Chapitre 9 : LeBatman Qui Rit
La Terre était méconnaissable. Autrefois un bastion de vie et de civilisation, elle n'était plus qu'un amas de ruines, de cendres, et d'obscurité. Les cités qui s'élevaient fièrement n'étaient plus que des carcasses fumantes. Perpétua, dans sa soif de pouvoir et de domination, avait tordu les lois mêmes de la réalité, laissant derrière elle un monde brisé.
Au cœur de cette apocalypse marchait le Batman Qui Rit, une version pervertie et démente de Bruce Wayne, née dans le Multivers Sombre. Doté de l'intelligence du Chevalier Noir et de la folie du Joker, il avait semé la terreur dans les mondes qui avaient eu le malheur de croiser sa route. Avec Perpétua, une entité cosmique qui contrôlait les forces de la destruction, il avait remodelé la Terre à son image : une dystopie cauchemardesque où le mal régnait en maître. Les quelques héros restants se battaient désespérément contre des légions de créatures tordues, enfants de ce Multivers Sombre.
Gabriel Belmont, devenu Dracula, se tenait sur une crête, observant les vastes étendues dévastées de ce qui avait été autrefois une ville prospère. Le vent portait encore les échos des cris d'agonie, des affrontements passés, des vies brisées. À ses côtés, Circé restait silencieuse, ses yeux perçant la désolation devant eux. Elle aussi semblait absorbée par l'ampleur des destructions causées par le Batman Qui Rit et ses hordes de cauchemar.
La situation était critique. La Justice League n'était plus qu'une ombre de ce qu'elle avait été. Les héros, autrefois des symboles d'espoir, luttaient maintenant pour maintenir une résistance désespérée contre le Multivers Sombre. Wonder Woman, Superman et Batman, éreintés mais déterminés, préparaient une contre-offensive dans l'espoir de renverser le cours des événements. Mais face à une telle menace, l'issue restait incertaine.
Dracula sentait le poids des événements sur ses épaules. Ce monde, bien que différent du sien, portait des similitudes avec les nombreuses batailles qu'il avait traversées à travers les siècles. La lumière et les ténèbres s'étaient toujours affrontées, et maintenant, il se retrouvait une fois de plus au centre de cette lutte. Mais cette fois, il était une force de rédemption, luttant aux côtés des héros qu'il n'aurait jamais imaginé soutenir.
Circé, quant à elle, restait tourmentée. Sa magie avait été restaurée après l'affrontement précédent, mais quelque chose avait changé en elle. Elle ne pouvait plus ignorer la nature de ses sentiments envers Gabriel. Leur dernier baiser résonnait encore en elle. Pourquoi avait-elle risqué sa vie pour lui, la maîtresse de la manipulation, la sorcière implacable qui n'avait jamais besoin de personne ? Cela la troublait profondément.
— « Il faut que je comprenne pourquoi je me sens ainsi, » murmura-t-elle, les yeux perdus dans l'horizon brisé.
Dracula tourna lentement la tête vers elle, son regard empreint de sagesse et de tristesse. Il avait perçu son agitation. Sa lutte intérieure résonnait avec la sienne. Même après des siècles, l'ombre de Marie planait toujours sur lui, la culpabilité de sa perte pesant lourdement sur son cœur.
— « Nous avons tous des choix à faire, Circé, » dit-il d'une voix grave. « Il n'y a pas de honte à changer de voie. »
Leurs regards se croisèrent, et pendant un instant, l'éclat rouge dans les yeux de Dracula s'adoucit. Il ne laissait que peu transparaître de ses émotions, mais quelque chose en elle lui rappelait son propre combat. Ils étaient tous deux marqués par la puissance et le besoin de rédemption.
Ils décidèrent ensemble d'aider la Justice League. Circé, bien qu'hésitante, comprenait que ce monde était aussi le sien à protéger, même si cela signifiait marcher aux côtés de ceux qu'elle avait autrefois méprisés. Gabriel, lui, savait que la bataille à venir ne serait pas seulement physique, mais aussi intérieure. Ensemble, ils allaient se battre pour l'avenir de cette Terre dévastée, et peut-être, pour leur propre salut.
Le quartier général temporaire de la Justice League n'était plus qu'un vestige de ce qu'il avait été autrefois. Les murs effondrés et les technologies endommagées rappelaient les batailles qui avaient frappé ce sanctuaire. Dans ce chaos, les héros restants se rassemblaient pour une ultime préparation. Wonder Woman dirigeait l'équipe avec son charisme légendaire, Superman et Batman planifiaient l'assaut contre les forces du Batman Qui Rit. Les visages de l'équipe étaient tendus, la fatigue et le désespoir palpable dans l'air.
À l'écart, Dracula se tenait dans l'ombre, observant les préparatifs avec une intensité caractéristique. Il ne faisait pas partie de ces héros emblématiques, mais son rôle dans cette guerre devenait de plus en plus vital. Son regard se tourna vers Circé, qui, malgré son passé de sorcière puissante et manipulatrice, avait choisi de se tenir parmi eux. La sorcière, d'une beauté froide et énigmatique, semblait perdue dans ses pensées.
Dracula s'approcha d'elle silencieusement, ses pas presque imperceptibles sur le sol craquelé. Elle sentit sa présence avant même qu'il ne parle. Elle tourna la tête, ses yeux violets rencontrant les siens.
— « Tu es ici, aux côtés de ceux que tu combattais autrefois, » dit Dracula d'une voix douce mais puissante. « Cela prouve que tu es capable de changement. »
Circé fronça légèrement les sourcils, ses pensées tourmentées par ses propres incertitudes. Elle n'avait jamais été du genre à admettre ses faiblesses, encore moins à se montrer vulnérable devant quelqu'un d'autre. Pourtant, face à Gabriel Belmont, elle ne pouvait nier cette étrange attraction. Il incarnait la rédemption qu'elle n'avait jamais cherchée, mais qu'elle ne pouvait plus ignorer.
— « Je ne suis pas comme eux, Gabriel, » murmura-t-elle. « Je ne serai jamais une héroïne. »
Dracula hocha lentement la tête, son regard s'adoucissant.
— « Peut-être pas. Mais tu n'as pas besoin de l'être. La rédemption n'est pas réservée aux héros. Elle est accessible à tous ceux qui la cherchent. »
Ces paroles frappèrent Circé d'une manière qu'elle n'avait pas anticipée. Elle avait passé des siècles à manipuler, à jouer avec les émotions des autres, mais ici, devant ce vampire millénaire, elle se retrouvait déstabilisée. Il voyait à travers ses masques, et cela la terrifiait autant que cela la fascinait.
— « Pourquoi toi ? » demanda-t-elle, une note de vulnérabilité perçant sa voix. « Pourquoi es-tu celui qui me pousse à remettre en question tout ce que je suis ? »
Dracula prit un moment pour répondre, son regard se perdant un instant dans le passé.
— « Parce que nous ne sommes pas si différents, toi et moi, » dit-il finalement. « Nous avons tous les deux vécu dans l'ombre, poussés par des forces qui nous ont parfois échappé. Mais il y a toujours une voie vers la lumière, aussi ténue soit-elle. »
Circé détourna les yeux, une vague d'émotions qu'elle ne comprenait pas bien la traversant. Elle, la grande Circé, dominatrice de tant de royaumes, se retrouvait soudain confrontée à un désir inattendu : celui de changer, de trouver une nouvelle voie.
— « Et toi ? » demanda-t-elle, cherchant à détourner la conversation. « Que cherches-tu réellement, Gabriel ? »
Dracula soupira légèrement, une tristesse infinie dans ses yeux rouges.
— « La paix avec moi-même, » répondit-il calmement. « J'ai perdu ce que j'avais de plus cher, et pendant des siècles, je n'ai connu que la guerre et la souffrance. Mais ta présence... me rappelle que la paix est peut-être encore possible. »
Un silence s'installa entre eux. Ces mots pesaient lourdement dans l'air, une sorte de connexion silencieuse se formant entre eux. Ils se comprenaient d'une manière que peu de gens pouvaient comprendre, car ils étaient tous deux des créatures de pouvoir et de solitude, cherchant à se réinventer.
— « Alors, tu penses vraiment que je peux changer ? » demanda Circé d'une voix plus douce, presque hésitante.
Dracula hocha lentement la tête.
— « Oui, je le crois. Et si tu le veux, je serai là pour t'aider à trouver cette voie. »
Circé ne répondit pas immédiatement. Elle ne savait pas si elle était prête à accepter cette proposition, mais quelque chose en elle désirait croire que c'était possible. Elle chercha dans les yeux de Gabriel une forme de vérité, une certitude qu'elle pouvait suivre.
Leurs mains se frôlèrent presque inconsciemment, et un courant électrique traversa Circé. Ce contact, si bref soit-il, symbolisait bien plus que des mots. Ils partageaient quelque chose, une connexion que ni l'un ni l'autre ne pouvait nier. Le baiser qu'ils avaient échangé auparavant planait toujours entre eux, un rappel de la complexité de leurs émotions.
Soudain, Wonder Woman s'approcha, interrompant leur moment privé. Son regard déterminé ne masquait pas la fatigue qui pesait sur ses épaules.
— « Le moment est venu, » déclara-t-elle d'une voix ferme. « Nous devons nous préparer à lancer l'assaut. »
Dracula et Circé échangèrent un dernier regard avant de rejoindre les autres héros. L'heure de la bataille approchait, et bien qu'ils soient prêts à se battre pour sauver ce monde, chacun savait que cette lutte représentait bien plus qu'une simple confrontation contre les forces du Batman Qui Rit. Pour eux, c'était une chance de trouver une nouvelle direction, un nouvel avenir.
Alors que Dracula rejoignait les plans stratégiques avec Wonder Woman, Batman et Superman, Circé se tenait légèrement en retrait, observant la scène. Elle avait l'habitude des alliances de convenance, mais celle-ci était différente. Ici, elle se battait non seulement pour la survie de ce monde, mais peut-être aussi pour sa propre rédemption. Et quelque part, cela l'effrayait plus que tout.
Le grondement sourd des créatures du Multivers Sombre se faisait entendre au loin, alors que Dracula et Circé, accompagnés de la Justice League, se préparaient à affronter ces abominations. Le paysage autour d'eux se déformait sous l'influence du chaos, rendant la réalité instable. Chaque pas résonnait comme un avertissement, et la magie sombre s'insinuait dans l'air, alourdissant l'atmosphère.
Wonder Woman fit signe à ses alliés de se préparer. Batman et Superman menaient l'assaut frontal, tandis que Zatanna et Constantine lançaient des sorts de protection pour contrer les déformations de l'espace-temps causées par les créatures. Dracula se tourna vers Circé, ses yeux perçants captant l'anxiété qu'elle tentait de masquer.
« Tu as ta place ici, Circé. Nous combattrons ensemble, et je t'aiderai à trouver ta rédemption, » murmura Gabriel, posant une main réconfortante sur son épaule. La sorcière hocha doucement la tête, acceptant son soutien, mais toujours tiraillée par ses sentiments contradictoires.
Lorsque les premières créatures émergèrent des ombres tordues, Dracula sentit son sang s'agiter, la bête en lui cherchant à se libérer. Les créatures, nées de la folie et du désespoir, ressemblaient à des cauchemars vivants, leurs corps distordus et mouvants défiant les lois de la physique. Dracula invoqua immédiatement la Void Sword, l'arme froide et tranchante matérialisée dans sa main, émettant une lueur bleutée glaciale. Il chargea, se déplaçant à une vitesse fulgurante, son épée perçant le premier monstre qui s'avança vers lui.
À chaque coup de la Void Sword, Gabriel sentait l'énergie vitale de ses ennemis se transférer à lui, réparant les petites coupures que les créatures parvenaient à lui infliger. Le froid émanant de l'épée gelait les membres des créatures, ralentissant leurs mouvements.
Non loin de lui, Circé déchaîna ses propres pouvoirs. Les flammes mystiques dansaient autour d'elle, et des éclairs d'énergie pure fusaient de ses doigts, incinérant des créatures à chaque mouvement. À plusieurs reprises, les sorts de Circé se synchronisèrent avec les attaques de Gabriel. Quand elle créait des boucliers pour contenir les monstres, Dracula utilisait ses Chaos Claws pour percer les défenses les plus solides des ennemis. Ses gants enflammés projetaient des explosions de feu, détruisant les créatures les plus imposantes en un instant.
« Nous devons les repousser jusqu'au cœur de leur propre chaos, » cria Wonder Woman, son épée divine scintillant sous les éclairs de Zatanna. Dracula, sentant la pression croissante des forces du Multivers, acquiesça.
Les créatures semblaient infinies, chaque vague en appelant une autre, plus tordue, plus destructrice. Pour contenir leur avancée, Dracula usa de sa Mist Form, se transformant en brume pour contourner les attaques directes, apparaissant derrière ses ennemis et les décimant avant même qu'ils ne puissent réagir. Cette tactique semait la confusion dans les rangs des monstres, les forçant à combattre une ombre insaisissable.
Circé, quant à elle, utilisait son pouvoir pour sceller des failles dimensionnelles, empêchant de nouvelles abominations de s'infiltrer. Cependant, chaque sort qu'elle lançait rapprochait ses forces de celles de Gabriel, et elle ne pouvait s'empêcher de ressentir un lien grandissant entre eux. À un moment critique, Circé, épuisée, perdit le contrôle d'un sort, mais avant que les créatures ne puissent en profiter, Dracula se transforma en une nuée de chauves-souris, se reconstituant devant elle pour la protéger.
« Je suis là, » murmura-t-il, ses yeux rouges brûlant de détermination. Circé lui adressa un regard plein de reconnaissance, son masque de froideur se fissurant légèrement.
La bataille faisait rage, les créatures du Multivers Sombre continuant à déferler sur eux. Dracula, voyant que l'ennemi commençait à prendre l'avantage, décida de libérer une partie de ses pouvoirs les plus redoutables. Il leva ses bras vers le ciel, et les ténèbres environnantes répondirent à son appel. Le contrôle des ténèbres. Des tentacules d'ombre jaillirent du sol, enroulant et démembrant les créatures, tandis que des illusions se formaient autour d'eux, perturbant la perception de leurs ennemis.
Les ténèbres autour de Dracula semblaient presque vivantes, se tordant et se battant à ses côtés. Dans ce chaos, Gabriel combinait les ténèbres et la lumière divine qui restait en lui. Alors que les forces du Multivers Sombre semblaient inépuisables, Gabriel éleva sa main, appelant à lui la Lumière Pure.
Un faisceau éclatant jaillit de ses mains, illuminant la scène et brûlant les créatures démoniaques. Cette lumière divine, en contraste avec ses pouvoirs ténébreux, révéla à tous qu'il restait encore une part sacrée en lui, une part qu'il n'avait pas abandonnée. Les créatures furent désintégrées par ce rayon de rétribution divine, mais Dracula savait qu'il ne pouvait utiliser ce pouvoir trop fréquemment sans s'épuiser.
« Nous sommes proches, » dit-il à Wonder Woman, qui se battait à ses côtés. « Il ne reste plus qu'à porter le coup fatal. »
Alors que les vagues de créatures du Multivers Sombre s'estompaient sous les coups combinés de Dracula, Circé et la Justice League, un silence lourd s'abattit sur le champ de bataille déformé. Ce silence ne dura qu'un bref instant, car la réalité elle-même commença à se fissurer. Les cieux s'assombrirent, et une aura de terreur émanait de l'espace déformé au-dessus d'eux.
Un rire sombre, déformé, perça l'air, glaçant le sang de tous ceux qui l'entendaient. Le Batman Qui Rit, le maître des ténèbres qui avait remodelé cette réalité à son image, fit son apparition. Sa silhouette menaçante se matérialisa dans une explosion de magie noire, ses yeux rouges brillants d'une malveillance pure. Ses bras couverts de pics métalliques reflétaient la lumière vacillante des flammes, tandis que son sourire malsain s'élargissait, un rictus cruel et terrifiant.
« Vous pensiez vraiment pouvoir inverser le cours des choses ? » ricana le Batman Qui Rit. « Ce monde est déjà à moi. Vous ne faites que retarder l'inévitable. »
Circé, aux côtés de Dracula, sentit le poids de sa présence. Le Batman Qui Rit n'était plus seulement un homme. Ayant absorbé les forces les plus sombres du Multivers, il était devenu une entité cosmique, capable de déformer la réalité à volonté. Mais elle ne recula pas, bien que l'aura terrifiante du monstre fît vaciller ses pouvoirs.
Dracula fixa l'abomination devant lui. Cet être, autrefois une version tordue de Batman, avait cédé au mal absolu. Il n'y avait aucune lueur d'espoir en lui, aucun désir de rédemption. Le seul moyen d'arrêter cette entité était de le détruire, totalement et sans pitié.
Wonder Woman, toujours en tête de la résistance, fit signe à son équipe. « C'est notre dernier combat. Nous l'arrêtons ici. » Sa voix, bien que calme, vibrait d'une autorité indéfectible. Elle dégaina son épée divine, le Lasso de la Vérité à ses côtés, prête à mener l'assaut.
Dracula, à ses côtés, invoqua les Chaos Claws, ses mains entourées de flammes infernales. Il savait que pour abattre un être aussi puissant, il lui faudrait utiliser toutes les ressources de ses pouvoirs vampiriques et divins. Circé, quant à elle, concentra ses forces magiques, ses doigts crépitant de l'énergie brute du chaos et de la lumière combinée. Elle et Dracula se comprirent d'un simple regard : ce combat déterminerait non seulement leur survie, mais aussi leur avenir.
Le Batman Qui Rit, avec un rictus toujours plus large, étendit ses bras et déchaîna une vague d'énergie noire qui fit trembler la réalité. Les bâtiments en ruines autour d'eux s'effondrèrent, et le sol sous leurs pieds se déroba, plongeant tout le groupe dans un abîme de chaos. Des distorsions se formèrent autour de chacun, créant des miroirs cauchemardesques de leurs peurs les plus profondes.
« Tout ce que vous craignez... tout ce que vous avez perdu... est ici, dans mon royaume, » déclara le Batman Qui Rit, sa voix se répercutant dans l'espace distordu.
Dracula réagit immédiatement, utilisant sa Mist Form pour éviter les premières vagues de chaos, se rematérialisant derrière le Batman Qui Rit. Il lança un coup destructeur avec les Chaos Claws, mais fut arrêté net par un bouclier d'énergie sombre. La force de l'impact secoua Dracula, mais il ne se laissa pas abattre.
Pendant ce temps, Circé déploya toute sa puissance magique. Elle lança des éclairs mystiques, chacun visant les points faibles de la créature. Ses sorts, d'une précision mortelle, frappaient avec une force titanesque, mais le Batman Qui Rit, malgré les coups encaissés, riait toujours, semblant se nourrir de leur désespoir.
« Vous ne pouvez rien contre moi, » grogna-t-il. « Je suis l'ombre qui se cache derrière chaque héros, derrière chaque espoir. »
Dracula se concentra, appelant à lui des forces plus anciennes, des forces qui transcendaient le mal incarné par le Batman Qui Rit. Le contrôle des ténèbres était dans sa nature, mais il savait qu'il devait également équilibrer cela avec la lumière. Se souvenant de sa promesse faite à Circé, il invoqua alors une énergie plus pure, plus divine.
La Lumière Pure jaillit une nouvelle fois de ses mains, une lumière capable de brûler les créatures de l'ombre et de purifier même les âmes les plus torturées. Le Batman Qui Rit, surpris par cette soudaine attaque, recula pour la première fois.
Circé profita de cette ouverture. Ses yeux brillèrent d'une intensité magique tandis qu'elle incantait une formule ancienne, un sort de confinement. Les chaînes mystiques qu'elle invoqua se refermèrent sur le Batman Qui Rit, entravant ses mouvements.
« Maintenant, Dracula ! » cria Circé, sa voix tremblante d'effort.
Dracula, voyant l'opportunité, leva la Void Sword, son arme imprégnée de la lumière et des ténèbres. Avec un rugissement, il plongea la lame dans le cœur du Batman Qui Rit, le transperçant d'un coup fatal. L'énergie vitale du monstre s'échappa dans un cri déchirant, alors que son corps commençait à se désagréger, se dissolvant dans le néant.
L'abomination hurla une dernière fois avant de disparaître complètement. Le champ de bataille s'apaisa, les distorsions de la réalité se résorbant lentement, et le silence retomba.
Dracula, épuisé, laissa retomber la Void Sword. Circé, à ses côtés, haletait de fatigue, mais elle était là. Ensemble, ils venaient de détruire l'un des plus grands fléaux que l'univers ait jamais connu.
Le silence pesant de la victoire s'étendait sur le champ de bataille, maintenant calmé. Les distorsions cosmiques et les vagues de chaos avaient disparu, laissant place à un calme étrange et presque irréel. La Justice League se tenait là, épuisée mais triomphante. Les ténèbres qui menaçaient de tout engloutir étaient enfin repoussées, et le Multivers Sombre n'était plus.
Dracula se redressa lentement, son regard se posant sur Circé, qui était à ses côtés. Elle semblait tout aussi exténuée que lui, mais une lueur persistait dans ses yeux. Une lueur de satisfaction, mêlée à un sentiment profond de libération. Elle avait joué un rôle crucial dans cette bataille, non pas pour elle-même, mais pour un bien plus grand, un sacrifice qui l'avait changée.
Gabriel Belmont, dans son cœur vampirique, sentait le poids de cette transformation chez Circé. Elle avait surmonté son propre désir de pouvoir pour contribuer à une cause plus noble. Il s'approcha d'elle, incertain de ce qu'il devait dire, mais sachant qu'il devait exprimer ce qu'il ressentait.
« Circé… » murmura-t-il, sa voix grave brisant doucement le silence. « Je savais que tu avais en toi cette force. Ce n'est pas seulement ta magie qui nous a sauvés aujourd'hui… c'est aussi ton cœur. »
Circé tourna lentement la tête vers lui, un sourire fatigué se dessinant sur ses lèvres. « Ne me donne pas trop de crédit, Gabriel. Je fais toujours ça à ma manière, » répondit-elle, dans une tentative de légèreté.
Cependant, Dracula ne fut pas dupe. Il savait que derrière ces mots se cachait une vérité plus profonde, une bataille interne qu'elle continuait de mener. Sa transformation n'était pas seulement magique ou physique, c'était aussi une lutte émotionnelle et psychologique. Circé n'était pas habituée à se montrer vulnérable, et elle cachait cela derrière son sarcasme habituel.
Mais Gabriel ne laissa pas cette barrière l'empêcher d'aller plus loin. Il approcha, doucement, et posa une main sur son épaule.
« Tu as fait plus que ce que tu veux bien admettre, » dit-il doucement, son regard perçant plongeant dans celui de Circé.
Elle baissa les yeux, soudain déstabilisée par cette sincérité. Ses doigts tremblèrent légèrement, et dans un élan qu'elle ne contrôlait plus, elle brisa sa façade.
« J'ai toujours voulu le contrôle, Gabriel… sur tout. Sur les autres, sur moi-même, sur le monde. » Ses mots étaient doux, presque hésitants, alors qu'elle levait à nouveau les yeux pour croiser les siens. « Mais aujourd'hui, j'ai compris que parfois, le vrai pouvoir… c'est de lâcher prise. De permettre à quelqu'un de… de nous aider. »
Gabriel ne répondit pas immédiatement, mais son silence en disait long. Il comprenait parfaitement ce qu'elle ressentait. Lui aussi, autrefois, avait cherché à dominer et à maîtriser son destin, jusqu'à ce qu'il se retrouve piégé dans son propre labyrinthe de ténèbres. Et tout comme elle, il avait découvert que le véritable chemin vers la rédemption passait par l'acceptation, et non par la domination.
Circé, visiblement troublée par cette révélation, tenta de détourner la conversation. « Alors, qu'est-ce qui se passe maintenant, Dracula ? Le monde est sauvé, les ténèbres repoussées… et nous ? »
Gabriel sourit doucement, un sourire rare, mais sincère. « Nous avons encore beaucoup à découvrir… sur ce que cela signifie d'être à la fois des créatures des ténèbres et des porteurs de lumière. »
Leurs regards se croisèrent à nouveau, et cette fois, c'était Circé qui fit le premier pas. Lentement, elle s'approcha de lui, hésitante, mais résolue. Puis, dans un geste aussi doux qu'inattendu, elle l'embrassa.
Gabriel, bien que surpris, répondit à ce baiser avec une douceur qu'il n'avait pas ressentie depuis des siècles. Leurs lèvres s'effleurèrent dans un moment d'intimité fragile, mais profond. C'était un baiser qui symbolisait bien plus qu'une simple attirance. C'était une promesse silencieuse, une union de deux âmes en quête de rédemption.
Pendant ce temps, à quelques mètres d'eux, Wonder Woman et les autres observaient la scène en silence. L'amazone était celle qui comprenait le mieux ce qui venait de se passer. Elle avait vu le changement en Circé, tout comme elle avait vu Dracula lutter contre ses propres ténèbres. Elle s'approcha lentement d'eux.
« Vous avez tous les deux prouvé que même dans les ténèbres les plus profondes, il est possible de trouver la lumière, » dit-elle avec un sourire léger.
Dracula et Circé se regardèrent, unis dans cette quête de rédemption. Ce moment marquait non seulement la fin d'une bataille, mais le début d'une nouvelle vie. Une vie dans laquelle ils se battraient, non pas l'un contre l'autre, mais ensemble, contre les forces qui cherchaient à les entraîner à nouveau dans l'ombre.
