Hello, tout le monde!

Ce chapitre est bien plus long, j'espère qu'il vous plaira.

Passez un bon week-end de Pâques et bonne lecture !

Disclaimer : Le Seigneur des Anneaux appartient à J.R.R. Tolkien. Et Final Fantasy 7 à Square Enix.


Chapitre 30:

Les ténèbres de la Moria

Au début de leur traversée de la Moria, Lowen avait angoissé. Le moindre bruit, le moindre éternuement, le moindre pas sur une planche faisant office de pont au milieu d'un gouffre l'avait fait angoisser.

Mais la traversée était parfois dure, car ils devaient souvent gravir des escaliers incroyablement raides. Le plus dur était de les escalader sans bousculer les squelettes et les débris jonchant les marches.

Lors d'une de leurs escalades, Pippin manqua tomber en glissant sur un vieux livre. Merry se trouvant juste sous lui, le rattrapa en catastrophe, mais ne put s'empêcher de murmurer son nom sur un ton de reproche.

Alors qu'ils traversaient un chemin longeant une paroi rocheuse sur la gauche, avec le vide dans leur dos, Gandalf s'arrêta. Sa main se posa sur une veine de minerai d'un blanc scintillant sur le mur.

Il se tourna vers ses amis, qui marchaient derrière lui.

« La richesse de la Moria ne vient pas de l'or, ou des joyaux, mais du mithril. »

Il tendit son bâton lumineux vers le précipice. La lumière fit scintiller d'autres veines de minerai autour d'eux. Ils se penchèrent, admirant le précieux minerai qui se révélait sous la lumière du magicien. C'était comme si des étoiles naissaient dans la pierre, sous leurs yeux admiratifs.

Finalement, recula son bâton. La lumière diminua, ne laissant apparaître qu'un puits rocheux ordinaire.

« Bilbon avait une cote de maille en mithril. Thorïn la lui avait offerte », dit le magicien en reprenant la marche.

« Oh, ça, c'était un cadeau royal ! » s'exclama Gimli.

« Je ne lui ai jamais dit, mais sa valeur était plus importante que celle de toute la Comté », dit le magicien sur un ton rieur.

Frodon, qui écoutait leur échange, baissa les yeux. Ce geste n'échappa pas à Lowen, même si elle se demanda pourquoi il réagissait ainsi. Il avait vécu des années avec Bilbon, ce dernier avait dû lui en parler, non ?

Lorsque vint la nuit – d'après Gandalf, car dans ces mines, il était impossible de voir le ciel – tout le monde se coucha dans une salle remplie de débris. Lowen campa comme elle put, avec son sac comme oreiller et sa cape comme couverture.

Personne ne pouvait allumer de feu, l'odeur trahirait leur présence et les Orques sauraient qu'il y avait des intrus dans la Moria !

Mais entre le froid, l'angoisse à l'idée d'être découverts et l'absence étouffante du ciel, tout le groupe eut du mal à dormir.

Le deuxième jour de traversée fut tout aussi éprouvant : escalader des escaliers raides, traverser des ponts bancals au-dessus de précipices d'une profondeur inconnue et le tout dans une obscurité que seul Gandalf pouvait éloigner avec son bâton.

Le troisième jour, Lowen se sentait étrangement apathique. L'absence de soleil se faisait sentir, elle avait l'impression que ça l'affectait. Pourtant, lorsqu'elle vivait à Midgar, elle n'avait pas droit à beaucoup de soleil non plus, le ciel étant constamment couvert de nuages de pollution. Pourtant, il y avait toujours une petite percée du soleil, à un quelconque moment de la journée.

La jeune fille s'aperçut vite que Legolas aussi semblait souffrir de ce voyage dans la Moria, même s'il n'en laissait rien paraître. La lumière que l'Elfe dégageait au quotidien semblait avoir diminué, comme s'il souffrait aussi de l'obscurité des mines.

Alors qu'ils gravissaient un nouvel escalier, Lowen crut entendre quelque chose en bas. Elle regarda dans cette direction, mais à part ses amis qui gravissaient les marches raides derrière elle, il n'y avait rien.

Jugeant que ce devait être l'angoisse qui la rendait un peu paranoïaque, elle reprit l'ascension. Elle rejoignit Gandalf sur une esplanade, face à trois portes.

« Gandalf… Pourquoi on s'arrête ? » demanda la jeune fille.

« Je ne me souviens pas de cet endroit… »

Génial, il ne manquait plus que ça ! Dépitée, Lowen s'assit sur un rocher sur sa droite et attendit que leurs amis les rejoignent pour leur expliquer la situation.

Comprenant que le magicien avait besoin de temps pour se rappeler, tous s'installèrent comme ils purent devant les portes.

« Sommes-nous perdus ? » demanda Pippin.

« Non », chuchota Merry.

« Je pense que si. »

« Chut ! Gandalf réfléchit. »

« Merry ? »

« Quoi ? »

« J'ai faim. »

Lowen soupira. Il ne leur restait pas beaucoup de vivres. Du pain elfique, des fruits secs… La jeune fille sortit deux pommes de son sac et les tendit en silence aux Hobbits. Ceux-ci la remercièrent d'un sourire et attaquèrent les fruits.

Lowen se rassit à sa place et sortit son téléphone de sa poche. Elle était soulagée de voir que la batterie était encore à moitié pleine. Elle ne se faisait pas trop de souci, car elle avait une matéria Foudre. Kadaj avait développé une astuce pour charger les téléphones en utilisant ce cristal, au cas où ils se retrouvaient en pleine nature, coupés de la civilisation et de source d'électricité.

La jeune fille fit glisser les photos, regardant différents clichés de Jessie, Iruka, Angeal, Genesis, Sephiroth, ses trois jeunes frères…

Elle s'arrêta à une photo la montrant avec Jessie et Iruka. Toutes trois levaient un verre rempli d'un liquide d'un joli rouge cerise et affichaient un sourire hilare. Un petit livre était posé devant elles sur la table, en train de brûler dans un plat en métal.

« Ce sont tes amies ? »

Stupéfaite, Lowen faillit lâcher son téléphone et se tourna vers celui qui avait parlé. C'était Legolas. Il se tenait debout derrière elle avec l'air surpris.

« Désolé, je ne voulais pas t'effrayer », dit l'Elfe en s'agenouillant près d'elle.

« Non, ce… c'est rien, cet endroit me met à cran », soupira Lowen.

Legolas hocha la tête en un geste compréhensif. Il regarda autour de lui et soupira.

« Cet endroit n'a rien à voir avec le palais de Mirkwood », dit-il avec nostalgie.

Lowen reconnut qu'il avait raison. Certes, le palais était sous terre, mais il y avait des fenêtres et des miroirs qui utilisaient la lumière du soleil pour éclairer l'intérieur.

« C'est vrai », admit la jeune fille.

Legolas reporta son regard sur le portable de la jeune fille. Les Hobbits avaient parlé aux membres de la Communauté de son étrange appareil, mais voir de lui-même les images incroyablement précises qu'il recelait était encore plus surprenant.

« Tu semblais proche de ces jeunes filles », dit-il en montrant l'image d'un signe de tête.

Lowen reporta son regard sur la photo et sourit.

« Oui, ce sont Jessie et Iruka, des amies d'enfance. On était dans la même école, à Midgar. »

« Qu'est-ce que vous célébrez, sur cette image ? »

« Oh… Jessie avait passé des auditions pour un rôle dans une pièce de théâtre. On avait toutes quinze ans à l'époque. »

« Donc, elle a eu ce rôle ? »

« Non », rit doucement Lowen. « Elle n'a pas été prise. Elle déprimait, car elle y tenait tant ! Iruka et moi avons décidé de la dérider. On l'a obligée à brûler le carnet contenant le texte qu'elle avait passé des heures à étudier, et on l'a fait se gaver avec nous de jus de fruits semi-alcoolisé. On a bien ri au final, ce jour-là ! »

Legolas haussa un sourcil amusé, bien qu'il se sentit curieusement triste. Il mit un instant à comprendre pourquoi : jamais elle n'aurait connu ce genre de moment heureux et insouciant à Mirkwood. Jamais elle n'aurait eu d'amies avec un lien aussi fort que celui visible sur la photo. Il aurait aimé pouvoir lui offrir cela.

Arrête ! Elle a connu des moments heureux, c'est ce qui compte, pensa l'Elfe.

Alors, pourquoi ne pouvait-il s'empêcher de se sentir étrangement blessé à l'idée de ne pas avoir vécu ce genre de moment avec elle ?

« Ah ! » s'écria Gandalf.

Tout le monde se tourna vers le magicien. Lowen vit que Frodon l'avait rejoint et semblait discuter avec lui, quand il avait poussé une exclamation.

« C'est par ici », dit Gandalf en désignant la porte de droite.

« Ah, ça lui revient ! » s'exclama Merry, tout content.

« Pas du tout, mais l'air est moins nauséabond, en bas. Dans le doute, Merriadoc, il faut toujours suivre son flair », dit le magicien, avant de descendre les marches en riant doucement.

Tout le monde descendit l'escalier pour arriver dans une grande salle soutenue par d'imposantes colonnes.

« Risquons-nous à faire un peu de lumière », dit Gandalf.

Il augmenta l'intensité lumineuse de son cristal. Tous virent que les colonnes s'étaient bien plus haut que ce qu'ils avaient imaginé. En voyant la longueur de la salle et la qualité de sculpture des colonnes, beaucoup émirent de légères exclamations admiratives.

« Regardez ! Le grand royaume de la cité des Nains de Cavenin. »

« Pour sûr que c'est artistique, y'a pas d'erreur ! » dit Sam, exprimant à voix haute ce que tout le monde pensait.

Lowen admirait l'endroit quand elle s'aperçut que Legolas aussi semblait plongé dans une grande admiration. Cela lui fit plaisir, mais elle ne dit rien, refusant de briser la contemplation du groupe.

Alors qu'ils avançaient, Gimli remarqua une porte ouverte sur sa droite. Il s'y dirigea en courant, ignorant les appels de Gandalf.

Il arriva dans une salle où, au milieu de cadavres de guerriers nains, se dressait une tombe. Une ouverture avait été faite dans le mur pour que la lumière du soleil soit projetée dessus, l'éclairant dans les ténèbres de la Moria.

Un puits se dressait sur la gauche, recouvert de gravats et d'un seau rempli de rochers.

Lorsque les autres membres de la Communauté le rejoignirent, ils trouvèrent Gimli à genoux devant la tombe et sanglotant.

Gandalf s'approcha du cercueil de pierre et lut : « Ci-gît Balïn, fils de Fundïn. Seigneur de la Moria. »

Il retira son chapeau avec un regard empli de tristesse.

« Il est mort… C'est ce que je craignais », avoua le Magicien.

Lowen eut de la peine pour Gimli, mais aussi pour Bilbon. Il lui avait raconté que Balïn avait été l'un des premiers Nains de leur Compagnie à le soutenir dans leur aventure. Il l'avait même accompagné à l'entrée de la salle d'Erebor où dormait Smaug. Quand il apprendrait la mort de son ami nain…

Gandalf remarqua un livre dans les bras d'un des squelettes. Avec délicatesse, il écarta les membres du cadavre et saisit l'ouvrage. Il l'ouvrit, laissant s'échapper une grosse quantité de terre et quelques pages moisies.

Legolas se pencha vers Aragorn.

« Il faut avancer. Ne pas s'attarder ici ! » dit l'Elfe.

Le rôdeur lui fit signe qu'il l'avait entendu, quand Gandalf lut à voix haute :

« Ils ont pris le pont et la deuxième salle. Nous avons barricadé les portes, mais cela ne les retiendra pas très longtemps. Le sol tremble. Les tambours… les tambours viennent des profondeurs. »

Tout le monde l'écouta en silence, même Gimli.

« Nous ne pouvons plus sortir. Une ombre s'avance dans le noir. Nous ne pouvons plus sortir. Ils arrivent. »

Soudain, un bruit résonna en provenance du puits. Tous se retournèrent et virent Pippin, la main tendue vers un cadavre perché sur le puits. La tête s'était détachée du corps et avait chuté dans le puits.

Le corps ne tarda pas à la suivre. Sauf qu'il était relié au seau par une chaîne, si bien que lorsque le tout tomba dans le puits, un véritable capharnaüm retentit dans la Moria !

Lowen ferma les yeux en serrant les dents. Pourquoi Pippin était-il si maladroit, parfois ?

Lorsqu'enfin le vacarme cessa, tout le monde retint sa respiration. Les Orques allaient-ils surgir dans la salle et tenter de les tuer ?

Lowen savait qu'elle n'avait pas de cœur, mais en cet instant, elle avait vraiment la sensation que quelque chose pulsait avec force dans sa poitrine, sensible à sa panique.

Pourtant, au bout d'une minute, rien n'arriva. Ni cri, ni bruits de pas, ni cliquetis d'armes.

Soulagé, tout le monde se détendit.

« Crétin de Touque ! » vociféra Gandalf en refermant le livre.

Tout en arrachant son bâton et son chapeau des mains du Hobbit, il ajouta : « Jetez-vous dedans la prochaine, cela nous débarrassera de votre stupidité ! »

Penaud, le Hobbit lui adressa un bref regard avant de baisser les yeux.

Boum !

Gandalf s'arrêta. Lowen eut l'impression que son sang se glaçait dans ses veines. Des bruits de tambour se firent entendre.

Boum ! Boum ! Boumboumboum !

Au bruit des tambours s'ajouta celui de cris horribles, que Lowen n'avait pas entendus depuis l'âge de sept ans, à Mirkwood.

Frodon dégaina son épée, Dard, et vit que la lame était devenue bleue.

« Les Orques ! » dit Legolas.

Boromir courut à la porte, quand deux flèches se plantèrent dans le battant, lui interdisant d'aller plus loin.

« Reculez ! Restez près de Gandalf », dit Aragorn aux Hobbits.

Ceux-ci obéirent et reculèrent. Lowen se positionna devant eux et brandit son sabre.

Aragorn et Legolas coururent aider Boromir à barricader la porte avec des haches et des lances.

« Ils ont un troll des cavernes ! » dit Boromir.

Avec un cri guerrier, Gandalf sortit son épée. Les Hobbits en firent autant, tandis que Gimli grimpa sur la tombe de son cousin en brandissant sa hache.

« Qu'ils approchent ! Il y a encore un Nain dans la Moria qui respire », dit-il sur un ton grondant de colère.

Une fois la porte barricadée, Aragorn et Legolas sortirent leurs arcs, tandis que Boromir s'arma de son épée et son bouclier.

Le bruit des Orques se fit plus fort, des coups furent émis contre la porte. Bientôt, des pointes d'arme en métal grossier fendirent le bois et se mirent à tailler des ouvertures dedans.

Legolas tira une flèche qui toucha un Orque à travers un interstice. Aragorn l'imita, jusqu'à ce qu'enfin, la porte cède.

Les Orques s'engouffrèrent dans la salle, poussant des cris aigus et rauques.

Gimli les accueillit à grand renfort de cris.

Aragorn abandonna son arc pour son épée et se joignit à Boromir pour repousser les monstres.

Legolas recula sans cesser de tirer des flèches.

Lorsque les Orques se firent plus proches, Lowen et Gandalf les accueillirent à coup d'épée.

Les Hobbits poussèrent eux-mêmes des cris et se mirent à combattre. Lowen essaya de rester près d'eux tout en repoussant ses assaillants.

Les Orques étaient vraiment hideux. À présent qu'elle en voyait de près, après toutes ces années, elle réalisait combien ses souvenirs s'étaient estompés.

Ils avaient un visage difforme, leur corps était recroquevillé comme celui d'un rat. Recouverts d'armures faites de morceaux de métal tordu et de tissus rapiécés, ils n'étaient que laideur et pestilence.

Soudain, une créature plus grosse, armée d'un gourdin, entra dans la salle. Lowen écarquilla les yeux.

Lorsqu'elle s'appelait Jodie, elle avait lu des histoires sur les trolls gardant des ponts. On les décrivait comme des espèces de géants humanoïdes, avec un gros nez et l'air bête.

Sauf que la chose qui se dressait devant les combattants était beaucoup plus massive. Elle évoquait à Lowen une espèce de gorille sans poil, à la peau grise et au visage humain, avec un nez porcin qu'on aurait aplati.

Legolas tira une flèche qui se planta dans la poitrine du troll. Ce dernier eut un vague cri de douleur, mais ne s'arrêta pas pour autant.

Il balaya l'espace de son gros gourdin et envoya valser l'Orque qui le retenait à l'aide d'une chaîne. Ce monstre ne distinguait pas ses amis de ses ennemis !

Il fondit sur Sam, mais ce dernier eut le bon réflexe de plonger en avant et de se faufiler entre les jambes du troll. Le monstre regarda bêtement l'endroit où s'était trouvé le Hobbit, se demandant où il était passé, quand Aragorn et Boromir saisirent la chaîne qui traînait au sol et le tirèrent en arrière, loin de Sam.

Le troll essaya de se débattre. Il leva les bras et laissa son arme s'abattre sur la tombe de Balïn.

Gimli sauta, évitant de se faire écraser, et jeta sa hache sur le troll, puis en saisit une autre qui traînait et se relança dans la bataille.

Gêné par sa chaîne, le Troll donna des coups de son gourdin à l'aveuglette.

Les deux Hommes tenaient bon, mais Aragorn fut bientôt distrait par des Orques qui tentaient de l'attaquer par-derrière. Boromir tenait encore la chaîne quand le Troll se tourna vers lui.

Le Gondorien regarda bêtement la chaîne dans ses mains, quand le Troll lui donna un coup qui l'envoya en arrière.

L'Homme heurta un mur et resta au sol, à moitié sonné. Lowen vit trois Orques en profiter pour s'approcher de lui.

Clignant des yeux, Boromir réalisa sa mauvaise posture et essaya de se relever tout en brandissant son épée, quand les trois Orques furent décapités d'un coup net. Leurs corps tombèrent, révélant Lowen et son sabre couvert de sang derrière eux.

« Debout, allez ! » cria la jeune fille en le tirant par le bras.

Boromir surmonta sa surprise et se replongea avec elle dans le combat.

Lowen entendit un claquement dans son dos et vit que le Troll avait migré vers le fond de la salle. Il utilisait sa chaîne comme un fouet et tentait de frapper Legolas, mais ce dernier esquivait chaque attaque avec agilité, soit en sautant, soit en s'accroupissant.

Au bout d'un moment, sa chaîne s'enroula autour d'une colonne. Legolas en profita pour grimper dessus et arriver sur les épaules du troll. Là, il arma deux flèches à son arc et les planta dans la tête du monstre.

Elles ne le tuèrent pas, mais lui arrachèrent quand même un vagissement furieux.

Legolas sauta avant qu'il ait le temps de l'attraper. Voyant que le monstre se tournait pour l'attaquer à nouveau, Lowen en eut assez.

Elle arma sa matéria Feu et envoya une boule enflammée. Le troll la reçut en pleine face et recula en hurlant de plus belle. Il plaqua les mains sur son horrible visage, puis les enleva, révélant une peau vaguement calcinée.

Mais ce truc est increvable, ma parole ! pensa Lowen.

Elle réalisa soudain qu'elle ne surveillait plus les Hobbits depuis un moment !

Elle aperçut Sam, un peu plus loin sur sa gauche. Il se battait avec son épée, mais aussi avec une poêle qui lui permettait d'assommer beaucoup d'ennemis avant de les achever.

« Je commence à avoir le coup de main ! » dit le jardinier.

Lowen chercha les trois autres Hobbits des yeux, quand elle entendit Legolas crier dans son dos.

« LOWEN ! NO DIRIEL ! »

Lowen mit deux secondes à traduire ce qu'il venait de dire, qui signifiait « Attention » en elfique.

Mais ce fut trop long pour remarquer le troll qui revenait à la charge. Il n'avait pas oublié qu'elle lui avait jeté du feu à la figure.

Il abaissa sa massue vers elle. La jeune fille bondit vers l'arrière, mais reçut tout de même un coup qui la fit partir plus loin, jusqu'à heurter le mur.

Sonnée, elle se laissa tomber par terre et gémit. La pièce se fit sombre, avec de petits points lumineux qui lui firent mal à la tête.

« Lowen ? Lowen ! »

Une voix paniquée la fit lentement émerger de sa douloureuse inconscience. Elle leva les yeux et vit que Legolas se tenait penché au-dessus d'elle. Lowen en fut surprise. C'était la première fois qu'elle le voyait dans un tel état !

« Tu peux te lever ? »

Avec une grimace douloureuse, la jeune fille tendit les bras, mais ce fut pire. Ce coup l'avait vraiment secouée !

Legolas s'empressa de passer un bras autour de ses épaules et l'aida à se relever. Sitôt sur ses pieds, Lowen voulut utiliser sa matéria de Soin sur elle, mais elle était trop affaiblie pour ça.

Soudain, un cri de douleur étouffé attira son attention.

Elle se tourna vers sa source, qui se tenait acculée contre un mur.

Lowen mit quelques secondes à comprendre ce qu'elle voyait. Frodon était plaqué contre le mur, avec une lance qui s'enfonçait dans sa poitrine. Et à l'autre bout de la lance se trouvait le troll !

Cette vision sortit la jeune fille de son inconscience.

« Non… NON ! » cria-t-elle avec horreur.

Ce coup porté à leur ami redonna à tous les membres de la Communauté une nouvelle énergie, pleine de rage.

Merry et Pippin bondirent sur le troll et se mirent à le frapper avec frénésie.

Sam se mit à donner des coups d'épée dans le tas, sans se soucier si les Orques risquaient de le blesser.

Gandalf demeura un instant prostré, regardant sa pire crainte se concrétiser : Frodon était en train de mourir à cause de cette quête.

Lowen se détacha de Legolas et courut près du Hobbit. Elle regarda le corps allongé sur le ventre et hésita. Le bouger ne ferait-il qu'empirer les choses ? Raaaaah, pas le temps de réfléchir ! Elle se dépêcha de retirer la lance et le retourna dans ses bras. Ce qu'elle vit lui fit ouvrir des yeux ronds de surprise.

Aragorn, Boromir, Gimli et le magicien se concentraient sur le troll. Ce dernier essayait de se débarrasser des Hobbits, mais avec les autres adversaires en bas, il avait du mal à se défendre.

Merry finit par tomber de son dos. Seul restait Pippin, qui continuait de le frapper.

Legolas profita d'un soubresaut du monstre pour tirer une flèche qui alla se planter dans sa gorge.

Ce dernier coup acheva la bête, qui émit un long vagissement avant de tomber raide morte.

Tout le monde fit silence quelques secondes, rassuré de voir enfin ce monstre mort.

Puis ils coururent près de Lowen, qui tenait toujours Frodon. La jeune fille leva un visage larmoyant vers ses amis, puis émit un rire nerveux.

« Lowen… ? » demanda Aragorn, perplexe.

Soudain, Frodon tendit le bras et se servit des épaules de Lowen pour se redresser.

Tout le monde fut stupéfait par ce geste.

« Il est vivant ! » dit Lowen d'une voix soulagée.

Gandalf émit un long soupir de soulagement.

Aragorn n'y comprenait rien. Le Hobbit respirait et aucune trace de sang ne maculait sa chemise.

« Je vais bien… Je n'ai rien ! » dit le Semi-Homme.

« Vous devriez être mort ! Cette lance transpercerait un sanglier… »

Gandalf eut un sourire malicieux.

« Je crois que ce Hobbit est plus solide qu'il n'y paraît. »

Frodon écarta le col de sa chemise, révélant une cotte de mailles scintillante en dessous.

« Du mithril ! Vous êtes très surprenant, monsieur Sacquet ! » dit Gimli.

Frodon ne put ajouter quoi que ce soit, car de nouveaux cris d'orque retentirent à l'extérieur de la salle. Des ombres se dessinèrent sur les murs. D'autres monstres arrivaient.

« Au pont de Khazad-Dûm ! » ordonna Gandalf.

Tout le monde s'empressa de sortir de la pièce et courut à travers la grande salle.

Tandis qu'ils s'éloignaient, ils virent des orques sortir de l'obscurité autour d'eux.

Une nuée sortit d'ouvertures dans le plafond.

Sans cesser de courir, Lowen les regarda ramper jusqu'aux colonnes et descendre pour les atteindre. On aurait dit des cafards qui se regroupaient !

Ils étaient trop nombreux et venaient de toutes les directions, si bien que la Communauté se retrouva bientôt encerclée.

Gandalf utilisa son bâton pour créer une lumière qui enveloppa le groupe. Dos à dos, tous brandirent leurs armes en regardant les orques crier et siffler, savourant leur victoire.

Lowen ne se faisait pas d'illusions : ils ne gagneraient pas face à tant d'ennemis, cette fois !

Soudain, un grondement résonna depuis l'autre extrémité de la grande salle.

Lowen sentit une pulsation à son œil gauche, le doré, et gémit. Que lui arrivait-il ?

Les orques parurent surpris par ce grondement, puis en voyant une lueur rougeoyante grandir sur les murs, et en entendant des grondements plus proches, ils furent pris de panique.

Tous firent volte-face et se dépêchèrent de grimper aux colonnes pour disparaître dans des fissures au plafond.

Bien content de les voir déguerpir, Gimli émit des exclamations bravaches, mais les autres ne l'imitèrent pas.

Tous se tournèrent vers la lueur, qui continuait de grandir. Une main sur son œil, Lowen en fit autant.

« Quel est ce nouveau maléfice ? » demanda Boromir.

Gandalf ne dit rien. La tête baissée, il semblait faire un effort pour rester calme. Lentement, il finit par relever les yeux et dit :

« Un Balrog. Un démon de l'Ancien Monde. »

Lowen fut prise d'un violent tremblement. Elle savait ce qu'était un Balrog, elle avait lu des choses sur ces monstres dans un livre de la bibliothèque de Mirkwood.

Legolas et Aragorn étaient eux-mêmes frappés de terreur, car eux aussi connaissaient les légendes sur ces démons.

« Cet adversaire est plus fort que vous… COUREZ ! » dit le magicien.

Tout le monde ne fit se pas prier. La voie enfin dégagée, ils atteignirent la sortie de la salle et dévalèrent un escalier.

Boromir était en tête, mais il s'arrêta brusquement, car les marches qu'il dévalait s'arrêtaient face à un immense précipice !

Legolas étant juste derrière lui, l'Elfe eut le bon réflexe de le rattraper et le tirer en arrière avec lui. Tous deux tombèrent assis sur les marches.

Lowen se trouvait juste derrière eux et, en voyant comment s'arrêtait l'escalier, elle se retourna et fit un geste des bras pour stopper les Hobbits.

Aragorn les rattrapa, mais s'arrêta pour se tourner vers Gandalf. Le magicien semblait fatigué de courir et s'appuyait contre le mur en soufflant.

« Gandalf ? » demanda le rôdeur.

« Guidez-les, Aragorn », dit le vieil homme en posant une main sur l'épaule de son ami.

Lowen oublia un bref instant la douleur de son œil pour regarder le magicien sans comprendre. De quoi parlait-il ? Il n'allait quand même pas rester en arrière !

« Le pont est proche », dit Gandalf en pointant l'horizon.

Lowen et Aragorn virent en effet, un pont était visible au loin, après un long défilé d'escaliers.

Le rôdeur voulut protester, mais le magicien le repoussa en insistant.

Le groupe se mit à descendre de nouveaux escaliers qui zigzaguaient au-dessus d'un immense précipice remplissant toute la salle.

Lowen trouvait cette configuration démente. Les Nains n'avaient même pas taillé de rambarde de sécurité pour ces fichus escaliers !

Bientôt, ils arrivèrent face à un trou. Un rocher avait dû s'abattre sur cette partie des marches, fendant l'escalier en deux.

Legolas fut le premier à sauter pour rejoindre l'autre bout.

Soudain, une secousse ébranla la salle. Lowen sentit une nouvelle vague de douleur à son visage. Le Balrog se rapprochait !

« Lowen ? » s'inquiéta Frodon, conscient de son état.

La jeune fille repoussa la main inquiète du Semi-Homme et, prenant son élan, elle sauta à son tour.

Elle atteignit l'autre bout sans encombre, à la grande surprise de tous.

« Saut en longueur », dit-elle à Legolas, qui la regardait avec surprise.

Une nouvelle secousse et d'autres cris du Balrog firent se retourner Gandalf, mais sous les encouragements de l'Elfe et la jeune fille, il sauta à son tour et les rejoignit.

Soudain, une flèche se planta à leurs pieds, suivie d'autres provenant de zones plus élevées dans la salle.

Des orques avaient choisi de les suivre et tentaient encore de les attaquer, malgré la proximité du Balrog !

Legolas s'empressa de tirer des flèches qui atteignirent plusieurs cibles.

Boromir profita de la distraction de l'Elfe pour soulever Merry et Pippin dans ses bras, puis il sauta à son tour.

Il parvint de l'autre côté, mais la pression exercée par son geste fit s'écrouler le bord de l'escalier.

Sam, Gimli, Aragorn et Frodon durent reculer de quelques pas.

Le rôdeur saisit Sam dans ses bras et le lança au-dessus du trou. Il atterrit dans les bras de Boromir.

Voyant l'Homme se tourner vers lui, Gimli arrêta Aragorn d'un geste de la main.

« Personne ne lancera un Nain ! »

Avec un cri, il sauta à son tour, mais atterrit juste au bord. Il partit en arrière, quand Legolas tendit le bras et parvint à le rattraper par la barbe.

« PAS LA BARBE ! » cria Gimli en moulinant des bras.

L'Elfe parvint quand même à le tirer vers lui, le sauvant d'une chute mortelle.

Lowen se tourna vers Aragorn et lui fit signe de lui envoyer Frodon, quand un bloc de pierre se détacha du plafond et tomba vers eux.

Le rôdeur et le Hobbit durent bondir en arrière tandis qu'un autre bloc de l'escalier s'écroulait.

Ces secousses, ces chocs et le poids des deux amis firent se détacher le morceau d'escalier sur lequel ils se tenaient.

La colonne soutenant leur promontoire se mit à osciller.

Lowen porta les mains à sa bouche pour étouffer un cri de panique. Ils étaient en équilibre précaire !

Les bras le long du corps, droits et immobiles, Frodon et Aragorn s'efforcèrent de ne pas faire pencher leur promontoire… avant que le rôdeur lui ordonne de se pencher en avant.

Lentement mais sûrement, leur perchoir s'inclina en direction de l'escalier où se tenaient leurs amis.

Legolas et Lowen tendirent les bras… et réceptionnèrent le rôdeur et le Hobbit à l'impact.

Tandis que le morceau d'escalier tombait dans le vide, le groupe se dépêcha de descendre les dernières marches pour rejoindre un sol plat.

« VERS LE PONT ! DÉPÊCHEZ-VOUS ! » cria Gandalf.

Lowen sentit soudain une chaleur inquiétante dans son dos. Elle tourna la tête et vit qu'un mur de flammes se trouvait derrière eux.

Le magicien ne suivait pas la Communauté, il se tenait face à ce feu, son bâton et son épée dans chaque main.

Soudain, une forme cauchemardesque émergea des flammes.

Sidérée, Lowen s'arrêta de courir pour fixer cette créature avec ahurissement.

C'était une forme noire, comme recouverte de goudron enflammé. Immense, avec de longs bras griffus et des ailes de fumée noirâtre, sa tête bestiale était coiffée de cornes recourbées. Cette chose avait tout d'un démon !

Le Balrog ouvrit la gueule et rugit, laissant voir un feu incandescent à l'intérieur de sa gorge.

Gandalf fit brusquement volte-face et se mit à courir vers le pont. Lowen reprit ses esprits et se dépêcha d'en faire autant.

Devant elle, la jeune fille aperçut le reste de la Communauté. Tous traversaient en file indienne un nouveau pont surmontant un gouffre obscur.

Ras-le-bol de ces ponts sans rambarde ! pensa la jeune fille avec angoisse.

Pourtant, la peur et la douleur que le Balrog suscitait en elle la firent traverser le pont sans ralentir.

Sitôt de l'autre côté, elle se tourna vers Gandalf pour l'encourager, mais le Magicien s'était arrêté au milieu. Il semblait déterminé à empêcher le Balrog de les suivre.

« VOUS NE PASSEREZ PAS ! »

« GANDALF ! » cria Frodon, paniqué.

Lowen regardait alternativement le Magicien et le monstre avec angoisse. Ils avaient eu tellement de mal à vaincre le Troll, et maintenant Gandalf voulait se mesurer à ça ?!

Elle regarda son ami et vit que, même s'il brandissait son bâton flamboyant, il tremblait légèrement.

« Je suis un serviteur du Feu Secret ! Détenteur de la flamme d'Anor. Le feu sombre ne vous servira en rien, flamme d'Udûn ! »

Ignorant ses paroles, le Balrog fit apparaître une épée de feu dans sa main et la projeta vers Gandalf. Elle heurta le bâton du magicien, provoquant un nuage d'étincelles.

Gandalf poussa un cri, mais tint bon. L'épée disparut des mains de la créature, qui rugit de colère. Comment ce pitoyable petit vieillard pouvait-il lui tenir tête ?

Le Balrog émit un reniflement méprisant, quand son regard croisa celui de Lowen. Celle-ci sentit alors une connexion se former avec la créature. Son œil gauche palpitant de plus belle, la jeune fille vit défiler dans sa tête des images qui la choquèrent.

Ce Balrog avait été un Maiar autrefois, comme Sauron et Gandalf. Un être de feu, constitué de flammes pures, source de chaleur et de lumière.

Mais comme tous ceux de son espèce, il avait été séduit par Melkor et avait laissé les Ténèbres souiller sa lumière. Il n'était plus un feu qui servait à éclairer et nourrir, il n'était qu'un brasier avide de tout dévorer !

« Repartez dans l'Ombre ! » dit Gandalf.

Ces mots brisèrent le contact visuel de Lowen et le Balrog. Le monstre fit alors apparaître un fouet de feu, qu'il fit claquer contre le pont.

Lowen prit peur. Oh non, il allait le briser ! Gandalf risquait de tomber…

« VOUS… NE PASSEREZ… PAS ! » cria Gandalf, avant d'abattre son bâton sur le pont.

Ce geste produisit un bref flash, mais le Balrog ne se laissa pas impressionner.

Il fit un pas sur le pont et leva haut son fouet pour tuer le Magicien, quand le sol se déroba sous lui.

Le pont se brisa en deux, entraînant le Balrog dans sa chute. Seul restait Gandalf, toujours debout sur l'autre moitié intacte du pont.

Avec un soupir rassuré, le magicien se retourna pour rejoindre ses amis… quand le fouet de feu Balrog se tendit vers lui.

Il s'enroula autour de sa cheville et le tira en arrière.

Gandalf lâcha son bâton et son épée et glissa jusqu'au bord. Il se rattrapa de justesse à l'extrémité.

Affolée, Lowen voulut se précipiter pour l'aider, mais Legolas la saisit à la taille et l'empêcha d'avancer.

« Arrête ! Le pont va s'effondrer, tu vas tomber avec lui ! » dit l'Elfe, aussi paniqué qu'elle.

« NON ! GANDALF ! » cria la jeune fille.

Elle se débattit, à peine consciente des cris de Frodon plus haut derrière elle. Lui aussi essayait de rejoindre son ami, mais Boromir le retenait.

Tous virent le magicien tirer sur ses bras et vaguement remonter, puis les regarder.

« Fuyez, pauvres fous ! » dit-il.

Ce furent ses derniers mots avant de lâcher prise. Lowen eut l'impression de le voir tomber au ralenti.

Choquée, à peine consciente de ce qui lui arrivait, elle fut tirée hors de la salle par Legolas.

Sitôt qu'ils eurent franchi la porte, la lumière du monde extérieur fit à Lowen l'effet d'une gifle.

Le ciel était dégagé au-dessus d'eux, d'un bleu incroyable. Ils avaient dehors, sur une esplanade montagneuse, avec au loin une vaste forêt verdoyante.

Mais tout ça semblait irréel, après tout ce temps passé dans les ténèbres de la Moria.

Tous les membres de la Communauté étaient dévastés. Sam fut le premier à s'arrêter de courir pour s'asseoir par terre et pleurer.

Pippin se laissa carrément tomber sur le flanc et sanglota. Merry s'agrippa à lui en pleurant.

Gimli voulut rebrousser chemin pour aller aider Gandalf, mais Boromir le retint mollement.

Lowen sentit la douleur à son œil refluer, mais la perte du magicien était si forte qu'elle s'en fichait. Gandalf… Malgré son côté bourru et ses leçons de magie épuisantes, il avait toujours été gentil avec elle.

Il avait été là sa naissance, il l'avait confiée aux Elfes de Mirkwood… et aujourd'hui, Lowen se fichait complètement qu'il eut choisi de mauvais gardiens pour elle. Il était devenu, au fil du temps, le grand-père qu'elle avait toujours rêvé d'avoir !

« Legolas… relevez-les ! » dit Aragorn.

Lowen cligna des yeux et réalisa que, noyée dans son chagrin, elle s'était agrippée à la tunique de Legolas. L'Elfe avait l'air chagriné, même si aucune larme ne s'échappait de ses yeux.

La jeune fille se rappela que pour ceux de son espèce, les larmes ne coulaient que pour les membres de leur famille et leur âme sœur. Mais les yeux de Legolas avaient perdu toute lumière, son visage était défait. Gandalf avait été un ami de longue date pour lui.

« Accordez-leur un moment, par pitié ! » gémit Boromir.

Mais le rôdeur demeura intraitable. Il avait l'air triste aussi, mais Lowen voyait bien qu'il luttait pour rester maître de la situation.

« Dès la tombée de la nuit, ces collines grouillent d'Orques ! Il nous faut atteindre les bois de la Lothlorien. »

Lothlorien ? Ce mot fit légèrement réagir Lowen. La Lothlorien… Ah oui, le royaume de Galadriel, sa mère.

Essuyant ses larmes, la jeune fille lâcha l'Elfe et regarda les bois qui s'étendaient à l'horizon. Là-bas se trouvait celle qui l'avait créée. Enfin, elle allait la rencontrer !

« Frodon ? FRODON ! » cria Aragorn.

Lowen se retourna et vit le Hobbit, qui avait pris ses distances par rapport aux autres.

La jeune fille s'approcha de lui et eut mal en voyant combien il semblait frappé par le chagrin, comme eux.

Lentement, elle le rejoignit et le serra dans ses bras, comme une sœur consolant un petit frère.

Frodon tendit lentement les mains pour agripper les bras de la jeune fille et gémit, mais ne dit mot.

« Je sais. Je sais », dit la jeune fille dans un murmure.

Enfin, Lowen recula et le tira doucement vers le reste du groupe.

Ensemble, ils reprirent la route, mettant de la distance entre eux et ces maudites mines qui leur avaient tant pris.