins de dix minutes plus tard, c'est au tour de Jacob de faire une entrée remarquée avec sa grosse cylindrée noire, relevant seulement la visière de son casque pour entrer dans la résidence. Malgré le casque complet, je parviens à obtenir un cliché correct de ses yeux, qui permettra à l'identification faciale de faire son boulot. Pareil, les photos horodatées seront idéales pour prouver qu'il s'agit bien d'un trafic.

La semaine prochaine, il sera intéressant de retarder la livraison de Seth pour observer le comportement de Jacob. Je note cette idée dans un coin de ma tête pour la soumettre à Carlisle.

Je range le matériel photographique quand Alice rentre de son dernier cours de la journée. Elle dépose ses affaires non loin de la porte avant de s'écrouler sur le canapé. Je lui demande alors comment s'est passée sa journée, elle me répond par un soupir, puis un grand sourire. Quand Alice sourit en montrant plus de six dents, c'est très mauvais signe.

Elle soupire à nouveau me racontant sa journée de cours ordinaire en compagnie de Bella. L'apprivoisement se passe plutôt bien. Alice a réussi à tisser quelque chose avec Isabella, sans que cette dernière ne la trouve insistante.

Comme elle s'y attendait, Bella est une personne effacée, timide, qui ne parle que très peu. Mais le charme naturel d'Alice lui a permis de faire délier un peu la langue de notre civile.

-Elle ne s'est pas vraiment confiée encore, mais elle a lâché quelques informations à son insu, commence Alice. Vu que je t'ai présenté comme mon copain, elle m'a parlé à demi-mot du sien. Jusque-là, rien qu'on ne sache pas encore, mais elle a parlé et c'est déjà un grand pas, j'ai cru qu'elle ne dirait rien de la semaine, soupire-t-elle avant de sourire à nouveau de toutes ses dents.

-Et ce grand sourire, tu m'expliques, je lui demande, pas très rassuré.

-J'ai réussi à la convaincre de sortir boire un verre ce soir, se réjouit Alice, en tapant dans ses mains.

-Au Wolf, je parie?

-Mais dis donc, c'est que tu me connais bien, ironise-t-elle. Tu ferais un très bon agent du FBI, mon grand!

Je me marre à sa remarque. Je lui fais ensuite part de mes avancées sur la surveillance de Seth et ses allées et venues du trafic de drogue et que nous avons désormais toutes les preuves nécessaires pour en attester.

Cependant, je ne suis pas très fan à l'idée de nous rendre au Wolf ce soir. Le bar est tenu par Sam, le chef du gang des Wolfpack. En quelque sorte, nous serons en terrain ennemi ce soir, si ce n'est en terrain miné… Si quelque chose devait se passer ce soir, cela pourrait compromettre notre couverture.

-Cela va bien se passer, me dit Alice en voyant ma mine songeuse. On va juste boire un verre, on ne fera pas tard et s'il y a le moindre problème, un agent du Capitaine Garrett sera au bar pour sauver nos fesses.

Je respire – un peu – à sa remarque. Elle m'explique donc le déroulé de la soirée. Isabella et elle iront manger des sushis, Alice ayant insisté pour l'inviter, malgré les réticences de Bella. Pendant ce laps de temps, je terminerai de la paperasse en cours et passerai en revue toutes les données en notre possession sur le serveur, avant de partir rejoindre les filles au Wolf.

Cela permettra non seulement de vérifier toutes les infos dont nous disposons avec les derniers éléments de l'enquête pour tout avoir en tête une fois sur le terrain, mais aussi, grâce à notre arrivée différée, nous pourrons relever les nouvelles venues parmi les fréquentations du bar.

Il est vingt-et-une heures trente lorsque je rejoins Alice et Isabella au Wolf. L'endroit est bondé, de la musique rock du début des années deux mille jaillit des haut-parleurs du bar, recouvrant le flot de paroles continu et bourdonnant.

Je me fraie difficilement un chemin jusqu'à la table d'Alice et Bella, une petite table haute avec deux tabourets, tout ce qu'elles ont réussi à trouver en raison de la forte affluence. Lorsque je m'approche d'elles, je vois les yeux d'Alice pétiller et me faire de grands signes à mon attention. Je ris à sa comédie exubérante, mais pour le moins efficace et crédible. Lorsque j'arrive enfin à sa hauteur après avoir esquivé la foule, je l'embrasse furtivement et me place derrière elle, en enlaçant sa taille, avant de saluer Bella.

Nous discutons quelques minutes, la conversation tournant principalement autour de leurs plateaux de sushis alors que je jouais au pauvre chargé de cours ayant dû corriger des textes d'étudiants pour leur rendre un commentaire en début de semaine.

Après cela je me dirige au bar, non sans avoir préalablement demandé aux filles si elles voulaient quelques choses. Je commande trois bière – deux Wolf et une Moon – puis une fois mes consommations payées et décapsulées par une employée, je retourne à notre table, non sans sentir le regard appuyé de Sam dans mon dos.

N'ayant pas trouvé de tabouret libre à emprunter, je reste donc debout aux côtés d'Alice, un bras nonchalamment passé autour de ses épaules alors que je sirote lentement ma bière.

Nous discutons et rions, parlant de tout et de rien, comme le feraient de simples amis. La soirée s'étire, l'atmosphère est bon enfant. Si on fait abstraction que nous sommes dans le bar d'un gang faisant son trafic de drogue sur le campus de l'Université, l'établissement pourrait être sympa.

La décoration, à tendance rétro avec ses néons et ses affiches à l'effigie de groupes de rock mythiques, la piste musicale collant à cette ambiance, il se dégage quelque chose d'agréable au Wolf, masquant ainsi bien les apparences. Le bar a poussé le vice jusqu'à brasser ses propres cuvées de bière, laissant supposer que le matériel n'est aussi qu'une couverture pour la fabrication d'autres substances…

Alors que je bois ma bière en silence, écoutant ses dames discuter, je ne peux m'empêcher de scanner la salle d'un regard circulaire. Le bar est essentiellement fréquenté par les étudiants de la fac et quelques badauds et bikers plus âgés accoudés au bar, qui dénotent dans le paysage.

Du coin de l'œil, je remarque de l'agitation à l'entrée. Une silhouette, que je reconnais non sans mal comme étant Jacob Black vient d'entrer, avec sa veste en cuir noir et son casque. Il le retire alors qu'il avance dans le bar, slalomant entre les gens et les tables, faisant des sourires charmeurs ci et là en passant devant des tables exclusivement féminines.

Il s'avance d'un pas décidé vers nous, posant son casque sans délicatesse sur la table, faisant sursauter Bella, qui ne l'avait pas vu arriver dans son dos.

-Jacob, souffle-t-elle de surprise.

-Tu ne me présente pas tes amis, dit-il d'un ton froid.

A cet instant, je suspecte que Sam ait appelé Jacob pour lui dire que Bella était au bar en compagnie de deux inconnus.

-Je te présente Mary, qui est aux cours avec moi, et son copain, Anthony, qui est doctorant à la fac.

Jacob nous jauge tour à tour avec dédain.

-Jacob, se présente-t-il, le copain de Bella, ajoute-t-il après une pause en mettant bien l'accent sur le mot «copain», tout en passant un bras possessif autour de la taille d'Isabella.

L'atmosphère détendue d'avant son arrivée s'évapore instantanément, tout comme le sourire de Bella, qui s'est refermée comme une huître au contact de Jacob.

Alice essaie tant bien que mal de faire repartir la conversation, se heurtant aux réponses froides et courtes de Jacob, alors que Bella semble attendre l'approbation de son chien de garde pour ouvrir la bouche. Je savais qu'il était possible d'être sous l'emprise de quelqu'un, je l'ai déjà vu, mais à ce point, c'est rare.

Moins de dix minutes après son arrivée, Jacob prend son casque et le place sous son bras, avant d'intimer à Bella de s'en aller, en la tirant par le bras pour descendre de son perchoir. Cette dernière proteste pour la forme, alors que je vois rouge à ce comportement. Bella est un être humain, pas un objet qu'on traîne et déplace à sa guise.

-Oh mais vous partez déjà, fait mine de demander Alice en voyant que je serre la mâchoire à la vue de ce comportement plus que déplacé. Elle a d'ailleurs placé sa main à plat sur mon avant-bras en avertissement de laisser tomber.

-Ouais, faut qu'on y aille, dit Jacob en restant évasif, tirant Bella à lui, comme un trophée qu'on trimballe.

Bella ne semble pas très encline à le suivre, mais suit le mouvement, comme par peur de représailles. Je la regarde s'éloigner aux côtés de Jacob avec un mauvais pressentiment.

Lorsque nous rentrons à l'appartement après ça, je m'écroule sur le canapé, encore en colère.

-Ce type n'est qu'un crevard, je lâche, encore hors de moi.

-Et toi, tu n'es pas mieux, si je ne t'avais pas tempéré, dieu seul sait ce qu'il aurait pu se passer, mais ça aurait très bien pu foirer, m'engueule Alice. On se doutait que Jacob traitait Bella comme de la merde, mais ce n'est pas notre job de la secourir, ajoute-t-elle, elle aussi remontée. Alors tes élans gentleman et chevaleresque, tu te les gardes, Roméo.

Je souffle en passant une main dans mes cheveux. Elle n'a pas tort. Nous ne sommes pas là pour ça. Nous sommes là pour surveiller afin de savoir si elle trempe dans le business elle aussi. Mais, pour ça, en à peine une semaine d'infiltration, pas besoin d'être un génie pour comprendre que non, qu'elle n'est juste qu'un pion et une récompense pour Jacob.

Je suis interrompu dans mes pensées par du bruit en provenance de la cage d'escaliers. Je m'approche de la porte, alors qu'Alice s'est enfermée dans la salle de bain pour se démaquiller, enfin, je suppose.

Je m'approche du judas pour apercevoir Bella et Jacob monter à l'étage du dessus. Encore une fois, il la traite comme un pantin désarticulé, tirant sur son bras comme un forcené pour qu'elle le suive.

Après qu'ils aient disparus de mon champ de vision, j'entends au-dessus de moi la porte de l'appartement s'ouvrir en fracas, ainsi que des pas, des éléments bousculés et des éclats de voix.

A ce moment-là, Alice sort de la salle de bain, constatant le bruit provenant de l'appartement d'Isabella.

-Ce ne sont pas nos affaires, Edward, commente Alice, en allant dans la chambre pour se coucher.

Je soupire. Je quitte le salon pour l'imiter, alors qu'un «non, s'il te plaît Jacob», étouffé, suivi d'un cri, quant à lui bien audible, me glace le sang.


Je sens que je ne vais pas me faire apprécier de tout le monde avec ce chapitre... S'il restait des Teams Jacob dans l'assistance, ne me haïssez pas trop fort, svp !

A la semaine prochaine pour la suite !

S.