Bonjour et merci pour votre fidélité ! Un grand merci à Gwen who, Kaname et ElenaEffe pour leurs reviews !

Aujourd'hui, un peu d'introspection pour Edward...

Petites précisions pour la suite vu que les choses se mettent en place : le rated M n'est pas là par hasard. Des choses dures vont être abordées dans cette trilogie : beaucoup de violence, sous toutes ses formes. Prenez soin de vous : si vous êtes mal à l'aise avec les sujets abordés, ne lisez pas, préservez-vous.

Je vous laisse sans plus attendre avec le chapitre 4, bonne lecture !


PARTIE I

Chapitre 4

Seattle, Washington

Je n'ai pas fermé l'œil de la nuit. J'ai fini par quitter la chambre pour ne pas réveiller Alice en tournant et me retournant encore et encore dans le lit. L'agitation en provenance de l'appartement du dessus a duré bien trop longtemps à mon goût, réveillant des envies de meurtres envers notre suspect.

Il n'y avait aucun doute sur ce qu'il pouvait se passer là-haut. Un homme qui lève la main sur une femme n'est pas un homme. Un crevard, une merde, tout au mieux. Alice a raison, ce ne sont pas nos affaires et j'ai dû me répéter ça en boucle pour ne pas prendre mon flingue et aller défoncer la porte pour lui en coller une entre les deux yeux.

Je suis assis par terre dans la cuisine, dans le noir le plus complet, seul, à essayer de me calmer dans l'obscurité, pinçant l'arête de mon nez en soufflant.

Je n'ai pas vu autant d'horreur dans ma vie qu'Emmett, mais j'ai eu mon lot de trucs moches depuis que je suis au FBI.

Tout d'abord, les meurtres, plus ou moins violents. Les corps, tantôt mutilés, tantôt démembrés ou prélevés de leurs organes pour d'étranges raisons, tout cela ne me ferait presque ni chaud ni froid, tant je suis habitué à ce genre de scènes d'horreur.

Les disparitions, les enlèvements, les séquestrations, les prises d'otage, les empoisonnements sont aussi mon quotidien depuis deux ans que j'ai intégré l'équipe de Carlisle.

J'en ai vu, des vertes et des pas mûres, avec les profils de tarés que je mets à l'ombre avec l'équipe: tueurs en série, pyromanes, terroristes, sectes, délires de psychopathes en tout genre… Tout y passe.

J'ai appris à passer au-dessus sans que cela ne m'atteigne, ne m'affecte. C'est dans notre formation et nous sommes sans cesse encadrés par des cellules psychologiques en tout genre pour s'assurer que nous sommes toujours aptes au terrain sans que cela n'affecte notre santé mentale.

Tout est mis en place au FBI pour nous permettre d'encaisser toutes ces horreurs, toute cette violence que nous voyons quotidiennement.

Pourtant, il y a quelques cas auxquels je ne me ferai jamais, ce sont les infanticides et les abus, quels qu'ils soient: physiques, émotionnels et sexuels.

Cela me rend fou et me fait démarrer au quart de tour. L'humain est capable du pire et ces sévices en sont la preuve irréfutable. Et avec Bella, pour en tout cas pour les abus physiques et émotionnels, on y est en plein dedans.

Comment peut-on se rabaisser à de telles pratiques, en s'en prenant à plus faible que soi? Comment peut-on en retirer satisfaction, ou pire, du plaisir à le faire? Je n'ai toujours pas la réponse et je ne souhaite pas l'avoir.

Cette nuit, j'ai vraiment dû lutter pour ne pas monter et refaire le portrait à ce connard. Ce que j'ai entendu, rien que d'y penser… Je serre les dents et les poings malgré moi.

Je peux attester d'au moins trois coups, pour sûr, à en juger par les plaintes rauques et les pleurs d'Isabella, peut-être plus, mais je ne le saurai jamais avec exactitude.

Je vais devoir faire comme si de rien n'était, comme si je n'avais rien entendu cette nuit, et faire comme si le comportement de Jacob au bar était tout à fait normal… Cela va être dur, mais je dois le faire. C'est ce que l'on attend de moi.

C'est du moins ce que je me répète, encore et encore. Je ne peux rien faire pour ça, ce n'est pas ce que l'on attend de moi. En revanche, prouver les agissements du gang en récoltant des preuves avec mon job d'infiltration, c'est ce pourquoi je suis ici et ça, je peux le faire.

Et en le faisant, indirectement, j'aiderai Isabella à sortir des griffes de son bourreau. En prouvant que Jacob est relié au gang, au trafic de drogue et au blanchiment d'argent, je le ferai emprisonner. Longtemps. Suffisamment longtemps pour libérer Bella de son emprise et qu'elle refasse sa vie loin de lui.

Selon comment, peut-être que je pourrai attester de violences physiques avec Alice, de sorte à ce que le juge ordonne une injonction d'éloignement dans le cas où Jacob Black serait libéré un jour.

Il faut être réaliste. Même en lui collant au cul tous les chefs d'inculpations possibles en inimaginables qu'il pourrait cumuler, il n'obtiendra pas la perpétuité, ni la peine de mort, à ma plus grande peine. Il écopera de vingt à trente ans au minimum, peut-être moins en cas de révision de sa peine dans quelques années ou de bonne conduite.

C'est sur cette pensée que je me relève. Je me rends au salon avec mon ordinateur. Je consigne les évènements de hier soir et ce que j'ai pu entendre depuis notre appartement.

J'entends des pas dans le couloir, j'ai juste le temps d'atteindre le judas pour voir Jacob partir, son casque sous le bras, descendre les escaliers, il est trois heures du matin. Je soupire, essayant de chasser les images d'une Isabella meurtrie, le visage tuméfié.

Je reprends mon ordinateur. Je lis le compte rendu de la première semaine d'infiltration de Rosalie au garage du Wolfpack.

En ce qui concerne la comptabilité des dernières années, tout semble correcte, du moins en apparence. Le chiffre d'affaires du garage se porte bien, tout est en règle en ce qui concerne les employés, leurs salaires et leurs couvertures sociale et maladie. Il n'y a pas d'irrégularité visible, à mon plus grand désespoir.

Rosalie a fait parvenir la liste des employés. Jacob est chef d'atelier et associé de Paul Lahote. Quil Ateara, Embry Call et Jared Cameron travaillent pour eux. Avant son accouchement, c'est la femme de Sam qui occupait l'actuel poste de Rosalie, faisant toutes les tâches administratives du garage: gestion du secrétariat, prise de rendez-vous et gestion de l'agenda, facturation, comptabilité, RH, commande de matériel et de pièces de mécanique… Maintenant, toutes ces tâches incombent à Rosalie et elle a déjà fait ses preuves auprès des deux associés, qui apprécient son professionnalisme et sa rigueur.

Rosalie a pu observer les employés du garage travailler, pour le moment aucun comportement suspect à relever. Elle note dans son rapport que les principales réparations au programme, en dehors des expertises et des réfections de pare-brise ou de carrosserie étaient liées à des filtres à particules défaillants et des défauts de boîte à gants et d'airbags.

Je ne suis vraiment pas un fan, ni un connaisseur de voiture, mais les défauts de boîte à gants me paraissent subitement peu crédible. Aux autres sur le terrain d'enquêter pour savoir si c'est le cas ou non.

Je passe encore une bonne partie de la nuit à annoter et lire les dossiers de l'enquête, m'abreuvant des comptes-rendus, des preuves récoltées et autres informations présentes sur le serveur crypté.

Sans que je ne m'en aperçoive, il est déjà sept heures du matin. Je m'en rends compte en voyant Alice sortir encore ensommeillée de la chambre pour se préparer un café.

-Rassure-moi, commence-t-elle. Tu as dormi cette nuit? Tu n'as pas fait de conneries j'espère, me demande-t-elle, d'un regard inquisiteur.

-Non et non, je réponds en baillant. Il y avait trop d'agitation en haut pour fermer l'œil, je complète d'un ton morne.

-Edward, dit Alice en cherchant ses mots. Je sais déjà où elle veut en venir. Je sais que c'est le genre d'affaire qui te touche particulièrement, mais s'il te plaît, prends sur toi, sinon, elle en paiera les pots cassés si notre couverture saute, termine-t-elle, m'implorant implicitement de ne rien tenter qui pourrait compromettre l'enquête.

Je ferme seulement mon ordinateur, ne répondant pas. Je finis par me lever et me diriger moi aussi vers la cuisine pour me faire un café.

-Tu es sûr que c'est une bonne idée, me demande Alice. Tu devrais dormir.

-Je dormirai quand je serai mort, je lui réponds avec ironie.

-Gaffe-toi, ça risque d'arriver plus rapidement que prévu si tu joues avec mes nerfs comme ça, m'invective-t-elle en terminant sa tasse cul sec avant de la laver et de la laisser sécher sur le rebord de l'évier.

Je ne peux m'empêcher de rire à sa remarque. Elle a beau mesurer à peine un mètre cinquante-cinq les bras levés, Alice est coriace et n'est clairement pas du genre à se laisser emmerder. Si de prime abord, elle a l'air complètement inoffensive, il suffit de la voir en intervention pour se rendre compte que c'est la sous-estimer. Je ne compte plus le nombre d'armoire à glace qu'elle a mis à l'amende avec une simple clé de bras ou une prise d'art martiaux. Je n'ignore donc pas sa menace, conscient que je pourrais être le prochain à mordre la poussière et qu'elle n'hésitera pas à amocher ma belle gueule si elle le décide.

Alice me fait part de ses plans pour ce dimanche. Elle va aller se poser à la bibliothèque pour étudier et observer. Sur les coups de midi, elle se rendra dans une des cafétérias du campus avant de refaire son manège à la bibliothèque une partie de l'après-midi.

De mon côté, je vais veiller encore un peu puis faire une micro sieste et aller courir en début d'après-midi, dans l'optique de ne pas dérégler complètement mon cycle de sommeil.

Trois semaines se sont écoulées sans que ni Alice, ni moi ne croisions Bella. Nous poursuivons notre infiltration de chargé de cours et d'étudiante pour garder les apparences, mais cela n'apporte rien à l'enquête pour le moment.

Nous sommes sûr que Bella est encore chez elle, car il y a de l'activité en journée et Jacob passe deux fois par semaines et repart dans la nuit.

Cependant, je suppose – et Alice aussi – que Bella a encore les stigmates des coups de Jacob et qu'elle ne sortira pas tant qu'elle ne sera pas présentable. J'enrage toujours systématiquement à cette idée, mais je tiens ma promesse faite à Alice et je ronge mon freint pour ne pas aller provoquer Jacob et lui mettre mon poing dans la gueule.

Alice continue d'avoir contact avec elle par message, pour lui raconter les cours et lui transmettre les devoirs. Cela a le mérite de perturber un peu le trafic de drogue de Seth et Jacob, puisqu'Alice glisse les devoirs et les polycopiés pour Bella dans sa boîte à des heures aléatoires.

De mon côté, j'ai entretenu plusieurs correspondances avec elle, supposant qu'elle est souffrante et lui souhaitant un prompt rétablissement, avant de me rendre disponible pour relire les textes qu'elle devra produire au moment de rattraper ses cours.

En attendant, il n'y a rien de plus à faire, en dehors d'attendre. Du côté de Rosalie, son infiltration s'annonce tout aussi calme que la nôtre. Elle qui aime l'action, ce rôle planplan de secrétaire de garagiste commence déjà à lui courir sur le haricot.

De leurs côtés, Jasper et Emmett n'avancent pas beaucoup plus vite. S'ils ont pu rendre visite aux entreprises et fournisseurs des laboratoires de chimie de la fac et du lycée de Seattle, ils n'ont rien trouvé de probant sur place, ni sur les vidéos surveillance.

Pareil avec les clients du garage, rien au niveau des voitures ou des propriétaires. L'enquête et l'autopsie autour de Terence Netan n'a rien donné de plus et la surveillance du bar de Sam ne s'annonce pas plus réjouissante.

Après un mois d'infiltration, nous rencontrons notre première période creuse. C'est souvent comme ça, mais c'est surtout inédit pour ce genre d'enquête. Habituellement, les affaires de drogues et de gang se règlent plutôt rapidement, or, là, nous sommes face à une impasse comme j'ai rarement vu. Si nous avons pu établir les liens entre Jacob et la vente de drogue, nous n'avons encore établi aucun lien entre lui et Sam, le chef du gang.

Sans ce lien établi, cela sera compliqué pour nous de justifier une décente simultanée dans le bar, le garage et l'appartement de Bella.

Alors en attendant, nous patientons, car seule la patience permettra à l'enquête d'aboutir. En tant qu'enquêteur, il n'y a rien de pire que d'être certains de liens, de preuves, mais de ne pas avoir d'éléments suffisamment accablants pour faire retenir une quelconque charge contre ceux que l'on cherche à arrêter.

Et dans notre cas, nous n'auront pas le droit à l'erreur. Il y a trop de protagonistes pour foirer un tel coup de filet et une occasion comme celle-ci ne se représentera pas deux fois.

Nous prenons donc tous notre mal en patience pour mener à bien cette enquête qui s'avère bien plus dense et complexe que ce que nous imaginions en débarquant à Seattle.


Et voilà pour cette semaine, j'espère que cela vous a plu ! Je vous dis à la semaine prochaine !

S.