Bonjour à tous !

Je ne pourrai pas publier comme je veux la semaine prochaine, alors voilà la suite dès aujourd'hui !

On avance petit à petit dans l'histoire... Profitez des bons moments tant qu'ils sont là !

Bonne lecture et n'hésitez pas à laisser un commentaire :)


Jour 14 : Vendredi

Le soleil de midi baignait la terrasse du petit café qu'elles fréquentaient depuis des années. La table en bois, un peu bancale, était déjà chargée de verres colorés, de cafés à moitié bus, de serviettes chiffonnées. Des rires fusaient, des voix s'entremêlaient. Le genre de moment où tout semblait simple.

Autour de la table, Octavia, Lincoln, Raven, Anya, Lexa, et Clarke. Un cercle devenu rare ces derniers mois, mais précieux.

Clarke était arrivée avec Lexa, comme souvent. Et comme souvent ces derniers temps, Lexa rayonnait : pas de masque, pas de façade, juste elle, naturelle, souriante, parfois moqueuse. Et Clarke… avait du mal à respirer. Elle la regardait, riant avec Octavia, se moquant gentiment de Lincoln, buvant une gorgée de limonade avec cette expression si détendue qu'on aurait pu croire que les mois passés n'avaient jamais existé. Mais ils existaient et Clarke, elle, ne les avait pas oubliés. Elle ne pouvait pas s'empêcher de penser à tout ce qu'elles avaient traversé. À tout ce qu'elle ressentait, à ce qui vibrait en elle, plus fort chaque jour.

Raven la bouscula doucement de l'épaule.

« T'es dans la lune, princesse. »

Clarke cligna des yeux, sourit.

« Pardon. Je pensais à… rien. »

Raven haussa un sourcil.

« T'as jamais su mentir. »

Clarke se contenta d'un sourire crispé. Mais Raven ne poussa pas, elle respectait ça.

À côté d'elles, Anya observait sa cousine du coin de l'œil, discrètement, attentive. Lexa allait mieux : elle parlait, elle plaisantait, elle prenait la parole sans retenue. Mais il y avait dans son regard, par moments, des éclats qu'Anya n'avait pas vus depuis longtemps. Des petits sourires volés lancés à Clarke, des regards qui traînaient un peu trop souvent dans sa direction.

Lexa, elle, ne comprenait pas vraiment ce qu'elle ressentait, surtout avec les derniers évènements en date. Tout ce qu'elle savait, c'était que ces moments-là lui faisaient du bien. Elle se sentait vivante, présente et entourée. Et Clarke à ses côtés, c'était devenu un repère, une certitude. Elle s'était surprise plusieurs fois à chercher sa main sous la table, à l'écouter rire plus que n'importe qui d'autre. Et elle avait remarqué aussi, bien malgré elle, que chaque fois que leurs regards se croisaient, quelque chose en elle se calmait. Mais elle n'allait pas plus loi, elle ne voulait pas y réfléchir. Elle n'était pas prête à poser des mots sur ça, pas alors que Costia hantait encore les murs de leur chambre.

Car oui, Costia était là. Assise sur une chaise vide, juste à côté d'Anya, invisible et présente. Elle regardait Lexa rire, elle regardait Clarke, crispée, tendue, mais incapable de s'éloigner. Elle les regardait se rapprocher, encore, naturellement. Et, pour la première fois, elle ne ressentit pas de colère. Juste… un pincement au cœur, une mélancolie douce-amère. Peut-être que c'est ça, le début de la fin, pensa-t-elle. Peut-être que c'était le moment de les laisser se trouver, peut-être n'avait-elle pas besoin d'aider Lexa. Elle baissa les yeux, silencieuse, mais rien ne se passa. Elle ne pouvait pas partir, elle n'y arrivait pas, et sa colère revint alors en flèche.

« Et sinon, on parle du mariage ou pas ? » Lança Octavia, coupant la conversation sur une anecdote ridicule de Lincoln.

Anya leva les yeux au ciel, un sourire aux lèvres.

« Tu veux encore voir la robe que j'ai vue ? »

« Je veux TOUT voir. Et Lexa aussi, hein. Tu vas être témoin ou pas ? »

Lexa sourit.

« Anya n'a pas encore demandé. »

Anya la fixa, théâtrale.

« Et si je te le demandais maintenant ? »

« Je dirais oui. »

Les deux cousines se sourirent, complices. Clarke se força à sourire aussi, mais son cœur battait un peu plus vite. Lexa avait tourné la tête vers elle : un simple croisement de regards qui lui suffirent à sentir le feu sur ses joues.

Après le déjeuner en terrasse, le groupe avait décidé de prolonger le moment en allant marcher dans un parc non loin du centre-ville. C'était l'un de leurs endroits favoris, celui où ils avaient fêté plusieurs anniversaires, où Costia les avait pris en photo à de nombreuses reprises. Clarke marchait en retrait, aux côtés de Raven. Lexa était un peu plus loin, riant avec Lincoln et Octavia. Anya les observait du coin de l'œil.

« Tu tiens le coup ? » Demanda Raven à voix basse.

Clarke hocha vaguement la tête.

« C'est étrange d'être là. Ça me rappelle tellement de choses. »

Raven tourna légèrement la tête vers elle.

« Tu veux dire… avec Costia ? »

Clarke pinça les lèvres.

« Pas seulement. Toute cette époque. Quand tout était moins… flou. Quand je pouvais prétendre que ce que je ressentais n'existait pas. »

Raven souffla un petit rire triste.

« Et maintenant ? »

« Maintenant je suis là. À marcher derrière la fille que j'aime. À la regarder rire. À faire semblant de rien. »

Raven ne répondit pas tout de suite. Elle lui serra simplement la main brièvement. Clarke se sentit moins seule, mais pas moins paumée. Pendant ce temps, Lexa avait ralenti inconsciemment, et s'était retrouvée à marcher aux côtés de Clarke quelques instants plus tard.

« Tu te souviens quand on venait ici tous les étés ? » Demanda-t-elle, les yeux perdus dans les arbres.

« Bien sûr. On faisait toujours un concours de lancer de pierres dans la rivière… que je perdais à chaque fois. »

« C'est faux, une fois tu as gagné. »

« C'était de la pitié. »

Lexa éclata de rire, et Clarke aussi. Mais le silence qui suivit était lourd d'une émotion que ni l'une ni l'autre n'identifiait.

Sur le chemin du retour, Octavia avait vu une boutique de déco et insisté pour y faire un tour. Raven et Anya avaient suivi avec amusement. Lincoln les accompagnait, en soupirant, comme tous les garçons traînés en boutique. Clarke et Lexa, elles, étaient restées à l'extérieur, assises sur un banc en bois.

« Tu ne vas pas choisir les bougies de Raven ? » Demanda Clarke, moqueuse.

« Je n'ai pas la force. Et je pense qu'elle survivra sans mon avis. »

Le silence les enveloppa, confortable, mais fragile. Lexa tourna légèrement la tête.

« Tu sais… Je suis contente qu'on soit sortis tous ensemble aujourd'hui. »

« Moi aussi. »

Un petit silence.

« Je ne pensais pas que ce serait aussi simple. » Reprit Lexa.

« C'est jamais vraiment simple, Lexa. »

« Non, je veux dire… de rire à nouveau. De me sentir légère. »

Clarke la regarda de biais.

« Tu vas mieux, hein ? »

Lexa hocha la tête.

« Ouais. Je crois que je vis et pour de vrai. »

Clarke sentit son cœur se serrer. Parce qu'elle était sincèrement heureuse de l'entendre. Mais aussi parce que… ce renouveau, cette lumière retrouvée, elle n'était pas sûre d'en faire partie très longtemps.

Pour terminer la journée, le groupe s'était arrêté dans un petit bar à cocktails avec terrasse. L'ambiance était tamisée, mais vivante. Des guirlandes lumineuses traversaient la terrasse du petit bar, projetant des ombres chaleureuses sur les tables en bois. Le groupe riait fort à une blague de Lincoln, les verres se vidaient lentement, et la soirée avançait dans cette atmosphère douce d'un samedi entre amis.

Ils avaient commandé des boissons, partagé des tapas, ri sur de vieilles anecdotes.

« Raven, t'as pas changé. » Lança Octavia en souriant.

« Toujours à vouloir commander un gin tonic à Lincoln, même si tu sais qu'il déteste ça. »

« Et toi, t'es entrain de vouloir draguer le serveur alors que ton mec est juste à côté. » Répliqua la brune du tac au tac.

Les rires fusèrent.

Lexa se sentait bien, pour la première fois depuis longtemps, entourée, rieuse. Elle était installée juste à côté de Clarke. Elles ne se touchaient pas, mais il y avait dans leurs gestes une coordination naturelle qui ne laissait plus place au doute. Une proximité qui dépassait l'amitié. Lexa était si proche qu'elle sentait la chaleur de sa cuisse contre elle.

Elle buvait doucement son verre, les yeux rivés sur le groupe, mais au fond, ses pensées, elles, étaient bien trop concentrées sur la silhouette à ses côtés. Elle ne s'en rendait même pas compte mais elle observait Clarke tout le temps. Elle pensait à la manière dont elle relevait ses cheveux derrière son oreille quand elle riait, à ses fossettes quand elle esquissait un sourire, au son de son rire, qui résonnait toujours un peu plus fort que les autres dans sa tête, ou encore de ses mains, qui jouaient nerveusement avec son verre. Et surtout, au regard de Clarke qui semblait fuir le sien, parfois, comme si quelque chose devait rester caché.

Lexa fronça légèrement les sourcils. Pourquoi est-ce qu'elle faisait autant attention à elle ? Pourquoi est-ce qu'elle avait cette sensation étrange dans la poitrine chaque fois que Clarke parlait à un autre ? Ce n'était pas de la jalousie, elle ne comprenait même pas ce que c'était, mais c'était là. Comme un besoin inconscient de capter son attention, comme une attente silencieuse de son rire, de sa voix. Clarke s'était légèrement penchée vers Octavia pour écouter quelque chose, et Lexa en profita pour la regarder, juste un peu plus longtemps. Trop longtemps même. Et Costia, à quelques mètres, adossée à un mur invisible pour tous les autres, l'observait en silence.

La blonde finit par se lever chercher un autre verre à l'intérieur et bien évidemment, Raven l'avait suivie, prétextant une envie de s'éloigner un peu du bruit. Elles s'étaient retrouvées à côté du comptoir, un peu à l'écart, dans une alcôve semi-éclairée.

« Alors ? » Demanda Raven en croisant les bras.

« T'as cette tête depuis que t'as posé ton sac tout à l'heure. »

Clarke leva les yeux au ciel, un sourire fatigué sur les lèvres.

« J'ai pas de "tête". »

« Clarke… » Soupira Raven.

« Je t'ai connue avec les cheveux roses et une obsession pour les étoiles. Tu peux pas me mentir. »

Clarke se mordit l'intérieur de la joue, puis elle craqua.

« J'en peux plus, Raven. »

« De quoi ? »

« De tout ça. De faire semblant. De faire comme si dormir à ses côtés tous les soirs ne me détruisait pas un peu plus à chaque réveil. »

Elle s'interrompit, prenant une gorgée rapide.

« Depuis quelques jours, tout est… pire. »

Raven la laissa parler, les bras toujours croisés, le visage grave.

« Elle est là, tout le temps. Elle va mieux, elle sourit, elle fait des blagues. Et moi, j'ai juste envie de la prendre dans mes bras et de lui hurler que je l'aime depuis des années. »

« Alors pourquoi tu ne le fais pas ? » Souffla Raven.

« Parce qu'elle a perdu Costia il y a tout juste quelques mois. Elle est encore en train de guérir, et si je lui dis maintenant, je gâche tout. »

Raven pencha légèrement la tête.

« Tu crois vraiment qu'elle ne voit rien ? »

« Elle ne voit rien. » Murmura Clarke, les yeux brillants.

« Et si elle voit… elle fait tout pour l'ignorer. »

Un silence, Clarke fixa son verre avant de se redresser.

« Je suis pathétique. »

Raven la retint par le bras, doucement.

« Tu es amoureuse. Et tu veux bien faire. Ça n'a rien de pathétique. »

Clarke hocha la tête sans répondre, Raven s'était légèrement reculée dans l'ombre, son verre entre les doigts, tandis que Clarke s'appuyait contre le mur, le regard dans le vide.

« Tu veux bien me dire ce qu'il s'est passé ? » Demanda doucement la mécanicienne.

« Tu m'as dit que c'était pire… mais c'est quoi, pire ? »

Clarke hésita, puis elle se lança d'un souffle.

« C'est tout ce qu'elle est devenue, tout ce qu'elle représente pour moi. »

Raven ne dit rien, elle attendait. Clarke baissa les yeux.

« Depuis cette nuit où elle m'a demandé si elle pouvait dormir avec moi… rien n'a été pareil. »

Elle serra son verre un peu plus fort.

« C'était censé être temporaire. Une fois. Pour l'apaiser, pour qu'elle dorme. Et puis c'est devenu… régulier. Tous les soirs. Tous les putains de soirs, Raven. »

Un sourire nerveux passa sur ses lèvres.

« Et à chaque fois, je me disais que je devais mettre une barrière. Que je devais lui parler mais elle me regarde avec ces yeux… et je me tais. Et je me retrouve, tous les soirs, à l'attendre dans mon lit, comme si c'était normal. Comme si c'était pas en train de me bouffer vivante. »

« Tu veux arrêter ? » Demanda doucement Raven.

Clarke secoua la tête immédiatement.

« Non. Parce que c'est le seul moment de la journée où je me sens entière. »

« Même si ça te détruit ? »

« Surtout parce que ça me détruit. »

Raven haussa un sourcil.

« Parfois elle me regarde comme si j'étais son ancre. Et moi… je la regarde comme si j'étais déjà en train de couler. »

« Tu dis qu'elle te regarde avec des yeux... Tu veux dire que tu sens une tension ? »

Clarke acquiesça.

« Ce n'est pas juste moi, Raven. Il y a eu des moments… »

Elle inspira plus fort, hésita un instant, puis poursuivit :

« Le soir après votre soirée, dans la chambre. Elle s'est tournée vers moi et… il y avait ce silence. Pas un silence vide mais un silence plein. Plein de tout ce que ni elle ni moi n'osons dire. Il y a eu des paroles également. Elle m'a dit que j'étais belle Raven, pas comme on le dirait à une amie. Elle avait bu, alors j'ai laissé ça sur le compte de l'alcool... »

Elle laissa échapper un rire sans joie tandis que Raven avala lentement une gorgée.

« Puis, l'autre jour… On est rentré d'une promenade, elle m'a regardée, et j'ai vu dans ses yeux quelque chose que je n'avais jamais vu chez elle. Une sorte de douceur. Comme si j'étais devenue… importante. »

« Mais tu l'es forcément Clarke. »

« Peut-être. Mais ce n'est pas suffisant. Parce que moi, je suis amoureuse. Et elle, elle se reconstruit. »

Clarke baissa la tête, sa voix brisée.

« Et chaque nuit qu'elle passe à côté de moi, c'est un pas de plus vers quelque chose que je ne pourrai pas arrêter. Ni lui avouer, ni fuir. »

Raven s'approcha d'elle, plus sérieuse.

« Tu veux savoir ce que je pense ? Je crois… qu'elle ne sait pas ce qu'elle ressent. Je crois qu'elle est perdue, et je crois aussi que Costia est encore trop présente d'une façon ou d'une autre. »

Un silence, Clarke sembla réfléchir aux paroles de son amie. Non, Lexa ne ressentait rien pour elle, non ?

« Clarke… elle n'a jamais partagé un lit avec qui que ce soit depuis Costia. Elle n'a jamais laissé quelqu'un entrer aussi près, elle ne fait pas ça par habitude. Elle te choisit, toi, tous les soirs. »

Clarke ferma les yeux, douloureusement.

« Alors pourquoi elle ne voit rien ? Pourquoi elle ne dit rien ? »

« Parce qu'elle a peur. Et peut-être aussi… parce qu'elle t'aime déjà, sans s'en rendre compte. »

Clarke releva lentement les yeux vers elle. Raven haussa les épaules.

« Et toi, t'as trop peur de la perdre pour lui tendre la main. Donc vous vous contentez de ce qu'il y a. Vous dansez autour de cette vérité comme si ça allait l'empêcher d'exploser. »

Un silence lourd s'installa.

« Clarke… à force de ne rien dire, tu risques de la perdre quand même. »

Clarke détourna les yeux.

« Ou peut-être que je la garderai comme ça. Juste assez près pour la protéger. Juste assez loin pour ne pas la briser. »

Raven soupira.

« C'est beau. Et c'est triste. »

Clarke ferma les yeux, une larme glissa.


Les rues étaient calmes à cette heure. Juste quelques voitures qui passaient lentement, les réverbères projetant des halos dorés sur le bitume. Lexa marchait à côté de Clarke, les mains dans les poches, les épaules légèrement rentrées. Clarke tenait son manteau plié contre elle, son sac pendant à l'épaule, ses pensées bourdonnant à un rythme trop rapide. Le trajet s'était fait en silence. Un silence pas tout à fait inconfortable, mais pas apaisé non plus. Chargé. Un peu comme leurs regards pendant la soirée, un peu comme leurs silences de ces derniers jours.

« C'était bien, aujourd'hui. » Finit par dire Lexa, sa voix basse.

Clarke hocha doucement la tête.

« Ouais… C'était bien. »

Elles arrivèrent en bas de l'immeuble, gravirent les marches jusqu'à leur appartement. Clarke ouvrit la porte, et Lexa entra derrière elle, refermant doucement. Celui-ci était plongé dans l'obscurité, à l'exception de quelques lumières douces que Clarke avait laissées allumées en partant. Elles déposèrent leurs affaires sans un mot. Clarke s'éclipsa dans la salle de bain, le cœur battant. Lexa, elle, resta un instant immobile dans le salon, fixant la lumière tamisée du couloir. Quelque chose en elle la dérangeait, pas une pensée mais une sensation.

Elle se souvenait du rire de Clarke, de la chaleur dans son regard quand elles s'étaient croisées, du regard et de la manière dont Anya et Raven l'avaient observée toute la soirée. Elle se souvenait de la gêne dans sa poitrine, cette tension sourde qu'elle ne savait pas nommer. Et surtout… de l'ombre silencieuse qu'elle n'avait cessé de sentir à ses côtés. Car Costia était là toute la journée, mais également là, devant elle, assise dans l'ombre du salon. Et Lexa… n'avait pas osé croiser ses yeux.

Elle ne lui avait pas adressé un mot, pas même un regard, pas depuis cette nuit-là, il y a quelques jours. Pas depuis qu'elle avait explosé, qu'elle l'avait suppliée, puis rejetée. Costia ne parlait plus, se contentant de l'observer. Et Lexa ne savait pas quoi faire de ça, alors elle fit ce qu'elle faisait le mieux : elle l'ignora.

Quelques minutes plus tard, Clarke sortit de la salle de bain, les cheveux encore humides, vêtue d'un t-shirt et d'un short. Lexa se leva sans un mot pour aller se changer à son tour. Lorsqu'elle revint, Clarke était déjà allongée du côté gauche du lit, dos tourné, dans sa position habituelle.

Lexa la rejoignit sans rien dire, s'allongeant à sa place. La chaleur du lit, familière, l'apaisa presque instantanément. Et pourtant… ce soir, l'air semblait plus lourd.

Elle sentit l'épaule de Clarke frôler la sienne, comme toujours, mais elle ne se détendit pas. Parce que quelque chose vibrait entre elles, quelque chose qu'elle ne voulait pas nommer, quelque chose qui grandissait. Elle tourna légèrement la tête vers Clarke.

« Tu dors ? »

Clarke répondit après une pause :

« Non. »

Silence, Lexa hésita. Elle voulait dire quelque chose. Demander ce qu'elle avait vu ce soir. Comprendre pourquoi sa poitrine s'était serrée en la voyant parler avec des personnes inconnues. Pourquoi ses doigts avaient eu envie de chercher les siens sous la table, mais elle ne dit rien.

« Merci d'être restée à mes côtés. » Murmura-t-elle.

Clarke ouvrit les yeux dans l'obscurité.

« Toujours. »

Le silence retomba, mais plus lourd qu'avant, plus intime. Et dans l'ombre, Costia, toujours debout près du mur, les regardait avec un mélange de tristesse résignée mais aussi d'une tendresse et d'une colère douloureuse. Elle baissa les yeux, recula d'un pas, et disparut lentement dans l'obscurité. Demain serait un autre jour, mais ce soir, Lexa dormait à côté de celle qu'elle finirait par aimer.