CHAPITRE 21

Reed venait d'arriver en salle de contrôle et s'était couvert le nez en essayant d'avancer à travers l'épaisse fumée. Il observait quelques membres du personnel se relever doucement, certain plus amochés que d'autres. Sa priorité était plutôt de s'occuper des blessés, qu'il pouvait maintenant compter par dizaine malgré le brouillard. Il pouvait entendre tousser des membres du personnel aux quatre coins de la pièce et faisait un pas devant l'autre en vérifiant où il mettait les pieds. Il essayait d'aider certaines personnes qu'il croisait sur son passage à se mettre debout.

Une silhouette au sol avait particulièrement attiré son attention. Il s'était précipité en reconnaissant une chevelure cuivrée. « Andréa ! ». Il avait poussé un juron en voyant qu'elle ressemblait à un pantin désarticulé. Son corps semblait disloqué et il n'osait pas la toucher, de peur de la blesser davantage. Il s'était agenouillé en déplaçant une mèche de cheveux qui lui recouvrait le visage. Reed avait pris une grande inspiration pour se donner du courage avant de placer ses doigts sur son cou. Il avait mis du temps à sentir les pulsations mais elles avaient le mérite d'exister. Il n'avait pas envie de la déplacer mais il tira légèrement sur son épaule pour la faire pivoter sur le dos, lorsqu'il avait aperçu un casseau de verre dépasser d'une de ses côtes. En se brisant, la vitre avait propulsé un large casseau et le souffle de l'explosion avait logé quelques morceaux sur son flanc droit.

Il n'allait pas prendre le risque de lui retirer alors il s'affaira sur une autre partie de son corps meurtri. Il avait bien essayé de la stimuler mais elle ne montrait aucun signe de prise de conscience. Il se sentait dépassé face à la multitude de corps étrangers et son seul réflexe avait été d'hurler. « J'ai besoin d'un médecin ici ! ». La fumée commençait à se dissiper et il apercevait quelques têtes familières. Liam avait entendu la voix de son équipier et il s'était précipité à ses côtés en un temps record. « Oh la chiote ! ». Guidé par un amas de sang qui coulait le long de sa jambe, Reed avait placé ses mains sur sa cuisse pour comprimer la blessure. Il avait vu Liam qui commençait à perdre pied. « Merde ! Il faut l'emmener ! ».

« Regarde-là ! Je ne prends pas le risque de la bouger sans un avis médical. ». Il avait enlevé sa ceinture et l'avait passée autour de sa jambe. Il avait tiré d'un coup sec et la pression qu'il exerçait avait fait émerger l'astrophysicienne qui semblait rassembler le peu de force qu'il lui restait. « Reste tranquille. Ça va aller, ok ? ». Elle se sentait perdue et la douleur s'était réveillée presque immédiatement. Sa tête dodelinait de droite à gauche, essayant de soulager ses muscles qui la faisait souffrir. Reed lui tenait la main, sans savoir si elle avait conscience de sa présence. « Reste avec moi, ok ? ». Elle luttait pour rester éveillée mais la pression sur sa jambe la tirait lentement vers les abîmes.

« Trouve moi un médecin et préviens le Major, je m'occupe d'elle. ». Quand il reporta son attention sur elle, ses yeux étaient de nouveaux clos et il s'empressa de vérifier si elle respirait toujours. Il pressait sa main contre la sienne pour la faire revenir à elle, en espérant qu'elle se réveille. « Hey ! Andréa ! Ouvre les yeux, allez ! ». Reed souffla en observant les va et vient de ses paupières. « C'est ça, c'est bien. ». Alors que ses yeux clignotaient péniblement, son corps s'était mis à trembler sans qu'elle ne s'en rende compte. « Ne t'inquiète pas, tout va bien se passer. ». Elle hocha la tête mais la douleur l'avait rattrapée alors elle serra les dents pour s'empêcher de crier.

Reed essayait de l'apaiser comme il pouvait. Il n'avait pas tellement de solution pour la maintenir éveillée alors il avait parlé sans vraiment réfléchir. « Je crois qu'un certain Major a besoin de toi ici, hein !? ». Elle voulait lui parler mais sa gorge était nouée. Elle n'avait pas su définir si cela venait du choc ou de la douleur qu'elle essayait de contrôler. « Keller va te soigner en un rien de temps ! ». Andréa fronça les sourcils et baissa la tête pour connaitre les causes de ses douleurs et évaluer son état général. Elle avait été horrifiée en voyant un morceau de verre qui dépassait de sa cage thoracique. Ses yeux s'étaient figés lorsqu'ils étaient tombés sur son bras. Il avait un axe qui ne semblait pas habituel et son cerveau l'obligea à réagir en la faisant paniquer.

Cette inspection n'avait durée qu'une seconde mais Reed lui avait levé le menton presque immédiatement. « Non, Regarde-moi ! ». Elle avait obéi en comprenant que cela ne servait à rien de voir ça. Elle savait que ce n'était pas joli à voir et elle ferma les yeux pour se reprendre. Elle voulait oublier ce qu'elle venait de voir mais une larme s'était échappée. « C'est impressionnant mais ce n'est rien qui ne puisse pas être réparé. ». La présence de Reed l'apaisée alors elle se concentra sur sa voix en essayant de réguler sa respiration comme Teyla lui avait appris. « C'est ça, calme-toi. ». Il avait suivi son rythme en inspirant et expirant en même temps qu'elle.

Cela faisait un moment qu'il avait envoyé Liam et il commençait à trouver le temps long. Il ne savait pas combien de temps Andréa allait pouvoir tenir. Le garrot qu'il lui avait fait à la cuisse n'avait fait que ralentir le flux sanguin mais cela ne l'avait pas stoppé pour autant. En jetant un œil derrière lui, il avait vu le docteur Keller alors il lui avait fait un signe de main pour qu'elle approche. Reed s'était rapidement tourné vers Andréa en sentant qu'elle raffermissait la pression dans sa main. « Ça va aller, regarde. Le doc. est là. ».

Le docteur Keller s'était agenouillé à côté de Reed en évaluant rapidement la gravité des blessures qu'elle pouvait voir. Elle s'était figée sur la ceinture enroulée autour de sa jambe et regarda Reed. « Beau travail. ». Elle s'était penchée vers la jeune femme et avait braquée une lampe dans ses yeux. « Docteur Davis, je vais devoir appuyer à certains endroits pour savoir si l'on peut vous déplacer normalement ou pas. Ça ne va pas être très agréable mais je vais faire aussi vite que je peux. Il faudra me dire si je vous fais mal, d'accord ? ». À ce stade, elle n'arrivait qu'à cligner des yeux pour se faire comprendre. Son visage était extrêmement pâle à cause du sang qu'elle avait perdu mais elle faisait de son mieux pour rester calme.

Keller commença son examen et Andréa s'était raidit dès la première palpation, serrant la main de Reed qu'elle ne voulait pas lâcher. « Je sais, ça fait mal. Mais tu te débrouilles comme une cheffe. Essai de ne pas bouger. ». Elle se retenait de crier en gardant la face devant Reed qui faisait de son mieux pour l'encourager. Elle respirait bruyamment par le nez pour contenir ses émotions et comprenait que certains mouvements avaient réveillés une douleur atroce. Keller avait déjà sorti une seringue et de la morphine en voyant qu'elle avait mal. « Le doc. va soulager la douleur, tu vas voir. ». Elle laissa une larme couler au coin de son œil, la faisant s'écraser dans son oreille, jusqu'à ce qu'elle ne laisse sa peur prendre le dessus et parler pour elle.

Reed ne savait pas quoi faire alors il tenta un trait d'humour. « Si tu pleures j'en connais un qui va croire que c'est ma faute. Et crois-moi, je n'ai pas envie qu'il me laisse porter son sac jusqu'à la fin de mes jours ou qu'il ne m'inflige je ne sais quelle corvée. ». Keller avait froncé les sourcils en se demandant de qui il pouvait bien parler mais elle semblait réceptive. Reed était plutôt fier lorsqu'il avait vu un léger sourire se dessiner. Il avait repris son sérieux avant d'ajouter sa deuxième main sur la sienne pour l'entourer. « Ça va aller, fait moi confiance. ». Elles étaient couvertes de sang mais aucun d'eux deux ne s'en souciait.

Andréa voulait le remercier mais elle se sentait incapable de prononcer un mot. Un signe de tête l'avait traduit pour elle et Reed l'a regarda fermer les yeux sous l'effet des drogues. Elle s'était progressivement sentie mieux alors elle s'était laissé aller, comme happée dans un tourbillon sans fin. En voyant qu'elle dormait, il ferma les yeux en baissant la tête et expira longuement pour relâcher la pression accumulée. Keller avait tapé sur son épaule en le voyant souffler. « Merci Lieutenant ! Vous avez fait ce qu'il fallait. ». Il hocha la tête en pensant à la suite. « Elle va s'en sortir ? ». Keller ne voulait pas se prononcer trop vite et lui donner de faux espoirs parce qu'elle n'avait aucun moyen d'évaluer les dégâts en interne. « Je vais faire mon possible. ».

Reed aida le personnel médical à porter le corps d'Andréa sur le brancard. « Est-ce qu'il y aura quelqu'un à prévenir à son réveil ? ». Ce n'était pas tellement de la curiosité mal placée mais il fallait parer à toute éventualités en cas de prise de décisions. « Le docteur Zelenka et… le Major Lorne. ». Keller hocha la tête et accompagna la physicienne jusqu'à l'infirmerie. Il était resté sur place un moment en réalisant ce qui venait de se passer. Il était inquiet sur le coup mais il savait qu'Atlantis avait les meilleurs médecins. Il regardait autour de lui et la scène qu'il voyait ne lui plaisait pas. Des draps blancs recouvraient cinq corps inertes. Il reporta finalement son attention sur ses mains en sentant qu'elles collaient. Même s'il avait déjà vécu ça, cette fois c'était différent parce que ce n'était pas le sang de n'importe qui. Il s'était dirigé à son tour vers l'infirmerie pour se nettoyer en espérant oublier cette image d'elle.

La console principale n'était qu'à quelques mètres et Rodney s'était déjà relevé. Il avait été déstabilisé par le souffle, mais il s'en sortait avec quelques coupures superficielles. Il s'affairait déjà sur la console lorsque Sheppard l'avait questionné. « Le rayon a effleuré la tour avant que le bouclier ne se referme. ». Le militaire avait senti la secousse, sans pour autant savoir ce qui s'était passé. Il avait fait au mieux pour faire décoller la cité alors il avait été surpris de voir la salle de contrôle dévastée. Les dommages étaient difficilement évaluables mais le Canadien avait eu le réflexe de lever le bouclier rapidement, ce qui avait amorti le plus gros de l'impact.

Une nouvelle secousse les avait inquiétés et Sheppard attendait que Rodney lui rende des comptes. « Nous sommes sortis de l'hyperespace. ». Le militaire commençait à le connaitre et il savait que ce n'était pas très bon quand il marmonnait. « Sommes-nous en vue de M12-578 ? ». Le scientifique était resté muet en se demandant pourquoi ils avaient atterri au beau milieu de nulle part. Il n'y avait ni planète, ni lune, ni porte des étoiles leur permettant de se réfugier. Sheppard était inquiet et il voulait savoir combien de temps le bouclier pouvait encore tenir. La Cité flottait au milieu de l'espace et cette protection était la seule chose qui pouvait les séparer du vide et les maintenir en vie.

Il avait espéré une autre réponse de la part du Canadien, mais il avait confirmé qu'il restait vingt-quatre heures avant que le bouclier ne cesse de fonctionner. « Peut-on utiliser la porte des étoiles ? ». Sans calibrage ni destination spécifique, il leur était impossible d'entrer une adresse et de risquer de vider leur seul E2PZ restant. Sheppard essayait de garder la face, mais cela lui était compliqué de ne pas s'alarmer. Il regardait tout autour de lui et son cerveau avait bloqué sur un détail. « Où est Elisabeth ? ».

« Elle a été emmenée par Keller, tout comme Davis. ». Cela faisait beaucoup d'informations à assimiler mais l'urgence était avant tout de rétablir les communications, dans le but de demander l'assistance de l'Apollon. Chuck était déjà à pied d'œuvre, alors que Rodney s'efforçait de trouver d'où venait la perte d'énergie qu'il venait de relever.

Evan avait posé son appareil dans le hangar à Jumper depuis quelques minutes et s'était pressé en salle de contrôle pour s'informer de la situation, lorsqu'il avait croisé Steakhouse. Il paraissait nerveux et se frottait les mains en marmonnant. « Quelle est la situation, Sergent ? ». Les communications avaient été coupées peu de temps après avoir lâché l'astéroïde devant le rayon, alors il n'avait aucune idée de ce qui venait de se passer. Il observait le Sergent et le voyait hésiter, ce qui ne présageait rien de bon. « Le tir a touché la Tour principale alors que le bouclier n'était pas complètement opérationnel. ». Son cœur manqua un battement en entendant la nouvelle. Liam semblait toujours aussi nerveux et cherchait ses mots, ce qui avait fait penser à Evan qu'il y avait surement autre chose. « La salle de contrôle a été touchée, Monsieur. ». Il tournait autour du pot sans réussir à mentionner le nom de la scientifique, mais le militaire avait compris.

Il avait couru jusqu'à la salle d'embarquement, mais il s'était arrêté net en observant la scène. Les lumières étaient presque toute éteintes mais il entendait les voix de Rodney et Sheppard, alors il s'était dirigé vers eux. Liam suivait Evan et il s'était arrêté en même temps que son supérieur. « À quel point c'est grave ? ». Il essayait de rester impassible mais Steakhouse baissa les yeux. « Je ne sais pas Monsieur, Reed est restée avec elle jusqu'à l'arrivée des secours. ». Il savait qu'elle était entre de bonnes mains et qu'à ce stade il ne pouvait rien faire d'autre qu'attendre alors il avait soufflé un bon coup avant de s'avancer vers Sheppard et Radek.

Avant même d'avoir eu le temps d'échanger un mot, Radek avait annoncé à haute voix que des conduits avaient été touchés par le rayon, ce qui expliquait la perte d'énergie. Les deux physiciens avaient fait abstraction des personnes qui les entourait et le mélange de la pression qu'ils subissaient coupler avec un jargon difficilement compréhensible pour autrui, commençait à irriter Sheppard. « Pour faire court, il y a plusieurs systèmes en marche qui n'ont pas besoin de l'être et vu notre situation, ils pompent l'énergie de la ville. ».

N'arrivant pas à éteindre les appareils à distance, la seule solution était de le faire manuellement. Sheppard s'était tourné vers Evan, qui s'était jusque-là contenté d'observer. « Major. Rassemblez des hommes pour assister les scientifiques ! ». Les communications étaient coupées alors il allait devoir s'armer de patience pour trouver des hommes. Le mess avait été choisi comme point de ralliement en cas de problème majeur, puisque la salle pouvait accueillir un grand nombre de personne. Il avait chargé Liam de s'y rendre et il s'était dirigé vers l'infirmerie.

Il était tellement préoccupé qu'il s'était étonné d'être arrivé à destination. Il observait du pas de la porte, les va-et-vient du personnel médical et de quelques militaires qui les aidaient. Il avait interpelé un membre du personnel qui venait de passer à côté de lui, mais il n'avait même pas pris la peine de le regarder. Evan lui avait attrapé le bras en lui demandant comment aller Andréa. « Ce n'est pas le moment, il y a des personnes qui ont besoin d'aide ici. ». Il suivait l'homme qui avait repris la marche mais il n'avait pas l'air très coopératif. « J'ai besoin de savoir. ».

N'ayant obtenu que le silence comme réponse, Evan lui avait barré le chemin. L'homme avait soufflé et tapota sur sa tablette. « Elle est en salle d'opération, mais je n'en sais pas plus. Et si je le savais, je ne pourrais rien vous dire si vous n'êtes pas sur la liste des personnes à prévenir en cas de… Major ! ». Le soignant n'avait pas fait attention à qui il s'adressait jusqu'à ce qu'il ne lève la tête. Evan l'avait remercié avant de s'avancer lentement dans la pièce. Il apercevait Reed qui se tenait immobile et son air abattu ne lui plaisait pas. Un bref regard lui avait fait baisser les yeux. « J'ai fait ce que j'ai pu, Monsieur. Le docteur Cole s'occupe d'elle. ». Evan l'avait remercié avant de lui tendre la main. Il avait eu un moment de recul en voyant le sang séché sur son uniforme, ce qui lui avait donné une idée de la gravité de ces blessures. Il s'était vite ressaisit en se rappelant qu'il avait une mission. « Venez avec moi, j'ai besoin de vous pour assister des techniciens. Je vous expliquerai en chemin. ».

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Rodney se tenait toujours en salle de contrôle et tentait de gérer à distance les équipes de techniciens qu'il avait déployées. Il avait expliqué à Sheppard que les conduits qui étaient à proximité de la salle de l'E2PZ, avaient eu un impact sur les conduits principaux. Il n'y avait pas moyen de modifier leur trajet pour remettre en marche les machines et l'éclairage qui était coupé dans certaines sections de la ville. « Les conduits sont juste endommagés, pas détruits. Imaginez plutôt ça comme des tuyaux qui fuient. ». Il comprenait mieux ce qui se passait mais il se demandait comment faire pour colmater les brèches.

« Écoutez, la ville se rend compte que, pour une raison quelconque, que l'énergie ne va pas jusqu'aux quais externes. Donc, au lieu de réparer les fuites, ce qu'elle ne peut pas faire, elle augmente la production d'énergie de l'E2PZ, de sorte que même si les tuyaux fuient, il y ait assez d'énergie qui arrive au bout du circuit. ». Sheppard avait l'air inquiet mais le physicien l'avait rassuré en lui disant que c'était grâce à ça que les boucliers tenaient et que sans eux, il n'y aurait pas d'atmosphère. Rodney lui avait montré sa tablette, sur laquelle était répertoriée quelques systèmes énergivores qui n'étaient pas nécessaires pour le moment. Il avait été satisfait en voyant que les techniciens en avaient déjà coupés soixante pour cent.

Chuck se tenait devant un écran qui matérialisait la Cité, lorsqu'une alarme avait retentie. « Les bâtiments externes sont en décompression et arrêtent la gravité artificielle. ». Ils s'étaient approchés de l'écran en observant la ville prendre le contrôle de certaines sections. « Elle va faire tomber le bouclier. Elle essaie d'économiser de l'énergie. ». Rodney avait compris en voyant que certaines parties clignotaient en rouge sur son écran. Les extrémités extérieures de la ville allaient progressivement être dépressurisées et Sheppard s'était empressé de contacter les hommes à proximité.

Le schéma de la ville montrait la séquence de décompression ainsi que les trois signes de vie de l'équipe que Sheppard venait de contacter. Ils observaient les points avancer dans un couloir mais la dépressurisation les rattrapait. Rodney avait essayé de reprendre les commandes, mais il n'y avait rien à faire. « La ville pense que nous ne pouvons pas maintenir les boucliers. Si nous retardons la dépressurisation, la ville pourrait couper le bouclier tout entier. ». Il avait beau s'acharner sur la console devant lui, Rodney avait vu les trois signes de vie disparaitre. Ils avaient mis du temps à réaliser mais Sheppard ne s'était pas laissé abattre. « Dites aux autres équipes de se dépêcher. Je ne veux pas qu'ils soient dehors plus longtemps que nécessaire. ».

Le militaire avait besoin de faire une pause et il s'était dirigé vers le bureau d'Elisabeth. Il s'agissait de la seule pièce à proximité qui était plus ou moins intacte. Rodney lui avait laissé un peu de temps tout seul, avant de le rejoindre. « Vous savez comment elle va ? ». Un membre du corps médical le tenait au courant par échange radio et aux dernières informations, elle était en salle d'opération. Son état était inquiétant, ce qui avait poussé le docteur Keller à pratiquer une craniectomie décompressive. On lui avait expliqué que son cerveau était enflé. Il n'avait pas retenu les détails mais ils allaient couper un morceau de son crâne pour permettre à son cerveau de se dilater hors de sa boîte crânienne. Cela lui avait paru barbare mais c'était la seule solution qu'ils avaient trouvée.

« Écoutez, je pense qu'on devrait rétrécir le bouclier autour de la Tour. ». Sheppard semblait sceptique mais il s'en remettait complètement au physicien. « On a peu d'énergie et je n'en ai pas assez pour résoudre la centaine de problèmes qui nous conduiraient à une mort prématurée. ». Forcé de constater que cela leur ferait gagner un temps considérable, Sheppard avait fini par accepter.

Le militaire attendait des nouvelles d'Elisabeth et commençait à trouver le temps long, alors il avait pris le chemin de l'infirmerie en réalisant qu'il venait de perdre trois hommes en quelques secondes à peine. Il avait pris la suite de ses fonctions sans y être vraiment préparé mais il savait qu'il allait pouvoir gérer la situation plus qu'inhabituelle.

Il avait passé les portes de l'infirmerie et avait aperçu le Satédien qui était allongé. Il lui avait tout de suite demandé s'il allait bien et le coureur lui avait fait remarquer qu'il en avait vu d'autre. Du verre s'était logé dans son épaule et il s'en sortait avec un simple bandage. Sheppard avait tourné la tête en voyant le docteur Keller. Elle était en grande conversation avec son Commandant en second, qui croisait les bras comme pour se protéger des informations qu'il recevait.

Leur regard se portaient de temps à autre sur un lit, mais il n'arrivait pas à voir de qui il s'agissait. « Ça fait un moment qu'il attend. ». Sheppard avait eu la confirmation qu'il s'agissait du docteur Davis et son commandant en second semblait inquiet. Il ne l'avait jamais vu comme ça. Il hochait la tête par intermittence et s'était pincé l'arête du nez en baissant la tête lorsque Keller l'avait laissé. Sa gestuelle le trahissait et les deux hommes l'observait. Il avait serré la main d'Andréa et déposer un baiser sur son front avant de se diriger vers la sortie.

Il s'était arrêté en voyant deux paires d'yeux le fixer. Il s'etait avancé prudemment en essayant de se reprendre, même s'il ne pouvait plus sauver les apparences. « Comment va-t-elle ? ». Le sourire de Ronon s'était estompé lorsqu'il s'était avancé vers eux. « Elle a eu de la chance, mais il faut attendre qu'elle se réveil pour être sûr. ». Il avait jeté un œil sur elle en priant silencieusement. « Une rééducation sur Terre sera sûrement nécessaire. Son bras est fracturé à plusieurs endroits et un tendon de sa jambe a été touché. Ça aurait pu être pire si Reed n'avait pas pratiqué les premiers soins. ». La salle regorgeait de blessés et il n'y avait plus de box disponible alors un coin visible de tous avait été aménagé. « Je vais avoir besoin de vous. Sauf si… ».

Evan s'était retourné vers lui en se redressant inconsciemment. « Je suis opérationnel, Monsieur. ». Cela lui faisait du mal de voir qu'elle était reliée à diverses machines et que rien n'était gagné. « Il n'y a rien que je puisse faire pour l'aider, alors… ». Il prenait sur lui pour ne pas s'apitoyer et le travail allait lui permettre de faire passer le temps jusqu'à ce qu'elle se réveille. « Ne vous inquiétez pas, Lorne. ». Il avait posé une main sur son épaule en prenant un air compatissant. « Ça a parfois du bon de s'inquiéter, Monsieur. Disons que ça redéfinit nos priorités. ».

« Colonel ? ». Sheppard s'était dirigé vers Keller en comprenant qu'il y avait du nouveau sur Elisabeth. Il avait eu un mauvais présentiment lorsqu'elle avait posé sa main sur son épaule. Elle l'avait emmenée vers le poste de surveillance où les moniteurs vidéo montraient d'autres membres du personnel chirurgical qui l'opéraient toujours. « Elle est en vie, mais elle va mal. Elle a six côtes cassées, dont l'une a perforé un poumon. Étonnamment, elle n'a pas de lésion médullaire. Mais... sa tête a été bien amochée. Elle souffre d'un œdème cérébral, ce qui peut avoir causé des dommages importants au cerveau. ». Il n'avait pas tellement compris les réels enjeux et il n'aimait pas ne pas comprendre alors il lui avait demandé de simplifier ses explications, comme il faisait lorsque Rodney s'emballait.

« Eh bien, il est trop tôt pour le savoir avec certitude, mais... si elle survit, et je dois souligner le "si"... elle ne sera plus jamais la même Elisabeth. Je suis désolée. Il faut que je récupère des choses et que je retourne là-bas. Nous manquons de personnel. La majeure partie de notre équipe est à bord de l'Apollo. ». Cette annonce lui avait fait mal et il s'était maudit d'avoir demandé une explication plus claire, parce que cela devenait plus concret.

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Sheppard et Evan montaient les escaliers en direction de la salle de contrôle lorsque Rodney s'était stoppé en haut des marches. « Ah ! Vous êtes là ! Très bien, il y a deux bonnes nouvelles. D'abord, j'ai pu calculer notre emplacement exact. ». Sheppard avait expiré lentement en se disant que cela devait être la meilleure nouvelle de la journée. Teyla les avaient rejoints et avait demandé au physicien si cela voulait dire qu'ils pouvaient utiliser la porte des étoiles, mais ils avançaient trop vite pour pouvoir l'activer. Evan s'était empressé de demander s'ils pouvaient réduire les moteurs subluminiques, mais contrairement aux moteurs hyperspatiaux, les moteurs subluminiques étaient conçus pour propulser un engin à une vitesse supérieure à celle de la lumière, et tout était hors service, y compris les navigations. « C'est ça que vous appelez une bonne nouvelle ? ».

« Oui, au moins nous ne sommes plus perdus, n'est-ce pas ? La deuxième bonne nouvelle c'est qu'il n'y a rien d'anormal avec l'hyper-propulsion. ». Il ne restait plus qu'à savoir pourquoi ils étaient sortis prématurément de l'hyperespace. « Les conduites d'alimentation endommagées sont responsables. On avait le plein d'énergie, mais elle n'arrivait pas jusqu'au au moteur ». Ils sentaient tous les trois un espoir dans les propos du physicien et Sheppard lui avait demandé si le fait de réparer les conduits leur permettraient de les renvoyer dans l'hyperespace. « C'est l'idée, oui. On ne peut pas les remettre à neuf sans atterrir ou tout arrêter, mais on peut les rafistoler. Zelenka et son équipe travaillent aussi vite qu'ils peuvent, mais le problème est que nous perdons encore beaucoup de puissance. ».

Radek et ses équipes avaient eu beau éteindre les installations non essentielles, cela n'avait pas suffi à faire remonter la jauge d'énergie comme il le fallait. Il s'était avancé vers un écran qui matérialisait une grande zone verte, coupée par un segment de rouge en haut. « Regardez, c'est la quantité minimale de puissance que la ville requiert pour exécuter un saut dans l'hyperespace. Si nous ne réparons pas les conduits d'alimentation dans une heure, nous tomberons en dessous de ce niveau. Après cela, nous sommes coincés. Nous aurons peut-être trente heures avant que les boucliers ne tombent en panne, et nous mourrons tous dans le vide de l'espace. ». Le Canadien n'était pas du genre à dramatiser, du moins lorsqu'il s'agissait de physique pure et dure, ce qui avait inquiété les membres présents.

La radio de Rodney s'était mise à grésiller et il pouvait entendre le Tchèque lui dire qu'ils avaient presque terminé de colmater les fuites des conduits et qu'ils seraient en mesure d'atteindre les exigences de puissance nécessaires dans moins d'une heure. Rodney était plus que ravi et il était pressé de pouvoir retourner dans l'hyperespace pour pouvoir rejoindre l'Appolon. Un technicien avait interrompu cet échange et il avait invité Rodney et Sheppard à regarder un écran.

Une multitude de points bleus était dessiné en arc de cercle et semblait se déplacer de manière groupée. Le technicien avait précisé qu'il s'agissait d'une ceinture d'astéroïdes qui allait frapper la Cité dans les dix minutes s'ils ne changeaient pas leur trajectoire. Les problèmes commençaient à s'accumuler et cela devenait éreintant pour tous les membres présents, qui entamaient une nouvelle journée sans avoir eu un moment de répit. Le technicien les avait plus ou moins rassurés en leur disant qu'ils allaient simplement effleurer le bord. Radek en avait encore pour quarante-cinq minutes à réparer les brèches qui leur auraient permis d'étendre le bouclier à toute la Cité sans perdre trop d'énergie. « Ok. Quelle est leur taille ? ».

« Eh bien, nous sommes au milieu d'un système solaire assez grand en ce moment, et la ceinture d'astéroïdes est probablement constituée de… Euh… De restes de planètes anciennes, donc, vous savez... de la taille d'un bâtiment, voire plus. ». Sheppard réfléchissait aussi vite qu'il pouvait et il avait suggéré de lancer des drones via le siège mais la salle du Siège se trouvait en dehors du champ d'action du bouclier. « Combien de personnes sur la base ont le gène Ancien ? ».

« Une vingtaine ou quelque chose comme ça ? Écoutez... Non, non, non, non, non. C'est une très mauvaise idée ! ». Rodney avait compris son plan et le militaire lui avait demandé s'il avait une autre idée. Face à son silence, il lui avait ordonné de rassembler tous les membres de la base qui possédaient le gène, dans le hangar à Jumpers. Cela n'avait pris que quelques minutes pour que tout le monde ne se presse. L'élocution de l'astrophysicien dans les hauts parleurs de la Cité avait aidé les porteurs du gène à se presser. Tous les services étaient représentés, même le médecin qui avait soigné Ronon un peu plus tôt et qui semblait réticent. « Nous allons donc prendre tous les derniers Jumpers que nous avons et nous allons nous frayer un chemin à travers la ceinture en tirant avec nos drones. ».

Il avait lu l'inquiétude sur les visages des civils qui avaient pilotés un Jumper uniquement en simulation, alors le Colonel avait tenté de rassurer le petit groupe. « Écoutez, je sais que c'est dangereux. Je sais que beaucoup d'entre vous n'ont pas passé beaucoup d'heures à faire ces choses, mais pour l'instant... c'est la seule option viable que nous avons. ». Ils avaient tous rejoint leur appareil en un temps record, conscient que l'impact était imminent. Sheppard avait ouvert le canal permettant de communiquer simultanément avec tous les appareils et il avait informé le groupe sur le fait d'avoir chargé une formation de vol dans tous les engins.

Cela leur avait pris quinze minutes pour effectuer leur manœuvre qui avait été un franc succès si l'on compare le nombre de débris à ceux détruits. Lorsque Sheppard et Rodney s'étaient rendu en salle de contrôle, Teyla les avaient informés du fait que l'hyper-propulsion était en panne, ce qui n'arrangeait pas leurs affaires. Radek leur avait expliqué que des morceaux de roche avaient touché la ville, ce qui avait endommagé l'un des réseaux. La seule manière de redémarrer le système était de le réparer.

« Les conduits endommagés se trouvent à l'extérieur de la ville, qui est malheureusement hors de la protection du bouclier. Ce qui veut dire qu'il faudra faire une sortie dans l'espace. ». Rodney les avait avertis que des micro-astéroïdes, de la taille d'une balle, continuaient de flotter aux abords de la Cité. Les résidus de débris n'avaient pas l'air d'inquiéter Sheppard, qui avait emmené Radek avec lui pour se préparer.

Rodney venait de les accompagner et il était sur le chemin de la salle de contrôle, lorsque Keller l'avait interpellé. Il n'avait pas attendu avant de lui demander des nouvelles d'Elisabeth. « Je vous cherchais pour justement vous parler de ça. Elle va vraiment mal. En fait, elle est tellement mal en point, que je ne pense pas que mon équipe et moi puissions faire quoi que ce soit pour la guérir. ». Ce n'était pas vraiment ce que le Canadien voulait entendre et il était curieux de savoir en quoi il pouvait aider le médecin. Keller avait tendu sa tablette au physicien qui matérialisait le corps de la chef d'expédition, sous forme de rayon X. « Vous vous souvenez quand le docteur Weir a été attaqué par ce réplicateur, et qu'il l'a infectée... ? ».

« Des nanites ! Carson a pu les rendre inertes en utilisant une impulsion électromagnétique. ». Jennifer avait certifié à Rodney qu'elles étaient toujours dans son organisme, ce qui l'avait fait tiquer sur là où elle voulait en venir. Il avait contacté Sheppard par radio pour ne serait-ce que lui en parler mais il avait catégoriquement refusé l'idée de réactiver les nanites. Même s'il était convaincu de pouvoir les rendre inoffensives, la moindre faille pourrait les exposer et amener les Réplicateurs sur Atlantis.

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Evan avait laissé les rênes de la Cité à Teyla pendant quelques heures et il s'était tout de suite dirigé vers le lit d'Andréa lorsqu'il avait passé les portes de l'infirmerie. Elle n'avait pas bougé depuis sa dernière visite et cela commençait à l'inquiéter. Après un rapide coup d'œil autour de lui, il s'était emparé d'une chaise avant de s'asseoir à ses côtés. Ses coudes étaient encrés dans ses genoux et ses mains soutenaient sa tête qui lui semblait peser deux tonnes. Il observait le matériel qui l'aidait à se remettre et il avait juré entendre le goutte à goutte de la perfusion.

Keller s'était approchée de lui et il avait sursauté lorsque sa main s'était posée sur son épaule. Il lui avait tout de suite demandé comment elle allait et le médecin n'avait pas hésité à lui répéter que le comportement de Reed avait limiter les dégâts. Elle avait rassuré Evan en lui disant qu'il avait été bienveillant et qu'il avait réussi à la faire sourit malgré la situation. « Si jamais il veut quitter l'armée, dites-lui qu'il est le bienvenu dans mon équipe. ». Evan avait reporté son attention sur Andréa et observait les traits de son visage détendu. Ses yeux étaient anormalement enflés et il lui en avait demandé la cause.

« Le choc a dû être violent. C'est ce qui arrive quand le cerveau… ». Elle s'était arrêtée en comprenant que cela ne servait à rien de se lancer dans des explications trop pointues, persuadée que ce n'était pas ce que l'homme devant elle voulait entendre. « Le mieux que nous puissions faire c'est attendre. Plus tard elle se réveillera, mieux ce sera. Ses blessures se résorberont mieux si elle n'est pas consciente. ». Il avait hoché la tête avant de lui prendre la main.

Il était resté un moment et ses yeux commençaient à lui bruler. Il s'était inconsciemment repassé leurs moments partagés, mais cela n'apaisait pas pour autant son mal de ventre. Il avait peur de ne pas être présent à son réveil, alors il luttait pour ne pas s'endormir.

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Sheppard et Radek étaient en pesanteur et retenus par un simple câble à la Cité. L'épaisseur de la combinaison rendait difficile les mouvements et cela ralentissait Radek dans son travail. Il faisait de son mieux pour réparer les remplacer les cristaux, jusqu'à ce qu'un micro-astéroïde ne se fige dans la paroi, à quelques centimètres d'eux. Ils s'étaient tous les deux figés en voyant le trou que le débrit avait laissé derrière lui. « Ne vous inquiétez pas. Nous avons encore quatre minutes avant que l'énergie ne baisse trop et que nous ne puissions plus entrer dans l'hyperespace. ». Radek s'était remis au travail, mais il s'était stoppé en sentant une vive douleur dans sa jambe droite.

Des globules s'échappaient lentement de sa combinaison qui n'était plus hermétique. Il avait tenu bon pendant les quelques minutes qu'ils leur restaient et Sheppard avait demandé qu'une équipe médicale se tienne prête à les accueillir. Il avait accompagné le Tchèque en pensant prendre des nouvelles d'Elisabeth au passage. Le Colonel avait contacté Teyla sur le chemin, pour donner l'ordre de se rendre dans l'hyperespace, mais la jauge d'énergie était passée sous le seuil que la Cité leur imposait. Il avait soufflé en se demandant ce qui pourrait arriver de pire, jusqu'à ce qu'il ne voie Rodney et Jennifer sortir de la salle où se trouvait Elisabeth.

Rodney était nerveux et il savait qu'il allait passer un sale quart d'heure, alors il avait tenté de noyer le poisson en le félicitant d'avoir réparer le réseau à temps. « Qu'est-ce que tu faisais là-dedans ? ». Le physicien ne s'était pas démonté et lui avait dit qu'Elisabeth allait mourir et que son système nerveux n'était presque plus fonctionnel. « Qu'as-tu fait !? ». Il avait essayé de chercher de l'aide auprès de Keller qui n'avait toujours rien dit mais elle avait baissé les yeux. « J'ai réactivé les nanites. ».

« Merde, McKay ! ». Le militaire était furieux et ils avaient maintenant un problème de plus sur les bras, dont ils se seraient bien passés. « Elles sont inoffensives ! Écoute, je suis sûr à cent pour cent qu'elles ne vont pas essayer de la contrôler ou de contacter les autres ! ». Les deux hommes campaient sur leur position et Rodney venait de désobéir à un ordre direct. Il se fichait bien de la hiérarchie et sa seule préoccupation avait été de prendre une décision lorsque Sheppard n'était pas joignable. « Éteins-le ! ». Ils savaient tous les deux que cela tuerait Élisabeth et que les conséquences du geste de Rodney pouvaient être bien pire. « Que penses-tu qu'Élisabeth voudrait ? Penses-tu qu'elle voudrait ça !? ».

Les deux hommes avaient haussé le ton au beau milieu du couloir menant à l'infirmerie et se fichaient d'être entendu. Ils s'étaient figés en entendant une voix féminine appeler Keller, depuis la salle où se tenait Elisabeth. Sheppard avait suivi le médecin et son instinct avait placé sa main sur son arme de service. Le docteur Weir était assis sur son lit et pleinement consciente de tout. « John... ? Rodney... ? Que se passe-t-il ? ».

TBC…