La soirée commença à tomber, s'en suivit rapidement de la nuit et pourtant, Emma comme Regina se trouvaient toujours au bureau. Chacune le nez plongé dans un dossier qui leur avait été récemment attribué, elles travaillaient sans même voir le temps passer. La lumière légèrement tamisée pour ne pas épuiser leurs yeux, elles se contentaient amplement de la présence de l'autre et du bruit provoqué par l'utilisation des touches des claviers.
Les minutes passèrent et la blonde soupira fortement, se laissant totalement aller dans sa chaise. Elle tourna sur elle-même, grâce aux roulettes, et bondit sur ses pieds pour faire quelques pas dans la pièce tout en s'étirant le haut du corps.
Elle n'en pouvait plus, elle était sans doute assise à son bureau, sans réellement bouger, depuis cinq bonnes heures. Tout son corps lui faisait mal, ses articulations la maudissaient et ses muscles la torturaient. Elle devait bouger un minimum pour huiler à nouveau la machine, elle avait besoin de bouger et, si possible, à l'extérieur, là où cette odeur de papier ne planait pas dans l'air.
« Un café, ça vous dit ? On prend une petite pause ? » Lança-t-elle à sa collègue qui était toujours aussi silencieuse.
La brune releva alors le visage dans sa direction et retira lentement ses lunettes pour les poser sur sa pile de feuille. Elle aussi avait bien besoin d'un moment de calme, d'arrêt, avant de perdre la tête à cause des absurdités qu'elle lisait depuis un petit moment.
« Volontiers. »
Elles s'échangèrent un fin sourire et enfilèrent leurs manteaux avant de rejoindre les escaliers pour descendre. Le mois de février était entamé et pourtant, la neige s'était remise à tomber, rendant ainsi les nuits glaciales.
Tranquillement, l'air de rien, elles quittèrent le tribunal dans un silence apaisant. L'une à côté de l'autre, elles n'avaient pas besoin de mot pour combler le vide de la nuit, ce vide ne les dérangeait pas, bien au contraire, il les réconfortait toutes les deux.
Alors qu'elles marchaient, lentement, pour pleinement profiter de ce moment de calme, la chaussure de Regina dérapa sur un morceau de verglas qui se trouvait caché par un peu de poudre blanche. Elle eut tout juste le temps de s'accrocher aux bras de sa collègue pour ne pas tomber mais son talon n'eut pas autant de chance puisqu'il se décrocha de sa semelle.
« Vous allez bien ? » Questionna Emma qui l'aida à marcher jusqu'à un petit banc.
« Ça va... »
« Vous ne vous êtes pas fait mal ? »
« Non, j'ai surtout été surprise. »
« Attendez-moi ici un instants. »
Avant qu'elle n'ait le temps de faire le moindre mouvement pour la retenir, la blonde était déjà partie en courant. Elle tourna son regard vers ses chaussures et soupira, elle venait à peine de les acheter et elles avaient déjà rendu l'âme ? Elle grommela contre elle-même, se faisant savoir qu'elle n'aurait finalement pas du craquer en les voyant dans le magasin.
Installée à ce banc, elle leva le visage vers le ciel et ferma les yeux en sentant quelques flocons tombant sur sa peau. L'atmosphère était paisible, elle serait bien restée dans cette position toute la nuit si elle n'avait pas un nombre incalculable d'affaire dont elle devait s'occuper.
Les minutes passèrent et elle entendit finalement des bruits de pas. Elle ouvrit alors les yeux pour tomber nez à nez avec la blonde qui revenait tranquillement, un sac en carton dans la main.
« Où diable étiez-vous passée, Miss Swan ? »
« Ta-da ! » S'exclama-t-elle, un sourire enfantin sur le visage, en lui montrant une paire de claquette, orange, aux dessins et oreilles de chats.
« Que... Où est-ce que vous avez dégoté une chose pareille ? » Souffla la brune, interloquée.
« C'est absolument tout ce qu'ils avaient dans la petite supérette ouverte jour et nuit. Ah ! Et, j'ai cru voir que vous aviez des petites blessures aux pieds du coup j'ai aussi pris des pansements. »
Dans un geste qui lui sembla totalement naturel, elle posa le genou au sol malgré la neige et ouvrit la boite pour en sortir un pansement. Elle déchira l'emballage, décolla les deux languettes de protection et s'arrêta net en voyant le regard gêné que lui lançait sa collègue.
« Ce serait peut-être mal venu de ma part de vous le mettre ? »
« Effectivement. »
Elle avait alors déposé les deux autocollants sur ses talons, là où le frottement avec ses chaussures avait laissé des rougeurs désagréable. Après ça, son homologue lui avait pratiquement ordonnée de remonter dans le bureau pour se mettre au chaud, ne pouvant rester dans la neige avec des pantoufles. Légèrement agacée de devoir retourner seule à l'intérieur, elle lui avait demandé d'acheter un café avant de s'éloigner.
Regina était tranquillement en train d'étudier un nouveau dossier lorsque l'un des téléphones de son bureau sonna. Comme sur tous les bureaux, elle en possédait deux : le blanc servait à recevoir les appels de l'extérieur comme ceux des inspecteurs ou des avocats avec qui ils travaillaient étroitement mais le noir – qui se trouvait juste à ses côtés - avait une fonctionnalité bien spécifique.
Il ne pouvait être utilisé que par les personnes travaillant au tribunal, il bloquait automatiquement tous les appels sortant avec un autre but que celui-ci. Elle fronça donc les sourcils en voyant la petite lumière verte s'allumer, signifiant un appel entrant. La nuit était déjà bien tombée, il n'y avait normalement plus personne en dehors d'Emma – qui n'était pas encore revenue – et des agents de sécurité.
« Juge Mills à l'appareil. »
« Excusez-moi mais j'ai une adolescente ici qui demande à vous voir. Qu'est-ce que je fais ? » Demanda l'homme à l'autre bout du fil.
« Vous pouvez lui dire de monter. »
Déposant le téléphone dans son encoche, elle fronça des sourcils en se demandant qui pouvait bien chercher à la rencontrer aussi tardivement. Une grande partie de la ville dormait d'ores et déjà alors, que pouvait-il bien se passer ?
Quelques courtes minutes passèrent puis elle entendit de faibles coups être frappés contre la porte de son bureau. Elle se leva alors de sa chaise, grimaçant à l'idée d'accueillir quelqu'un en pantoufle de chat et se dirigea vers la porte pour l'ouvrir.
« Vous. » Souffla-t-elle, étonnée, en voyant l'adolescente en question.
« Où est la juge Swan ? »
« La juge Swan ? » Répéta-t-elle en se demandant ce que l'adolescente pouvait bien lui vouloir à une heure pareille.
« Emma Swan. »
L'adolescente qui entra dans la pièce lui sembla un peu désorientée et, elle eut à peine fini de prononcer le nom de la jeune femme, qu'elle s'écroula. La brune se précipita sur elle pour réceptionner sa tête dans ses mains avant que celle-ci ne heurte le sol.
« Ruby ! Réveillez-vous ! Ruby ! Ruby, il faut vous réveiller ! » S'exclama-t-elle, inquiète, en voyant une trainée de sang sur sa tempe et son oreille gauche.
Emma qui revenait pile à ce moment dans le bureau, sifflotait tranquillement en tenant les deux gobelets de boisson fumantes dans ses mains. Elle en avait aussi profité pour acheter tout un tas de mauvaises choses à grignoter et, ne sachant pas tellement les préférences de sa collègue, elle avait pris un peu de tout ce qui expliquait l'imposant sac en plastique qui pendouillait de son poignet.
« Ruby ! Vous m'entendez ? Ruby ! »
« Madame Mills ? » Questionna la juge, intriguée, qui alluma la lumière pour comprendre ce qui se passait.
« Il faut vous réveiller. Ruby, il faut vous ouvrir les yeux ! »
Déposant les gobelets sur le bord d'un meuble, elle laissa le sac s'écraser au sol et ainsi y répandre son contenu. Elle se précipita sur la jeune femme et souleva la tête de l'adolescente qui avait perdu connaissance.
« Ruby ! Qu'est-ce qui lui est arrivé ? Il faut faire quelques choses. » Questionna-t-elle en regardant son teint blafard.
« Oui, il faut faire vite. Appelez les urgences, elle est complètement gelée. » Annonça Regina, la mine grave.
La blonde attrapa son téléphone dans la poche de son costume et retira son manteau tout en composant le numéro des urgences. Elle attira l'adolescente contre son propre corps pour la couvrir de son manteau et la serrer dans ses bras, espérant pouvoir ainsi la réchauffer un minimum.
« Dans l'armoire, derrière les couvertures, il y a une boite à chaussure. Une paire de chaussette propre se trouve dans la paire, prenez-la. » Expliqua-t-elle à sa collègue pour ne pas la laisser sortir dehors en pantoufle surtout que la neige avait repris de plus belle.
Une fois qu'elle eut le standard au téléphone, elle leur expliqua, tant bien que mal, la situation. Par chance, les deux juges n'eurent pas à attendre très longtemps avant de voir les pompiers débarquer dans le bureau. Ils emportèrent Ruby sur un brancard et elles les suivirent de près, refusant catégoriquement d'abandonner l'adolescente dans cet état.
« Emmenez-la dans le box 3. » Demanda une médecin qui vint la prendre en charge.
« Il faut que vous remplissiez le formulaire d'admission. » Informa une infirmière, les empêchant ainsi d'aller plus loin.
Emma ne lâcha pas l'adolescente des yeux jusqu'à ce que le rideau soit tiré ce qui la fit soupirer. Elle revint légèrement sur ses pas pour rejoindre l'accueil où Regina, stylo à la main, était déjà en train de remplir les différents documents.
« Ne vous inquiétez pas, je vais... »
Lorsqu'elle vit que sa collègue connaissait parfaitement les informations à fournir, de sa date de naissance à son nom complet, elle ne prit même pas la peine de finir sa phrase. La brune n'avait pourtant pas travaillé sur ce dossier puisqu'elle était arrivé bien après la dernière inculpation de Ruby alors, comment pouvait-elle à ce point la connaitre ? Aurait-elle, secrètement, jeté un coup d'œil dans les anciens dossiers pour en savoir, un minimum, sur les jeunes qu'elle était susceptible de croiser lors de leur traditionnel repas de sortie ?
Une fois le document remplie, la brune le tendit à la jeune femme qui attendait en mâchouillant bruyamment un chewing-gum et, sans un mot, elle attrapa la main de son homologue pour l'entrainer dans les urgences. Elles avancèrent, silencieusement mais rapidement, entre les deux rangés de lit pour attendre Ruby.
« Quelle est votre relation avec la patiente ? » Questionna la même infirmière qu'un peu plus tôt, leur barrant une nouvelle fois le passage.
« Pourquoi est-ce que vous voulez le savoir ? » Répondit froidement la juge sans lâcher la main qu'elle tenait fermement dans la sienne.
« Venez, elles sont là. » Dit-elle simplement en faisant un signe de la main à une tierce personne.
La tête enfoncée dans le dossier médical de l'adolescente, l'inspecteur Humbert, accompagné d'une collègue, vint à leur rencontre. Il salua amicalement la blonde qu'il avait déjà eu le plaisir de rencontrer puis, après les avoir attiré un peu plus loin pour ne pas déranger le repos des malades, il leur expliqua la situation.
« Une agression ? » Répéta Regina, les yeux dans le vide.
« Ce genre de cas est fréquent aux urgences. L'inspecteur se déplace souvent jusqu'ici, on doit l'appeler si on soupçonne que le patient a été victime d'une agression. On aura confirmation quand on aura les résultats de ses examens mais il s'emblerait qu'elle ait une côte fracturée, une contusion au poignet gauche et un niveau élevé d'inflammation dans le corps. Ce n'est pas le résultat d'une seule agression, elle en est surement victimes depuis longtemps. » Informa l'infirmière, la mine grave.
« Normalement on nous envoie sur place quand on a une plainte mais la plupart des enquêtes pour agressions ne vont pas au bout, elles n'aboutissent pas. De nos jours, les gens ne veulent pas avoir trop d'histoire et, souvent, les victimes refusent de déposer plainte. Tenez-nous au courant quand elle se réveillera. » Fit l'homme, défaitiste quant à l'issue de cette situation.
A force de travailler dans la police, il avait développé un certains flair qui lui permit de savoir que cette affaire allait – comme tant d'autres – partir en fumée sans qu'il ne puisse rien y faire. Habitué à voir ce schéma se répéter, encore et encore, il en était venu à la conclusion que travailler sur les dossiers de mineur ne servaient pas à grand-chose puisqu'il ne pouvait en tirer aucune reconnaissance.
« Merci beaucoup inspecteur. » Souffla Emma qui avait du mal à en croire ses oreilles.
Graham plongea sa main dans sa veste et en sortit un petite carte de visite sur laquelle se trouvait noté son numéro, il la tendit uniquement à la brune puisque sa collègue l'avait déjà contactée plusieurs fois. Il s'en alla ensuite avec sa propre camarades, les laissant ainsi toutes les deux dans le couloir.
Sans un mot, elles retournèrent auprès de Ruby qui gémissait de douleur dans son sommeil. Elles s'installèrent chacune d'un côté et, alors que la blonde attrapait la main de l'adolescente pour lui faire – malgré tout – savoir sa présence, son homologue lui lança un regard plein d'interrogation.
« Je ne pense pas que ce soit un cas de violence domestique. Elle n'a pas vraiment de responsable légal. Ses parents ont divorcé quand elle avait 12 ans et Ruby a été élevée par ses grands-parents depuis. Son grand-père a été hospitalisé pour démence sénile et sa grand-mère est, elle aussi, très malade. Ça fait très longtemps qu'elle n'a plus de nouvelles de ses parents. » Informa-t-elle sans relever les yeux des bleus qui décoraient la peau de l'adolescente.
Regina hocha doucement la tête de haut en bas et les laissa seules un moment, le temps d'aller acheter ce dont la jeune brune risquait d'avoir besoin si son hospitalisation se prolongeait. Elle rejoignit rapidement le petit magasin de la rue et ne put s'empêcher de grimacer en voyant son reflet dans les portes automatiques vitrées.
Il fallait avouer que les chaussures de sport, légèrement trop grande, n'allaient absolument pas avec son tailleur de travail. La teinte jaune fluo contrastait, en tout cas, parfaitement avec le noir de sa tenue mais elle se nota mentalement de toucher deux mots à sa collègue quant à son étrangement obsession pour cette couleur. La voiture, puis les chaussures, qu'allait-elle donc lui sortir la prochaine fois ?
Parcourant lentement les rayons pour n'oublier aucun produit, elle en profita pour passer quelques coups de téléphone afin d'en savoir un peu plus.
« Elle a été envoyé en centre éducatif fermé pour vol et prostitution. Ruby Lucas, elle était actuellement en liberté surveillée. » Annonça-t-elle.
« Ruby Lucas ? Ah... C'est un cas cette gamin, elle est bien connue de chez nous. Ça fait un moment qu'elle a disparue de la circulation. J'allais vous le signaler justement... Vous êtes la juge responsable de son dossier ? On l'a appelé tous les soirs pour vérifier qu'elle rentrait bien chez elle mais elle n'a jamais décroché. Elle ne s'est même pas présentée à ses contrôles hebdomadaire. Elle n'est pas chez elle, elle ne répond pas aux appels, je n'avais jamais vu une fauteuse de troubles pareille. C'est une vraie galère cette fille. »
La discussion ne s'éternisa pas, elle raccrocha et paya les différents articles avant de retourner à l'hôpital. Empruntant à nouveau l'entrée des urgences, elle fut étonnée de retrouver sa collègue au niveau de l'accueil, le téléphone à l'oreille.
« J'ai contacté des amis de Ruby pour qu'ils me parlent d'elle, ils ne l'ont pas revu depuis qu'elle a trouvé ce travail chez un coiffeur. Ils ont dit que c'était compliqué parce qu'elle allait y travailler très tôt et qu'elle finissait très tard le soir. » Annonça-t-elle en soupirant.
« Ça n'entre pas dans le cadre d'une violation de probation ? » Questionna la brune, les sourcils froncés.
« Euh... Je n'en suis pas certaine. »
« On en saura plus quand elle se réveillera. Il se fait vraiment tard, vous devriez y aller. »
« Vous venez avec moi ? » Proposa Emma en sachant très bien qu'elle ne pouvait pas se permettre de rester plus longtemps étant donné qu'elle avait une audience, à la première heure, le lendemain matin.
« Non, merci. J'ai beaucoup de question à lui poser quand elle se réveillera. »
Les deux juges se saluèrent et Regina lui promit d'envoyer un message – qu'importe l'heure de la nuit – pour la prévenir si jamais il se passait quoi que ce soit. Elle regarda sa collègue s'en aller et ne put s'empêcher de sourire, l'attention, l'inquiétude dont elle faisait preuves à l'égards de ses enfants était admirable, impressionnante.
Retournant dans la salle des urgences, elle déposa le sac d'affaire à ses pieds avant de venir s'asseoir sur la chaise présente autour du lit. Elle constata alors que l'adolescente aux mèches rouges avaient été perfusée sur le bras gauche. Juste en dessous, au niveau de son poignet, se trouvait un sympathique tatouage de papillon qui était recouvert d'entailles, elles n'étaient pas profondes mais leur rougeur laissait comprendre qu'elles avaient été faites récemment.
Délicatement, elle vint passer sa main le long de son visage endormie pour soulever une mèche de cheveux qui l'empêchait de voir l'entaille qu'elle avait au niveau de la tempe et du crâne. Elle descendit un peu plus bas et baissa légèrement le col de son t-shirt pour détailler les deux importants hématomes qu'elle avait au niveau des clavicules. Continuant son inspection un peu plus loin, elle releva un peu la couverture de l'hôpital pour jeter un coup d'œil à son collant, déchiré, sous lequel on pouvait constater une profonde éraflure qui saignait toujours.
Que pouvait-il bien se passer dans la vie de cette jeune fille pour qu'en plus de toutes ses blessures causées par une tierce personne, elle ait le besoin de s'en causer elle-même ? Avec quel genre de souffrance tentait-elle de se débattre ?
Alors que la brune se posait un nombre incalculable de question sur la vie que devait mener l'adolescente, celle-ci gémit encore de douleur en bougeant doucement la tête sur le côté. Ses paupières eurent du mal à se lever pour faire apparaitre un regard désespérément fatigué.
« Vous êtes réveillée ? Est-ce que ça va ? » Questionna-t-elle, la voix douce.
Ruby la regarda alors avec de gros yeux avant de détailler, avec empressement, l'endroit dans lequel elle se trouvait. L'incompréhension mais aussi la peur était parfaitement lisible dans ses yeux.
« Ne vous inquiétez pas, je vais chercher un médecin. »
« Non, c'est... »
L'adolescente voulu se redresser pour lui attraper le bras, pour l'empêcher de prévenir qui que ce soit mais une soudaine douleur dans ses côtes la foudroya à ce moment-là, l'empêchant de faire le moindre mouvement. Respirant doucement pour garder son calme, elle se releva bien plus lentement tout en essayant de cacher sa grimace de souffrance.
« Je ne devais plus avoir toute ma tête mais là, ça va, je vais bien. Je vais mieux donc je vais pouvoir sortir d'ici. »
Regina croisa les bras sur sa poitrine et se réinstalla, avec une lenteur monstre, sur sa chaise. Son regard, sa posture et même sa manière de respirer firent comprendre à la patiente qu'elle avait tout intérêt à gentiment l'écouter. Elle, qui se préparait à quitter le lit, s'arrêta net pour ne pas subir ses foudres.
« Vous êtes venue au tribunal, au beau milieu de la nuit et vous me dites que ça va ? Je vous mets mal à l'aise ? Vous préférez sans doute parler à la juge Swan. » Annonça-t-elle en sortant son téléphone pour avertir sa collègue blonde.
« Non, je vous assure, je vais bien. »
« Vous, vous dites que vous allez bien mais vos blessures disent le contraire. Peut-être que si je ne les avais pas vu, je vous aurais laissé partir mais il est trop tard pour ça. Je n'ai plus le droit de le faire, je ne peux pas m'autoriser à le faire. Maintenant que je le sais, je vous engage à y réfléchir et à me contacter, voici ma carte. Si vous ne le faites pas, je prendrais des dispositions. J'ai réglé votre facture de soin alors restez à l'hôpital et suivez leur traitement jusqu'à nouvel ordre. »
