Mage Seigneurial

Chapitre 40:

Retour sur scène

- Zélémie? interpella Harry.

Il était présentement en train de se préparer à aller au Ministère pour prendre officiellement sa place au Magenmagot. Zélémie était venue pour l'aider, ravie de participer.

- Est-ce que vous accepteriez, en plus de nos cours, de me conseiller un peu plus sur la pratique? questionna-t-il. Je suis encore très loin de tout savoir des subtilités sur les lords, les coutumes, les traditions…

- C'est un vaste sujet mais vous vous en sortez à merveille, remarqua-t-elle.

- Grâce à vous, sourit-il. J'aimerais bientôt donner mes premières réceptions et me plonger encore plus dans tout ça. Alors je me demandais si vous accepteriez de m'aider? demanda-t-il doucement. Je suis encore loin de pouvoir me passer de vous.

- Ce sera avec un immense plaisir Harry, sourit-elle en venant prendre doucement sa main. Je serai plus qu'heureuse de rester à vos côtés.

- Je ne voudrais pas trop gêner votre travail ou vos occupations, remarqua-t-il. Vous m'avez déjà tellement donné avec les autres.

- Et vous nous avez donné encore plus, répondit-elle. De plus, je vous signale que je ne travaille plus si ce ne sont les livres que j'écris.

- Je vous remercie encore de bien vouloir travailler sur ces ouvrages.

- C'est un grand plaisir. Cela faisait tellement longtemps que les passionnés et les historiens comme moi n'avions pu partager tout cela avec la population. Pourtant c'est notre histoire, notre culture, et elle le reste encore même si peu la font vivre. Je suis fière de pouvoir à nouveau diffuser ce savoir. Cela ne ressemble même pas à du travail pour moi, s'amusa-t-elle. Et écrire a l'avantage de me permettre de m'organiser comme je le veux. Je serai avec vous.

- Merci beaucoup.

- Donnerez-vous vos réceptions au château Potter?

- Non. Je voudrais garder le château uniquement pour ma famille et mes amis. Quelques rendez-vous ici ne me dérangent pas mais je n'ai pas envie d'ouvrir les portes pour plus. C'est ma maison.

- Je comprend. J'imagine que vous avez une de vos propriétés en tête?

- Oui. Le château Peverell. Il est particulièrement impressionnant, en plein Londres. Mais il faut assurément que j'y revois la décoration au moins pour les parties qui seront accessibles aux invités. Il n'avait pas été ouvert depuis des siècles. J'ai du travail là bas et j'aimerai avoir vos conseils. Je veux refaire la décoration trop ancienne mais je ne veux pas sortir des traditions non plus. Et l'aménagement intérieur n'est vraiment pas mon fort, rit-il.

- Je vous aiderai, assura-t-elle. Donc vous allez révéler vos titre Peverell et Gaunt?

- Oui. Il n'y a plus aucune raison de les cacher.

- Cela promet d'être intéressant, s'amusa-t-elle. Je serai avec vous autant que vous en avez besoin, promit-elle.

- Merci Zélémie.

Souriante, elle termina de l'aider à se préparer pour son grand retour public, comme lord désormais. Il se tenait devant l'immense miroir de sa salle d'apparat. Il avait finalement laissé tomber le dressing pour cette pièce plus grande et bien mieux aménagée pour rassembler vêtements, accessoires et tout le nécessaire pour parfaire son apparence. Arthur était là, debout près d'une fenêtre, et Amcinthe était assis dans un fauteuil, le regardant avec un air gourmand qui faisait rougir Harry s'efforçant de ne pas y faire attention. Mais il le sentait et quelque part, il aimait ça, il aimait se sentir désiré par son compagnon, désirable. Cela n'avait pas été courant dans sa vie. Zélémie semblait très amusée mais elle ne faisait aucune remarque, toujours élégante et respectueuse. Si Harry savait que cela l'amusait, c'était parce qu'il voyait son aura. Sans cela, elle ne laissait rien paraître. Quand à Arthur, il souriait clairement dans son coin, bien moins discret.

Aujourd'hui, il avait passé une tenue magnifique. Cela avait commencé, si on passait les sous-vêtements, par une belle chemise émeraude, puis un pantalon de cuir dans lequel elle avait été enfermée. Un gilet de costume avait suivis avec de hautes bottes noires. Zélémie lui avait ensuite amené une longue, lourde et épaisse veste noire. Richement décorée, elle était boutonnée sur deux rangées du col à la ceinture, les boutons d'or frappés tour à tour d'un de ses quatre blason. Sous la ceinture, elle restait ouverte, descendant jusqu'à mi hauteur entre ses genoux et ses chevilles. Elle était également fendue sur les côtés et à l'arrière, sur la même hauteur. Elle était bordée de fils dorés. Les quatre pans de tissus qui descendaient ainsi autour de ses jambes portaient chacun l'un de ses blasons. Son col rigide, finement brodé d'élégants motifs, remontait sur son cou.

Zélémie l'avait coiffé de quelques sorts, ses cheveux noirs désormais bien longs. Elle en avait fait un chignon traditionnel additionné de plusieurs ornements dont-il avait hérité à travers ses lignées. Des épaulettes s'ajoutèrent puis Zélémie épingla plusieurs choses sur la gauche de sa poitrine. D'abord une broche imposante et splendide représentant le blason de l'assemblée des lords incrustée de plusieurs pierres précieuses reluisante. Ce bijou lui avait été donné par la Citadelle, signifiant sa fonction d'archimage de la Chambre des Lords. En dessous, elle aligna les emblèmes de ses quatre lignées, puis les rubans des nombreux ordres de Merlin qu'il avait reçu. Il y en avait des trois classes. La première était pour acte de bravoure ou de distinction exceptionnel, la deuxième pour réalisation ou effort exceptionnel, et la troisième pour avoir contribué au patrimoine de connaissance et de divertissement. Il avait largement fait les trois au cour de la guerre et de son mandat de ministre de transition. On l'avait décoré pour ça. Il mit également ses diamants d'occlumencie à ses oreilles. Luna lui avait rendu, et même s'il se débrouillait merveilleusement en la matière désormais, deux précautions valaient mieux qu'une à ses yeux, d'autant plus que l'occlumencie était épuisante.

Tout cela fait, il avait une sacrée allure et il aimait ce qu'il était devenu. Arrivé là, Arthur s'avança pour venir lui mettre lui même une première ceinture à la boucle d'or formant un dragon noir des Hébrides. Elle venait de son héritage et avait été adoptée par Harry parce que le dragon de la ceinture ressemblait énormément à Zelphride. Puis il prit une autre ceinture plus robuste encore, sa boucle représentait cette fois l'emblème de l'ancien royaume magique d'Arthur. Elle portait Excalibur qui avait désormais sa place attitrée sur sa hanche gauche. Il la portait presque toujours, sauf lorsqu'il était tranquillement ici au château. Il s'était habitué à elle comme à une amie forte et indéfectible, son aura magique présente pour qui savait la percevoir. Pour terminer, son ami lui passa une demi cape posée sur son épaule droite, descendant jusqu'à sa hanche, portant ses quatre emblèmes de lignées, attachée par une sangle de cuir décorée passant sous son bras gauche. Tous s'écartèrent ensuite et il regarda un instant ses mains, ou plus précisément, ses machettes. Toutes deux portaient à la fois le blason de Gryffondor et de Serpentard. Le premier parce qu'il en était issu, le deuxième parce qu'il était l'héritier de ce nom. Il insistait pour les porter tout deux, ne voulant guère alimenter, confirmer ou apporter son approbation aux idées pré-conçues sur Serpentard. Et si Ron n'avait pas été là pour lui murmurer à l'oreille avant la Répartition, peut-être qu'il ne se serait pas opposé au premier avis du Choixpeau et serait allé à Serpentard.

À tout cela, il fallait ajouter ses quatre montres de lord de la Chambre. Elles étaient dans une poche magiquement conçue pour elles, leurs chaînettes en sortant pour rejoindre quatre des boutons de sa veste. Il portait évidemment les quatre chevalières de ses lignées, l'anneau gobelin d'Avismark, l'anneau dragon d'Arthur et la bague des Gaunt surmontée de la Pierre de Résurrection. Bien sûr, il portait ses trois baguettes. Sa première, et celle qu'il utilisait au maximum en public, était sur sa hanche gauche, dans un holster près d'Excalibur. Celle d'ébène, sa deuxième, était à son avant bras gauche et la troisième, la Baguette de Sureau, était à son avant bras droit. Sur le holster de cette dernière était cousue la petite pochette de cuir enchantée pour contenir sa Cape d'Invisibilité. Le dernier accessoire qu'il portait était la médaille de protégé d'Adélème cachée sous sa chemise. Cela faisait beaucoup mais tout avait sa place et son utilité sur lui.

Prêt, il se regarda dans le miroir, souriant devant sa propre image si différente de celle qui avait eu lorsqu'il avait emménagé dans ce château. Comme Isaac l'avait prévu, il n'avait pas pris plus de deux centimètres depuis, son retard de croissance impossible à corriger sur ce point. En revanche, il n'était plus squelettique. Après ce mois de vacances, de repos et de calme, il avait repris le poids qui lui manquait atteignant ce que Isaac disait être son poids idéal. Le médicomage avait d'ailleurs été très heureux devant cela, son patient n'ayant été que trop maigre et affaibli. Et ce poids, à sa plus grande joie, il le devait aussi à la belle musculature fine et harmonieuse qu'il s'était faîte ces dernières années, lui offrant un corps qui lui plaisait beaucoup. Enfin, il se trouvait beau avec cette silhouette, ses longs cheveux, son teint ni pâle ni vraiment coloré, ses yeux brillants. Sa cicatrice éclair avait disparu depuis la rupture du lien avec Voldemort, et s'il en avait mis une fictive, il avait cessé dés la mort de Tom. S'il avait de nombreuses cicatrices sur lui, celle traversant la droite de son visage étant la plus visible, il s'en fichait. Elles ne lui posaient plus de problèmes et étaient devenues une marque de sa survie et de sa réussite à ses yeux. C'était valable pour la guerre mais aussi vis à vis des Dursley. Il avait sa vie à lui et c'était sa plus grande fierté après avoir fait tout ce chemin.

- Vous êtes absolument magnifique très cher, sourit le démon en le rejoignant.

- Merci, sourit-il.

- Amcinthe a raison, vous êtes parfait, sourit Zélémie. Je suis tellement fière de vous Harry et vous pouvez être extrêmement fier de vous.

Il fut touché, Zélémie n'exprimant que rarement ses émotions ainsi. De plus en plus, elle avait l'image d'une grand-mère distinguée pour lui et il l'adorait. Tous ses professeurs particuliers étaient devenus de proches amis à ses yeux. C'était grâce à eux qu'il était parvenu à évoluer aussi vite dans son éducation. Il y avait encore du travail mais leur prodige avait été de lui donner un enseignement intelligent pour le préparer vite et bien. Ils avaient parfaitement réussi. Arthur et Amcinthe l'accompagneraient comme des gardes auxquels il avait droit en tant que lord. Si tout était bien moins dangereux pour lui, ni lui, ni son entourage n'étaient encore réellement à l'aise avec sa sécurité et personne n'était assez naïf pour penser qu'il n'y avait plus personne pour souhaiter sa mort, loin de là.

Arthur n'était pas sorti de son style d'épéiste médiéval habituel, épée à la hanche comme toujours. Mais il avait ajouté à cela une broche d'or en forme de bouclier. Celui-ci était divisé en quatre, rassemblant les quatre emblèmes du lord qu'il protégeait, affichant clairement son allégeance. Si la chose se faisait lorsque l'on accompagnait ainsi le lord que l'on servait, Harry ne lui avait pas demandé de faire cela, imposer ce genre de chose lui faisant encore penser à la Marque de Voldemort. Ce n'était guère la même chose mais cela le mettait mal à l'aise. C'était pourtant avec fierté que Arthur l'avait réclamé, assurant que c'était un honneur pour lui. Harry savait que c'était normal, que par ce genre de chose, le lord marquait son lien avec ceux qui l'entouraient. D'ailleurs, Amcinthe avait été le premier à le réclamer et Harry lui avait offert plusieurs accessoires portant ses emblèmes. Parmi eux, il y avait un collier qu'il avait mis ce jour là et une chevalière qu'il ne retirait jamais. Et comme toujours, le démon était d'une grande élégance, portant chemise, gilet, souliers, pantalons droit, longs manteau et foulard de soie. De toute manière, Amcinthe était toujours splendide aux yeux de son compagnon, ses cheveux et ses ailes reluisants, ses cornes et ses griffes lustrées.

Tous prêt, ce fut à quatre qu'ils rejoignirent le hall du château. Harry commença par saluer Zélémie qui repartait, convenant de se revoir rapidement pour aller voir le château Peverell ensemble. La dame partie, Arthur et Amcinthe posèrent leurs mains sur ses épaules et il les fit transplaner, direction le hall d'entrée des lords du Ministère. L'endroit était vide à leur apparition. La pièce était assez grande, abritant une grande cheminée là encore réservés aux lord, décorée des quarante neuf blasons nobles britanniques. Elle était enchantée pour noter automatiquement les entrées, protégée aussi pour que seuls les lords puissent entrer par ici avec ceux qu'ils emmenaient volontairement. Des pièces de ce genre, il y en avait plusieurs au Ministère. Une était réservée au ministre, une autre au Magenmagot, une autre aux aurors, une autre aux invités diplomatiques… bref, les entrées protégées, discrètes, et privilégiées n'étaient pas rares ici.

Ils se séparèrent et Harry se recomposa une image maîtrisée avant de se diriger vers la porte s'ouvrant d'elle même, lui permettant de réellement entrer dans le ministère, Arthur et Amcinthe sur les talons. S'il avait pris rendez-vous avec la présidente du département du Magenmagot, son passage au Ministère était resté entre eux. Seulement, le ministère ayant repris une activité normale, les journalistes avaient accès aux zones libres d'entrer, le hall par lequel Harry devait passer inclus. Aussi, on ne mit pas très longtemps à le remarquer, l'endroit pleins de gens. Immédiatement, on s'écarta de son passage, le saluant avec respect. Des salutations qu'il rendait toujours, un léger sourire aux lèvres. Il ne fallut qu'un instant pour qu'il y ait foule autour de lui et il la salua d'un signe de la main, ne pouvant déjà plus s'adresser à une seule personne. On ne lui bloqua pas du tout le chemin mais les attroupements eurent le mérite de faire barrage aux journalistes, aucun d'eux ne parvenant jusqu'à lui avant qu'il n'arrive à l'ascenseur réservé au personnel haut placé du ministère. Il y avait accès en tant que membre potentiel du Magenmagot même s'il n'y était pas encore officiellement.

Le silence revint autour d'eux, l'engin les secouant un peu pour les mener au département du Magenmagot. Ici, on pouvait trouver les membres de cette assemblée mais aussi tout le personnel qui gravitait autour. Cela était pourtant bien plus calme ici sans pour autant empêcher qu'il soit immédiatement remarqué en sortant de l'ascenseur avec ses deux gardes. On le salua poliment, tous semblant agréablement surpris et heureux de le voir. Il leur rendit, commençant à s'habituer à l'attitude des autres autour de lui. Il rejoignit l'accueil pour s'annoncer et sans surprise, le rendez-vous étant prévu, l'assistant de la présidente du département l'attendait. Il le salua avec déférence et lui proposa de le conduire. Acquiesçant, le trio le suivis pour arriver au bureau de la dirigeante de cette partie du Ministère.

Après le départ de Solange, l'une de ses professeurs particulières, Amélia avait choisi une vampire pour prendre la tête de ce département très important. Réolnie Ezelga était parfaite pour ce poste. Harry ne la connaissait pas très bien mais il avait pu lui parler plusieurs fois et elle l'avait convaincu. Celle-ci se leva lorsque son assistant lui annonça l'arrivée du lord, le laissant entrer avant de ressortir, Arthur et Amcinthe attendant à l'extérieur comme il se devait. La porte se referma, la pièce enchantée pour assurer la confidentialités des discussions.

- Bonjour présidente Ezelga, salua Harry en s'avançant vers son bureau.

- Bonjour milord, rendit-elle en le priant d'un geste de prendre un siège.

Il s'installa et elle attendit qu'il le fasse pour se rasseoir elle même.

- C'est un plaisir de vous revoir au Ministère. J'espère que vos vacances ce sont bien passées?

L'information était officielle et Harry avait prévenu qu'il prendrait une pause une fois Amélia en poste, tous comprenant largement qu'il devait en avoir plus que besoin après tout ce qu'il s'était passé.

- Oui et cela m'a fait du bien. J'avais plus que besoin de me sortir de tout ceci. Mais les vacances sont désormais terminées. Comme je l'ai indiqué dans la lettre que j'ai envoyée pour demander ce rendez-vous, je suis là pour prendre officiellement mon siège au Magenmagot.

- C'est une excellente nouvelle. Tout le monde vous attendaient impatiemment. Vos détracteurs disaient que vous ne reviendrez pas prendre vos responsabilités, s'amusa-t-elle.

- Ça c'est ce qu'ils aimeraient, sourit-il en l'amusant un peu plus.

- J'ai tout préparé. Cela ne sera pas long.

Sortant sa baguette, elle ouvrit un riche coffret posé sur une armoire derrière elle. Un sort de lévitation en fit sortir ce qu'il contenait pour l'amener près du lord. C'était une tablette de cristal ressemblant beaucoup à celle que Gringotts utilisait pour vérifier l'identité et les droits d'un héritier venant réclamer son titre. C'était le même genre de magie. Cette fois, il était question de vérifier qu'il était bien lord légitime, de quelles lignées, et s'il répondait à toutes les obligations d'un membre du Magenmagot. Comme il l'avait fait à Gringotts le jour où il était devenu lord, il entailla la paume de sa main pour la poser sur la tablette. Elle s'illumina, sa magie se mettant en action alors que Harry récupérait sa main, la soignant rapidement. Ils patientèrent un peu, Réolnie laissant la tablette devant lui. Il fut donc le premier à en voir le résultat, son nom tout entier s'y inscrivant avant de valider officiellement son droit à occuper quatre sièges du Magenmagot. Il approuva et ce fut seulement alors que la dame se permit de reprendre la tablette, la lisant, affichant un air de stupéfaction totale en relevant les yeux vers lui:

- Oui je sais, s'amusa-t-il, je suis plein de surprise.

- Vous avez quatre titres, posa-t-elle. Est-ce… suite à la guerre?

- Non. Je les ai reçu tout les quatre au même moment peu avant mes seize ans. Seulement, l'avenir était encore très incertain. Aussi, j'ai décidé de n'afficher que les titres dont on savait déjà que j'étais l'héritier et de garder les autres secrets au cas où cela me serait utile plus tard. Ce n'est plus nécessaire de les cacher désormais.

- Je comprend. Dans ce cas, cela veut dire qu'il ne manque plus que vous du côté des lords au Magenmagot.

- En effet, approuva-t-il. Nous sommes au complet désormais. Cela fait des siècles que ça n'avait pas été le cas.

- Et c'est une excellente nouvelle. Espérons que cette nouvelle génération sera retrouver son devoir comme vous l'avez fait. Allons-y, dit-elle alors.

Elle se mit à remplir les parchemins qu'elle avait préparé, la magie de la tablette apposant un sceau certifiant leur authenticité. Elle les passa ensuite à Harry qui les relut et qui les signa, apposant le sceau de chaque lignée correspondant aux documents. Cela prit un peu de temps mais ils terminèrent finalement, Harry récupérant ses exemplaires pour les faire disparaître, la présidente rangeant ceux du Ministère. Puis ils utilisèrent à nouveau la tablette qui fit apparaître les objets allant avec cette fonction, dupliqués en quatre.

Il y avait tout d'abord un coffret magique portant l'emblème du Magenmagot et le titre auquel il correspondait. Il était un peu plus grand qu'une feuille de parchemin standard et ne pouvait être ouvert que par son propriétaire. Il servait à transmettre directement les documents et dossiers que les membres de l'assemblée devaient recevoir et dont ils devaient prendre connaissance. C'était un mode de transmission rapide et sécurisé. Si une bonne part des membres travaillaient au sein du Ministère, avaient leur bureau dans ce département, d'autres, les lords en particuliers, travaillaient presque toujours de chez eux entre les séances. On avait donc conçu un moyen de leur faire parvenir tout les documents et messages instantanément pour qu'ils puissent travailler. Ensuite, il y avait une boîte de connexion magique qui faisait pour ainsi dire l'inverse. Avec, les membres pouvaient envoyer un courrier, dossier ou autre message directement au département du Magenmagot, à un service ou une personne précise. Ainsi, ils pouvaient soumettre leurs projets, faire des demandes en tout genre. Et le dernier était un sceau du Magenmagot personnalisé avec le nom de chaque membres. Il récupéra le tout, les faisant disparaître pour les envoyer vers son bureau au château Potter.

- Voilà qui est fait, sourit la présidente. Je vous donne aussi les livres, dit-elle en faisant apparaître une pile d'ouvrages sur tout ce qu'il fallait savoir au minimum en siégeant au Magenmagot. C'est une obligation légale comme vous le savez même si je me doute que vous savez déjà tout ça.

- Un petit rappel ne peut pas faire de mal, sourit-il en les prenant. Les séances régulières sont-elles bien le mercredi et le vendredi après-midi?

- Oui. Maintenant que l'activité du Ministère est à peu près revenue à la normale, même s'il y a toujours beaucoup de travail, nous sommes revenus aux séances ordinaires et il arrive que d'autres soient programmées. Le reste du temps, les membres travaillent leurs projets et leurs dossiers, pour ensuite en débattre et voter en assemblée. Mais je ne vous apprend rien. Reste que le Magenmagot travaille déjà deux voir trois fois plus que dans le passé depuis votre passage comme Ministre.

- Ce n'est pas trop tôt, que ses membres méritent enfin leur indemnité pour ce travail. Pour ma part, dit-il en faisant apparaître une lettre cachetée, je renonce à cette indemnité, dit-il en lui donnant le document.

Elle le lut sans avoir l'air surprise mais avec un respect évident dans son aura. Pour les lords qui faisaient ce travail par devoir et qui n'avaient pas besoin de cet argent pour vivre, il était de bon goût d'y renoncer.

- Vous êtes le seul à le faire, soupira la dame. Je pense que vous savez que Dumbledore est de retour au Magenmagot?

- Bien sûr. Malheureusement, contrairement à moi, la ministre Bones est forcée d'intégrer des membres de l'opposition. Une opposition désormais bien affichée avec les élections. Dommage que l'opposition n'ait pas proposée de membres plus… plus intelligents et honorables, remarqua-t-il en la faisant ricaner.

- Nous avons terminé, posa-t-elle ensuite.

- Alors je ne vais pas vous déranger plus longtemps. Nous avons tout deux fort à faire. Nous nous reverrons demain à la séance du Mangemagot.

Elle approuva et se leva pour le saluer et lui ouvrir la porte d'un sort. Harry retrouva alors Arthur et Amcinthe, s'excusant pour l'attente. Ils se remirent en route pour s'en aller mais cette fois, rien n'empêcha les journalistes d'apostropher le lord qu'ils attendaient fermement. Calme et poli, Harry s'arrêta un instant pour leur parler. Sans répondre à leurs questions sur ce qu'il venait faire au Ministère, ou s'il avait bientôt entrer au Magenmagot, il expliqua que son emploi du temps était chargé, et qu'il n'avait pas le temps de leur parler. Il les pria d'envoyer des demandes au Square Grimmaurd s'ils désiraient vraiment l'interroger. Puis il s'en alla, sachant que ça n'en finirait jamais s'il se mettait à répondre ici et sachant aussi qu'il serait embêté à chaque passage au Ministère s'il cédait à cela. Il les renvoyait donc vers le Square dont il avait fait un lieu de travail comme il l'avait voulu lorsqu'il l'avait refait au début. Et c'était là bas que sa secrétaire et son chargé de communication, recrutés par ses avocats, avaient leur bureau avec quelques autres personnes travaillant pour lui. Très vite, il avait su qu'il aurait besoin d'un peu d'aide avec la masse de courriers, de demandes et de choses qu'il avait à faire. Il avait donc employé quelques personnes, donner des emplois aux gens faisant aussi partis des devoirs d'un lord, surtout lorsqu'ils étaient aussi fortunés que lui. Aller leur rendre visite et leur parler fut d'ailleurs son but suivant, l'occupant jusqu'à l'heure du déjeuner.

Cette après-midi là, Harry s'enferma dans son bureau, lisant avec grand soin ce qu'il y avait dans ses boîtes du Magenmagot pour voir les projets en cour et surtout ceux qui seraient discutés prochainement. Aussi, le lendemain, après un entraînement avec Arthur et Bastide et une matinée entre détente avec Amcinthe et lectures professionnelles, ce fut avec le même soin que la veille que le lord se prépara. Il allait à sa première séance du Magenmagot en tant que lord aujourd'hui. Cela promettait de faire parler. Il avait hâte de voir les choses bouger. Comme prévu, ses avocats étaient allés faire leur travail en allant déposer des plaintes et réclamer des enquêtes en son nom. Il attendait ça depuis longtemps. Pour le moment, rien ne filtrait. Seuls les aurors et les enquêteurs des divers services concernés seraient au courant dans un premier temps pour mener leurs investigations. Après les réformes déjà faîtes, ces postes étaient désormais soumis à des serments professionnels qui les empêchait de parler des enquêtes. Donc il était certain que les choses ne fuiteraient pas immédiatement dans la presse comme autrefois. Mais cela finirait par se savoir. Ses avocats étaient rapidement venus le voir pour confirmer que tout avait été fait, s'amusant énormément des réactions totalement éberluées, choquées et scandalisées des aurors auxquels ils avaient parlé.

Une fois prêt, ce fut une nouvelle fois avec Arthur et Amcinthe qu'il rejoignit le Ministère. Tout deux avaient insisté pour venir avec lui même s'ils ne pourraient entrer dans l'enceinte du Magenmagot. Ils tenaient à venir en restant dans son ombre et sa bague au dragon, prévoyant de ne plus regarder ou écouter en entrant au sein de l'assemblée, respectant ainsi les règles en vigueur pour Harry. Aucun n'était encore décidé à le laisser seul dehors, le lord lui même avouant qu'il n'était pas encore très à l'aise à cette idée. Ils avaient eu une discussion il n'y avait pas si longtemps avec Isaac. Amcinthe et Arthur étaient là, comme Adélème. Le sujet était venu lorsqu'ils avaient discuté de sa sécurité et aucun n'était prêt à le laisser sortir seul. Isaac avait dit que c'était normal d'être inquiet après cette guerre, qu'il faudrait du temps au lord pour se sentir plus en sécurité et qu'il faudrait du temps à son entourage pour se détendre sur le sujet. Alors ils prenaient leur temps. Harry ne protestait donc pas mais il s'assurait que cela ne relevait pas de la contrainte pour ses amis. Ils s'arrangeaient pour respecter les règles et pour que les personnes rencontrées par Harry ne soient pas écoutés à leur insu par ses gardiens.

Ce jour là, en début d'après-midi, après son passage de la veille, avec les suppositions que l'on pouvait faire sur la raison de sa visite, et en ce jour d'assemblée pour le Magenmagot, les journalistes attendaient de pieds ferme lord Potter. Harry tomba donc immédiatement sur eux en sortant du hall des lords. Patient et souriant, il s'arrêta pour leur expliquer une fois de plus qu'il avait à faire et qu'il ne répondrait pas ici, s'en allant ensuite vers le département du Magenmagot. Il y arriva rapidement, commençant à y croiser son personnel, tous le saluant avec respect. Il alla vers la grande salle de réunion du Magenmagot, un amphithéâtre assez sombre. L'hémicycle était découpé en plusieurs zones: une pour les lords, une pour chaque groupe politique et une pour les non politisés. En bas au centre, face à l'assemblée, il y avait une loge pour le président du Magenmagot.

Après l'élection d'Amélia, et si les lords n'avaient pas changés, l'autre moitié avait vue beaucoup de départs et d'arrivées. Certains étaient partis en même temps que Harry, le temps de la crise terminé, et le besoin de former un Magenmagot allant à la nouvelle ministre présent. Amélia n'avait pas eu sa liberté pour nommer ses membres, devant faire avec l'opposition et les politiques mais il fallait de tout pour être juste. Le nouveau président élu par la nouvelle assemblée s'appelait August Fionali et faisait parti des membres neutres non politisés, ce qui était une bonne chose pour Harry. Si les gens avaient eu un peu de mal à faire la distinction entre le président du département du Magenmagot et celui du Magenmagot lui même, tous savaient désormais comment cela fonctionnait. Le premier gérait l'ensemble du fonctionnement, du personnel nécessaire gravitant autour de l'assemblée, des aurors spécialement formés pour gérer la sécurité du Magenmagot et de ses membres, et de tous ceux dont le travail était vital au bon fonctionnement de l'institution. Le deuxième, était élu par les membres, au sein des quatre-vingt dix-huit sièges et dirigeait les débats, les votes, les procès… Le président du Magenmagot était assisté par un vice-président, celui qui était arrivé deuxième à l'élection du chef de l'assemblée, et ni l'un ni l'autre ne pouvait être un lord.

Lors des séances, dans l'hémicycle, on trouvait bien sûr les membres, mais aussi des aurors pour la sécurité, des greffiers écrivant tout pour les archives, des huissiers, un responsable des votes, des assistants… Cela faisait pas mal de monde et tous, tous étaient assermentés pour garder entièrement secret ce qu'il se passait dans l'hémicycle. Amélia et Harry avaient tenu à remettre de l'ordre dans tout cela. Dans le passé toutes les informations fuitaient dans tout les sens et ce n'était pas admissible. En revanche, ils s'étaient aussi assurés d'informer les gens sur ce qu'il se passait. Pour cela, on avait décidé de rendre public les décomptes des voix lorsque le Magenmagot votait pour faire et défaire une loi. Non seulement les décomptes étaient publics mais on précisait qui avait voté quoi. Là encore, on avait fait cela pour remédier à l'hypocrisie généralisée des anciens membres. Ils disaient aux gens qu'il défendait telle cause, qu'ils voteraient pour elle et ils faisaient l'inverse une fois arrivé au vote. Cela ne serait plus possible et la population pourrait s'assurer que les politiques qu'ils soutenaient se battaient bien pour ce qu'ils avaient promis.

Dans la même idée, le registre des présences en séance du Magenmagot était public. La présence des membres n'était pas obligatoire et, autrefois, beaucoup en profitaient pour venir uniquement lorsqu'ils en avaient envie, pour les projets qui les intéressaient ou qu'ils voulaient contrer, laissant tout le reste de côté. Désormais, si la règle de présence restait la même, tous pourraient voir qui était assidu ou pas. Grâce à cela, Harry voulait mettre en évidence des comportements comme celui de Dumbledore ne venant que lorsque ça l'arrangeait alors que l'assemblée avait besoin de membre efficaces et impliqués travaillant pour le pays. Le journal du Ministère publiait également le contenu des nouvelles lois, de celles qu'on abrogeait, qu'on modifiait, ou qu'on amendait. On le faisait pour tout les textes sauf s'ils avaient une bonne raison d'être gardés secrets pour la sécurité nationale ou autre chose de cette importance. Si tout n'était pas rendu public, tout était soigneusement retranscris et archivé sous sceau d'authentification afin que l'on puisse ressortir des informations au besoin. Ce genre de modifications et de restructurations, il y en avait eu beaucoup au Ministère.

Entrant dans l'antichambre de l'hémicycle, une salle imposante et richement décorée, Harry trouva bien du monde déjà présent. On le remarqua immédiatement, tous pouvant deviner pourquoi il était là. Dumbledore était déjà là, le regardant durement, froidement. Harry l'ignora pour plutôt rejoindre Adélème et les autres lords du conseil des sept se tenant non loin. Ils l'accueillirent avec joie, le saluant.

- Heureux de vous voir parmi nous, remarqua Thésée.

- Heureux d'être là, sourit-il.

Ils discutèrent un peu, d'autres lords venant bien vite saluer l'archimage. Parmi eux, il y eut Quildée, Eléonias, Témérise et Iphanor, les quatre lords créatures magiques qui s'étaient battus à ses côtés. Ce fut avec joie qu'il les reçu. Puis Bill le rejoignit, hésitant devant les autres lords mais encouragé par un sourire de Harry qui fit les présentations. Anthony Goldstein, vint peu après, Théodore Nott en faisant autant en traînant Draco avec lui. Augusta, la grand-mère de Neville, eut tout juste le temps de venir se présenter avant que la sonnerie annonçant que la séance allait bientôt commencer ne résonne. Tous se dirigèrent alors vers l'hémicycle dont la grande double porte s'ouvrait. Ils entrèrent et allèrent prendre place, Harry se retrouvant au beau milieux des lords. Tous prirent place, la salle se remplissant en quelques minutes dans un fond de bruit de discussions, beaucoup de regards se tournant vers Harry, tous animés de diverses émotions. L'heure venue, la porte se referma, la salle scellée et enchantée de sorte que seuls ceux qui étaient légitime pouvaient s'installer et qu'il soit impossible d'espionner ce qu'il serait dit. Une seconde sonnerie de cloche retentit, indiquant à tous qu'il était temps de s'asseoir et de faire silence, le président du Magenmagot prenant place:

- Bonjour à toutes et tous, commença-t-il fortement en faisant taire les derniers murmures. Nous ouvrons la séance du 6 Janvier 1999. Avant d'aborder le premier point à l'ordre du jour, une information même si je suis certain que beaucoup l'on déjà noté, remarqua-t-il en provoquant quelques sourires et rires. Nous avons été rejoins officiellement par Lord Harry James Potter Black Gaunt Peverell, continua-t-il en faisant tomber cette fois-ci le choc à l'énonciation de ses quatre noms. Cela signifie également que pour la première fois depuis des siècles, le Magenmagot est au complet avec ses quatre-vingt dix-huit sièges occupés.

Il laissa un instant de silence passer, semblant un peu amusé par les diverses réactions que son annonce avait provoquées. Autour de Harry, les seuls au courant étaient les lords du Conseil des Sept et ceux créatures magiques. Cela ne manqua pas de les amuser eux aussi. Maîtrisé et illisible, Harry resta tranquille, observant les réactions, s'amusant intérieurement du choc complet qu'il lut dans l'aura de Dumbledore qui le fixait plus encore. Le président Fionali reprit finalement, passant comme si de rien n'était à l'ordre du jour. Ce jour là, Harry écouta simplement sans intervenir, observant tout ceux qui étaient là. Les sujets évoqués parlaient tous de la restructuration du pays qui se poursuivait. Harry connaissait bien ces dossiers pour être à l'origine de cette restructuration. Aussi, il prit son temps pour tout analyser. Sans surprise, l'opposition avait toujours quelque chose à redire même pour les changements les plus infimes. La partie neutre et du côté d'Amélia était plus raisonnable quand aux lords, ils étaient bien plus discrets et illisibles. Ce n'était pas une surprise. Leur retour en force, les quarante neuf titres enfin actifs tous ensemble après des siècles, il leur faudrait du temps pour retrouver vraiment leur place. Mais cette place était assurée par la loi. Il était donc inutile de s'imposer sans bonne raison pour ne pas braquer la population contre eux. Heureusement, il y avait aussi un lord particulièrement aimé des gens parmi eux, celui-ci se trouvant également être leur chef de file. Avec un peu de temps et de prudence, de délicatesse et de raison, ils avaient donc l'occasion de retrouver leur gloire passée et tous semblaient bien conscient de cela.

La séance terminée Harry ressortit tranquillement avec Adélème, rentrant chez lui sans faire de remarque devant les journalistes qui tentèrent de nouveau leur chance. Seulement, son entrée au Magemagot était une information publique aussi, dés le lendemain, il fut en première page. On parlait de son entrée dans l'assemblée, de ses quatre titres. Il y avait déjà de multiples réactions sur ces deux points, négatifs ou positifs. Et bien sûr, on mentionnait que les lords étaient au complet pour la première fois depuis des siècles, le débat à ce sujet prenant de l'ampleur entre ceux qui avaient peur de les voir revenir ou qui ne voulaient pas le voir revenir, ceux qui ne savaient pas quoi penser et ceus qui étaient pour ou, tout du moins, pour attendre de voir ce que cela donnerait. C'était un remue ménage auquel Harry s'attendait depuis longtemps et il le laissa se dérouler. Les lords faisaient partie de leur histoire et avaient le sujet de bien des mensonges, de bien des histoires. Il faudrait du temps pour remettre les choses en place.

Son entrée au Magenmagot faîte, ses plaintes déposées par ses avocats, ses bureaus au Square en route comme ses commerces, ce fut tranquillement que Harry put régler son nouveau quotidien entre ses études, ses affaires, son rôle de lord, ses projets, ses loisirs, ses amis et sa famille. Si ces dernières années et la guerre avaient eu une vertu, cela avait assurément été de le rendre très efficace et rapide au travail. Aussi, même en changeant son ancien rythme pour travailler raisonnablement, il avançait très vite. En ce moment, il en était à analyser les candidatures pour une autre de ses nouvelles entreprises. Il en avait déjà le directeur et quelques employés mais il lui manquait le principal: des inventeurs, des chercheurs, des créateurs… Inventio, puisque tel était le nom qu'il lui avait donné, devait être un lieu où l'on ferait de la recherche magique pour créer de nouvelles choses. Cela pouvait aller d'un nouveau balai plus performant, en passant par des sortilèges de médicomagie, jusqu'à de nouveaux moyens de transport ou de communication. Mais il avait besoin de talents pour ça.

Aussi, avec cette entreprise, il offrait d'investir, d'offrir des locaux, des moyens et le matériel à des inventeurs et des chercheurs prometteurs qui avaient besoin de cela. Bien sûr, ce n'était pas gratuit et les droit des inventions qui sortiraient d'Inventio appartiendraient pour moitié à Harry et pour moitié à son créateur. Et dans le monde magique, même au niveau mondial, c'était du jamais vu. D'ordinaire, les entreprises magique s'attribuaient tout les droits et ne donnait à l'inventeur qu'une sorte de prix d'achat de son invention. Bien souvent, ils n'avaient même pas la possibilité de mettre leur nom sur leur produit. Alors ce que Harry proposait était inédit. Cela lui rapporterait moins mais ça restait très rentable s'il choisissait les bons projets. Le premier qu'il avait pris, ou plutôt, à qui il avait demandé de venir, était Isaac. Son ami faisait de la recherche médicomagique depuis longtemps mais il manquait de moyen. Harry lui avait proposé d'intégrer Inventio et peut-être de diriger une équipe de recherche médicomagique s'ils trouvaient d'autres chercheurs prometteurs. Il avait été ravi lorsque Isaac avait accepté avec enthousiasme.

Présentement, il lisait les candidatures qu'il avait reçu de ses avocats, de ses employés ou encore des gobelins. Il y en avait beaucoup, l'argent manquant plus que les idées du côté des inventeurs. Lui même était plus qu'enthousiaste à l'idée de voir de nouvelles choses prendre forme et c'était bien pour cela qu'il avait voulu créer quelque chose comme ça. Il avait beaucoup d'idées même si pour le moment, ses projets majeur se retrouvait dans Inventio et Thésaurus. Il avait ouvert d'autres boutiques dans les commerces qu'il possédait mais ceux là étaient plus ordinaires et conformes à ce qu'il se faisait déjà auparavant. Seulement, lui non plus ne manquait pas d'idée mais il ne pouvait tout faire en même temps. C'était sans parler qu'à tout cela, il ajoutait des visites régulières à la Citadelle pour continuer à s'instruire. Et, bien entendu, il avait repris l'entraînement pour l'icarel dés que Isaac avait donné son feu vert, ses entraînement matinaux avec Arthur et Bastide recommençant tout les matins. Ils avaient simplement décidé de ne plus inclure le week-end désormais.

Rapidement, Harry reçut une convocation du bureau des aurors au sujet des multiples plaintes que ses avocats avaient déposé en son nom. Toutes concernaient Dumbledore et ses fautes à son égard. À l'origine, il avait aussi prévu d'attaquer le Ministère mais il y avait renoncé. Ce Ministère n'était plus celui qui avait négligé ses devoirs à son égard, très loin de là et il avait lui même veillé à ce que les services de l'enfance soient entièrement revus. Cela avait été d'autant plus nécessaire que la guerre avait laissé bien des orphelins derrière elle. Il s'était donc rendu au bureau des aurors avec ses avocats, peu surpris d'y trouver Gauvain, qui en était toujours le chef, et Damon Ross, le président du département. Vu l'importance de l'affaire, son importance, il n'était pas surprenant que ce soit eux qui se chargent de ses plaintes. Sans réserve, il avait répondu à leurs questions, donné son témoignage sous serment, s'expliquant longuement jusqu'à avoir éclaircis toutes les interrogation:

- Je déteste de plus en plus cet homme, soupira Gauvain.

- Je dois dire que je ne suis pas vraiment surprit, remarqua le président Ross. Au plus les enquêtes sur les précédents gouvernement avancent, au plus Dumbledore se retrouve au centre d'affaires troublantes. Mais avant ceci, nous n'avions aucune preuve. Votre dossier en revanche est extrêmement solide et des plus claires. Bien sûr, les enquêteurs ont vérifié chaque pièce. Nous avons tout ce qu'il faut.

- Bien, nous pouvons donc nous attendre à une arrestation de Dumbledore rapidement? avança maître Empty.

- Il sera arrêté cette après-midi, répondit Gauvain. Il sera d'abord mis en garde à vue pour répondre à nos question. Quelque soit les réponses, il serait mis en détention. Nous avons déjà plus de preuve qu'il n'en faut pour mettre ses méfaits en évidence. La seule question sera de voir s'il reconnaît les faits ou non.

- Je suis prêt à parier que non et qu'il avancera tout un tas d'explication pour se justifier, s'amusa Harry en les faisant sourire. Mais tout cela ne me regarde pas. Je n'ai aucune intention d'interférer avec la procédure. Je ne suis pas Dumbledore, dit-il en les amusant un peu plus. Je vous fais confiance pour me tenir au courant de la suite en temps utiles, dit-il plus sérieusement.

- Nous le ferons lord Potter, répondit Ross.

Les remerciant, le lord s'en alla alors, rentrant chez lui, saluant ses avocats avant qu'ils ne s'en aillent à leur tour. Arthur et Amcinthe se matérialisèrent à ses côtés, l'ayant comme toujours accompagné.

- J'ai hâte de voir ce que Dumbledore pourra bien répondre, s'amusa Arthur.

- Il trouvera une histoire comme toujours, répondit Harry. Seulement cette fois, il risque d'avoir bien du mal à faire passer cette histoire. Nous devrions vite avoir des nouvelles.

Ensemble, ils prirent le chemin de la table du déjeuner, continuant à discuter du sujet tout en mangeant. Le déjeuner terminé, ils repartirent à trois, direction le Square Grimmaurd. L'ancienne maison des Black était désormais plus animée. Elle gardait l'allure d'une maison au rez de chaussée. On avait gardé salon, salle à manger, cuisine… cela dans le but de pouvoir recevoir des rendez-vous ou des repas d'affaire que Harry ne voulait pas amener chez lui sans pour autant aller dans un endroit public peu discret. En revanche, les étages avaient changé pour faire place à des bureaux. Finalement, Kreattur avait accepté de quitter cet endroit pour rejoindre le manoir Potter même s'il refusait toujours d'être libéré. À défaut, Harry avait demandé à Dobby de veiller sur lui, espérant que Mella, Ori, Dorémi et Dobby déteindraient peut-être sur lui.

Ce fut dans le hall qu'ils apparurent, Harry souriant à cette maison. Il avait beau l'avoir transformé et totalement changé son image, à ses yeux, c'était toujours la maison de Sirius, celle où il avait espérer vivre avec lui. Elle restait synonyme d'espoir comme de souffrance pour lui et c'était pour cela qu'il avait su qu'il n'y vivrait jamais. Il sortit de ses pensées en sentant sa main être prise par une autre grande et chaude, une main bien connue désormais. Il tourna le regard pour tomber dans celui d'Amcinthe, son aura pleine de tendresse et de réconfort. Il lui sourit et serra ses doigts en retour, tournant les yeux en entendant quelqu'un arriver.

Ils étaient deux, une veela et un vampire qui géraient à eux deux ses relations publiques et sa communication. En tout cas, ils commençaient à le faire depuis qu'il avait pris des vacances, sous sa surveillance. Comme tout ceux travaillant pour lui, ils avaient signé des contrats aux contraintes à la hauteur du rôle qu'il leur confiait. Seulement, il était encore un peu difficile pour lui de déléguer. Il n'avait pourtant pas le choix avec tout ce qu'il avait à faire désormais, à moins qu'il ne veuille à nouveau crouler sous le travail et il ne le désirait pas. Il voulait vivre pleinement. La paire commençait à avoir sa confiance, se montrant loyaux et très efficaces, leurs conseils judicieux. Ils étaient également chargés, dans cette maison, de superviser ceux qui ouvraient son courrier public qui arrivait par sac tout les jours. Seul les lettres de ceux qu'il avait approuver arrivaient chez lui directement et même là, Dobby et Avismark s'assuraient qu'elles n'étaient pas piégées.

- Bonjour milord, salua la veela suivit du vampire.

- Pauline, Venceslas, rendit-il avec un sourire.

Arthur et Amcinthe les saluèrent aussi pour qu'ils en fassent de même avant qu'ils n'aillent vers le salon, s'installant, fermant les portes, la pièce enchantée pour ne pas être espionnée.

- Nous devons discuter de ce qu'il va se passer prochainement, commença Harry. Il va y avoir beaucoup de mouvement.

- Voulez-vous dire qu'il y en aura plus qu'à l'habitude avec vous? demanda le vampire amusé.

Il tira quelques sourires à tous avec cette remarque, Harry reprenant ensuite:

- Nous ferons difficilement plus que ce qui a déjà été fait, répondit-il en les amusant un peu plus. Malgré tout, reprit-il plus sérieusement, cela sera plus personnel. Il y a quelques semaines de cela, j'ai déposé plusieurs plaintes contre Albus Dumbledore, expliqua-t-il en attirant toute leur attention. Après enquête, le bureau des aurors, en accord avec les autorités de leur département, a décidé de l'arrêter. Ils doivent y être en ce moment même. Ils m'ont assuré que le dossier était dors et déjà solide et qu'il y aurait des poursuites. Si je n'ai pas moi même l'intention d'en parler à la presse, il ne fait aucun doute qu'ils le sauront vite, comme il ne fait aucun doute que Dumbledore tentera de manipuler l'opinion.

- Pouvons-nous savoir de quoi il s'agit? demanda Venceslas avec gravité.

Approuvant, Harry commença à leur expliquer de quoi il était question, racontant qu'il prévoyait cela depuis bien longtemps, que le dossier était plus que solide. Il n'en fallut pas plus à sa secrétaire et à son chargé de communication pour comprendre ce qu'il risquait d'arriver.

- Du côté de la justice, termina Harry, moi et mes avocats avons les choses bien en main. Le problème dans ces affaires n'a jamais été de prouver les fait mais l'influence que Dumbledore pourrait avoir pour se protéger lorsque j'entamerai les démarches. Cela et l'état des services du Ministère.

- Les deux ne sont plus un problème à l'heure actuelle, remarqua Pauline.

- En effet mais ça n'évitera pas le battage médiatique. Nous aurons de quoi nous occuper. Comme je l'ai déjà dit, nous n'en dirons pas plus que nécessaire sur ma vie privée, nous nous en tiendrons aux faits, à la loi. S'il doit y avoir un commentaire plus précis, un jugement à donner sur Dumbledore, je le ferai moi même et de ma bouche. Pour le reste, nous nous focaliserons sur les faits même si je crains que nous devions énormément nous répéter, soupira-t-il en les amusant.

- Nous recevons toujours autant de demandes d'interviews, remarqua Venceslas.

- Je m'en doute. Je ne souhaite toujours pas y répondre mais je le ferai certainement quand ces affaires avec Dumbledore seront terminées. Avec cela, je pourrais enfin laisser tout ça derrière moi et en parler, expliquer. Mais pas avant.