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Chapitre 67

Neville se précipita dans les couloirs de Poudlard, son cœur battant à tout rompre. Les mots de Drago Malefoy résonnaient dans sa tête : une armoire qui permettrait aux Mangemorts d'entrer dans l'école, Voldemort prêt à attaquer. Il aurait voulu croire que c'était un mensonge, une manipulation. Mais Drago semblait si terrifié… Et pourquoi mentirait-il, surtout à lui ? Non, il devait en avertir les autres.

Il poussa la porte de la salle commune des Gryffondor avec une brusquerie inhabituelle.

Rassemblez-vous ! aboya Neville en pénétrant dans la salle commune des Gryffondor, sa voix portant plus qu'il ne l'aurait cru possible.

Des visages familiers se tournèrent vers lui, perplexes mais prêts à l'écouter. Dean, Ginny, Seamus, Parvati… Tous le dévisageaient avec une inquiétude croissante.

Les Mangemorts arrivent, annonça-t-il sans détour. Drago Malefoy m'a prévenu. Ils vont entrer dans l'école à travers une armoire qu'il a réparée. Vous-Savez-Qui va attaquer.

Le silence qui suivit sa déclaration était presque tangible. Ginny fronça les sourcils, les bras croisés sur sa poitrine.

Attends… Malefoy t'a prévenu ? Drago Malefoy ? Pourquoi il ferait ça ?

C'est sûrement un piège, renchérit Seamus, les yeux plissés de méfiance. On parle de Malefoy, Neville. Il ne nous aiderait jamais. Il n'est pas dans notre camp.

Neville secoua la tête, frustré de ne pas réussir à exprimer l'urgence de la situation.

Je sais ce que vous pensez, mais il avait l'air… Il avait l'air terrorisé. Pas en colère, ni arrogant. Juste… paniqué.

Et cette histoire d'armoire… ? demanda Dean, sceptique. C'est une sorte de portail ? C'est possible, ça ?

Je ne sais pas, avoua Neville, sa voix plus hésitante. Mais pourquoi il inventerait un truc pareil ?

Pour qu'on panique, pour se moquer de nous, suggéra Ginny, les lèvres pincées.

Peut-être, admit Neville, Mais il m'a dit ça comme si… Comme si c'était sa dernière chance de faire ce qui est juste. Il n'avait pas l'air de vouloir nous piéger.

Un silence pesant s'installa de nouveau.

Pourquoi il l'a réparé, s'il ne voulait pas que les Mangemorts rentrent dans l'école? Et pourquoi il ne l'a pas juste détruite?

Il m'a dit qu'il n'a pas eu le choix, qu'il l'aurait tué s'il n'avait pas obéi.

Et pourquoi il ne l'a pas dit à Dumbledore, alors ? Pourquoi toi ? demanda Parvati.

Il dit qu'il ne l'a pas trouvé. Je crois qu'il voulait juste en parler à quelqu'un. Peut-être qu'il espérait qu'on ferait quelque chose.

Ginny le dévisagea, son regard durci par le doute.

Alors, faisons quelque chose. Tu sais où est cette armoire ?

Neville hocha la tête.

Il passe beaucoup de temps au septième étage. Je pense que c'est la Salle sur Demande.

Allons voir, trancha Ginny.

Ils montèrent les escaliers quatre à quatre. Devant le mur vide, Neville pensa intensément à l'armoire. La porte apparut. Ils pénétrèrent dans la Salle sur Demande, qui avait pris la forme d'un vaste entrepôt rempli d'objets poussiéreux et oubliés. Mais au fond de la pièce, une grande armoire noire et massive se dressait, sinistre, imposante.

C'est elle, souffla Dean. Il ne t'a pas menti.

On doit la détruire, déclara Ginny, déterminée. Seamus, tu as une idée ?

Seamus hocha la tête, un sourire crispé aux lèvres.

Reculez.

Il lança un sort explosif. Un grondement retentit, soulevant un nuage de poussière. Mais l'armoire demeura intacte, protégée par une puissante magie.

Impossible… murmura Parvati.

On ne va pas s'arrêter là, gronda Ginny. Continue, Seamus. Essayez tous.

Les sorts fusèrent. Bombarda, Diffindo, Confringo… L'armoire ne montrait pas la moindre égratignure.

Ce truc est protégé, réalisa Dean, sa baguette tremblante dans sa main. On n'y arrivera pas comme ça.

Neville déglutit, la gorge sèche.

Continuez d'essayer, lança-t-il, soudain résolu. Moi, je vais chercher Dumbledore.

Il quitta la Salle sur Demande au pas de course. Dans les couloirs, il chercha désespérément un professeur ou un membre de l'Ordre. C'est finalement le Professeur McGonagall qu'il croisa.

Monsieur Londubat ? Que faites-vous ici ?

Neville, essoufflé, lui déversa tout ce qu'il savait. Drago. L'armoire. Les Mangemorts. L'attaque imminente. Le visage de McGonagall perdit ses couleurs.

Montrez-moi cette armoire, ordonna-t-elle d'une voix tendue.

Elle le suivit jusqu'à la Salle sur DemandeLes sorts avaient cessé, les élèves de l'AD scrutant l'armoire comme si elle pouvait leur bondir dessus. Mc Gonagall examina l'armoire avec prudence.

On a essayé plusieurs sorts, Professeur, intervint Seamus. Mais elle est protégée.

Vous avez agi avec imprudence, répliqua-t-elle d'un ton sec. Cela aurait pu être un piège!

Les adolescents baissèrent le regard, honteux. Elle lança alors un sort de détection et une lumière verte entoura brièvement l'armoire.

Reculez, tous.

D'un geste précis, McGonagall pointa sa baguette sur l'armoire. Elle prononça une incantation complexe et un rayon de lumière dorée frappa l'armoire de plein fouet. Un grincement sinistre retentit, suivi d'une violente déflagration. L'armoire explosa en morceaux, projetant des éclats de bois carbonisé tout autour de la pièce.

Ça, c'est fait, murmura McGonagall, les traits crispés. Maintenant, suivez-moi, Monsieur Londubat. Il faut en avertir le Professeur Dumbledore.

Alors que les élèves reprenaient leurs esprits, Lavande s'agenouilla près d'un tas d'objets renversés, attirée par quelque chose qui brillait faiblement dans la pénombre.

C'est joli, souffla-t-elle en tendant la main vers un bijou argenté couvert de poussière.

Lavande, ce n'est pas le moment ! l'interpella Parvati en l'attrapant par le bras.

Lavande jeta un dernier coup d'œil à l'objet, le rangea rapidement dans sa robe avant de se relever.

L'infirmerie baignait dans une clarté pâle, où l'air semblait étrangement immobile. Madame Pomfresh s'affairait autour de Rogue, recroquevillé sur un lit, crispé sur son bras marqué par la Marque des Ténèbres. Ses traits étaient tirés, sa respiration laborieuse.

Il continue… de m'appeler, parvint-il à articuler, la voix rauque, chaque mot arraché avec peine.

Dumbledore, debout près de lui, posa une main rassurante sur son épaule.

Nous allons trouver une solution, Severus.

Il va continuer jusqu'à ce que je devienne fou…

La douleur déferlait en vagues brûlantes, impitoyables. Rogue se sentait déchiré de l'intérieur, comme si Voldemort resserrait son emprise sur lui. Pomfresh lança un nouveau sortilège apaisant, en vain. Le teint de Rogue, livide, trahissait l'épuisement qui le consumait. Soudain, la porte de l'infirmerie s'ouvrit à la volée. Dumbledore se retourna aussitôt. Minerva et Neville venaient d'entrer, essoufflés, le visage grave.

Albus, dit Minerva, d'un ton pressé.

Le directeur fronça les sourcils, ses yeux clairs se posant avec intensité sur les deux nouveaux venus.

Minerva? Neville ? Que se passe-t-il ?

Drago Malefoy a alerté Neville à propos d'une armoire qu'il aurait réparée. Une armoire qui permettrait aux Mangemorts d'entrer dans Poudlard. J'ai vérifié la Salle sur Demande, Albus. Elle y était. Je l'ai détruite, mais…

Elle marqua une pause, ses lèvres pincées d'inquiétude.

Cela signifie que Vous-Savez-Qui se prépare à attaquer.

Où est-il ? Où est Drago? demanda Dumbledore, ses yeux perçants cherchant une réponse chez Neville.

Je… je ne sais pas, Professeur, balbutia Neville. Il avait l'air… épuisé. Effrayé. Il s'est confié à moi et il est parti.

Dumbledore fronça les sourcils, une ombre de préoccupation traversant son regard.

Minerva, Neville, trouvez-le. Interrogez les portraits et les fantômes, les armures s'il le faut. Je dois lui parler. Si Tom avait un plan avec cette armoire, il ne s'arrêtera pas là.

Neville pâlit encore davantage, effrayé à l'idée d'une attaque imminente. Son regard glissa vers Rogue, allongé sur le lit, le visage crispé de douleur.

P… Professeur Rogue, vous allez bien ?

Un rictus amer déforma ses traits.

Merveilleusement bien, Londubat, articula-t-il d'une voix rauque, chaque mot craché avec une ironie glaciale. Rassurez-vous, pour l'instant, le Seigneur des Ténèbres est trop occupé à me torturer pour s'inviter dans l'école.

Il s'interrompit, le souffle court, le regard fiévreux. Il avait conscience que ses paroles dépassaient sa réserve habituelle, mais la douleur et l'épuisement avaient fissuré son masque.

Filez, ajouta-t-il d'une voix plus sèche. Faites ce qu'il vous dit.

Neville acquiesça d'un signe de tête, puis se retourna pour suivre Minerva hors de la pièce. Ils venaient à peine de quitter l'infirmerie que la porte s'ouvrit à nouveau, laissant entrer Rusard, visiblement paniqué. Miss Teigne blottie contre lui, il haletait, le visage encore plus livide qu'à l'accoutumée.

Des Mangemorts ! éructa-t-il, sa voix râpeuse déchirant le silence. Ils sont aux grilles de l'école… Et dans Pré-au-Lard aussi!

Minerva, qui n'avait pas encore quitté le couloir, se figea sur le seuil en entendant ses mots. Dumbledore, lui, se tourna lentement vers les fenêtres. Un filet de fumée s'élevait au loin, depuis les maisons du village. Son visage se durcit instantanément.

Merci, Argus. Prévenez Filius et aidez-le à regrouper les élèves, dit-il d'une voix grave, son regard fixé sur la fumée noire qui montait au loin.

Rusard hocha précipitamment la tête et s'éclipsa en trottinant. Dumbledore leva sa baguette. Un majestueux phénix argenté jaillit de son extrémité. Il murmura des instructions précises à l'oreille de la créature lumineuse, qui s'éleva avec grâce et fila hors de l'infirmerie. Lorsqu'il se retourna vers Rogue, ses traits étaient plus graves que jamais.

Harry était en chemin pour l'école. Nous pensons qu'il reste un Horcruxe caché ici.

Rogue émit un grognement méprisant, malgré la douleur qui tordait ses entrailles.

Et il ne pouvait pas envoyer quelqu'un d'autre chercher à sa place ? L'Élu se croit indispensable ? siffla-t-il, les dents serrées. Il va se jeter dans un nid de Mangemorts et se faire tuer avant d'avoir détruit quoi que ce soit. Qu'est-ce qu'on cherche ?

Pomfresh tenta un nouveau sort de soulagement, mais Rogue n'y prêta aucune attention. Dumbledore s'agenouillait déjà devant la cheminée, parlant d'une voix pressée à un visage flottant dans les flammes.

Le diadème de Rowena Serdaigle, répondit-il en se relevant.

Rogue allait répondre, quand la douleur cessa. D'un coup. Brutalement. Il se redressa d'un bond, le souffle court.

Le diad-. Il s'arrêta net. Qu'est-ce que… qu'est-ce qu'il fabrique ? souffla-t-il, les yeux fous. Pourquoi a-t-il cessé ?

Dumbledore le dévisagea avec une inquiétude non dissimulée.

Peut-être se concentre-t-il sur autre chose, murmura Dumbledore, plus inquiet que jamais.

Il agita sa baguette : des sortilèges puissants s'élancèrent autour de la pièce, formant brièvement une aura brillante avant de disparaître.

Rogue comprit instantanément.

Potter. Il n'est pas en chemin. Il est déjà là. À Pré-au-Lard.

Il tenta de se lever, mais ses jambes cédèrent sous lui. Pomfresh poussa un cri de protestation.

Vous n'irez nulle part ! Vous êtes dans un état lamentable, Severus !

Potter est là, répéta Rogue d'une voix haletante, luttant pour se redresser. Il va se faire tuer.

Je vais envoyer d'autres membres de l'Ordre, répondit Dumbledore fermement. Vous devez rester ici.

Rogue planta son regard noir dans celui du directeur, la détermination se substituant à la souffrance.

Non. Je vais empêcher ce crétin de se faire tuer avant d'avoir fait ce qu'il a à faire, répliqua Rogue, d'un ton acerbe. Je passerai plus inaperçu auprès de mes anciens amis que Kingsley ou Tonks. L'annonce de ma traitrise n'a peut-être pas encore fait le tour des Mangemorts.

Il se hissa tant bien que mal sur ses jambes, tremblant, le souffle court, mais la volonté inébranlable.

Je le ramène.

Et sans attendre de réponse, Rogue quitta l'infirmerie, sa silhouette vacillante glissant dans le couloir, silhouette noire portée par la détermination plus que par la force.

oOoOo

Assise dans le Magicobus bringuebalant, Brittany fixait les vitres poussiéreuses, où les lumières de Londres se réduisaient à des traînées scintillantes. Son regard restait flou, détaché.

Des mots résonnaient dans sa tête, insistants, comme des échos qui refusaient de s'éteindre. "Ma chérie…" "Je t'aime…" Elle ferma les yeux, le front appuyé contre la vitre froide du Magicobus. Ce n'était pas la voix de Rogue. Pas vraiment. Juste un besoin absurde de l'entendre dire ces mots qu'il ne prononcerait jamais. Des illusions tissées par son propre esprit, affamé de chaleur, de réconfort.

Rogue était un homme froid, cruel, inaccessible. Alors pourquoi ces mots persistaient-ils, s'imposant à elle avec une force déconcertante ?

Elle posa la main sur la vitre, sa respiration tremblante. Elle aurait voulu tirer un trait sur lui. Il lui avait fait trop mal. Pourtant, une partie d'elle refusait d'abandonner.