Bonjour !
Comme d'habitude, merci pour vos reviews : Gwen who, Kaname et ElenaEffe, ainsi qu'aux deux guests qui ont laissé un petit mot sous ce chapitre.
Je vous laisse sans plus tarder avec le chapitre de la semaine, bonne lecture !
PARTIE I
Chapitre 9
Seattle, Washington
Avec Alice, nous avons veillé à tour de rôle sur Bella, récupérant ainsi chacun notre tour un peu de sommeil. Le médecin a effectué son tour vers huit heures du matin, confirmant le fait que Bella pourra sortir dans la journée.
Bella reste silencieuse toute la matinée, sortant de son silence seulement pour poser des questions ci et là. Cependant, je ne m'attendais pas à ce qu'elle reste autant bloquée sur les infidélités de Jacob.
-Leah, demande-t-elle soudainement, après une énième phase de silence. Décidemment, elle aborde toujours ce sujet lorsque je suis seul. Vivement qu'Alice revienne avec le café.
-Pardon?
-Est-ce qu'il m'a trompé avec Leah, demande-t-elle à nouveau.
-Je ne connais pas les noms de toutes les prétendantes de Jacob. Tu la connais et tu as des doutes, je lui demande à mon tour.
-Ils étaient ensemble avant, quand Jacob allait encore au Lycée de la Réserve.
Je tilte sur le mot Réserve et j'ai soudain une révélation. Voilà ce à côté de quoi on est passé, putain!
-Si je te montre des photos, tu saurais la reconnaître, je lui demande soudainement, espérant en apprendre plus grâce à elle.
Elle hoche la tête et je m'empresse d'appeler Emmett pour qu'il rapplique rapidement avec une tablette et les photos de toutes les personnes impliquées de près ou de loin dans cette affaire.
C'est ainsi que trente minutes plus tard, Bella parvient à nous fournir des informations supplémentaires sur certains membres du gang, que nous avions identifié sous des pseudos ou sous leur statut dans l'organisation criminelle. J'observe Bella d'un œil divulguer tout ce qu'elle sait à Alice, alors que de mon côté, je commence à y voir plus clair et assemble les pièces manquantes. Si mon intuition est bonne, on va les coincer jusqu'au dernier.
Bella s'exclame soudain, choquée. Alice tourne légèrement la tablette vers moi, me permettant de voir de qui il s'agit. Billy Black.
-William est vivant, s'interroge alors Bella, complètement perdue face à cette révélation. Et depuis quand est-il en chaise roulante, s'exclame-t-elle ensuite.
-Comment ça, s'interroge Alice.
-Il y a quelques années, peut-être cinq ans, William est mort, noyade lors d'une sortie de pêche. J'avais insisté pour que Jacob organise des obsèques, il n'y avait eu que peu de monde à l'enterrement, se remémore-t-elle. Jacob m'a donc menti sur son père, s'indigne-t-elle, à présent.
-Et pourquoi le faire passer pour mort, se demande Alice à haute voix.
-Pour transférer une éventuelle fortune et les biens à Jacob, je lance à haute voix, tout en faisant mes recherches via nos bases de données sur mon ordinateur. William Black a bien été déclaré mort il y a cinq ans, mais il y a des incohérences dans le dossier. Et un Billy Black de cinquante-cinq ans est apparu peu de temps après, avec un passif très léger. Pas de doute, c'est une fraude à l'assurance, je commente.
Mais aussi une parfaite couverture pour dissimuler une activité criminelle. C'est donc à partir de cette faille découverte que je questionne Isabella sur Jacob et sa famille.
-Sa mère est décédée quand il était enfant, il a deux sœurs jumelles plus âgées que lui, mais à ma connaissance, il n'a pas de contact avec elles. Je ne les ai jamais revues depuis qu'elles ont quitté la maison quand elles ont eu dix-neuf ans.
-Et la maison, elle est comment, je demande, alors qu'Alice commence à voir où je veux en venir.
-La maison n'est pas très grande, une petite bicoque en bois non loin de la forêt, se souvient Bella. Par contre, la grange, elle, est bien plus grande.
-Une grange, demande Alice, pour la pousser à poursuivre sa description.
-Oui, enfin, une grange, un garage, une sorte de hangar, je ne sais pas trop comment appeler cela. En vrai, cela tenait plus d'un dépotoir qu'autre chose, rit-elle, en mentionnant le souvenir de la dernière fois qu'elle y est entrée. Il y avait tout un tas de vieilles pièces de mécaniques sur lesquelles Jacob s'entraînait, des motos pas en état de rouler, du matériel de pêche, des gros barils d'essence. Je passais des après-midis entiers dans un vieux canapé en cuir, avec Jacob dans cette grange, à le regarder bricoler quand j'étais encore au lycée.
Sans le savoir, Bella vient de nous donner une information capitale pour l'enquête. Seul problème, même en tant qu'Agence gouvernementale, le FBI n'a pas d'autorité sur les réserves indiennes, raison pour laquelle nous n'avons pas pu mettre en place de surveillance sur place, ou même juste penser à le faire. Sam Uley devait avoir connaissance de cette feinte administrative pour implanter son business sur place plutôt qu'en ville.
J'appelle alors Jasper, étant donné que c'est le membre de l'équipe le moins vu sur le terrain pour le moment, pour qu'il organise une randonnée avec Rosalie ce week-end. Je suis persuadé qu'une mission d'observation improvisée lui redonnera le sourire. En plus, la météo est favorable à ce genre d'activité pour ce week-end, cela ne sera pas suspecté.
Vers seize heures, le médecin signe le bon de sortie de Bella. Carlisle m'a annoncé par message le plan à suivre. Officiellement, la couverture tient toujours, en tout cas pour Jacob. Alice et moi ne retournerons pas à l'Université lundi, tout comme Bella, aux vues de son état. De toute façon, le médecin lui a prescrit un certificat médical à transmettre à la fac. Elle doit se reposer encore deux semaines.
Il va falloir confiner Bella dans notre appartement, le sien étant sens dessus dessous. Dans quelques heures, Jacob sera libéré, il y a de fortes chances à parier qu'il cherche à contacter Bella, en face à face ou par téléphone. Dans les deux cas, il faudra que Bella rompe officiellement avec lui. Heureusement pour nous, elle semble bien décidée cette fois.
Une fois la séparation effectuée, quand nous serons prêts pour notre coup de filet conjoint, entre le garage, le bar, chez Jacob et Bella et, maintenant à ajouter sur la liste avec l'aide de l'USIP, la réserve de La Push, Bella entrera en jeu pour appâter Jacob avec le prétexte de lui rendre ses affaires.
Ça, c'est si tout se passe dans le meilleur des mondes. Le succès de notre opération repose entièrement sur la capacité de Bella à convaincre Jacob de venir chercher ses affaires au Wolf. S'il décide de ne pas venir ou d'envoyer quelqu'un d'autre, c'est foutu. Il pourrait donner l'alerte s'il remarque les escadrons de cavalerie planqués en attendant le feu vert.
Pour le moment, nous n'y sommes pas encore. Nous avons encore le temps de peaufiner les détails de l'opération et surtout, de convaincre Bella de nous aider et de la briefer suffisamment pour qu'elle soit prête et qu'elle soit suffisamment convaincante envers Jacob.
Pour ça, nous pouvons remercier Emmett, il a récupéré un certain nombre d'affaires appartenant à Jacob à l'appartement, dont quelques babioles qui devraient le convaincre de venir, du moins, c'est ce que nous espérons.
Le taxi nous ramenant à la résidence se fraie difficilement un chemin dans le trafic de la ville. Bella est songeuse, observant à travers la vitre. Quant à moi, cela me fait bizarre de retrouver une tenue civile, mais avec mon matériel discrètement glissé à la ceinture. Enfin, aussi discret qu'une arme à la ceinture puisse l'être. Heureusement, même si la météo est clémente pour la saison, les températures sont encore fraîches, justifiant le port d'une chemise ouverte sur un t-shirt, rendant le tout un peu plus discret.
Plus nous nous rapprochons de notre résidence, plus je sens Bella se raidir à côté de moi. Si elle n'a pas encore beaucoup réagi à tout ce qui lui est tombé dessus jusqu'à présent, je sens le contre-coup arriver à grands pas. Et cela ne manque pas. Arrivés sur le parking, Bella commence à hyperventiler, alors que les larmes s'écoulent de ses yeux. Alice essaie de la calmer, alors que j'observe les environs avant de sortir du taxi.
-Edward, prends le relai, s'il te plaît, elle n'est pas en état de marcher, me signale-t-elle, alors que je paie le taxi.
Voir Bella dans un tel état me fait mal pour elle. Je ne peux qu'imaginer à quel point c'est douloureux de revenir ici. Les images des horreurs que Jacob lui a infligé ses dernières heures doivent défiler en boucle dans son esprit. Les sanglots de Bella ne se sont pas calmés et elle essuie involontairement ses larmes sur mon t-shirt quand je la prends dans mes bras. Elle se cramponne à moi, pas par peur que je ne la laisse tomber, mais plus dans un besoin viscéral de se raccrocher à quelque chose. Elle se blottit contre mon épaule, passant ses bras autour de mon cou. Je monte rapidement les marches jusqu'à notre appartement, Alice sur les talons, qui ne tarde pas à déverrouiller la porte du logement.
Dans un premier temps, je dépose Bella sur le canapé, mais très vite, je comprends qu'elle ne va pas vouloir me lâcher. Je m'assois donc sur le sofa délabré et lui frotte le dos dans une tentative d'apaisement.
Bella met du temps à se calmer dans mes bras, quand je sens qu'elle est prête à se défaire de mon étreinte, je l'allonge sur le canapé, alors qu'Alice s'approche d'elle et lui caresse les cheveux, avant de lui proposer un mouchoir, me permettant ainsi de me soustraire à Bella.
Alice a plus l'habitude que moi de gérer ce genre de crise. Quand elle infiltrait des réseaux de prostitution à New York, ce n'était pas rare qu'elle doive rassurer d'autres filles complètement paniquées. Je l'observe donc faire de loin, alors que je prépare un sandwich et un verre d'eau pour Bella. Elle a certes mangé à l'hôpital, mais l'on sait tous à quel point les plateaux repas sont insipides.
Lorsque je reviens au salon et dépose la collation de Bella sur la table basse, elle est assise sur le canapé, les yeux dans le vide, un mouchoir usagé entre les mains, alors qu'Alice lui frotte le dos et lui répète des phrases apaisantes. Je m'installe à côté d'elles, espérant que Bella soit disposée à écouter et discuter.
-Comment tu te sens, je lui demande, essayant de capter son attention.
-Fatiguée, dépitée, en colère, résignée, meurtrie, blessée… je continue, demande-t-elle, ironique.
-C'est normal, Bella, avec tout ce que tu viens de subir, je commence, alors qu'Alice poursuit.
-Mais c'est important que tu ne culpabilises pas, rien de tout cela n'est de ta faute, c'est clair?
-Oui, j'insiste aussi. Si tu es dans cette situation, c'est la faute de Jacob, pas la tienne. Et c'est normal de lui en vouloir et de vouloir le faire payer, j'insiste sur le dernier mot, donnant le signal à Alice que c'est le moment de convaincre Bella de travailler pour nous. Elle l'a fait des centaines de fois, convaincre des jeunes filles de l'aider à faire tomber leur mac. Ici la situation n'est pas la même, mais l'idée reste la même.
Alice se lance alors dans un monologue explicatif et Bella y est très réceptive. Elle est plus que décidée à se défaire de Jacob et pour ça, elle est prête à nous aider à faire tomber le gang. Un soulagement pour nous, même si nous ne devrions pas nous réjouir trop vite.
-Comment ça va se passer, demande Bella après avoir écouté attentivement Alice lui expliquer les enjeux.
-Jacob va être relâché dans quelques heures, car les quarante-huit heures de garde à vue sont bientôt écoulées, je commence à expliquer.
-On pense que vu que tu as officiellement déposé plainte contre lui pour violence, il va chercher à prendre contact avec toi, pour ne pas en rester là, poursuit Alice.
-Il va peut-être essayer de venir ici, mais l'ordonnance restrictive lui interdit de venir te voir en personne. Il lui reste donc la possibilité de te joindre par téléphone. Et on compte là-dessus, j'ajoute.
-Ainsi, complète Alice, on va pouvoir le localiser, à la condition que tu fasses durer l'appel suffisamment longtemps.
-On sait que cela ne sera pas évident, on sera là pour t'aider et te guider, je la rassure. Il faudra que tu le quittes officiellement par téléphone et que tu lui donnes rendez-vous au Wolf pour lui rendre des affaires. Emmett a pris quelques effets personnels à lui pendant que tu étais à l'hôpital, j'explique.
-Est-ce que tu t'en sens capable, demande Alice à Bella, qui semble à la fois perplexe et paniquée de la situation.
-Est-ce qu'il faudra que je sois au Wolf pour lui rendre ses affaires, demande-t-elle, pas très rassurée de revoir Jacob.
-Ça serait mieux, lui répond Alice, honnête. Si tu n'es pas là ou que tu déposes juste le carton, Sam pourrait se méfier. Il faut que tu restes, mais ne t'inquiète pas, tu n'auras qu'un mot à prononcer quand il sera devant toi et nous interviendront. L'assaut sera donné simultanément au bar, au garage, dans vos appartements respectifs et à la Réserve.
-C'est d'accord, finit par dire Bella après un moment de réflexion. Je ferai ce qu'il faut pour faire tomber Jacob, ajoute-t-elle, déterminée.
Enfin, Bella réalise et prend les choses en main. Qu'en avez-vous pensé ?
A la semaine prochaine pour la suite, qui s'annonce mouvementée !
S.
