Bonjour !

Merci aux fidèles lectrices pour vos reviews : Gwen who, Kaname et ElenaEffe. Je vois que vous êtes toutes unanimes : vous détestez Jacob et vous redoutez la suite pour nos infiltrés ! Le temps vous donnera peut-être raison...

Une chose est sûre, cette histoire n'est pas toute rose et me demande beaucoup d'énergie, et d'avoir vos retours si positifs... ça me fait chaud au coeur, alors merci !

J'aurais peut-être dû le faire... indiquer des TW au début de cette histoire... vous me ferez un retour au fil de la suite ? Parce qu'avec du recul, j'hésite !

Je vous laisse sans plus tarder avec le chapitre 5, bonne lecture !


PARTIE I

Chapitre 5

Seattle, Washington

Le printemps commence à faire son apparition. Je le constate lors de mes joggings, où j'ai pu me passer d'une épaisseur de vêtement au fil des semaines. Mars est déjà bien entamé et l'enquête piétine toujours, à mon plus grand regret.

Cependant, au fil des semaines, Alice et moi avons continué notre couverture et avons tissé des liens avec notre voisine Isabella.

Elle et Alice ont développé une véritable amitié, en plus de leur relation de binôme sur les bancs de cours. Bella vient aussi régulièrement à mes cours les mardis et jeudis, ce qui me donne l'occasion de discuter de tout et de rien avec elle sur le chemin du retour.

Alice, elle, a cherché à se faire engager au Wolf et a obtenu un job d'extra pour les soirées du jeudi au samedi. Justifier ce job étudiant a été facile, puisqu'avec nos couvertures, mon salaire de doctorant couvre certes nos frais, mais difficilement plus, si nous étions de vrais étudiants et doctorants sur le campus.

Avec son nouveau job de serveuse, Alice nous a permis d'approfondir nos connaissances du gang, mais sans apporter de nouveaux éléments à l'enquête… pour le moment. Alice a en effet repéré quelques trucs potentiellement louches, mais aucune preuve irréfutable pour le moment. Elle continue donc son infiltration dans le bar en attendant que les choses se débloquent, rapidement je l'espère.

Le fait qu'Alice travaille au Wolf m'a offert l'excuse d'y venir plus souvent sans que cela n'éveille de quelconques soupçons. J'y passe boire une bière après le boulot ponctuellement, ou je suis même venu quelques fois avec Isabella pour embêter Alice pendant son service. Bizarrement, dans ces moments-là, Sam me regarde toujours d'un œil mauvais et le chien de garde de Bella ne met jamais longtemps à rappliquer.

Bella m'a d'ailleurs surpris en commençant progressivement à tenir tête à Jacob quelques fois, en lui proposant de rester avec nous pour boire une bière ou au contraire, en refusant de rentrer sous ses injonctions. Ce dernier a d'abord été déstabilisé de rencontrer de la résistance de la part de Bella, puis a commencé à rester quelque fois, ou quand il n'est vraiment pas d'humeur – soit souvent – il se montre un peu plus virulent envers elle… Mais je me retiens de lui faire une remarque salée ou de lui en mettre une.

Il faut dire que ses derniers temps, j'ai eu de plus en plus de mal à tenir ma langue concernant le comportement et les agissements de Jacob envers Bella… et que je ne me suis pas gêné d'en faire par à Isabella, Alice également. Son comportement de petit chef, traitant Isabella comme un objet, ce n'est pas humain et encore moins le comportement d'un homme avec sa petite-amie.

Ces dernières semaines, Bella et Alice ont travaillé régulièrement ensemble chez Bella ou ici, à l'appartement. Bien souvent, leurs sessions travail se transforment alors en session papotage et commérage sur les cours autour d'une pizza ou d'un plateau de sushis. C'est agréable d'y participer, cela me fait découvrir une autre facette de Bella, une facette d'elle-même qu'elle ne montre que rarement et que je n'ai jusqu'à présent pu observer que dans la familiarité de son appartement ou dans le havre de paix que représente le nôtre, bien loin de la présence de Jacob.

D'ailleurs, en parlant de lui, je ne sais pas ce qu'il fabrique, ou plutôt, je n'arrive pas à le cerner. J'ai la sensation qu'il se sent amoindri, comme si je le déstabilisais, ou lui faisais peur. On dirait qu'il se sent menacé par ma simple présence auprès de Bella, alors que rappelons-le, je suis avec Alice.

J'ai remarqué que son comportement a commencé à changer quand Bella s'est mise à nous côtoyer plus régulièrement. Au départ, il rappliquait juste comme un simple chien de garde, en lui tirant sur le bras pour la forcer à rentrer. Quand Bella a commencé à montrer des signes de résistance, il a subitement changé de comportement, comme pour entrer dans le jeu. Il fait acte de présence, mais n'essaie pas pour autant de faire ami-ami, et c'est tant mieux pour moi.

Sa présence, en revanche, ne me réjouit pas, tout comme Alice. Avec lui dans les parages, les conversations se terminent vite, apportant son lot de silences inconfortables que jamais nous n'avons rencontré avec Bella, même quand elle était encore timide avec nous.

C'est pourquoi, ces dernières semaines, Alice et Bella se voyaient beaucoup en dehors des cours et venaient à l'appartement. S'en est presque devenu une habitude de les retrouver en grande conversation au salon. Quand elles ne parlaient pas de leurs cours, il leur arrivait de dévier sur des sujets plus légers, comme leurs petits copains respectifs.

Dans ses moments, je me terre toujours ailleurs dans l'appartement, tout en tendant l'oreille et je soupçonne Alice de donner des détails fictifs plus ou moins croustillants pour faire parler Bella et tromper l'ennui de cette enquête qui n'avance pas.

C'est ainsi que nous avons appris que Bella et Jacob ne vivent pas ensemble, pour que Bella puisse se concentrer sur ses études, il passe la voir deux à trois soirs par semaine pour manger et passer du temps avec elle et il ne reste que rarement dormir, à part les week-ends.

Nous avons pu confirmer avec cette version de Bella que Jacob en réalité ne lui laisse pas de l'espace pour travailler ses cours, mais plutôt, qu'il va voir ailleurs sans vergogne. Pour cette info, nous pouvons remercier Rosalie, qui l'a vu en train de galocher une blonde sur le capot d'une voiture un soir où elle quittait le garage.

Je me doute aussi que cet arrangement entre Bella et lui lui permet plus de latitude sur ses petites combines: pas de comptes à rendre en dehors de quelques jours par semaine, le pied, en soi, pour un criminel et une pourriture de son espèce.

Les semaines ont continué à défiler, sans qu'il n'y ait de réels avancements dans l'enquête, à notre plus grand désespoir. Quand je me connecte au serveur, je passe en revue les dernières informations en notre possession.

Niveau activité du trafic de drogue sur le campus, rien de plus, rien de moins qu'auparavant. Seth ne s'est jamais fait prendre en train de dealer, alors qu'il est pourtant surveillé. Il appartient donc à la police du campus de mettre en place une surveillance rapprochée pour comprendre comment il parvient à faire ses transactions sans être inquiété.

Du côté d'Alice, elle a réussi à négocier quelques heures en plus le samedi après-midi pour être davantage présente au Wolf. Ainsi, elle a pu confirmer quelques irrégularités de caisse et une gestion des stocks très approximatives, notamment au niveau des matières premières pour les bières de cuvée artisanale. En effet, le nombre de matériel commandé surpasse grandement le nombre total de production officielle.

Cela laisse à penser qu'ils produisent autre chose illégalement, mais rien à signaler dans les locaux de leur brasserie au sous-sol du bar, d'après Alice. Reste à trouver ce qu'ils produisent et où.

Début avril, le campus s'est vu secoué par des overdoses et décès en série. Je l'ai su lorsque j'ai entendu des cris dans le couloir, non loin de mon bureau. Je suis sorti voir ce qu'il se passait, car habituellement mon étage est très calme. Les cris m'ont mené vers les toilettes des femmes, où deux étudiantes paniquées essaient de réveiller leur camarade.

Ni une, ni deux, j'ai foncé pour lui venir en aide. J'ai demandé aux étudiantes ce qu'il s'était passé et elles n'ont rien su me dire à part que leur amie était s'est sentie mal et avait chaud. Elles l'accompagnaient donc aux toilettes pour qu'elle puisse se rafraîchir, mais elles ne les ont jamais atteintes, puisque la jeune femme s'est effondrée en chemin.

Je leur demande d'appeler le 911 et de mettre le haut-parleur alors que je commence à observer les signes vitaux de la victime. Respiration faible et pouls à peine perceptible sur sa jugulaire.

-911, quelle est votre urgence, demande l'opératrice au bout du combiné.

-J'ai besoin d'une ambulance sur le campus de l'Université de Seattle, Département Français/Italien, aile ouest, 2ème étage. Une étudiante, environ vingt ans, détresse respiratoire et arrêt cardiaque. Je commence le massage, dis-je en m'activant, tout en apostrophant une des amies d'aller chercher le défibrillateur au bout du couloir.

Malgré le massage, le défibrillateur et l'arrivée rapide des secours, l'étudiante n'a pas survécu et a été la première victime d'une longue série d'overdose.

En rentrant à la maison, j'ai joué la comédie car Bella était là avec Alice. Je me suis assis sur le canapé du salon, le regard vide. La rumeur s'étant répandue comme une trainée de poudre, elles étaient déjà au courant. Alice se précipite vers moi pour me prendre dans ses bras, alors que Bella me regarde avec un air triste.

-Je n'ai rien pu faire, je commence d'une voix tremblante, en me laissant aller dans l'étreinte d'Alice.

-Anthony, tu as fait tout ce que tu as pu, me répond-elle. Tu veux en parler, me demande-t-elle. A sa phrase, je comprends que c'est le moment de donner des détails, afin d'observer les réactions de Bella. On le sait, il y a peu de chances qu'elle soit au courant des agissements du gang, mais peut-être que d'en entendre parler, elle en parlera avec Jacob et cela aura un quelconque effet.

-J'ai entendu hurler dans le couloir, alors je suis allé voir. J'ai trouvé la fille allongée inconsciente avec deux amies en panique autour d'elle. Je n'ai pas eu le temps de réfléchir. J'ai fait appeler le 911 et j'ai fait les gestes de premier secours. Elle respirait à peine et son cœur était très faible, j'ai donc commencé un massage cardiaque sous la supervision de l'opératrice, je relate d'une traite d'une voix morne. J'ai aussi hurlé à une des filles en panique d'aller chercher le défibrillateur, on le lui a installé quelques minutes avant que les secours n'arrivent. Ils ont ensuite pris le relai, ils ont essayé de lui administrer de la Naloxone et de faire repartir son cœur, mais ils n'ont pas réussi. Elle est morte devant moi d'une overdose.

-Elle ne ressemblait pas à une Junkie, pourtant, commente Bella, visiblement un peu choquée par mon récit.

-Tu sais, Bella, il n'y a pas besoin de ressembler à un ou une Junkie pour prendre de la drogue, au bas mot, la moitié des étudiants ici ont déjà au moins fumé de l'herbe, si ce n'est aussi essayé des trucs plus forts, ajoute Alice.

-Ouais, y a qu'à repenser à la dernière fête où on est allé, chez les Zeta Psi, passé minuit, il n'y en avait plus un de frais, dis-je, amer.

-Je ne comprends pas qu'on puisse se droguer comme ça, en semaine, en pleine journée, commente Bella, un peu dépassée par les informations.

-Les gens n'ont plus de limites quand ils sont accros, lui explique Alice. Ils savent de quoi elle est morte, me demande-t-elle ensuite.

-Je ne sais pas, dis-je en me frottant le visage. Visiblement, de ce que j'ai entendu après ça, y a un nouveau truc qui tourne sur le campus, mais je n'en ai pas la moindre idée de ce que ça peut être.

Faux, j'ai lu le rapport toxicologique juste avant de rentrer, c'est du fentanyl. L'autopsie nous donnera plus d'information sur la nature véritable du produit, poudre, comprimé ou injection.

Je n'écoute plus vraiment la conversation entre Alice et Bella. Je n'ai qu'une hâte ce soir, que Bella rentre chez elle pour pouvoir faire ce pourquoi je suis payé : avancer et résoudre cette enquête.

Il faut que je consigne tous les éléments de la journée dans mon rapport et que je l'envoie au plus vite sur le serveur crypté d'Esmé. Il y a urgence. Si du fentanyl circule aussi librement sur le campus, cela peut vite dégénérer et devenir incontrôlable. Il faut qu'on règle ce problème et vite, en trouvant la source du problème: qui produit, qui vend et qui en retire les bénéfices.

Il faut quand même être sacrément couillu pour fabriquer du fentanyl, surtout aux Etats-Unis, quand on sait que la quasi-totalité de la production mondiale est faite au Mexique, par le cartel de Sinaloa, le cartel dont on n'a vraiment pas envie de marcher sur les plates-bandes, sous risque de finir en pièce détachées et lesté au fond d'un lac ou de l'océan.

Il est donc crucial de déterminer au plus vite l'origine de la drogue, pour savoir si nous avons à faire à une production locale ou mexicaine. Dans le cas où le Mexique serait dans la course, il faudra impliquer la DEA avant que des gros bras du cartel ne se pointent en ville et ne mettent Seattle à feu et à sang.

J'espère donc presque que la marchandise a été produite localement. Produire du fentanyl n'est pas compliqué en soit, quand on a des notions de chimie et du matériel adapté. N'importe qui pourrait le faire en ayant de bonnes notions de chimie.

Mais il y a un truc qui me tracasse, et pas des moindre. C'est de notoriété publique désormais, le campus est approvisionné à cent-pour-cent par les Wolfpack, c'est une certitude que nous avons établie. Ils vendent principalement de la marchandise récréative et relaxante aux étudiants, plus ou moins en quantité selon les périodes: avant les examens, des stimulants et des relaxants selon les propriétés désirées, de quoi faire la fête et se déchirer en veille de week-end et de vacances.

Autre truc qui me gêne, il est beaucoup plus facile de produire du fentanyl en poudre, pourtant si le gang est bien derrière tout ça, les irrégularités de matériel pour le brassage de la bière laissent à penser qu'ils produisent du fentanyl liquide, beaucoup plus compliqué à produire et à vendre.

Pourquoi donc s'emmerder à faire ça? Il n'y a pas de logique. Habituellement ce genre de produit est recherché par les personnes déjà accro au fentanyl, pas par des petits jeunes en recherche de sensation.

Certes, le fentanyl sous forme liquide à s'injecter agit beaucoup plus rapidement, mais il nécessite aussi des connaissances pour se l'injecter correctement, sous risque de développer une infection grave ou même de mourir en se l'injectant mal. Pourquoi prendre autant de risques, alors que des formes plus sûres et stables existent?

Tant de questions sans réponses. Cela va être à nous de faire la lumière rapidement sur tout ces évènements pour stopper ce carnage avant qu'il ne prenne de l'ampleur.


Et voilà pour ce chapitre ! J'espère que ça vous a plu ! L'enquête avance sans avancer... le mystère s'épaissit... que va-t-il se passer ? A vous de me donner vos hypothèses... car moi je connais la suite haha

Si cette info vous intéresse, je suis actuellement en train d'écrire le 8e chapitre de la 3e partie de cette fiction... et mon petit doigt me dit qu'il y aura un OS ou deux dérivés de cette histoire... Mais je ne vous ai rien dit !

Bref, vous aurez encore quelques chapitres à lire, ce qui est une bonne chose puisque cette histoire vous plaît !

A la semaine prochaine,

S.