Quelques instants plus tard, chez Will.
Éric : bonsoir tout le monde. Désolé, il se fait tard. Coach m'a ramené.
Will: vous resterez bien pour dîner, coach.
Coach : avec plaisir.
Éric : coach, vous vous rappelez de ma femme Tami ?
Coach : bien sûr.
Tami : ravie de vous revoir.
Éric : et voici ma première fille, Julie, que vous avez vue tout bébé.
Julie : bonjour monsieur
Coach : pas de monsieur entre eux nous. Appelle-moi Timothy, ou Tim.
Julie : alors, comment vous vous êtes rencontré, avec mon père ?
Tami : Julie !
Éric : je vous l'avais dit que ma fille était impatiente de connaître les moindres détails sur son vieux père.
Coach : je vois. Tu ressembles beaucoup à ton père, toujours aller droit au but. Je vais donc te répondre que je connais ton père depuis son plus jeune âge. Je l'ai entraîné alors qu'il n'avait que 6 ou 7 ans. Nos chemins se sont à nouveau croisés des années plus tard, pendant que je faisais une intervention dans le boot camps de San-Antonio. Je lui ai proposé de venir me rejoindre à sa sortie et il est venu.
Éric : c'était la meilleure décision de ma vie.
Julie : et comment était-il ?
Coach : un jeune homme rempli d'une immense colère intérieure. Malgré les apparences qu'il se donnait, c'était un bon gamin. Il avait juste besoin qu'on le guide vers la paix intérieure.
Julie : pourquoi tu étais en colère papa ?
Éric : Julie, ça suffit pour ce soir, d'accord ? Passons une soirée tranquille. Promis, demain, on discutera de tout cela.
Coach : Julie, tu sais, il ne faut pas en vouloir à ton père de t'avoir caché beaucoup de choses. Ce n'est jamais simple de parler de chose traumatique avec ses proches.
Will : Jade et moi, nous n'avons pas tout de suite dit la vérité à nos propres enfants. J'ai parlé à mon fils lorsqu'il a commencé ses conneries. Cela a aggravé les choses entre lui et moi.
Éric : j'ai toujours eu honte de mon passé, mais, voilà dans la vie, il y a des épreuves qui t'obligent a regarder en arrière. Je dois avouer que je suis heureux d'avoir retrouvé les 2 personnes qui comptaient le plus dans ma vie.
Will : on s'était promis de se revoir, nous-y voilà.
Coach : je peux dire une prière ?
Will : allez-y coach.
Le groupe se donna la main, et ferma les yeux pour prier.
« Merci Dieu de nous avoir donné cette chance unique de nous retrouver, et de parler de tous les non-dits qui nous ont séparés pendant ses vingt dernières années. Raph, tu es toujours resté dans nos cœurs, et ça ne m'étonnerai pas que tu sois à l'origine de tous cela. Merci de nous donner cette opportunité. Amen »
Le groupe : amen.
Julie : qui est Raph papa ? Promis, ça sera ma dernière question pour ce soir ?
Éric : Raph était un très bon ami. Nous formions un trio inséparable avec Will. Il s'est suicidé à cause d'une blessure au cou qui l'a paralysé entièrement. C'était dur pour nous tous. Après ça, nous sommes tous parti chacun de notre côté sans jamais se revoir jusqu'à aujourd'hui.
Will : un excellent ami que nous n'avons pas réussi à sauver.
Julie : c'est triste comme histoire. Tu as dû beaucoup penser à lui avec ta paraplégie, papa ?
Éric : effectivement. La différence avec Raph, c'est que j'ai eu votre soutien. Raph n'avait plus de famille. C'était nous deux sa famille. Raph aimait la vie plus que tout, c'était le blagueur de la bande, le mec qui te redonnait le sourire si tu n'allais pas bien. Et c'est ce qu'il a fait jusqu'au jour de sa mort. C'était le choc pour nous.
Julie : je suis désolé papa.
Éric ému : ne t'excuse pas ma puce. Je suis ravi de parler de Raph. Ça fait si longtemps.
Will : tu veux voir une photo de lui, Julie ?
Éric : tu as des photos ?
Will : tu ne te rappelles plus que j'adorai vous prendre en photo ? J'en ai des tonnes. Et même vos photos de mariage.
Julie : oh oui oh oui !
Tami : j'ignorai que tu avais des photos de notre mariage.
Will : je voulais vous en faire la surprise. Je voulais vous faire un beau livre "souvenir". Je l'ai reçu des mois plus tard. Et Raph est mort. Mais je l'ai gardé très précieusement. J'espérai vous l'offrir un jour. Le moment est venu, on dirait bien.
Will s'absenta quelques minutes et réapparu avec un magnifique livre orné d'or.
Will : voici mon cadeau de mariage avec 25 ans de retard.
Éric prit le livre dans ses mains. Une photo de couple marié sur la couverture, entourer par un cadre d'or.
Tami : nous étions tellement beaux. N'est-ce pas mon amour ?
Eric : tu portais cette robe avec élégance ma chérie.
Tami : c'est ce que je constate.
Julie choquée : attendez, vous n'avez jamais vu vos photos de mariage ?
Tami : non.
Julie : pourquoi ?
Tami : nous avons fait un mariage secret. Aucun de tes grands-parents n'était au courant de ce mariage, sinon nous n'aurions jamais pu nous marier.
Julie choquée : mariage secret !
Tami : mon père désapprouvait ma relation avec ton père. Et le père d'Éric désapprouvait le faîte qu'il entretienne une relation amoureuse, que ce soit avec moi, ou une autre femme d'ailleurs.
Julie : pourquoi ?
Éric : j'étais, disons instable psychologiquement avec un casier judiciaire long comme le bras. Mon père voulait me faire interner dans un asile psychiatrique. Coach s'est porté garant pour moi, et je n'ai plus jamais voulu voir mon père. Nous nous sommes mariés en cachette, et couper les ponts avec tout le monde.
Julie : ça explique pourquoi vous n'avez pas beaucoup de photo de votre jeunesse. Je n'y avais jamais fait attention jusqu'à l'accident de papa. Pendant ton coma, j'ai fouillé dans nos photos de famille et je n'ai jamais retrouvé la moindre photo avant ma naissance.
Tami : tu ne m'en as jamais parlé ?
Julie : ben, je ne voulais pas te faire de la peine. Tu étais optimiste pour papa. Alors que moi, enfin, je me préparai au cas où il aurait des séquelles graves sur son cerveau. Alors, j'ai cherché des photos qui retraçaient toute notre vie de famille pour pouvoir les montrer à papa lorsqu'il sortirait du coma.
Éric ému : c'est vrai ?
Julie hocha simplement la tête, les larmes coulaient le long de ses joues. Éric tendit sa main vers son visage, et lui essuya ses larmes.
Éric : j'ai tellement de chance d'avoir une fille telle que toi. Je t'aime ma puce !
Coach : tu vois Éric, j'avais raison quand je te disais que tu serais un excellent père. Vous faites vraiment plaisir a voir tous les deux.
Julie : l'accident de papa a changé beaucoup de choses dans mon esprit.
Coach : c'est important de profiter des gens que l'on aime, tant que nous le pouvons.
Will : je suis d'accord avec ça.
Tami pour détendre l'atmosphère : bon, je meurs d'impatience de regarder notre album de mariage.
Éric sourit à sa femme et commença à tourner la première page. La première photo montrait Tami dans l'allée.
Julie : tu avais une très belle robe de mariée maman !
Tami : j'avoue que cette robe était vraiment belle. Jade, tu as vraiment fait du bon travail.
Julie : c'est vous ?
Jade : Tami m'a aidé quand même.
Tami : oh, tu parles, je n'ai vraiment pas fait grand-chose. Tout le mérite te revient.
Jade rougit : merci
La deuxième photo montrait Éric, fière et souriant, au pied de l'autel.
Julie : c'est toi papa ? Mon Dieu, tu fais tellement jeune. On croirait que tu as 16 ans.
Tami : un visage angélique.
Will : ouai, un vrai tombeur. Les filles acclamaient son nom dans le stade. Elles étaient toute raide dingues de lui.
Éric rougit : il faut toujours que tu exagères.
Will : pas du tout.
Éric : bon continuons.
La troisième photo, un cliché approché d'Éric et de Tami écoutant le prêtre. Leurs mains entrelacées. Et la quatrième photo, c'était l'échange des vœux. Éric regardait amoureusement Tami, tout en lui passant la bague au doigt. Et la cinquième photo, s'était le baisé des jeunes mariés.
Julie : elle est vraiment magnifique cette photo. Vous êtes tellement beaux tous les deux.
Tami taquina Éric : c'est vrai que nous sommes beaux !
Éric : est-ce que je t'ai déjà dit que tu es la plus belle femme qui existe sur terre ?
Tami : des milliers de fois mon chéri !
Éric tourna, à nouveau les pages de l'album souvenir. Il y avait une photo de groupe, avec les témoins.
Julie : il y a qui sur cette photo papa ?
Éric : Will, et à côté, s'est Raph. Juste à côté de ta mère, s'est Derek, son meilleur ami de l'époque.
Julie : c'est lui Raph alors ? Il avait l'air d'être un farceur.
Éric : oh oui !
Will : tourne la page Éric.
Éric s'exécuta. Il y avait une photo, d'eux trois, faisant des grimaces. En dessous, été inscrit « à mes frères de cœur. »
A travers cette photo, Julie découvrait son père sous un nouveau jour. Une joie rayonnait en lui. Elle voyait son père s'amusait et si détendu. Elle ne l'avait jamais vu comme ça. Bien sûr, ça lui arrivait de s'amuser, mais pas en total lâcher prise comme sur cette photo.
Éric regardait cette photo de façon nostalgique.
Julie : je suis choqué de voir le grand Éric Taylor en totale roue libre.
Will : humm, j'ai des souvenirs de soirée, bien pire que sur cette photo.
Éric gêné : non Will !
Tami : tu veux parler de la soirée du nouvel an 92 ?
Éric : mais chérie ! Tu te lègues contre moi ?
Coach : ah, cette fameuse soirée ou Éric a battu le record de l'école du Beer pong complétement ivre. Record jamais égalé au passage.
Julie : c'est quoi cette histoire papa ? Raconte.
Éric : juste une connerie complètement inconsciente.
Will : Eric a bu 20 shoots d'affilés au beer pong. Alors au début, ça allait, mais au bout d'une quinzaine, il était complètement saoul, mais il arrivait quand même à viser le verre. Un as. Il aurait dû jouer quarterback, il aurait fait un malheur.
Éric : j'ai eu un mal de crâne horrible pendant des jours.
Tami : champion de beer pong, ça se mérite mon chéri.
Éric : tu dis ça, mais à l'époque, tu étais agacé par mon comportement.
Tami : oui, c'est vrai, mais avec du recul, je ne t'ai jamais vu autant t'amuser.
Julie : ça devait être cool de te voir comme ça papa.
Éric : c'était une autre époque Julie.
Julie : ouais peut-être, mais c'est aussi important de lâcher prise de temps à autre, même adulte. Regarde-toi aujourd'hui, tu ne regrettes pas de n'avoir pas profité de la vie ?
Éric : ah, parce que tu crois que je n'ai pas pleinement profité de ma vie ?
Julie : honnêtement, oui. Enfin, je t'ai toujours vu travailler des heures durant pour ta carrière, à toujours regarder des matchs sans cesse. Sans compter les heures de ton temps libre passé avec tes joueurs en difficultés. Et regarde les remerciements que tu as obtenus en retour durant l'année passée.
Éric : je m'en fiche de ma carrière. J'ai consacré ma vie à aider les autres, à travers le football, mais pas seulement, pour vous aussi. C'est ma plus grande fierté. Mais tu le comprendras avec le temps Julie. Dans l'immédiat, je veux que tu t'enlèves cette idée de la tête. J'ai profité de ma vie en faisant ce que j'aime le plus au monde et en m'occupant de ma famille.
Coach : sur ses sages paroles, je vais vous laisser finir votre soirée tranquillement. Mes élèves ont besoin de leur coach en forme demain matin.
Éric : vous ne devriez pas continuer à enseigner dans votre état.
Coach : je profite de ma fin de vie pour continuer ce que j'ai toujours fait.
Éric : dans ce cas, laissez-moi vous aider. Coacher ensemble, comme au bon vieux temps.
Coach : avec plaisir Éric.
Will : je peux me joindre à vous ?
Coach : bien sûr Will.
Éric : j'espère que tu te rappelles des bases de ton poste, car demain, j'aurai besoin de mon receveur n1 sur le terrain.
Will : il y a des choses qui ne s'oublient pas mon vieux.
Éric : nous verrons bien Will l'éclair !
Le lendemain matin.
Éric et Will sont arrivaien 55 sur le terrain. Le coach était déjà là.
Coach : même pas capable d'être à l'heure.
Will : il est 7 h 55.
Coach : être 5min en avance s'est déjà être en retard.
Eric : vous avez raison coach. Will ne trouvait plus sa tenue de sport.
Will : eh !
Les joueurs arrivaient sur le terrain.
Jeune : Coach Taylor, vous nous faites une démonstration ?
Éric : qu'est-ce que tu en penses, Will ?
Will : pourquoi tu n'as pas encore jeté ce ballon ?
Le groupe de jeune, et le coach Timothy regardèrent le duo vedette se préparer.
Éric : tu connais encore tes tracés, j'espère ? Un petit Slant, comme au bon vieux temps ?
Will : lets-go.
Will se prépare à courir droit devant, en diagonale, à l'intérieur du terrain. Éric attend le bon timing pour lancer le cuivre. Passe de plus de 30 yards, atterrissant pile dans les mains de Will, qui fonce dans la zone d'en-but tranquillement.
Éric : bravo champion, toujours autant de souplesse dans tes jambes, par contre la vitesse laisse a désirer.
Will : que veux-tu, je n'ai plus les jambes de mes 20ans.
Jeune : trop fort ! J'en ai vu des vidéos de votre duo, mais en vrai s'est encore mieux.
Éric : la confiance entre coéquipiers, c'est la clé !
Jeune n2 : vous lancez encore bien pour un handicapé.
Coach Timothy : James !
James : pardon coach. Excusez-moi coach Taylor, je n'aurai pas dû dire ça.
Eric : c'est une question que je me suis moins même posé. Tout est dans le haut du corps, et dans la force du bras.
Will : Éric serait capable de lancer à n'importe qui même dans un fauteuil.
James : coach Taylor, pourquoi vous n'avez pas joué chez les pro ?
Eric : je me suis blessé à la coiffe des rotateurs dus à un choc frontal avec un joueur adverse. Cette blessure est bien tombée, je voulais arrêter le football universitaire. Je n'étais pas fait plus jouer chez les pro. Je me suis découvert une passion pour le coaching et l'analyse du jeu. Coach Timothy m'a appris les ficelles du métier.
Coach Timothy : et il a eu la carrière qu'on lui connait.
Éric : bon, en place messieurs, nous avons un entraînement à faire. Place au match. Mon équipe contre l'équipe à Will. Coach Timothy en arbitre. Ça convient à tout le monde ?
Jeunes : oui !
