Le mois de mars s'était effacé pour laisser place à avril. Les échanges entre Sam et Lena avaient repris, mais depuis le Pittcon, Lena s'était plongée encore plus intensément dans son travail, et trouver du temps pour Sam était devenu un véritable défi. Chaque fois qu'elles devaient mettre fin à leurs appels, Lena s'excusait, une frustration sourde dans la voix. Elle savait que la situation compliquée se creusait de jour en jour, rendant les moments partagés encore plus précieux et douloureux.
La date de lancement de la saga Supergirl était enfin arrivée, mais elle tombait en plein milieu d'un engagement pris des mois plus tôt : une réunion cruciale à Seattle, impossible à déplacer. Lena en voulait à la chance, ou plutôt à la série de circonstances qui s'accumulaient et la forçaient à choisir entre ses obligations professionnelles et sa vie personnelle. Elle avait proposé de partir la veille, ou même le lendemain, même si cela signifiait traverser le pays en à peine trois jours, sans sommeil. Sam l'avait compris et avait immédiatement refusé, elle ne voulait pas que Lena se sacrifie.
Le fait de ne pas pouvoir passer ce moment ensemble les attristaient, mais Sam reconnaissait les efforts de Lena, les sacrifices qu'elle était prête à faire pour elle. Le manque se faisait de plus en plus lourd, mais l'espoir d'un futur où elles pourraient enfin se retrouver était la seule chose qui maintenait Lena debout.
Lena avait réussi à rentrer plus tôt que prévu. Elle lança un regard rapide à la date sur son téléphone et soupira : encore trois semaines avant le lancement de la saga. Le manque de Sam se faisait sentir, mais elle regrettait aussi de ne pas pouvoir être là pour l'hommage de Kara. Tout cela, après tout, était pour elle. Kara continuerait à vivre dans les histoires en tant que Supergirl, et Lena était fière de ce qu'elle avait accompli.
Un bruit à la porte la fit sursauter. Elle fronça les sourcils ; la visio avec Sam était prévue dans une demi-heure à peine, et qui pouvait bien la déranger à cette heure-ci ? Lorsqu'elle ouvrit la porte, prête à éconduire rapidement la personne, elle se figea en découvrant Sam sur le seuil. Dans son regard, Lena perçut une intensité d'émotions qu'elle n'arrivait pas à déchiffrer. Salut, dit Sam avec un sourire timide, presque gêné.
Lena, encore sous le choc, la dévisageait, cherchant à comprendre. Sam ?! s'exclama-t-elle après un moment, la surprise se peignant sur son visage.
Heu… Surprise ?! tenta de plaisanter Sam, l'air un peu mal à l'aise.
Mais… commença Lena, en hésitant, ne sachant pas vraiment quoi dire. On devait… On a une visio dans… Qu'est-ce que tu fais là ? s'étonna-t-elle en souriant, les yeux pétillants de bonheur. La surprise laissée derrière, Lena se rendait compte qu'elles allaient enfin passer du temps ensemble.
Je… Est-ce que je peux… rentrer ? demanda Sam en désignant l'intérieur.
Oui, pardon, entre, répondit Lena en s'effaçant, se rappelant soudain ses bonnes manières. Sam entra, et Lena referma la porte derrière elle, son cœur battant plus fort que jamais.
Je suis désolée si j'ai l'air un peu… j'ai beaucoup trop de questions, conclut-elle, son hésitation trahissant son émotion. Sans prévenir, elle s'avança et, dans un élan de spontanéité, enlaça Sam, la laissant un instant sans voix.
Le souffle de Sam contre son cou réchauffait Lena, suspendue à cet instant hors du temps. Enveloppée dans ses bras, elle ferma les yeux, apaisée par son parfum familier. Le silence entre elles était lourd d'émotions, un soulagement après des semaines de tension. Les battements de leur cœur, un peu trop rapides, se synchronisaient lentement.
Sam finit par rompre le silence en murmurant, sa voix rauque, presque timide : Je n'en pouvais plus d'attendre...
Lena sourit doucement, levant les yeux vers elle. Je suis heureuse que tu sois là. Sa main glissa le long du dos de Sam, la caressant tendrement, cherchant à ancrer le moment. Elles se séparèrent doucement, leurs regards croisant surprise et tendresse. Lena vit dans les yeux de Sam un mélange de peur et de soulagement. Enfin, Sam esquissa un sourire, fragile mais sincère.
Je suis désolée de débarquer comme ça, avoua Sam, visiblement un peu gênée.
Tu plaisantes ! Je m'attendais à une visio, c'est mille fois mieux, répondit Lena avec un sourire qui se voulait rassurant, fixant Sam avec intensité.
Sam laissa échapper un petit rire, un peu timide, tandis que le rouge lui montait aux joues. Elles s'étaient déjà ouvertes l'une à l'autre ces dernières semaines, partageant des moments plus personnels et sincères. Pourtant, Lena avait vite remarqué que Sam, malgré sa gentillesse et sa douceur, semblait toujours un peu mal à l'aise lorsqu'elle prenait conscience de l'effet qu'elle avait sur les émotions de Lena.
Elles s'enlacèrent à nouveau, profitant de ce moment rare. Lena réalisa soudain que Sam avait amené sa valise et un sourire radieux illumina son visage. Lorsqu'elles se détachèrent, elle ne put s'empêcher de plaisanter. Ton hôtel a encore fait de l'overbooking ?
Sam laissa échapper un petit rire en remettant une mèche de cheveux derrière son oreille. Non, je dois juste confirmer ma réservation mais…
Tu vas dormir à l'hôtel ? s'indigna presque Lena, la surprise se lisant sur son visage.
C'est mon travail qui a réservé… commença Sam, avant de se rendre compte que les détails étaient futiles. Elle conclut donc rapidement : Tout était déjà prévu, et je n'ai pas osé leur dire que je connaissais quelqu'un qui pourrait m'héberger. Russel, Eve et Winn s'amusent déjà bien assez à mes dépens, je n'avais pas envie d'en rajouter au boulot.
Leurs sentiments étaient encore loin d'être officialisés, mais de plus en plus d'informations circulaient, et il devenait difficile pour Sam de contenir quoi que ce soit. Depuis quelques jours, les rumeurs au sein du RPG avaient commencé à émerger. Par chance, Alex, Andrea et Maggie n'avaient pas encore été touchées par ces bruits de couloir. Andrea, qui savait que les choses avaient évolué depuis le Pittcon, n'avait pas encore de preuves concrètes. Quant à Lena, elle se gardait bien de confirmer quoi que ce soit, préférant protéger leur intimité le plus longtemps possible.
Tu vas vraiment aller à l'hôtel, alors ? demanda Lena, un brin déçue.
Si je ne confirme pas la réservation, ma boss va se poser des questions. Je sais que je peux lui faire confiance, mais… Sam marqua une pause, les yeux baissés. J'ai toujours pris soin de séparer ma vie privée de ma vie professionnelle.
Lena hocha la tête, comprenant parfaitement. Pourtant, elle avait une irrésistible envie de convaincre Sam de rester.
Je peux te laisser ma valise ? demanda Sam, l'air un peu hésitant. Je vais juste confirmer la réservation et je reviens.
Le sourire de Lena s'élargit, réalisant ce que Sam voulait sous-entendre. Tu veux que je te dépose ? proposa-t-elle, les yeux brillants de joie.
Sam acquiesça, et elles quittèrent rapidement le bâtiment. Sam paya le taxi qui l'attendait, et elles se dirigèrent vers l'hôtel. Sur le chemin, Sam expliqua la raison de sa venue, et Lena comprit que, tout comme elle l'avait fait le mois précédent, Sam avait saisi l'occasion de se rapprocher, de trouver un prétexte pour être près de chez elle.
Lena sentait son cœur s'emballer tandis qu'elles rejoignaient l'hôtel. Passer du temps seule avec Sam, loin de tout, lui apportait une joie oubliée depuis longtemps. Tout semblait enfin s'aligner, comme dans un rêve.
Lena observa Sam, remarquant à quel point elle semblait à l'aise, comme si rester ici allait de soi. Aucun mot n'avait été prononcé, mais Sam se sentait chez elle, et Lena en était à la fois heureuse et touchée. Le simple geste de confiance, sans paroles, créait une tendresse profonde en elle. Les silences entre elles avaient autant de valeur que leurs mots.
Lena se sentit à la fois excitée et nerveuse. Les jours à venir semblaient être une promesse de rapprochement. Elle aimait l'idée de retrouver Sam chaque soir, mais il y avait aussi un peu d'appréhension. Elles se rapprochaient, c'était évident, mais il restait encore une distance, un espace que Lena savait qu'elles n'avaient pas franchi. La complicité était là, mais il manquait cette dernière étape, celle de l'intimité physique.
En attendant, Lena se concentrait sur le présent. Elle se surprit à espérer que ces jours ensemble soient le début d'un nouveau chapitre. Un chapitre où chaque regard, chaque sourire, et chaque geste pris au gré de l'instant les rapprocherait un peu plus.
De retour chez elle, Lena proposa à Sam de cuisiner ensemble. En discutant, Lena ressentit que leur présence l'une auprès de l'autre était naturelle. Sam, un peu hésitante, cherchait les ustensiles pendant que Lena lui donnait des instructions, doucement. Aucun mot superflu, aucune gêne. Elles se déplaçaient comme si elles avaient toujours partagé cet espace, dans une harmonie silencieuse et spontanée.
Après avoir préparé le repas, elles s'assirent à la table, continuant leur conversation avec une aisance croissante. Lena apprenait à connaître Sam sous un nouveau jour et, en entendant parler de Ruby, elle ressentait un lien de plus en plus fort. Depuis leur première rencontre, Ruby apparaissait souvent lors des visios, et elles s'échangeaient de temps en temps quelques mots par téléphone. Ruby avait vite posé des questions sur le projet de robots, et Lena, ayant aidé à résoudre un problème, avait été remerciée chaleureusement. Ces échanges lui donnaient l'impression de faire déjà partie de leur cercle intime, ce qui la touchait profondément.
Ruby veut que je l'appelle demain soir, au fait. Elle voulait te faire un coucou, dit Sam en souriant.
Lena plissa les yeux, se remémorant les dates. Ce n'était pas cette semaine qu'elle devait recevoir sa note pour son projet ? demanda-t-elle, pensive.
Oh, mais si ! s'exclama Sam, réalisant soudainement. C'était hier.
Alors ? Lena se pencha un peu en avant, impatiente.
Sam sourit, un brin espiègle. Combien tu penses qu'elle a eu ?
Lena haussa les épaules, feignant l'indifférence tout en laissant son cœur battre plus fort. Je n'en sais rien du tout ! répondit-elle sur le même ton. Alors ?
Sam la fixa, un sourire en coin, et lança taquine : Ne me dis pas que tu étais ce genre d'élève à sautiller sur place lors du rendu des devoirs ?
Lena souffla, amusée malgré elle, réalisant que Sam n'allait pas la lâcher Heureusement, elle n'insistait pas autant sur d'autres sujets. Bon… Je dirais quelque chose comme… B* ? proposa-t-elle en un murmure, peu sûre d'elle-même. (*13-14/20)
Tu te sous-estimes, dit Sam, la voix teintée d'amusement.
Moi ? ! s'écria Lena, feignant l'indignation. Je te signale que c'est le projet de ta fille.
Il semblerait que non, vu comment elle a vanté tes louanges toute la soirée hier… D'ailleurs, elle voulait te donner l'information elle-même, donc tu feras comme si tu étais étonnée, commença Sam avec un sourire malicieux. Ce serait peut-être mieux de patienter jusqu'à demain soir, elle te dira combien elle a eu.
Tu plaisantes ! s'indigna Lena. Non ! Allez, c'est juste une note. Je te promets qu'elle n'y verra que du feu, je jouerai parfaitement la comédie.
Sam pouffa légèrement. Mon dieu, je suis entourée de nerds, dit-elle en levant les yeux au ciel.
Nerd ? Je ne suis pas une nerd ! protesta Lena, se redressant avec un air faussement outré.
Sam haussa un sourcil en la regardant. Laisse-moi être la seule juge ici. J'ai exactement la même chose à la maison. Elle a 14 ans et elle a littéralement dansé, avec un énorme sourire sur le visage, parce qu'elle avait eu A+* à son devoir. (*17 ou plus/20)
A+ ! s'exclama Lena, un sourire radieux illuminant son visage. Elle se redressa, la fierté éclatant dans ses yeux.
Un peu comme ton sourire maintenant, répondit Sam en la fixant les bras croisés haussant un sourcil.
Lena leva les yeux au ciel, amusée. Oh, ça va, je n'ai même pas le droit d'être contente pour ta fille maintenant ?
Tu es contente pour un A+, soupira Sam en feignant l'exaspération.
Tu n'étais pas contente lorsque tu avais de bonnes notes ? demanda Lena, un sourcil levé.
Sam haussa les épaules. Je me fichais un peu des notes, en réalité…
Tu ne peux pas en avoir rien à faire des notes, c'est quand même important.
Qu'est-ce que je disais, une nerd, rit doucement Sam, tandis que Lena grimaça en souriant.
Après le repas, elles continuèrent à rire des taquineries et des souvenirs partagés. Lena se leva pour ranger, se sentant satisfaite. En finissant de nettoyer, son téléphone sonna. Elle soupira en voyant l'écran : c'était le groupe WhatsApp. Pas le moment.
Tu peux répondre, je vais aller prendre une douche, dit Sam en se levant, un sourire malicieux aux lèvres. Et je te promets de ne pas débarquer dans ta cuisine ensuite.
Lena sourit malgré elle, un peu déçue. Ce n'était pas qu'elle ne voulait pas répondre, mais ce soir, elle voulait savourer l'instant. Elle jeta un dernier coup d'œil à Sam, avant de se tourner vers son téléphone. Sam se pencha par-dessus son épaule pour voir l'écran. Tu n'as pas envie de répondre ? demanda-t-elle, intriguée.
Je n'ai pas envie de subir les réflexions d'Andrea, avoua Lena en soupirant. Elle m'épuise.
Sam haussa les sourcils. Elle n'est pas si pénible, non ? Et puis, elle nous a permis de mieux nous comprendre et de commencer sur de bonnes bases.
Eh bien, toi, tu as Winn, Eve et Russel, et moi, j'ai Andrea qui doit bien valoir les trois réunis. Lena rit doucement, un éclat de complicité dans le regard de Sam.
Sam pouffa, un sourire espiègle sur le visage. Bon courage alors ! lança-t-elle avant de disparaître dans le couloir.
Lena secoua la tête en souriant malgré la fatigue qui pesait sur ses épaules. Cherchant un peu de répit, elle se laissa tomber sur le canapé. Elle prit son téléphone et mit ses lunettes, prête pour l'appel. Dès qu'elle ouvrit le groupe WhatsApp, le brouhaha des voix l'envahit. Andrea était en pleine discussion, tandis qu'Alex et Maggie apparaissaient sur l'écran, manifestement en train de regarder un film ensemble.
Ah, enfin ! s'exclama Andrea en interrompant son propre monologue. Alors, des nouvelles de Seattle ?
Lena inspira profondément, réalisant à quel point elle s'était éloignée de ses amies ces derniers temps. Même Sam était déjà au courant de son rendez-vous impossible à déplacer. J'ai essayé de le décaler, de le proposer à quelques jours d'intervalle… mais il n'était pas disponible, expliqua-t-elle en soupirant. Je ne vais pas pouvoir venir.
Andrea parut sincèrement peinée. Sam doit être trop déçue.
Lena hocha la tête, les mots se coinçant dans sa gorge. On l'est tous, répondit-elle simplement. J'ai tout essayé, mais je n'ai trouvé aucune solution. Je suis vraiment désolée, Alex. Je pensais pouvoir être là. Je sais que c'était important.
Alex, fidèle à elle-même, lui adressa un sourire bienveillant. Aucun problème, Lena. On sait tout ce que tu as fait pour elle. De nous toutes, tu as été celle qui s'est le plus investie dans la saga avant le lancement.
On se demande bien pourquoi, lança Andrea en haussant les sourcils, un air moqueur sur le visage.
Lena ferma les yeux une seconde, sentant sa patience vaciller. Andrea, s'il te plaît, pas ce soir, souffla-t-elle.
Andrea, fidèle à sa nature provocante, lâcha aussitôt : Oh, ça va, qu'est-ce que tu peux être chiante quand tu es frustrée !
Lena sentit sa patience céder complètement. Va te faire foutre, répliqua-t-elle d'un ton sec, sans chercher à se contenir.
Ok, temps mort, les filles ! intervint Maggie avec autorité, sentant que la situation risquait de dégénérer.
Andrea, visiblement sur la défensive, se tourna vers Lena. Pourquoi t'es toujours désagréable avec moi, en fait ? Qu'est-ce que je t'ai fait ?
Alex proposa calmement : Tu devrais peut-être ralentir sur tes réflexions, pour commencer.
Andrea soupira, les bras croisés, visiblement contrariée. Ok, très bien. Je m'excuse.
Maggie ne put s'empêcher de rire doucement. Mon Dieu, Andrea, on ne te force pas non plus à t'excuser sous la torture.
Lena inspira profondément pour calmer ses nerfs. Désolée, les filles. Je suis fatiguée, c'est tout.
Alex prit immédiatement sa défense. Andrea n'avait pas à te dire ça non plus.
Andrea se radoucit et répondit, cette fois avec sincérité : Désolée, Lena. Je crois qu'on partage un peu le même problème.
Lena fronça les sourcils, ne comprenant pas. Comment ça ?
Andrea esquissa un petit sourire, trahissant une pointe de vulnérabilité. La distance, c'est toujours difficile… Je sais que je ne suis pas super agréable ces derniers jours, mais… Russel devrait venir avant le lancement de la saga.
Tu veux dire ici ? Chez toi ? demanda Lena en se redressant, un éclat d'enthousiasme dans les yeux. Mais c'est génial, non ?
Andrea souffla, hésitante. Je ne sais pas…
Maggie, exaspérée, s'exclama : Pitié, dis-moi que tu ne vas pas flipper et faire marche arrière ! Andrea, tu as ce mec dans la peau depuis presque trois mois. Tu n'arrêtes pas d'en parler. Si jamais l'un de vous rompt, je viendrai personnellement vous chercher par la peau du cul, tous les deux.
Alex, Lena, et Andrea dévisagèrent Maggie avec des expressions allant de l'amusement à l'étonnement.
Quoi ? poursuivit Maggie avec un haussement d'épaules. C'est le premier mec stable de sa vie, vous le savez aussi bien que moi.
Tu es déjà allée chez lui, je ne vois pas en quoi c'est différent maintenant qu'il vient chez toi, demanda Lena, intriguée.
Andrea soupira. Parce que c'est chez moi… et ça rend les choses un peu trop sérieuses. Elle marqua une pause, puis ajouta : Enfin, je sais, ce n'est pas vraiment ça le fond du problème.
Lena haussa les épaules avec un sourire en coin. Écoute, je suis une experte en fuite, donc je ne suis pas la meilleure personne pour te conseiller… mais tu devrais appliquer tes propres conseils.
Ses propres conseils ? demanda Maggie, soudainement intéressée. Lesquels ?
De vivre la vie avec ses hauts et ses bas, d'avancer malgré ses peurs et… je crois qu'il était aussi question de vivre pleinement, jusqu'au bout, expliqua Lena en citant Andrea presque mot pour mot.
Andrea esquissa un sourire mêlé de tristesse. Parfois, je déteste ta capacité à te souvenir de tout, dit-elle doucement. Puis elle ajouta en baissant les yeux : Mais… j'ai raison.
Lena leva les yeux au ciel en secouant légèrement la tête, amusée.
Maggie acquiesça, visiblement d'accord. Je ne sais pas pourquoi vous aviez ce genre de conversation super profonde, mais c'est pas faux. Elle marqua une pause et lança un regard à Alex. C'est ce qui nous a permis de nous mettre ensemble, d'ailleurs. Pour le mariage aussi, on s'est jetées dans le vide et on l'a vécu pleinement jusqu'au bout.
Lena sourit à ce souvenir. Je me souviens encore d'Alex complètement paniquée, dit-elle en retenant un petit rire. Même si la cérémonie était magnifique, tout ce qu'il s'est passé avant était… compliqué à gérer.
Mais au final, elles l'ont fait, conclut Andrea en hochant la tête. Elle inspira profondément, comme si les mots prenaient enfin sens. Vous avez raison, les filles. Je n'ai aucune raison de flipper.
Écoutez, je sais qu'on vient de commencer, mais je suis épuisée, déclara Lena, trop heureuse d'avoir une excuse pour écourter l'appel.
Déjà ? s'étonna Alex, un peu déçue. Mais l'autre jour, tu n'as pas pu rester à cause de ta visio. On n'a plus le temps de se parler… Tu nous avais promis que tu prendrais du temps pour nous, et voilà que tu recommences à te noyer dans le travail.
Lena soupira doucement. Excuse-moi, Alex. Je te promets que je trouverai plus de temps… la semaine prochaine.
Alex haussa les sourcils, surprise. Mais on est seulement mardi ! s'exclama-t-elle, réalisant que Lena repoussait déjà à la semaine suivante.
Lena baissa les yeux, ne pouvant leur dire que ses soirées étaient déjà prévues. Elle préférait être avec Sam plutôt que de participer à des discussions qui lui semblaient de plus en plus décalées.
Andrea, fidèle à elle-même, intervint pour détendre l'atmosphère. Ok, on va faire un deal. On se fait une visio vendredi. Mais en croisant le regard de Lena, elle rectifia rapidement. Samedi, alors ?
Lena hésita, mais finit par céder. Va pour samedi, souffla-t-elle, bien qu'elle sache pertinemment qu'elle serait encore plus fatiguée. Le gala de ce week-end était déjà minutieusement chronométré, et elle pourrait sans doute voler un quart d'heure à son emploi du temps chargé pour honorer ce rendez-vous.
Après avoir souhaité une bonne soirée, Lena coupa la visio, mêlant tristesse et inquiétude. Elle remarquait que, à mesure qu'Andrea et Russel se rapprochaient, son amie perdait confiance en elle, un contraste avec ce que Lena ressentait.
Elle pensa à Sam. Bien qu'elle avait eu du mal à se lancer, Lena se sentait maintenant sereine et heureuse d'avancer avec elle. Contrairement à Andrea, ce n'était pas le temps qui la pesait, mais la distance, qui lui rappelait combien l'éloignement était difficile. Elle s'affaissa dans le canapé, posant son téléphone sur la table. La pièce était silencieuse. Elle passa une main dans ses cheveux, cherchant à organiser ses pensées.
Au fil des jours, Lena se rendait compte que leurs conversations à distance avec Sam étaient devenues très intimes. Partager leurs journées, leurs pensées, et parfois leurs silences, avait créé un lien précieux entre elles. Malgré son emploi du temps chargé, Lena savourait et chérissait ces moments.
Et pourtant… malgré tout cela, il y avait une autre frontière qu'elles n'avaient pas encore franchie. Ce pas charnel, cet acte qui scellerait leur relation d'une toute nouvelle manière. Lena n'avait jamais été nerveuse dans ses relations passées, mais avec Sam, c'était différent. C'était à la fois effrayant et excitant. Effrayant parce qu'elle craignait de briser l'équilibre qu'elles avaient construit. Excitant parce que, parfois, quand elle s'autorisait à y penser, elle sentait son cœur s'emballer et une chaleur familière en elle.
Elle se souvenait de ces instants où leurs regards s'étaient croisés un peu plus longtemps, de ces étreintes qui révélaient la confusion de leurs émotions. Ces moments avaient éveillé en elle un mélange de désir et d'hésitation. Et à chaque fois, Lena s'était retenue. Pas parce qu'elle n'en avait pas envie, mais parce qu'elle voulait que tout se fasse à leur rythme, qu'elles construisent quelque chose de solide avant de passer à cette étape.
Mais parfois, le doute s'immisçait. Et si Sam interprétait sa retenue comme un manque de désir ? Et si elle perdait patience ? Lena chassa ces pensées négatives. Ce n'était pas le moment, surtout pas ce soir. Elle inspira profondément, se promettant de trouver le courage d'en parler avec Sam. Parce que malgré toutes ses peurs, Lena savait qu'elle ne voulait rien d'autre que construire quelque chose de vrai avec Sam, pas à pas, avec confiance.
(...)
Lena se frotta les yeux, peinant à chasser la fatigue qui pesait sur elle. Elle avait travaillé d'arrache-pied toute la journée, espérant pouvoir consacrer cette soirée à Sam. La veille, un rendez-vous tardif l'avait retenue, et Sam, exténuée par sa propre journée, s'était assoupie à ses côtés sur le canapé, interrompant leur conversation. Ce soir, Lena refusait de voir leur temps ensemble lui échapper à nouveau.
Sam partait le lendemain soir après sa journée de travail. Il ne leur restait que cette soirée et quelques heures le matin. Rien que d'y penser, une tristesse envahissait Lena. Elle aurait voulu prendre la journée pour prolonger ces moments, mais le week-end à venir était trop chargé de responsabilités. Le temps jouait contre elles, et Lena se sentait coupable d'être aussi prise.
Lena relut le document pour la sixième fois, ses yeux peinant à rester fixés sur les lignes. Son esprit vagabondait ailleurs. Comme pour compliquer les choses, Sam lui avait envoyé un message lui annonçant qu'elle avait terminé plus tôt et qu'elle avait une nouvelle à partager.
Lena poussa un soupir, tentant de rassembler le courage nécessaire pour achever ce dossier avant huit heures. Mais après une énième tentative infructueuse, elle dut se rendre à l'évidence : se concentrer et travailler relevait de l'impossible. Peut-être pourrait-elle avancer plus tard, une fois que Sam serait endormie.
Une frustration grandissait en elle. Leur relation avançait trop lentement à son goût. Elle savait qu'il fallait du temps, mais le leur semblait trop court.
Résignée, elle envoya un message à Sam, l'informant qu'elle rentrerait plus tôt et qu'elle terminerait son travail dans la soirée. Sur le chemin du retour, Lena ne put s'empêcher de sourire. L'idée de passer un peu plus de temps avec Sam suffisait à illuminer sa soirée.
Une fois arrivée, Lena franchit la porte en trombe, balançant presque ses affaires sur le porte-manteau, impatiente de retrouver Sam. Je suis rentrée ! annonça-t-elle tout en se déchaussant à la hâte.
Sam, installée dans le salon avec son ordinateur sur les genoux, leva les yeux vers elle. Oh ! s'exclama-t-elle en jetant un coup d'œil à l'heure. Je voulais nous préparer quelque chose, mais… c'est beaucoup trop tard maintenant, dit-elle avec une grimace d'excuse.
Aucun problème, je peux commander.
On a déjà commandé hier parce que personne n'avait le courage de cuisiner, souffla Sam.
Ce n'est pas grave, vraiment, répondit Lena avec un sourire. Je cuisine très rarement, en réalité.
Sam haussa un sourcil intrigué. Vraiment ? Je pensais que tu m'avais dit l'autre fois que tu essayais de t'y remettre.
Lena grimaça. Eh bien, il semblerait que ma résolution ait tenu… trois jours.
Sérieusement ? Tu cuisines combien de fois par semaine ?
Sur un mois, je dirais… une dizaine de fois, peut-être.
Sam écarquilla les yeux, stupéfaite. C'est tout ?! Tu sais quoi, je vais préparer le plat que j'avais prévu. Installe-toi, je vais voir ce que tu as dans les placards.
Lena pinça les lèvres, consciente du vide dans ses placards. Elle suivit Sam dans la cuisine, et cette dernière la dévisagea en découvrant le peu qu'il y avait à disposition. Eh bien, avec ce que tu as ici, je peux te faire… du riz. Et… ah, ça, c'est périmé, constata-t-elle en levant un paquet.
Lena éclata de rire avant de se mordre les lèvres. Je sais, ce n'est pas glorieux.
Je t'aurais bien proposé de faire des courses, mais vu l'heure, tout doit bientôt fermer.
Je peux toujours passer à l'italien du coin, il me prépare souvent un doggy bag, il a l'habitude.
Sam soupira en levant les yeux au ciel. Tu sais que ce n'est pas très sain de toujours commander des plats à emporter ?
Je sais, Andrea me le répète au moins trois fois par semaine.
Eh bien, elle a raison.
Lena grimaça. Je déteste entendre qu'Andrea a raison.
Sam éclata de rire. Et pourtant…
Tu veux m'accompagner chez Marco ? demanda Lena avec un sourire en coin.
J'ai comme l'impression que ce "Marco" te connait très bien et que tu es une habituée. Dit Sam avec un sourire en coin alors qu'elles se dirigeaient vers l'entrée.
Touché. Dit Lena en souriant. Mais tu ne vas pas être déçue, en plus d'être adorable il fait les meilleures lasagnes du coin.
Par contre, si ses fameuses lasagnes ne sont pas aussi incroyables que tu le prétends, tu me devras un vrai repas fait maison. Dit Sam sur un ton amusée.
Oh, vraiment ? répondit Lena, un sourcil levé, un sourire amusé aux lèvres. Elle fit une légère grimace, puis ajouta, toujours malicieuse : Très bien, marché conclu.
Elle tendit sa main, comme pour sceller un pacte. Sam, déjà dans son manteau, la prit avec un sourire. Mais au lieu de la relâcher tout de suite, elle la garda quelques secondes, ses doigts serrant légèrement ceux de Lena. Leurs regards se croisèrent, et le temps sembla s'arrêter. Lena sentit son cœur s'emballer et sa respiration se couper. Ce regard lui paraissait percer ses pensées les plus profondes.
Une chaleur douce se diffusa en elle, remontant lentement de sa poitrine jusqu'à son visage. Des papillons s'éveillèrent dans son ventre, apportant une vague de sensations nouvelles. Sa main, toujours dans celle de Sam, picotait, comme un courant électrique invisible qui les reliait.
Lena sourit sans y penser. Elle serait restée là des heures, à savourer ce silence où tout était dit sans mots. Mais Sam rompit le contact, ramenant Lena à la réalité. Prête à y aller ? demanda-t-elle avec un sourire espiègle, sans savoir l'effet qu'elle venait de provoquer.
Lena hocha la tête, essayant de reprendre le contrôle. Absolument, répondit-elle, bien qu'une partie d'elle regrette déjà la fin de ce moment.
Elles marchaient côte à côte, et la fraîcheur du soir fit remonter le col de Lena. Le soleil était presque couché. En la voyant faire, Sam s'approcha et lui prit doucement le bras. Une chaleur familière monta en Lena, qu'elle chercha à repousser. Depuis l'arrivée de Sam, ces gestes de proximité étaient de plus en plus difficiles à ignorer. Lena ressentait le désir de se rapprocher davantage, mais hésitait, ne voulant pas que Sam voie à quel point elle avait envie d'être près d'elle.
Alors que Sam se dirigeait vers l'avant du restaurant, Lena la stoppa. On va passer de l'autre côté, dit-elle en contournant l'enseigne lumineuse rouge « Chez Marco ».
À l'arrière, elles trouvèrent un homme avec un tablier blanc, assis sur un tabouret de bar, plongé dans la lecture d'un journal. Il leva les yeux vers elles. Lena ! s'exclama-t-il, un large sourire aux lèvres. Come vas-tu, bella mia ? Son accent italien résonnait chaleureusement.
Bonsoir, Marco, sourit Lena. Ça va, enfin… Fatiguée, mais ça va. Et toi ?
Oh, tu sais… Come sempre. répondit-il en haussant les épaules. L'homme, dans la cinquantaine, légèrement bedonnant, brun, avec le visage marqué par le soleil. Bonsoir, ajouta-t-il en adressant un regard à Sam.
Bonsoir, répondit Sam, d'une manière plus réservée.
Je te présente Sam, une amie, expliqua Lena. Elle voulait me préparer un repas avec ce que j'ai dans mes placards… dit-elle en souriant.
Et qu'est-ce que vous avez trouvé, eh ? Niente di niente ? demanda Marco en riant. Le vide absolu ?
Quelque chose comme ça, sourit Sam. Marco éclata de rire, tandis que Sam esquissait un sourire timide.
Lena souriait. Je lui ai proposé de manger les meilleures lasagnes du coin, ajouta-t-elle.
Du coin ?! s'exclama Marco, exagérant outrageusement. Puis, avec un large sourire, il poursuivit en italien : Del mondo! Le migliori lasagne del mondo!
C'est que j'ai parié un repas en échange si elle n'était pas satisfaite. Elle n'est pas tellement exigeante, continua Lena en regardant Sam, mais dans le doute, je n'ai pas voulu trop miser. Elle jeta un coup d'œil à Marco, qui secoua la tête de manière dramatique.
Cuore mio, poursuivit-il de façon très théâtrale. Tu sai, ça me fa male ce que tu me dis là.
Je pourrais te proposer un repas en guise de compensation aussi… Mais comme tu sais, je n'ai vraiment pas grand-chose dans mes placards…
Marco éclata de rire à gorge déployée. Allez, aspettatemi ici, je vais chercher les migliori lasagne del mondo, et vous m'en direz des nouvelles !
Alors que Marco s'éloignait vers la cuisine, Sam se pencha légèrement vers Lena et baissa la voix, comme si elle redoutait d'être entendue. Donc, non seulement tes placards sont vides, mais ton ami est aussi le restaurateur du quartier ? lança-t-elle avec un sourire malicieux.
Lena esquissa un sourire en coin. Je sais, tout mon apprentissage culinaire est à refaire. Sam pouffa de rire, hochant la tête en signe d'approbation.
Sam secoua légèrement la tête, toujours amusée. Et dire que je pensais que mes talents culinaires allaient être mis à l'épreuve.
Lena haussa les épaules avec une expression faussement désolée. Eh bien, tu auras au moins la chance de goûter aux fameuses lasagnes de Marco. Ce n'est pas une mauvaise consolation.
Sam lui lança un regard complice. Pas une mauvaise consolation, non. Mais il va falloir que je te voie vraiment cuisiner seule un jour, juste pour vérifier si ces dix repas par mois sont réels ou si c'est un mythe.
Lena éclata de rire. Tu doutes de moi ? Tu m'as vue l'autre jour, je sais quand même allumer une plaque de cuisson !
Avant que Sam ne puisse répliquer, Marco réapparu, portant une grande boîte soigneusement emballée d'où s'échappait une odeur irrésistible. Voilà, signore, mes célèbres lasagnes da asporto! Mais attenzione, elles sont faites pour être mangiées rapidement, pas laissées dans un coin.
Il tendit la boîte à Lena, qui la prit avec un sourire reconnaissant. Merci. Promis Marco, on ne perdra pas une seconde pour les savourer.
Tu sais où me trovare si tu veux des consigli pour garnir ces fameux placards vides, ajouta-t-il avec un clin d'œil, avant de leur souhaiter une bonne soirée.
Lena et Sam le remercièrent et prirent la direction de la sortie. Une fois dehors, l'air frais de la soirée les enveloppa, et elles commencèrent à marcher côte à côte vers l'appartement de Lena.
Après quelques pas, Sam brisa le silence avec un sourire amusé. Alors, c'est ça ta technique de survie culinaire ? Faire appel à des chefs talentueux pour masquer le vide de ton frigo ?
Lena haussa les épaules, une étincelle malicieuse dans le regard. Ce n'est pas ma faute si je connais les bonnes adresses. Et puis, avoue que c'est plus rapide, quand tu rentres tard je doute que tu aies très envie de cuisiner toi aussi.
Sam rit doucement en hochant la tête. Je dois admettre que ça sent divinement bon, en tout cas. Tu viens souvent ici ?
Lena hocha la tête. De temps en temps. Marco est un vieil ami, et ses lasagnes sont imbattables. Mais, promis, la prochaine fois, je te préparerai quelque chose moi-même.
Sam sourit en coin. J'ai hâte de voir ça. Mais pour l'instant, je vais savourer ce chef-d'œuvre et faire comme si tu l'avais préparé.
Lena laissa échapper un rire léger, tandis qu'elles poursuivaient leur marche. La conversation se poursuivit naturellement, entre plaisanteries et confidences, tandis qu'elles se rapprochaient de l'appartement, l'odeur alléchante des lasagnes flottant dans l'air.
Elles partagèrent le repas, et Sam admit que les lasagnes étaient vraiment délicieuses, qu'elles n'avaient rien à envier à toutes celles qu'elle avait goûtées jusqu'à présent. La conversation glissa alors vers le travail de Sam, qui consistait en grande partie à pallier un manque de personnel sur le site de Santa Ana.
En fait, c'était ça la nouvelle ! s'écria Sam, se rendant soudain compte qu'elle ne lui avait rien dit. Ils sont en pleine recherche pour un nouveau RH, du coup, je dois participer aux prochains entretiens d'embauche !
Lena la regarda, les yeux écarquillés. Et donc, tu dois faire tout ça en une journée demain ? s'exclama-t-elle, un peu surprise. Ça m'a l'air assez complexe, non ?
Eh bien, c'est justement là la surprise, sourit Sam. Les entretiens sont lundi. Ce qui veut dire que mon séjour se prolonge jusqu'à lundi soir ! Elle marqua une pause en voyant le sourire de Lena s'élargir. Un sourire éclatant se dessinait sur son visage. Évidemment, ce n'est pas uniquement lundi, mais je ferai le reste en visio. Ils ont trouvé ça dommage de ne pas profiter de ma présence ici pour démarrer les entretiens.
C'est génial ! s'exclama Lena, les yeux pétillants de joie. Le séjour se prolongeait de plusieurs jours encore ! Puis, soudainement, un éclair de réalisation traversa son visage. Oh non… J'ai un gala ce week-end, dit-elle tristement.
Ici ? demanda Sam, intriguée.
Oui… Mais… Lena sembla soudainement prendre une idée. Tu pourrais m'accompagner ?!
Sam écarquilla les yeux, un peu surprise. C'est que… je travaille ce samedi, répondit-elle.
C'est le soir ! éluda Lena, tout sourire. Et je vais m'arranger pour ne rien faire dimanche. Comme ça, on aura toute la journée pour nous ! conclut-elle, ravie. Lena, radieuse, s'approcha de Sam, un éclat malicieux dans les yeux. Allez, dis oui, Sam, viens m'accompagner, ça me permettra de moins m'ennuyer, en plus.
Sam hésita, l'air un peu perdue, se mordillant la lèvre inférieure. Mais je n'ai rien à me mettre, déclara-t-elle, jetant un regard distrait sur sa tenue plus décontractée. Je ne suis pas vraiment préparée à ce genre de soirée...
Lena sourit, amusée par la tentative de Sam d'échapper à la situation. Ce n'est vraiment pas grave, je peux faire venir plusieurs robes ici si tu veux. Tu pourras les essayer tranquillement.
Sam rougit légèrement, gênée par la proposition. C'est vraiment trop, juste pour une soirée, répondit-elle, l'air un peu embarrassé.
Lena haussait déjà les épaules, comme si la question était réglée. C'est ce que je fais souvent, comme tu sais, je n'ai pas assez de temps pour faire des courses… Alors, imagine pour faire du shopping.
Sam sourit, un peu amusée par cette révélation. Effectivement.
Lena s'approcha alors un peu plus près, comme pour ne pas laisser Sam se défiler. Allez, je t'assure, tu n'auras qu'à me donner tes mesures, et je m'occupe du reste. Je ferai en sorte qu'elles soient parfaites! continue-t-elle en se parant de son plus beau regard de chien battu.
Sam mordillait l'intérieur de la joue tout en réfléchissant, hésitante. Lena, perçant un peu sa résistance, sentait que Sam était en proie à plusieurs interrogations. Elle aurait voulu pouvoir lire dans ses pensées à cet instant. Tu es vraiment sûre que je ne vais pas faire tâche dans ce genre d'événement ? Je suis vraiment nulle en nouvelles technologies, lança Sam, un peu anxieuse.
Lena secoua la tête, un sourire rassurant sur les lèvres. C'est juste des mécènes, crois-moi, ils ne sont pas plus doués que toi. Ça ne prendra que deux heures, et je ferai en sorte que ça ne dépasse pas plus longtemps. S'il te plaît ! Elle ajouta ces derniers mots avec une insistance douce, voyant que Sam semblait un peu moins réticente.
Après un moment d'hésitation, Sam souffla en lâchant un petit sourire, une lueur de curiosité dans les yeux. D'accord… Mais je vais vraiment avoir l'air de débarquer dans un endroit où je ne connais rien.
Lena éclata de rire, un rire sincère et chaleureux. Non, non, tu seras parfaite, tu verras ! Merci, Sam. dit-elle en souriant. Avant que Sam n'ait eu le temps de réagir, Lena se pencha et déposa un baiser léger sur sa joue. Le geste était spontané, et Lena ne se rendit pas immédiatement compte de l'effet que cela avait sur Sam, qui resta figée un instant, surprise par cette marque d'affection inattendue. Le rouge lui monta aux joues, et Lena, en s'éloignant, remarqua son trouble. Désolée… dit-elle, un peu penaude, réalisant qu'elle avait franchi une nouvelle barrière, bien qu'elle ait toujours cru que Sam était tactile.
Sam passa nerveusement une main derrière son oreille pour replacer une mèche de cheveux. Tu n'as pas besoin de t'excuser pour ça. répondit-elle simplement.
Tu crois ? demanda Lena, qui, par cette question, espérait en savoir un peu plus sur ce que Sam pensait vraiment.
Sam la regarda, fronçant légèrement les sourcils. Bien sûr ! Si tu t'excuses à chaque câlin ou chaque bisou, tu passerais ton temps à t'excuser, dit-elle, un sourire timide se dessinant sur ses lèvres.
Lena réalisa alors qu'encore une fois, Sam ne comprenait pas tout à fait. Avec le temps et leurs nombreuses conversations, Lena devenait de plus en plus apte à lire entre les lignes, surtout maintenant qu'elles avaient franchi certains caps. Ce n'est pas vraiment ce que je voulais dire… commença-t-elle, cherchant ses mots, hésitant un instant avant de poursuivre.
Lena prit une légère inspiration avant de continuer, son regard se posant sur Sam avec une sincérité douce. Est-ce que ça te dérange, ce genre de gestes ? demanda-t-elle, la voix un peu hésitante mais pleine de bienveillance. Parce que… jusque-là, chaque fois qu'on s'est vues, on s'est juste fait des câlins… Et je sais pas trop comment faire avec ça. Je ne voudrais pas te brusquer, ou te mettre mal à l'aise. Elle se mordilla la lèvre inférieure, essayant de trouver les mots justes. Peut-être que tu n'es pas encore prête, ou que... je sais pas, je veux juste être sûre que ça ne te dérange pas.
Elle la fixa un instant, cherchant à lire dans ses yeux, tout en espérant que Sam ne se sente pas accablée par cette question, qu'elle ne veuille pas la forcer à dire quoi que ce soit qu'elle ne se sentait pas prête à exprimer. Lena était un peu nerveuse, craignant d'avoir franchi une limite sans le vouloir.
Lena observa Sam silencieusement pendant un moment, guettant sa réaction. La façon dont Sam baissa les yeux, jouant nerveusement avec sa manche, la fit se demander si elle avait mis les pieds dans le plat. La rougeur qui montait lentement sur ses joues ne passa pas inaperçue, mais Lena hésitait à l'interpréter. Elle avait posé la question en espérant obtenir une réponse honnête, mais elle n'était pas sûre de pouvoir déchiffrer ces signes
Sam finit par relever la tête, mais Lena ne pouvait pas lire clairement ses pensées dans ses yeux. Elle attendit patiemment, tentant de capter le moindre indice, quand Sam murmura finalement : Non... Ça ne me dérange pas. Pas du tout. Lena n'arrivait toujours pas à déceler si c'était vraiment le cas ou si Sam cherchait juste à la rassurer. Puis, Sam ajouta : C'est juste... c'est un peu nouveau, tu vois.
Lena hocha doucement la tête, sentant la tension s'apaiser un peu. Mais ce n'était pas suffisant pour elle. Elle aurait aimé entendre plus, comprendre ce qu'il se passait vraiment dans l'esprit de Sam, au-delà de ce qu'elle montrait. Elle observa les gestes de Sam, la façon dont elle haussait les épaules comme pour masquer son malaise, et son sourire timide.
Si ça peut te rassurer, je suis bien plus à l'aise que je n'y parais, dit Sam avec un sourire plus sincère.
Lena se sentit soulagée, mais une part d'elle restait incertaine. Elle ne voulait surtout pas brusquer Sam, elle souhaitait simplement qu'elles avancent à leur rythme, mais c'était difficile de savoir exactement où en était l'autre sans le dire clairement. Si tu veux que je ralentisse ou que je sois moins…
Non, non ! Coupa Sam. Je sais que j'ai l'air très mal à l'aise ou… Enfin. Ce n'est pas contre toi. Vraiment. termina Sam. Mais elle ne pouvait pas affronter le regard de Lena qui commençait sincèrement à douter. Ça fait très longtemps que… Je n'ai pas été… Disons intime, ou du moins physique, avec quelqu'un. Commença Sam, mais elle ne sembla pas vouloir en dire plus.
Lena resta silencieuse, ne sachant pas si elle devait intervenir ou laisser Sam prendre son temps pour parler. Elle se souvint du jour où elle s'était ouverte à Sam, et cette dernière l'avait laissée parler sans l'interrompre. Lena décida de faire de même.
Je sais que c'est un peu stupide, souffla Sam. Mais avec mon travail, ma fille… Je n'ai pas beaucoup eu le temps pour… Elle s'interrompit, éludant la conversation.
Lena sentait l'agitation de Sam et décida de lui prendre les mains. Elles étaient installées sur le canapé de Lena depuis un certain temps. Ce lieu semblait être leur endroit préféré pour discuter le soir.
Sam observa leurs mains jointes. Soupirant, elle continua. Au début, j'ai eu du mal à laisser quelqu'un entrer dans ma vie parce que… Je devais penser à Ruby en priorité… Ensuite mes études m'ont pris tout le reste de mon temps… Et maintenant que le temps passe, que… Je suis vraiment installée. J'avais fini par oublier cette idée. Sa voix se réduisit presque à un murmure. La seule et unique fois… s'interrompit-elle, une larme roulant sur sa joue. Sans réfléchir, Lena la prit dans ses bras.
Oh Sam…
La voix de Sam se brisa, et un poids lourd s'installa dans la poitrine de Lena. Elle comprenait ce que c'était de ne pas trouver les mots, d'être submergée par les émotions. Parfois, le silence était la meilleure réponse, laissant l'autre s'exprimer à son propre rythme. Lena resserra doucement son étreinte, et Sam posa faiblement sa main sur le bras de Lena.
C'était avant Ruby, sanglota Sam, sa voix pleine de douleur. Lena sentait la lutte intérieure de Sam. Une larme tomba, et le cœur de Lena se serra.
Sans dire un mot, Lena desserra son étreinte et se pencha doucement pour essuyer la larme de Sam avec le bout de son pouce. Elle ne voulait pas la forcer à parler davantage, mais elle voulait qu'elle sache qu'elle n'était pas seule. Sam sembla apprécier ce geste, fermant les yeux un instant sous la douceur de la caresse. Excuse-moi, chuchota-t-elle.
Tu n'as pas à t'excuser, murmura Lena, sa voix à peine un souffle. Tu n'as pas à tout expliquer si tu n'en as pas envie.
Sam hocha lentement la tête, mais il était clair que tout cela était difficile pour elle. Lena voulait la soutenir, mais elle ne savait pas comment faire. La situation était fragile, et elle hésitait à pousser Sam à en dire plus. Elle resta là, silencieuse, incertaine de la manière dont elle devait agir, comme si, inconsciemment, elle sentait que ce n'était pas encore le bon moment pour aller plus loin.
Ça fait tellement longtemps… souffla Sam, évitant le regard de Lena. Elle détourna les yeux, cherchant sûrement un peu de courage pour continuer. Après Ruby, je… J'avais l'impression que ça n'avait plus de sens. Tout tournait autour d'elle, de ce qu'il fallait faire pour elle, donc...
La voix de Sam s'éteignit presque, et Lena comprit que c'était difficile. Elle ne voulait pas la forcer à parler, mais elle ressentait toute la charge des années de solitude et de dévouement dans ses paroles.
Lena inspira profondément, décidant de ne pas précipiter les choses. Je comprends. On avancera à ton rythme. Elle aurait voulu dire plus, mais elle savait que parfois, la simplicité du moment était suffisante.
Sam se laissa aller contre le dossier du canapé, fermant les yeux quelques secondes. Une nouvelle larme glissa discrètement sur sa joue.
J'aimerais pouvoir faire quelque chose, dit Lena, peinée. Elle resta à ses côtés, sans oser la toucher, ne sachant pas quelle attitude adopter.
Sam rouvrit les yeux et fixa Lena intensément. Tu fais déjà tellement, Lena… souffla-t-elle. Je crois que tu ne te rends pas compte de ce que… ce qu'on est en train de construire… Ce que… ce que ça change pour moi. Elle s'avança, collant son front à celui de Lena.
Lena ferma les yeux un instant, ressentant la chaleur de Sam contre elle. Le simple contact de leurs fronts disait tout ce que les mots ne pouvaient pas exprimer. Un frisson la parcourut, consciente de la fragilité de ce moment.
Tu sais… souffla Lena, sa voix tremblant légèrement, je suis là, Sam. N'en doute jamais.
Elle sentit Sam se détendre légèrement, mais une tension restait, discrète mais palpable. Lena comprenait que Sam portait le poids de longues années de solitude et de sacrifices. Elle ne voulait pas la presser ni la pousser à tout dire d'un coup. Pas encore.
Lena sentait la respiration douce de Sam contre elle, immobile pour ne pas rompre l'instant. Sam soupira, et Lena comprit que ce n'était pas seulement l'étreinte, mais l'idée de ne plus être seule qui l'apaisait. Quand Sam se recula légèrement, Lena frissonna. Le regard de Sam, mêlant hésitation et envie, croisa le sien. Une tension subtile mais intense flottait entre elles. Lena resta silencieuse, attentive, prête à entendre ce que Sam voulait partager.
Sam hésita, puis se rapprocha lentement. Leurs visages presque collés, leurs souffles se mêlaient. Le cœur de Lena battait à tout rompre, partagé entre surprise et douceur, figé dans l'instant. Avant qu'elle ne réagisse, Sam déposa ses lèvres sur les siennes. Le baiser était tendre, hésitant, comme si Sam cherchait une approbation. Lena sentit son souffle se suspendre, son corps se tendre sous l'intensité. Puis, doucement, elle répondit au baiser, ses lèvres suivant celles de Sam avec une délicatesse sincère. Le moment sembla suspendu, rempli d'une émotion nouvelle qui les submergeait toutes les deux.
Sam, sentant la réaction de Lena, sembla gagner en confiance. Elle approfondit doucement le baiser, glissant une main sur la joue de Lena et l'attirant plus près d'elle. Lena, prise dans cette proximité, répondit lentement, se laissant envahir par la chaleur et la douceur de ce premier baiser. Tout semblait s'effacer dans cet instant : les doutes, les peurs, tout ce qui les avait retenues jusqu'à présent. Lena, qui avait toujours voulu prendre son temps, se surprit à se laisser aller, acceptant cette vulnérabilité et sincérité qu'elle n'avait jamais laissée émerger avant.
Lorsqu'elles se séparèrent enfin, Lena sentit la réalité revenir, mais elle garda les yeux fermés un moment, savourant encore la douceur du moment. Sam, les joues légèrement rosies, la regardait tendrement, un sourire timide aux lèvres. Lena ouvrit lentement les yeux, un sourire doux et sincère éclairant son visage. Ce simple instant semblait avoir changé quelque chose entre elles, créant un équilibre fragile mais plus intense. Sam… murmura-t-elle, sa voix douce, pleine de tendresse.
Sam, la main toujours sur le bras de Lena, la regarda un moment avec une sincérité totale. Je ne veux pas qu'on aille trop vite, dit-elle enfin, la voix douce mais un peu rauque. Je suis prête à avancer, mais pas plus pour l'instant.
Lena sentit son cœur s'emballer en entendant ces mots. Elle hocha légèrement la tête, un sourire apaisé sur les lèvres. D'accord, répondit-elle simplement, sa voix empreinte de douceur et de compréhension.
Sam esquissa un sourire reconnaissant, ses yeux brillants d'émotion. Merci, Lena, murmura-t-elle, sa main effleurant doucement le bras de cette dernière, comme pour ancrer ses mots.
Lena se pencha légèrement en avant, effleurant les lèvres de Sam un instant, comme pour marquer ce début. Elle savait que c'était seulement le commencement, un commencement qu'elle voulait savourer. Elles avaient tout le temps, et cette promesse de prendre leur temps grandissait entre elles.
Leurs lèvres se retrouvèrent, effaçant tout le reste. Le temps semblait suspendu, chaque instant étiré dans une douce intensité. Ce baiser marquait une étape silencieuse, portée par ce qui les rapprochait. Rien d'autre n'existait que la douceur de l'échange et leurs cœurs battant à l'unisson. À travers chaque baiser, elles exprimaient confiance et tendresse, se laissant porter, oubliant tout. Lorsqu'elles se séparèrent, ce fut avec une infinie douceur, comme si tout avait mené à cet instant où leur lien prenait vie.
(...)
Lena avait posé son téléphone sur le rebord des lavabos des toilettes pour femmes, tandis qu'Andrea, Alex et Maggie continuaient de discuter. Elle ajouta une touche de rouge à lèvres avec précision, son regard scrutant le miroir. L'endroit était désert, elle ne serait pas dérangée le temps de son appel.
Je ne sais pas comment tu fais, lança Andrea en l'observant. Quand je dois couvrir ce genre d'événements, je m'ennuie à mourir, un vrai calvaire. Elle accompagna ses paroles d'une grimace exagérée.
Probablement parce que tu n'y gagnes pas grand-chose, à part quelques infos, répondit Lena, toujours concentrée sur son reflet. Pour L-Corp, tout repose sur ce gala. Si un problème survient, on devra soit réinvestir massivement, soit attendre d'autres fonds. Et avec les délais de...
Oh mon Dieu, Lena ! soupira Andrea en levant les yeux au ciel. On avait dit, pas de boulot !
C'est vous qui m'avez appelée alors que j'étais occupée, rétorqua Lena en rangeant calmement son rouge à lèvres.
Elle jeta un coup d'œil vers les trois femmes, avant de croiser le regard faussement accusateur d'Alex. On voulait te voir avant ! protesta Alex, un brin contrariée. Mais tu n'étais pas disponible de la semaine.
Oh ! s'exclama Maggie, avec son sourire malicieux. On devrait se caler un déjeuner avant qu'on ailler au lancement de la saga.
Vous y allez toutes les trois ? s'étonna Lena, décidant finalement de laisser son téléphone là où il était.
J'arriverai en fin de matinée, répondit Maggie. J'ai une audience tôt le matin.
Mais c'est bientôt déjà, réalisa Lena en réfléchissant. La semaine prochaine, je pourrais peut-être me libérer jeudi...
Je pars trois jours à Dallas, coupa Andrea, un soupir las échappant de ses lèvres.
Dimanche prochain ? tenta Lena, ajustant son timing mental.
On a un dîner en famille, grimaça Alex.
La semaine d'après ?
Dans quinze jours ?! s'insurgea presque Andrea. Sérieusement ? Comment on en est arrivées là, à ne plus réussir à se voir au moins une fois par semaine ?
On faisait ça avant, réalisa Alex, un peu songeuse.
C'était avant que je sois prise dans trois gros projets et avant qu'Andrea enchaîne les interviews aux quatre coins du pays, fit remarquer Lena en croisant les bras.
Alex eut un petit rire ironique, réalisant une évidence. Finalement, on est bien plus disponibles avec Maggie, conclut-elle, son ton à la fois amusé et un peu amer.
Lena secoua la tête, amusée par leur échange, mais une ombre de nostalgie passa dans son regard. Cela faisait si longtemps qu'elle n'avait pas pu passer un vrai moment avec ses amies. Ces instants lui manquaient plus qu'elle ne l'avouait. On devrait vraiment s'organiser, reprit-elle d'un ton plus sérieux. Un vrai moment pour nous, toutes les quatre.
Ce ne serait pas du luxe, admit Andrea en se redressant. Parce que si on continue comme ça, notre prochain rendez-vous sera dans quelques années.
C'est vrai, si on ne bloque pas une date maintenant, on ne s'en sortira jamais. compléta Maggie
Un silence tomba alors que chacune réfléchissait, calculant mentalement ses disponibilités. Bon, dit Lena, brisant le silence. Qu'est-ce que vous dites du mardi, dans deux semaines ? Si on s'y prend assez tôt, je peux repousser quelques rendez-vous.
Andrea consulta rapidement son téléphone avant d'hocher la tête. Ça pourrait marcher pour moi.
Alex regarda Maggie, qui confirma d'un signe de tête. Ok, vendu, dit Alex avec un sourire satisfait.
Parfait, conclut Lena, un sourire discret adoucissant ses traits. Je m'en occupe, alors.
Alors que chacune acquiesçait, la porte des toilettes s'ouvrit doucement, attirant leur attention. Le téléphone de Lena, toujours posé un peu à l'écart sur le rebord du lavabo, restait dans le champ de vision de toutes. Lena, intriguée, tourna la tête… et son estomac se serra instantanément.
La silhouette qui entra lui était étrangement familière. Cette robe. Elle l'avait déjà vue, plus tôt dans la soirée. Elle n'eut besoin que d'une fraction de seconde pour reconnaître la femme qui se tenait là, et un frisson lui parcourut l'échine.
Flashback
Sam s'observa dans le miroir, ajustant légèrement la robe sur ses hanches avant de tenter un coup d'œil par-dessus son épaule. Tu es sûre qu'elle me va ? demanda-t-elle avec une pointe d'hésitation.
Lena, immobile, la fixait depuis plusieurs secondes. La robe bleu nuit était absolument parfaite, épousant les courbes de Sam avec une élégance simple et naturelle. Elle se perdit un instant dans cette vision, jusqu'à ce que le silence prolongé la ramène à la réalité. Pardon, tu disais ? demanda-t-elle, un peu prise au dépourvu.
Sam, amusée, se tourna vers elle, un sourire taquin éclairant son visage. Je disais qu'il semblerait qu'on ait trouvé la robe, répondit-elle en arquant un sourcil.
Lena sentit ses joues s'empourprer légèrement, gênée de s'être laissée surprendre en pleine contemplation. La rouge était très bien aussi, tenta-t-elle, cherchant à détourner la situation.
Mais Sam, avec son air espiègle, ne comptait pas la laisser s'en tirer si facilement. Peut-être, admit-elle, un sourire en coin. Sauf que, dans celle-là, tu ne réponds plus vraiment quand je te pose une question, lança-t-elle, le ton léger mais clairement joueur.
Lena se mordit discrètement la lèvre, incapable de trouver une réplique immédiate, alors que Sam riait doucement, visiblement satisfaite de l'effet qu'elle lui faisait. Lena détourna les yeux, feignant de s'intéresser à quelque chose sur les étagères, mais son teint trahissait son malaise. Je réfléchissais, c'est tout, marmonna-t-elle avec un faux détachement, ses doigts s'attardant sur une boucle argentée.
Sam, amusée, s'approcha doucement, sa robe frôlant légèrement le sol, et posa une main sur l'épaule de Lena, forçant cette dernière à relever les yeux. Si tu veux savoir, c'est flatteur, murmura Sam, son regard brillant d'une malice douce.
Lena voulut répondre, mais aucun mot ne sortit. Elle se contenta de croiser le regard de Sam. Dans cette proximité, une tension subtile s'installa, mêlant nervosité teintée de quelque chose de plus profond.
Sam, espiègle, se pencha légèrement et déposa un baiser furtif sur la joue de Lena avant de reculer avec un sourire en coin. Eh bien, dit-elle en croisant les bras, un éclat de défi dans les yeux. Si cette robe t'empêche de répondre, je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée de la prendre.
Lena, prise de court, la fixa, incrédule. Mais… commença-t-elle, avant que Sam ne l'interrompe avec un sourire malicieux.
Tu as du travail, des mains à serrer… Je ne voudrais pas que ma robe gêne ton rôle de parfaite hôtesse, plaisanta Sam, son rire léger dissipant la tension.
Lena plissa légèrement les yeux, un sourire amusé étirant ses lèvres. Ta logique est implacable, concéda-t-elle en hochant lentement la tête. Mais cette robe… Est magnifique. Et sur toi, elle est… encore plus mise en valeur. Elle marqua une pause, son regard croisant à nouveau celui de Sam, plus assuré cette fois. Ce serait vraiment dommage de la laisser passer, non ? conclut-elle avec un sourire sincère.
Sam inclina la tête avec un sourire tendre. Alors, ce sera celle-là, dit-elle simplement, laissant Lena avec une douce chaleur dans la poitrine et le souvenir fugace d'un baiser sur sa joue. Elle se retourna vers le miroir pour ajuster quelques détails, tandis que Lena, encore un peu troublée, l'observait discrètement.
Flashback.
Sam ?! s'exclama Andrea, suivie de près par Alex et Maggie.
Lena sentit une sueur froide descendre le long de sa nuque. Merde. pensa-t-elle, tout en tournant lentement son visage vers la caméra, tentant de garder une apparence détendue. Oh… Je vous avais pas dit ? dit-elle d'un ton faussement innocent. Sam doit faire un remplacement pour son travail ici…
Le regard d'Andrea s'aiguisa, et un sourire moqueur apparut sur les lèvres de Maggie. Ah, maintenant je comprends mieux pourquoi tu étais si overbookée ces derniers jours, lança cette dernière avec un sourire en coin.
Sam, restée pétrifiée en arrière-plan, finit par s'avancer doucement pour se placer à côté de Lena. Bonsoir, dit-elle timidement, en jouant nerveusement avec un pli de sa robe.
Russell ne m'a jamais dit que tu étais dans le coin ! Il va m'entendre, lui, pesta Andrea, croisant les bras comme si elle allait immédiatement le sermonner.
Un silence embarrassant s'installa. Sam échangea un regard contrit avec Lena, qui tenta tant bien que mal de rester impassible. Mais elles furent bientôt forcées de reporter leur attention sur l'écran, où Andrea observait la scène avec une curiosité grandissante. Il vient de se passer quoi, là ? demanda-t-elle en rapprochant son visage de la caméra avec une expression de suspicion exagérée.
Rien, répondirent Lena et Sam d'une seule voix, trop rapides pour être crédibles.
Un silence s'ensuivit, avant qu'Andrea ne lâche un cri strident. Oh mon dieu ! s'écria-t-elle, un sourire triomphant étirant ses lèvres. Non mais regardez-moi ça…
Lena leva les yeux au ciel, exaspérée. Écoutez, les filles, intervint-elle d'un ton ferme. Le gala va bientôt commencer, on doit vraiment y aller.
Non mais attends ! coupa Andrea. Qu'est-ce que Sam fait avec toi à ce gala ? Depuis quand elle est…
Lena n'attendit pas la suite. Elle attrapa son téléphone et coupa la visio d'un geste sec. Merde, souffla-t-elle en baissant le regard.
Je suis désolée, murmura Sam, visiblement embarrassée. Quand tu m'as dit que tu allais dans un coin tranquille pour leur parler, je ne pensais pas que ce serait ici…
Je vais en entendre parler toute la semaine, répondit Lena, déjà épuisée à cette idée. Et pas qu'une fois… plusieurs fois par jour, ajouta-t-elle en grimaçant.
Un ding sonore interrompit leurs lamentations. Lena regarda l'écran et lut le message, un soupir de déception s'échappant de ses lèvres. Elle tendit le téléphone à Sam.
Sur l'écran, en lettres majuscules :
CA Y EST ?!
Quelques secondes plus tard, un autre message apparut :
PUTAIN JE LE SAVAIS.
Lena roula des yeux et murmura, je crois que je vais éteindre mon téléphone.
À peine eut-elle prononcé ces mots qu'un nouveau message s'afficha sur l'écran :
RACONTE !
Sam la regarda avec un mélange de gêne et d'amusement. Bon… au moins, elle est enthousiaste, dit-elle en étouffant un rire.
Lena poussa un profond soupir, levant les yeux au ciel. Et moi, j'en ai déjà marre.
Je vais faire un tour aux toilettes avant qu'on y aille, déclara Sam en ajustant sa robe avec une légère grimace. Tu peux y aller si tu veux, je te rejoindrais.
Lena haussa les épaules, rangeant déjà son téléphone dans son sac. Je vais t'attendre, répondit-elle d'un ton tranquille.
Sam hocha la tête et s'éloigna, laissant Lena seule. Le silence ne dura pas longtemps. Une nouvelle notification fit vibrer le téléphone de Lena dans son sac. Soupirant, elle l'attrapa à contrecœur.
ALLEZZZZ !
Et encore une autre notification :
DÉTAILS. TOUTES LES DÉTAILS. NE ME DÉÇOIS PAS.
Lena ferma les yeux, cherchant le calme intérieur, mais son téléphone vibra à nouveau, comme pour tester les limites de sa patience. Elle ouvrit le message.
C'EST HISTORIQUE, LENA. TU NE PEUX PAS M'IGNORER.
Exaspérée, Lena coupa complètement son téléphone et le glissa dans son sac en soufflant un : Andrea Rojas, tu es insupportable.
Elle observa la pièce un instant, se perdant dans ses pensées. Le gala allait commencer dans quelques minutes, et même si elle avait l'habitude de ce genre d'événements, cette fois-ci, il y avait quelque chose de différent… probablement à cause de Sam.
Quelques instants plus tard, Sam réapparut, l'air légèrement plus détendue. Prête ? demanda-t-elle avec un sourire en coin.
Prête, répondit Lena, reprenant son masque de calme professionnel.
Elles quittèrent la pièce ensemble, empruntant le couloir qui menait à la grande salle où le gala battait déjà son plein. À mesure qu'elles s'approchaient, les bruits d'une conversation animée, entrecoupés de rires et du tintement des verres, se faisaient entendre.
Lena jeta un coup d'œil à Sam, qui mordillait l'intérieur de sa joue, visiblement de nouveau tendue. Tu n'as pas à être stressée, dit Lena en lui adressant un sourire bienveillant.
Sam lui jeta un regard, un soupçon de doute dans les yeux. Et si je nous mets encore dans l'embarras ?
Lena sourit, appréciant cette sincérité rare. Si tu veux, reste près de moi. Je peux te présenter quelques personnes.
Sam la regarda, sceptique. Je ne vois pas en quoi une DRH pourrait les intéresser, répondit-elle simplement.
Lena sourit, presque amusée. Tu serais étonnée du nombre de personnes qui recherchent des collaborateurs qualifiés ici.
Je ne compte pas changer d'emploi… dit Sam, surprise par la suggestion.
Lena haussa légèrement les épaules, son regard sérieux mais chaleureux. Tu pourrais peut-être trouver un poste intéressant ici. Elle marqua une pause, un brin espiègle. Et puis, nous serions bien plus proches l'une de l'autre si tu venais à déménager à LA.
Elles franchirent ensemble les grandes portes de la salle. Instantanément, tous les regards se tournèrent vers elles, ne laissant pas à Sam le temps de répondre. Lena Luthor avait l'habitude de capter l'attention, mais cette fois, c'était différent. À ses côtés, Sam, élégante et calme, ne passait pas inaperçue. Certains dans la pièce devaient se demander qui était cette belle jeune femme et quel rôle elle jouait dans cet univers soigneusement ordonné.
Bienvenue au cirque, murmura Lena en souriant légèrement à Sam, qui étouffa un rire discret. Le gala venait à peine de commencer, et déjà, elles sentaient que la soirée promettait d'être mémorable.
Lena et Sam s'avancèrent dans la grande salle, un doux bourdonnement remplissant l'air alors que les invités murmuraient entre eux. Lena, toujours aussi à l'aise dans ce genre de milieu, gardait une posture détendue. Un homme, distingué, s'approcha d'elles avec un sourire poli, ses yeux se posant immédiatement sur Sam.
Lena, commença l'homme, toujours un plaisir de vous voir. Mais, si je puis me permettre, il tourna son regard vers Sam, qui est cette charmante jeune femme qui vous accompagne ce soir ?
Lena observa l'homme un instant, un sourire en coin se dessinant sur ses lèvres. En effet, vous êtes bien curieux, répondit-elle avec un éclat malicieux. Elle s'appelle Sam Arias. Elle est DRH chez Rivan au centre de R&D basé à Boston.
L'homme haussa les sourcils, visiblement surpris. Une DRH ? Ici ? dit-il, clairement étonné par la surprise. Je pensais que ce genre d'événements attirait plutôt des gens du secteur technologique ou financier.
Lena sourit doucement, son regard glissant vers Sam avant de répondre, toujours sur un ton léger. Oui, c'est assez rare, dit-elle en lui lançant un regard complice. Mais, vous savez, j'essaie de la débaucher. Elle a du potentiel.
Sam, un peu prise de court, rougit légèrement mais ne put s'empêcher de sourire en entendant la plaisanterie de Lena. L'homme sembla un instant dubitatif, mais son sourire s'élargit finalement, amusé par la remarque. Vous avez toujours un coup d'avance, Lena. Mais je dois dire que j'ai du mal à imaginer une DRH dans ce milieu, à part peut-être pour une négociation de salaire ou deux.
Lena rit doucement, mais son regard s'attarda sur Sam, comme si elle pesait chaque mot. Eh bien, comme vous le savez, on ne peut jamais prédire où l'on trouve les talents cachés. Et je vous assure, commença Lena, ses yeux brillant d'une lueur de complicité, Sam a bien plus de potentiel qu'une simple DRH.
L'homme hocha la tête, visiblement impressionné par la façon dont Lena défendait Sam, et la conversation devint plus légère. Cependant, Lena ne put s'empêcher de jeter un rapide coup d'œil à Sam, se demandant si la soirée ne risquait pas de l'ennuyer.
L'homme, satisfait de la conversation, esquissa un dernier sourire avant de se détourner, s'éloignant en direction du groupe d'invités qui attendait son attention. Lena le suivit du regard, un léger sourire flottant sur ses lèvres, mais ce sourire se dissipa presque immédiatement lorsqu'elle tourna la tête vers Sam. Alors, commença Lena en s'arrêtant légèrement, ça va? Tu ne t'ennuies pas trop ?
Sam, qui observait les gens autour d'elle, détourna son regard de la salle et se tourna vers Lena, un sourire sincère aux lèvres. Non, pas du tout, répondit-elle. Je t'avoue que je suis loin de m'ennuyer. Je suis juste en train d'observer et d'essayer de capter un peu tout ce qui se passe autour. Et j'en apprends d'avantage sur toi à chaque minute.
Lena, un peu surprise mais aussi flattée, haussait un sourcil. Vraiment? Dit-elle en se penchant légèrement vers Sam. Et qu'est-ce que tu penses de tout ça?
Sam prit un moment avant de répondre, ses yeux brillants d'intérêt. Je dois dire que je suis impressionnée, avoua-t-elle, son regard se posant sur la salle animée. Les conversations ici, elles semblent tellement fluides... Tu as l'air de savoir exactement quoi dire et quand le dire. C'est fascinant, vraiment.
Lena esquissa un sourire modeste, touchée par le compliment. C'est le jeu, répondit-elle en haussant les épaules. Ce genre d'événements, tu apprends à te fondre dans la foule, à lire les gens, à capter leurs besoins sans qu'ils aient à les exprimer directement.
Sam observa attentivement, puis ajouta, un peu espiègle : Et puis, tu as aussi mentionné vouloir me « débaucher », hein? Elle la regarda en haussant les sourcils. Tu essaies vraiment de me convaincre de changer de carrière?
Lena éclata de rire, un rire doux et sans contrainte, presque comme si elle venait d'être prise en flagrant délit. Disons que je sais reconnaître les talents quand je les vois. Et je pense sincèrement que tu pourrais faire bien plus que ce que tu ne fais actuellement. Elle la regarda, presque sérieusement.
Sam haussait les épaules, légèrement amusée par cette conversation.
Elles n'eurent pas le temps de poursuivre leur conversation que, soudain, une femme s'approcha d'elles, interrompant le moment. Lena! s'exclama-t-elle joyeusement, avant de l'embrasser chaleureusement, comme si elles étaient de vieilles amies.
Lena, sans se laisser déstabiliser, lui répondit avec un sourire poli. Gina, dit-elle calmement, son visage se fermant légèrement. Elle savait exactement où cette rencontre allait les mener.
Gina fixa Lena de son regard aiguisé, un sourire en coin se dessinant sur ses lèvres alors qu'elle reprenait la parole, ignorant totalement Sam dans la conversation.
Donc tu as repris Luthor Corp, hein ? dit-elle, sa voix pleine de sous-entendus. Tu sais, tout ce qui touche à cette entreprise, on dirait que rien ne change vraiment au fond. Il suffit de regarder d'où elle vient… Elle laissa sa phrase en suspend, une lueur malicieuse dans les yeux. Mais tu sembles vouloir donner l'impression que c'est différent. Est-ce vraiment le cas ?
Lena inspira profondément, cherchant à garder son calme. Elle savait exactement où Gina voulait en venir, mais elle n'allait pas se laisser piéger. Oui, répondit-elle avec calme, Luthor Corp a changé. C'était l'entreprise de ma mère, Lillian. Maintenant, c'est L-Corp, mais je n'ai rien à voir avec la direction qu'elle avait donnée à l'entreprise.
Gina sourit d'un air entendu, ses yeux brillants de sous-entendus. Ah, je vois, dit-elle en ajustant légèrement son verre, comme si elle avait trouvé une nouvelle piste. Donc, tout est différent maintenant. à L-Corp. Et vous n'êtes plus impliquée dans les décisions prises sous l'ère Luthor… Intéressant. Elle marqua une pause, comme si elle pesait ses mots. J'imagine que ta mère n'aurait pas non plus apprécié ces changements, si elle était encore là. Mais bon, c'est toujours difficile de se détacher vraiment de l'héritage familial, n'est-ce pas ? Les entreprises, les alliances… Ce sont des choses qui se transmettent en règle générale.
Lena garda son sourire, l'air parfaitement calme, bien qu'un peu agacée intérieurement. Tu as raison, répondit-elle doucement, ses yeux fixés sur ceux de Gina. L'héritage familial peut parfois être lourd, mais il peut aussi offrir des chances de réinventer une entreprise. L-Corp marque un nouveau départ, basé sur la transparence, l'innovation et l'éthique. Nous avons adopté des stratégies bien différentes de celles que ma mère avait. Chaque décision est prise avec une vision moderne, loin de ce qu'elle aurait pu imaginer. Elle marqua une pause, son regard se durcissant légèrement, avant de poursuivre. Mais oui, je suppose que l'on ne peut jamais vraiment échapper à son passé. Cependant, je fais tout mon possible pour tracer ma propre voie. Et je suis fière de ce que nous avons accompli jusqu'à présent.
Gina sembla légèrement déstabilisée par la réponse, mais son sourire s'élargit, comme si elle était satisfaite de la réponse, tout en restant mystérieuse. Hmm, d'accord… dit-elle avec un regard interrogateur. On verra bien comment tu vas gérer tout ça à long terme, Lena.
Elle tourna ensuite son regard vers Sam, qui était restée silencieuse depuis le début de la conversation. Un éclair de surprise passa dans ses yeux avant qu'elle ne continue sur le même ton désagréable, l'air à la fois curieux et méfiant. Et vous, commença-t-elle, son regard perçant fixant Sam. Vous devez être nouvelle dans tout ça, n'est-ce pas ? Je ne vous ai jamais vue dans ce genre de cercle.
Lena sentit immédiatement la tension monter, mais elle n'eut pas le temps de répondre. Gina poursuivit, son sourire maintenant teinté de condescendance. Vous travaillez avec Lena, je présume ? Ou… vous êtes simplement une autre de ses petites découvertes ?
Son ton, faussement amical, semblait vouloir semer le doute. Lena, tout en maintenant un masque de calme, se sentit prête à réagir, mais elle attendit quelques secondes, cherchant à évaluer comment Sam pourrait répondre.
Sam répondit d'une voix calme, presque indifférente, comme si les piques de Gina ne l'atteignaient pas. Je crois que vous faites erreur, dit-elle d'un ton plat. Et je pense que vous vous attardez un peu trop sur le passé... Ce qui est plutôt étrange, étant donné que ce gala se concentre sur l'avenir. Elle termina sa phrase d'un regard froid, le défi dans les yeux, avant de se détourner légèrement pour ne plus prêter attention à Gina.
Lena resta un instant silencieuse, surprise par la remarque de Sam. Elle n'était pas habituée à la voir aussi directe, mais elle ressentit un léger sentiment de fierté. Elle tourna brièvement le regard vers Sam, admirant son assurance.
Gina, visiblement déstabilisée mais trop fière pour l'admettre, ne répondit pas directement. Elle fit une moue, cherchant une échappatoire pour ne pas perdre la face devant Sam. C'est amusant, dit-elle d'un ton plus sec, je pensais que ce genre de galas était plus propice à discuter de choses plus... intéressantes. Sans attendre de réponse, elle s'éloigna rapidement, son regard fuyant, avant de se tourner une dernière fois vers Lena, avec un sourire quelque peu forcé. Je vais aller saluer quelques autres invités, ajouta-t-elle, on ne sait jamais, des opportunités peuvent surgir où on les attend le moins. Elle s'éloigna alors, laissant Lena et Sam seules. Sam la regarda partir sans un mot, et une fois qu'elle fut hors de portée, Lena tourna ses yeux vers Sam, un sourire amusé aux lèvres.
Finalement, j'ai bien fait de t'avoir à mes côtés, dit Lena en souriant. Merci, ajouta-t-elle sans s'attarder, ce n'était ni le lieu ni le moment.
Sam souffla en esquissant un léger sourire. J'ai du mal avec les gens condescendants et désagréables. Dans mon équipe, il y en a toujours un qui se plaint, qu'on appelle "Caliméro". Mais là, je ne sais pas qui c'était pour toi, mais elle était beaucoup plus agressive... Je n'aimerais pas travailler avec ce genre de personne.
Lena hésita un instant avant de répondre, son regard s'attardant sur Gina qui parlait maintenant à un autre groupe. Elle a travaillé pour ma mère et a été licenciée de manière assez brutale. Malheureusement, je n'ai rien pu faire pour elle à l'époque, et elle l'a très mal vécu.
Ce n'est pas franchement une raison, répondit Sam en haussant les épaules. Elle jeta un regard furtif vers Gina, qui semblait tout à fait absorbée par sa nouvelle conversation. Enfin, tant qu'elle a compris et qu'elle ne reviendra plus...
Lena sourit, ses yeux pétillant d'amusement. Je doute qu'elle ait envie de revenir, ta répartie est bien de trop haut niveau pour elle! Les deux femmes échangèrent un regard complice et se mirent à rire doucement, conscientes que plusieurs personnes les observaient en retour.
La soirée s'acheva tranquillement, sans qu'aucune autre personne comme Gina ne vienne troubler l'atmosphère. Deux heures plus tard, elles montèrent dans une voiture avec chauffeur pour rentrer. Lena attrapa son téléphone par réflexe, mais hésita à l'allumer. Elle savait qu'il regorgeait de messages en attente, prêts à exploser comme une bombe à retardement. Finalement, elle choisit de le laisser de côté, préférant jeter un coup d'œil discret à Sam.
Sam était restée silencieuse depuis qu'elles étaient montées dans la voiture. Lena avait remarqué son regard furtif en direction du chauffeur, laissant deviner une certaine gêne. Peut-être aurait-elle préféré un trajet plus intime, sans la présence d'un tiers. Le reste du trajet se déroula dans un calme pesant jusqu'à leur arrivée à l'appartement. Il était près de dix heures du soir lorsqu'elles franchirent enfin la porte.
Une fois à l'intérieur de l'appartement, Sam se débarrassa de ses chaussures, jetant un regard pensif vers la porte. Lena, quant à elle, posa ses affaires dans l'entrée avant de se diriger vers la cuisine pour récupérer deux verres d'eau.
Merci, dit Sam en prenant le verre que Lena lui tendait. Elle tourna le liquide entre ses mains, hésitant un instant avant de demander d'un ton qu'elle voulait détaché : Est-ce que tu as grandi dans ce genre d'environnement ?
Lena s'arrêta, une lueur d'interrogation traversant son regard. Quel genre ? demanda-t-elle doucement, bien qu'elle devinait déjà la réponse.
Sam esquissa un sourire et fit un geste vague en direction de la porte, là où le chauffeur les avait déposées quelques instants plus tôt. Le genre avec un chauffeur, des soirées de gala, et… tout le reste, répondit-elle en haussant légèrement les épaules.
Lena eut un léger rire, presque nerveux, et s'adossa contre le comptoir. Eh bien… oui, en quelque sorte. C'était un peu différent, à l'époque. Disons que j'ai grandi entourée de tout ça, mais ce n'était jamais vraiment pour moi. Tout était à mes parents. Les voitures, les fêtes, les privilèges… Je n'avais pas le choix d'y échapper, mais ce n'était pas un luxe que je pouvais revendiquer.
Sam hocha la tête, attentive, comme si elle tentait de comprendre ce que Lena ne disait pas ouvertement. Ça devait te peser parfois, non ?
Lena esquissa un sourire, mais il n'atteignit pas tout à fait ses yeux. Parfois, c'est le mot, dit-elle avec une pointe d'ironie. Mais ce n'était pas toujours mauvais. J'ai appris à naviguer dans ce monde, à sourire quand il le fallait, à garder mon calme… même quand des personnes comme Gina essayaient de me faire sortir de mes gonds. Elle but une gorgée d'eau, ses épaules se relâchant légèrement. Mais pour être honnête, avoir un chauffeur aujourd'hui, c'est plus par praticité qu'autre chose. Je ne m'y habituerai probablement jamais.
Sam sourit légèrement, s'installant sur un des tabourets du comptoir. Je comprends. Je pense que je préfère encore ma vieille voiture et mes trajets avec Ruby qui râle sur mes playlists.
Lena rit doucement, un vrai rire cette fois. Tu sais quoi ? Je t'envie presque.
Pourtant, ta vie semble aussi simple que celle de n'importe qui, commenta Sam en observant Lena. Ta voiture, ton appartement…
Lena esquissa un sourire, mais son regard se fit pensif. Mon appartement n'a rien de vivant, murmura-t-elle finalement. C'est moderne, élégant, mais froid… Il n'y avait pas de réelle tristesse dans sa voix, juste une observation. Elle haussa légèrement les épaules avant d'ajouter : Je ne m'en plains pas, vraiment. Mais en voyant à quel point ton intérieur est chaleureux… Je réalise un peu ce que je rate.
Sam se figea un instant, prise au dépourvu par la remarque de Lena. Elle croisa les bras, légèrement intriguée. Tu rates ? demanda-t-elle doucement, un sourcil haussé.
Lena la regarda avec un petit sourire en coin, mais son ton restait sérieux. Le sentiment d'appartenance, expliqua-t-elle. Ton appartement, c'est… toi. Ça raconte une histoire, ça donne envie de rester. Moi, j'ai un lieu de vie fonctionnel, mais il n'a rien de personnel.
Sam fronça les sourcils, comme si elle essayait de comprendre où Lena voulait en venir. Mais c'est toi qui as choisi de vivre là, non ?
Oui, admit Lena, mais… Ce n'est pas un choix guidé par le confort ou un sentiment de « chez-soi ». C'est juste pratique et bien situé.
Sam hocha lentement la tête, puis, après un moment de réflexion, lança : Peut-être que tu devrais te laisser inspirer par ce qui te plaît chez les autres. Un tableau, une plante, ou même une bibliothèque, quelque chose qui te ressemble un peu plus.
Lena eut un léger rire, presque nerveux. Tu veux dire que je devrais m'entourer d'un chaos organisé comme toi ?
Sam éclata de rire. Hé, mon chaos organisé est très bien, je te remercie ! rétorqua-t-elle en souriant.
Je n'ai pas dit le contraire, répondit Lena avec douceur, mais ça demande un certain courage d'injecter autant de soi dans un espace.
Sam la regarda, son sourire s'atténuant. Ce n'est pas du courage, Lena. C'est naturel. Peut-être que tu devrais essayer aussi, au lieu de toujours vouloir être parfaite ou de vouloir garder tes distances.
Lena garda le silence un moment, ses pensées s'agitant. Tu as peut-être raison, murmura-t-elle enfin. Mais je suppose que ça demanderait plus qu'un tableau ou une plante. Sam n'avait pas tort, elle savait qu'elle avait tendance à chercher la perfection ou à garder ses distances, même si elle ne le disait pas ouvertement.
Sam haussa les épaules avec un sourire. Alors, commençons par quelque chose de simple. Une photo, peut-être ?
Une photo, hein ? Lena cligna des yeux, surprise par la suggestion, mais un sourire sincère se dessina sur ses lèvres. Peut-être… répondit-elle, son ton plus léger.
Sam balaya la pièce du regard et aperçut une photo qu'Andrea avait accrochée sur le frigo. Celle-là, par exemple, dit-elle en la désignant. Mets-la dans un cadre, et au lieu de la laisser sur ton frigo, accroche-la dans ton salon.
Lena posa son regard sur la photo, puis sur Sam, avant de revenir à la photo. Cette photo, toute seule, ferait un peu étrange dans mon salon... murmura-t-elle.
Alors, on imprime toutes les photos de Kara et on en fait un patchwork pour ton mur, proposa Sam avec un sourire en coin.
Si tu fais référence aux "photos dossiers", c'est non. Jamais je n'afficherai ce genre de clichés chez moi !
Mais tu as plein de photos d'enfance adorables, insista Sam.
Peut-être, mais ce serait trop... je ne sais pas, égocentrique de ne mettre que des photos de moi ou de mon enfance.
Eh bien, on va remédier à ça ! lança Sam avec un éclat malicieux.
Avant que Lena ne puisse protester, Sam attrapa son téléphone et s'approcha d'elle, un sourire déterminé sur les lèvres. Qu'est-ce que tu fais ? demanda Lena, perplexe.
Je crée un souvenir que tu pourras accrocher dans ton salon, répondit Sam avec un sourire radieux. Allez, fais un sourire !
Lena leva un sourcil, croisant les bras avec un air faussement méfiant. Tu sais que je pourrais très bien te confisquer ce téléphone, lança-t-elle d'un ton amusé.
Oui, mais tu ne le feras pas, répondit Sam avec assurance, ajustant l'angle de la caméra. Allez, juste une photo, Lena.
Une seule. Et si elle est horrible, tu la supprimes immédiatement, capitula Lena avec un soupir.
Sam rit doucement. Très bien.
Lena se redressa légèrement, esquissant un sourire hésitant, mais naturel. Sam, elle, souriait déjà de toutes ses dents. Elle prit la photo et regarda l'écran. Elle sourit en découvrant la photo. Je l'aime bien. Qu'est ce que tu en penses? dit-elle en tournant l'écran vers Lena.
Lena se pencha pour regarder, et un sourire léger se dessina sur son visage. Elle réalisa que c'était leur première photo ensemble, mais chassa rapidement la chaleur que ça lui procurait. Au lieu de ça elle essaya d'avoir l'air désinvolte. C'est pas mal.
Pas mal ? répéta Sam, feignant l'indignation. Elle est parfaite ! Tu devrais me remercier pour mon incroyable talent de photographe.
Lena roula des yeux, mais une lueur amusée brillait dans son regard. Bon, maintenant, qu'est-ce que tu comptes faire avec ça ?
Sam haussa les épaules avec un air espiègle. Je vais la faire imprimer, la mettre dans un joli cadre pour te l'offrir. Ensuite, tu pourras décider si elle mérite une place dans ton salon.
Et si je refuse ? dit Lena en esquissant un sourire en coin. Elle savait pertinemment que cette photo finirait accrochée chez elle.
Tu n'oserais pas ! s'indigna faussement Sam, reconnaissant l'amusement dans les yeux de Lena.
Lena la fixa un instant, un léger rictus sur les lèvres, avant de répondre avec un ton taquin : Oh, tu serais surprise. Quand je veux quelque chose, je sais comment l'obtenir.
Sam haussa les sourcils, un sourire amusé se dessinant sur son visage. Vraiment ?
Tu veux une preuve ? demanda Lena, l'air faussement innocent.
Sam la regarda, un éclat de défi dans les yeux. Pour commencer, oui.
Lena s'approcha alors lentement, son sourire espiègle ne quittant pas son visage. Sam, prise au dépourvu, n'eut pas le temps de réagir. Avant qu'elle ne puisse dire un mot, Lena captura ses lèvres dans un baiser rapide, audacieux, laissant Sam un instant figée. La surprise se lisait dans ses yeux avant que, instinctivement, elle ne réponde au baiser. Le monde sembla se réduire à ce simple geste, un mélange de confusion et de plaisir envahissant son esprit.
Quand Lena se sépara enfin, un petit rire satisfait échappa à ses lèvres. Je préfère ce genre de souvenir que de simples photos numériques.
Sam, encore sous le coup de la surprise, resta silencieuse pendant un moment, cherchant ses mots. Puis, un rire nerveux franchit ses lèvres. T'es pas croyable…
Et fière de l'être, répliqua Lena, un clin d'œil espiègle accompagnant sa réponse.
Sam rougit légèrement en croisant le regard de Lena, mais Lena savait que ce n'était pas vraiment de la gêne. Sam avait encore du mal à se détendre complètement sur ce sujet, et elle comprenait. Décidant de changer de sujet, Lena sourit et proposa : Je pense qu'il est temps d'aller dormir, comme ça on pourra profiter de toute la journée de demain !
Sam fit une moue, visiblement un peu déçue. Il n'est pas encore trop tard… dit-elle, un air un peu triste sur le visage. On pourrait s'installer un peu sur le canapé avant d'y aller ?
Lena la regarda, amusée. Tu sais que l'autre soir, tu t'es endormie pendant qu'on parlait ? lança-t-elle avec un sourire en coin.
Sam roula des yeux, boudeuse. Mais je ne suis pas vraiment fatiguée… répondit-elle en fronçant les sourcils, comme pour protester. Enfin, pas encore.
Lena lui jeta un regard, réalisant que Sam ne disait pas exactement ce qu'elle pensait vraiment. Elle se tourna pour lui faire face, croisant les bras et haussant un sourcil.
Sam souffla, comme si elle venait de prendre conscience de quelque chose. C'est notre avant-dernière soirée… dit-elle tristement. Je voulais juste en profiter jusqu'au bout.
Lena s'avança doucement, comprenant parfaitement ce qu'elle ressentait. On aura toute la journée et la soirée de demain pour nous, répondit-elle avec douceur, tout en posant une main sur le bras de Sam. Sam releva lentement le regard vers elle, les yeux un peu tristes.
Sam ferma un instant les yeux, puis souffla, presque dans un murmure : Je n'ai pas envie que ça s'arrête maintenant. Elle leva les yeux vers Lena, son regard sincère. J'ai encore envie qu'on reste ensemble…
Lena se mordilla l'intérieur de la lèvre, ses pensées s'embrouillaient un instant. Elle savait que les mots de Sam avaient beaucoup plus de poids qu'ils n'en paraissaient. Elles n'avaient pas eu beaucoup de moments ensemble, en dehors des appels et des messages. Et c'était probablement l'une des dernières soirées où elles seraient vraiment ensemble, physiquement, avant que la distance ne prenne le relais.
Lena prit un instant, cherchant à formuler ses pensées sans gêner Sam. Elle jeta un regard rapide autour d'elle avant de se lancer, un léger rouge sur ses joues. Tu penses que… enfin, si ça te va… on pourrait peut-être dormir dans ma chambre ? Juste dormir, rien de plus, bien sûr, ajouta-t-elle vite, un peu nerveuse. Elle baissa les yeux, se sentant un peu maladroite, avant de tourner légèrement la tête pour passer une mèche de cheveux derrière son oreille, espérant que son malaise ne soit pas trop évident.
Lena sentit la chaleur de la main de Sam se poser contre sa joue, l'obligeant à la regarder. Sam sourit doucement, ses yeux rencontrant les siens dans un moment de calme, avant de murmurer : J'aimerais beaucoup.
Lena resta figée un instant, surprenant par la simplicité et la douceur de la réponse de Sam. Lena se sentit apaisée et sourit doucement en regardant Sam, sans avoir besoin de dire quoi que ce soit.. Elle s'approcha lentement, comme si chaque mouvement comptait, et d'un geste délicat, elle prit la main de Sam.
Elles se dirigèrent vers la chambre de Lena, cette dernière guidant Sam avec une douceur presque timide. Sam, bien que peu habituée à ce genre de moment intime, sentait son corps se détendre peu à peu, le calme ambiant l'aidant à se sentir plus en confiance.
Elles se séparèrent pour se préparer chacune de leur côté. Après quelques minutes, elles se retrouvèrent dans la chambre, glissèrent sous les couvertures et s'installèrent dans le lit. Le silence, paisible et apaisant, emplit la pièce.
Lorsque la pièce s'assombrit, l'atmosphère devint plus calme. Lena sentit son cœur s'accélérer, mais ce n'était plus de l'appréhension. C'était une sensation nouvelle, pleine de tendresse, juste le désir de rester là, ensemble, dans le silence.
Lena luttait contre elle-même. Elle désirait plus, un contact plus intime, mais elle savait que Sam voulait simplement être ensemble, sans rien de plus. Chaque minute devenait un effort pour réprimer ce désir croissant. Sam avait exprimé son souhait clairement, et Lena savait qu'elle devait le respecter, même si tout en elle voulait davantage.
Lena se battait toujours contre elle-même, mais l'envie devenait trop forte. Finalement, elle céda, glissant doucement ses bras autour de Sam, la serrant contre elle. Sam se laissa faire, se tournant un peu pour se blottir contre Lena. Elles s'installèrent ainsi, Sam dans les bras de Lena, tandis que Lena l'enveloppait de ses bras, la tête reposant contre son épaule, la position naturelle et réconfortante de la grande cuillère. Leurs respirations se synchronisèrent lentement, leurs corps se frôlant dans un silence apaisant. Chaque instant semblait plus intime, plus sûr, et sans un mot de plus, elles s'endormirent, enveloppées dans la chaleur et la douceur de l'autre.
(...)
