Jouons à un jeu, pouvez-vous, chers lecteurs/lectrices : essayez d'établir la personne que je suis/j'étais? :3

Avec tout mon respect pour Hiro Mashima et ses magnifique créations.

C'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui pour reprendre un slogan d'une personne que j'ai admiré dans mon enfance. I'm a nobody and i can be anybody.

Cher lecteur/lectrice, sache que le monde est un endroit meilleur avec toi dedans! Tu es suffisant/e comme tu es! Avec tout mon amour, l'auteur :)

Chapter 8.

Ce sentiment de faim ne s'apaisa pas tout de suite, prenant et avalant tout ce qui me passait sous la main, je vidai la moitié des réserves de nourriture présentes dans la cuisine. Le pain, les céréales, le riz, les œufs, le jambon, tout passait sans ressortir ensuite. Lorsque Wendy et Gajil arrivèrent, ils furent totalement sur les fesses quand ceux-ci virent la table couverte de pots vides. Ils essayèrent de dire quelque chose mais rien ne parvint à franchir la barrière labiale. Je terminai une tasse de mon traditionnel café matinal et je jetai ensuite un regard plein d'interrogation à leur égard.

«J'ai un bouton mal placé que vous me regardez comme ça?» Demandai-je

«…» Fut la seule réponse que j'eus.

Un soupir de satisfaction sortit de ma bouche et les deux autres finirent par bouger afin de venir prendre un petit-déjeuner eux aussi.

«Ben je vais me préparer» Lançai-je à leur attention.

Mais lorsque je me levai, une douleur insupportable vint se loger sans payer de loyer dans mes jambes. J'avouerais que si ça avait été dans mon estomac, j'aurais compris mais là non. Je me rassis, donc, me tenant la jambe gauche car celle-ci était plus douloureuse. Wendy me regarda, l'inquiétude se lisant dans ses yeux, elle se leva ensuite et si dirigea vers moi pour diagnostiquer mes maux.

«Tu fais tout cela pour une crampe, enfin des crampes» Compléta-t-elle en accompagnant ses dires avec ses gestes.

«Mais ça fait mal» Répliquai-je aussitôt

«Allons, allons, un grand comme toi ne devrait pas montrer ses petites douleurs aux autres» Ajouta-t-elle pour détendre un peu l'atmosphère tendue jusque là

«Eh bien, prends ma douleur et je t'en reparle après» taquinai-je, trop sèchement à leurs têtes

«Je plaisantais tu sais»

Je ne répondis rien et je me plongeai dans mes pensées en attendant que les crampes disparaissent. Wendy soupira et vint vers moi pour soulager ces crampes. Elle étendit mes jambes et elle tordit mes pieds afin que tous les muscles de mes jambes soient bien étendus. Je grimaçai mais je ne dis rien laissant les dons innés pour la médecine de Wendy faire leurs effets. Cinq minutes plus tard je ne ressentais plus rien, je me levai une deuxième fois et je partis finalement me préparer. Mais Gajil m'arrêta:

«Tu as fait quoi cette nuit pour manger toute la bouffe de la maison?»

« Ben justement, rien» Répondis-je en me grattant la tête.

« Tu n'es vraiment pas normal, déjà hier soir c'était impressionnant mais là, ça devient justement, flippant. Tu devrais peut-être consulter» Insista-t-il

La raison de ma faim, je la connaissais, mais ne voulant pas les inquiéter plus, je ne dis rien à ce sujet. Cette raison était, tout simplement, le rêve ou plutôt cauchemar que j'avais fait. Ayant ressenti tous ces sentiments en si peu de temps, j'étais vraiment épuisé mentalement et cette fatigue mentale se répercutait sur mon corps, d'où les crampes. Je repensais à toutes ces émotions en les énumérant: la peur, la colère, le désarroi, la tristesse, l'angoisse, la confiance, un truc entre l'amitié et l'attirance, la haine, et j'en passe. Lorsque votre corps subit tous ces changements en si peu de temps, vous en ressentez les effets très rapidement. Pendant que je comptais, mes mains suivaient machinalement en tendant les doigts à chaque nouveau sentiment.

«Euh, tu nous explique ce que tu comptes» M'interrompît Wendy.

Me rendant compte de ma situation, je leur souris simplement en retour pour enfin me préparer et je frottai machinalement ma tête comme à mon habitude. Je me dirigeai vers ma chambre et sur le chemin, qui n'est pas très long, j'entendis les deux autres parler sur mon dos, ayant un peu l'habitude vu mes débuts à l'école. Ayant trop facile aux cours, je ne faisais que le clown en classe, mais mes résultats étaient très bons, donc mes camarades pensaient que je ne faisais que tricher lors des contrôles et autres interrogations. Je reçu une réputation de 'tricheur' et de 'bon à rien' selon le reste de mes condisciples. Seulement, ça ne s'était jamais arrangé depuis, j'étais toujours aussi inattentif en classe mais j'avais toujours des notes correctes, sauf pour le moment, avec tout ce qu'il se passait autour de moi. Mais je pensais à m'améliorer en me reprenant en main. Ce qui risquait de s'avérer compliqué. Bref, je n'avais jamais compris pourquoi mais j'avais aussi une ouïe plus développée que la normale ce qui étais parfois gênant. Je compris ensuite, que mes deux colocataires parlaient de mon état et ils se demandaient s'ils ne devaient pas me faire surveiller. Ne voulant pas en entendre plus, j'accélérai le pas afin de me tenir enfin prêt. Je m'habillai de façon simple, un jean, une chemise grise et un sweat à capuche gris. Je vérifiai ensuite si j'avais toujours mon écharpe, celle-ci m'ayant été offerte par mon oncle je pense, il faut dire aussi que j'étais très jeune, donc je ne me souviens pas vraiment qui m'a fait ce cadeau. Cette écharpe était très particulière, la seule chose dont je me souviens à son propos, est la matière utilisée: du dragon. En y réfléchissant, ça paraitrait totalement et inévitablement impossible. Ou alors mon responsable m'avait dit cela pour me garder dans le monde de l'imaginaire, un sourire se forma sur mes lèvres en pensant à cela. Selon moi, cette écharpe était purement et simplement des écailles de crocodiles. Même si les écailles étaient rugueuses, elle restait douce contre ma fois préparé, je vérifiai si je possédai un peu de temps devant moi. Ma déception fût grande, je n'avais que quelques minutes pour me rendre en ce lieu si saint pour les étudiants et écoliers/lycéens. Je descendis et je pris ma veste, je sortis en fermant la porte comme il n'y avait plus personne à l'intérieur et je commençai ma longue marche solitaire vers l'école. J'avais entendu Gajil et Wendy sortir de ma chambre quand je me préparais. Étonnement, je marchais assez vite, ce qui devrait m'être impossible à cause des récents évènements. Ce fut tout de même assez pénible, je pris mon temps, me foutant un peu d'arriver en retard aujourd'hui. Je me laissais emporter par la musique de mon téléphone et je m'évadais de ce monde si cruel. J'arrivai vingt minutes après devant l'enceinte de l'école. Étonnement, je n'étais pas en retard, j'étais même en avance voir beaucoup en avance, je dirigeai mon regard vers la grande horloge visible depuis l'entrée. Je marchai ensuite vers la salle vitrée et je retrouvai là tout le groupe habituel: Grey, Jubia, Erza, Mira, Lisanna, Elfman, Loki, Kia et Alya ne voulant plus trop être avec nous pour le moment… J'avançai vers eux et je les saluai tous d'un bête signe de la main. Quand je fis cela, l'air devint plus lourd et la tension augmenta elle aussi. Grey vint vers moi en souriant et nous débutâmes une conversation.

«Qu'est-ce que tu veux le glaçon?» Demandai-je en lui rendant son sourire

«Bof, pas beaucoup de choses, tête à flamme» Répondit-il calmement.

«Ben alors viens pas me parler si t'as rien à dire» Répliquai-je

«Sympa, l'accueil, tu t'es levé du pied gauche ou t'as juste mal dormi?» Continua-t-il sur sa lancée. «Nan ce n'est pas ça, je ne sais pas trop, je me sens bizarre pour le moment» Lui confiai-je.

Je commençai à avoir chaud, j'enlevai ma veste et mon sweat, la sueur commençant à couler le long de mes tempes et de mon dos. Je les rangeai dans mon sac à dos et j'ouvris le premier bouton de ma chemise.

«C'est un peu normal, tu viens de casser ton amour pour une fille, forcément que tu te sens bizarre, c'est pareil pour moi» Ajouta-t-il

«Ben il y a de ça même si je ne sais pas vraiment ce que veut dire amour maintenant mais je ne pense pas que cela soit la seule chose préoccupante.» Répondis-je «Tu sais à propos de la bagarre d'hier, il faut que j...» Commençai-je avant de me faire bousculer violemment, ce qui me projeta au sol.

Je me rattrapai avec la main gauche mais la pierre bleue sur laquelle cette main se posa, explosa dans un grand fracas, envoyant des éclats partout autour de moi. J'eus le réflexe de positionner ma main droite devant mon visage afin de le protéger. Toute la salle était silencieuse. Grey arriva et me tendit une main que je pris mais au contact de la mienne, il la lâcha aussitôt et grimaça de douleur. Il regarda sa main puis il posa les yeux sur moi.

«Pourquoi t'as fait ça?» S'énerva-t-il

«Fait quoi?» Dis-je en le dévisageant.

Il ne répondit rien mais il tendit sa main vers moi pour que je puisse voir sa paume brulée et la trace d'une autre main se dessinait clairement. Je détournai le regard, me sentant coupable mais je sentis qu'on me relevait. Grey me tenait par la manche.

«Faudrait peut-être aller à l'infirmerie, voir à l'hôpital!» Dit-il en désignant mon bras du regard.

En effet, mon avant-bras gauche était en charpie et l'autre était couvert de griffures plus ou moins profondes, à partir desquelles sortait du sang pour certaines. Je positionnais mes bras vers le haut ne pas faire couler trop de ce liquide désagréable de couleur vive. Erza arriva par après et nous observa. Elle voulut me prendre le poignet mais je reculai machinalement mais elle me toisa du regard, le questionnement se lisant dans celui-ci. Elle insista et me prit finalement le poignet ainsi que celui de Grey pour nous emmener à l'infirmerie.

«Erza, tu risques d'avoir la même chose que Grey» M'inquiétai-je

Elle me lâcha et me montra sa main.

«J'ai quelque chose? Non, alors maintenant tu arrêtes de râler et tu viens avec moi» Me rassura-t-elle

Je ne savais plus quoi dire, i vingt secondes, Grey était blessé et maintenant Erza ne l'était pas. Trop de question se bousculaient dans ma tête mais Grey me sortit de mes pensées.

«A croire que tu deviens vraiment un four, maintenant que t'as explosé une pierre de plusieurs kilos et que ma main soit une crêpe trop cuite» Taquina-t-il

«J'en ai aucune idée mais sur le coup, c'est vrai que j'avais plus que chaud tout à l'heure, frigidaire ambulant.»

«En tout cas ça doit aller mieux pour toi en ce moment, je me trompe? Tête à flamme» Continua-t-il

«Je ne sais pas mais oui j'ai l'impression d'aller mieux, iceberg»

«Vous vous dépêchez?» Nous rappela une voix familière.

«Aye» Répondit-on en cœur.

Je jetai un coup d'œil furtif vers Grey qui ne semblait pas trop souffrir, malgré cela, j'étais rempli de culpabilité. Avant d'entrer à l'infirmerie, Erza s'arrêta sans prévenir et comme je suivais sans vraiment faire attention, je me pris son dos de plein fouet. Elle se retourna et je me protégeais machinalement, par habitude aussi, elle soupira et abaissa mes bras.

«Je vous laisse ici, mais ne faites pas de bêtises, compris?» Dit-elle en tournant les talons

«Aye» Répondit-on en cœur

«On se voit à la pause alors» Ajouta-t-elle, disparaissant au coin du couloir.

Grey toqua à la porte de l'infirmerie et attendit une réponse. Celle ne venant pas, je décidai de rentrer à l'intérieur, voulant à tout prix arrêter le saignement de mes bras. Je m'assis ensuite sur un lit et j'attendis en compagnie de Grey qui regardait par la fenêtre en rêvassant. L'infirmière arriva un peu plus tard et elle nous demanda ce que nous faisions ici à une heure pareille. Je montrai mes avants bras et lui tendit sa main. «Ah …» Fut le seul son qui sortit de sa bouche.

«Attendez ici, je reviens» Compléta-t-elle en se dirigeant vers la pièce d'à côté.

«En même temps, je ne vais pas aller bien loin» Soupirai-je.

Grey ne dit rien mais il sourit devant mon habituelle débilité. Lorsque l'infirmière revint, elle commença avec Grey en lui appliquant une simple pommade anti-brûlure et compléter avec un petit pansement autour de sa main, enfin petit selon elle car on ne distinguait plus cette pauvre main. J'essayais tant bien que mal d'éviter de mettre du sang partout, en regardant l'entrée de l'infirmerie, il y avait quelques taches rouges laissant une piste jusque dans le couloir. Quand je regardai mes avant-bras, le liquide vermillon ne coulait presque plus.

«Toi, tu peux y aller» en désignant Grey « maintenant c'est ton tour» Expliqua-t-elle en me pointant du doigt.

Elle s'approcha de moi et me demanda de tendre les bras, ce que je fis sans ronchonner. Elle prit ensuite un tabouret et elle se plaça de façon à être installée perpendiculairement par rapport à mes bras. Elle amena après un chariot avec plein de matériel médical dont je ne connaissais même pas l'existence, venant souvent à cause des bagarres provoquées avec Grey. Si j'avais su, certaines blessures d'il y a quelques temps auraient été traitées beaucoup plus rapidement.

«Comment se fait-il que l'école ait un tel matériel» Osai-je demander

«Investissement pour le futur et tais-toi, je dois me concentrer» Répondit-elle avec des gros yeux.

Je tournai la tête vers Grey en le questionnant du regard mais lui aussi était totalement perdu devant ce qu'il voyait. Cette personne, se trouvant devant nous, ne nous était pas du tout familière mais bon, elle effectuait son travail, donc moi, je n'en avais un peu rien à foutre. Elle prit ensuite une pince et un récipient en carton afin d'y déposer les morceaux incrustés dans ma chair. Elle en retira un puis elle observa ma réaction, n'ayant rien ressenti, je ne bronchai pas et elle continua.

«Bon puisque tu ne veux pas bouger, aide-moi un peu» Ordonna-t-elle à l'attention de Grey «Prends des compresses et applique-les quand je te le dirai»

«D'accord» Dit-il sans broncher.

Il s'installa en face de l'infirmière et à peine fut-il assis, il dut compresser avec les compresses car, pendant que les morceaux de pierre s'enlevaient, le sang, lui, coulait à flot. Après sept minutes de soins intensifs, l'infirmière déroula des bandages et elle ressortit des compresses, celle de Grey étant devenues inutilisables, ainsi que du désinfectant car il ne faudrait pas que je perde mes bras selon elle. Elle appliqua le liquide et les compresses puis elle pansa le tout avec le bandage. Maintenant je ressemblais à une véritable momie parce que mes bras étaient recouverts de ces bandes blanches et les autres parties n'étant pas visibles, ben c'est comme si un explorateur avait enlevé celles qui recouvraient mon visage. Je soupirai en voyant ma chemise devenue écarlate, je l'enlevai pour la mettre à la poubelle car elle était déchirée et devenue inlavable. L'infirmière me tendit un t-shirt avec le logo de l'école sur le cœur.

«Ceci étant fait,» Commença l'infirmière«J'aimerais que vous reveniez tous les deux demain pour vérifier l'état de ces blessures trop graves à mon goût, mais je ne peux rien faire de plus, même si ce que j'ai fait est largement suffisant.»

«Pas de soucis, enfin si, il y en a un, sommes-nous obligés de revenir demain, pas que j'aie vraiment envie d'aller en cours mais bon …» Répliquai-je

«Oui tu n'as pas le choix,Natsu le pseudo fauteur de trouble» Taquina-t-elle

«Hey, je vous signale que j'ai des notes plus que suffisante» Dis-je vexé

«C'est pour cela qu'elle a dit 'pseudo', tête à flamme» Soupira Grey en plaquant une main sur sa tête

«Et toi alors, maintenant tu as le visage tout rouge, tu as oublié ce que tu viens de faire?» Continuai-je

«A merde»

«En plus, t'as encore perdu tes fringues, tu fais vraiment tout pour te mettre au fond du trou et encore tu continues de creuserglaçon ambulant »

«Ça fait vraiment longtemps que je suis comme cela?»

«Ben depuis que tu t'es assis devant la fenêtre tout à l'heure» Pouffai-je

«Je n'ai plus qu'à me rhabiller et me laver» Décréta-t-il

«Dans l'autre sens, ça irait mieux, tes neurones se sont perdus dans l'Océan Arctique?» Taquinai-je en tirant la langue

«Toi je te jure que quand on sera sorti, tu vas prendre cher»

«Pas mes fesses, pitié» Complétai-je, l'hypocrisie se sentant dans ma voix

L'infirmière, qui jusque-là rangeait simplement le chariot, pensa qu'il était temps d'agir avant que ça ne reparte en bagarre.

«Direction le cours ou le bureau des éducs?» Demanda-t-elle

«Les cours» Cria-t-on avec Grey en cœur, le poing levé.

«En avant alors»

Nous sortîmes de cette fichue pièce immaculée de blanc que je vois un peu trop souvent pour le moment «trois fois en trois jours si je compte le coup avec Wendy» Pensais-je, et nous nous dirigeâmes vers salle où nous devions avoir cours. Celle-ci se trouvant à l'autre bout de l'établissement, nous prîmes tout notre temps pour nous y rendre. Nous traversâmes la salle vitrée, la cours et pour finir le bâtiment «C», car la classe se trouvait au dernier étage et au fond du couloir pour ne pas changer et pour nous fatiguer d'avantage, «Pourquoi les architectes n'ont pas pensé aux pauvres élèves que nous sommes?» L'école comprenait plusieurs bâtiments répartis autour de la cour de «récréation». Le plus grand était le bâtiment « L » car il était orienté du côté du lac de Magnolia. Le bloc «C», vers les canaux qui traversaient Magnolia, était, quant à celui-ci, perpendiculaire au bâtiment «L» et il était connecté par une passerelle fermée qui survolait l'entrée principale du bahut. Lorsque nous arrivâmes devant la porte, je toquai et nous entrâmes dans la classe, le silence se fit, les respirations étaient le seul son audible depuis la porte.

«Where do you come from? Both of you?» Demanda le prof dans un anglais parfait.

Je ne répondis pas et je levai juste mon bras blessé vers lui pour qu'il comprenne en plus de tourner la tête afin de laisser apparaitre un bleu au niveau de ma joue, n'oublions pas que ce connard de Grey a complété son geste tout à l'heure.

«Juste un petit problème, comme vous pouvez le constater!» Répondit Grey, sans changer de langue lui.

«Take a sit and don't disturb again the lesson, both of you!» Ajouta-t-il en montrant deux places libres dans la classe totalement éloignées.

«Yes, sir!» Dis-je en harmonie avec Grey.

Je m'assis à la place la plus proche, même si elle était au fond de la salle, afin d'obtenir une vengeance, d'une minime ampleur mais vengeance quand même, contre Grey. Il ne dit rien et s'installa à la dernière place libre à côté de la fenêtre. J'observai un peu la classe et j'aperçus, pour ne pas changer, les autres en train de chuchoter à notre propos. Mais quand je posai mes yeux sur eux, ils baissaient les yeux et se taisaient directement. Je baissai la tête et soupirai un grand coup. «Voilà un cours qui ne changera pas des autres» Dis-je à moi-même. Mais les médisances reprirent dès que j'arrêtai d'observer mes condisciples, ne supportant pas trop ce genre d'ambiance, je relevai la tête dans la direction d'où les sons me provenaient et je tuai du regard ceux à l'origine de ces ondes sonores désagréables en accompagnant mais geste par une phrase: «Vous voulez la même chose?»

Toutes les messes basses cessèrent instantanément au moment où je terminai ma phrase et mes camarades, par peur, se reconcentrèrent sur la grammaire anglaise expliquée par le prof. N'étant vraiment pas d'humeur travailleuse et connaissant déjà en partie les règles de structure données, je me laissai aller et je posai ma tête sur mes bras croisés, je fermai ensuite les yeux. Je laissai mon esprit vagabonder vers ce qu'il voulait, les nouvelles sorties cinémas, les jeux-vidéos, les mangas, mes amis, mais plus je me concentrais, plus ces images devenaient floues. Elles disparaissaient lentement, se confondant de plus en plus avec le décor.

Enfin, tout devint noir, je décidai alors de rouvrir les yeux, j'observai l'environnement dans lequel je me trouvais mais je ne vis rien, le néant s'étendait à perte de vue. Ne me sentant pas trop à l'aise, je décidai de marcher dans une direction au hasard, laissant mes jambes me guider dans ce noir absolu. Les seuls bruits perceptibles étaient ceux de mes pas contre le sol ténébreux de ce lieu inconnu. N'étant vraiment pas à l'aise, je commençai à fredonner la première chanson me venant à l'esprit, une chanson douce et apaisante que j'aimais tant. Avançant sans regarder en arrière, toujours à la même allure, toujours le même son répétitif de mes pas, toujours la même chanson, toujours ce noir, toujours ces sentiments, toujours, toujours, toujours…

Puis tout changea et je me retrouvai dans un tout autre décor, mais la première chose que je ressentis fut la chaleur, il faisait beaucoup trop chaud pour un paysage comme celui-ci, je me trouvais dans une ville, ou plutôt dans l'enceinte d'un bâtiment dans une ville. En peaufinant mon observation, je reconnu tout de suite mon établissement scolaire mais la chaleur qui y régnait n'était pas normale. J'avais chaud, trop, beaucoup trop pour une journée de février, déjà que j'avais chaud tout le temps. Mais ç'était à peine supportable, je passai ma main sur ma joue et je vis que je transpirais à grosse goute, j'avais du mal à respirer, c'était comme si tout brulait autour de moi mais ce n'était pas le cas. Le manque d'oxygène se faisait sentir, j'avais du mal à me tenir debout, je me rapprochai du mur d'entrée pour m'y appuyer mais lorsque je voulu rendre appui, le mur disparu, ce qui me donna l'occasion de m'étaler comme un gros tas sur le sol mais la chute ne fut pas si longue, je me concentrai pour améliorer ma vue et ce que je vis en dessous de moi me laissa sans voix: le mur était en morceaux, il n'en restait rien à part quelques parties encore debout à droite de ma position. Puis l'air se fit plus lourd et toujours plus chaud, je sentis ensuite une odeur de brulé, de chair brulée pour être précis, je cherchai donc du regard l'origine de cette vilaine odeur et je pus constater que c'était moi qui brulais, tous mes membres brulaient, ne laissant place qu'à des cendres. J'essayai de me relever pour m'éloigner mais mon corps ne bougea pas d'un pouce et je continuai ma combustion. Ensuite un bruit assourdissant retentit, comme si une cloche sonnait juste à côté de ma tête. Par réflexe, je mis mes mains sur mes oreilles, essayant de calmer la douleur provoquée par ce son horrible. Celui-ci revint encore, puis encore une autre fois, encore une, encore, ma vue était totalement brouillée par les flammes, le manque d'air, le bruit, la douleur, mais tout cessa d'un seul coup, je me sentis aspiré par le sol qui se désagrégeait sous mon corps, je tombais dans le néant infini. Je me retournai pour vérifier si tout partait mais je ne vis que le sol se rapprocher vite, trop vite même, je fermai les t-yeux pour me préparer au choc mais je ne sentis rien. Je les ouvris et je constatai que je n'étais plus dans ce noir effrayant, ce que j'avais devant les yeux était le bois du bureau dans la salle de classe.

«Mr Dragnir, le cours est-il intéressant?» Me demanda une voix sur ma gauche.

«Bizarre, si je me rappelle bien, j'étais dans le coin de la salle, il ne devrait pas y avoir un condisciple sur ma gauche» Pensai-je trop fort, déduisis-je à l'entente des rires.

«Bon pas de réponseconcluante » Continua la voix

Puis je sentis une tape violente sur ma tête.

«Aïe» Dis-je aussitôt

«Maintenant que tu es de retour, tu vas pouvoir suivre le cours comme les autres?» M'interrogea la même voix.

Je tournai la tête et je découvris le prof, les bras croisés, avec un dictionnaire dans une main et les doigts gesticulant nerveusement de l'autre. Je me frottai la tête et je sentis une bosse là où le dictionnaire était venu me dire bonjour. Les autres se retenaient de ne pas rire mais je compris que moi, je ne devais absolument pas rire. J'avais l'impression qu'ils allaient tous s'étouffer tellement ils pouffaient.

«Aye, je suis prêt, désolé pour cela monsieur» Répondis-je en baissant la tête.

«Bien reprenons» Termina-t-il en retournant devant le tableau noir.

Je me concentrai pour essayer de ne plus trop penser à ce cauchemar, mais juste le fait de penser au mot, je me sentis mal, l'air me manquait, je respirais de plus en plus difficilement, ma cage thoracique me faisant souffrir, je serai mon t-shirt à l'aide de mes deux mains et je posai mon front contre la table qui me parut anormalement mais agréablement froide. «Pas encore, trop de fois en peu de temps, calme, respire, ne pense à rien, reprends-toi, inspire, expire, inspire, expire... » Mais la douleur ne s'atténua pas, au contraire, elle empira, je redressai mais une fois droit, je ne pus retenir un étouffement et je commençai à tousser.

«En plus de do... us dé...gez le cours, c'e...le po...là, Dragnir ! » Cria-le prof mais je ne captai pas tout le message.

« Ma... i...uffe...aid...deh...rtir... » Réagit une âme charitable à ma droite.

J'entendis des bruits de chaise crissant sur le sol et des bruits de pas aussi, mais le bruit devint plus calme et je n'entendis plus rien sauf un mot : «Pourquoi? » Puis le bruit revint normalement, les pas se pressant, des portes qui s'ouvraient, de nouvelles voix puis le vent vint frapper mon visage et comme par magie je pris une grande respiration, me calmant et respirant normalement petit à petit. Je lâchai progressivement mon haut, tout froissé à cause de l'étreinte, et mes bras tombèrent le long de mon corps, je me sentis tomber mais j'arrivai assis sur un banc, au son des craquements que produit celui-ci.

« Je vais rester un peu avec lui le temps qu'il reprenne ses esprits, retournez en classe ! » Dit la même voix charitable de tout à l'heure.

Il n'y pas de réponses mais ma vue revenant aussi petit à petit, je vis deux ombres s'éloigner pour disparaitre à l'intérieur de la structure scolaire "C". Je pris appuis sur mes genoux à l'aide de mes coudes pour me redresser et regarder mon sauveur, lorsque je tournai la tête, je fus totalement étonné, une chevelure blonde comme le blé flottait au grès du vent de février mais la couleur changea et devint blanche. Les cheveux coupés plus court : c'était Lisanna.

« Tu nous as fait peur, tu sais ça ? » S'exclama-t-elle en posant sa main sur mon front

«... »

« Hey, tu pourrais au moins me remercier »

«...»

« Oh, je te parle, tu m'entends » Agitant les mains devant mon visage

«...»

*SKlatch*

« Mais vous n'en avez pas marre de temps en temps ? » Hurlai-je « Ça fait mal » terminai-je en me frottant la joue.

« Ben voilà, ça c'est Natsu que je connais » Ajouta Lisanna d'un air satisfait « Mais calme toi ou tu vas repartir pour un tour ! »

En effet à peine avais-je fini ma phrase que je respirai difficilement, par saccade, Lisanna me frottait amicalement le dos et moi, je me massais la joue, car une baffe sur un bleu, ça se sent bien. Je continuai de me masser la joue et je décidai de me relever afin de retourner en classe, à peine eus-je le temps de bouger un pied que Lisanna m'attira contre elle et me fit un câlin. Totalement étonné et gêné par la situation, je rougis gentiment et j'évitais le regard de Lisanna, appréciant à sa juste valeur, ce grand moment d'amitié. Je fermais les yeux et je respirais lentement l'air frais et la douce odeur de nature nous entourant, même si ce n'était que le parterre de fleur au pied des arbres au centre de la cour dans lequel aucune fleur n'était visible à cause de la fine couche de neige et de gel. Lisanna et moi, nous avions une relation très fusionnelle, je jouais tout le temps avec elle quand nous étions petits. Comme je n'étais pas à l'aise avec les filles, elle m'avait beaucoup aidé ces derniers temps pour ma relation avec Kia. Même si elle avait disparu pendant deux ou trois ans, quand elle était réapparue, nous nous étions parlé comme si rien de tout cela s'était passé.

« J'aimerais quand même savoir, tu n'as plus l'air toi-même ces derniers, il y a un truc qui ne va pas mais bon, si tu ne veux pas en parler tout de suite, je comprendrais, si c'est pour nous refaire une crise comme tu viens de le faire…» elle marqua une pause en mettant un doigt sous son menton « ça ne sert à rien » conclu-t-elle

« Non pas vraiment » Dis-je simplement

« Comme tu veux » compléta-t-elle «On devrait rentrer, je ne sais pas toi mais j'ai froid et il va bientôt sonn… »

*DRIIIIING*

« Quel sens du timing » Ajouta-t-elle en se relevant d'un coup, Les bras levés, me propulsant au sol par la même occasion.

« Sérieusement Lisa, fait attention s't'euplait » Maudis-je en me relevant et frottant mes vêtements.

« On y va ? » Dit-elle en me prenant la main pour me ramener en classe

« Yosh » Souriais-je « Merci » Soupirai-je ensuite

Elle sourit et nous continuâmes notre route. Le reste de la matinée se passa sans nouveau problème, à part les messes basses lorsque je revins en classe et un regard lourd à porter d'une certaine personne féminine mais je n'y prêtai pas attention et je suivis, pour une fois, les cours pour me changer les idées.