Hello ! Voici un petit chapitre de transition ! On arrive sur la fin de cette histoire, plus que 5 chapitres ! Le site bug vraiment, du coup je n'ai aucun commentaires s'il y en a eu. Certaines review ont d'ailleurs disparu ... Etrange. A bientôt !
Chapitre 71
Harry revint de son entretien avec Dumbledore, le visage livide, les traits tirés comme figés par quelque chose de plus grand que lui. Il franchit le seuil de la Salle sur Demande dans un silence étrange, presque irréel. Tous les regards se tournèrent vers lui.
En une seconde, l'agitation s'était éteinte Même ceux qui parlaient encore quelques instants plus tôt s'interrompirent net. Dean s'était arrêté au milieu d'une phrase, Lavande avait cessé de triturer nerveusement la manche de son pull, et Ginny, adossée au mur du fond, avait porté une main à sa bouche, le souffle coupé.
Quelque chose en lui avait changé. Ce n'était pas de la peur, ni même de la résignation. C'était autre chose. Une sorte de clarté douloureuse. Une détermination muette, si intense qu'elle semblait émaner de chacun de ses gestes.
Hermione s'approcha aussitôt, le regard inquiet. Ron fit un pas en avant, les sourcils froncés. Neville, qui tournait autour d'un vieux meuble à moitié éventré, se figea, les doigts crispés sur sa baguette.
Harry resta un instant immobile, puis prononça, d'une voix rauque, presque étrangère :
— Je dois y aller.
— Quoi ?! s'écria Ron. Non, tu ne vas pas faire ça !
— Tu ne peux pas, Harry, tu ne peux pas y aller seul ! renchérit Hermione, les larmes aux yeux.
Neville, lui, ne dit rien. Il fit simplement un pas vers Harry. Un seul. Un geste instinctif, presque imperceptible, mais chargé de sens. Harry s'arrêta. Il leva les yeux vers eux. Son regard croisa le leur. Il n'avait pas besoin de parler. Tout était là : la gratitude, la certitude, la demande silencieuse de ne pas le suivre. Ils comprirent. Sans un mot, Harry se détourna et franchit la porte.
Le silence tomba à nouveau. Brittany, en retrait, observa la scène sans comprendre. Une tension sourde tordait ses entrailles. Elle ne connaissait pas tous les secrets, mais elle vit la vérité sur les visages du trio. Et elle sut que le jeune garçon allait se sacrifier.
Rogue, lui, n'avait pas bougé. Il avait croisé les bras, les lèvres pressées en une ligne sévère. Mais son regard avait suivi Harry. Longtemps. Trop longtemps pour un homme insensible.
Puis, comme un coup de tonnerre, un frisson parcourut les murs de l'école. Un grondement sourd, suivi de détonations lointaines, fit trembler les vitraux. Les protections de Poudlard venaient de céder. Les Mangemorts avaient franchi l'enceinte du château.
— Tous en place ! aboya McGonagall en surgissant dans la salle. Ils sont là !
Un souffle de panique parcourut la pièce. Hermione se figea. Ron brandit sa baguette. Neville échangea un regard sombre avec Drago. Loin des discours et des plans, c'était maintenant qu'il fallait agir. Les élèves présents resserrèrent les rangs, baguettes en main. Dumbledore se tourna vers les professeurs, donnant ses ordres d'une voix basse mais assurée. Brittany, en retrait, n'attendit aucune consigne. Elle jeta un dernier regard vers le fond de la pièce, où les élèves s'armaient et murmuraient des sorts de protection. Un éclair illumina brièvement les vitraux, projetant leurs ombres sur les murs. Elle sentit son cœur battre contre ses côtes. L'envie de fuir et celle de rester s'affrontaient en elle comme deux bêtes sauvages. Tout son être criait qu'elle devait faire quelque chose — n'importe quoi — plutôt que d'attendre ici, inutile.
Elle fit un pas vers la sortie, son regard déjà tourné vers l'affrontement à venir.
— Où crois-tu aller ? dit une voix tranchante.
Elle se retourna. Rogue était là, à quelques pas, les épaules tendues, le regard sombre. Il l'avait suivie.
— J'ai tué le serpent de ton maître aujourd'hui, lança-t-elle avec un demi-sourire amer. Je me suis dit que je pouvais peut-être continuer sur ma lancée. Me rendre vaguement utile. Pour une fois.
— Non.
Il s'interposa d'un pas vif et ses yeux accrochèrent les siens. Mais il n'y avait pas de colère dans son regard. Juste de la peur.
— Tu n'as pas de baguette, Brittany. Ta magie est instable. Tu ne peux pas te défendre.
Il marqua un temps, puis reprit d'une voix plus basse, presque rauque.
— Et je ne veux pas…
Il s'arrêta. Sa mâchoire se contracta. Les mots ne venaient pas facilement.
— Je ne veux pas que tu sois blessée, finit-il par dire. Reste cachée ici, je t'en prie.
Elle le fixa, interdite.
— C'est drôle, murmura-t-elle. Parce que tu m'as dit que je n'étais qu'un poids. Un problème. Une gêne.
Il ne répondit pas tout de suite. Il tendit la main, hésita, puis referma doucement ses doigts sur les siens. Le geste était incertain. Presque maladroit. Comme s'il ne savait plus comment faire sans blesser.
— Ce n'était pas… ce n'est pas aussi simple.
— Non. Bien sûr que non, souffla-t-elle, amère. Ça ne l'est jamais avec toi.
Il détourna brièvement les yeux, comme s'il cherchait ses mots au sol.
— J'ai dit ce qu'il fallait dire pour t'éloigner, dit-il enfin. Pour te protéger.
— Tu as surtout dit tout ce qu'il fallait pour me briser.
— Et tu crois que je m'en sors indemne ? murmura-t-il, plus pour lui-même que pour Brittany.
Elle baissa les yeux sur leurs mains jointes. Son cœur cognait trop fort. Une part d'elle voulait y croire. Voulait se raccrocher à cette main, à cette hésitation, à ce regard presque tendre. Mais une autre hurlait que c'était encore un mensonge. Une stratégie de plus pour l'écarter.
Il relâcha lentement ses doigts et sortit sa baguette.
— Je ne peux pas te forcer à m'écouter. Mais… essaie de rester en vie.
Il marqua une dernière pause, son regard fuyant.
— Tu comptes pour… pour plus de gens que tu ne le crois. Ne prends pas de risques inutiles.
Brittany ne répondit pas. Elle ne bougea pas. Elle était pourtant partagée entre le besoin de finir cette conversation… et celui, plus urgent encore, de l'empêcher de mourir. Mais elle ne fit rien, parce qu'au fond, elle savait qu'aucun mot ne le retiendrait. Et qu'elle n'aurait pas la force d'affronter son rejet si elle lui disait qu'il comptait pour elle. Qu'elle ne voulait pas le perdre. Alors elle resta là, figée, tandis le sort de Désillusion glissa sur elle, la recouvrant d'une invisibilité protectrice. Dans sa tête, deux voix s'affrontaient. L'une murmurait : Tu vois ? Il a menti ce soir-là. Il avait peur. Il t'aime. L'autre grondait : Tu te fais encore avoir. Il veut juste te tenir à l'écart. Parce que tu es un poids. Parce qu'il n'a pas confiance en toi. Elle ne savait plus laquelle croire.
Rogue s'éloigna sans un mot, sans se retourner, sa cape noire happée par la bataille à venir. Mais il marchait comme un homme qui avait tout laissé derrière lui.
