Bonjour !
Merci pour les nombreux passages !
Bonne lecture ! Et à bientôt ...
PaddyLondubat
Disclaimer :
L'univers et les personnages appartiennent à J.K. Rowling.
Chapitre 6
À l'ombre d'un souffle nouveau
Harry
Après ma discussion avec Sirius et Hermione, j'avais ressenti le besoin de m'isoler. Profitant de l'absence de Ron et Neville, je m'étais enfermé dans ma chambre, laissant la solitude m'envahir. J'avais longuement réfléchi aux paroles de mon parrain. Il avait raison. Je devais tenter de reprendre le contrôle sur moi-même. Peut-être qu'ainsi, j'aurais une chance.
Après un long moment de solitude, l'agitation en bas me tira de mes pensées. Je restai un instant au seuil de ma chambre, indécis. Finalement, je descendis lentement les escaliers. À peine avais-je entrouvert la porte de la cuisine qu'une vague de chaleur et de rires m'engloutit.
L'odeur du pain chaud et des plats mijotés se mêlait aux éclats de voix et aux rires éclatants. La grande table débordait de mets fumants, tandis que Molly Weasley, baguette en main, s'activait avec une efficacité redoutable devant les fourneaux. À l'autre bout de la pièce, les jumeaux taquinaient Ginny, qui leur lançait des regards noirs en croisant les bras.
Arthur, assis près de la cheminée, releva la tête en m'apercevant.
— Ah, te voilà ! S'exclama-t-il joyeusement en se levant.
D'un coup, toutes les conversations cessèrent, et tous les regards convergèrent vers moi. Un bref silence s'installa, avant qu'un éclat de voix retentisse, me prenant de court:
— JOYEUX ANNIVERSAIRE, HARRY !
Je sursautai légèrement sous l'effet de surprise. La pièce était bondée : les Weasley, Sirius, Remus, Hermione, Neville et Luna, tous souriants.
Molly, un torchon à la main, abandonna sa casserole pour m'embrasser sur la joue avec une tendresse maternelle.
— Joyeux anniversaire, mon chéri. Dit-elle doucement.
Cette tendresse maternelle me serra le cœur. Comment pouvait-elle encore m'accueillir avec autant de chaleur, après tout ce qui s'était passé ? Son fils n'était plus là, et pourtant, elle était là, elle, à m'accueillir avec un sourire, comme si le poids de l'absence n'existait pas.
Ron me donna une tape dans le dos, tandis que Fred et George s'inclinèrent exagérément devant moi, faussement solennels.
— Seize ans ! S'exclama Fred.
— L'âge où tout devient plus dramatique. Ajouta George.
— On commence à voir la vie avec un regard intense et mystérieux, façon héros de tragédie.
— C'est leur façon subtile de te dire que tu es trop sérieux, Harry. Intervint Ginny avec un sourire en coin, avant de m'embrasser la joue.
Je lui lançai un regard faussement offusqué avant de secouer la tête en riant doucement.
— Joyeux anniversaire, Harry. Dit Hermione en souriant, tandis que Neville et Luna acquiesçaient à leur tour.
Je hochai la tête, murmurant des remerciements. C'était chaleureux, sincère. Une part de moi voulait s'y laisser aller. L'autre… figée, retenue par un lien invisible.
Lorsque tout le monde eut fini de me saluer, Ron me fit signe de venir m'asseoir entre lui et Sirius.
— On t'a attendu pour attaquer. Dit-il avec un clin d'œil.
Je pris place, détaillant les plats fumants et les expressions détendues autour de moi. L'ambiance joyeuse me paraissait presque irréelle. J'aurais dû me sentir bien, mais une part de moi restait en retrait, comme si tout cela m'échappait.
Le repas débuta dans un concert d'exclamations et de discussions animées. Je les écoutais distraitement, tentant d'ignorer ce nœud de culpabilité qui refusait de se dissiper.
Fred et George, visiblement en grande forme, racontaient avec enthousiasme une mésaventure récente à leur boutique. Mais soudain, Molly les interrompit d'une voix claire, croisant les bras, un sourcil levé.
— Donc, vous voulez me faire croire que c'était un accident si un client est sorti avec les sourcils en feu ?
Un silence s'installa. Tous les regards se tournèrent vers les jumeaux, qui échangèrent un coup d'œil complice avant de répondre avec le plus grand sérieux.
— Il a signé la décharge ! Protesta George.
— Il était consentant. Ajouta Fred.
Molly tapota du pied, son regard perçant les clouant sur place.
— Vous avez dit qu'il n'avait même pas seize ans.
— Détails techniques. Lâcha Fred en haussant les épaules, comme si ce n'était qu'une broutille.
Molly leva les yeux au ciel avant de leur adresser un regard lourd de sous-entendus.
— Si j'apprends que vous avez encore mis un client en danger, vous pourrez dire adieu aux repas du dimanche ici.
Les jumeaux ouvrirent grand la bouche, feignant l'indignation.
— Ce serait cruel, Maman. Souffla Fred, la main sur le cœur.
— Inhumain. Renchérit George, l'air scandalisé.
— Impardonnable. Conclut Fred en secouant lentement la tête.
Un éclat de rire général s'éleva dans la cuisine. Je me surpris à rire aussi, pris dans l'instant. Pourtant, une ombre persistait, me laissant à distance de cette joie.
La conversation continua un moment, avant que Molly ne s'éclipse vers le plan de travail. Lorsqu'elle revint, un grand plat entre les mains, tous les regards se tournèrent vers elle.
Molly déposa le gâteau qu'elle avait fait devant moi avec un sourire tendre. Il était simple, sans artifices, mais l'odeur sucrée du glaçage flottait dans l'air, se mêlant aux effluves des plats encore chauds. Le soleil, haut dans le ciel, filtrait à travers les carreaux de la cuisine, projetant des éclats de lumière sur la table.
— Fais un vœu, Harry. Dit Ginny d'une voix douce.
Que pouvais-je bien souhaiter ?
Je baissai les yeux vers les bougies. Un souhait me traversa, à la fois doux et douloureux :
Connaître l'Amour. Le vrai. Celui avec un grand A.
Mais l'ombre d'un doute s'infiltra aussitôt, me laissant un goût amer sur la langue.
Combien de temps me restait-il pour espérer ?
Je pris une inspiration, chassai mes pensées parasites et soufflai d'un coup sec. Les flammes vacillèrent, puis s'éteignirent. Autour de moi, les rires éclatèrent, chaleureux et sincères. Je souris, acceptant le moment comme il venait. Pourtant, une part de moi restait ailleurs, suspendue entre lumière et obscurité.
Alors que Molly reprenait le gâteau pour le couper et le servir, Ron se leva soudainement, se dirigeant vers un coin de la pièce où une pile de cadeaux était entassée.
— C'est pour toi, Harry. Dit-il en me tendant le premier paquet.
J'ouvris mes cadeaux, essayant de cacher mon trouble face à toute cette attention.
Ron et Hermione m'avaient offert un simple carnet. Vide. Mais à l'intérieur, sur la première page, Hermione avait écrit quelques mots de sa si jolie écriture. Ils y avaient ajouté une boîte de fondant au chocolat de chez Honeydukes et un livre sur les différentes formes de magie.
— Tu la liras plus tard, Harry. Me sourit Hermione en voyant mon regard s'attarder sur les premières lignes qu'elle avait écrites.
Ginny, quant à elle, s'était jointe à Fred et George pour m'offrir une boîte remplie des dernières inventions. Je n'osais même pas soulever le couvercle, déjà certain que le simple fait de l'ouvrir provoquerait une catastrophe. Amusé mais légèrement inquiet, je me promis de tester leur nouvelle trouvaille lors d'une de nos fameuses soirées entre garçons dans notre dortoir à Poudlard.
Quant à Arthur, il me donna un petit poste radio sorcière.
— De notre part à Molly et moi. C'est pour que tu ne te sentes jamais seul. Expliqua-t-il simplement.
Mes doigts effleurèrent la petite radio. Un objet simple. Mais en un instant, une idée me frappa de plein fouet : même dans les moments de silence, je ne serais jamais vraiment seul. Je déglutis, et, pour la première fois depuis longtemps, quelque chose en moi se détendit.
— Merci. Murmurai-je, ma voix trahissant la gratitude que je peinais à exprimer autrement.
Sirius, qui semblait toujours chercher la manière la plus originale de rendre un moment mémorable, me tendit un petit paquet en forme de livre. Lorsque je l'ouvris, je découvris un ancien manuel sur les métamorphoses Animagus. Un sourire s'étira sur mon visage.
— Avec Remus, on s'est dit que ça pourrait t'intéresser. Murmura-t-il, l'air un peu plus sérieux que d'habitude. Peut-être que, dans un avenir pas trop lointain, tu pourrais avoir un peu plus de liberté…
Son regard s'attarda un instant sur moi, comme s'il pesait ses mots, avant de s'adoucir. Je ressentis un élan de gratitude envers lui et Remus, touché par l'idée derrière ce cadeau : un don d'indépendance, d'autonomie dans un monde qui, trop souvent, me dictait mes choix.
Luna et Neville, eux aussi, avaient préparé un petit quelque chose. Avec calme, Neville me tendit un paquet emballé avec soin.
— On a pensé que ça pourrait te plaire. Déclara Neville, en jetant un coup d'œil à Luna.
En dépliant le paquet, je découvris une belle boussole en argent, gravée de runes anciennes que je ne reconnus pas.
— C'est pour t'aider à trouver ta voie. Expliqua Luna d'une voix douce, presque chantante. Peu importe où tu te trouves, elle te guidera, même quand tout semble perdu.
Je les regardai tous les deux, une chaleur douce envahissant ma poitrine. Ils ne se contentaient pas de me donner un objet, mais un véritable symbole d'espoir, de guidance et de soutien. Un moyen de m'aider à garder le cap, même dans les moments les plus sombres.
La fête touchait à sa fin, les conversations s'étaient adoucies, bercées par une fatigue légère. Pourtant, une lassitude plus profonde m'écrasait, comme si je peinais à absorber tout ce qui venait de se passer. Il y avait un décalage étrange entre la chaleur des sourires autour de moi et le poids des événements récents, un contraste qui me rendait plus lourd encore. Tout semblait à la fois trop normal et profondément irréel.
Je me levai discrètement, glissant entre les conversations, cherchant un peu d'espace, un instant pour respirer. Il fallait que je sorte, que je m'éloigne de tout cela, même brièvement. L'air frais m'attirait comme une promesse d'apaisement, comme si quelques bouffées d'oxygène pouvaient alléger le poids que je portais.
— Je vais prendre l'air. Soufflai-je, espérant que ma voix ne trahisse pas trop le trouble qui m'habitait.
Personne ne me retint, aucun regard ne s'attarda sur moi plus que d'ordinaire. Pourtant, alors que je franchissais la porte, j'entendis des pas derrière moi.
Ron et Hermione me rejoignirent sur le perron, où je m'étais installé. Je fouillai machinalement mes poches, sortant mon paquet de cigarettes, et sans hésitation, j'en pris une que j'allumai aussitôt.
— Ça va ? Demanda Ron après un moment de silence.
Il ne cherchait même plus à masquer l'inquiétude dans sa voix.
Je regardai la fumée s'élever dans l'air, cherchant mes mots. Je n'étais pas sûr de ce que je ressentais exactement. Une partie de moi voulait tout rejeter, effacer cette lourdeur oppressante. L'autre se sentait perdue, isolée au milieu du tumulte.
— Ouais. Répondis-je, mais mon ton trahissait la fragilité que je tentais de cacher.
Hermione s'approcha doucement et, sans un mot, s'appuya contre moi. Surpris par ce geste silencieux, je restai figé un instant avant de passer un bras autour de ses épaules. Elle ne posait pas de questions, n'analysait rien. Elle était juste là. Et parfois, cela valait plus que tous les mots du monde.
À côté de nous, Ron restait debout, les mains enfoncées dans ses poches. Il laissa échapper un léger soupir, observant le vide devant lui comme s'il tentait lui aussi de trouver du sens à tout cela. La tension dans ses épaules était palpable, plus lourde que ses mots.
— On sera toujours là, tu sais. Finit-il par dire, sa voix calme et sincère.
Ce n'était qu'une simple phrase, mais elle portait un poids immense. Plus qu'un serment, c'était une certitude.
Une chaleur tranquille m'envahit. On ne m'avait jamais autant fait sentir que je n'étais pas seul.
Je ne répondis pas tout de suite, préférant savourer cet instant. La chaleur d'Hermione contre moi, la présence solide de Ron à mes côtés, le silence paisible qui nous entourait. Tout semblait un peu plus supportable ainsi.
D'un geste lent, j'écrasai mon mégot contre le sol avant de souffler, presque à voix basse :
— Merci.
Et cette fois, le silence ne fut plus pesant. Ce n'était pas celui des non-dits ou de la solitude. C'était un silence qui réconforte, celui où tout a déjà été dit, sans qu'un mot supplémentaire ne soit nécessaire.
Nous étions là, ensemble. Et en cet instant, cela suffisait.
