Hello à tous !
Je vous souhaite une belle et heureuse année 2025 ! Qu'elle soit pleine de joie et de santé, c'est le principal !
Désolé pour ma publication un peu "rapide" de samedi, sans message de ma part. Et toutes mes excuses pour mon manque de publication de mercredi dernier. En effet, ayant eu une grippe bien carabinée (elle était légèrement violente) je vous avoue qu'ouvrir un ordinateur devenait compliqué durant les vacances.
Aussi, sachez qu'étant en vacances cette semaine (elle est tout le temps en vacances celle-là...) je vais essayer de publier samedi, mais rien de certain car tout dépendra du temps et du réseau disponible dans ma montagne !
Je vous laisse profiter de votre lecture !
- Bien, j'imagine que vous êtes ici pour votre père, enchaîna Dorea en posant ses mains enlacées sur le bureau, tentant de calmer les tremblements qui parcouraient son bras gauche.
Elle se retint de peu de saisir son avant-bras, là où se trouvait la marque des ténèbres, désormais presque invisible.
- Je vois que vous êtes perspicace, Maître Harrington, répondit Drago en l'observant à travers ses cils.
- Je dirais plutôt informée, Monsieur Malefoy, rétorqua Dorea d'un ton glacial.
Drago sortit sa propre baguette de la poche intérieure de sa veste élégante et fit apparaître le dossier de Lucius Malefoy.
- Nous souhaiterions que vous examiniez le cas de mon père, afin de savoir si cela vaut la peine de s'engager dans un combat juridique contre le Magenmagot, au ministère de la Magie de Londres.
Dorea s'en saisit, jetant un regard méfiant au blond qui demeurait impassible. Elle s'adossa contre le dossier de son fauteuil et ouvrit la chemise, parcourant une lettre de l'ancien avocat de Lucius Malefoy, qui n'était autre que David Hartmann, l'ancien gestionnaire de feu son père, Lord Goderic Artwood.
- Pourquoi Maître Hartmann ne défend-il pas Monsieur Malefoy pour sa libération, cette fois ? demanda la rousse en feuilletant les rapports des agents de sécurité de la prison d'Azkaban.
- Maître Hartmann affirme qu'il faudrait un avocat de talent pour faire sortir mon époux d'Azkaban, intervint Narcissa, restée silencieuse jusque-là.
Dorea leva ses prunelles vertes vers la femme pour laquelle elle avait toujours éprouvé du respect, tant pour sa loyauté envers son époux que pour son soutien discret durant sa relation passée avec Drago.
Narcissa Malefoy, à la quarantaine bien entamée, affichait toujours une beauté intemporelle et une élégance indéniable qui semblaient s'être bonifiées avec les années, à l'instar de son fils. Ses cheveux blonds, d'une brillance presque dorée, cascadaient en mèches soyeuses jusqu'à ses épaules.
Son visage demeurait un tableau de traits parfaits et raffinés : des pommettes hautes et bien dessinées, un nez fin, et une mâchoire sculptée. Ses yeux, d'un bleu clair perçant, avaient le pouvoir de transpercer tant un sourire que la froideur glaciale en un instant, révélant une sagesse aiguisée par l'expérience, et ô combien Dorea s'était soumise, à maintes reprises, lorsqu'elle était plus jeune.
Les deux femmes s'affrontèrent ainsi du regard, Dorea se remémorant ce que David avait déclaré douze ans plus tôt, lors du jugement du procès de Lucius au Ministère de la Magie.
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23 Mai 1998
Dorea faisait les cents pas, de long en large devant la salle d'audience numéro dix. De part et d'autre, Drago, Harry, ses amis et sa famille étaient installés sur les bancs, mais tous demeuraient silencieux, chacun plongé dans ses pensées.
La jeune femme sentit la nausée monter une nouvelle fois, à l'instar des deux dernières semaines qui s'étaient écoulées. Elle lança un coup d'œil en direction de Drago, qui balançait nerveusement sa jambe, produisant un bruit de talons à rythme régulier sur le sol marbré.
Ils ne s'étaient pas beaucoup adressés la parole durant ces deux dernières semaines. L'une appréhendant son futur interrogatoire qui aurait lieu après les multiples procès intentés contre les mangemorts enfermés à Azkaban, qui se déroulaient chaque jour depuis maintenant une semaine. L'autre, tout simplement apeuré par un avenir qu'il entrevoyait si ses parents finissaient leurs jours à Azkaban.
Dorea avait ainsi constaté que Drago s'était refermé sur lui-même. Mais pouvait-elle réellement lui en vouloir ? Non. Elle aurait agi de la même manière à sa place. Il aimait ses parents, et malgré la rupture qui s'était formée entre eux trois, Narcissa et Lucius Malefoy restaient ses parents, son père et sa mère. Bien évidemment qu'il souhaiterait que tout se termine de la meilleure des façons. Mais il en doutait, et elle aussi.
Brusquement, un coup de marteau résonna dans la salle d'audience, puis la porte s'ouvrit sur Maître Hartmann, suivi de Narcissa Malefoy. Elle n'était ni menottée, ni même accompagnée par des aurors. Elle était libre.
Drago se leva lentement, écarquillant les yeux sous le coup de la surprise. Puis, réalisant que sa mère, qu'il aimait tant, affichait un grand sourire rassurant, il se jeta dans ses bras.
Dorea put voir ses épaules tressaillir, tandis que des larmes de soulagement coulaient sur les joues de la femme.
Le blond se recula, et à cet instant, Lucius sortit à son tour, accompagné par deux aurors de chaque côté, les mains menottées. Devant le regard interrogatif de l'assemblée, l'avocat se tourna vers eux.
- Comme vous l'avez compris, Narcissa Malefoy est libre. En revanche, pour Monsieur Malefoy, c'est un peu plus compliqué. Ils vont l'emmener à Azkaban et sa baguette va être…
Pardessus l'épaule de l'avocat, un bruit de cassure se fit entendre. Ils dirigèrent leur regard vers l'entrée, où se trouvait le père de Drago et les aurors qui l'accompagnaient. L'un d'eux venait de briser en deux la baguette de Lucius.
- Pendant… combien de temps… ?
- Pendant combien de temps est-il emprisonné ? termina l'avocat.
Dorea hocha la tête.
- Il a pris onze ans. À la suite de cela, il pourra sortir seulement si l'agent de réinsertion et le psychomage qui vont le suivre tout au long de son enfermement donnent leur accord. Et… s'il trouve un bon avocat, ajouta-t-il à mi-voix.
- Que voulez-vous dire ? interrogea Blaise.
- Eh bien, le Magenmagot est décidé à enfermer à perpétuité tous les mangemorts notoires de cette communauté.Monsieur Malefoy ne fera pas exception à la règle. Et son épouse n'est libre que parce que vous, Monsieur Potter – David se tourna vers Harry – vous avez témoigné en sa faveur et qu'elle a assassiné Bellatrix Lestrange. De plus, elle ne porte pas la marque. Mais pour le reste… cela risque d'être compliqué.
Dorea et Harry échangèrent un bref regard, tous deux ayant la même pensée, accompagnée des mêmes craintes.
Lucius Malefoy, tenu par les deux aurors, passa devant son épouse et son fils. Narcissa enlaça le blond et l'embrassa avec passion, surprenant les témoins de cet élan d'affection entre eux. Puis, lorsque Lucius se recula, il tourna son regard vers Drago. Tous deux se dévisagèrent un instant, puis le père fut tiré par les aurors, contraint d'avancer, ne lui laissant pas le temps de faire ses adieux à sa famille.
Toutefois, il s'arrêta juste devant Dorea, qui se tenait non loin. Il se pencha vers elle puis lui chuchota pour qu'elle seule puisse entendre ses mots.
- Je sais que vous ferez tout votre possible pour rendre heureux mon fils. Mais lui, vous décevra encore et encore. Et j'en suis désolé… Lady Artwood.
Puis Lucius se recula, l'observa une dernière fois avant qu'un des deux aurors ne le traîne vers les escaliers montants.
Dorea se tourna vers Drago, qui, lui, fronçait des sourcils, face à la scène qui venait de se dérouler devant lui.
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Dorea secoua la tête, tentant de remettre de l'ordre dans ses pensées et de balayer ces souvenirs qu'elle s'était refusée à exhumer de leur petite boîte où elle les avait soigneusement rangés douze ans plus tôt.
Elle aperçut une lettre de l'agent de réinsertion et du psychomage en question, mais préféra refermer brusquement le dossier, faisant presque sursauter les deux Malefoy.
C'était trop dur, beaucoup trop dur… Il fallait absolument qu'ils quittent cet endroit. Elle ne pouvait plus le supporter.
Elle sentit sa respiration se saccader à mesure qu'elle songeait, bien malgré elle, aux derniers jours précédant sa disparition définitive de leur monde.
- Je suis désolée, mais cela ne sera pas possible, fit-elle en posant l'épaisse chemise sur le bureau, la glissant vers Drago.
- Je crois, au contraire, que cela le sera, rétorqua-t-il en renvoyant le dossier vers elle.
- Vous n'êtes pas le genre de personne à qui on dit « non ».
Il ouvrit la bouche, mais elle l'interrompit.
- Ce n'était pas une question, Monsieur Malefoy, ajouta-t-elle d'un ton doucereux.
- Vous ne me connaissez même pas. Et encore moins ma famille et mon père.
- Simple constatation.
- Une constatation qui repose sur des « on-dit », grimaça-t-il en plissant le nez.
Dorea se remémora cette première fois où elle avait vu cette grimace. C'était le jour de son quinzième anniversaire, lorsque Drago l'avait emmenée, bon gré mal gré, sur le chemin de Traverse avant qu'elle ne rentre à Poudlard.
- Pas du tout. Je sais parfaitement quel genre d'homme vous êtes, mais également qui est votre père, répondit la rousse avec calme.
- Ah oui ? dit-il en haussant un sourcil condescendant, accompagné d'un sourire goguenard. Et que savez-vous de lui ? Qu'il est cruel ? Vil ? Égocentrique ? Raciste ? Un homme obnubilé par le pouvoir ?
- Je dirais plutôt un homme rongé par le regret d'avoir laissé sa famille à la merci du Seigneur des Ténèbres, interrompit Dorea d'une voix percutante.
Le sourire en coin de Drago s'effaça aussitôt, et il écarquilla les yeux de surprise avant d'échanger un regard étonné avec sa mère.
- Vous voyez, Monsieur Malefoy, je sais bien plus sur vous que vous ne le croyez, fit Dorea en arborant un petit sourire triomphant. Mais sachez que votre père est un criminel. Et j'ai toujours refusé de défendre les criminels.
- Vous voulez simplement maintenir votre taux de réussite à cent pour cent, rétorqua Drago d'un ton glacial.
- Croyez-moi, Monsieur Malefoy, je pourrais faire sortir votre père d'Azkaban en un clin d'œil, avec en prime un revenu versé pour chaque jour qu'il y a passé. Mais je ne défendrai pas votre père.
- Pourquoi ?
- Je vous l'ai dit : je ne défends pas les criminels.
Dorea remarqua Drago inspirer puis expirer lentement, avant de coiffer ses cheveux en arrière, signe évident qu'il allait craquer sous peu. Cependant, contrairement à ce qu'elle avait connu de lui, il ne s'effondra pas. Au contraire, il la fixa d'un regard d'acier, la transperçant d'une intensité certaine.
- Je comprends, et je vous remercie de m'avoir reçu, Maître Harrington.
Le ton était glacial, mais maîtrisé. Il se leva alors de sa chaise, imité par sa mère, et lui tendit la main, que Dorea serra en se hissant de son assise.
- Monsieur Malefoy, Madame Malefoy, salua-t-elle.
Drago lâcha sa main, et ne sachant pas s'il l'avait fait intentionnellement ou non, il laissa traîner ses doigts, caressant les siens si brièvement qu'elle crut avoir rêvé.
Puis, ils firent volte-face et sortirent de la pièce. À peine la porte se fut-elle refermée que Dorea jeta un sort de désillusion sur celle-ci, saisit la poubelle juste à ses pieds et se mit à vomir dedans.
Elle sentit des larmes couler sur ses joues, réalisant seulement lorsqu'elle se redressa qu'elle pleurait réellement. Jetant un autre sort d'impassibilité ainsi qu'un troisième pour bloquer la porte afin qu'on ne la dérangeât pas, elle s'écroula sur son bureau, gémissant et pleurant à chaude larmes.
Douze ans. Douze ans qu'elle avait tant désiré le revoir. Et cela s'était finalement réalisé. Cependant, elle n'avait pas anticipé la douleur et la frustration de voir que la malédiction qu'elle avait lancé ce triste jour de juillet mille-neuf-cent-quatre-vingt-dix-huit avait réellement fonctionné. Il ne restait plus aucune trace de son passage dans la vie de l'homme, de l'unique homme qu'elle avait réellement aimé : le père de ses enfants.
Et pourtant, à présent qu'elle s'était retrouvée face à lui, l'envie d'en savoir plus sur sa vie renaissait en elle.
Non, elle ne devait surtout pas suivre ce chemin. Elle avait réussi, pendant douze années, à ne pas céder à ce désir irrépressible de retrouver sa famille, ses amis, Drago, Harry… Ce n'était pas maintenant, après une seule rencontre qui ne se reproduirait certainement pas, qu'elle fallait flancher.
Et puis à quoi cela servirait-il ? Tout ce qu'elle avait fait pour protéger ses enfants, et donc s'effacer de leur mémoire, était irréversible.
Elle se redressa, sentant quelque chose d'informe la gêner sous ses bras. C'est alors qu'elle se rendit compte que Drago avait sciemment laissé le dossier de son père.
Bien évidemment, tout Serpentard qui se respectait aurait su que voir un Malefoy baisser les armes aussi facilement était plutôt suspect.
Comment avait-elle pu se laisser avoir ? Elle ferma les yeux de dépit et secoua la tête, songeant finalement qu'il n'avait pas tant changé que cela.
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Drago et Narcissa pénétrèrent dans l'ascenseur, et alors que les portes étaient sur le point de se refermer, une main les retint, avant que les portes ne se rouvrent.
Drago ouvrit grand les yeux de stupeur en voyant qu'un jeune garçon, d'environ une dizaine d'années, lui ressemblait trait pour trait à son âge.
- Théia, dépêche-toi, si maman nous voit là, elle va nous massacrer !
- Oui, oui, j'arrive ! s'exclama une voix de jeune fille.
C'est alors que Drago mit un visage sur la voix. Une jeune fille, du nom de Théia, apparemment, apparut à l'angle du couloir, courant rejoindre le garçon blond. C'était l'exact portrait de la femme qu'il venait de quitter, bien évidemment plus jeune et plus joufflue. Elle semblait avoir encore ses rondeurs d'enfant.
- Ses enfants, murmura sa mère.
Les deux jeunes gens entrèrent dans l'ascenseur, s'excusant poliment auprès des Malefoy.
Drago observa avec tendresse sa propre mère sourire, tandis que le garçon et la fille se chuchotaient des secrets, riant sous cape, comme s'ils préparaient un mauvais coup. Puis, le garçon se tourna vers eux, les regardant d'un œil orageux. Drago fut aussitôt frappé par la couleur particulière de ses prunelles. Il avait toujours cru que seuls son père et lui détenaient cette nuance qu'il n'avait jamais rencontrée ailleurs.
- C'était vous le rendez-vous de huit heures quinze.
- Effectivement, jeune homme, répondit Narcissa. Vous êtes ?
- Oh, excusez-moi. Scorpius Harrington, et c'est ma sœur jumelle, Théia, présenta-t-il en désignant la rousse à ses côtés, qui fixait les Malefoy avec ses propres yeux métalliques.
- Enchantée, sourit cette dernière.
- Charmante, souffla Narcissa.
Puis l'ascenseur termina sa descente, le « ding » sonore leur indiquant qu'ils étaient arrivés au rez-de-chaussée.
- Je vous souhaite une bonne journée, salua Scorpius.
Puis sa sœur et lui coururent dans le hall, riant et jouant avant de s'enfoncer dans un autre couloir.
Drago, resté immobile tout ce temps, ne vit pas sa mère s'éloigner vers le centre de l'accueil, avant de réaliser que son fils ne la suivait pas.
- Drago, tu viens ?
L'homme secoua la tête, tâchant de reprendre ses esprits, puis sortit de l'ascenseur pour rejoindre sa mère.
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Harry posa son café sur le dernier numéro du « Forbes Magic », où une femme aux cheveux roux, étrangement semblable à ce qu'avait été sa mère, Lily Potter, posait de manière élégante.
Il l'avait plus acheté par curiosité que pour lire vraiment l'interview de cette grande avocate qui ne cessait de faire parler d'elle.
- Salut Harry ! fit Hermione en apparaissant à l'entrée de son bureau.
L'homme de trente ans leva les yeux vers sa meilleure amie et lui sourit, devinant qu'elle était venue le chercher pour la pause déjeuner. Il avait une faim de loup et était plongé dans ses recherches sur les multiples disparitions mystérieuses de ces derniers mois, depuis son arrivée au travail tôt le matin.
- Salut Mione, répondit-il en rangeant rapidement les dossiers éparpillés sur son bureau.
- Du nouveau sur l'affaire des disparitions ? demanda la directrice du département de la justice magique.
- Non, pour l'instant, et heureusement, il n'y a plus eu de disparitions depuis près de deux semaines. Mais franchement, je reste sceptique. Plus j'avance dans l'enquête, plus je me dis qu'il est impossible qu'un sorcier soit impliqué. Il faudrait peut-être se rapprocher des autorités moldus. Après tout, aucun membre de notre communauté n'a disparu.
- Oui, mais nous avons trouvé plusieurs indices sur le criminel en question, contra Hermione. Par exemple, le jeu d'échec version sorcier.
- C'était la seule preuve véritablement « valable » trouvée dans ce café. Peut-être que quelqu'un de chez nous y est passé et l'a laissé là.
- Mmmh… je vois, répondit Hermione pensive. Il faudrait alors retrouver cette personne pour l'interroger.
- C'est justement sur cette piste que nous nous en sommes penchés avec l'équipe. Mais avec la préparation de la coupe de Quidditch dans quelques mois…
Hermione, qui contemplait le bureau désordonné de Harry avec des lèvres pincées, signifiant son air désapprobateur, mais tâchant de ne rien dire, porta alors son regard noisette sur le dernier numéro de « Forbes Magic ».
Elle en saisit la couverture, déplaçant la tasse de café qui se trouvait dessus, et admira la jeune femme qui y figurait.
- Qu'est-ce qu'elle est belle ! souffla Hermione.
- Oh, je l'ai juste achetée parce qu'elle me rappelait…
- Ta mère, termina l'ancienne Gryffondor. C'est vrai qu'elle lui ressemble… - Elle leva les yeux vers Harry, écarquillant les paupières. – Elle te ressemble aussi… D'ailleurs, elle te ressemble vraiment.
- Tu veux dire que je suis beau aussi, sourit Harry, se référant à son commentaire sur la femme.
Hermione pouffa de rire puis reporta son attention sur la couverture du magazine.
- C'est la grande avocate dont tout le monde parle, non ?
- Je crois, oui. Kate Harrington.
- Oui, je crois avoir croisé ce nom quelque part. Attends voir…
Elle fronça les sourcils sous le coup de la réflexion.
- C'est ça ! s'exclama-t-elle en claquant des doigts, faisant sursauter Harry. Sur le dernier rapport que j'ai reçu de l'agent de réinsertion de Lucius Malefoy.
- Ah oui ?
- Drago Malefoy est allé la voir pour l'engager comme avocate pour la libération de son père.
- Et elle a accepté ? s'étonna Harry en haussant les sourcils.
- Non, apparemment pas.
- J'imagine que Malefoy est reparti la queue entre les jambes, se moqua le brun.
- Harry ! protesta Hermione.
- Ça va, ça va, je n'ai rien dit ! fit-il en levant les mains en geste de reddition.
- De toute manière, je ne suis pas sûre qu'elle puisse faire grand-chose à ce stade. La première phase commence la semaine prochaine. Et le Magenmagot est bien décidé à l'enfermer à perpétuité.
- Sur quel motif ?
- Va savoir, ils trouveront bien quelque chose, soupira la brune en haussant les épaules. Bon, on va manger ?
- Je te suis ! répondit Harry.
Hermione quitta le bureau, et Harry jeta un dernier regard à la couverture du magazine avant de la suivre.
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Daphné Zabini grimaça sous la douleur d'une légère contraction de fin de grossesse. Elle se réinstalla sur le lit, attirant l'attention de son époux, Blaise.
- Tout va bien ? s'enquit-il.
- Si ta question est : est-ce que je suis sur le point de sortir ce bébé de la taille d'une pastèque dans les heures qui viennent, alors non ! Non, tout ne va pas bien !
- C'est chaque fois la même chose, soupira son mari en reportant son attention sur le livre qu'il était en train de lire.
- Je… je suis désolée, Blaise. C'est que… - elle laissa échapper un soupir, s'éventant, ayant la sensation d'un coup de chaud – c'est que j'aimerais réellement en finir. Promets-moi que ce sera la dernière fois ?!
Blaise tourna la tête vers sa femme, visiblement surpris.
- Je croyais que tu voulais absolument une fille ?
- Eh bien non ! Il faut croire que tes spermatozoïdes sont aussi misogynes que ceux du père Weasley ! s'énerva la blonde.
- Ils ont eu une fille, je te rappelle.
- Et ils ont attendu d'avoir six garçons avant que Merlin leur fasse grâce d'une fille. Je ne patienterai pas jusque-là !
- Alors que proposes-tu ? L'abstinence ?!
- Non merci ! grimaça Daphné. J'aimerais éviter au possible que tu empruntes le même chemin que Drago.
- Tu sais parfaitement que je ne te traiterais jamais comme Drago traite Astoria. Je t'aime trop pour cela.
Daphné fixa l'homme qu'elle avait épousé dix ans plus tôt. C'était bientôt leur anniversaire de mariage, et elle ne pouvait que se réjouir en contemplant la vie que lui avait offerte l'unique homme dont elle était tombée amoureuse.
- En parlant de cela, je suis allée rendre visite à ma mère aujourd'hui. Elle n'avait pas vu les enfants depuis un moment, expliqua-t-elle sous le regard interrogateur de Blaise. Et Astoria était là. Elle pleurait encore une fois. La pauvre...
- Ça ne te ressemble pas d'avoir de la compassion pour ta sœur ? observa Blaise.
- Non, mais je t'avoue qu'elle m'a fait de la peine. À chacune de mes grossesses... c'est vraiment difficile pour elle, surtout avec Drago qui ne cesse ses escapades libertines de l'autre côté...
- Tu l'avais prévenue quand ils se sont mariés.
- Tu ne crois pas qu'ils devraient divorcer, maintenant ? Ça devient réellement ridicule, non ?
- J'ai essayé d'en savoir plus auprès de Drago, mais il n'a rien voulu céder. De plus, il a une nouvelle proie dans le viseur, donc si tu veux mon avis, nous sommes repartis pour un tour. Espérons que cette fois, il ait la décence de faire cela de manière plus... discrète. Si l'on pouvait éviter une autre crise de nerfs de la part de ta sœur, cela m'arrangerait.
- Je suis d'accord… la dernière fois, c'était une vraie loque.
Daphné se plongea dans ses pensées un instant.
- Qui ?
- Qui de quoi ?
- La nouvelle proie de Drago ? Ne me dis pas qu'il va encore dénicher une idiote qui ne saurait même pas épeler son nom ?
- Oh, non ! s'écria Blaise en poursuivant sa lecture. Crois-moi, c'est un tout autre genre de femme.
- Quel genre ? s'intéressa Daphné.
- Le genre… inaccessible. Le genre à le renvoyer de son bureau, la queue entre les jambes.
- Mais qui est-ce ? interrogea Daphné en se montrant de plus en plus intriguée.
- Tu connais Kate Harrington ?
- Euh... ce nom me dit quelque chose...
- L'avocate en droit pénal magique, très en vue en ce moment.
Daphné, comprenant où son mari voulait en venir, ouvrit la bouche de stupeur.
- Non... ne me dis pas que...
- Si, lui confirma Blaise d'un hochement de tête.
- Et il est allé la voir pour…
Blaise hocha de nouveau la tête, confirmant la question rhétorique de sa femme.
- Et elle a refusé, comme tous les autres, j'imagine ? déduisit la blonde.
Blaise acquiesça une fois de plus.
- Alors là… Quand cela s'est-il produit ?
- Pas plus tard que la semaine dernière. Depuis, il est d'une humeur massacrante.
- Pourquoi d'une humeur massacrante ? Parce qu'il n'a pas pu botter en touche ? Ou bien parce qu'elle a refusé de défendre Lucius ?
- Un peu des deux, je pense.
- Je n'arrive pas à le croire...
- En plus, c'est tout à fait son genre de femme.
- Ah oui ?
- Regarde le dernier numéro du magazine « Forbes Magic ».
- Je le lirai. Dommage pour Narcissa quand même. Ça aurait été bien qu'ils puissent trouver quelqu'un avant l'audience préliminaire de Lucius, vendredi.
- En parlant de cela, tu comptes vraiment venir à cette audience ?
- Bien sûr ! assura Daphné. J'ai déjà prévenu ma mère pour qu'elle puisse garder les enfants ce jour-là. Elle aurait voulu être présente pour soutenir Narcissa. Mais Astoria a dit que c'était inutile.
- Tu crois vraiment qu'ils sont capables de le condamner à perpétuité ? Sans respecter ses droits ?
- Je crois franchement que les anciens Mangemorts n'ont plus de droits du tout. Pas même pour se défendre, soupira Daphné avec dépit.
Blaise affichait une mine attristée, pensant à son meilleur ami et beau-frère.
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Dorea attrapa la pince de cuisine sur le rebord du comptoir et se retourna pour prendre les toasts tout juste sortis du grille-pain.
Le tout nouveau tube des Bizarr'Sisters s'élevait de la radio placée près du frigo, tandis que Scorpius et Théia mangeaient calmement leurs céréales, leur esprit encore embrumé par le sommeil.
La jeune femme ne cessait, depuis la semaine passée, de réfléchir à sa rencontre inopinée avec Drago et Narcissa Malefoy. Elle tournait et retournait chaque mot prononcé, chaque geste exprimé par le blond. Elle ne pouvait s'empêcher de remarquer à quel point il était réellement devenu séduisant. Pas qu'il ne l'avait jamais été, mais ce trait physique s'était exacerbé avec le temps. C'en était presque douloureux de voir à quel point il avait excellé sans elle.
À la suite de cette rencontre, une multitude de questions avait émergé : Était-il toujours marié à Astoria ? Avaient-ils eu plusieurs enfants ? Leur aîné avait l'âge de Scorpius et Théia, elle en conclut donc qu'il était sur le point de rentrée en premier cycle à Poudlard en Septembre prochain, à l'instar de Scorpius et Théia à l'Institut de Dubaï poursuivant leur apprentissage pratique.
Elle s'interrogeait également sur la vie de l'homme en lui-même. Pour ce qu'elle savait, Drago, Théo et Blaise avaient créé une entreprise de balais de course ultra-performants.
Toutes ces questions sur le blond avaient donc fait surgir d'autres interrogations. Sur Harry, Blaise, Daphné, ou même Théo. Ron et Hermione, aussi. En somme, elle n'avait cessé, ces derniers jours, de ressasser ce passé qu'elle avait tant cherché à ignorer tout au long de ces années.
La chanson s'interrompit, et la voix de l'animateur radio retentit dans la cuisine. Au moment où Dorea entendit le nom de Lucius Malefoy, elle tourna le bouton à droite pour augmenter le volume.
« Alors, quoi de nouveau sur l'affaire de Lucius Malefoy, George ? »
« Eh bien, je me trouve actuellement au ministère de la Magie de Londres. Et comme vous le devinez, l'audience de demain attire beaucoup de journalistes. »
« Il se dit que les Malefoy n'ont pas trouvé d'avocat pour défendre Lucius. Est-ce vrai, George ? »
« Effectivement. Alors, ce n'est qu'une rumeur pour le moment. Mais oui, apparemment, Lucius Malefoy n'a pas trouvé d'avocat pour le défendre. C'est pour cette raison que le Magenmagot, d'après les informations que j'ai obtenues, souhaite le voir plaider coupable afin d'alourdir sa peine. »
« J'imagine qu'ils ont trouvé de nouveaux éléments pour alourdir sa culpabilité ? »
« Rien de ce côté-là. Mais il ne faut pas oublier que le Magenmagot subit beaucoup de pression de la part de la communauté. Beaucoup pensent que douze ans de réclusion ne sont pas suffisants pour Malefoy, au vu de ses activités de Mangemort et de sa proximité avec Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. »
Dorea éteignit la radio d'un geste brusque, la colère montant en elle.
Bien qu'elle abhorrât Lucius Malefoy, ses droits, en tant qu'homme à part entière, n'étaient pas respectés. Tout cela parce que Voldemort avait logé sous son toit pendant des mois.
Personne ne savait, personne n'imaginait réellement ce qui s'était réellement passé au manoir Malefoy. Lucius et Narcissa n'avaient pas eu le choix. Et bien que les décisions que Lucius avait prises par le passé fussent plus qu'odieuses, elle savait que les remords l'avaient rongé depuis le jour où Voldemort avait posé le pied dans ce manoir.
Il avait perdu le respect de ses congénères, humilié chez lui, épouvanté à l'idée, chaque matin, d'être le festin de Nagini. Les membres du Magenmagot n'auraient pas agi différemment s'il avait s'agit d'eux ou de leur famille. C'était trop facile.
Il n'avait participé qu'à ces missions de « reconnaissance » une ou deux fois, tout au plus, et elle savait qu'il n'y avait pris aucun plaisir à torturer tous ces gens.
Elle avait torturé, elle avait même tué, et elle avait eu droit à une seconde chance. C'était injuste, tout bonnement injuste.
La jeune femme lâcha un petit cri de rage et ses enfants relevèrent la tête, soudain surpris.
- Maman, tu vas bien ? s'enquit Théia.
- Terminez votre petit-déjeuner. Il faut absolument que je parte pour le bureau dans dix minutes, fitelle précipitamment en se dirigeant vers l'étage pour rejoindre sa chambre.
Théia et Scorpius échangèrent un regard dubitatif, ne comprenant pas le soudain changement de comportement de leur mère.
