Jouons à un jeu, pouvez-vous, chers lecteurs/lectrices : essayez d'établir la personne que je suis/j'étais? :3

Avec tout mon respect pour Hiro Mashima et ses magnifique créations.

C'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui pour reprendre un slogan d'une personne que j'ai admiré dans mon enfance. I'm a nobody and i can be anybody.

Cher lecteur/lectrice, sache que le monde est un endroit meilleur avec toi dedans! Tu es suffisant/e comme tu es! Avec tout mon amour, l'auteur:)

Chapter 9.

Ayant changé plusieurs fois de classe pendant ce temps, la sonnerie de midi retentit. Nous rangeâmes nos affaires pour aller déguster notre repas tant attendu. Le prof nous donna un travail pour le prochain cours et puis il nous mit dehors. Je plaçai mes affaires de façon habituelle dans mon sac et je sortis, accompagné des autres du groupe, enfin, c'est plutôt moi qui les accompagnais pour le moment, j'étais dans mes pensées, en train de ressasser les évènements qui eurent lieu ce matin. Je fus interrompu dans ma réflexion par une tape sur l'arrière de ma tête.

« Sérieusement, il va falloir que j'investisse dans un casque anti-coups ! »

« Pour cela, il faudrait que tu arrêtes de te perdre je ne sais où dans ta tête, ça te ferait déjà moins mal !» Se moqua Grey à ma remarque

« Nan mais tu ne peux pas comprendre ! » Répliquai-je aussitôt

« Je pense que si, niveau affection sentimentale, nous sommes dans le même cas, niveau corporel aussi, je te rappelle que moi aussi, je n'ai plus rien d'hier, et que ... »

« Nan toi aussi ? » Insistai-je « Tu n'as plus rien, même pas une égratignure ? »

« Ben ma tête suffit à le prouver nan ?» répondit-il en pointant son front de son pouce « Et enfin, nous passons tous les deux de très mauvaises nuits ! » Termina-t-il « Donc si, je pense que je peux comprendre ! »

« En fait tu n'es pas qu'un frigo sans sentiment toi ! » Le taquinai-je en lui tapant dans l'épaule amicalement.

« En même temps, toi tu en as trop, un four c'est trop chaud, donc je suppose que tu as pris ma part » Répliqua-t-il en tirant la langue

Et nous partîmes dans un fou rire complice, nous pouffions tellement la raison était anodine. Les autres devants se retournèrent en nous questionnant du regard mais je fis signe de la main afin de leur faire comprendre que, d'un ça ne les regardait pas, enfin pour le moment et de deux, nous étions trop éclatés à rire en ce moment, ils ne dirent rien de plus et continuèrent leur chemin. Nous emboitâmes le pas et j'entrai, les autres me précédant et Grey me suivant, dans la salle vitrée, une grande salle servant à la fois de hall d'entrée pour l'école et de salle de réfectoire ainsi que de salle de réception pour les grandes occasions comme le bal de fin d'étude. Elle était assez haute et possédait, comme son nom l'indique, un toit de verre en pointe, le sol était fait de marbre bleu, dont une était en morceau, et les murs de parois anti-bruit vert pomme. Lorsqu'on entrait, sur la gauche trônait un escalier permettant de rejoindre certaines salles de classe et d'autres pièces pour des cours plus spéciaux comme ceux de d'informatique, de technologie ou de théâtre, mais seulement lors de nos premières années d'études dans cet établissement. Les cycles supérieurs se concentrant plus sur une formation générale. Tandis qu'au centre de cette grande salle se trouvaient deux oliviers dans de grands bacs à fleurs même si ceux-ci ne mesuraient qu'un gros mètre de hauteur. Nous nous dirigeâmes ensuite vers la table où nous avions l'habitude de manger et ce depuis la deuxième semaine de cours au début de l'année mais un éducateur vint vers nous en levant la main pour nous arrêter. Je me dépêchai pour me placer devant les autres en attendant qu'il arrive. Il se stoppa et commença à parler :

« Bon vous êtes un des plus grands groupes d'amis que l'école connait en ce moment, mais vous êtes un peu bruyant, nous avons reçu des plaintes des classes inférieures, donc s'il vous plait, soyez plus calme ! »

Sa remarque avait du sens, nous n'étions pas les plus discrets. En plus, comme il y avait beaucoup d'inscrits, les pause se faisaient en décaler pour les cycles inférieurs et supérieurs.

« Hein, mais on ne peut pas se détendre, ça fait cinq heures de cours sans pause » commença quelqu'un

« Vous n'allez pas nous interdire de manger non plus » Continua un autre

« Alors cela doit s'appliquer à toutes les personnes présentes ici en ce moment » Enchérit Erza

« Non, enfin si mais n'oubliez pas que des réfectoires sont prévus pour vous et que vous pouvez, donc aller faire du bruit là-bas » Essaya-t-il de nous convaincre.

« Mais les tables ne sont pas assez grandes, vous l'avez dit vous-même, nous sommes un des plus grands groupes de l'école, il est difficile de trouver une table pour dix, non vingt voir trente personnes » Ajouta Grey

« Nan mais c'est bon les gars, je n'ai pas envie de me prendre la tête, on va juste manger en essayant de faire moins de bruit mais ce n'est pas dit qu'on le fera » Coupai-je en levant les épaules et les mains.

«Pas de problèmes alors ? »

« Non » Dis-je pour le groupe

« Encore une chose, si jamais "votre" table est occupée, essayez d'en avoir une autre et de ne pas expulser les résidents qui ont pris place, d'accord ? »

« Mais de toute façon, jamais personne n'a osé prendre cette table, tout le bahut sait que c'est la nôtre ! » Intervint Grey

« C'est pour ça que j'ai dit si jamais... » Termina-t-il

« Ce sera vraiment plus «jamais» que souvent » Ajoutai-je

Le groupe éclata de rire à ma remarque parfaitement trouvée et je souris à mon tour, l'éducateur soupira et nous souhaita un bon repas dans la joie et la bonne humeur. Les sujets de conversation variaient suivant les personnes impliquées, partant des devoirs à faire pour le lendemain pour arriver aux nouvelles «peoples» en passant par les nouveautés vidéos-ludiques. Évidemment, une dispute éclata entre Grey et moi, dès qu'on abordait ce sujet, c'était inévitable! De toute façon, nos avis personnels divergeaient de trop pour atteindre la même longueur d'ondes. La dispute prit rapidement une allure de bagarre car les points et les insultes prirent part à celle-ci mais, bizarrement, Erza n'intervint pas et lorsque nous tournâmes la tête en même temps suite à nos poings respectifs, nous l'aperçûmes en train de déguster un morceau généreux de gâteau à la fraise.

« Logiquement c'est interdit ce genre de chose, nan?» demandais-je à Grey en me redressant et en frottant le coin de ma bouche avec les bandages de mon bras.

«Oui à cause de la nouvelle diététicienne, elle est gentille mais à cause d'elle, fini les petites sucreries du petit magasin!» Me répondit Grey en confirmant et épongeant sa bouche avec les bandages de sa main.

« Mais elle, elle a réussi à s'en procurer un!» Ajoutai-je

« Mais elle, elle est la présidente du conseil d'étudiant, donc forcément…» Compléta Grey

« C'est plus facile pour elle!» Affirmai-je

«De quoi vous parlez, exactement?» Demanda la personne concernée par nos analyses «En plus, je vois que quand je ne suis pas attentive, ne serait-ce qu'une seconde, vous voilà reparti pour une bagarre, vous n'en avez pas marre de temps en temps?»

Je déglutis, Grey fit de même, la peur des conséquences de nos actes reprenant le dessus sur nous. Je fermai les yeux et me protégeai le visage de la main droite, la gauche étant un peu hors d'usage mais je ne sentis rien. J'entendis juste le bruit d'un sac dans lequel on cherche quelque chose d'important, à l'écoute de ces sons frénétiques. Je fermai les yeux par réflexe lorsqu'Erza se releva mais je ne sentis rien de douloureux, au contraire, une douce odeur de pâtisserie à la crème et au fruit envahit l'atmosphère.

« Tenez, prenez cela, ce ne sont pas vos simples tartines qui vont vous satisfaire» Dit-elle en tendant le paquet carton vers nous.

Grey et moi, nous nous regardâmes étonné par la proposition d'Erza. J'alternais mon regard entre Grey, le paquet et Erza, Grey, le paquet et Erza… Bref, les questions se bousculaient dans mon esprit, ce qui arrivait beaucoup trop souvent pour le moment mais une sensation étrange me surpris quand je sentis une aura ténébreuse dans les alentours. Je tournais frénétiquement la tête afin de découvrir la source de cette aura. Ma recherche ne passa pas inaperçue auprès de mes compagnons et l'interrogation se lisait dans leur regard. Je fis mine de rien et je pris un petit gâteau du paquet pour le déguster. Alors que j'ouvrais la bouche, je reçu une tape sur la tête de la part d'Erza. Ne comprenant pas vraiment je la regardai mais elle tira une chaise et tapota gentiment de ses doigts fins, le dossier de celle-ci. Je compris de suite et Grey de même, ne voulant surement pas recevoir aussi une tape douloureuse, je m'assis donc et nous recommençâmes à discuter à trois comme on avait l'habitude de le faire lorsqu'on ne voulait pas vraiment 's'intégrer' dans le groupe. Une petite discussion avec les potes de longue date c'est bien aussi. Ce petit extra que nous a offert Erza était vraiment bon, comme si cela rassemblait nos saveurs préférées dans un seul petit gâteau. Je sentais toujours cette aura désagréable autour de nous mais c'était supportable pour le peu que je sentais. La pause se termina à l'appel de la sonnerie, nous indiquant la reprise des cours, nous nous dirigeâmes vers notre prochaine salle de classe mais je m'arrêtai après un moment:

«Euh, … On a quoi maintenant?» Demandai-je en me grattant la tête

«A croire que les évènements de ce matin t'ont vraiment fait dérailler, tête à flamme» Répliqua Grey

«Je t'ai pas sonné, glaçon» Dis-je en tournant la tête vers Erza

«Ne me le demande pas, c'est à toi de connaitre ton horaire de cours et pas aux gens d'autres classes» Répondit-elle sur un ton plus qu'énervant.

«Deux heures de Japonais, puis …» Commença Grey

«Une heure de sciences» Terminai-je en soupirant

Trois longues heures de cours auxquelles je n'avais absolument pas envie d'aller…

«Beuh, … Je ne me sens pas trop bien là» Mimai-je en me tenant le ventre et en faisant demi-tour

«Tu vas en cours quand même» Dit Erza en me tirant par le col et me trainant jusqu'à notre salle de classe.

«Là, c'est toi qui va être en retard» Taquinai-je à l'intention de notre présidente.

« J'ai une excuse valable» Répondit-elle simplement

«Qui est?» Demandai-je en laissant deux bandes sinueuses dans le peu de neige présente dans la cour.

Grey se tapa le front en maudissant ma stupidité innée et commença à accélérer le pas. Quant à moi, je fus lancé vers l'avant, traversant un couloir sur le ventre pour ressortir au niveau du petit jardin. Quand je voulus me relever, je retombai aussitôt car un poids était tombé sur mon dos, il s'agissait de mon sac. Lorsque celui-ci atterrit, mon menton fit un détour par la case béton, ce qui provoqua une douleur dans toute ma tête me rappelant les moments de ce matin. Ma tête commença à tourner mais cela s'arrêta aussitôt, je toussotai un peu en me relevant et en me débarrassant de la poussière accrochée à mes vêtements à l'aide de mes mains.

«Viens, il faut qu'on entre en classe» Dit Grey en en soulevant mon sac et en me tendant.

«Ouai, ouai, j'arrive» Soupirai-je

Le japonais n'était vraiment ma matière scolaire de prédilection, je préférais largement les maths mais il faut avoir une formation équilibrée dans un cursus scolaire, ce cours fait donc, malheureusement, partie des cours les plus importants des dernières années. De plus, la prof n'était pas exceptionnelle, c'était une des plus sévères du bahut, aussi bien en cote qu'en discipline, mais il fallait dire aussi qu'après un an et demi passé avec certains profs, nous savions plus ou moins comment ils fonctionnaient. Nous entrâmes dans cette classe et nous rejoignîmes notre place, toujours la même: 4eme banc dans la rangée centrale. Ce local était simple dans sa disposition, c'est pour cela que j'aimais beaucoup ce local, je crois. Il était à l'écart des bâtiments principaux et excentré par rapport au reste du bahut. Le petit jardin le longeait ainsi que les deux autres salles de classes. De plus, la présence du petit jardin rendait ce lieu un peu sacré, même si on reste dans une école, un peu comme les temples reculés présents dans toutes les grandes villes. Mais pour le moment, la verdure n'était pas au rendez-vous, nous étions en plein hiver, forcément que ça allait être difficile de voir des fleurs et des feuilles d'arbre cachant le soleil par un grand ciel bleu, c'est l'hiver tout simplement, la couleur grise du ciel menaçant à tout instant de se vider sur nos pauvres têtes. Bref, le calme et le silence étaient pour moi, les deux mots d'ordre impératifs dans ce lieu reculé.

Mais je fus vite sorti de ma rêverie par le coup de coude de Grey qui me ramena à mes études quotidiennes. La simple pensée que je devais subir deux heures de ce cours plus qu'ennuyant, me décourageait au plus haut point. Après un effort intensif de quinze minutes pour essayer de suivre, je lâchai prise et je laissai mon esprit vagabonder dans les méandres de mon inconscient. Mais je me repris vite, ne voulant pas subir un autre coup de dictionnaire, je décidai d'observer le reste de la classe afin de faire passer le temps un peu plus vite, ce qui ne fut pas le cas. Grey gribouillait des petits dessins dans son cahier, Bisca lisait un livre un peu douteux par rapport à sa couverture, Lisa suivait simplement le cours, Erza n'étant pas présente ben, elle ne suivait pas et les autres essayaient tant bien que mal de suivre mais beaucoup d'entre nous avaient abandonné après ce premier quart d'heure. La prof s'en foutant un peu, elle continua pour les rares attentifs de la classe. Je me mis à dessiner ce qui me passait par la tête afin d'accélérer ces heures de cours. Ce qui eut son effet car la sonnerie retentit, signifiant que la première heure était passée. La classe se vida petit à petit mais je ne bougeai pas, voulant profiter du calme régnant dans ces moments devenus rares à l'école. Tous les autres quittèrent le local et je vis Grey me demander du regard si je venais, je lui répondis d'un simple signe de tête que non et je me replongeai dans mon dessin. Je sortis de mon sac une bouteille d'eau que je m'empressai d'ouvrir car un sentiment de déshydratation me surpris, je bu, et je terminai ma bouteille que je lançai ensuite à travers la classe. Celle-ci alla se loger directement dans la bonne poubelle. Je m'imaginai marquant un trois points au basket et je me levai d'un coup le poing en l'air.

«Got this, Oh YEAH» Criai-je.

Les quelques élèves présents, appuyés sur le rebord des fenêtres me regardèrent avec de grands yeux, je me grattai la tête par réflexe et je fis signe qu'il ne fallait pas s'inquiéter, ce qui eut son effet, ils reprirent le cours de leur conversation. Je fouillai ensuite mon sac pour vérifier si je n'avais pas une dernière collation à me mettre sous la dent. Ma déception fut grande lorsque j'ouvris la poche sensée contenir mon repas, elle était vide. Je soupirai et je continuai mon dessin. Lorsque le cours recommença à la sonnerie, après les dix minutes de pause, je sentis quelque chose atterrir sur mon front pour terminer sa chute sur ma feuille. Je relevai mon regard pour trouver le coupable mais ma tête retomba directement en avant car une personne m'ébouriffait les cheveux.

«Tiens, tu pourras tenir deux heures avec ça» Dit une voix féminine sur ma gauche

«Le connaissant, il faudrait le triple voire le quadruple» Continua Grey qui était de retour de pause

«Mais au moins il ne sera pas casse pieds» Ajouta la voix féminine

«Et moi?» Taquina Grey

«J'y ai pensé aussi, offert par le conseil des élèves»

«Je dirais plutôt: offert par Erza, notre mère poule» Blaguai-je

«Répète!»

«Euh, notre Erza-sama qui pense beaucoup à notre santé» Rectifiai-je en me plaquant convenablement sur ma chaise et en secouant les mains devant moi.

«C'est mieux, Erza-sama, ça sonne bien quand même, je trouve que c'est un p…» Répliqua-t-elle en quittant la classe et en faisant un signe de main.

Je soufflai de soulagement et j'entrepris de manger ce cher petit paquet de biscuit, ne faisant pas vraiment attention aux éclairs que lançait la prof de ses yeux.

«Quand vous aurez fini, tous les deux, vous irez chercher mes feuilles dans la salle des profs, je les ai oubliées.» Dit-elle en tapotant ses doigts sur le tableau.

« Bien» Accepta-t-on en cœur, ne voulant pas avoir à faire à la fourchette de la prof.

Nous nous précipitâmes en dehors de la classe afin de prendre le chemin vers la salle des profs, tout en grignotant notre collation offerte par le conseil des étudiants. Profitant aussi de ne pas être en classe pour prendre du temps pour nous même, n'ayant pas l'envie nécessaire pour suivre ce cours que de toute façon nous n'allions quand même pas suivre. Nous traversâmes le petit jardin, le préau, et l'allée qui permettait de rentrer dans la cours. L'entrée de la salle se situait en face de l'entrée de la salle vitrée, la porte donnant sur un escalier, il fallait le monter pour atteindre la dite salle des profs. Mais il restait un problème, aucun élève, quel que soit le motif, ne pouvait monter ces escaliers. De ce fait, avec l'imagination collective très développée des élèves, beaucoup de fausses rumeurs s'étaient propagées bien avant ma première année dans cette école. Je regardai Grey, qui me regarda aussi et nous déglutîmes avant de nous lancer dans l'escalade vers cette salle remplie de mystères. Une fois la dernière marche franchie, la pièce s'étendait à gauche et à droite. A l'est se trouvaient des tables arrangées pour former un grand rectangle, accompagnées par un certain nombre de chaise. Sur ces tables, des piles de papiers, des tasses de café vides, des Bics et des stylos, des fardes et des dossiers, mais aucune de ces choses ne nous intéressaient.

« Euh... » Commençai-je

« Elle ne nous a même pas dit le type de feuille qu'il fallait prendre » Continua Grey

Je me dirigeais vers une pile et je regardais l'intitulé des papiers :

« Réforme concernant le règlement interne, ce n'est pas ça » Commençai-je

« Droits des étudiants»

« Les principaux théorèmes de trigonométrie »

« La poésie et les Haïkus»

« Les différents types d'argumentation »

« Les forteresses de ... »

« Pourquoi tu t'arrêtes ? »

« Ben en fait on a trouvé, c'est ceux-là » Déclara-t-il en montrant du doigt les papiers que je tenais et ceux qu'il avait en main.

Je relus le titre des dites piles et je compris. Ensuite, nous nous saisîmes chacun d'un tas de feuille et nous reprîmes le chemin de la classe. Le calme régnant était impressionnant, une école est quand même un endroit plein de vie, mais bon, tous les 'bons' élèves participaient aux cours. Évidemment je faisais partie de ces 'bons' mais je dirais plus du côté vilain de la chose, enfin d'après ce qui tournait sur moi. Heureusement que les vrais amis passent au-delà des apparences pour savoir qui nous sommes vraiment ! Une fois de retour en classe, nous déposâmes les piles de feuille sur le bureau dans un grand boum et un grincement de ce vieux pupitre en bois. Puis nous posâmes nos fesses sur nos chaises respectives afin de 'suivre' la suite du cours. Mais je décrochai vite, pour tout dire, tout dépendait de la matière en elle-même : si c'était intéressant, je faisais au moins mine d'écouter mais, évidemment, si ce n'était pas le cas, je laissais libre cours à mon esprit. Quelque fois, je me faisais avoir mais la prof me l'avais déjà dit aussi : « Heureusement que tes notes sont suffisantes, mais tu es capable de bien plus et c'est dommage que tu ne le produises pas ! »

Mais l'envie ne présentant pas, je croisai les bras sur le banc et je posai la tête dedans. Grey commença à me parler mais je ne répondais que par des mouvements de tête. Cette situation était digne d'une comédie car d'un côté, le bavard qui ne cesse de parler et de l'autre un muet avec des problèmes mentaux ne faisant que balancer sa tête entre ses bras. La situation était pour ainsi dire : ambigüe. L'heure se passa comme cela sans remarque, juste une discussion mi-silencieuse entre Grey et moi à travers les explications de la prof. Mais je me sentais observé, ce ne serait pas la première fois mais cette fois, l'oppression se présentait aussi, ne pouvant me défaire de cette sensation, je relevai vivement la tête, comme si venais de me prendre une décharge électrique, et je cherchai d'où provenait cette désagréable sensation. Pas de dehors, le petit jardin était désert, donc cela provenait forcément de la classe parce que j'imaginais mal une personne sur les toits blancs à cause du gel. Mais faire d'amples mouvements de la tête, il y avait mieux niveau discrétion. Je jetai des coups d'œil furtifs à gauche et à droite mais ne trouvant pas la source, je laissai tomber, dans le sens propre du terme, ma tête fit une 'douce' rencontre avec le banc dans un bruit lourd. La réaction générale fut évidemment un fou rire, suite auquel je me grattai machinalement l'arrière de ma tête, un peu gêné mais plus dans l'auto-dérision. Mais ce coup était, bien sûr, douloureux, ça ne changeait pas de ces derniers jours. Une fois la gêne passée et la dernière heure de cours aussi, je me précipitai dehors pour respirer de l'air frais et m'enfuir de cet endroit plein d'ennui mais aussi de bons souvenirs.

«Ben alors, tête à flamme, on devient exhibitionniste?» me lança Grey quand je passai la porte de la classe de sciences

« Hein?» fis-je en me retournant

Grey pointa mon torse et sourit. J'avais passé la journée avec le t-shirt bleu marine de l'école avec le logo en rose pâle sur le cœur.

«J'avais oublié et puis je n'ai pas froid» Répondis-je en me dirigeant vers la porte du bloc «L».

J'ouvris la porte et une bourrasque s'engouffra dans le couloir déclenchant un frisson dans mon dos. Je posai mon sac et je sorti ma veste afin de l'enfiler pour me protéger un peu de l'air extérieur.

«Finalement, je n'ai pas envie d'être malade!» déclarai-je

«Comment tu peux avoir si chaud alors que ta tête a l'air d'être vide» Répondit Grey en levant son poing vers moi.

«Comment tu me fais un commentaire alors que t'es en slip? Toi, ta tête est trop froide pour t'arrêter de te dessaper!» Répliquai-je en tapant mon poing sur le sien «À demain»

«Merde, à demain» Termina-t-il en rebroussant chemin.

L'air de cette fin de journée d'hiver me faisait bu bien, j'avais vraiment besoin de me vider l'esprit car beaucoup trop de questions l'encombraient. Je marchais lentement, contrairement à d'habitude, simplement par flemmardise ou juste pour me reposer, profitant du calme de la fin de l'hiver, car même s'il n'y avait qu'une fine couche de neige, celle-ci était assez épaisse pour aspirer les bruits des voitures et des gens qui discutent entre eux. C'était assez agréable et tranquillisant, mais toutes les bonnes choses avaient une fin. Une personne me demanda sa route pour se diriger vers un café bien précis, je lui indiquai le chemin à suivre et cette personne me remercia, en le détaillant, il avait l'air d'une personne de la haute société, il portait un beau costume marron avec une chemise blanche ainsi qu'une cravate bordeaux, pour les chaussures, une simple paire de chaussures de ville d'une célèbre marque à la vue du logo apparaissant à l'arrière de celles-ci, noire brillante mais avec des lacets gris foncé. Cet homme me salua de la main et parti dans la direction que je lui avais montrée.

«Je me demande pourquoi c'est toujours à moi qu'on demande ce genre de chose, je ne suis pas originaire d'ici pourtant » Soupirai-je à moi-même.

Étant assez proche de la maison j'accélérai un peu la cadence afin de rejoindre la chaleur de mon foyer, même si je n'avais pas vraiment froid. Puis je sentis de nouveau cette chaleur m'envahir, tel de la lave en fusion, la neige devenant de l'eau en dessous de mes pieds. La zone fondue s'agrandissant de plus en plus, je commençai à bouger, mais haletant, mon corps n'avait pas trop envie de faire ce que je lui demandais, je tombais les fesses dans la neige qui se transforma aussi à cet endroit, humidifiant tout mon pantalon. Je me relevai difficilement et continuai ma route, les derniers mètres devenant insupportables à cause du "phénomène", je transpirais et haletais, je manquais d'air mais juste avant ma rue, tout s'arrêta et je pus reprendre mon souffle, respirant a grand coup, permettant à l'air frais de circuler à l'intérieur. Les battements de mon cœur ralentissant, je décidai, finalement, de rentrer à l'intérieur. Mais la porte était fermée, ce qui ne devait pas être le cas.

« Même si maman a dit qu'elle ne rentrait pas, je pensais qu'il y avait quand même quelqu'un ici » Dis-je en enlevant ma veste pour l'accrocher au porte manteaux

« C'est bien le cas » Me répondit une voix que je connaissais bien

« Vous auriez pu m'ouvrir » Soupirai-je en saluant de la main

« Ben si tu ne sonnes pas aussi » Reprocha une voix plus masculine

« Si vous n'écoutez pas ce qui vous entoure aussi » Répliquai-je aussitôt

« Si cette sonnette ne fonctionne plus aussi ! »

« Si vous étiez moins plongés dans ce que vous faites aussi ! »

« Si tu mangeais un truc aussi ! »

« Si j'avais faim aussi ! »

« Si tu disais bonjour aussi ! »

« Si nous ne nous chamaillions pas aussi ! »

« Si nous étions vraiment comme des frères et sœurs aussi ! »

« Si nous arrêtions aussi !»

« Si tu avais raison aussi ! »

« Si je vous foutais la paix aussi ! »

« Si ... Si ... Si ... »

« J'ai gagné, j'ai le dernier mot, je te laisse tranquille » Achevai-je en montant les escaliers afin de me rendre dans ma chambre, accompagné de ce cher sac de cours

« Au fait pourquoi t'es tout mouillé ? Tu t'es fait dessus ou quoi ? »

« Gné, de quoi tu parles ? » lançai-je en m'arrêtant et en me retournant

« Ben regarde derrière toi et tu comprendras, on peut te suivre à la trace sans savoir où tu es » Remarqua-t-elle en pointant le sol de la porte d'entrée jusqu'au début de l'escalier.

« Oh ça, nous avons fait une bataille sympathique de boule de neige avec le groupe dans le parc en revenant et comme tu peux le voir, ça a un peu dégénéré ! » Mentis-je en me grattant la tête et en souriant bêtement m'imaginant la scène que je venais de décrire.

Elle soupira et n'insista pas. Je la laissai tranquille et continuai mon chemin, je me détournai de ma destination première pour aller me changer et me rincer le corps dans la salle de bain mais juste avant de commencer, je regardai mes bandages. « Ce serait mieux de ne pas le faire finalement, je n'ai pas envie de demander à Wendy de m'aider pour tout remettre en place par après ! » Pensai-je en tâtant les zones couvertes mais, étrangement, ça n'était pas douloureux, au contraire, je ne sentais plus rien à part le fait d'être endolori à force d'être immobile. Mais là n'était pas la question, toutes ces bandes étaient quand même dégueulasses, la saleté naturelle du sol mélangée à la neige fondue dû à mon corps ainsi que les petites tâches roses, ce n'était pas très propre. Je me résignai donc à tout enlever pour en refaire par la suite. Je commençai par les quelques compresses, devenue grises, noires ou brunes, voir les trois ensembles, et je fus surpris encore une fois de ne plus rien voir en dessous, même pas une petite marque montrant un quelconque traumatisme. Je me dépêchai d'enlever les bandages autour de mon bras et de ma main mais contrairement aux endroits des coupures non profondes, les plaies n'étaient pas encore refermées, voire pas du tout lorsque je vis du sang couler le long de mes doigts pour atterrir dans le lavabo. Je cherchai dans l'armoire des compresses mais le temps que je les trouve et que je nettoie la plaie, les saignements s'étaient arrêtés et une des coupures plutôt impressionnantes, cicatrisait à vue d'œil, elle se refermait aussi, pour finir, il ne restait plus qu'une fine ligne rose pour, elle aussi, disparaitre complètement. J'avais chaud, je transpirais et je respirais de plus en plus difficilement. Je m'accrochai au lavabo je me laissai tomber accroupi pour me calmer. Je regardais mes bras et mes mains en même temps.

Après un moment de contemplation et d'intense réflexion, je ne prolongeai pas plus ces expériences étranges sur mon corps. Respirant normalement, je pris des nouvelles bandes pour remplacer les sales mais comme pour ma main, il ne restait presque plus rien, toutes les entailles étaient sur le point de s'effacer. Je sortis ensuite, propre et changé dans de nouveaux vêtements qui n'étaient autres que mon pyjama: «Si c'est pour s'habiller, autant être dans une tenue confortable.» Je rejoignis mon bureau et je sortis mon journal pour prendre connaissance des devoirs ou des possibles interros du lendemain mais, comme d'habitude, l'envie de travailler ne se présentant pas, je refermai tout cela pour, ensuite, m'affaler sur mon lit, la tête dans l'oreiller, l'esprit partant dans des réflexions compliquées et cherchant la raison de ces malaises et les conséquences de ceux-ci. Sentant le sommeil me rattraper, je regardai l'heure une dernière fois avant de tomber dans un sommeil léger.

Je fus réveillé par des secousses devenant de plus en plus violente, je daignai ouvrir enfin les yeux pour sentir une douleur atroce au niveau de mon dos, car dormant sur le ventre, je ne vois pas comment la douleur aurait pu arriver là.

« Aïe, qu'est-ce qu'il se passe, pourquoi le monde s'acharne-t-il sur moi ? » Marmonnai-je dans l'oreiller.

« Ben tu dormais et j'ai faim, donc je suis venu pour avoir à manger ! » Répondit une voix plutôt énervée

« Faites ce que vous voulez, je n'ai pas faim ! » Dis-je sèchement

« ... »

Plus aucuns bruits venant d'une quelconque personne à côté de moi, le seul son arrivant jusqu'à mes oreilles étant des souffles de respirations.

« J'ai un truc bizarre collé aux fesses ? » M'irritai-je

« Non, c'est juste que toi, ne pas manger, ça ne peut marcher dans la même phrase » Entendis-je

« Ben laisse-moi dormir, si jamais j'ai faim j'irai manger, si tu ne veux pas cuisiner, mon portefeuille est sur mon bureau, il y a des sous dedans, alors prends et laisse-moi dormir ! » Dis-je en retombant dans les bras de morphée.

Je me réveillai une nouvelle fois dans un silence total presque terrifiant ! Mais j'entendis quelques voitures passer dans la rue mais avec la neige, c'était presque imperceptible mais rassurant. Je sortis de mes réflexions à cause de l'appel de mon ventre, je me levai et je descendis les escaliers à pas de souris histoire de ne pas réveiller et de ne pas mourir cette nuit. J'arrivai au rez-de-chaussée et j'entrai dans la cuisine sans allumer, ce qui n'est pas habituel mais j'ai compris depuis un moment que je ne suis pas normal, enfin pas un humain normal. Je suis humain mais je pense que j'ai des capacités qui n'entrent pas dans le domaine de la science. Mais mon ventre gargouillant me rappelant à l'ordre, je me dépêchai mais en chemin, je me cognai le pied contre le coin de la porte, ce qui eut pour effet de me pencher vers mon pied et mon front fit un petit bonjour au bord du plan de travail qui se trouvait juste en dessous d'un meuble contenant des verres au son que celui-ci avait produit lorsque l'arrière de ma tête entra en contact avec le coin de celle-ci.

« Ben je crois que le mode discret, c'est pas pour aujourd'hui ! » Râlai-je contre moi-même en me frottant ma tête.

À ma grande surprise, je n'entendis aucuns signes de mauvais réveils, juste quelques grincements, certainement dus aux changements de positions de sommeil. Je m'assis deux minutes, le temps de récupérer des coups pour ensuite allumer les lampes et vérifier la nourriture présente dans la cuisine. Quelle ne fut pas ma stupéfaction lorsque je vis deux pizzas dans leur carton respectif, empilées sur la table.

« Je vois qu'ils en ont bien profité ces deux-là ! » Soupirai-je en imaginant mon compte bancaire «Mais bon, au moins, ils ont pensé à moi ! »

Je dévorai en quelques minutes, une dizaine plus précisément, la première pizza et une fois celle-ci terminée, je m'attaquai à la deuxième et je laissai un triste morceau dans le carton. Celui-ci n'échappant pas à mon regard, la pitié montant en moi, je l'avalai d'une traite ! Ce bon repas dévoré, je retournai dans ma chambre en évitant les bruits inutiles et je me recouchai aussitôt arriver dans ma pièce personnelle.

Après avoir dormi une bonne partie de la journée, je ne m'endormis pas de sitôt, j'observerais ma main couverte de fines lignes roses et je m'amusais comme un nouveau-né à fermer et ouvrir celle-ci. Je fus surpris de ne plus rien sentir, plus de douleur, de gène ou encore de restriction de mouvement, je me saisis ensuite de mon gsm afin d'envoyer un message au bel ami qu'est Grey :

« Hey, nudiste, je pense que demain, avant de voir les autres j'irai direct voir madame petit soin et petit bobo, qui pour tout dire ne ressemble pas vraiment à une infirmière d'école, de lycée, ou quoi que ce soit d'autre ! Bref, bonne nuit frigo ! »

À peine, eus-je le temps de déposer mon gsm sur mon torse que celui-ci vibra :

« Okay, four sur pattes, faudra aussi que je te montre un truc, plutôt incroyable, mais bon ça reste réel, et je suis tout à fait d'accord pour la madame de soins ! BN Fireman ! »

Je mis charger mon téléphone et je repris mon occupation première, à savoir essayer de dormir. Le sommeil m'emmena bien vite dans le pays des songes mais ce voyage ne fut pas du tout reposant. La nuit parut longue et fatigante, ce qui n'était pas du tout logique quand on y pensait mais le réveil fut brutal : je tombai par terre sur le dos et je sentis le parquet froid de ma chambre, ce qui me fit le plus grand bien, me rappelant les dernières images de mon cauchemar, celle-ci défilant encore devant mes yeux. Je relevai la tête pour regarder le plafond et je m'évadai dans mes pensées qui menèrent vers un sommeil léger. Je fus sorti de cet état par Wendy, elle me secouait gentiment afin de m'enlever aux rêves que je faisais.

« Pourquoi t'es plus dans ton lit ? » Demanda-t-elle en penchant la tête.

« Je suis tombé et je pensais rester éveillé mais, comme tu le vois, je me suis endormi à même le sol et ça m'a fait du bien ! » Répondis-je en m'asseyant.

« Ben lève-toi et prépare toi, il est 7h30 passé et tu es toujours en tenue de nuit, si je peux appeler ça une tenue ! » Dit-elle en pointant du doigt mon short.

« Pfff, ça te regarde pas et je dors comme je veux, enfin j'essaye du moins ! »

« Calme» soupira-t-elle « il y a aussi une lettre pour toi. Gajil et moi, on va déjà y aller, à toute ! » Finit-elle en partant pour l'école, son sac sur les épaules.

« Ouai à tantôt » Terminai-je par dire.

Ensuite, je descendis et je remarque une enveloppe sur la table ainsi que deux autre déjà ouverte. Je pris celle avec «Natsu-chéri» écrit à l'arrière. «Je t'ai déjà dit de ne plus m'appeler comme ça…» pensais en souriant et en sortant le papier.

« Bonjour Natsu-chéri,

Je rentrerai tard, j'espère que nous nous verrons quand même et que les deux autres ont été sages, Sinon ils auront à faire à moi! Passe une bonne journée et gros bisous,

Maman »

Je pliai la lettre et je la rangeai dans une poche de mon sac de cours, cette lettre m'avait redonné un peu de boom au cœur et je partis me préparer, comme tous les matins de cours. Je redescendis au pas de course, je remplis ma gourde thermo de café pour ensuite partir tranquillement, les écouteurs dans les oreilles et les mains dans les poches pour l'école. Rien de fantastique ne se passa pendant le trajet, des passants bruyants, quelques coups de klaxon de conducteurs craignant d'arriver en retard sur leur lieu de travail mais surtout une bousculade m'impliquant ainsi qu'une jeune femme ...