Chapitre 20
Elisabeth était à son bureau lorsque le Colonel Ellis était arrivé en salle de contrôle. Elle avait soufflé un bon coup avant d'aller lui parler. Un simple regard avait fait comprendre au militaire son besoin de communiquer alors il avait fait quelques pas jusqu'au bureau de la chef d'expédition. Elle savait que cette mission était vouée à l'échec et elle ne lui avait pas caché en mentionnant son caractère dangereux. «Je vous rappelle que ce ne sont pas des humains mais des machines.».
«Négocier nous fera gagner du temps jusqu'à ce que les armes de la zone 51 soient prêtes!». Ellis lui avait fait comprendre que les ordres ne venaient pas de lui et ces quelques mots avaient suffi à Elisabeth pour lui faire prendre conscience que cette mission aurait lieu, avec ou sans sa coopération. Ces quelques minutes avaient suffi et le Colonel n'avait pas attendu son reste avant de disposer. Il avait croisé Sheppard dans le couloir menant au bureau d'Elisabeth, sans s'être adressé un mot. «Le Colonel Ellis m'a demandé de me joindre à la mission.».
«Je pensais rester en retrait, en occultation dans un Jumper pour évaluer les dégâts causés.». Elisabeth avait hoché la tête en lui avouant avoir épuisé toute ces cartes. «J'ai appelé le Général O'Neill et Woolsey pour qu'ils stoppent la mission, mais ils n'ont pas accepté.». Ils savaient tous les deux ce que ça voulait dire et la chef d'expédition n'avait plus qu'à lui souhaiter bonne chance.
/!\
Radek et Rodney avaient passés quelques heures sur l'Apollon à vérifier les six ogives. Andréa avait préféré rester sur Atlantis, s'étant jurée de ne plus jamais voyager, sauf pour rejoindre la Terre au besoin. Ils avaient tous les deux fait équipe et charger en un temps record les informations des cibles sur les missiles. Ils étaient tous les trois d'accord sur le fait qu'il s'agissait là d'une très mauvaise idée. Ils avaient côtoyé de près les Réplicateurs et ils savaient de quoi ils étaient capables.
Rodney avait décidé de renvoyer Radek sur Atlantis, alors que l'astrophysicien prenait place en salle de contrôle, aux côtés du Colonel Ellis. Il était connecté par radio à Atlantis et attendait le feu vert du Colonel pour lancer un compte à rebours. Ils attendaient que l'Apollon sorte de l'hyperespace pour pouvoir lancer les ogives. La tension était palpable et tout le monde redoutait une attaque en retour. Ils étaient suspendus aux lèvres de Rodney, jusqu'à ce qu'il ne commence à décompter. Les six missiles avaient quitté le vaisseau et s'étaient écrasés sur la planète. Sheppard avait attendu que l'onde de choc ne se dissipe avant de confirmer la destruction des vaisseaux, du haut de son Jumper.
/!\
Radek et Rodney se tenaient en salle de contrôle pour observer les images satellites de la planète. Il était hors de question pour eux de se reposer s'ils n'avaient pas la certitude que tous les vaisseaux avaient été éliminés. Le Colonel Ellis était à leur côté et cherchait lui aussi à savoir si sa mission avait été un succès. «Dites-moi que nous avons atteint nos cibles.». Le militaire n'avait qu'une envie, celle de retourner sur l'Apollon. Il n'avait pas l'intention de rester bloqué sur Atlantis et cela se ressentait dans le ton de sa voix.
Rodney avait pianoté sur son ordinateur et confirmé au Colonel que tous les vaisseaux avaient été détruit. Il l'avait mis en garde sur le fait que les interférences dues aux radiations les empêchaient de savoir s'il y avait des survivants mais il y avait quatre-vingt-dix pour cent de chance que le souffle de l'explosion ait tout raser.
Andréa venait d'arriver et s'était placée à côté des deux physiciens. « C'est impressionnant !». Elle observait l'écran sur lequel ils étaient tous les deux penchés et elle était subjuguée par l'étendue des dégâts visible à l'écran. Elle s'était brusquement tournée en entendant la voix d'Elisabeth et Evan qui montaient les escaliers pour les rejoindre. Ils n'avaient pas eu l'occasion de se revoir depuis leur dernière conversation et elle était incapable de définir leur statut. Radek l'avait vu rougir et il avait remarqué son embarra. Il lui avait mis un léger coup d'épaule pour qu'elle le regarde et la physicienne avait simplement secoué la tête en répondant silencieusement à sa question de savoir si tout allait bien.
Ce n'était ni le lieu ni le moment pour en parler et ils avaient mieux à faire que de parler de sa vie sentimentale. Ils pouvaient entendre Élisabeth qui félicitait Sheppard pour le succès de la mission. Ils s'étaient retournés en sachant que la chef d'expédition allait sûrement leur poser la même question qu'Ellis, mais Chuck l'avait interpellée alors qu'elle gravissait la dernière marche. «Nous recevons un signal de l'hyperespace.».
Andréa n'avait pas attendu pour prendre place derrière l'une des consoles. Radek et Rodney avaient suivi le même mouvement et ils s'affairaient à découvrir de qui émanait le signal. La physicienne avait activé le bouclier à la demande d'Elisabeth, puis elle avait relevé les yeux en attendant d'éventuelles instructions. Elle avait été surprise de voir Evan qui lui lançait des regards à intervalles réguliers, mais elle n'avait pas relevé. «Il est en orbite géosynchrone au-dessus de nous.».
Andréa avait ouvert un canal avec l'Apollon, lorsqu'elle avait entendu Sheppard suggérer que le vaisseau devait s'approcher pour vérifier. Le contact radio avait été établi en quelques secondes et la voix du Colonel Ellis raisonnait dans la salle ouverte. «On dirait un satellite.». Elle n'avait pas su l'expliquer mais elle avait un mauvais pressentiment. Un simple regard avec Rodney avait confirmé ses doutes. «Ça s'active ! … C'est une porte des étoiles.».
Elle avait froncé les sourcils et s'était levée lentement en avançant vers l'écran devant lequel Chuck se tenait. Evan n'était qu'à quelques mètres et elle pouvait lire l'incompréhension sur son visage. «On nous tire dessus !». Ces quelques mots avaient fait bondir son cœur dans sa poitrine. Un faisceau rouge et continu sortait de la porte des étoiles et s'était mis à tourner de manière incontrôlable, détruisant tout ce qui se trouvait sur son passage.
Le rayon avait trouvé sa cible et parcourait l'océan en déchirant les profondeurs. Le Colonel Ellis avait autorisé les tirs sur la porte mais un bouclier les empêchait d'atteindre leur cible. Le rayon s'approchait dangereusement d'Atlantis et il ne pouvait rien faire pour le stopper. Une secousse avait saisi tous les membres de l'expédition, au point qu'Andréa avait agrippée le bras d'Evan pour ne pas tomber. Elle avait décelé sans mal l'inquiétude qui traversait son esprit et s'était dirigé vers l'une des consoles. «Donnez-moi des options, McKay.».
«Le bouclier tire son énergie du rayon. Vos tirs ont légèrement diminué la puissance, mais un missile ne brisera pas le bouclier.». Sheppard avait suggéré d'envoyer tous les missiles et diverses forces de frappes permettant d'anéantir la porte et commençait à partir lorsqu'il avait été stoppé par la voix de Rodney. «Notre puissance de feu ne le détruira pas si le rayon est actif ! ».
Ellis avait demandé au physicien la marche à suivre mais il n'avait aucune solution pour le moment. «Laissez-moi y réfléchir, je vous contacte dans cinq minutes.». Il n'avait pas attendu et s'était levé pour prendre le contrôle de la console de Chuck. Radek avait regardé Andréa en lui demandant si elle avait une solution mais rien ne lui venait à l'esprit. Ils auraient pu envoyer un Jumper et placer une bombe électromagnétique à retardement mais ils n'allaient pas risquer que la porte les prenne pour cible.
Le rayon frappait toujours la ville et leur longue discussion n'avait pas aboutie à grand-chose. Le Colonel Sheppard faisait les cents pas dans le bureau d'Élisabeth en attendant des nouvelles, et Rodney s'était dirigé vers eux en leur dressant un rapport de la situation. « Le satellite est un vaisseau dépouillé. L'hyperpropulsion, le bouclier, le système de navigation… c'est une petite source d'énergie qui guide le rayon et alimente le bouclier. Mais une fois le trou de ver créé, ceux qui sont de l'autre côté, envoient un rayon dans la porte et il ressort de notre côté, ce qui leur permet de tirer et d'alimenter le satellite. Tant que l'autre côté de la porte alimente le rayon, cette arme reste opérationnelle. ».
Andréa venait d'arriver munie de sa tablette et avait pris la suite de Rodney. «Il y a encore une chose. Puisque leur porte des étoiles, et si proche de notre planète, on ne peut pas utiliser la nôtre. Nous sommes bloqués.». Ils savaient que la porte des étoiles était conçue pour se refermer automatiquement après trente-huit minutes. Sheppard avait émis l'hypothèse que passé ce délai, ils avaient peut-être une chance en activant la leur pour rendre inutilisable celle en orbite.
Rodney n'était pas convaincu que cela fonctionne, car le SGC en avait fait les frais quelques années plus tôt. «Avec une énergie conséquente, la porte peut rester activée indéfiniment.». Elisabeth avait peut-être une idée et avait demandé aux deux physiciens s'il était possible de contacter la planète d'où provenait le tir. «Il va falloir augmenter le signal pour éviter les interférences, mais oui.». Ils n'avaient pas attendu d'en savoir plus et avaient obéis à la chef d'expédition qui leur avait demandé de faire leur possible.
Evan se tenait aux côtés de Radek, qui tentait de lui expliquer les conséquences si quelqu'un venait à s'approcher trop prêt de la porte des étoiles qui laissait toujours passer un faisceau rouge. Andréa peinait à se concentrer et elle n'entendait plus ses propres pensées. Elle s'était levée en s'agaçant et avait allumé l'écran pour vérifier si le signal pouvait être établi avec la planète se trouvant de l'autre côté de la porte. Rodney s'était placé derrière la console en voyant que cela fonctionnait. Le contact avait été établi en quelques secondes, le temps qu'Elisabeth se presse à leurs côtés. «Oberoth!».
La conversation avait duré moins de deux minutes et cela c'était soldé par un échec. Les Réplicateurs n'avaient pas l'intention de stopper leur attaque, ce qui laissait peu de temps aux trois physiciens pour trouver comment détruire leur porte des étoiles. Lorsque la transmission s'était coupée, Andréa avait eu le réflexe de regarder la jauge d'énergie restante du bouclier. «Il tiendra vingt-neuf heures.».
Comme l'avait prévu Rodney, rien n'avait changé trente-huit minutes après l'ouverture de la porte. Ils s'étaient retrouvés à la case départ, jusqu'à ce que Radek évoque le fait de submerger la cité. Cette alternative allait leur faire perdre une heure mais ils étaient prêts à prendre le risque, surtout si cela pouvait sauver la cité.
Andréa avait regardé Rodney et Radek partir, alors qu'elle surveillait les ressources en énergie depuis une console. La pièce s'était vidée en un rien de temps et elle avait béni le silence qui régnait. Evan s'était avancé vers elle en voyant qu'elle était seule à son poste. «Est-ce qu'on peut parler deux minutes ?». Elle n'avait pas levé les yeux de son écran, mais elle pouvait l'apercevoir du coin de l'œil. «Je ne sais pas si tu as remarqué mais je suis un peu occupée là.».
Elle espérait qu'il se contente de ça mais au lieu de ça, il avait croisé les bras. «Ce faisceau menace de tous nous tuer alors je pense que ce que tu as à me dire peut attendre que l'on ait résolu le problème… en plus je n'ai même plus de caféine dans mon organisme depuis bientôt trois heures, alors si c'est pour m'aider à savoir comment dévier ce tir et sauver la cité, je suis tout ouïe, sinon je pense que tu as tout dit.». Elle commençait à s'agacer en voyant qu'il n'avait pas bougé. «Et puis, je ne crois pas que tes connaissances en hiéroglyphes puissent nous aider sur ce coup-là.».
Elle ne savait pas pourquoi elle avait dit ça, mais cette réflexion lui avait fait poser ses mains sur ses hanches. «Désolée, c'était méchant. Tu sais que j'ai du mal à travailler sous la pression. Et puis, Ce n'est pas comme si tu avais fait une connerie. Là on parle de ton naturel et je ne peux rien faire pour t'aider… Tu avais peut-être raison finalement.». Alors qu'il n'avait rien dit jusque-là, Evan lui avait demandé de quoi elle voulait parler. «J'aurais dû t'écouter quand tu m'as dit que tu n'étais pas prêt. J'avais envie de croire que je pouvais changer les choses mais on ne change pas les gens Evan, pas tant que tu n'auras pas travaillé sur ta confiance aux autres.».
Il allait rétorquer mais elle s'était tournée vers lui au même moment en affichant un air dépité. Ses yeux s'étaient posés sur sa pommette qui commençait à bleuir et elle avait bondi de sa chaise en levant lentement sa main vers son visage, avant de se raviser. «Qu'est-ce qui t'es arrivé?». Un hématome commençait à se former et elle venait juste de le remarquer. Il avait emmagasiné ses mots et il n'arrivait pas à lui en vouloir. «Une bagarre au mess qui a mal tournée.». Il avait été blessé par ses mots, mais il faisait bonne figure en comprenant son point de vue. Il n'avait pas dit un mot et s'était éloigné en empruntant les escaliers menant à la salle d'embarquement. Andréa s'était sentie un tant soit peu coupable mais elle avait chassé cette pensée et s'était remise au travail.
Cela avait pris du temps à Rodney pour exploiter la faisabilité d'immerger la Cité. Il avait réuni, entre autres, Sheppard, Ellis et Elisabeth dans la salle de contrôle, afin de leur expliquer ses intentions. Tout était faisable et cette manœuvre pouvait leur permettre de gagner du temps. Le Colonel Ellis ne comprenait pas en quoi cela pouvait les aider, alors le Canadien lui avait résumé une partie de l'Histoire. «Il y a dix millions d'années, quand les Anciens ont été assiégés, ils ont submergé la Cité pour dissiper les rayons d'énergie dans l'eau. Leur bouclier a pu résister plus longtemps qu'il ne l'aurait fait à la surface.».
Radek avait pris la suite en expliquant leur plan. «Donc si nous submergeons la ville, cela atténuera l'intensité du rayon et fera durer notre bouclier. Bien sûr, nous ne pouvons pas prédire de combien le rayon sera atténué, mais ça vaut le coup d'essayer.». Elisabeth écoutait les deux hommes parler, convaincue que leur théorie allait fonctionner. «Que se passera-t-il en termes de perte d'énergie pour l'E2PZ?». Rodney craignait que cette partie du plan n'affecte le jugement d'Elisabeth, mais il n'allait pas lui mentir sur les éventuelles conséquences d'un échec. «Dans le pire des cas, nous viderons l'E2PZ et la cité ne sera pas submergée.».
Quelques secondes avaient suffi pour qu'elle accepte et les deux hommes s'étaient pressés, chacun derrière une console. Radek avait dépassé Andréa, qui ne l'avait pas regardé. Il avait fait un pas en arrière et poser sa main sur son épaule en lui demandant si tout allait bien. «Oui, je t'expliquerai. Alors comment on s'organise?». Rodney était déjà à pied d'œuvre et pianotait déjà sur la console principale. Il y a un programme automatique de submersion dans le système. Je dois le modifier pour qu'il n'utilise qu'un seul E2PZ.». Il s'était tourné à tour de rôle vers Radek et Andréa en leur demandant d'annuler les protocoles de sécurité.
Cela faisait un moment qu'ils travaillaient en continu et Andréa s'était penchée vers Radek, en espérant que Rodney ne remarque rien. La jeune femme était curieuse et avait demandé au Tchèque s'il savait ce qui s'était passé avec Evan. «Apparemment, il s'est interposé entre deux militaires qui se battaient pour une histoire de place dans la file d'attente.». Elle avait simplement hoché la tête avant de se remettre au travail.
Elisabeth s'était approchée de Chuck et lui avait fait part de son souhait de faire un discours. Le technicien n'avait pas attendu avant d'activer les hauts parleurs de la cité. «À tout le personnel. Nous allons tenter de submerger la cité. D'après ce que j'ai compris, il risque d'y avoir des secousses. Assurez-vous d'avoir arrimé votre équipement et rendez-vous aux zones de sécurité prévues à cet effet.». La chef d'expédition s'était tournée vers les trois physiciens et avait donné son feu vert.
Andréa s'était étonnée du peu de temps que cela avait pris avant que la ville ne touche le fonds de l'eau. Les secousses n'avaient pas été si terribles et ils allaient bientôt être fixés sur l'efficacité de cette manœuvre. Rodney avait pesté en indiquant à Radek que l'intensité du rayon était toujours aussi intense. Elisabeth s'était pressée vers eux en entendant les propos du Canadien à l'encontre du Tchèque. L'eau n'avait pas l'air d'affecter le rayon comme ils l'avaient souhaité et cela devenait critique parce que la semaine de protection que Rodney avait prédit avait drastiquement baissé à neuf heures.
Il ne leur restait que neuf heures avant que le bouclier ne s'affaisse et ne laisse passer le tir qui les anéantiraient à coup sûr. Andréa commençait à fatiguait et la seule chose qui maintenait ses sens en alerte s'était dissipé depuis des heures. Elle n'avait aucune idée de l'heure qu'il était mais elle savait qu'elle n'était pas près d'aller se coucher, alors elle s'était excusée auprès de Radek et Rodney avant de se diriger vers le mess.
Elle avait froncé les sourcils en revenant en salle de contrôle. Radek lui avait dit que le Colonel Ellis était reparti sur son vaisseau et que Sheppard comptait sur Evan pour piloter un F302. Elle s'était étonnée de la vitesse à laquelle les choses s'étaient déroulées. «Il va être téléporté d'un instant à l'autre sur l'Apollon avec deux pilotes pour déplacer un astéroïde et le placer devant le rayon.».
«Il va faire quoi ? Mais je suis partie combien de temps ?». Radek lui avait expliqué qu'ils allaient déplacer des débris présents sur la Lune Lantéa, pour leur permettre de gagner du temps en bloquant le tracé lumineux qui les menaçaient. Son esprit lui avait imposé l'image d'Evan et elle n'avait pas attendu avant de tendre son café à son ami qu'elle n'écoutait plus. La physicienne avait couru en direction du hangar à Jumper en criant au Tchèque qu'elle revenait vite, sans lui donner plus d'explications. Il fallait qu'elle parle à Evan et elle savait où le trouver.
Elle attendait près de la porte en reprenant son souffle, ne voulant pas le mettre dans l'embarras devant les deux pilotes qui s'équipaient. Andréa avait attendu que les deux hommes ne sortent avant de se placer dans l'embrasure de la porte. Surpris, Evan s'était arrêté en la voyant. «Qu'est-ce que tu fais là? Est-ce que tout va bien?». Ne sachant pas par où commencer, elle s'était approchée plus prêt pour l'empêcher de passer. «Je voulais juste te dire… D'être prudent. Evan était resté impassible jusqu'à ce qu'il ne voie l'inquiétude sur son visage. «J'ai l'habitude de voler sur ces engins, tu sais.». Andréa savait que cette mission était inhabituelle et elle avait bien évalué les risques, alors sa connaissance de la situation l'avait forcée à accélérer le débit des mots qui sortaient de sa bouche. «Oui, mais là tu vas déplacer un astéroïde avec un avion de chasse et tu vas te retrouver à quelques mètres d'une source importante d'énergie qui pourrait à coup sûr…».
Evan l'avait saisie par les épaules en voyant qu'elle laissait ses émotions prendre le dessus. «Arrête de t'inquiéter et utilise ton cerveau pour autre chose que de t'en faire pour moi.». La connaissant, il l'avait serrée dans ses bras pour la rassurer parce qu'il savait que ça la calmerait. Cela avait duré quelques secondes et il lui avait déposé un baiser sur ses cheveux avant de se détacher. «Je dois y aller.».
Andréa avait hoché la tête avant de reculer d'un pas. «Je serais en contact radio permanent, en salle de contrôle.». Il avait hésité à l'embrasser et il lui avait simplement souri avant de se pencher doucement vers elle. Il en avait envie mais il voulait être sûr que ce soit réciproque alors il avait pris son temps. Elle n'avait pas hésité à accepter ce rapprochement qui lui avait étrangement fait penser à un baiser d'adieu. Cela n'avait duré que quelques secondes et elle l'avait regardé partir avant même de pouvoir vraiment réaliser.
Personne n'avait vu la physicienne se poster derrière l'une des consoles de la salle de contrôle. Ils étaient tous préoccupés par le succès de cette mission et la tension était visible sur tous les visages des membres présents. L'attente avait été interminable et elle pouvait entendre la voix d'Evan raisonner dans la grande pièce. Sheppard s'était placé sur le Siège en attendant les instructions de Rodney. «Dès que le rayon ne touchera plus la cité, vous devrez la faire décoller.». Il avait contacté Radek par radio, qui s'affairait à éteindre les installations superflues pour économiser les trente pour cent restant de l'E2PZ.
Andréa venait de comprendre que Rodney prévoyait de faire décoller la cité pour rejoindre la planète la plus proche qui était inhabitable. Ils touchaient au but lorsqu'elle avait entendu Evan leur préciser que l'astéroïde serait bientôt à son point de chute. La cité commençait à émerger progressivement mais la puissance venait à manquer. Elisabeth avait ordonné à Rodney de baisser les boucliers, pensant que cela boosterait les propulseurs. Le silence flottait dans les airs, tout comme la Cité qui s'élevait doucement.
Andréa avait vu Elisabeth se diriger vers un des balcons comme happée par cette vision. La chef d'expédition regardait le paysage changer par les immenses baies vitrées et la physicienne l'avait rejoint. Les deux femmes s'étaient souri en contemplant l'extérieur, jusqu'à ce qu'une lumière vive ne les éblouissent. Elle s'était sentie soulevé de terre, perdant tout contact avec la réalité l'espace d'un instant. Son corps avait été projeté en arrière par le souffle pour venir s'écraser violemment sur un des piliers. Elle avait senti une vive douleur lui traverser la jambe pour venir s'étaler au sol avec la certitude d'y avoir réchappé. Elle n'avait pas entendu ses os se briser mais elle en avait été convaincue lorsqu'elle avait essayé de bouger. Ses muscles la rappelaient à l'ordre mais elle essaya de se frayer un chemin vers Elisabeth qu'elle avait vue voler à son tour.
Elle avait observé la scène au ralenti, comprenant que les vitres venaient d'exploser et qu'elle n'était pas la seule victime. Face contre terre, elle tentait de rassembler ses forces pour se redresser mais sa vision floue ne l'aidait pas. Tout s'était passé tellement vite. Dans un geste surhumain, elle leva sa main pour prendre appuie sur le poste de contrôle qu'elle distinguait à peine, persuadée qu'elle pourrait se hisser, mais cette action lui avait fait pousser un râle de douleur, la faisant abandonner cette idée qu'elle jugea stupide après coup. Le son strident dans ses oreilles ne l'aidait pas à y voir clair et ses forces diminuaient drastiquement alors elle n'avait pas eu d'autre choix que d'accepter la défaite. Il n'avait pas fallu longtemps avant que l'obscurité ne se dresse devant elle, emportant sur son chemin l'image d'Evan.
TBC…
