Bonjour à toutes et tous !
J'espère que le prologue vous a plus. Voici le premier chapitre !
N'hésitez pas à donner vos avis !
Bonne lecture !
PaddyLondubat
Disclaimer :
L'univers et les personnages appartiennent à J.K. Rowling.
Chapitre 1
Juste un café
Harry
La soirée était bien avancée, et le snack s'était peu à peu vidé de ses clients habituels. Seuls quelques retardataires terminaient leur repas, attablés dans un silence pesant. Le cliquetis des couverts contre les assiettes était le seul bruit qui troublait la quiétude ambiante.
Assis à ma place habituelle, près de la grande vitrine qui donnait sur la rue, je jouais distraitement avec ma tasse à moitié vide. Le café avait refroidi depuis longtemps, mais je ne me décidais pas à le finir. Mon regard dérivait sans cesse vers le comptoir où le jeune serveur essuyait des verres avant de les ranger. Ses gestes étaient précis, hypnotiques, et j'étais fasciné par la manière dont il souriait à chaque client, même en fin de soirée. Je lui enviais cette facilité qu'il avait à sourire aux autres, ce naturel qui semblait lui venir sans effort.
Ce soir-là était différent.
Depuis des semaines, j'hésitais, jonglant entre le désir de lui parler plus franchement et la peur du rejet. Mais j'avais enfin pris ma décision : je comptais l'inviter à sortir. Rien d'extraordinaire, rien qui ne puisse paraître bizarre: juste un café, une discussion, une occasion d'apprendre à mieux le connaître. J'ignorais encore ce que je ressentais exactement pour lui, si c'était une simple curiosité ou quelque chose de plus profond, mais une chose était sûre : j'avais envie d'essayer.
Mon cœur battait à toute allure dans ma poitrine.
Je pris une inspiration, prêt à me lancer. Mais alors que j'allais l'appeler, un frisson me parcourut. Un de ceux qui vous donne l'étrange impression d'être observé.
Mon regard dériva instinctivement vers la vitre.
Dehors, à la lisière du halo jaunâtre d'un réverbère, une silhouette immobile se détachait dans l'obscurité. Grande, imposante, reconnaissable entre mille. Mon souffle se coupa net en identifiant celui qui m'observait avec insistance.
Dumbledore.
Son visage était partiellement dissimulé par l'ombre, mais ses yeux bleus pétillaient de leur éclat habituel. Il ne bougeait pas, ne faisait aucun geste pour m'appeler, mais il était évident qu'il m'attendait. Un frisson d'appréhension me parcourut. Pourquoi était-il ici?
Mon premier réflexe fut de jeter un coup d'œil en direction du comptoir. Le serveur était toujours absorbé par son travail, inconscient de ce qui se jouait à quelques mètres de lui. J'hésitai. J'aurais voulu rester encore un peu, retarder l'inévitable, m'accrocher à cette normalité éphémère... Mais c'était impossible.
Je poussai un soupir discret, sentant le poids de la réalité s'abattre sur mes épaules. J'abandonnai mon café, puis me levai d'un mouvement fluide pour quitter le snack sans un regard en arrière.
Dumbledore esquissa un léger sourire en me voyant traverser la route.
— Bonsoir, Harry.
— Bonsoir, Professeur. Le saluai-je, inquiet de savoir ce que me voulait le Directeur de Poudlard.
— Tu as été bien imprudent cet été, Harry. Me reprocha-t-il, d'une voir douce mais ferme. Te promener seul dans Little Whinging sans protection... Ce n'est pas très raisonnable.
Je haussai les épaules, mâchant mes mots avant de les laisser s'échapper.
— Je sais, Professeur. Mais vous savez que je ne suis pas le bienvenu chez mon oncle et ma tante.
Il me considéra un instant, puis acquiesça d'un hochement de tête pensif.
— J'ai une mission pour toi. Annonça-t-il calmement. Si tu veux bien m'accompagner bien sûr.
Une mission ?
Le mot résonna dans mon esprit avec une intensité nouvelle. Depuis des semaines, je me sentais inutile, relégué au rôle de simple spectateur dans une guerre qui me concernait pourtant directement, condamné à regarder l'Ordre du Phénix agir dans l'ombre sans pouvoir y prendre part. Alors que moi, l'Élu, je devais rester enfermé à Privet Drive.
Je me redressai. Un mélange d'excitation et d'appréhension se mêla dans ma poitrine. Dumbledore ne prenait jamais de risques inutiles. S'il m'emmenait avec lui, c'était forcément une mission sans danger…
Mais alors que j'allais lui répondre que j'étais prêt depuis longtemps, mon regard dévia inconsciemment vers la vitre éclairée du snack. Le serveur était toujours là, concentré sur sa tâche, inconscient de ce qui se jouait dehors. J'eus un pincement au cœur. Je m'étais promis que, ce soir, j'oserai franchir le cap.
Ce soir aurait dû être ce moment. Mon moment. Celui où je prenais enfin le temps d'explorer ce que je ressentais vraiment.
Un goût amer envahit ma bouche. Je n'avais jamais espéré grand-chose d'un été chez les Dursley, mais pour une fois, j'aurais voulu que les choses se passent autrement. Rien d'extraordinaire. Juste un café, juste une conversation. Oui, pour une fois, j'aurais voulu avoir ce luxe.
Pourtant, il n'y avait pas de place pour ce genre d'envies dans ma vie. La réalité me rattrapait toujours. Et elle n'avait jamais été faite de légèreté ou de rencontres anodines autour d'un café. J'appartenais à un monde où les ténèbres s'étendaient chaque jour davantage, où chaque décision pouvait avoir des conséquences catastrophiques.
Alors, sans un mot, le cœur serré, je détournai les yeux et hochai la tête.
— Si tu veux bien prendre mon bras, Harry. Dit doucement Dumbledore. Nous devons transplaner.
J'hésitai une fraction de seconde. Je n'avais jamais transplané. Puis, ravalant mon appréhension, je posai ma main sur son bras.
Une sensation désagréable me happa, me tirant violemment dans tous les sens comme si un crochet invisible s'était refermé sur mon nombril. L'air me manqua. Puis, soudain, mes pieds touchèrent à nouveau le sol.
Nauséeux, je chancelai légèrement, avant de retrouver mon équilibre. Devant moi s'étendait un village côtier plongé dans l'obscurité. J'entendais les grillons chanter, et une brise salée me chatouillait les narines depuis notre arrivée, me rappelant la proximité de la mer.
— Où sommes-nous ? Demandai-je en scrutant les alentours.
Nous nous trouvions sur une petite place pavée, bordée de bâtisses aux façades usées par le vent marin. Un lampadaire vacillant projetait une lumière tremblotante sur les pavés humides, dessinant des ombres mouvantes. Au centre, trônait une vieille fontaine en pierre.
Dumbledore ajusta ses lunettes en demi-lune et sourit.
— Dans un petit village du Devon. Nous allons chez un vieil ami à moi, Horace Slughorn.
Il s'engagea d'un pas tranquille à travers la place, et je me hâtai de le suivre, mes chaussures résonnant légèrement sur la pierre. À cette heure tardive, le village semblait désert, et seul le bruissement du vent dans les feuillages accompagnait notre progression. Nous quittâmes la place pour emprunter une ruelle étroite bordée de murets de pierre.
Enfin, Dumbledore s'arrêta devant une maison modeste, dont les volets étaient fermés et la toiture légèrement affaissée. Le petit jardin qui l'entourait était à l'abandon : l'herbe haute masquait presque le sentier en pierre menant à la porte, et un vieux banc de bois, à moitié enseveli sous des buissons d'hortensias, montrait des signes évidents de vétusté.
Dumbledore se tourna vers moi, un éclat malicieux dans le regard.
— Nous y sommes, Harry.
Et, sans attendre, il frappa trois coups secs à la porte d'entrée. Un silence s'ensuivit, lourd et pesant. Puis, après quelques instants qui me parurent interminables, la porte s'ouvrit légèrement, révélant un homme petit et bedonnant, vêtu d'une robe de chambre usée. Ses yeux scrutèrent d'abord Dumbledore avec méfiance, puis s'agrandirent en m'apercevant.
— Dumbledore, mon cher ami, quelle surprise… Grogna-t-il en entrouvrant davantage la porte. Si c'est pour essayer de me convaincre de revenir travailler pour toi, il en est hors de question.
Je jetai un coup d'œil à Dumbledore, me demandant comment il allait réagir. Comme à son habitude, il conserva son calme imperturbable, esquissant même un léger sourire.
— Bonsoir, Horace. Répondit-il d'un ton poli et affable. Non, non, ce n'est pas ça. Nous passions dans le coin et j'ai eu envie de te présenter mon jeune ami, Monsieur Potter.
Slughorn parut hésiter, puis s'écarta pour nous laisser entrer. En franchissant le seuil, je découvris un salon richement meublé, mais recouvert d'une fine couche de poussière. Une odeur de renfermé flottait dans l'air, trahissant le manque de visiteurs. Les bibelots en cristal sur les étagères reflétaient la lueur vacillante des bougies, projetant des ombres étranges sur les murs tapissés de livres. De lourds fauteuils en velours rouge encadraient une table jonchée de parchemins froissés et de plumes usées. L'endroit dégageait une impression d'abandon, mais aussi d'opulence.
— Harry Potter, hein ? Murmura-t-il, les yeux plissés sous ses sourcils broussailleux. J'ai beaucoup entendu parler de toi… Ta mère était une de mes élèves préférées, tu sais.
Je tressaillis légèrement en entendant ces mots. C'était étrange d'imaginer ma mère en tant qu'élève, et non pas comme la figure floue et idéalisée que j'avais reconstruite à travers les souvenirs des autres.
— Vraiment ? Demandai-je, sentant une pointe de curiosité m'envahir.
— Oh oui. Acquiesça Slughorn en croisant ses mains sur son ventre rond. Lily Evans était brillante, talentueuse… et d'une gentillesse rare. Une sorcière exceptionnelle.
Il y avait dans sa voix une sincérité indéniable, teintée de nostalgie. Je restai silencieux, un mélange d'émotions se bousculant en moi. L'idée que quelqu'un puisse se souvenir d'elle avec autant d'admiration me réchauffait le cœur, tout en ravivant cette douleur sourde qui m'accompagnait depuis toujours.
Un silence s'installa. Slughorn semblait plongé dans ses souvenirs, et Dumbledore en profita pour intervenir.
— Tu sais, tu pourrais encore enseigner à une nouvelle génération, Horace. Dit-il d'un ton léger mais insistant. Parmi eux, il y a quelques jeunes élèves très talentueux que tu pourrais apprécier. Je suis sûr que Monsieur Potter serait fier de te présenter ses amis.
Slughorn se tourna vers moi, et je vis son regard scrutateur chercher quelque chose dans mon expression. Je compris alors ce que Dumbledore attendait de moi, il voulait que je convainque son vieil ami de revenir enseigner.
Je pris une inspiration, puis déclarai :
— Hermione, ma meilleure amie, est une née-moldue. C'est la meilleure de notre promotion dans presque toutes les matières. Elle est vraiment brillante. Je suis sûr que vous l'aimeriez, Monsieur.
Slughorn hocha lentement la tête, semblant réfléchir intensément. Ses doigts tapotèrent distraitement le bras du fauteuil dans lequel il s'était laissé retomber. Après un long soupir, il finit par lever les yeux vers Dumbledore.
— Si j'accepte… Je veux ma propre salle de cours et mon ancien bureau. Déclara-t-il d'un ton las, mais décidé.
Un sourire satisfait illumina le visage du directeur de Poudlard.
— Entendu.
Je n'étais pas certain de ce que nous venions exactement d'accomplir, mais une intuition me disait que cette rencontre était bien plus importante qu'elle n'en avait l'air. Après une discussion plus détendue, où Slughorn évoqua plusieurs autres élèves talentueux qu'il avait eus sous son aile, nous prîmes congé. En sortant de la maison, l'air frais de la nuit me fit frissonner légèrement. La conversation que nous venions d'avoir tournait encore dans mon esprit.
— Pourquoi teniez-vous tant à ce qu'il revienne, Monsieur ? Demandai-je à Dumbledore en jetant un dernier regard vers la porte refermée derrière nous.
— Oh, tu le comprendras bien assez tôt, Harry. Répondit-il avec un sourire énigmatique.
Comme toujours, il me laissait avec plus de questions que de réponses. Je fronçai légèrement les sourcils, mais décidai d'abandonner pour l'instant. Nous fîmes quelques pas sur le chemin sombre et silencieux avant que Dumbledore ne reprenne la parole.
— Que dirais-tu d'aller passer le reste de tes vacances chez ton parrain, Harry ?
Je me tournai brusquement vers lui, surpris.
Un instant, une vague d'excitation me traversa à l'idée de retrouver Sirius, mais elle fut immédiatement suivie par une soudaine tristesse. Mon esprit s'attardant sur une silhouette que j'aurais voulu revoir avant de partir.
— Mais mes affaires sont toujours à Privet Drive, Monsieur ! M'exclamai-je, espérant trouver une excuse pour retarder mon départ d'un jour ou deux.
Dumbledore, avec une douceur qui contrastait avec mon désespoir, répondit d'une voix apaisante:
— J'ai demandé à Dobby de récupérer toutes tes affaires et de les transférer au Square Grimmaurd. Elles t'y attendent déjà certainement.
Son regard se voulait rassurant, mais je ne pouvais m'empêcher de sentir un pincement au cœur. Encore une fois, les décisions étaient prises pour moi.
J'hochai la tête, incapable de trouver les mots pour exprimer le tourbillon d'émotions qui m'assaillait. La tristesse, l'excitation… Tout se mélangeait en moi. Prenant une grande inspiration, je posai ma main sur le bras que Dumbledore me tendait. Et avant que je ne puisse lui poser d'autres questions, il nous fit transplaner à nouveau.
Lorsque mes pieds touchèrent à nouveau le sol, j'ouvris les yeux pour découvrir une rue familière. Nous étions en plein cœur de Londres, devant le Square Grimmaurd. Je laissai l'air frais de la nuit emplir à nouveau mes poumons alors que je reprenais mes esprits, secouant la tête pour chasser le vertige qui me menaçait.
J'avançai vers la porte, sentant le poids des derniers évènements se dissiper légèrement, remplacé par l'anticipation de ce qui allait suivre.
