Quelques jours plus tard.

Eric confia à Will qu'il devait s'absenter toute la journée, s'il voulait bien le couvrir auprès de Gracie et Tami. Will accepta.

Eric prit un taxi jusqu'à la maison du Dr Tal, dans la banlieue chic de Houston. La maison n'avait pas tellement changé. Il ne pouvait pas s'empêcher de jeter un œil sur la maison de son enfance juste à côté. Ses parents n'habitaient plus ici depuis une décennie. La maison lui semblait tellement petite maintenant.

Après un bref retour en enfance, Éric reprit ses esprits et se concentra sur sa mission. Son cœur battait la chamade quand son doigt se posa sur la sonnette.

Une gouvernante lui ouvra la porte : bonjour, que puis-je faire pour vous monsieur ?

Eric se racla la gorge : je voudrais voir le Dr Tal s'il vous plaît.

Gouvernante : avez-vous un rendez-vous ?

Eric : non mais…

Gouvernante : désolé, le Dr Tal ne reçoit que sur rendez-vous. R

Eric : attendez…je…dites lui que je suis de la famille. Eric Taylor.

Gouvernante : je suis désolé M. Taylor, je ne peux rien faire pour vous. Il vous faut un rendez-vous. Je peux vous proposer dans un mois.

Dr Tal : Marlène, laissez-le entrer. Et reporter tous mes rendez-vous de la journée.

Gouvernante : bien monsieur.

Eric choqué, tourna la tête en direction de la voix.

Dr Tal : bonjour Éric. Suis-moi, nous serons mieux à mon bureau pour discuter tranquillement.

Eric suivit son beau-père jusqu'à un bureau luxueux. Monsieur Tal prit soin de faire la place pour le fauteuil d'Éric en face de son bureau.

Eric se racla la gorge : merci de me recevoir monsieur Tal.

Georges Tal : Tami n'est pas venue avec toi ?

Eric : elle ne sait pas que je suis ici en ce moment, mais elle est d'accord avec ma démarche.

Georges : quelle démarche ?

Eric : eh bien, je pense qu'il est temps de parler du passé et de penser à une réconciliation. J'aimerais que mes filles connaissent leurs grands-parents maternels.

Georges : je ne pense pas qu'une réconciliation soit possible.

Eric : et moi, je pense que oui. Je me suis réconcilié avec mes parents grâce à Tami. C'est important que j'essaye de faire de même entre vous deux. Je veux que mes filles apprennent à vous connaître. Ce qu'on a fait à l'époque n'est pas juste pour elles. Je suis venu dans le but de réparer les erreurs du passé.

Georges : je n'ai pas commis d'erreur.

Eric choqué.

Georges : je n'ai pas commis d'erreur, car, pour mon grand regret, je n'aurai jamais réussi à donner une vie épanouie a ma fille, comme tu le lui as donné Éric. Tami voulait une vie simple et je dois l'avouer, tu as parfaitement réussi à rendre ma fille heureuse. Alors merci.

Eric : je…je dois avouer que je m'attendais a tous sauf a des remerciements de votre part.

Georges : j'ai suivi de loin votre vie. Je ne voulais pas vous espionner, mais voilà, j'avais peur de la savoir auprès de toi, du moins au début de votre mariage. Tu t'es repris en main, tu as su bien t'occuper de Tami, et vous avez de meilleurs enfants.

Tami : comment tu peux savoir si mes enfants sont merveilleux, tu n'as jamais voulu les rencontrer !

Eric et Georges se retournèrent, plus que surprit.

Georges : Tami ?

Eric : chérie, qu'est-ce que tu fais là ? Tu m'as suivi ?

Tami : je te connais par cœur.

Eric sourit simplement.

Tami : ça m'a fait de la peine quand je t'ai annoncé la naissance de tes petites filles et que je n'ai jamais eu de réponse. Ça m'a fait de la peine que tu ne veuilles pas me parler quand je téléphonais à maman. Et dernièrement, j'espérais avoir un coup de téléphone de ta part quand Eric a eu son accident. J'espérais que tu offres une aide de soutien moral à Éric, comme tu le fais pour tes patients. J'avais besoin de toi, mais tu ne t'es jamais manifestée !

Georges : la naissance de Julie, pour être franc avec toi, enfin avec vous deux, je n'ai pas bien pris la nouvelle. Non seulement, tu partais vivre avec un saltimbanque, psychologiquement instable, maintenant, tu attendais un enfant de lui. Je me suis posé mille fois la question si je devais ou non prévenir les services sociaux pour vous retirer la garde de l'enfant mais ta mère m'en a dissuader. J'ai embauché un détective privé pour vous surveiller pendant 1 an, sans en parler à ta mère.

Tami : tu as fait quoi ? ?

Georges : il faut me comprendre Tami, j'avais peur que l'enfant que tu portes soit maltraité, pas par toi, mais par Éric. Son père m'a parlé des crises post-traumatiques d'Éric et j'avais peur que lors d'une crise, il finisse par arriver à un malheur irréparable à toi ou au bébé.

Tami : c'est ignoble ce que tu as fait papa !

Eric : ignoble mais compréhensif.

Tami : quoi !?

Eric : je peux comprendre que ton père avait peur de moi, car, moi-même, j'avais peur de moi.

Tami : ce n'est pas une raison pour espionner la vie des gens ! Je suis TA fille ! Tu ne m'as jamais fait confiance papa !

Georges : cela n'a jamais été une question de confiance Tami. Je n'ai jamais réussi à comprendre pourquoi tu t'obstinais à t'éloigner de la vie mondaine. Je me suis battu pour en arriver à mon rang, et il y a quoi de mal de rêver que tes enfants soient à l'abri du besoin. Et toi qui choisis de partir avec le premier venu !

Tami : tu n'as fait aucun effort pour apprendre à le connaître !

Georges : c'est faux ! Je lui ai donné une porte de sortie, son père a refusé mon offre. J'appréciais Eric, mais tu dois avouer que c'était compliqué de lui faire confiance après ce braquage qu'il a commis ! Tu partais vivre avec ce…meurtrier. Tu voulais quoi ? Que je t'encourage ? Imagine, qu'est-ce que tu ferais si une de tes filles t'annonçait qu'elles partent vivre avec un homme qui a un casier judiciaire long comme le bras, et qu'il est, de plus, instable psychologiquement, voire violent. Qu'est-ce que tu ferais, Tami ?

Tami : je ….

Eric : exactement la même chose. Tami, n'en veut pas à ton père d'avoir voulu te protéger de moi. Tout comme moi, j'ai pardonné à mon père d'avoir voulu m'interner dans un asile psychiatrique. Je sais qu'il ne voulait pas en arriver à cet extrême, mais je ne lui ai pas laissé le choix, tous comme tu ne lui as pas laissé le choix d'engager un détective privé pour qu'il ait de tes nouvelles.

Tami ému : je suis désolé papa pour tout. Je me doute que tu voulais mon bonheur, mais je ne l'ai pas compris comme tels.

Georges : je te pardonne si tu me pardonnes Tami.

Tami : faisons table rase du passé.

Georges : pas encore. Je veux rajouter une chose. Tu as raison, j'aurai dû être présent à l'accident d'Éric. Je le voulais vraiment. Je ne l'ai pas fait pour une raison.

Tami : explique-toi.

Georges : je pensais que tu m'appellerais pour me demander mon avis sur le diagnostic d'Éric. J'ai demandé l'accès au dossier médical de ton mari, et j'ai passé des nuits entières à tout analyser. Malheureusement, je ne suis pas arrivée à une conclusion favorable. Je priai pour que tu ne m'appelles pas, je ne voulais pas que notre première conversation depuis des années, je t'annonce que malgré mon doctorat et ma réputation, je ne puisse pas aider mon gendre à remarcher un jour. J'ai développé un procédé qui permet, dans certains cas, de recréer une connexion nerveuse entre la moelle et le membre paralysé. À mon grand désarroi, ta moelle est trop touchée pour ce genre de procédure. J'aurais tellement voulu t'annoncer une autre nouvelle que celle-ci. C'est uniquement pour cette raison que j'ai fait le mort, même si, crois-moi, ta situation m'a touché.

Eric : j'apprécie votre franchise M. Tal.

Tami : je crois que j'avais la même peur que toi.

Georges : bon, qu'est-ce que vous direz de me rejoindre au salon où nous serons plus a l'aise pour discuter de chose joyeuse. Ta mère va être ravie de te revoir.

Georges : Jess, ou est-tu ? Nous avons des invités pour le dîner.

Jessica : Georges, je te, déjà, dis de…. Oh mon Dieu ! TAMI ! Ma chérie !

Tami enlaça sa mère : bonjour maman. Comment vas-tu ?

Jessica : avec cette surprise, plus que bien. Tu m'as tellement manqué depuis toutes ces années.

Tami : toi aussi maman.

Eric : bonjour Madame Tal, comment allez-vous ?

Jessica : oh Eric, ça fait plaisir. Et mes petites filles ne sont pas avec vous ?

Tami : non maman, mais bientôt, tu les verras.

Georges : je t'annonce que ta fille et moi, nous nous sommes réconciliés.

Jessica : non, c'est vrai ?

Tami : oui maman. Tu peux remercier mon mari pour cette initiative.

Jessica : tu ne peux pas savoir comme ça me fait plaisir de l'entendre. Vous allez rester quelques jours ici, j'espère ?

Tami regarda son mari : oh je…

Eric : je n'y vois pas d'inconvénient. Je vais prévenir nos filles qu'elles ne s'inquiètent pas. Je reviens toute de suite.