Chapitre 2 : La Confrontation des Seigneurs des Ténèbres
Le silence régnait dans le château de Castlevania. Assis sur son trône, Gabriel Belmont—désormais devenu Dracula sentait la pierre froide sous ses doigts, tandis que ses créatures des ténèbres erraient sans bruit dans les couloirs. Chaque battement de cœur du château résonnait en lui, un écho vibrant de la vie immortelle qu'il avait embrassée. Pourtant, quelque chose troublait cette harmonie. Une sensation persistante, un léger écho dans les ténèbres qu'il ne pouvait ignorer.
Gabriel ferma les yeux, se concentrant sur cette perturbation. Une présence, puissante et ancienne, semblait l'appeler à travers les ombres. Ce n'était pas une créature ordinaire. Non, il s'agissait d'un autre Seigneur des Ténèbres, un être qui régnait loin de Castlevania, dans un royaume dont il reconnaissait vaguement les contours. Transylvanie. Mais cette fois, quelque chose était différent. Cet écho ne venait pas d'une dimension lointaine comme celles qu'il avait visitées. Non, il pouvait sentir que c'était la Transylvanie de son propre monde d'origine.
Un frisson parcourut Gabriel. L'écho était une porte vers son monde d'autrefois. S'il le suivait, il pourrait retrouver le chemin de son passé, revenir là où tout avait commencé. Mais un obstacle demeurait : un autre Seigneur régnait sur ces terres, revendiquant le titre qu'il avait conquis. Ce conflit ne pouvait durer. Il ne pouvait y avoir qu'un seul Seigneur des Ténèbres.
Gabriel se leva lentement, les pans de son manteau noir traînant sur le sol de pierre. Un sourire froid se dessina sur ses lèvres. Il avait été choisi par Dieu, béni avec des pouvoirs sacrés en plus de sa force vampirique. Il savait que cet affrontement était inévitable. Et il savait aussi comment cela finirait.
Avec une simple pensée, il fit appel à la magie qui l'unissait au château. Les murs autour de lui semblèrent frémir en réponse à son commandement. Il se concentra sur l'écho, sur la source de cette puissance qui l'attirait. Un souffle de brume noire l'enveloppa, et en un instant, Gabriel disparut du château de Castlevania.
Il réapparut devant un autre édifice, aussi imposant et sinistre que Castlevania. Le château de Vlad Tepes se dressait fièrement au sommet d'une montagne escarpée, ses tours noires perçant les nuages orageux. L'air était lourd, chargé de l'odeur de la mort et du sang. Gabriel fit un pas en avant, ressentant chaque pierre du château répondre à la présence de Vlad. Ici, il n'était pas chez lui, mais cela ne durerait pas.
Les grandes portes du château s'ouvrirent devant lui sans un bruit, comme si elles reconnaissaient l'autorité qui se tenait à leur seuil. Gabriel pénétra dans le hall principal, ses pas résonnant dans le vaste espace. Les ombres dansaient sur les murs, et au bout de la salle, sur un trône de pierre sculpté, Vlad Tepes l'attendait.
Vlad était imposant. Son visage pâle, encadré par de longs cheveux noirs, portait les traces de siècles d'immortalité. Ses yeux, rouges comme le sang, observaient Gabriel avec une intensité froide, sans émotion apparente. Pourtant, derrière ce masque impassible, il y avait une arrogance palpable. Vlad Tepes, le premier Dracula, ne reconnaissait aucun égal.
Gabriel s'arrêta à quelques mètres de lui, les deux Seigneurs des Ténèbres se jaugeant silencieusement. L'air était lourd de tension, chaque respiration amplifiée par la magie sombre qui imprégnait la salle.
— Qui es-tu pour entrer dans mon domaine ? demanda Vlad d'une voix calme mais autoritaire, brisant enfin le silence. Ses paroles étaient mesurées, glaciales, comme si la réponse ne l'intéressait guère.
Gabriel le fixa, un sourire narquois flottant sur ses lèvres.
— Je suis celui qui revendique ce titre depuis longtemps, répondit-il. Je suis Dracula. Le véritable Seigneur des Ténèbres.
Un éclat de colère traversa les yeux de Vlad, mais il ne bougea pas.
— Tu oses revendiquer ce nom, dans ma propre demeure ? siffla Vlad, sa voix prenant un ton plus grave. Ce nom m'appartient, depuis des siècles. Je suis le seul et unique Dracula.
Gabriel, impassible, fit un pas en avant, sentant les ombres se resserrer autour d'eux.
— Tu as régné sur ces terres trop longtemps, Vlad. Mais ton temps est révolu. Il n'y a de place que pour un seul Seigneur, et ce ne sera pas toi.
Vlad Tepes se leva lentement de son trône, sa silhouette imposante projetant une ombre immense dans la salle. Les flammes des torches sur les murs vacillèrent légèrement, comme si elles ressentaient l'onde de pouvoir qui émanait de lui. Sa longue cape noire frôlait le sol, et ses yeux rouges, flamboyants de colère, se plantèrent dans ceux de Gabriel.
— Tu ne sais pas à qui tu t'adresses, Gabriel Belmont, dit Vlad, sa voix chargée d'une autorité indiscutable. Tu oses venir dans ma demeure, dans la terre que j'ai conquise il y a des siècles, pour revendiquer un titre qui n'a jamais été le tien. Je suis le Seigneur des Ténèbres, le véritable Dracula. Tu n'es qu'un imposteur.
Gabriel ne bougea pas, son expression toujours aussi froide et implacable. Il savait que cet échange n'était qu'un préambule à l'inévitable. Pourtant, il savourait cet instant. Il pouvait sentir la fureur monter en Vlad, et il savait que cela ne ferait que l'affaiblir.
— Imposteur ? répéta Gabriel d'une voix calme mais teintée de mépris. Tu te trompes, Vlad. J'ai été choisi par Dieu lui-même. Je suis celui qui a détruit Satan, qui a fait plier les ténèbres à sa volonté. Tu n'es rien de plus qu'une relique, un écho du passé qui s'accroche désespérément à son trône. Ton règne est terminé.
Un rictus de colère déforma le visage de Vlad. Il n'avait jamais toléré que quiconque remette en question sa suprématie. Ses mains se crispèrent, et une aura sombre commença à s'enrouler autour de lui, comme une fumée noire s'échappant de son corps.
— Tu te surestimes, Gabriel, grogna Vlad. Tu crois que quelques victoires te confèrent le droit de défier le premier des Dracula ? Mes pouvoirs sont bien plus vastes que tu ne peux l'imaginer. J'ai régné sur ces terres bien avant que ton nom ne soit même connu. Je suis l'éternité incarnée.
Gabriel hocha lentement la tête, sans quitter Vlad des yeux. Il pouvait sentir la puissance qui émanait de lui, un pouvoir forgé dans des siècles de guerre, de domination et de souffrance. Mais cela ne changeait rien.
— Tu parles d'éternité, murmura Gabriel. Mais l'éternité n'est rien sans un but. Et ton seul but, Vlad, est de t'accrocher à des ténèbres que tu ne maîtrises plus. Tu as peut-être régné ici, mais ces terres ne te sauveront pas. Pas aujourd'hui.
Les deux Seigneurs des Ténèbres se tenaient face à face, chacun sentant la tension croître, prête à éclater à tout moment. Vlad observa Gabriel un instant, son regard plein de mépris.
— Alors soit, répondit Vlad avec un ton final. Si tu cherches la destruction, je te la donnerai. Mais sache une chose : lorsque je t'aurai anéanti, ton nom ne sera plus qu'un murmure dans les ombres, oublié à jamais.
Gabriel se redressa, une lueur froide dans son regard.
— Il n'y aura pas de retour pour toi, Vlad. Pas cette fois.
Un silence lourd tomba sur la salle. Puis, sans un mot de plus, Vlad étendit ses bras, et d'un seul geste, il libéra les ombres qui l'entouraient. La salle entière sembla se contracter, les murs vibrants sous l'onde de puissance qui se déchaînait. Les torches s'éteignirent brusquement, plongeant la salle dans une obscurité totale.
Gabriel resta immobile, ses sens en alerte. Il pouvait sentir Vlad se mouvoir dans les ténèbres, ses pas imperceptibles. Mais Gabriel n'était pas un simple mortel, perdu dans cette nuit surnaturelle. Il ferma les yeux, se concentrant sur la présence de Vlad. La lumière ne lui était pas nécessaire. Les ténèbres faisaient partie de lui, tout comme elles faisaient partie de Vlad.
Soudain, une ombre fondit sur lui. Vlad, sous sa forme de brume, s'élança avec une rapidité fulgurante, visant à frapper Gabriel par surprise. Mais Gabriel avait anticipé l'attaque. Dans un geste rapide, il fit apparaître la Void Sword dans sa main, sa lame glacée émettant une lueur bleutée qui perça l'obscurité. D'un mouvement précis, il para l'attaque de Vlad, repoussant la brume qui tentait de l'engloutir.
— Tu devras faire mieux que cela, murmura Gabriel, sa voix résonnant dans les ombres.
Vlad réapparut à quelques mètres, sous sa forme corporelle. Ses yeux brillaient d'une lueur meurtrière.
— Tu n'as encore rien vu, répondit-il d'un ton glacial.
Le véritable combat venait de commencer.
Les ténèbres autour d'eux semblaient se densifier alors que les deux Seigneurs des Ténèbres s'apprêtaient à livrer bataille. Vlad Tepes, le Dracula originel, était une ombre mouvante, ses pouvoirs s'étendant comme une marée noire dans toute la salle. Gabriel Belmont, devenu Dracula à son tour, tenait fermement la Void Sword, son regard fixé sur son adversaire. La tension dans l'air était palpable, chaque battement de cœur amplifiant l'intensité de l'affrontement à venir.
Vlad fut le premier à attaquer. D'un mouvement rapide, il fit un geste de la main et une vague d'ombres se forma autour de lui. La magie noire qu'il maîtrisait depuis des siècles s'anima, prenant la forme de créatures difformes, des abominations issues des ténèbres. Elles se précipitèrent vers Gabriel avec une férocité sans pareille, leurs mâchoires béantes et leurs griffes acérées prêtes à déchiqueter tout sur leur passage.
Mais Gabriel n'était pas impressionné. Il savait que ce n'était que le début. D'un geste sec, il fit appel à ses pouvoirs sacrés. Un halo de lumière divine éclata autour de lui, balayant les créatures avant même qu'elles ne puissent l'approcher. La lumière les dévorait, laissant derrière elle des cendres noires qui retombaient au sol comme une pluie de poussière.
— Tes créatures ne sont rien face à la lumière, Vlad, déclara Gabriel, sa voix résonnant dans la salle.
Vlad grogna, ses yeux rouges flamboyant de rage. Sans perdre un instant, il leva ses bras au-dessus de sa tête, invoquant un sort ancien. Des éclairs noirs déchirèrent le plafond du château, projetant des éclats d'énergie sombre autour d'eux. Le sol trembla sous l'impact, et la pierre sous les pieds de Gabriel se fissura. Le château tout entier semblait se réveiller, répondant à la volonté de son maître.
Gabriel esquiva les éclairs d'énergie noire, ses mouvements rapides et précis, mais il savait que Vlad n'avait pas encore montré toute l'étendue de son pouvoir. Ce combat n'était que l'entrée en matière.
Vlad se transforma soudain en une nuée de chauves-souris qui fondirent sur Gabriel. Leurs ailes battaient frénétiquement, créant un mur vivant d'ombres et de grincements stridents. Gabriel se concentra, levant la Void Sword devant lui. L'épée émit une onde de froid glacial, et dans un éclat de lumière, elle balaya les chauves-souris, dissipant la nuée en un instant.
— Assez de tes tours, siffla Gabriel en avançant vers Vlad, qui reprenait sa forme humaine.
Vlad recula légèrement, une lueur de surprise traversant son regard. Gabriel s'avançait sans relâche, ses pouvoirs sacrés le rendant presque invincible face à la magie noire de son rival.
— Tu es plus puissant que je ne l'imaginais, admit Vlad d'une voix grave. Mais cela ne suffira pas.
Dans un dernier élan, Vlad leva les bras, et le château tout entier sembla réagir à sa volonté. Des murs de pierre s'effondrèrent, les ombres s'épaissirent, et des créatures nocturnes jaillirent des ténèbres. Loups, chauves-souris, et rats se précipitèrent sur Gabriel, formant un cercle autour de lui, l'enfermant dans une prison vivante de griffes et de crocs.
Mais Gabriel n'était pas un simple mortel pris au piège de la nuit. Il ferma les yeux un instant, laissant le pouvoir divin se manifester. Une lumière éblouissante jaillit de son corps, comme une explosion de pureté au milieu de la noirceur. Les créatures de la nuit hurlèrent de douleur alors qu'elles se faisaient consumer par cette lumière céleste.
— Tu ne peux échapper à la lumière de Dieu, déclara Gabriel en levant la main vers Vlad. Tu as régné trop longtemps, mais ton pouvoir n'est plus.
Vlad recula, sentant la puissance de Gabriel grandir. Il savait qu'il devait frapper vite et fort avant que cette lumière ne le consume à son tour. Dans un dernier geste désespéré, Vlad invoqua sa pleine puissance vampirique. Il se transforma en un immense loup noir, ses crocs scintillant à la lumière des éclairs qui zébraient encore le ciel. D'un bond prodigieux, il se jeta sur Gabriel.
Mais Gabriel était prêt. Avec une rapidité fulgurante, il invoqua à nouveau la Void Sword et la fit tourner dans les airs, traçant un arc de lumière. La lame s'enfonça profondément dans le corps de la bête, transperçant le loup noir de Vlad. Un cri déchirant résonna dans toute la salle alors que Vlad se retransforma en sa forme humaine, blessé, mais toujours debout.
Le combat semblait atteindre son apogée. Gabriel savait que le moment était venu de mettre un terme à ce duel.
— Tes ténèbres ne sont plus qu'une ombre vacillante, Vlad, dit Gabriel, avançant lentement vers son adversaire affaibli. Accepte ta défaite.
Vlad, à genoux, releva la tête, ses yeux brûlant de haine et de défi.
— Je ne mourrai pas si facilement… pas par ta main.
Gabriel le regarda un instant, impassible, avant de lever la Void Sword une dernière fois.
— Alors je t'offrirai une fin digne des Seigneurs des Ténèbres.
Il abattit l'épée, et dans un éclat de lumière divine, la lame pénétra le cœur de Vlad. Ce dernier hurla une dernière fois alors que son corps se consumait lentement, dévoré par la puissance sacrée de Gabriel. En quelques instants, il ne restait plus rien de Vlad Tepes, le Dracula originel, que des cendres balayées par le vent.
Le cri final de Vlad Tepes se perdit dans l'immensité de la salle alors que son corps se désintégrait, consumé par la puissance divine qui émanait de la Void Sword de Gabriel. L'air autour de lui était lourd de magie et de poussière, tandis que les cendres de l'ancien Seigneur des Ténèbres retombaient lentement au sol, balayées par des courants invisibles.
Gabriel abaissa la Void Sword, son regard fixé sur le point où son rival avait disparu. Il ressentait une étrange sérénité. Vlad Tepes, le premier Dracula, n'était plus. Le dernier obstacle à son règne total avait été éliminé.
Mais ce n'était pas encore terminé.
Gabriel sentit une résonance familière émaner du château. Comme si, en détruisant Vlad, il avait libéré quelque chose d'ancien, un pouvoir latent qui n'attendait qu'un maître pour se manifester. Les murs du château tremblèrent légèrement, et Gabriel sentit l'énergie de l'endroit commencer à se lier à la sienne. Le château de Vlad reconnaissait son nouveau seigneur.
Une lueur sombre se forma autour de Gabriel, des fils de magie noire et de lumière s'entremêlant autour de lui. Il pouvait sentir les fondations mêmes de ce château se fondre avec sa propre essence, comme s'il absorbait l'âme même de cette forteresse ancestrale. Ce n'était pas une simple victoire : il était en train d'assimiler le pouvoir du château de Vlad, de l'incorporer dans son propre domaine, Castlevania.
Les murs craquèrent et gémirent, des éclats de lumière noire serpentant à travers les pierres. Le sol vibrait sous ses pieds, et les créatures encore présentes dans les recoins du château fuirent dans l'ombre, terrifiées par la puissance qui émanait de leur nouveau maître. Le processus d'assimilation avait commencé.
Gabriel leva lentement la main, dirigeant la fusion des deux châteaux. Il pouvait sentir chaque brique, chaque pierre, chaque recoin de ce lieu sinistre répondre à son appel. Le château de Vlad Tepes était une extension de son maître, tout comme Castlevania l'était pour lui. Et désormais, ces deux entités allaient devenir une seule et même force, un bastion d'ombre et de puissance, lié à Gabriel pour l'éternité.
Les tours du château de Vlad commencèrent à se distordre, comme si elles étaient aspirées par une force invisible. Les murs se resserrèrent, se plièrent, se transformèrent en une matière éthérée qui se mouvait vers Gabriel. Castlevania, à des dimensions de là, répondait aussi. Une faille s'ouvrit entre les deux dimensions, et à travers cette ouverture, Gabriel pouvait sentir le lien se former, de plus en plus fort.
Le château de Vlad se disloquait, mais ne disparaissait pas. Il devenait une partie de Castlevania, ses pierres et ses secrets s'ajoutant aux ombres déjà épaisses de la forteresse. Les créatures de Vlad, enchaînées à ce lieu depuis des siècles, se soumettaient désormais à la volonté de Gabriel. Il ressentit cette nouvelle obéissance, cette servitude qui lui revenait de droit.
Alors que les derniers vestiges du château de Vlad s'évanouissaient, absorbés dans le tissu même de Castlevania, Gabriel sentit la plénitude de son pouvoir. Il se tenait désormais non seulement en tant que Seigneur des Ténèbres, mais comme le maître d'une forteresse qui englobait tout ce que Vlad Tepes avait autrefois régné.
La fusion fut complète en un dernier éclat de lumière noire. Gabriel se trouvait désormais seul dans ce qui restait de la salle du trône, une vaste pièce vide et froide, les pierres ayant perdu leur éclat ancien. Le château de Vlad n'était plus qu'un souvenir, son essence ayant rejoint celle de Castlevania.
Gabriel ferma les yeux, ressentant le lien avec son propre château se renforcer. Castlevania l'appelait, son propre trône l'attendait à nouveau. Mais il sentait autre chose. Un chemin, une voie qui s'était ouverte. En absorbant le château de Vlad, Gabriel avait non seulement renforcé son pouvoir, mais aussi trouvé une passerelle vers son monde d'origine. L'écho qui l'avait attiré ici l'avait mené à ce moment.
Il pouvait revenir.
Mais il savait qu'il n'était pas encore temps de retourner à Gotham. Pas tout de suite. Il devait d'abord planifier, se préparer à ce que son retour signifiait. Gotham avait besoin de lui, certes, mais lui aussi devait reprendre des forces, et s'assurer que son pouvoir était absolu. Il ne tolérerait aucun autre rival.
D'un geste fluide, Gabriel disparut dans un tourbillon d'ombres, réintégrant Castlevania dans un éclat de lumière sombre.
Dans les profondeurs de son château, Gabriel retrouva son trône. Assis à nouveau dans cette forteresse immense, il sentait la puissance couler en lui. Son regard se porta vers les vastes salles, les couloirs interminables et les créatures qui attendaient ses ordres.
Il était prêt. Prêt à régner, et bientôt, à revenir dans son monde d'origine. Mais pour l'instant, il demeurerait dans son royaume. Le Seigneur des Ténèbres ne se précipiterait pas. Il observerait, il planifierait, et quand le moment serait venu, il frapperait avec une puissance que nul ne pourrait ignorer.
Un sourire glacial se dessina sur ses lèvres. Vlad Tepes n'était plus, et Gabriel Belmont, le véritable Dracula, régnait désormais en maître incontesté.
Le silence régnait à nouveau dans les immenses couloirs de Castlevania. Gabriel, assis sur son trône, ferma les yeux, laissant son esprit vagabonder. La fusion du château de Vlad et de Castlevania l'avait épuisé, mais il savait que cette victoire était cruciale. Pourtant, malgré cette conquête, une partie de lui se sentait encore enchaînée à un passé qu'il ne pouvait pas oublier.
Il avait été bien autre chose avant de devenir Dracula, bien avant que les ténèbres ne s'emparent de son âme. Il avait été un homme de lumière, un guerrier, un protecteur. Les souvenirs de cette époque refirent surface, le ramenant à une époque où il se battait non pas pour régner sur les ténèbres, mais pour les détruire.
Le soleil se couchait à l'horizon, baignant la terre de la Confrérie de la Lumière dans une lueur dorée. Gabriel Belmont se tenait là, son armure étincelant sous les derniers rayons du jour. Il observait les vastes montagnes qui entouraient la forteresse de la Confrérie, son cœur empli de détermination.
Ce jour-là, Gabriel était un homme différent. Il n'était pas encore Dracula, le Seigneur des Ténèbres. Il était un chevalier, un guerrier dévoué à une cause sacrée. La Confrérie de la Lumière l'avait entraîné pour combattre les forces du mal, et il était l'un de leurs plus grands champions.
Dans sa main droite, il tenait le Vampire Killer, un fouet béni par la lumière divine, conçu pour détruire les créatures des ténèbres. Chaque coup qu'il portait avec cette arme envoyait les serviteurs du mal dans l'abîme d'où ils venaient. Le fouet crépitait d'énergie sacrée, une extension de sa propre volonté et de son désir de justice.
Gabriel avança dans les couloirs de la forteresse, croisant des membres de la Confrérie qui le saluaient avec respect. Tous savaient qui il était : le champion de la lumière, celui qui se tenait en première ligne contre les hordes de l'ombre. Il se rappelait de ces jours avec une clarté douloureuse. Des jours où sa mission était pure, sans compromis. Il ne se battait pas pour régner, mais pour protéger.
Ce jour-là, il avait été envoyé en mission pour traquer un démon particulièrement dangereux qui ravageait les villages voisins. Gabriel, comme toujours, avait accepté sans hésitation. C'était son devoir, et il ne connaissait pas de plus grand honneur que de défendre les innocents contre les créatures des ténèbres.
Il chevauchait à travers les forêts sombres, le fouet accroché à sa ceinture, prêt à l'action. Les arbres semblaient se pencher sur lui, comme s'ils voulaient l'engloutir dans leur obscurité, mais Gabriel ne craignait pas l'ombre. Il était la lumière incarnée, un guerrier béni, et il ne reculait jamais devant le danger.
Soudain, un cri déchirant retentit au loin. Gabriel tira sur les rênes de son cheval, levant la tête pour localiser la source du son. Il savait ce que c'était : la créature qu'il traquait depuis des jours. Un démon de la nuit, un être monstrueux qui se nourrissait de l'âme des vivants.
Gabriel poussa son cheval en avant, son cœur battant à un rythme soutenu. Il n'avait pas peur. Il n'avait jamais eu peur. C'était la vie qu'il avait choisie : protéger les innocents, détruire le mal. Il s'était juré de dédier chaque moment de son existence à cette cause, et il n'y avait pas de place pour la faiblesse.
Il arriva dans une petite clairière où le démon l'attendait. La créature était massive, une abomination tordue, ses yeux brillant d'une lueur maléfique. Elle tenait une femme inconsciente dans ses griffes, ses crocs dégoulinant de sang.
Sans un mot, Gabriel dégaina le Vampire Killer et s'élança à l'attaque. Le fouet fendit l'air avec un craquement sonore, l'éclair sacré frappant le démon en plein torse. La créature rugit de douleur, lâchant sa proie et se tournant vers Gabriel, mais elle n'avait aucune chance.
Gabriel fit tourner le fouet avec précision, chaque coup étant un acte de pureté divine. Le Vampire Killer crépitait sous ses doigts, répondant à son appel comme une extension de sa propre volonté. En quelques instants, le démon fut réduit à néant, ses hurlements de rage se dissipant dans le vent.
Gabriel se tenait là, haletant légèrement, regardant les cendres de la créature se disperser. Il avait sauvé une vie de plus, et pourtant, il savait que ce n'était qu'un combat parmi tant d'autres. Les ténèbres étaient toujours là, toujours prêtes à dévorer tout ce qui était bon dans le monde.
Gabriel rouvrit les yeux. Le souvenir s'estompa lentement, laissant place à la réalité de Castlevania. Il n'était plus ce chevalier. Il n'était plus cet homme qui combattait pour la lumière. Le Vampire Killer n'était plus son arme, et la Confrérie de la Lumière n'était plus son allégeance.
Il avait changé. Les ténèbres l'avaient changé. Et pourtant, une part de lui se souvenait toujours de ce qu'il avait été, de ce qu'il avait perdu. Cette dualité entre lumière et ombre, justice et pouvoir, le suivrait toujours. Il avait peut-être gagné ce combat contre Vlad, mais il savait que la bataille en lui n'était jamais terminée.
Gabriel Belmont était devenu Dracula. Mais parfois, il se demandait encore ce que cela signifiait vraiment.
Il se redressa sur son trône, son regard se durcissant à nouveau. Le passé n'avait plus d'importance. Seul l'avenir comptait. Et cet avenir, il le façonnerait avec les ténèbres à ses pieds et la lumière, toujours quelque part en lui, qu'il ne pouvait totalement ignorer.
Le silence dans le château de Castlevania était plus lourd qu'à l'accoutumée. Gabriel Belmont—ou plutôt Dracula—se tenait droit sur son trône, ses pensées tournées vers le passé. Le souvenir de ses jours passés à combattre les ténèbres avec le Vampire Killer dans la Confrérie de la Lumière lui laissait un goût amer. Le monde qu'il avait connu, celui pour lequel il s'était battu avec tant de ferveur, semblait désormais lointain, presque irréel. Mais il savait que ce passé était encore connecté à lui, comme une ombre toujours présente.
Il serra le bras de son trône, ressentant l'immense pouvoir qui coulait à travers son domaine. Son château, désormais fusionné avec celui de Vlad, résonnait avec une puissance nouvelle. Pourtant, une partie de lui regardait au-delà de ces murs, vers un autre monde, celui qu'il avait laissé derrière lui : Gotham.
Depuis son trône, Gabriel pouvait sentir la passerelle vers son ancien monde, ouverte grâce à la fusion des châteaux. Il pouvait presque percevoir les battements de vie de Gotham, une ville plongée dans sa propre noirceur, un lieu où les ombres régnaient presque aussi puissamment qu'à Castlevania. Mais il ne s'agissait pas que de cela. Gotham représentait bien plus qu'un simple lieu. C'était le lien qui le reliait à ce qu'il avait été, à cet homme qui combattait les ténèbres pour protéger l'innocent..
