Bonsoir !

Voici un nouveau chapitre !

Merci pour les nombreux passages. J'espère avoir un peu plus de retours sur ce chapitre et les suivants, qui seront vraiment différents du livre original, mais aussi du début de mon histoire.

N'hésitez pas à donner vos avis !

Bonne lecture ! Et à bientôt j'espère ...

PaddyLondubat


Disclaimer :

L'univers et les personnages appartiennent à J.K. Rowling.


Chapitre 2

L'écho des retrouvailles

Harry

La porte du Square Grimmaurd grinça sur ses gonds. J'avais à peine franchi la porte que deux bras m'enlacèrent fermement. Une étreinte forte, rassurante. Pourtant, je me tendis légèrement, pris entre la surprise et l'habitude tenace d'éviter les contacts trop prolongés.

Quelques minutes plus tôt, je marchais dans la rue obscure, l'esprit ailleurs. Je pensais au jeune serveur et à son sourire, que je ne reverrais certainement plus jamais. Je pensais à la possibilité d'une normalité que j'avais effleurée du bout des doigts, mais qui était à nouveau inaccessible. Ce souvenir avait laissé une chaleur diffuse dans mon ventre, contrastant avec le froid qui m'habitait depuis le début des vacances.

Mais à cet instant, dans les bras de Sirius, cette chaleur se transforma en quelque chose de différent. Plus profond. Plus ancien. Une tendresse que je n'avais pas connue depuis longtemps, un sentiment d'appartenance que j'avais cru perdu. Je fermai les yeux, inspirant lentement. L'odeur de sa chemise, mêlée à celle du Square Grimmaurd, m'enveloppa, et la tension dans mes épaules s'effaça.

— Tu es enfin là… Murmura-t-il d'une voix rauque, où perçait un profond soulagement.

J'entendis un petit rire derrière lui, comme un éclat de douceur dans cette maison où le silence pesait d'ordinaire comme une ombre menaçante.

— Sirius, ne l'étouffe pas, s'il te plaît.

À contrecœur, il me relâcha. Ses mains restèrent suspendues quelques secondes avant qu'il ne recule légèrement. Je relevai les yeux vers Remus.

Son regard était amusé. Il s'approcha doucement, un sourire tendre aux lèvres, et ouvrit les bras. Son étreinte fut plus brève, plus discrète, mais il y avait dans ce contact une sincérité qui me toucha profondément.

Lorsqu'il se recula, il posa une main sur mon épaule, son pouce effleurant distraitement le tissu de mon t-shirt comme pour s'assurer que j'étais bien là.

— Tu nous as manqué, petit. Murmura-t-il, son regard m'analysant avec une attention particulière.

Il eut un sourire, mais ses yeux, eux, brillaient d'une lueur inquiète.

— Vraiment beaucoup. Ajouta Sirius en croisant les bras, comme pour dissimuler son émotion derrière un geste nonchalant.

Je leur offris un petit sourire, sincère cette fois.

— Vous m'avez manqué aussi.

Le sourire de Remus se fana légèrement. Ses traits se tendirent imperceptiblement. Son regard me scrutait avec une insistance inhabituelle. À côté de lui, Sirius semblait hésiter entre me bombarder de questions et respecter mon silence. Finalement, il lâcha, avec une certaine brusquerie :

— Harry… Est-ce que tout va bien ? Tu as l'air… différent.

Remus hocha imperceptiblement la tête, confirmant qu'il partageait son ressenti. Le poids de leurs regards me fit détourner les yeux. Je n'eus cependant pas le temps de répondre. Derrière moi, Dumbledore venait de refermer la porte, son regard balayant rapidement la scène avant de s'adresser à mon parrain et Remus d'un ton calme, mais d'où perçait une légère urgence.

— Nous pouvons commencer la réunion de l'Ordre maintenant que je suis là.

Les deux hommes échangèrent un regard, une de ces conversations silencieuses dont ils avaient le secret.

Sirius m'ébouriffa les cheveux avec une familiarité affectueuse, tandis que Remus se contenta d'une tape légère sur mon épaule, un geste discret, mais porteur d'une promesse silencieuse : On parlera plus tard.

Puis, comme s'ils avaient pris une décision tacite, ils m'offrirent un dernier sourire avant de s'éloigner vers la cuisine où avaient lieu les réunions de l'Ordre.

À peine avaient-ils disparu que je fus happé dans une nouvelle étreinte, plus courte mais tout aussi chaleureuse. Molly me serra contre elle avec cette bienveillance maternelle qui ne lui faisait jamais défaut, et je sentis un nœud se former dans ma gorge.

Après quelques secondes, elle s'écarta légèrement, posant une main douce sur ma joue. Son regard détailla mon visage avec attention, comme si elle cherchait à comprendre ce qui clochait.

— Mon pauvre garçon, tu n'as pas assez mangé chez ces Moldus ! Et tu as encore grandi ! Il va falloir que l'on refasse ta garde-robe pour la rentrée.

Sa voix, douce mais inquiète, me ramenait à un quotidien plus banal, plus simple. Elle ne parlait pas de guerres ou de prophéties. Juste de nourriture et de vêtements. Et étrangement, ça me réchauffa un peu.

Tout en parlant, elle me guida doucement vers l'escalier, me jetant un dernier regard attentif, comme pour vérifier que j'allais bien.

— Les jeunes sont à l'étage, va les retrouver. Ils doivent être dans la bibliothèque, comme toujours. Je vais demander à Dobby de vous apporter à manger et à boire.

J'hochai la tête et grimpai les marches, sentant enfin le poids de la fatigue se relâcher légèrement. L'odeur du bois ancien et des livres flottait dans l'air lorsque j'arrivai devant la porte entrouverte. Des voix familières résonnaient, teintées de chaleur et de complicité.

Lorsque j'entrai, Ginny et Hermione m'assaillirent, m'étouffant presque dans leur étreinte brûlante de vie.

— Harry ! S'exclamèrent-elles en chœur.

Je souris, heureux de les retrouver.

Puis lorsqu'elles s'éloignèrent, je vis immédiatement la présence surprenante de Luna et Neville. La petite blonde me fixa de ses grands yeux lunaires, puis ses lèvres effleurèrent ma joue en une bise légère, avant de laisser Neville m'étreindre rapidement.

Et enfin ce fut au tour de Ron. Il était le dernier à s'approcher. Il m'enlaça aussi longtemps que sa sœur et Hermione, ce qui me surprit. Lorsqu'il se recula, son visage était grave. Il semblait soucieux. Je fronçais les sourcils, mais il ne dit rien, alors je décidai de lui parler plus tard quand nous serions seuls tous les deux.

— Luna ? Neville ? Mais qu'est-ce que vous faites là ?

Bien sûr, ma voix trahit ma surprise, et peut-être même mon inquiétude. Je savais qu'ils n'étaient pas censés être ici. Le Square Grimmaurd était un refuge pour l'Ordre, pour ceux qui avaient un rôle à jouer dans la guerre. Leur présence n'augurait rien de bon.

Neville et Luna échangèrent un regard avant de s'asseoir ensemble dans l'un des canapés. Le silence qui s'installa me parut plus lourd que prévu. Neville jouait nerveusement avec l'ourlet de sa manche, un tic que je lui connaissais bien. Quant à Luna, son expression restait aussi impassible que d'habitude, mais il y avait quelque chose de plus voilé dans son regard.

Ce fut Neville qui brisa finalement le silence :

— Ils nous ont attaqués, ma grand-mère et moi.

Sa voix était tendue, méconnaissable. Il évita mon regard, le fixant obstinément sur ses mains crispées.

— Des Mangemorts. Ils voulaient nous éliminer… Faire de nous un exemple.

Mon estomac se noua brutalement.

À côté de moi, Hermione retint un souffle tremblant. Ron, lui, s'était tendu, son poing serré sur l'accoudoir du canapé.

— Elle va bien ? Murmurai-je, redoutant sa réponse.

Neville hocha la tête, mais ses épaules s'affaissèrent légèrement.

— Elle s'en est sortie. Elle… Elle les a mis en fuite. Mais ils ont dit qu'ils reviendraient.

Il s'interrompit un instant, comme s'il hésitait à aller plus loin. Mais il reprit d'une voix plus tremblante :

— Elle était là. Bellatrix.

Un frisson parcourut mon échine.

— Elle voulait nous faire subir ce qu'elle a fait à mes parents.

Ses doigts blanchirent sur son pantalon, et il ravala difficilement sa salive. Un silence pesant s'abattit sur la pièce.

Luna fut la première à bouger. Doucement, sans un mot, elle posa sa main sur celle de Neville. Il la regarda et, imperceptiblement, il se détendit sous son contact.

Mais je n'eus pas le temps de dire quoi que ce soit qu'elle prit à son tour la parole.

— Ils sont venus chez nous, il y a quelques jours.

Sa voix était étrangement calme, presque rêveuse, comme si elle parlait d'un souvenir lointain.

— Ils ont tout saccagé. Tout fouillé.

Elle marqua une pause et baissa les yeux vers son collier de bouchon qu'elle tritura avec nervosité. Neville glissa un bras autour de ses épaules, et elle se laissa faire.

— Nous n'étions pas là, heureusement. Mais ils ont laissé un message.

Mon cœur rata un battement.

— Quel message ? Demandai-je, la gorge serrée, sachant très bien que ce n'était certainement pas un message cordial.

Elle mordilla légèrement sa lèvre avant de répondre :

— Ils ont dit qu'ils nous surveillaient. Et que mon père doit arrêter d'écrire ses articles sur toi et sur l'Ordre. Sinon, ils nous retrouveront.

Un silence pesant s'abattit dans la pièce. Personne ne parla.

J'eus la sensation d'être projeté des mois en arrière, au moment où j'avais causé la mort de Tonks et celle de Percy. Ce même poids sur ma poitrine. Cette même culpabilité oppressante.

C'était ma faute. Si nous n'avions pas été au Ministère. Si je ne les avais pas entraînés dans ce piège. Si j'avais réfléchi avant d'agir…

J'avais besoin d'air. Je me levai brusquement, faisant craquer le parquet sous le poids de mes pas, et m'éloignai vers la fenêtre pour l'ouvrir d'un geste sec. L'air frais s'engouffra dans la pièce, mais ne dissipa en rien le poids qui m'écrasait la poitrine.

D'un geste mécanique, je glissai une main dans ma poche et en sortis mon paquet de cigarettes. D'ordinaire, je fumais sans y penser, plus par habitude que par véritable envie. Mais ce soir, c'était différent. L'agitation sous ma peau réclamait quelque chose, un exutoire, et je sentis, pour la première fois, un vrai manque s'installer.

Le froissement du papier, le bruit du briquet, la lueur orangée de la flamme.

J'inspirai une première bouffée, mais la fumée brûla ma gorge, plus âcre que je ne l'avais imaginé. Je réprimai une quinte de toux et me forçai à souffler lentement.

Ce n'était pas la première fois que je fumais. Mais c'était la première fois où j'en avais vraiment besoin.

Et en recrachant ma deuxième bouffée, je compris que ça ne serait certainement pas la dernière.

— Harry ! S'offusqua immédiatement Hermione. Tu sais que c'est toxique !

Je haussai les épaules sans répondre, le regard perdu dans la nuit.

— Hermione. Soufflai-je, ma voix plus rauque que prévu. Je suis déjà en danger quoi qu'il arrive. Alors autant profiter de la vie tant que je le peux.

Elle ouvrit la bouche, mais aucun mot ne franchit ses lèvres. Elle savait que j'avais raison.

Un silence plana, et peu à peu, l'ambiance redevint légère. Nous rîmes, parlâmes, oubliâmes un peu. Jusqu'à ce que la fatigue nous emportât tous ou presque, entassés sur les canapés de la bibliothèque. Contrairement aux autres, je ne réussis pas à trouver le sommeil. Les révélations de ce soir me brisant le cœur.

Je retournai à la fenêtre et m'adossai contre le mur, allumant une dernière cigarette.

— Tu fumes souvent ?

Je relevai les yeux. Ron s'était installé devant moi, les bras croisés. Son ton n'était ni accusateur ni moqueur. Juste… curieux. Peut-être même inquiet.

Je haussai les épaules et soufflai la fumée en direction du ciel.

— Ça dépend des jours.

Un silence s'installa. Ron détourna le regard vers l'horizon.

— Je crois que…

Il hésita. Son pied heurta doucement le parquet, comme s'il cherchait les mots.

— Je crois que je n'ai jamais autant eu peur pour ma famille.

Sa voix était basse, presque inaudible. Je tournai la tête vers lui. Son profil était tendu, les mâchoires serrées.

Je tirai une bouffée puis mon regard glissa vers le canapé. Neville et Luna dormaient l'un contre l'autre. Ginny et Hermione étaient recroquevillées dans un autre canapé, leurs visages paisibles malgré tout. J'eus un pincement au cœur.

— Je suis désolé. Murmurai-je.

Ron ne répondit pas tout de suite. Je le vis inspirer profondément avant de parler, sa voix plus posée :

— Ce n'est pas toi, Harry. Ce sont eux, les coupables… Ce sont eux qui ont tué… Percy… et Tonks… Qui ont attaqué Neville et Luna. Ce n'est pas toi.

Je laissai ses mots s'imprégner en moi. Je voulais les croire. Un long silence s'étira entre nous, mais il n'était pas pesant. Puis, sans un mot de plus, nous retournâmes nous allonger. Avant de fermer les yeux, j'aperçus Ron, tout près de sa sœur, lui remettant distraitement une mèche de cheveux derrière l'oreille.

Demain serait un autre jour. Un jour de plus à survivre.

Un jour de plus pour croire que tout cela avait un sens.