Le soir venu, Tami ressentie le besoin de s'éclipser avec Eric. Ils avaient besoin de parler tous les deux.

Tami : comment tu te sens chéri ?

Eric : pas génial en vérité. C'est surréaliste dans mon esprit. Après, c'était vraiment chouette de revoir tout le monde, mais je regrette que coach ne l'ai pas vu. Tout le monde revoyait le coach sauf moi. C'est de ma faute. On aurait pu faire une réelle surprise au coach. J'imagine sa joie de tous nous revoir, tous ensemble.

Tami : je suis sûr qu'il vous a tous vu, de là où il est maintenant.

Eric : je ne sais pas si tu étais dans le vestiaire au moment où Kevin m'a dit qu'il m'avait contacté et que je l'ai envoyé balader ?

Tami : j'ai entendu effectivement.

Eric : je me sens comme un connard. Quel gâchis quand même, tu ne trouves pas ?

Tami : tu penses ça, mais je vais te dire la vérité. Je me souviens de ton changement de comportement après le décès de Raph. D'ailleurs, j'aurai pu insister pour me parler ou à reprendre contact avec tes anciens amis, mais je ne l'ai pas fait et tu sais pourquoi ?

Eric hocha la tête négativement.

Tami : je te sentais beaucoup plus apaiser, beaucoup plus proche avec Julie, beaucoup plus heureux avec moi, et beaucoup plus épanouie dans ton travail. De fermer tes souvenirs, c'était comme si tu t'émancipais enfin de tout le monde. Ton but, c'était toujours de faire plaisir au coach et d'être à la hauteur pour tes coéquipiers, mais jamais pour te faire plaisir. Peut-être que je suis égoïste, mais j'étais ravi de retrouver mon mari pour moi, et d'avoir un père pour Julie.

Eric : tu sentais que je m'étais éloigné de toi ?

Tami : éloigner est un mot fort, mais c'est vrai que ça me faisait bizarre de ne plus être ta seule confidente. J'étais contente pour toi de te voir si heureux, mais j'avoue que j'ai eu peur de te perdre. Que tu n'aies plus besoin de moi à tes côtés.

Eric : j'aurai toujours besoin de toi à mes côtés, n'en doute jamais.

Tami : je sais. Je me sens débile d'avoir ressenti cela à l'époque.

Eric : ici, je vivais enfin mon adolescence. Peut-être que je me suis laissé emporter, et que je me suis éloigné de toi sans en avoir conscience et je m'en excuse.

Tami : ne t'excuse pas d'avoir réussi à t'amuser après tant d'épreuves.

Eric : j'ai une vie si atypique quand tu y penses.

Tami : je te l'accord. Et tu fais des choses aussi atypiques.

Eric : mes bagues, c'est ça ?

Tami : tu as travaillé si dur pour les obtenir.

Eric : oui, j'ai travaillé dur, mais sans le coach, ses bagues n'existeraient pas. C'est lui qui m'a donné l'amour du coaching. Ça m'a semblé normal qu'elles le lui reviennent.

Tami : Gracie l'a mal pris. Ça donnait l'impression que tu te sentais plus légitime de les avoir.

Eric : ouai je sais, ça a choqué tout le monde que je fasse cela. Je parlerai à Gracie, mais qu'elle soit rassurer, j'en ai gardé une.

Tami : je parie que tu as gardé ta bague avec les Lions.

Eric : exact. Celle-ci, elle est trop sentimentale pour moi. D'ailleurs, il y a un sujet que j'ai besoin d'aborder avec toi.

Tami : je t'écoute.

Eric : je veux te faire savoir mes dernières volontés.

Tami : je refuse d'aborder le sujet avec toi.

Eric : écoute-moi, s'il te plaît.

Tami : non, je refuse ! Tu n'es pas mourant à ce que je sache, tu es juste bouleversé par la mort de ton coach, c'est tout.

Eric : justement, il a eu le temps de préparer sa succession. Il savait ce qu'il voulait, et j'ai pu respecter sa volonté. Dit moi Tami, si j'étais mort dans cet accident, et ce que tu as une petite idée de ce que j'aurai voulu ? Dis-moi franchement.

Tami : cette conversation est ridicule.

Eric : je veux être enterré à Houston, au cimetière Glenwood. Delà, j'aurai une vue privilégiée sur le parc où on se promenait le soir en cachette. Je ne serai pas trop loin aussi de notre crique.

Tami : Houston ?

Eric : c'est et ça sera toujours ma première maison. C'est aussi le début de notre histoire d'amour. Je ne peux pas choisir un autre endroit pour y reposer pour l'éternité.

Tami : je… c'est si… inattendu

Eric : tu vois, c'est pour cela que le sujet mérite d'être abordé au moins une fois dans sa vie. Je veux une cérémonie toute simple, pas d'hommage de l'éducation, juste mes joueurs. Et le plus important, je veux être enterrer avec ma bague des Lions, je veux aussi des photos de famille. Promet le moi Tami.

Tami : si c'est important pour toi, alors, oui, je te le promets.

Eric : merci.

Tami : maintenant, si tu veux bien, changeons de sujet. Je n'aime pas parler de la mort.

Eric : avant, cela ne te dérangeait pas. C'est toi qui voulais toujours savoir si j'y avais déjà réfléchi à mes dernières volontés.

Tami : c'était avant d'avoir failli te perdre. C'était traumatisant pour nous tous, tes proches. 1 semaine entière sans avoir de certitude que tu te réveillerais sans séquelle grave, ni même si tu te réveillerais tout simplement.

Eric : je suis désolé d'avoir remué ses souvenirs douloureux. Ce n'était pas mon intention.

Tami : je sais.

Eric : parle-moi. Dis-moi ce que tu as ressenti à ce moment-là.

Tami : Eric,…

Eric : on n'en a jamais réellement parlé de manière approfondie. C'est le moment. Raconte-moi. C'est important pour moi aussi de vivre ces moments que je ne peux pas me souvenir, à travers toi.

Tami : quel est l'intérêt de revivre ça ? C'est dû passer.

Eric : justement, c'est toi qui me dis de parler des choses du passée pour enfin passer à autre chose. Je sens dans ta voix qu'il a des choses que tu me caches. Dis-moi ce qui s'est réellement passé.

Tami : lors de ton, troisième jour de coma, ton état s'est subitement aggravés. Les médecins n'ont pas vu un micro œdème cérébral. Ils ont dû te réopérer en urgence. L'opération, c'est bien passer, mais les médecins ont été formelle, que cet œdème pouvait entraîner des séquelles grave au cerveau et que tes chances de réveil sont passées de 60 % à 40 %. Tu ne peux pas savoir à quel point, les jours, suivants étaient durs moralement. Devoir te regarder, inerte dans ce lit d'hôpital, brancher à plusieurs machines qui surveillaient le moindre changement, de voir ce tube, sortir de ta bouche, relier a une machine qui pompait de l'air régulièrement dans tes poumons. Ce bruit assourdissant qui me rappelait ton triste diagnostic. Je me sentais si seule et j'étais morte de peur à l'idée que tu ne te réveilles jamais, et encore plus si tu te réveillais sans me reconnaître, ni reconnaître tes filles. Au sixième jour, je me suis autorisé à commencer à accepter cette fatalité et j'ai prié pour que tu meures doucement dans ton sommeil, sans souffrir. Pour moi, c'était fini, tu avais perdu ce combat. Les médecins étaient catégoriques, plus tu restais dans le coma, plus tu avais de chance d'avoir des lésions cérébrales. Et pourtant, lorsque tu as enfin ouvert les yeux, que tu m'as sourie, alors j'ai su que tu avais déjoué tous les pronostics médicaux. Que l'homme que j'aime était de retour. Les médecins parlent de miracle.

Eric : le médecin me l'a mentionné, mais je n'avais aucune idée de tout cela avant aujourd'hui. Après, j'étais tellement en colère et déprimer a l'idée d'avoir perdu l'usage de mes jambes que je n'ai pas compris le sens du mot miracle. Maintenant, je le comprends. Je…je ne sais pas trop quoi dire….a part merci d'être resté auprès de moi tout ce temps. Je l'entends aux sanglots de ta voix, la dureté de l'épreuve. Merci. Je suis sûr que tu as contribué au miracle, grâce à ta présence.

Tami : comment tu peux me dire merci ? J'ai perdu foi en toi !

Eric : peut-être que tu as perdu foi en moi dans ton esprit, mais ton cœur continuait d'y croire. Je l'ai senti.

Tami : senti comment ?

Eric : c'est difficile à expliquer, à vrai dire, je ne sais même pas si mes vagues souvenir reflète la réalité. C'était bizarre comme sensation. Je sentais des présences autour de moi, je sentais le toucher aussi et j'entendais, de façon lointaine des chuchotements. C'était comme si j'étais conscient, mais a des milliers de kilomètres de là.

Tami : tu avais peur ?

Eric : j'aimerais tellement te répondre, mais je n'en sais vraiment rien du tout. C'est juste des sensations qui me sont revenu. C'est comme si tu te souvenais d'un rêve et que tu te créais de faux souvenir pour combler les trous. J'ai essayé de trouver des réponses en parlant à mon psy, ou même aux médecins spécialistes du coma. J'en ai reçu aucune. Le coma est si mystérieux. Peut-être que j'ai senti ta présence, ou alors, ce sont des souvenirs que je me suis créé en ayant la certitude que tu étais auprès de moi.

Tami : ça doit être effrayant cette sensation de vide que tu as.

Eric : tu veux que je te dise. Je préfère mille fois d'être à ma place, que d'être à la tienne.

Tami ne pouvait plus retenir ses larmes. Eric la serra fort dans ses bras.

Tami : c'était tellement dur d'avancer sans toi.

Eric l'embrassa.

Tami : les filles ne savent pas à quel point elles ont été proche de perdre leur père.

Eric : quoi ?

Tami : elles ne connaissent pas le détail de l'œdème au cerveau, de ton hospitalisation d'urgence, et la mise à jour de ton pronostic. Je ne voulais pas les inquiéter plus qu'elles ne l'étaient.

Eric : tu as fait face seule à ce pronostic ?

Tami hocha la tête.

Eric serra a nouveau Tami dans ses bras. Ils restaient, entrelacer l'un à l'autre pendant de longues minutes.

Tami : ça m'a fait du bien d'en parler.

Eric : c'était important d'aborder le sujet maintenant que nous avons assez de recul pour le faire. Il y a un autre sujet que j'aimerais aborder avec toi.

Tami : je t'écoute.

Eric : si tu me le permets, je voudrais rendre visite à ton père. J'aimerais essayer d'arranger les choses, comme tu l'as fait avec mon propre père.

Tami : je….j'en sais rien du tout.

Eric : tu as peur ?

Tami : il n'a donné aucune nouvelle à la naissance de Gracie.

Eric : c'était il y a 18 ans. Ton père se fait vieux maintenant, il a sûrement changé d'avis.

Tami : ça m'étonnerait.

Eric : avoir un gendre qui a été promu meilleur coach du Texas 2 années d'affilés, et le coach le plus titré de l'histoire du Texas, ce n'est pas rien quand même. Je n'ai pas déshonoré le nom de sa fille.

Tami souris : mon père déteste le football. Il dit que c'est un sport pour voyou.

Eric : je suis un voyou, mais connu maintenant. Et pis, un grand médecin, prix Nobel en paralysie n'a pas le droit de refuser la visite d'un paraplégique.

Tami : je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée. Je ne veux pas qu'il pense que tu as besoin de son aide médicale. Il serait trop heureux.

Eric : prix Nobel ou pas, il ne peut rien faire pour mon cas. Je ne le laisserai pas m'occulter s'est promis.

Tami : tu n'es pas drôle.

Eric : sérieusement, je suis sûr que ça ira bien. Tu sais, tu m'aurais dit un jour que mon père referait partie de ma vie jamais je ne t'aurai cru. Je suis sûr qu'avec ton père, c'est pareil. Je vais lui dire à quel point son gendre est super, ses petites filles magnifiques, et sa fille a gagné le ruban bleu d'excellence et qu'elle a aidé des tonnes de jeunes dans leur choix de parcours scolaire. Il ne peut qu'être fier.

Tami : je l'espère surtout pour mes filles. Julie m'a posé des questions sur lui. J'aimerais qu'il rencontre ma famille.

Eric : je me montrerai convainquant.

Tami : je ne veux pas être au courant quand tu comptes rendre visite à mon père. Je me connais, je serai stressée toute la journée.

Eric : viens avec moi dans ce cas.

Tami : je…je préfère que tu y ailles seul pour l'instant.

Eric : pour l'instant ?

Tami : ça dépendra de ta première rencontre avec lui.

Eric : tout se passera bien, j'en suis sûr.