Bonsoir !
Merci pour les nombreux passages ! A la fin de ce chapitre, dites moi, ce que vous pensez de ce nouveau Harry ? Et des autres jeunes : Ron, Hermione, Ginny, Luna et Neville ?
Bonne lecture ! Et à bientôt ...
PaddyLondubat
Disclaimer :
L'univers et les personnages appartiennent à J.K. Rowling.
Chapitre 5
Un premier pas… Et après?
Harry
Le Square Grimmaurd était encore silencieux, comme figé dans l'attente du jour. L'ombre des lourds rideaux étouffait les premières lueurs du matin, projetant des formes indistinctes sur les murs couverts de poussière de la bibliothèque. L'odeur du bois vieilli et du parchemin flottait dans l'air. Mais mon esprit, lui, était ailleurs. Prisonnier d'une spirale de pensées dont je ne parvenais pas à m'extraire.
Comme chaque nuit, le repos m'avait fui. Et comme chaque nuit, les cauchemars avaient pris sa place. Toujours les mêmes. Des éclats de lumière verte déchirant l'obscurité. Les visages de ceux que j'avais vu mourir, s'effaçant comme des spectres, leur regard empreint d'un reproche silencieux. Des murmures trop proches, trop intimes, qui s'infiltraient dans mon crâne et s'y attardaient bien après mon réveil. Et cette sensation, constante, oppressante, d'être en équilibre sur un fil prêt à se rompre. À chaque instant, j'avais l'impression qu'un pas de plus suffirait à me faire basculer. Dans quoi exactement, je n'en étais pas sûr. Mais je savais que je ne voulais pas tomber.
Je détestais ça. Je détestais cette impression de perdre le contrôle, de ne pas pouvoir contenir ce qui bouillonnait en moi. La colère. La peur. Parfois, j'avais l'impression que ce n'était pas seulement mes émotions qui m'échappaient, mais quelque chose de plus instinctif, de plus dangereux, de plus sombre qui s'agitait sous ma peau. Une rage que je ne comprenais pas vraiment. Une force brute que je n'étais pas sûr de savoir maîtriser.
La porte s'ouvrit derrière moi, interrompant brutalement le flot chaotique de mes pensées. Je tournai légèrement la tête et croisai le regard de Sirius. Il semblait plus sérieux que d'habitude, son expression marquée par une gravité inhabituelle. Son pas était mesuré, presque lourd. Il n'avait pas ce sourire en coin, cette lueur d'amusement dans ses yeux qu'il essayait toujours d'afficher, même dans les pires situations. Juste un regard attentif, presque inquiet.
— Est-ce qu'on peut parler, Harry ?
Il n'attendit pas ma réponse et s'installa en face de moi, posant les coudes sur ses genoux. Son regard ne me quittait pas, attentif, pesé. Il n'y avait ni reproche ni jugement, mais une fermeté que je reconnaissais.
— Je prends ça pour un oui. Déclara-t-il simplement devant mon silence.
Il marqua une pause avant d'ajouter :
— Nous devons parler de l'Occlumencie.
Un frisson glacé me parcourut, et mes doigts se crispèrent instinctivement sur le tissu de mon pantalon.
— Rogue a déjà essayé de m'apprendre. Rétorquai-je, la mâchoire serrée. Ça ne sert à rien, je ne suis pas doué pour ça.
Ma voix était plus sèche que je ne l'aurais voulu, mais je refusais d'entendre quelqu'un me dire encore une fois que j'aurais dû persévérer. Que c'était ma faute si j'avais échoué.
— Ce n'est pas une question de talent, Harry. Répliqua Sirius sans se laisser démonter. C'est une question de contrôle. Et ce moment, tu as besoin de contrôle.
Un soupir m'échappa.
Évidemment que j'avais besoin de contrôle. Mais à quoi bon ? J'avais déjà essayé. Et j'avais échoué. Voldemort savait déjà comment s'immiscer dans mon esprit. Il savait comment me manipuler. Plus encore, il savait réveiller en moi ce quelque chose d'inquiétant que je détestais. Une rage sourde. Une puissance brute que je ne comprenais pas, que je ne maîtrisais pas.
Et si, au moment où je l'anéantissais, la magie noire me happait ?
Et si, une fois qu'il ne serait plus là… Je ne pouvais plus m'en défaire ?
Et si, en gagnant la guerre, je perdais tout le reste ?
Et si… Je devenais comme lui ?
Et si, au lieu de le détruire, je finissais par le comprendre ?
Et si je finissais par céder à cette part en moi qui grondait lors des combats ?
Et si ce n'était pas seulement une question de lutte ?
Et si, dans ma rage, dans cette fièvre qui montait en moi à chaque combat, il y avait plus qu'un simple désir de le voir disparaître ?
Ce n'était pas seulement la peur de l'échec. C'était la peur de réussir. Car j'avais peur d'aimer ces instants où la magie pulsait sous ma peau, où tout semblait si facile, si instinctif… Peur de cette adrénaline, de cette puissance brute qui m'envahissait... Peur de ne plus savoir m'arrêter…
Un mouvement attira mon attention sur ma droite. Hermione venait d'entrer, silencieuse, discrète. Elle s'installa à côté de moi et posa une main légère sur mon épaule, un geste à la fois doux et ferme. Son regard se posa sur moi, scrutateur, comme si elle cherchait à évaluer combien de poids je portais sur mes épaules ce matin-là.
— Harry. Murmura-t-elle. Je sais que tu as peur de l'Occlumencie, mais ça ne va pas effacer ce que tu ressens, au contraire ça va t'aider à ne pas te laisser submerger par toutes les émotions trop fortes que tu ressens.
Je serrai la mâchoire.
— L'Occlumencie va t'apprendre à garder la maîtrise de ce que tu ressens. Intervint Sirius. À ne pas laisser… D'autres choses prendre le dessus.
Je savais très bien de quoi il parlait. Il ne faisait pas seulement allusion à Voldemort. Il faisait allusion à cette chose sombre qui s'agitait sous ma peau.
— Tu sais, j'ai dû l'apprendre à Ron aussi. Ajouta-t-il après un instant de silence.
Je fronçai les sourcils. Ron ne m'avait rien dit. Je lançai un regard vers Hermione, qui acquiesça doucement.
— Ron ?
— Après tout ce qui s'est passé au Ministère… La mort de Percy… Il était en colère. Il voulait juste venger son frère. La première fois que nous avons organisé un entraînement dans le grenier, il a bien failli tout détruire.
Je restai silencieux. Je ne savais pas. Je ne savais pas que la mort de Percy l'avait autant affecté. Une étrange chaleur m'envahit, un mélange d'incompréhension et de culpabilité. J'avais été tellement absorbé par ma propre douleur, par ma propre colère, que je n'avais pas vu celle de Ron. À quel point avions-nous tous changé, sans même nous en rendre compte ?
— Et ça l'a aidé ? Demandai-je, tendu.
— Il a appris à se calmer. Et ça lui a évité de faire des choses qu'il aurait regrettées.
Il se pencha en avant et posa une main sur mon genou, son regard cherchant le mien.
— L'Occlumencie, ce n'est pas uniquement créer un mur autour de ses souvenirs, Harry. Ce n'est pas un moyen d'étouffer ce que tu ressens. C'est un moyen de comprendre, d'apaiser, de trier ce qui vient de toi… Et ce qui n'a rien à faire là.
Je détournai les yeux, incapable de soutenir son regard.
— Je sais à quoi tu penses Harry. Tu te dis que ça ne servira à rien.
La voix d'Hermione était basse, presqu'un murmure. Mais elle résonnait en moi avec une justesse dérangeante.
— Mais tu sais que ça pourrait t'aider avec ce que tu ressens quand tu combats Voldemort. Je pense que ça pourrait t'aider à ne pas laisser la magie noire prendre le dessus. La magie noire se nourrit de ce que tu ressens. Plus tu lui donnes de la colère, de la haine, plus elle prend de place. Mais si tu fais le vide… Si tu lâches prise sur tout ce poids qui t'écrase… Alors c'est toi qui la contrôleras.
Sa main sur mon épaule me semblait plus ancrée, plus présente. Elle ne disait rien de plus. Elle n'avait pas besoin.
J'avalai difficilement ma salive.
Je voulais croire qu'ils avaient raison. Que c'était possible.
Pour la première fois, j'étais prêt à écouter.
Mais une part de moi murmurait encore que c'était trop tard.
Et si je me trompais ?
Et si, en cherchant à me protéger… Je découvrais quelque chose que je n'étais pas prêt à affronter ?
— Harry. Souffla Sirius, ce n'est pas parce qu'une part de toi est attirée par la magie noire que tu es mauvais. Ça ne fonctionne pas comme ça.
Je le regardai, perplexe, ne sachant pas si je devais me sentir rassuré ou inquiet. La magie noire... C'était comme un poison qui m'envahissait chaque fois que Voldemort s'incrustait dans mes pensées, chaque fois que je l'affrontais. C'était comme une présence qu'il laissait en moi, un écho que je ne pouvais pas totalement chasser.
Ce dernier continua son explication d'une voix calme, mais profonde :
— Certains sorciers sont naturellement attirés par certains types de magie. Ma famille, les Black, sont principalement des sorciers noirs. Pourtant, moi, ma magie de prédilection, c'est la magie grise. Les Potter, comme ton père, avait une prédilection pour la magie blanche.
Je sentis mon cœur se serrer à l'idée que la magie noire, cette forme de magie si liée à mon ennemi, puisse aussi faire partie de moi.
Je me mordillai la lèvre, pensif. Je ne pouvais pas m'empêcher de me demander comment je pourrais réussir à détruire un mage noir, si la magie noire faisait aussi partie de moi.
— Et ma mère ? Demandai-je soudainement d'une voix incertaine.
— Lily. Répondit Sirius en souriant tristement. Elle avait un grand cœur, un très grand cœur. Mais elle était attirée par la magie du sang. Une magie puissante, oui. Mais considéré par beaucoup comme maléfique. Pourtant elle l'utilisait à bon escient, notamment pour des sorts de protection. Le sort que ta mère a jeté avant de mourir, ce sort de protection qui t'entoure, il venait de cette magie. C'est grâce à son sacrifice et à celui de ton père que tu as survécu ce soir-là.
Je souris légèrement à l'évocation de ma mère. J'ai toujours su qu'elle était forte, mais personne ne m'avait dit qu'elle utilisait la magie du sang, et surtout avec autant de sagesse.
Sirius poursuivit, d'une voix plus douce, en se penchant un peu vers moi.
— Les Weasley, eux, sont réputés pour leur magie blanche. Pourtant, la famille de Molly, les Prewett, ont toujours été liés à la magie grise. Molly, Bill, Charlie, même Ron… Ils sont porteurs de cette magie qui, bien que moins lumineuse, n'est pas pour autant mauvaise si elle est utilisée à bon escient.
Je le regardai, intrigué par ces révélations. C'était comme si les influences magiques circulaient à travers les générations.
— Donc, Ron utilise la magie grise aussi ? Demandai-je, ne comprenant pas totalement.
Sirius hocha la tête.
— Oui, on l'a découvert lors de l'un de nos entraînements. Il l'a fait inconsciemment, sans même savoir que le sortilège qu'il lançait était un sortilège de magie grise. Il a dit qu'il avait vu Bill et Charlie s'entraîner à ce sortilège quelques jours avant, il savait qu'il n'avait rien de dangereux, alors il l'a utilisé dans le feu de l'action. Alors avec l'accord de ses parents, bien sûr, j'ai commencé à lui apprendre à la maîtriser.
Je m'arrêtai un instant pour réfléchir. Ron, qui était toujours impulsif, mais si loyal, avait en lui cette capacité d'adopter une forme de magie que je n'aurais jamais imaginée. Une forme de magie qui certes ne pouvait pas tuer, mais qui pouvait blesser gravement. Sirius me regarda avec une douceur infinie, mais aussi une gravité qui fit naître une petite peur au fond de moi.
— La magie noire, Harry… C'est une forme de magie puissante, sombre. Et, oui, tu en as hérité, certainement parce que nous avons un lointain lien familial, mais tu n'es pas obligé de suivre le même chemin que les membres de ma famille. L'Occlumencie pourrait t'aider à maîtriser tes émotions, et ainsi tu pourrais peut-être contrôler un peu plus ton envie d'utiliser la magie noire.
Je laissai ses paroles résonner dans mon esprit, en essayant de trouver du réconfort dans ce qu'il disait. Peut-être avaient-ils toutes les deux raisons. Peut-être que l'Occlumencie pouvait m'aider à gérer mes émotions. Peut-être que je pourrais ainsi maîtriser mon attirance de la magie noire.
— Ce n'est pas la magie qui te définit, Harry. Ajouta Sirius, comme pour confirmer mes pensées. C'est ce que tu choisis d'en faire. Et si tu désires l'ignorer et ne jamais l'utiliser, alors tu le peux. C'est ton droit.
Un soupir m'échappa. C'était une voie difficile à suivre, mais s'il y avait bien une chose que cette guerre m'avait apprise, c'était qu'on devait choisir ses propres batailles. Je ne n'étais pas défini par mon héritage. Pas même par la magie qui coulait en moi.
— Tu vas y arriver, Harry. On sait tous que tu es plus fort que tu ne veux bien le croire. Déclara doucement Hermione, en posant sa main sur mon bras avec délicatesse.
Je tournai la tête vers elle. La conviction dans ses yeux me réchauffa le cœur. Et lorsque je vis son regard. Son regard était tendre, rassurant. Comme si elle me disait qu'elle croyait en moi, même quand je doutais.
— Alors… Prêt à apprendre l'Occlumencie avec Sirius?
Je laissai passer un instant avant de hocher la tête. Une part de moi hésitait encore. Mais cette fois, je refusais de reculer. Peut-être que l'Occlumencie m'aiderait à trouver le contrôle que je cherchais désespérément. Peut-être que, d'une manière ou d'une autre, elle me préparerait à affronter ce qui m'attendait.
Et si au contraire, je me trompais complètement?
