Capitaine de Starfleet
Chapitre 30:
Fusion mentale
Lorsque Harias commença à se réveiller, il ne put s'empêcher de sourire doucement, un sourire à la fois triste devant la mort de la Sphère et heureux devant la préservation de son héritage à travers lui et le Discovery. Ensuite, il grimaça, la douleur cuisante d'une migraine carabinée se rappelant à lui.
- Capitaine? fit la voix un peu floue de Hugh.
- Docteur Culbert? répondit-il en se forçant à se réveiller et à ouvrir les yeux.
Éblouis, il les referma bien vite, cela n'arrangeant pas sa migraine. Il entendit Culber donner ses consignes à l'ordinateur pour baisser la lumière autour de sa couchette et il se risqua à relever les paupières une seconde fois, discernant finalement son médecin chef près de lui, lui souriant.
- Allez-y doucement, pria celui-ci lorsqu'il entreprit de se redresser.
Ce faisant, il remarqua que Khan et Severus étaient dans la pièce, le fixant d'un peu plus loin.
- Vous vous décidez enfin à revenir parmi les vivants? fit Severus.
- Combien de temps? demanda-t-il à son médecin.
- Près de trente heures capitaine, s'amusa celui-ci. Vous étiez vidé de vos forces en rentrant. Comment vous vous sentez? demanda-t-il plus sérieusement.
- Comme quelqu'un qui vient d'enregistrer cent mille ans de vie, sourit-il. Juste fatigué avec une bonne migraine, rassura-t-il.
Une seconde plus tard, Saru entrait dans l'infirmerie, l'air bien mieux que la dernière fois qu'il l'avait vu et encore plus lorsqu'il le trouva éveillé.
- Ravi de vous revoir capitaine, remarqua-t-il joyeusement.
- Moi aussi. Alors il semblait bien que j'avais raison à votre propos?
- En effet, approuva-t-il. J'espérai que vous accepteriez que nous en reparlions en privé lorsque vous en aurez le temps.
- Bien sûr, approuva-t-il. Comment va notre vaisseau? demanda-t-il en venant se masser la tempe.
- Parfaitement bien si ce n'est quelques dégâts mineurs dû aux nombreuses surtensions provoquées par le téléchargement des données de la Sphère. Vous aviez parfaitement raison à son propos. Tout les scientifiques du vaisseau sont en ébullition après avoir jeté un coup œil sur ces données. Cent mille ans d'un savoir extrêmement riche et vaste. Ils étudieront cela pendant des siècles probablement. C'est un véritable trésor de savoir. La Sphère semble nous avoir transmis la totalité de ses connaissances et expériences.
- Je sais, elle l'a fait avec moi aussi, sourit-il.
- Une telle masse d'information dans un seul esprit? s'étonna un peu Culber.
- Les mezoriem ont assurément l'esprit le plus vaste et puissant que vous ne croiserez jamais, fit Severus.
- Les mezoriem peuvent emmagasiner une masse d'information quasi infinie tant qu'on prend le temps de les assimiler tranquillement.
- Dans tout les cas, vous avez besoin de vous reposer et de récupérer, fit le médecin.
- Alors on va y aller en douceur, dit-il en basculant ses jambes au bord de sa couchette.
- Vous n'êtes toujours pas doué pour rester gentiment vous reposer quand le docteur le dit n'est-ce pas? fit Severus l'air blasé.
- Non monsieur, répondit-il avec amusement.
- Vous l'avez déjà vu faire ça? demanda Hugh curieux.
- L'école sorcière que vous avez vu, Poudlard, sourit Harias, j'y étudiais et Severus y était professeur. J'avais comme qui dirait la sale manie de me retrouver à l'infirmerie parce que je m'étais blessé en sport, ou dans une bagarre, ou dans un accident… C'était tellement récurrent que l'infirmière a envisagé de mettre un lit à mon nom, dit-il en les amusant. Et bien souvent, je n'étais pas le meilleur des patients.
- C'est un euphémisme, fit Severus sarcastique. Il fallait toujours que vous terminiez à l'infirmerie.
- Et c'est aussi ça qui m'a fait détester les infirmeries. Madame Pomfresh était un vrai dragon, s'amusa-t-il. Mais vous savez quoi Severus? Un jour elle m'a dit que vous aviez été un pire patient que moi, alors je n'accepterai aucun sermon de vous, s'amusa-t-il en se levant.
- Allez-y doucement capitaine, pria Hugh. Vous avez besoin de repos. Je suis désolé de…
- Vous n'avez pas à vous excuser de ne pas avoir d'antidouleur qui marche sur moi docteur. Je ferai attention je vous le promets. Merci. Allons faire un point à la passerelle, dit-il à son second qui approuva pour le suivre.
Severus et Khan en firent autant et ils prirent le chemin de la passerelle, y arrivant rapidement. Harias commença par prendre des nouvelles de son équipage, de son vaisseau et de la situation. Tout allait bien malgré les quelques réparations mineures encore en cour suite aux surtensions. Tout était resté calme aux alentours et dehors, on voyait encore la mini nébuleuse de lumière et les débris de la Sphère. Harias activa l'intercom général pour faire un point sur ces évènements, expliquant ce qu'avait été la Sphère et ce qu'elle avait voulu, ce que tout cela impliquait. La masse d'information était si gigantesque qu'il faudrait des siècles pour l'étudier et le capitaine ordonna à une petite équipe de commencer à répertorier grossièrement ce qu'ils avaient. Cela fait, Harias ressortit un moment, volant doucement pour rejoindre une fois encore le dernier lieu de vie de la Sphère. En quête d'une chose bien précise, il chercha tranquillement, finissant par trouver. Cela ressemblait à un cristal parfaitement rond d'un bon mètre de diamètre. S'assurant que le Discovery ne puisse le voir, il usa de sa magie pour la rétrécir à la taille d'une perle. Il la porterait autour de son cou. Le cœur de la Sphère, de son esprit, de ses émotions, de son énergie, de sa personnalité… Il était mort mais il tenait à le garder quand même.
Cela fait, il décida qu'ils resteraient ici le temps de faire le point et de terminer les réparations, gardant toujours une priorité pour les signaux rouges. Comme il l'avait imaginé, ce fut rapidement qu'il vit Saru venir le voir alors qu'il travaillait dans son bureau porte ouverte. Khan était là mais il s'en alla lorsque le kelpien demanda à lui parler en privé. Khan sortit, la porte se referma derrière lui et Harias invita Saru à s'asseoir avec lui, lui accordant toute son attention.
- Comment vous sentez vous désormais? commença le capitaine.
- Bien, étrangement bien je dois dire. J'étais sûr de mourir et pourtant… Je n'avais jamais ressenti cela avant. La peur a toujours été le principe directeur de ma vie mais maintenant on dirait que c'est terminé. C'est même plus que ça. Je ressens une puissance, ma propre puissance.
- Qu'est ce que cela vous inspire?
- C'est nouveau et… profondément troublant, dit-il doucement. Le mode de vie des kelpiens a toujours été orienté vers la mort et la place que les ba'ul y jouent. Mon peuple appelle ça le Grand Équilibre. C'est notre axe central d'organisation. J'ai promis au capitaine Georgiou de toujours respecter la directive première. Mais maintenant, savoir que ce que mon peuple a accepté comme la vérité est un mensonge… Qu'est-ce que ça signifie pour nous? Pour mon espèce? Ma planète?
- Je l'ignore. Mais si cette croyance a été imposée aux kelpiens, par les ba'ul si j'ai bien saisi, il y a certainement une raison. Cela ne légitime certainement pas ces sacrifices inutiles mais cela pourrait nous aider à comprendre. De ce que je sais de votre monde, les ba'ul surveillent tout sur votre planète, sont technologiquement avancés mais vous n'avez pas plus de détails que cela n'est-ce pas?
- Non en effet. Je ne pense pas qu'un seul kelpien puisse témoigner d'avoir vu un ba'ul ou de savoir quoi que ce soit sur leur technologie.
- Cela mis à part, ils ne vous asservissent pas, ne vous exploitent pas?
- Non même si c'est sous leur influence que les kelpiens ont adopté un mode de vie très modeste et spirituel, ni scientifique ni technologique.
- Arrêtez moi si je me trompe mais votre carte des espèces est binaire? On est soit prédateur, soit proie sans autre intermédiaire tel que la Terre en connaît dans sa chaîne alimentaire?
- C'est exact capitaine. Et dans cette carte des espèces, les ba'ul sont les prédateurs et les kelpien les proies.
- Cela étant dit, on peut noter que les ba'ul ne s'intéressent réellement aux kelpiens que lorsque le vahar'ai entre en jeu. Êtes-vous d'accord avec cela? J'ai lu entièrement les informations de Starfleet sur votre peuple et votre planète mais il n'y a pas suffisamment d'information pour que je sois sûr de ce que je pense. Heureusement vous êtes là, sourit-il.
- Kaminar n'est pas surveillé et n'a pas été étudié par Starfleet. Il est donc normal que votre connaissance en soit limité. Mais c'est vrai, lorsqu'on y réfléchit, tant que les kelpiens respectent les règles établies, les ba'ul n'y prête attention qu'au moment du vahar'ai.
- C'est alors systématiquement la mort pour les kelpiens sans exception, posa-t-il alors que son second approuvait. Si ce sont bien les ba'ul qui ont mis en place ce système, ce mensonge, en s'assurant que personne ne mette en doute la mort induite par le vahar'ai, s'arrangeant pour que tout les kelpiens eux même le voient ainsi et s'y plient sans résistance, cela doit être d'une grande importance pour eux. Avant le vahar'ai, ils vous laissent relativement tranquilles même s'ils imposent une surveillance, une ambiance et un contexte. Seulement, pendant et après le vahar'ai, les kelpiens deviennent un sujet assez crucial pour justifier à leurs yeux leur mort immédiate. On ajoute à cela le fait que le vahar'ai n'est pas un processus de mort mais un processus d'évolution, de changement. Cela me laisse penser que cette évolution kelpienne et ce qu'elle engendre est un problème pour les ba'ul, un problème assez important pour justifier tout cela. Si je me laissais aller en supposition, je dirais que les changements découlant du vahar'ai sont un danger pour eux. Comme vous l'avez toujours dit, jusque là, votre vie était régie par la peur et des instincts, des comportements, de proie. Maintenant, la peur a largement déclinée et vous vous sentez puissant. Ce n'est qu'une hypothèse mais peut-être que les kelpiens ayant passés le vahar'ai ne sont plus des proies, deviennent des prédateurs et chassent peut-être les ba'ul? Ou ils se hissent peut-être à leur hauteur et engendre une rivalité dangereuse, en protégeant les autres kelpiens? Du moins, l'ont fait dans le passé. Dans les logiques naturelles du cycle de la vie que je connais, rien n'est jamais aussi ferme. Tout être a une sorte de prédateur ou de limitateur quelconque mais cela ne semble pas être le cas des ba'ul. C'est incongrus à mes yeux. En revanche, si on admettait que les kelpiens évolués puissent être ce prédateur, ce rival, limitateur, on obtiendrait un cycle de la vie beaucoup plus normal et équilibré d'après mois. Et si on pousse le raisonnement au bout, si les kelpiens évolués survivaient et protégeaient les autres, cela ferait immanquablement grossir votre population et vous ferez gagner en force et en indépendance. Les ba'ul peuvent voir cela comme une menace pour leur civilisation. Cela ou un scénario approchant pourrait expliquer la mise en place de ce système.
- En effet, remarqua Saru en analysant, cela semble possible.
- Cela n'excuse pourtant rien. Si nous avons raison, au lieu d'abattre systématiquement les kelpiens atteignant le vahar'ai, une entente de non agression et de cohabitation pacifique serait une bien meilleure solution. D'autant plus que vos deux peuples ont largement le niveau d'intelligence et de conscience requis pour mettre en place d'eux même un tel système en s'écartant de leurs instincts de prédations volontairement pour adopter un autre mode de vie.
- Oui. Je ne sais plus quoi penser.
- J'ai, je pense, une bonne idée de ce que vous pensez. Vous êtes confus, perdu et vous éprouvez une grande colère et une grande révolte à l'encontre des ba'ul et de ce qu'ils font aux vôtres. C'est normal et j'imagine que vous brûlez d'aller redresser cette situation, de découvrir la vérité. Seulement, il y a la directive première qui s'applique complètement à Kanimar. Les kelpiens n'en sont pas à la distorsion et si nous avons raison, il s'agit d'un conflit entre deux peuples d'une même planète et nous n'avons pas le droit de prendre partie. Votre asile politique vous place en dehors de tout cela mais ça ne concerne que vous. Je vais faire un rapport à Starfleet sur cette situation mais il est fort probable que l'on nous réponde que nous n'avons pas à intervenir.
- J'en ai bien conscience, approuva-t-il avec douleur.
- Cela ne veut pas dire que nous ne pourrons pas tenter certaines choses. D'après ce que je sais, les ba'ul possèdent la distorsion et connaissent déjà la Fédération et Starfleet. Ils ont simplement demandé que l'on reste en dehors de leurs affaires et que nous ne venions pas les déranger. Nous pourrons peut-être entrer en contact avec eux, entamer des discussions, des débats pour éclaircir les choses et tenter de les changer si nous le pouvons.
- Je doute que les ba'ul acceptent.
- Peut-être mais ça n'empêche pas d'essayer et de s'obstiner à essayer aussi longtemps qu'il le faudra. Nous ne pouvons pas intervenir directement auprès de votre peuple et leur dire ce que nous savons. Mais nous pouvons discuter avec les ba'ul et tenter d'encourager une négociation pour changer de système. C'est ce que je vais recommander au commandement avec insistance et je serai prêt à y aller moi même.
- Merci capitaine. Cela me touche beaucoup.
- Ne me remerciez pas trop vite. Il faudra l'accord du commandement et même si nous l'obtenons, notre marge de manœuvre ne sera pas très grande. Si les ba'ul s'obstinent, nous ne pourrons rien faire.
- Alors j'espère que nous pourrons les convaincre.
Harias approuva et lui donna un sourire d'encouragement, comprenant sa souffrance. Une souffrance à laquelle Fumseck, bien installé sur son perchoir, voulut répondre pour l'apaiser, se mettant à chanter. Ils l'écoutèrent un moment, se détendant sous sa musique. Fumseck ne l'avait plus quitté depuis qu'il était là. Il voyageait entre son bureau et sa chambre, ne se montrant nul par ailleurs. Lorsque Harias était en permission, il venait chez lui. Il se faisait très discret aux yeux qui n'étaient pas ceux du mezoriem. L'ayant décrit comme une créature symbiotique par lien d'énergie, Harias avait été autorisé à le garder avec lui sans aucun problème et il en était très heureux. Retrouver Fumseck était réconfortant. Ils écoutèrent l'oiseau chanter, Saru le regardant avec reconnaissance et respect. Ce fut l'alarme d'une communication entrante pour le capitaine qui les interrompit. Immédiatement, Saru se releva pour le remercier et le saluer avant de sortir pour le laisser à sa discussion. La porte refermée, Harias se leva pour aller faire face à l'hologramme qui apparut, souriant à l'image de son compagnon.
- Bonjour Chris, salua-t-il avec douceur.
- Bonjour, lui rendit-il. Comment vas-tu?
- Et bien on peut dire sans exagération que nous ne manquons pas d'occupations mais tout va bien.
- Les signaux?
- Nous avançons à pas de fourmis et je crois bien qu'il nous faudra tous les localiser et les étudier pour connaître le fin mot de l'histoire. Nous restons concentrés sur cet objectif. Nous avons quelques réparations à faire sur le vaisseau mais nous repartons dés que nous aurons terminé.
- Bien. Il y a une raison précise à mon appel d'aujourd'hui. Nous avons reçu une communication de l'Enterprise.
- Leur mission quinquennale se passe-t-elle bien? demanda-t-il avec intérêt.
- Oui très bien pour le moment. Cela fait déjà un peu plus d'un an qu'ils y sont et ils sont déjà très loin. Jim m'a contacté, de manière officielle mais très discrète. Il s'agit de Spock.
- Que se passe-t-il? questionna-t-il en se tendant.
- Il semble qu'il sombre dans un problème, une pathologie, psychologique. Son entourage a vu des changements ces dernières semaines et cela n'a fait que s'intensifier jusqu'à le déconnecter complètement de la réalité. Le docteur McCoy ne peut que constater ce qu'il se passe mais il ne parviens pas à comprendre ce qui arrive à Spock. Comme personne. Dans un moment de lucidité, Spock t'a réclamé. L'Enterprise est trop loin pour revenir vers un hôpital de la Fédération qui pourrait prendre en charge Spock et ce n'est visiblement pas une option que Kirk et McCoy souhaitent de toute façon. Kirk est persuadé qu'il se passe quelque chose d'important avec lui et il veut l'aider. Il m'a contacté pour avoir l'autorisation du commandement d'entrer en communication avec toi et en parler. Il a bien sûr eu cette autorisation et attend ton appel. J'ai aussi pris les devants. Si tu juges que l'état de Spock nécessite et justifie ton intervention, le Discovery est autorisé à rejoindre l'Enterprise avec le moteur sporique.
- Très bien. Je m'en occupe tout de suite et je ferai un rapport rapidement.
- J'ignore ce qu'il se passe mais Kirk et McCoy sont très inquiets.
- Moi aussi maintenant. Qu'est-ce que le commandement m'autorise à dire à l'Enterprise au sujet du moteur sporique? Ils poseront des questions en voyant que nous avons pu les rejoindre très vite.
- Il t'autorise à dire le minimum, à décrire cela comme une expérience pour un nouveau système de propulsion, sans plus.
- C'est noté. Je m'en occupe.
- Je t'ai transmis la fréquence de communication directe avec l'Enterprise.
- Merci Chris. Je t'aime.
- Moi aussi.
Ils se sourirent avant que la communication soit coupée. Immédiatement, Harias se concentra sur ce nouveau problème, son instinct hurlant que c'était urgent et que ce n'était pas un hasard.
- Ordinateur, ouverture d'une fréquence de communication avec l'Enterprise selon les données envoyées par l'amiral Pike.
L'ordinateur confirma et il attendit un peu. Puis une réponse vint et l'image de Jim s'afficha sur son écran. Harias lui sourit et il lui rendit malgré une inquiétude très présente sur son visage.
- Capitaine Kirk, salua-t-il.
- Capitaine Harias. Je suis heureux de vous voir.
- Oui je sais. Dîtes moi ce qu'il se passe avec Spock, pria-t-il. Je suis seul et la communication est privée de mon côté.
- Merci. Il y a quelques semaines de cela, j'ai remarqué que quelque chose n'allait pas avec lui. Spock semblait préoccupé, comme s'il avait un problème qu'il ne parvenait pas à résoudre. Parfois, il avait l'air ailleurs. Il n'a pas voulu en parler avec moi, Uhura ou n'importe qui d'autre. Tout l'équipage a vite commencé à voir qu'il n'était pas dans son état normal. Il s'est de plus en plus renfermé, isolé, ses absences se sont multipliés… Il est devenu de plus en plus incohérent et ça n'a fait qu'empirer jusqu'à le couper complètement de nous. Il ne nous parle plus, ne fais plus rien et ne communique plus d'aucune façon avec les autres. Bones a diagnostiqué une grave dépression nerveuse, un déclin cognitif et un grand déficit d'empathie. Autrement dit, une psychopathie, dit-il gravement. Il a beau l'avoir diagnostiqué, Bones n'y croit pas, comme moi, Uhura et tout le monde. Spock n'a jamais eu de maladie mentale et c'est arrivé si soudainement sans déclencheur apparent. Il a eu un moment de lucidité il y a quelques heures et il vous a immédiatement réclamé avec insistance. Ensuite, il a répété votre nom en boucle pendant deux heures. Je ne sais pas pourquoi mais il est possible que vous puissiez comprendre et l'aider.
- Je vois, dit-il en réfléchissant un moment. Mais je ne peux pas le faire sans voir Spock en personne. Je…
- Oui je sais, soupira-t-il avec angoisse sans le laisser terminer.
- Si vous voulez bien me communiquer les coordonnées de l'Enterprise, je viens tout de suite, annonça-t-il en le surprenant.
- Comment? Il faudrait des semaines de voyage en distorsion pour arriver ici. C'est d'ailleurs notre plus gros problème dans cette histoire.
- Donnez moi les coordonnées et j'arrive, insista-t-il avec un sourire mutin.
Jim le regarda l'air perplexe avant de lui envoyer les coordonnées. Harias le remercia et assura qu'il arrivait, coupant la communication. Ce fut à grand pas que le capitaine quitta son bureau.
- Ordinateur, communication interne avec la salle des machines sporique, dit-il en avançant. Capitaine Harias pour la salle des machines, préparez le moteur sporique pour un saut, ordonna-t-il.
On approuva et il rejoignit la passerelle, venant prendre son siège.
- Votre attention s'il vous plaît, demanda-t-il à son équipe. Nous venons de recevoir une requête émanent de l'Enterprise qui est en mission quinquennale comme vous le savez. Ils ont un problème qui requiert mon assistance personnelle et directe. Le commandement a donné son accord pour que nous les rejoignons. Alerte noire, ordonna-t-il.
Comme toujours, il fut immédiatement obéit et ils sautèrent aux coordonnées que Jim lui avait donné. Arrivant, ils eurent une vue directe sur l'Enterprise, Detmer souriant en le qualifiant de «pure beauté». Mais après tout, l'Enterprise était la tête de la flotte le vaisseau le plus avancé. Enfin, officiellement. Officieusement, le Discovery le dépassait, seul le secret changeant ce fait. L'Enterprise restait pourtant un magnifique vaisseau de classe constitution, de très grande renommée à Starfleet, fait pour l'exploration dans l'inconnu quand le Discovery était un vaisseau de recherche scientifique.
- Ouvrez un canal, commanda-t-il.
Et très vite, l'image de Jim dans son fauteuil de passerelle s'afficha, l'homme ayant un visage complètement stupéfait.
- Re-bonjour capitaine Kirk, s'amusa Harias.
- Mais putain de merde comment vous avez fait ça? demanda-t-il en amusant tout le monde. L'amiral Pike m'avait dit que vous étiez à des semaines de distorsion de nous.
- C'est exact mais nous avons nos petits secrets, dit-il légèrement avant de reprendre son sérieux. Dois-je venir ou venez vous à bord?
- Il serait probablement mieux que vous veniez, répondit-il.
- La zone est-elle sûre?
- Oui, rien a déclarer.
- D'accord, dit-il en se levant. À vous la passerelle commander Saru.
- Oui capitaine. Peut-on savoir de quelle nature est cette mission?
- D'ordre médicale dans un domaine précis dans lequel j'ai une compétence spécifique. Pour le moment, cela restera privé entre moi et la personne concernée bien entendu. Je vous confie le Discovery Saru.
- Oui capitaine.
Rejoignant à grand pas sa plateforme de téléportation, Harias gagna l'Enterprise, trouvant Jim et Léonard pour l'accueillir.
- J'y crois pas, dit Kirk en venant lui serrer la main. Comment vous avez pu venir si vite?
- Si nous parlions d'abord de Spock, dit-il en lui faisant reprendre son sérieux.
- Oui, approuva-t-il alors qu'ils se mettaient tout trois en route. Son état ne fait que se dégrader et nous n'avons aucun moyen de l'aider.
- Aucune de nos procédures médicales n'est adaptée à son cas, expliqua Léonard. J'ai beau l'avoir diagnostiqué, selon nos connaissances, j'ai la ferme impression d'être complètement à côté de la plaque, s'agaça-t-il. Spock a l'air de virer fou et on ne comprend pas du tout ce qui lui arrive.
Ils accélérèrent, Harias très inquiet pour son ami, sentant l'angoisse du vaisseau. Une angoisse particulière qu'il connaissait bien: celle que l'équipage de l'Enterprise ressentait lorsque l'un des leurs allait mal. En chemin, Harias fut salué par tous et il leur rendit, beaucoup semblant un peu soulagés de le voir. Ce fut vers une chambre médicalisée d'isolement qu'ils allèrent, Jim expliquant qu'ils l'avaient mis là pour le garder à l'œil et l'empêcher de se balader partout sur le vaisseau comme il avait commencé à le faire dans ses absences. Spock était là, tournant en rond en marmonnant, répétant encore et encore ce qui semblait être les premières doctrines de la logique vulcaine.
- Il est comme ça depuis vingt quatre heures, expliqua McCoy. Plus de contact d'aucune sorte.
- Je vais voir ça, dit-il avec un sourire rassurant. Restez à l'écart.
Ils approuvèrent, restant près de la porte alors qu'il avançait vers Spock. Doucement, il se mit sur son chemin, venant poser ses mains sur ses épaules pour l'arrêter, ouvrant un peu les ailes pour lui montrer qu'il devait s'arrêter. Spock s'immobilisa et releva un peu la tête. Leurs regards s'accrochèrent et Harias lui sourit en sentant que son ami se rendait compte de sa présence. Il sentait son énergie en vrac et dysfonctionnelle, se demandant ce qui lui arrivait.
- Spock? C'est Harias. Je suis là pour vous aider, expliqua-t-il doucement. Je vais entrer dans votre esprit, me connecter à vous. Je ne vous ferai aucun mal. Je veux juste comprendre ce qui vous arrive pour vous aider. Détendez vous.
Il projeta sa magie et son esprit vers le vulcain, entrant avec délicatesse dans ses pensées pour voir ce qu'il y avait. Longuement, il l'examina. L'esprit de Spock était un bazar sans nom, en pleine dégénérescence parce qu'un concept précis avait été implanté en lui et entrait en conflit avec sa logique. Cela l'empêchait de comprendre et d'assimiler, le menant lentement à la folie. Et Harias fut stupéfait lorsqu'il trouva l'origine de tout cela, comprenant son pré sentiment au sujet de l'importance de Spock. La cause de son mal trouvé, il se mit au travail pour le régler en remettant son esprit en ordre, en effaçant ce qu'il ne pouvait comprendre pour le remplacer par une version toute aussi vraie mais formulée de façon plus adéquate. Cela lui demanda un long moment de concentration et beaucoup de magie mais Spock ne résistait pas du tout. Il avait bien senti et comprit qu'il était là, qu'il allait l'aider et il s'efforçait de lui libérer le chemin comme il pouvait, sa confiance totale, la connaissance vulcaine des fusions mentales, l'aidant à gérer et comprendre la chose. Il fallut du temps pour corriger et restaurer son esprit, en retirant les informations qu'il ne pouvait traiter sans pour autant lui faire oublier quoi que ce soit. Simplement, son esprit pouvait supporter et intégrer cette version. Ils revinrent finalement au moment présent, Harias retrouvant le regard lucide et vif de Spock, lui souriant largement.
- Bon retour parmi nous Spock, dit-il joyeusement.
- Merci capitaine, soupira-t-il l'air soulagé et fatigué.
Il vacilla un peu et Harias l'aida à s'asseoir sur la couchette derrière lui, McCoy et Kirk se précipitant pour les rejoindre. Uhura était avec eux, certainement arrivée entre temps.
- Spock? appela Kirk.
- Jim? répondit-il en le faisant sourire.
- Bon sang, vous nous avez fait une de ces peurs.
Léonard se mit à l'examiner, Uhura soulagée de le voir revenir à la normale.
- Le problème est réglé, assura Harias. La médecine conventionnelle n'aurait rien pu faire.
- Que lui est-il arrivé? demanda McCoy.
- Puis-je expliquer Spock ou souhaitez vous que cela reste entre nous? questionna-t-il avec attention.
- Vous pouvez leur dire, approuva-t-il en se reprenant doucement.
- Pour dire cela simplement, une expérience de fusion mentale de son passé a incrusté dans son esprit des concepts, des perceptions, et des images que sa logique, sa structure mentale, son fonctionnement personnel, ne pouvait comprendre et intégrer. Ce qui a provoqué un dysfonctionnement de sa psyché conduisant à la folie et à la mort. J'ai restauré son esprit et refaçonné les choses de façon à ce qu'il puisse les intégrer. Tout ira bien maintenant.
- Encore merci capitaine, fit Spock. J'ai bien cru que j'allais réellement devenir fou.
- Comment saviez-vous qu'il pouvait vous aider? demanda McCoy.
- À dire vrai, je ne sais pas, répondit-il. Une intuition?
- Vous une intuition? s'amusa Kirk léger.
- Je dirais plutôt une extrapolation inconsciente de ce qu'il sait de mes capacités et des éventualités que cela implique, s'amusa Harias. Une intuition vulcaine en somme.
- En tout cas, je suis ravi de vous retrouver parmi nous, fit Jim soulagé.
- Capitaine, fit Spock avec un signe de tête de remerciement.
- Cela étant dit, ce qui vient d'arriver à Spock est en lien étroit et direct avec ma mission actuelle, remarqua Harias en les intriguant.
- Quelle mission? demanda Kirk.
- Vous avez dû entendre parler des signaux rouges qui ont été vu il y a peu, commença-t-il.
- Oui, nous les avons vu aussi et nous l'avons signalé. Starfleet enquête dessus, remarqua Kirk.
- Un groupe d'étude les analyse autant que faire ce peut depuis l'une de nos bases stellaires mais c'est à moi, au Discovery, que la mission de découvrir ce dont-il s'agit et d'aller sur les lieux de manifestation des signaux pour les étudier, a été confiée. Il s'avère que le responsable de ces signaux, que nous n'avons pas encore formellement identifié, est aussi celui ou celle qui a fait cette fusion avec Spock et provoqué cela.
- L'ange rouge, fit Spock.
- Oui, l'ange rouge. Il s'agit assurément d'un être pourvu d'une combinaison technologique extrêmement avancée. Cette combinaison fait immédiatement penser à un ange et elle produit une énergie rouge distincte. On ne sait pas encore ce qu'il veut et pourquoi il est apparu. Nous avons déjà pu localiser et aller analyser deux de ces signaux. Cet ange est apparu dans les deux cas, quelques secondes. Je l'ai vu de mes yeux. Spock aussi l'a vu et a fait une fusion mentale avec lui qu'il n'a pas pu traiter.
- Vous l'avez vu Spock? demanda Kirk.
- Oui. Une fois lorsque j'étais enfant, je me suis mis à rêver de cet être. Puis un jour, ma sœur, Mickael, s'est enfuie de la maison et perdue en forêt. Je l'ai vu en rêve, je l'ai vu mourir attaqué par un prédateur. L'ange rouge m'est apparu et m'a dit où elle était. Je l'ai dit à mes parents et ils ont pu retrouver Mickaël juste à temps exactement là où je l'avais dit. Puis j'ai grandi et les nombreux cauchemars que j'avais fait à propos de l'ange rouge se sont arrêtés. Mais ils sont revenus peu de temps avant que les signaux rouges apparaissent. L'ange rouge m'est apparu à nouveau et m'a mené à une planète que nous avons croisé et où je me suis rendu en permission.
- Oui je me souviens de ça, fit Jim. Vous qui ne demandiez jamais de permission. Mais vous n'avez pas dit pourquoi vous alliez sur cette planète isolée et sans société construite.
- J'y suis allé et l'ange est venu. J'ai fais une fusion mentale avec lui et il m'a montré des choses qui ne s'étaient pas encore produites.
- Je ne l'ai encore dit à personne parce que je n'ai pas de preuve mais j'ai l'intime conviction que cet ange rouge vient du futur et qu'il fait des sauts dans le temps pour tracer une sorte de chemin. Pourquoi et vers quoi? Nous ne le savons pas encore.
- Qu'est-ce qu'il pourrait vouloir? demanda Bones.
- C'est toute la question. Je ne pense pas qu'il nous veuille le moindre mal mais on ne se donne pas ce genre de peine pour de petites raisons. Je suis navré de demander ça mais Spock pourrait-il rejoindre le Discovery quelques temps pour nous aider dans cette affaire? Vous êtes de toute évidence très lié à l'ange rouge, le premier à l'avoir vu, vous pourriez nous aider et nous pourrons vous ramenez à l'Enterprise ensuite où qu'il soit.
- Comment? demanda Spock.
- Oui comment? renchérit Jim. Vous nous avez rejoint en quelques minutes alors que vous étiez à des semaines de distorsion. À moins que Pike se soit fichu de moi.
- Non il n'a pas menti. Cela est possible grâce au Discovery qui expérimente un nouveau système de propulsion très complexe permettant de voyager d'un point A à un point B quasi instantanément.
- Sérieusement? fit Kirk.
- Oui, approuva-t-il. Aussi insolite que cela soit. Mais le Discovery est unique et va certainement le rester un bon moment. Ce système de propulsion n'est pas encore abouti et ne peut équiper d'autres vaisseaux.
- Je n'ai pas trop envie de vous laisser mon humoriste préféré mais je sais que c'est une mission prioritaire pour Starfleet. Spock? Est-ce que vous voudriez y aller?
- Apporter mon concours à cette affaire semble impératif, répondit-il. Et je voudrais constater moi même ce que veut cet ange et pourquoi il m'a choisi.
- Alors on demande au commandement si ça leur va, approuva Jim. On s'en charge. En attendant, Bones, assurez vous qu'il va bien, ordonna-t-il en faisant approuver le médecin.
Les deux capitaines partirent ensemble pour rejoindre la passerelle de l'Enterprise où Harias fut accueilli avec plaisir, comme la nouvelle de la guérison de Spock grâce à lui. Ensemble, ils établirent une communication avec le commandement, expliquant la situation. On demanda à Jim s'il pouvait détacher Spock quelques temps et il approuva. Aussi, la chose fut actée. L'Enterprise ayant du travail et le Discovery une mission de premier ordre, on ne s'éternisa pas. Comme à l'habitude, Spock fut rapidement prêt, McCoy assurant qu'il allait bien. Si examiner et soigner Spock avait pris quelques heures, il ne fallut que quelques instants pour qu'il se prépare à partir et rejoigne Harias en salle de téléportation. Kirk, Uhura et McCoy les avaient accompagné, les saluant alors qu'ils partaient. Ils réapparurent sur le vaisseau d'Harias.
- Bienvenu sur le Discovery Spock, sourit-il en l'entraînant avec lui.
Ils prirent le chemin de la passerelle, y arrivant rapidement, la présence de Spock surprenant tout le monde à commencer par Burnam.
- Spock? releva-t-elle.
Celui-ci lui accorda à peine un regard, regardant Harias reprendre son siège que Saru libérait.
- Votre attention s'il vous plaît, pria-t-il pour son équipe. Le commander Spock ici présent vient d'être détaché de l'Enterprise. Il va nous rejoindre un moment pour nous aider dans notre enquête sur les signaux, dit-il en les faisant approuver.
- L'Enterprise nous contacte capitaine, fit Bryce.
- Sur écran, pria-t-il pour voir Kirk y apparaître.
- Capitaine Harias, je compte sur vous pour nous ramenez Spock entier, sourit-il. Il a la fâcheuse habitude de faire des bêtises, taquina-t-il.
- Puis-je savoir à quoi vous faîte référence capitaine? demanda Spock.
- Tient, par exemple, un jour Spock a sauté dans un gigantesque volcan sur le point d'exploser, dit-il en faisant soupirer Spock.
- Si je me souviens bien c'est vous qui l'aviez poussé dans le dit volcan, répondit Harias.
- C'était un travail d'équipe, précisa-t-il.
- Je ne vois pas en quoi le rappel de cette mission est pertinent, fit Spock en s'attirant les sourires des deux capitaines.
- Kirk essaye de me demander de veiller sur vous sans le dire directement, expliqua Harias. Il s'inquiète pour vous.
- Moi? M'inquiéter? releva celui-ci. Pourquoi est-ce que je m'inquiéterai alors qu'il est avec celui qui s'est jeté dans le fameux volcan pour aller le chercher, dit-il en surprenant ceux du Discovery. On s'amusait bien à trois, soupira-t-il. Cela m'a fait plaisir de vous voir capitaine Harias, malgré les circonstances.
- Moi aussi Jim. Je vous ramènerai Spock dés que nous aurons tiré ça au clair.
- Alors à bientôt et faîtes attention à vous, pria-t-il.
Harias acquiesça et on coupa la communication.
- C'est quoi cette histoire de volcan? demanda Burnam.
- Une mission que nous avons effectué avec l'Enterprise, répondit simplement le capitaine. Bien, nous retournons où nous en étions restés. Nous allons vous baptiser Spock, sourit-il.
- Me baptiser? releva-t-il perplexe.
- On n'oublie jamais sa première fois avec le Discovery, sourit-il en amusant les autres. Alerte noire, ordonna-t-il.
Spock regarda les lumières de la passerelle changer, l'alerte prévenant du saut résonnant sur le vaisseau. Il revint sur le capitaine, remarquant les anneaux sur ses cornes lorsqu'ils s'illuminèrent, le connectant au moteur sporique. Une seconde plus tard ils sautaient, revenant là où ils étaient avant avec les restes de la Sphère. Harias sentit Spock stupéfait même s'il fallait le connaître pour le voir.
- C'était… intéressant, nota-t-il platement.
- Je vous ai rarement senti aussi enthousiaste Spock, s'amusa Harias sans mentir. Il est temps de nous remettre au travail, fit-il plus sérieusement. Je vais briefer le commander Spock sur ce que nous avons déjà puis nous réunirons l'équipe de travail des signaux pour faire un point, dit-il en se levant. À vous la passerelle Saru.
- Oui capitaine.
Il s'en alla donc avec Spock, prenant le chemin de son bureau, heureux d'avoir son ami avec lui.
- Est-ce que votre quinquennale se passe bien? demanda-t-il.
- On ne peut mieux. Le capitaine est toujours aussi enthousiaste contrairement au docteur McCoy, dit-il en l'amusant. Nous n'avons que rarement l'occasion de nous ennuyer et tout le monde va bien.
- Je suis heureux de l'entendre.
- Si je peux me permettre, vous nous manquez à tous sur l'Enterprise.
- Vous me manquez aussi, avoua-t-il. Mais cette séparation était nécessaire. Comment trouvez vous Jim désormais?
- Plus réfléchi, plus mesuré. Il se demande souvent ce que vous feriez lorsqu'il y a un problème. Pourtant, la solution qu'il finit par tenter n'a strictement rien à voir avec ce que vous auriez fait. À mon avis en tout cas.
- C'est bien comme ça. Il doit faire comme lui ferait. J'ose espérer que c'est de ce conseil qu'il se souvient lorsqu'il a cette réflexion.
- Peut-être. Et vous, votre nouveau commandement vous convient-il?
- Oui. Je ne pourrais rêver mieux. Je n'ai pas le temps de m'ennuyer et tout ce que l'on fait ici est passionnant. L'équipage est aussi exceptionnel que celui de l'Enterprise à mes yeux. Différent mais exceptionnel. Nous avons du travail par dessus la tête mais tout le monde se mets à la tâche avec passion.
Il ne fallut que peu de temps pour qu'ils atteignent le bureau du capitaine, s'y installant au salon, porte fermée.
- Je suis navré d'avoir dû entrer dans votre esprit sans que vous ne puissiez donner votre consentement, fit Harias.
- Vous n'avez pas à vous excuser. Une fois encore, vous m'avez sauvé la vie et je vous en remercie. J'ai une totale confiance en vous.
- Bien sûr, je ne dirai rien à personne de ce que j'ai pu voir. Mais il faudra peut-être évoquer votre…
- … expérience avec l'ange rouge? coupa-t-il. Cela ne me pose aucun problème capitaine.
- D'après ce que j'ai vu dans votre esprit, cela a commencé par les rêves puis une première apparition tangible la nuit où Burnam s'est enfuie?
- Oui. L'ange m'est apparu. Il m'a indiqué où elle se trouvait et c'est grâce à cela qu'elle a pu être retrouvée et sauvée à temps, dit-il en sortant une clef de stockage. Ensuite, j'ai encore eu quelques rêves que j'ai traduis en dessin.
Rapidement, ils eurent les images en trois dimension au dessus de la table basse. C'était bien l'ange rouge, le même qu'il avait vu même si l'approche ici était plus artistique.
- Vous avez également dit que vous aviez vu la mort de Burnam ce soir là.
- Oui, en rêve, c'est comme cela que j'ai su où elle était. Puis les rêves ont pris fin et j'avais commencé à croire que cela n'était pas important. Que ce n'était que des rêves. À l'époque, mes parents ont pensé que, inconsciemment, sachant quand Mickael était partie, dans quelle direction, à quelle vitesse elle pouvait aller…, j'avais deviné sa localisation qui s'est présentée sous forme de songe dans mon jeune âge. Jusqu'à récemment il n'y avait plus eu de rêves mais ils ont recommencé.
Il fit défiler les dessins jusqu'à en afficher un qui reproduisait parfaitement les emplacements visuels auxquels les signaux avaient été vus.
- C'était avant qu'ils n'apparaissent n'est-ce pas? questionna-t-il.
- Oui. Je ne les avais pas avec moi sur l'Enterprise, ces archives ont dû disparaître avec la destruction de Vulcain, mais je suis sûr d'avoir fait le même dessin enfant.
- Les rêves ont donc repris récemment et l'ange vous a amené à lui pour vous montrer le capharnaüm que j'ai trouvé dans votre esprit, avec ces images d'évènements qui ne se sont pas encore produits, cette destruction méthodique de planète par ce qui semble être des torpilles. J'ai reconnu la Terre, Andoria… Quand vous avez fait cette fusion mentale avec l'ange, vous n'avez rien noté qui puisse vous renseigner sur son identité n'est-ce pas?
- Vous l'avez constaté vous même, remarqua-t-il. Je peux juste dire que ses pensées étaient humaines. Il était entouré d'un champ quantique que je n'ai pu traverser.
- C'est étrange, fit Harias pour lui même.
- Les visions comme la haute technologie de la combinaison m'ont fait penser qu'il s'agissait peut-être d'un voyageur temporel. Les humains sont encore loin d'avoir cette technologie.
Acquiesçant, Harias lui résuma ce que eux mêmes avaient vécus et constatés avec l'ange. Ils terminaient lorsqu'ils furent rejoint par les autres avec qui ils prirent place autour de la table de réunion. Il y avait Saru, Khan, Burnam, Stamets, Tilly et Landry. Tous prirent place, Harias expliquant rapidement pourquoi Spock était là, surprenant tout le monde. Et ils le furent plus encore lorsqu'il prit la parole pour raconter précisément son vécu avec l'ange rouge jusqu'à aujourd'hui et l'intervention d'Harias pour restaurer son esprit et le sauver. Lorsqu'il eut terminé, le silence tomba, Burnam fixant son frère qui l'ignorait superbement.
- Tout cela étant dit, j'ai moi même d'autres informations à apporter, fit Harias en attirant l'attention. Je crois qu'il y a deux anges rouges au moins, c'est même certain, dit-il en les choquant.
- Qu'est-ce qui vous fait penser ça? demanda Khan.
- Parce que nous avons d'irréfutables preuves de cela, répondit-il. Spock n'a pas pu identifier l'ange qu'il a rencontré malgré la fusion mentale. Pour ma part, j'ai identifié l'ange que j'ai vu sur l'astéroïde.
- Pourquoi ne pas l'avoir dit plus tôt? questionna Burnam.
- Parce que cette information n'aurait fait qu'ajouter à la confusion. Spock pense qu'il s'agit d'un voyageur temporel compte tenu de ses expériences avec lui. Je l'ai pensé aussi dés que je l'ai vu sur l'astéroïde. L'énergie impliquée dans un voyage temporel est particulière, unique et puissante. Je la connais et je l'ai su immédiatement. Ces anges font des bonds dans le temps, depuis le futur probablement à en juger par la technologie qu'il utilise et ce qu'il a montré à Spock. Ces deux anges sont humains.
- Vous avez dit que vous aviez pu identifier celui que vous avez vu? releva Stamets.
- Oui. Il s'agissait sans aucun doute de Mickaël Burnam, dit-il en les stupéfiant. Avec un âge très proche du présent. Cela implique que dans un avenir proche, quelque chose poussera Burnam à faire ces sauts temporels. Cela apporterait aussi du poids à la supposition consistant à faire suivre un certain chemin au Discovery pour atteindre un but précis.
- C'est moi? interrogea Burnam.
- Oui, approuva-t-il. Et c'est une certitude. Je ne peux me tromper à ce sujet. C'est aussi cela qui me fait dire qu'il y a deux anges. Celui de Spock est différent. Sinon, il aurait immédiatement reconnu Burnam dans la fusion mentale. Ils se connaissent depuis l'enfance. Il est impossible qu'il ne la reconnaisse pas dans une telle fusion. Autre point: l'ange de Spock lui a transmis des informations et des concepts dans des formes que son esprit ne pouvait intégrer et accepter. Si Burnam lui avait transmis cela, il n'aurait pas eu un tel problème. S'ils ont des fonctionnements différents, Burnam et Spock ont tout deux un esprit basé sur la logique vulcaine qui leur a été inculquée. Si Burnam avait dû transmettre ces informations à Spock, il aurait pu l'assimiler puisque, très naturellement, elle l'aurait fait sous une forme qu'il aurait été apte à intégrer. Deux anges.
Tous se regardèrent, analysant la chose, l'explication du capitaine tenant la route.
- Cela serait logique, remarqua Spock. Si l'ange que vous avez vu était Mickael, il est impossible que ce soit l'ange que j'ai vu. Je l'aurais assurément identifié dans la fusion mentale.
- Donc deux anges, posa Landry. Comment savoir lequel apparaît pourquoi? Comment savoir quel est le lien avec Burnam et le commander Spock?
- Pour ce qui est des interactions impliquant directement Spock, nous pouvons dire qu'il s'agit de l'ange rouge numéros 1 dirons nous, le premier à apparaître dans la chronologie des évènements, remarqua Harias. Ensuite, l'ange numéros deux, celui de Burnam, était assurément celui à l'origine du signal de l'astéroïde. Quand au signal de Terralysium, nous avons peut-être eu droit aux deux.
- Aux deux? fit Tilly perplexe.
- Oui, approuva-t-il. Admettons que l'ange rouge de Burnam qui était vraisemblablement à l'origine du premier signal, soit aussi à l'origine du second dans une suite d'évènements supposées. Avec cette hypothèse, nous pouvons dire que le signal est de sa responsabilité même si nous ne l'avons pas vu sur place.
- Il était sur l'enregistrement, rappela Burnam.
- Un enregistrement qui a eu lieu deux cent ans auparavant, spécifia Khan en comprenant où il voulait en venir. Avec un tel écart temporel avec le signal, il s'agit peut-être de deux évènements distincts, de deux anges distincts.
- Exact. Sans parler que les comportements des deux sont différents. L'ange numéros deux n'a fait qu'émettre ou suivre ce signal rouge en apparaissant quelques secondes seulement avant de repartir. En revanche, le premier a eu des interaction très différentes avec Spock, beaucoup plus complexes. Celle qu'il a eu avec Terralysium il y a deux cents ans n'impliquait aucun signal répertorié. En revanche, cette fois là, l'ange à sauvé ces gens en les transportant de la Terre à Terralysium. Il est ensuite intervenu auprès de Spock pour sauver sa sœur, puis, de nouveau avec Spock, pour le mettre en garde concernant visiblement de très graves évènements à venir. Les deux ne font pas le même choses mais peut-être que leurs missions se complètent.
- Comment ça? demanda Landry.
- Si leurs actions sont différentes, ils ont de très gros points communs: Spock et Burnam. Il y a un lien avec eux. Le premier ange est d'abord entré en contact avec Spock, établissant un lien de confiance pour ensuite lui transmettre des informations cruciales. Dans l'intervalle, il l'aide à sauver sa sœur. Peut-être pour gagner sa confiance, peut-être parce qu'il savait qu'il aurait besoin plus tard de Burnam pour être ce second ange rouge et arriver à son but. Nous devons donc découvrir en premier lieu ce que le premier ange tente de faire. Il est fort probable que les actions du deuxième ange, découlent du premier.
- C'est une théorie extrêmement hasardeuse en sans aucune preuve capitaine, nota Burnam. Avec aussi peu d'informations certaines nous ne pouvons faire aucune conclusion. C'est une extrapolation très dangereuse et probablement fausse.
- J'adhère à cette théorie, posa Spock en surprenant tout le monde.
Après tout, il était extrêmement rare de voir un vulcain accepter un raisonnement tel, sans preuves aucune, ni fait tangible, ni explication scientifique.
- Depuis quand tu considères des théories aussi vaseuses? demanda sa sœur.
- Ce n'est pas vaseux, c'est logique, posa-t-il. J'ai servis longuement au côté et sous le commandement du capitaine Harias. Et il m'a appris ce qu'était l'instinct réel, il m'a appris à voir au-delà des faits et des preuves, il m'a appris à trouver une logique différente, dit-il en faisant sourire le mezoriem. En faisant cela, nous pouvons anticiper et trouver des pistes à confirmer ou infirmer. Le tout est de ne pas se fermer aux possibilités, termina-t-il en tournant le regard vers le capitaine.
- C'est exact, bravo Spock. Jim en serait ahuris.
- J'évite de valider ce genre d'hypothèse devant lui puisqu'il le fait déjà et qu'il a plutôt besoin qu'on lui rappelle qu'il y a aussi d'autres possibilité.
- Et vous faîte bien. Quoi qu'il en soit, tout cela nous apprend une chose, releva le capitaine.
- Laquelle? demanda Saru.
- Burnam et Spock sont de toute évidence indispensable au premier ange, nota Khan. Il a besoin d'eux.
- C'est ce que je pense, acquiesça Harias. Resta à comprendre ce qu'il veut et pourquoi eux? De quelle manière il peut être lié à eux? On n'entreprend pas une telle chose en ayant recours à des gens en qui on n'a pas confiance.
- Il y a un moyen de vérifier tout ça, fit Khan. Cet ange est venu sauver Burnam quand elle a failli mourir enfant. Peut-être était-ce pour favoriser la confiance de Spock ou parce qu'il a besoin d'elle voir les deux. Il a aussi besoin de Spock. Alors que se passerait-il si l'un ou l'autre, les deux, venaient à être en danger de mort? sourit-il en choquant tout le monde. Cela serait peut-être le moyen de l'attirer, de le piéger pour avoir des réponses.
- C'est une idée mais une idée bien trop dangereuse à mon goût, remarqua Harias.
- Je serai prêt à prendre le risque capitaine, intervint Spock en surprenant tout le monde une fois de plus.
- Je sais Spock mais avant de tenter les extrêmes, nous allons d'abord réfléchir à d'autres solutions. Nous devons découvrir ce que sont ces signaux au plus vite mais nous ne sommes pas pressé à ce point non plus. Alors avant tout, nous allons réfléchir davantage et peut-être attendre de trouver un ou deux signaux supplémentaire pour obtenir plus de données. Tout le monde au travail.
- Oui capitaine, répondit-on sur le champs.
