Chapitre 24

Andréa avait passé la porte des étoiles et s'était arrêtée à quelques mètres du vortex encore actif. Elle regardait autour d'elle en voyant que la salle d'embarquement avait été rénovée. La physicienne avait souri en voyant que le Colonel Carter venait à sa rencontre. «Bon retour parmi nous, docteur.». Elle l'avait croisée plusieurs fois au SGC, mais elles n'avaient jamais collaboré pour autant. On l'avait briefée sur les événements des mois passés, alors elle n'avait pas été surprise de la voir sur Atlantis. Carter avait repris les fonctions d'Elisabeth en attendant que l'IOA ne désigne un remplaçant définitif.

Sheppard avait fait un pas vers elle et avait posé sa main sur son épaule. «Content de vous voir sur vos deux jambes, doc. !». Elle lui avait souri et avait levé les yeux en direction de la salle de contrôle, où elle pouvait apercevoir Radek. Evan se tenait en retrait, à quelques centimètres d'elle, mais il n'avait pas dit un mot et l'avait saluée d'un bref signe de tête, avant de placer ses mains dans son dos. Il semblait tendu et mal à l'aise et cela ne lui avait pas échappée. Elle tentait elle aussi de dissimuler son anxiété parce qu'elle savait que ce n'était pas bon quand il passait en mode formel. Elle n'avait pas décelé la moindre émotion de sa part, alors elle avait vite été fixée sur son état d'esprit.

Il paraissait distant et froid, comme à leur première rencontre, mais elle ne s'inquiétait pas pour autant. Elle avait suivi Carter et Sheppard qui commençaient à grimper les marches menant à la salle de contrôle. Là aussi, tout était réparé, effaçant les traces de la violente explosion. Le bureau d'Elisabeth n'avait pas changé. Elle avait eu un moment de recul en passant la porte d'entrée, mais elle s'était avancée doucement avant de poser son sac à même le sol.

Carter l'avait informée qu'elle devait retourner sur Terre sur ordre de l'IOA et que Sheppard prendrait sa suite en attendant la décision finale de l'IOA. Elle l'avait informée que Ronon et Tayla étaient hors monde depuis quelques heures. Les Athosiens les avaient informés que des voyageurs se trouvaient sur l'une de leur planète et qu'ils correspondaient traits pour traits à des Satédiens. Ronon se croyait être le seul rescapé de la guerre qui avait ravagée son monde et décimée son peuple. Face à cette nouvelle, il avait ressenti un espoir de retrouver des amis qu'il pensait perdu, alors il n'avait pas hésité une seule seconde avant de s'y rendre.

Andréa regardait Sheppard et Carter, parler de choses et d'autres, mais elle n'écoutait déjà plus. Andréa n'avait pas pensé que le retour sur la Cité allait être à ce point compliqué. Evan se tenait de nouveau en retrait, et s'était posté derrière elle. Elle pouvait sentir les battements de son cœur s'accélérer anormalement. Elle avait dégluti péniblement en sentant une boule se former au creux de son estomac, alors elle s'était appuyée sur le dossier de la chaise pour essayer de reprendre. Son esprit commençait à divaguer, mais la réalité l'avait rattrapée lorsque deux paires d'yeux l'avaient fixée.

Elle ne s'était pas retournée mais elle aurait parié qu'Evan l'observait. Carter lui avait visiblement posé une question, mais elle n'avait rien entendu. « Je vous demandais si vous étiez prête à reprendre le travail ou si vous préfériez prendre votre matinée, histoire de reprendre vos marques.». Andréa avait secoué la tête en leur disant qu'elle avait besoin d'une heure avant de pouvoir se mettre au travail.

La discussion avait été plutôt rapide, alors elle avait repris son sac avant de sortir de la pièce. Elle avait vu Evan, les bras croisés, qui ne l'avait pas lâchée du regard. Elle avait marché sans s'arrêter jusqu'à ses quartiers, en espérant pouvoir se calmer. Les portes s'étaient ouvertes et Andréa n'avait pas attendue avant de s'effondrer sur son lit. Elle commençait à s'en vouloir de ne pas avoir donner de nouvelles, mais elle devait se reprendre pour ne pas tomber dans une spirale infernale.

Andréa s'était donnée du courage et s'était rendu au laboratoire une heure plus tard. Elle s'était étonnée de ne pas y trouver Radek, mais elle s'affaira sur son ordinateur pour reprendre les recherches qu'elle avait laissé des mois plus tôt.

Elle était assise à son bureau, mais elle n'avait pas la tête à travailler. Elle s'était dit qu'elle aurait dû accepter la proposition que Carter lui avait proposée plus tôt. Elle s'était redressée en entendant des voix plus que familières. «Vous avez entendu la rumeur?». La scientifique se fichait bien des bruits de couloir, mais cela devait être un sacré morceau pour que ce soit Rodney qui en parle. «Non. Quelle rumeur?».

Les deux hommes venaient d'entrer dans la pièce et Andréa s'était levée pour l'accueillir. Radek s'était arrêté en la voyant. «Je ne t'attendais pas si tôt. Je pensais que tu allais te reposer.». Il n'avait pas eu le temps de dire un mot de plus, qu'elle était déjà dans ses bras. «Tu m'as manqué!». Sa bonne humeur était revenue et son sourire illuminait la pièce. Elle avait déposé un long baiser sur sa joue avant de saluer Rodney. «Vous parliez de quoi?».

«Oh… Rodney était sur le point de jouer les commères.». L'astrophysicien avait soufflé en leur disant de laisser tomber ce qu'il venait de dire. «Attendez, de quoi s'agit-il?». Il en avait trop dit et les deux amis étaient maintenant curieux. «Non, ce serait irresponsable de ma part de dire quoi que ce soit... Bon, si vous voulez me forcer la main, l'IOA a pris sa décision finale. Ils ont choisi le nouveau chef d'Atlantis.». Ils attendaient patiemment la suite, même s'ils voyaient où il voulait en venir.

« Eh bien, il n'y a pas eu d'annonce officielle, mais, il paraît qu'ils vont engager leur plus grand expert en technologie Ancienne et en activité des Réplicateurs. À qui cela ressemble-t-il?». L'attente n'avait pas été très longue puisque Rodney s'était déjà désigné. Les deux physiciens avaient du mal à le croire et Rodney avait vu leur réticence. «Et pourquoi pas? Il est temps que l'un de nous se retrouve à un poste de pouvoir réel.».

McKay s'y voyait déjà et comme à son habitude, il en faisait trop. «C'est un peu effrayant, cependant. Vous savez, je vais prendre des décisions qui n'affecteront pas seulement la ville, mais la galaxie entière.». Radek s'était tourné vers Andréa qui se retenait de rire comme elle pouvait. «Oui, effrayant. Très effrayant.». Rodney continuait son monologue, persuadé d'être le prochain leader d'Atlantis. «Vous? Sérieusement Rodney? Vous pensez vraiment qu'ils vont vous choisir vous?».

Elle avait pouffé sans contrôler quoique ce soit. Les deux hommes s'était étonné en voyant qu'Andréa n'avait plus de filtre. «Vous avez du mal à y croire mais vous verrez.». Ce moment de récréation lui avait fait du bien et elle s'était sentie moins seule. Radek l'avait informée sur ses travaux en cours et il lui avait demandé son aide pour vérifier le système d'alimentation du Siège, qui semblait défaillant. Elle avait tout de suite accepté et l'avait suivi dans les niveaux inférieurs.

Sur le chemin, Andréa lui avait raconté comment Evan l'avait snobée. Le Tchèque n'avait pas été étonné et il lui avait fait remarquer que le fait de ne pas avoir donné de nouvelles avait joué sur son moral. Il avait eu vent de ses entrainements musclés qui se soldaient régulièrement par un passage à l'infirmerie. Elle s'en voulait jusqu'à ce qu'elle ne le voie, au détour d'un couloir, converser avec une femme qu'elle n'avait jamais vu auparavant. Il avait tourné la tête vers Andréa, qui lui avait fait un signe de main avec un sourire pincé, mais il avait tout de suite reporté son attention sur la femme en face de lui. «Non mais tu as vu? il se fou de moi?».

«Oui j'ai vu, Andréa. Laisse-lui le temps d'accepter ta présence. Tu es partie trois mois!». Ils les avaient dépassés sans prendre la peine de s'arrêter et elle avait entendu Evan rire sur son passage. «Il n'a pas l'air d'avoir besoin de temps visiblement.». Sa perception des choses avait changé et elle ne s'en voulait plus pour le fait d'être restée aux abonnés absents pendant des mois, mais elle s'en voulait à elle-même de s'être infligé une culpabilité qui n'était pas la sienne.

Il avait clairement tourné la page. Même si c'était ce qu'elle voulait, elle ressentait une profonde colère qui se voyait sur elle comme le nez au milieu de la figure. Elle avait accéléré le pas et Radek avait eu du mal à la suivre jusqu'à la grande salle. Elle devait redescendre en pression alors il avait attendu avant de lui parler.

Cela faisait une heure qu'ils étaient à pied d'œuvre jusqu'à ce que Rodney ne les rejoigne. Il avait l'air aussi agacé qu'elle, ce qui avait inquiété Radek. S'ils venaient à échanger, cela provoquerait forcément un incident diplomatique dont il se serait bien passé. Il n'avait pas fallu longtemps avant que le Canadien ne diffuse sa mauvaise humeur, en leur demandant sèchement s'ils avaient terminé. Le Tchèque regardait la physicienne du coin de l'œil en priant pour qu'elle ne se jette pas sur lui. «Vous auriez déjà fini si vous ne passiez pas votre temps à parler.».

Andréa avait vu rouge et s'était levée d'un bon. Radek l'avait devancée en lui demandant ce qui se passait. «Sam. Enfin, le Colonel Carter. C'est elle notre nouveau chef d'expédition…». La physicienne s'était retournée en rigolant et commença à rassembler ses affaires. Vexé, Rodney n'avait pas pu s'empêcher de lui faire remarquer qu'avec son simple doctorat, elle n'aurait jamais été choisie. Le Tchèque l'avait interceptée avant qu'elle ne s'en prenne physiquement à lui. Le ton commençait à monter et les choses s'envenimaient trop rapidement à son goût. Il avait essayé de les calmer mais en voyant qu'il n'arriverait à rien, il avait fait appel à une équipe de sécurité pour l'aider.

Les deux physiciens étaient tellement occupés à se crier dessus, qu'ils n'avaient même pas entendu son appel radio. Evan avait reconnu les voix en fond, alors il n'avait pas hésité avant de répondre au Tchèque qu'il était en route. Il avait tout de suite su que quelque chose avait changé en elle, surtout quand elle avait essayé de bousculer Radek pour atteindre sa cible. «Retirez tout de suite ce que vous venez de dire Rodney !». Evan s'était interposé en leur ordonnant d'arrêter mais cela n'avait pas suffi. «Toi, tu viens avec moi !». Il avait saisi les poignets d'Andréa et l'avait attirée à l'écart. Elle s'était débattue mais il avait mis la force nécessaire pour la contraindre à le suivre. «C'est quoi ce cirque ? Tu m'expliques ?».

La physicienne n'avait pas lâché Rodney du regard et son sourire victorieux l'irritée au plus haut point. Elle avait fait un pas pour s'approcher de lui, mais le militaire l'avait poussée en empoignant sa taille, ce qui ne l'avait pas empêchée de crier par-dessus son épaule. «Vous êtes vraiment un con, vous le savez ça !?». Elle sentait son cœur battre à tout rompre et tout ce qu'elle voulait c'était de mettre son poing dans la figure du Canadien. Elle ne supportait plus cet air arrogant qu'il arborait fièrement chaque jour. Evan avait vu qu'il était transparent alors il s'était placé dans son champ de vision pour attirer son attention. «Hé ! Mais qu'est-ce qui t'arrive ?».

Elle avait fixé le militaire en se demandant s'il était sérieux. «Tu oses poser la question ?». Elle avait secoué la tête en soufflant et l'avait bousculé en partant, tout en marmonnant qu'elle n'aurait jamais dû revenir. Evan n'avait pas la moindre idée de ce qui se passait alors il s'était tourné vers Radek en haussant les épaules. «Je pense que ce serez mieux de lui demander quand elle sera calmée.».

Andréa avait mis du temps à redescendre en pression et elle avait attendu l'heure du déjeuner avec impatience. Elle portait son plateau et s'était dirigée vers Reed et Liam qui l'attendaient déjà. Les retrouvailles avaient duré un moment et elle avait remercié une fois de plus les deux hommes, d'avoir été là pour l'aider quelques mois plus tôt. «Alors? Où est mon cadeau?». La physicienne avait étouffé un rire en lui demandant pourquoi il pensait qu'elle devait lui en ramener un. «Tu aurais au moins pu me prendre un t-shirt des Golden State Warriors.».

Reed lui avait demandé comment elle se sentait. Il la revoyait encore étendue sur le sol et cette image d'elle ne voulait pas sortir de sa tête. Elle était comme neuve, même si elle avait des exercices quotidiens qui l'aiderait à mobiliser son bras. Il ne restait aucune trace de l'explosion sur elle, mise à part quelques cicatrices encore bien visibles. «Comment va Jones?». Elle leur avait condensé ses mois passés avec lui, en omettant volontairement quelques détails, comme lorsqu'il l'avait embrassée.

Son nouveau travail lui plaisait mais la perte de sa mère l'avait secoué. Elle n'avait pas osé poser la question, mais les deux militaires avaient pris les devants en lui admettant qu'elle avait manqué à beaucoup de monde. Plusieurs Marines avaient terminé à l'infirmerie dans des circonstances douteuses et mystérieuses, après s'être entrainé avec Evan. Il avait été réprimandé plusieurs fois mais sa colère s'était estompée avec le temps. «Je l'ai croisé avec une femme tout à l'heure. Ils avaient l'air de bien s'entendre…».

Ils n'avaient pas eu besoin de plus d'explications et ils savaient de qui elle voulait parler. «Oh! Tu veux parler de la belle brune aux yeux verts?». Reed avait donné un coup de coude à Liam, qui avait manqué de s'affaler sur la table. «Ce doit être le docteur Bishop, elle travaille avec Heightmeyer.». Elle avait longuement fixé les deux hommes, qui avaient l'air de lui cacher des informations.«Vas-y, balance!».

«Il n'y a rien à dire.». Ils s'étaient lancé un regard qui avait suffi à éveiller les soupçons d'Andréa. «C'est bon, j'ai compris.». La vision d'eux deux lui avaient coupée l'appétit. Son visage s'était fermé comme une huître et Reed ne savait pas comment rattraper les choses. «Ils ont mangé une ou deux fois ensemble, mais je ne suis pas certain qu'il y ait quoique ce soit entre eux.».

«Tu sais quoi? Je m'en fiche. Il fait bien ce qu'il veut.». Ce qui l'attristait c'était le fait qu'il soit passé à autre chose si rapidement. Son cerveau avait fait le point en se demandant comment elle en était arrivée là. Elle avait eu le coup de foudre pour un homme qui fuyait ses propres émotions. Elle avait tout fait pour l'aider à aller de l'avant mais sa jalousie l'avait étouffée. Elle repensait à leur rencontre et aux moments qui les avaient rapprochés, mais sa colère avait vite refait surface.

En voyant son air dépité, Liam avait détendu l'atmosphère en racontant comment Rodney s'était foulé la cheville pendant son absence. Ils avaient tous les deux accompagné l'astrophysicien sur une planète boisée, quelques semaines plus tôt. La base de données des Anciens l'avait répertoriée comme étant susceptible de renfermer une puissante source d'énergie, alors Rodney s'était rapidement porté volontaire pour y regarder de plus près. Ils marchaient depuis une dizaine de minute, quand McKay avait trébuché sur la racine d'un arbre qui dépassée du sol. La chute avait été un vrai spectacle et Liam lui avait décrit la scène avec une telle précision, qu'Andréa avait eu l'impression d'y être. L'ambiance était bonne enfant et Andréa avaient mal au ventre à force de rire.

Evan venait d'arriver au mess et s'arrêta en cherchant Reed et Liam du regard. Guidé par la voix d'Andréa, il n'avait pas fallu longtemps pour qu'il les trouve. Il était resté un moment à les observer, il était curieux de savoir ce qu'il pouvait bien se passer dans sa tête. Quelques heures plus tôt, elle était prête à étriper Rodney et là, elle était encline à un fou rire. Il avait soufflé un bon coup et il s'était prudemment avancé, jusqu'à ce qu'ils n'entendent les mouches voler. Le visage de la physicienne s'était crispé dès qu'elle l'avait aperçu. «On se voit plus tard.». Elle avait encore la bouche pleine mais elle s'était levée d'un bon avant de s'en aller. Evan se sentait impuissant, mais il n'avait pas envie de lui courir après, alors il l'avait simplement regardé s'éloigner.

Andréa ne supportait plus sa présence, c'était plus fort qu'elle. Elle se sentait oppressée quand ils étaient dans la même pièce. Elle savait que c'était irrationnel et maladif, mais la fuite avait été sa seule porte de sortie. Ce moyen d'autodéfense l'avait conduite à errer sans but dans les couloirs, jusqu'à ce qu'elle ne voie Rodney venir dans sa direction. Il tenait un bouquet de fleurs à la main et il venait dans sa direction. Il avait baissé la tête lorsqu'il l'avait vue.

«Rodney, attendez !». Elle avait été trop loin et elle s'en voulait d'avoir tenu des propos si durs. Il avait eu un moment de recul et il s'était finalement arrêté. «Pour tout à l'heure, je voulais vous dire que… Je suis désolée…». Il la fuyait du regard, comme à chaque fois que le malaise s'abattait sur ses épaules. Il n'avait pas l'habitude de décrire ce qu'il ressentait mais il s'était lui aussi excusé. Andréa avait baissé les yeux en direction des fleurs qu'il tentait de dissimuler dans son dos, en lui demandant pour qui elles étaient.

«Sheppard a emmené Carter dans ses quartiers alors, j'allais simplement la voir pour la féliciter pour son nouveau poste.». La physicienne avait simplement hoché la tête. Le malaise se dissipait lentement alors Andréa avait tenté une stratégie par l'humour. «J'espère que ce qui s'est passé tout à l'heure ne jouera pas sur mon évaluation.». Il avait souri en comprenant ce qu'elle essayait de faire. «Si vous ne me traitez plus de con, ça devrait aller.». Ils s'étaient quittés en échangeant un bref regard, reprenant chacun leur route.

Elle avait plus ou moins clarifié les choses et elle se sentait mieux. Il fallait maintenant qu'elle crève l'abcès avec Evan, mais elle n'avait pas le courage de l'affronter, alors elle avait simplement continué à marcher. Elle allait emprunter l'escalier menant à la salle servant à projeter des films, lorsque Ronon l'avait dépassé sans même la saluer. «Tout va bien Ronon?». Le Satédien était dans ses pensées et il ne l'avait pas reconnue.

«Je ne savais pas que vous étiez revenu.». Il lui avait rapidement dit qu'il voulait voir la nouvelle chef d'Atlantis et commença à repartir mais Andréa était curieuse. «Est-ce que vous avez retrouvé des personnes de votre peuple?». Il avait hoché la tête en souriant, ce qui n'était pas dans sa nature. Le Satédien savait qu'Andréa travaillait sur Terre alors il lui avait demandé si elle connaissait bien Carter. «Est-ce que tu penses qu'elle me laissera amener des amis ici ?».

«Nous nous sommes croisées quelques fois au SGC, mais je n'ai jamais vraiment travaillé avec elle. Ce que je sais c'est qu'elle est très à cheval sur les règles, alors brossez-là dans le sens du poil, si vous voulez mon avis.». Il n'avait pas tellement saisi l'histoire du cheval et de la brosse, mais il avait plus ou moins compris l'idée. Le Satédien l'avait saluée, avant de s'éclipser.

Il était temps pour elle de reprendre le travail, alors elle avait regagné son bureau d'un pas léger. Radek était déjà là, examinant les données qu'ils avaient extraites du Siège. «Comment s'est passé ton déjeuner?». Il affichait un air malicieux qui ne lui était pas étranger et elle avait tout de suite compris qu'il devait être au courant de ce qui s'était passé. «C'est plus fort que moi, Radek. J'ai l'impression qu'il veut m'étriper à chaque fois qu'il me voit.». Il lui avait confié que le fait de ne pas avoir donné de ses nouvelles, avait peiné le militaire.

«Je ne t'ai pas écrit non plus, et ce n'est pas pour autant que tu m'en veux.». Le Tchèque n'était pas rancunier pour un sou et il comprenait qu'une convalescence était loin d'être une partie de plaisir. «Tout le monde sait que tu étais avec Jones.». Elle avait soufflé en comprenant mieux pourquoi certaines personnes ne lui parlait plus. «C'est pas vrai… C'est pour ça qu'Evan ne m'a pas adressé un mot.».

«Non, c'est juste parce qu'il n'a pas eu de tes nouvelles. C'est lui qui a demandé à Jones de veiller sur toi.». Elle avait été surprise parce qu'Adrian ne lui en avait pas parlé. «Quoi ?». Elle s'était emparée de sa tablette et s'efforçait de garder son sang-froid. La discussion qu'elle repoussait allait finalement avoir lieu plus tôt que prévu. Elle tapait bruyamment sur l'écran jusqu'à ce qu'elle ne s'arrête d'un coup. «C'est quoi ça?». Elle avait tendu l'objet à son ami qui regardait la carte. «Une des sections qui a été inondée avant que l'on s'installe ici.». Il leur restait encore quelques niveaux de la Cité à explorer et Radek lui avait conseillé de prendre une lampe torche, car les couloirs étaient dépourvus de lumière. La physicienne avait fouillé dans un des tiroirs de son bureau, avant de partir en courant.

Elle avait mis une vingtaine de minute pour arriver dix-sept niveaux plus bas. Il n'y avait pas d'électricité alors elle avait dû se contenter des escaliers. Le silence et l'obscurité commençait à faire monter sa jauge de nervosité. Elle avançait prudemment dans les couloirs interminables, jusqu'à ce qu'elle ne voie des jeux de lumières. Elle entendait des voix au loin, sans pouvoir les identifier. Andréa s'était arrêtée lorsque son pied avait heurté un objet métallique. «Merde!».

En relevant la tête, elle n'avait vu que le faisceau de sa propre lampe. «Hé, ho!». Elle avait fait un bon en voyant Evan et deux Marines surgir devant elle. «Mais qu'est-ce que tu fais là?On aurait pu te tirer dessus!». Elle avait porté une main à son cœur en essayant de se remettre de sa frayeur. «Ça t'aurai surement arrangé…». Elle avait simplement marmonné, mais Evan l'avait entendu. «Il faut qu'on parle !». Il avait fait signe aux deux Marines de les laisser, avant d'emmener Andréa plus loin. «Alors j'existe pour toi maintenant ?».

«Tu te fous de moi j'espère ! C'est toi qui m'esquives !». Il lui avait ironiquement demandé si elle voulait parler de son altercation avec Rodney, alors elle avait répliqué en lui demandant à son tour s'il voulait parler du moment où il draguait dans le couloir. «Je n'étais pas en train de…».Il n'avait pas envie de se justifier, surtout en voyant qu'elle n'était pas réceptive. «Et à quoi tu t'attendais ? Après ton départ j'ai eu trois mois pour réfléchir ! Je n'ai pas cessé de penser à toi et je me suis remis en question ! Je t'ai veillée pendant des semaines quand tu étais dans ce foutu lit ! Dans mon souvenir on ne s'est pas quitté sur une si mauvaise note que ça. Et toi pendant ce temps, tu étais avec…».

«La faute à qui ? Ce n'est pas moi qui l'ai appelé !». Il avait réalisé que leur voix raisonnait dans le petit espace, alors il s'était retourné en espérant voir ses hommes à une distance suffisante pour ne pas être entendu. «Il fallait bien quelqu'un pour veiller sur toi, quand moi j'étais ici!». Andréa avait senti la colère monter, au point de faire un pas en arrière. «Justement ! Pourquoi tu n'es pas venu avec moi sur Terre, hein ? Je suis quoi moi, après tout ?». Evan avait le souffle coupé en voyant qu'elle lui en voulait, alors qu'elle avait elle-même mis fin à leur relation. Sa gestuelle allait de pair avec son énervement, ce qui lui avait paru étrange et assez inhabituel.

«Je vais te le dire moi, que ça te plaise ou non, tu as peur ! Peur de prendre des putains de risques !». Il ne l'avait jamais vu aussi radicale et en colère. Les grossièretés ne faisaient pas partie de son vocabulaire et cela en disait long sur son état d'esprit. « Et pour info, je peux très bien prendre soin de moi-même ! Et avant que tu le demandes, non je n'ai pas couché avec Adrian !». Il fixait son visage dans la pénombre en essayant de décrypter ses émotions. Sa voix avait déraillé sur ses derniers mots et il comprenait qu'elle souffrait de cette situation presque autant que lui. Il avait posé sa main sur sa joue en espérant qu'elle ne le repousse pas et il avait été surpris mais heureux qu'elle se soit laissé faire. «Qu'est ce qui s'est passé depuis que nous nous sommes retrouvés sur ce balcon ?».

« Rien n'a changé, Evan. Je suis fatiguée de tout ça ! Et plus tôt tu l'accepteras, plus tôt tu m'oublieras. Je suis désolée.». Elle s'était dérobée sous ses doigts en se mettant à courir vers la sortie la plus proche. Il était resté un moment à encaisser ses derniers mots, avant de rejoindre ses hommes et de continuer sa ronde.

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En l'absence de chef d'expédition, Sheppard avait demandé à l'IOA son accord, pour retourner sur la planète des Réplicateurs. Il était persuadé qu'Elisabeth était encore en vie, mais sa requête avait été refusée, et jugée trop dangereuse selon les membres du Conseil. Il en avait fait part à Carter, dans l'espoir qu'elle appuie sa demande, mais elle était du même avis. Il lui restait une porte de sortie puisqu'elle avait ajoutée qu'elle pourrait reconsidérer les choses, s'il venait avec un plan menant à la réussite.

Carter lui avait relaté la conversation qu'elle avait eu avec Ronon, alors Sheppard s'était dit qu'il lui en toucherait deux mots. Il savait parfaitement où le trouver et il n'avait pas été déçu en le voyant attabler. Il s'était assis en face de lui, en attendant qu'il lui parle. Ronon était mitigé entre rester sur Atlantis et suivre ses amis. Il n'allait pas rester en sachant que ses amis n'étaient pas les bienvenus. «Tu penses peut-être retrouver quelque chose que tu as perdu, mais il n'y a rien à retrouver. Sateda n'existe plus, et vivre en cavale avec tes potes ne t'aidera pas.».

«Écoute, il ne s'agit pas pour moi d'essayer de faire revivre le passé.». Le militaire avait fait fausse route et il était impatient d'entendre ce qu'il avait à dire. «Ils ont besoin de moi. Ils ont toujours eu besoin de moi. C'est moi qui ai pris soin d'eux, qui les ai ramenés vivants à la maison chaque fois que nous sommes allés au combat.». Il écoutait le Satédien sans vraiment comprendre où il voulait en venir, jusqu'à ce qu'il ne lui dise qu'il avait des informations leur permettant d'attaquer les Wraiths.

Il s'était inconsciemment redressé en lui disant que ce n'était pas une bonne idée de risquer sa vie, en sachant qu'ils se battaient contre les Réplicateurs. Ronon lui avait précisé qu'ils comptaient attaquer un laboratoire Wraith, qui s'apparentait plus à un centre de recherche sur les armes. Les lieux étaient peux surveillés car ils manquaient de ressources pour protéger correctement toutes leurs installations, sans parler du fait qu'ils étaient attaqués sur plusieurs fronts.

Si Ronon avait exposé leur plan à Sheppard, c'était uniquement parce qu'ils avaient besoin de son aide. «Nous aurons besoin de votre aide pour nous enfuir une fois que nous aurons terminé.». Le militaire comprenait mieux son engouement à faire venir ses amis sur la Cité. Leur cible se située à une bonne demi-journée de marche de la porte, alors Ronon avait tout de suite pensé à un Jumper pour pouvoir fuir plus rapidement. Il avait suggéré au Satédien d'attendre un peu, au moins le temps que les Réplicateurs fassent le ménage dans les vaisseaux ruches.

Il était sur le point de se lever, lorsque Ronon lui avait révélé que les Wraiths cherchaient un moyen de désactiver le code d'attaque des Réplicateurs. Si ses informations s'avéraient vraies, les membres d'Atlantis avaient du souci à se faire. Le militaire s'était gratté la tête et réfléchissait à haute voix. «Si la guerre contre les Réplicateurs prend fin, les Wraiths pourront à nouveau se concentrer sur le reste de la galaxie.».

Il devait faire part de cette conversation au Colonel Carter, avant de s'engager auprès de Ronon et de ses amis. Ronon avait soupiré et il regardait Sheppard se lever. « Écoute, j'allais attendre pour te le dire, mais j'ai pris ma décision. Une fois cette opération terminée, je quitterais Atlantis.». Sheppard ne l'avait pas vu venir, mais si le Satédien avait le surnom de coureur, ce n'était pas pour rien. Il était même étonné qu'il soit resté aussi longtemps sur Atlantis.

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Rodney n'avait pas pu s'empêcher de raconter à qui voulait l'entendre, que Ronon allait quitter Atlantis. Andréa avait eu l'impression d'avoir marché toute la journée et ce n'était pas terminé. Elle devait retourner à la salle du Siège pour vérifier les installations, alors elle s'était éclipsée du laboratoire. Sur le chemin, elle s'était dit qu'elle en profiterait pour aller parler au coureur. Elle ne pouvait que comprendre son choix et sans savoir pourquoi, elle avait besoin de connaître ses motivations. Elle s'était annoncée devant sa porte et lorsqu'elle s'était ouverte, elle avait tout de suite vu le sac sur le lit. Il commençait à ranger ses affaires à la hâte, comme s'il y avait urgence. Il s'était retourné et continuer à rassembler ses objets personnels, sans prendre la peine de plier le peu de vêtements qu'il avait. «J'ai appris que vous partiez.».

Elle ne savait pas comment aborder les choses, alors elle cherchait ses mots. «Si c'est pour me dire de rester, vous perdez votre temps.». Il était sur la défensive, ce qui n'avait pas facilité les choses pour elle. «À vrai dire, je vous comprends. ». Ces mots l'avaient intrigué et il s'était arrêté en la regardant. «Qu'est-ce qui vous a convaincu ?». Il lui avait confié que le fait d'avoir retrouvé des survivants lui avait donné de l'espoir pour continuer la mission qu'il n'avait pas pu terminer sur sa planète. Ses amis comptaient sur lui mais le fait de quitter la Cité lui laissait quand même un goût amer. Il était curieux en revenant sur ses mots et il lui avait demandé pourquoi elle avait dit qu'elle le comprenait. «Je doute aussi de mon avenir sur Atlantis.».

«Vous ne vous sentez pas bien ici ?». Il avait visé juste et Andréa lui avait brièvement confié ses craintes. Elle s'était étonnée de se confier à lui, mais il avait une bonne capacité d'écoute, alors elle s'était lancée dans un récit plus explicite. «Voilà, vous savez tout.». Elle s'était assise sur le lit en attendant un conseil ou une parole censée qui pourrait faire pencher la balance, mais il n'avait rien dit.

«Faites-vous confiance !Demandez-vous ce que vous voulez vraiment et ne laissez personne vous dicter vos choix. ». Elle écoutait l'homme des cavernes qui lui parlait avec le cœur en s'étonnant de la sagesse qu'il dégageait. «Transformez votre difficulté à faire un choix, en opportunité d'améliorer les choses.». Elle devait maintenant se poser les bonnes questions pour éviter de prendre une décision hâtive. Andréa allait devoir se projeter dans le futur en imaginant sa vie dans les deux scénarios, et cela n'allait pas être une masse à faire.

«Je regrette que l'on n'ait jamais eu le temps d'échanger plus que ça, vous et moi. Il avait passé son sac sur son épaule et se tenait prêt à sortir, lorsqu'elle lui avait tendu la main. «Bon courage pour la suite. Vous allez me manquer.». Il avait serré sa main en souriant brièvement, avant de s'en aller. Elle s'était levée à son tour, avant de prendre la direction de la salle du Siège.

Après avoir inspecté tous les cristaux un à un, Radek lui avait confirmé qu'il n'avait plus besoin d'elle. Andréa commençait à fatiguer. Elle avait passé deux heures à enlever, analyser et remettre en place des cristaux qui n'étaient pas forcément à sa hauteur, alors son bras l'a rappelée à l'ordre. Sa journée de reprise l'avait éreintée et elle ne savait pas quoi faire. Elle était mitigée entre aller courir ou se cloitrer dans ses quartiers, mais le médecin lui avait recommandé de faire de l'exercice quotidiennement.

Cela lui avait prit moins d'une heure pour se préparer et rejoindre le haut de la tour nord. Andréa allait sortir du transporteur, lorsque Liam l'avait interpellée. Ils avaient rapidement échangé sur leur journée respective, jusqu'à ce qu'ils n'abordent le départ de Ronon. Sheppard avait eu le feu vert de Carter, peu après la visite d'Andréa au coureur. Ils avaient tous embarqué dans un Jumper, en direction d'un vaisseau ruche. La physicienne écoutait le récit du militaire qui les avaient accompagnés. Il paraissait complètement détaché et Andréa s'était étonné du calme qu'il mettait dans sa voix.

Ils avaient mis du temps pour se rendre à l'arrière de l'appareil, mais ils s'étaient posés sans encombre. En avançant dans les couloirs, l'équipe de Sheppard était tombée sur un mur rempli d'humains, dont seuls les visages étaient visibles. Ils paraissaient tous coincés dans des sas faits de toiles, mais ils étaient bien vivants. Ils n'avaient pas mis longtemps avant de comprendre qu'il s'agissait d'un garde-manger. Ils étaient trop nombreux pour être secouru et le temps ne jouait pas en leur faveur. De plus, ils avaient un objectif à atteindre, alors ils avaient prudemment continué leur route.

Le plus dur avait été d'atteindre le niveau de haute sécurité, alors ils avaient opté pour la téléportation. Ils s'étaient séparés en deux groupes pour gagner du temps. Le laboratoire était gardé par de nombreux gardes faisant des rondes aléatoires et ils avaient été livré à eux-mêmes une fois engagé dans ce bourbier. Andréa écoutait toujours son ami, sans l'interrompre. Le militaire avait le don d'emmener ses auditeurs avec lui, comme s'ils vivaient pleinement ce moment.

Les évènements avaient tourné vinaigre lorsque les amis de Ronon avaient pris partis pour les Wraiths. Cela s'était soldé par une mission de sauvetage lorsque Ronon avait alerté le colonel Carter, restée sur Atlantis. Les Wraiths avaient torturé les trois Satédiens, jusqu'à ce qu'ils ne coopèrent. Les créatures avaient besoin de reprogrammer les Réplicateurs pour qu'ils cessent de les attaquer, alors Rodney avait été désigné sans même le savoir. Cette opération n'avait pas été un franc succès, mais ils avaient retrouvé leur liberté et c'était tout ce qui importait. Ronon avait encore le goût amer de la trahison et il allait probablement mettre du temps à s'en remettre, mais il avait tiré une leçon de cette expérience.

Liam lui avait demandé comment s'était passé son retour sur Atlantis, alors elle lui avait raconté les grandes lignes. Andréa avait écourté la conversation, pressée d'aller courir et jusqu'à l'épuisement s'il le fallait. Elle s'était repassé ses brefs échanges avec Evan au cours de sa journée et sa culpabilité l'a rattrapée. Cela lui avait pris vingt minutes avant que ses muscles ne protestent. Andréa n'avait pas forcé et avait préféré arrêter son entrainement.

Elle repensait encore et encore à sa journée, sans savoir qu'elle se passerait comme ça. La physicienne se repassait inlassablement les mots qu'elle avait balancé à Evan et elle s'en voulait. Une fois de plus, sa colère avait parlé pour elle. Il fallait qu'elle trouve un moyen pour faire abstraction de ce qui la perturbait.

La jeune femme montait les escaliers en direction du bureau du Colonel Carter et marmonnait pour se donner du courage. Elle venait d'être convoquée et elle se doutait qu'elle allait passer un sale quart d'heure. Les nouvelles allaient bons trains dans la ville, et son altercation avec Rodney n'était pas passée inaperçu. «Fermez la porte et asseyez-vous !». Elle n'arrivait pas à cerner Carter alors son seul réflexe avait été de parler la première. «Si c'est pour ce qui s'est passé avec Rodney, ça ne se reproduira pas. ».

Elle s'était sentie bête en voyant la confusion s'installer sur le visage de Carter. Il fallait qu'elle s'explique maintenant qu'elle en avait trop dit. «Je l'ai traité de con.». De toutes les réactions possibles, elle n'avait pas imaginé que le rire moqueur serait en tête de liste. «Si j'avais su, je vous aurais apporté un citron.». La physicienne avait souri à son tour en se souvenant que Rodney en avait une peur bleue.

Ce moment de récréation avait détendu l'atmosphère et Carter l'avait informée que son contrat d'un an passé avec l'armée, touchait à sa fin. Le délai avait été prorogé par le nombre de jour où elle avait été sur Terre. Il ne lui restait plus que deux mois sur la Cité et la question existentielle était de savoir ce qu'elle voulait faire.

Evan venait d'arriver en salle d'embarquement et se préparait à la traverser, lorsqu'il avait levé les yeux en direction de la salle de contrôle. Il avait une vue partielle sur l'ancien bureau d'Elisabeth qui avait été attribué à Carter, et il pouvait aisément apercevoir Andréa. Il était curieux de savoir ce qu'elles pouvaient bien se raconter. Il espérait ne pas avoir été trop dur dans son rapport d'incident, qu'il avait envoyé plus tôt au Colonel. Il n'y avait pas l'air d'avoir de cri, ni de pleurs, alors il avait simplement continué sa route.

TBC…