Pendant ce temps, chez Julie.
À peine rentrer, Julie se lança sur son ordinateur. Grace offusquée.
Grace : tu ne vas quand même pas faire des recherches sur papa ?
Julie : il ne nous laisse pas vraiment le choix.
Grace : je refuse d'être complice de cela. Je rentre.
Julie : je ne te crois pas. Toi comme moi, tu veux savoir. Tu n'oses juste pas te l'avouer.
Grace : c'est faux ! Papa nous a déjà tous racontées. C'est toi qui penses qu'il cache un secret.
Julie : je suis journaliste, je le sens quand quelqu'un me ment. Et papa nous cache des choses grave, j'en suis persuadé. Sinon, il accepterait facilement que l'on vienne avec lui.
Grace : tu vas réellement enquêter sur notre propre père ?
Julie : oui
Grace : dans ce cas, je monte me coucher.
Julie regarde sa petite sœur monter à l'étage. Un brin de culpabilité la submergea, mais la curiosité était plus forte. Elle lança une recherche sur Éric Taylor sur ses sites d'archives d'article de presse, datant entre 1970 à 1990.
Elle tomba sur des articles élogieux sur son père, âgé d'une dizaine d'année.
« Éric Taylor, le nouvel espoir du football »
Éric Taylor, le fils du médecin de renom, John Taylor, a impressionné lors du match local, pour les moins de 10 ans. Son coach, le respectable Timothy dit à propos de son poulain : « Ce petit a tout ce qu'il faut pour être un grand joueur. Croyez-moi, nous entendrons parler de lui très longtemps. »
« Éric Taylor gagne le concours « jeune talent, en art. »
Il semblerait que le jeune Taylor ait plusieurs cordes à son arc. Nous le connaissons tous comme étant un petit prodige du football. Maintenant, nous découvrons, avec étonnement que notre star locale est aussi un prodigue du dessin. Éric a obtenu la première place, devant des centaines d'autres concurrents. Grâce à cette première place, Éric a pu visiter le musée d'Art de Chicago, un voyage tous frais payés pour lui et sa famille. Le médecin et sa femme peuvent être fiers de leurs fils.
Julie était abasourdie. Son père, un prodigue en dessin ? Son père semblait avoir une enfance des plus heureuse. Qu'est-ce qu'il s'est bien pu passer pour qu'il finisse complice d'un braquage et interné dans un boot camps ?
« John Taylor est victime d'un grave AVC, le laissant temporairement paralysé. »
Le 17 septembre dernier, John Taylor, accompagné de sa femme et de son fils, était en visite en ville, pour assister au match des Dallas Cow-boy, quand il tomba, inerte devant sa famille. Il a été transporté à l'hôpital rapidement. Sans doute, ce qu'il lui a sauvé la vie. Le Dr Taylor a fait un AVC. Des séquelles sont à déplorer, le paralysant temporairement de ses membres inférieurs. Mary Taylor envisage de déscolariser son fils pour vivre auprès de son mari pendant ses longs mois de rééducation. Espérons que cette tragédie ne ruine pas l'avenir de notre vedette local.
Julie : oh mon Dieu, c'est donc cela dont papa parlait. Ça dut être horrible ! Mais attend, c'étaient le jour de ses 13 ans. Ça explique bien des choses. Papa déteste fêter son anniversaire.
Julie chercha un peu plus loin.
« Éric Taylor, virer de l'équipe ! »
C'est une bien triste nouvelle pour la ville, mais malheureusement prévisible. Après six mois d'absence, Éric a enchaîné les problèmes de comportement. Fugue à répétition, insulte envers les professeurs, jusqu'à l'action de trop, hier soir. Bagarre sur le terrain, en pleine retransmission en direct du match local, avec le quarterback titulaire. Un acte impardonnable. On dirait bien que la carrière du jeune Taylor soit déjà finie. Quel gâchis !
« L'unité de recherche sur la paralysée, vandalisée ! Le coupable présumé, le fils du Dr Taylor »
L'unité dirigée par le respectable Dr Taylor a été vandalisée, hier soir. Le coupable ? Son propre fils ! On dirait bien que l'AVC du Dr Taylor a brisé une famille, qui semblait, heureuse sous tous rapport. La police s'est rendue au domicile des Taylor pour procéder à l'arrestation d'Éric Taylor. Son père a annoncé que son fils avait quitté définitivement le domicile familial plus tôt dans la journée. Il a même affirmé, je cite : « Je n'ai plus de fils à partir d'aujourd'hui ». Si quelqu'un a aperçu Éric Taylor dans ses dernières 24 h, veuillez-le signalé au shérif local.
Julie : papa accusé de vandalisme ? Mais pourquoi ? Ses problèmes avec la justice venaient donc de là ? Et ou est-il parti ensuite ?
Elle chercha, mais ne trouva rien. Juste un article du procès, 8 mois après les faits. Le procès indique que son père avait écopé d'une mise à l'épreuve d'un an. Quelques mois plus tard, son père se faisait arrêter, pour braquage à main armée. Une peine de 4 ans de prison a été demandée, mais son avocat a pu lui obtenir une peine de six mois à suivre dans le boot camps de San-Antonio. Les témoignages de Chucky et Tami Tal ont aidé au verdict.
Julie : maman ? Maman a témoigné lors du procès. Alors c'est à ce moment qu'ils se sont connu, ou alors c'était encore avant ? Et ce Chucky, qui était-il ?
Julie, en cherchant des informations sur sa mère, elle tomba de haut. Sa mère était issue de bonne famille. Elle ne l'avait jamais su. Pourquoi elle n'avait pas dit une chose aussi importante. Et pourquoi elle n'avait jamais vu ses grands-parents maternels ?
Elle chercha des informations sur la famille Tal, de Dallas. Le Dr Tal était un grand médecin, et prix Nobel de recherche dans la paralysie. Mme Tal passait son temps dans les soirées mondaines. Elle était active dans des œuvres caritatives.
Elle décida de lancer une recherche sur son père, à Dallas pour savoir si ses parents s'étaient rencontrés là-bas.
Après un moment à faire défiler des articles, elle tomba sur la photo de son père, très jeune.
« Un SDF victime d'une attaque au couteau dans le quartier…le laissant dans un état très critique ». Appel à témoin lancer pour découvrir son identité. D'après les médecins, son diagnostic vital est sérieusement engagé. Nous aimerions que sa famille puisse être présente pour les derniers adieux.
Soudain, on frappa à la porte. Julie regarda par la fenêtre. Son père était là.
Julie : papa, mais il est 2 h du matin. Qu'est-ce que tu viens faire ici si tard ?
Éric : je n'arrivais pas à dormir, et toi non plus visiblement ? J'ai pensé qu'on pourrait discuter tous les deux.
Julie : je… oui bien sûr, rentre.
Les yeux d'Éric se posèrent sur l'ordinateur de sa fille, un article sur lui à l'écran.
Julie : je suis désolé papa… je n'aurai pas dû faire ça.
Éric : tu n'aurais pas dû, effectivement. Mais bon, vu la tournure de la soirée, c'était prévisible. Pose-moi toutes les questions que tu veux.
Julie : tu avais raison, il y a des choses qu'on doit garder secret pour préserver l'équilibre familial. (Julie éclata en sanglots.)
Éric tira sa fille vers lui, l'invita à s'asseoir sur ses genoux et la câlina.
Éric : je t'ai déçu, je le sais. Je suis désolé, Julie.
Julie leva les yeux, choquée par les propos de son père : comment peux-tu penser cela papa ? Tu ne me décevras jamais. Je viens de réaliser que tu es un miraculé. Personne ne pensait que tu survivrais à cette attaque au couteau, et pourtant, tu es là. J'ai pris conscience de beaucoup de choses aussi sur notre relation. Je me souviens comment tu as réagi lorsque j'ai fugué avec Matt pour un stupide concert. Je pensais que tu avais eu une réaction disproportionnée, mais en vérité, tu avais juste peur que je reproduise ta propre fugue. J'étais un peu rebelle, et je ne me rendais pas compte à quel point cela a dû t'infecter. Je suis désolé papa.
Éric ému : je voulais être le meilleur père possible pour toi.
Julie entrelaça son père : tu es le meilleur papa du monde.
Éric : je t'aime ma puce.
Le père et la fille restèrent un moment, entrelacés, l'un à l'autre.
Julie : papa, je veux aller avec toi et maman à Brenham. Tu n'as plus à garder tout cela pour toi. Je suis ta fille, et je veux te soutenir comme tu as pu me soutenir tout au long de ma vie.
Éric hésitant : je ne sais pas trop…
Julie : s'il te plaît papa. Je ne suis plus une petite fille, mais une adulte. Une adulte qui veut être là pour son père. Et je suis une mère de famille maintenant. Je veux que mon enfant sache que son grand-père est quelqu'un de fort et de courageux. Je veux pouvoir lui raconter tout ce que tu as vécu, pour qu'il se dise que son grand-père est le meilleur modèle qu'il puisse avoir dans la vie.
Éric : très bien Julie, c'est d'accord.
Julie : vraiment ?
Éric : j'espère ne pas le regretter, mais oui, tu peux venir.
Julie : merci papa !
Éric : par contre, je veux que tu me promettes de partir si vraiment s'est trop dure pour toi.
Julie : papa, je viens de découvrir que tu as vécu dans la rue, que tu as failli finir en prison, ou pire, mourir poignardé. Qu'est-ce que je peux apprendre de plus horrible que cela ?
Éric : ce que je veux dire, c'est que, là-bas, je ne sais pas comment je vais réagir à tout cela. Je veux te protéger, alors je te demande de venir me parler si tu en ressens le besoin. J'ai commis cette erreur avec ta sœur et toi pendant ma longue acceptation de ma paraplégie. Vous en avez souffert, je le sais. Je ne veux surtout pas que cela se reproduise. D'accord ?
Julie : promis papa.
Au petit matin, Grace découvrit sa sœur et son père, endormi sur le canapé du salon. Une scène attendrissante, en vue de la soirée d'hier. Au même moment, un coup à la porte se fit entendre.
Grace : bonjour maman, je suppose que tu cherches papa.
Tami : oh merci mon Dieu ! J'étais paniqué de ne pas le voir à mes côtés ce matin.
Grace : viens, il est dans le salon, mais doucement.
Grace guida sa mère jusqu'au salon.
Grace : ils ne sont pas mignons.
Tami souris : oui très. La dernière fois que j'ai vu Éric dormir avec Julie dans ses bras remonte lorsqu'elle était toute petite.
Le petit Henry décida de rompre le silence qui régnait dans la maison. Tami s'empressa d'aller voir, mais Julie se réveilla brusquement.
Julie : mon Dieu, quelle heure est-il ?
Tami : il est un peu plus de 8 h et le petit Henry a fini sa nuit.
Éric : mmh… qu'est-ce qui se passe ?
Julie : on s'est endormi sur le canapé.
Tami : bien dormi mon chéri ?
Éric : mince… désolé chérie.
Tami : laisse-moi un mot la prochaine fois que tu découches, ça m'évitera de me faire un sang d'encre.
Éric : on a discuté longtemps et puis on a dû s'endormir. Excuse-moi.
Julie : maman, il faut que tu saches que j'ai rompu votre confiance. J'ai utilisé mes accès de journaliste pour enquêter sur papa, et toi.
Tami : ah quoi bon, c'était prévisible.
Éric : c'est exactement ce que j'ai dit. Nous avons beaucoup discuté. J'ai pris ma décision. Julie viendra avec nous.
Tami : tu es sûr de toi ?
Éric : oui, tout à fait sûr.
Grace : moi aussi, j'ai réfléchi, et je ne suis pas sûr de vouloir venir finalement. Je ne me sens pas prête d'affronter tous cela papa.
Éric : je comprends ma puce. Je demanderai à mes parents de rester à Chicago, le temps que nous soyons partis.
Grace : je peux rester toute seule, tu sais. Et pis, j'ai Nathan avec moi.
Éric : j'ignore combien de temps, nous partirons. Je serai plus rassurée de te savoir en sécurité avec mes parents.
Grace : d'accord papa.
Éric : bon, je vais modifier notre réservation. Julie, tu peux m'aider à me lever. Je me sens tout engourdi de ma nuit sur le canapé.
Julie : bien sûr papa. Tiens, prends ma main. Grace, tu peux me rapprocher le fauteuil de papa s'il te plaît ?
Pendant que les filles aidèrent leur père, Tami posa le petit Henry dans son couffin, et prépara son biberon.
Julie : merci maman, je vais prendre le relais.
Tami : ça me fait plaisir de pouvoir m'occuper de mon petit-fils.
Julie : dans ce cas, je vais prendre ma douche.
Éric : quand dois rentrer Matt ?
Julie : dans la soirée, pourquoi ? Je suis sûr qu'il sera d'accord pour que je parte avec vous, si c'est cela qui t'inquiète.
Éric : oh non, je me disais juste qu'on pourrait passer la journée ensemble. Une petite virée sur le lac, en famille.
Tami : et l'école ?
Éric : Nathan peut prendre en charge l'entraînement d'aujourd'hui. Et pour le reste, je pense que ses gamins ne diront pas non à une journée de détente.
Tami : eh bien, dans ce cas, je dis oui à l'escapade en famille.
Julie : moi aussi.
Grace : partante aussi.
Éric : super ! J'ai besoin de prendre une douche et de me changer. Je reviens dans une heure.
Tami : je viens avec toi chéri. À toutes de suites les filles.
Julie : à toutes de suites.
À la maison.
Tami venait d'arriver, suivie de près par son mari qui avait pris sa propre voiture cette nuit.
Éric se précipita vers leur chambre, mais Tami voulait savoir ce qui s'était passé cette nuit.
Tami : alors, qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis sur Julie ?
Éric : Julie m'a dit des choses très émouvantes cette nuit. Elle ne m'a absolument pas jugé, au contraire même. Elle s'est même excusée sur son propre comportement d'adolescente. Elle m'a expliqué à quel point c'était important pour elle de savoir tous sur moi, pour qu'elle puisse le dire à son propre fils à quel point son grand-père est courageux et un exemple à suivre. (sourire). Je ne pouvais pas continuer à lui dire non.
Tami : est-ce que cette conversion t'a rassurer sur tes craintes ?
Éric : oui, vraiment.
Tami : tu es sûr de cela ?
Éric : qu'est-ce que tu veux dire par là ?
Tami : cette journée en famille que tu décides comme ça, d'un coup de tête. Ce n'est pas ton genre.
Éric : j'ai juste envie de profiter de nos filles avant qu'on soit séparé durant je ne sais pas combien de temps. Maintenant, si tu me le permets, j'aimerais prendre une douche.
Tami : Éric ?
Éric : ne t'inquiète pas d'accord. Je veux juste passer une journée hors du temps, avec les personnes qui me sont chères. Hier, était éprouvant pour moi, et les jours qui suivront sans doute aussi.
Tami posa sa main simplement sur l'épaule de son mari qui avait maintenant le dos tourné. Éric déposa sa main sur celle de sa femme. Il sentait sa gorge se nouer. Tami se hissa doucement à ses côtés. Elle sentit Éric au bord des larmes.
Tami : ses jours seront éprouvants, certes, mais je suis sûr que tu en ressortiras des choses positives. Et pour être franche, ça me plaît beaucoup de revivre cette période de nos vies. Nos débuts de couple, tu t'en souviens.
Éric penseur : comment l'oublier.
Tami : tu crois que notre premier appartement existe encore ?
Éric : on le découvrira par nous-même.
Tami : c'est vrai ?
Éric : j'ai autant d'excitation que d'appréhension, à retourner à Brenham.
Tami : je sais, moi aussi.
