Hello ! Comment allez-vous tous ? Désolé pour cette petite absence de publication, mais j'ai été, une fois de plus en ce début d'année 2025, malade. Du coup, clouée au lit dans l'impossibilité de faire quoi que ce soit !

Bref, trêve de mes petits malheur. Voici enfin le chapitre 4, tant attendu. Ce dernier a été inspiré de la musique "Le Trésor" du Comte de Monte-Cristo (super film au passage, si vous ne l'avez toujours pas vu).

Enjoy :)


Dorea observa l'heure sur sa montre et soupira une énième fois. Derrière elle, la vue panoramique de Dubaï s'assombrissait à mesure que les heures avançaient.

Elle travaillait depuis le matin même sur le dossier de Lucius Malefoy, sans prendre, pour ainsi dire, de pause déjeuner, ni de pause tout court.

Les procédures n'étaient pas respectées ; à chaque page tournée, une erreur émergeait, irritant Dorea au plus haut point. Il était évident que le Magenmagot faisait tout pour que Lucius termine ses jours à Azkaban. Ce n'était plus un procès qui l'attendait, mais plutôt une mise à mort. Même Marie-Antoinette avait eu droit à un procès équitable.

Son téléphone sonna à cet instant, alors qu'elle notait les témoins qui pourraient être interrogés dans l'affaire.

Voyant qu'il s'agissait de Scorpius, elle saisit son smartphone et décrocha.

- Oui, mon chat ?

- Salut, juste pour savoir si tu vas rentrer tard ?

- Je pense avoir bientôt fini. Je serai là avant que vous ne vous couchiez. Ça s'est bien passé avec Magda ?

- Elle nous a fait des crêpes pour le dessert.

- Super. J'espère qu'il m'en reste ?

- Bien évidemment que non, m'an ! soupira Scorpius. Tu connais Théia.

- Oui, j'imagine qu'elle a pris triple ration, sourit tendrement la rousse.

- On t'attend alors ?

- Oui, je suis à la maison dans une demi-heure.

- Ok, à toute !

- À toute, mon chat.

Dorea, le sourire songeur, posa son téléphone et reporta son attention sur le dossier, se mordillant la lèvre avec concentration.

Elle avait travaillé dessus toute la journée, mais savait pertinemment qu'il lui était impossible de débarquer en Angleterre pour défendre Lucius Malefoy.

Dans un soupir contrit, elle referma le dossier, puis hésita un instant.

Elle reprit son téléphone et composa rapidement un numéro. Deux sonneries retentirent avant qu'on décroche.

- Je savais que tu ne résisterais pas longtemps, fit la voix sensuelle d'Andrew à l'autre bout du fil. Je peux prendre le dernier portoloin pour Dubaï si tu le souhaites ?

- Andrew, je ne t'appelle pas pour ça.

- Ok, dis-moi ce qu'il se passe, répondit-il en adoptant un ton professionnel.

- Tu t'es tenu au courant des dernières infos au Royaume-Uni concernant l'affaire de Lucius Malefoy ?

- Oui. Aucun avocat ne veut le défendre.

- J'ai… j'ai son dossier sous les yeux.

- Comment est-ce possible ? demanda son associé, intrigué.

- Le rendez-vous à Dublin de samedi matin, c'était son fils et son épouse qui sont venus me demander de le défendre. Le fils s'est inscrit sous un autre nom ; sinon, j'aurais refusé de le rencontrer, précisa Dorea.

- J'imagine, oui. Comme tous les autres avocats, commenta Andrew.

Dorea ferma les yeux de dépit, pensant qu'Andrew n'imaginait certainement pas les raisons qui l'auraient poussé à refuser de rencontrer Drago Malefoy si elle avait su l'identité de son visiteur.

- Putain, il ne manque pas de culot, celui-là, ajouta son associé, soudainement énervé. Si tu veux mon avis, ils ont fait cela car ils sont complètement désespérés. Tu as accepté l'affaire ? questionna-t-il, intrigué.

- Non, je ne l'ai pas acceptée. Mais M. Malefoy fils m'a laissé le dossier de son père.

- Et tu n'as pas pu t'empêcher de bosser dessus, devina Andrew. Tu m'appelles pour que je me présente au tribunal demain à ta place ?

- C'est ça, grimaça Dorea.

- Kate, tu devrais y aller toi.

- Non, je…

- Laisse-moi finir. C'est l'affaire de la décennie. Tout le monde en parle. Si tu réussis à faire libérer Lucius Malefoy, ce sera un tremplin médiatique pour l'entreprise. Et tu sais ô combien nous avons besoin d'annonceurs pour ouvrir un nouveau bureau à Londres.

- Andrew, je t'ai déjà dit que les bureaux londoniens n'étaient pas envisageables.

- Pourquoi ?! s'impatienta l'associé.

- Parce que… - elle serra les dents- … j'ai mes raisons, voilà tout, s'énerva Dorea.

- Kate, je ne sais pas pourquoi, mais chaque fois que l'on évoque ce projet, tu le rejettes. Je pensais que c'était un problème de ressources jusque-là, mais apparemment non.

- Non, ce n'est pas un problème de ressources.

- Alors quel est le problème ?

- Je te l'ai dit : j'ai mes raisons, répéta-t-elle.

Elle entendit Andrew soupirer d'exaspération.

- Tu as peut-être des raisons personnelles tout à fait justifiables, et cela ne me regarde pas. Mais pense à ton entreprise, au cabinet. C'est réellement le bazar là-bas, depuis la fin de la guerre. On pourrait réformer tout cela et réellement défendre des cas de crimes de guerre.

- C'est ce que nous faisons déjà, Andrew. Nous défendons les victimes de crimes graves à travers le monde.

- Entre défendre un sorcier victime d'abus de magie et une victime de Tu-Sais-Qui, il y a tout un monde.

- Lucius Malefoy était Mangemort, pas une victime, contesta la rousse… enfin je veux dire qu'il n'a pas réellement commis de crimes, se reprit-elle. Mais…

- Mais quoi ? s'agaça Andrew. Tu dis souvent que tout n'est pas tout noir ou tout blanc dans la vie. Je suis certain que le cas de Lucius Malefoy ne fait pas exception. Sinon, sa mère et son fils, qui ont mis autant de temps à se racheter auprès de la communauté, ne chercheraient même pas à le sortir de là. Et sinon, il n'aurait jamais purgé que douze ans, mais perpétuité, comme tous les Mangemorts reconnus de cette communauté.

- Je… je ne peux pas, murmura Dorea.

- Tu ne peux pas, ou tu ne veux pas ?

- Andrew…

- Tu es la seule qui peut faire quelque chose, la coupa-t-il d'un ton déterminé.

- Mais… c'est demain matin.

- Tu as peut-être encore le temps de trouver un portoloin. Sinon, prends un avion. Si tu pars tout de suite, tu y seras à temps. Veux-tu que j'essaie de te trouver un portoloin pour Londres ?

- Euh... je…

Dorea réfléchit un instant, ses pensées se brouillant dans son esprit. Mais les mots sortirent de sa bouche sans qu'elle ait eu le temps de trouver d'autres objections.

- Ok… ok, je vais le faire.

- Super. Rentre chez toi, fais tes valises et je te tiens au courant.

- Bien. Merci, Andrew.

- À charge de revanche.

Dorea sourit, puis raccrocha. Elle prit alors ses affaires éparpillées sur son bureau et les rangea précipitamment dans son sac pour presque courir vers les ascenseurs.

0o0

La jeune femme entra dans la maison, légèrement essoufflée. Elle entendit ses enfants jouer dans la salle à manger. Elle balança presque son sac sur le sofa en passant, traversa la cuisine, et déboucha dans la pièce où une longue table en verre s'étendait jusqu'à la baie vitrée donnant sur le jardin et la piscine.

- Salut, m'an ! s'exclama Théia en levant les yeux du plateau d'echec.

- Magda n'est pas là ? demanda la mère en s'approchant d'eux.

- Elle est en haut, en train de plier le linge, lui indiqua Scorpius.

Théia fronça les sourcils en s'apercevant de l'état agité de sa mère.

- Maman, est-ce que tout va bien ? s'enquit-elle.

Dorea lâcha une expiration contrite et observa un à un ses enfants, avant de saisir une chaise au bout de la table et de s'y installer.

- Les enfants, commença-t-elle avec sérieux. Je…

- Oh, ce n'est pas vrai, tu pars en voyage, râla Scorpius.

- Scorp'…

- Il a fait quoi cette fois, ton client, pour que tu partes ainsi ? cracha le blond, imitant parfaitement son père.

- Maman, tu nous avais promis d'arrêter de plaider ! protesta Théia à son tour. Tu avais promis d'être plus présente.

La jeune femme obstrua ses prunelles.

Elle se doutait qu'ils allaient réagir ainsi. Voilà la réelle raison pour laquelle elle avait arrêté de plaider depuis un an.

Mais cette fois, c'était pour eux qu'elle agissait. Et même s'ils ne connaîtraient jamais véritablement leurs origines, elle se devait de les protéger. Alors oui, elle partait dans ce but, mais également parce qu'une personne, quelle qu'elle soit, avait le droit à la défense et à un procès équitable. Lucius Malefoy avait le droit d'être défendu et d'avoir un procès juste. Ne serait-ce que pour que Narcissa puisse retrouver l'homme qu'elle avait tant aimé. Ne serait-ce que pour que Drago, ou même ses enfants, puissent connaître leur grand-père.

Elle savait combien il était douloureux de ne pas avoir de famille. Elle le voyait chaque jour dans les yeux de ses propres enfants. Et bien qu'elle en fût la principale cause, elle ne pouvait infliger aux autres ce qu'elle-même s'était infligé durant toutes ces années.

Alors oui, elle partait, mais elle se promit d'être très vite de retour. Après tout, il était probable qu'elle ne rencontre pas grand monde. Et aussitôt libéré, elle ressortirait de leur monde. Sans compter qu'au vu du comportement de Drago la dernière fois, il n'y avait aucune chance pour que quelqu'un, là-bas, ne la reconnaisse.

Ce serait très vite réglé. Et c'est ainsi qu'elle s'exprima à ses enfants.

- Les enfants, je serai très vite de retour. Je vous le promets.

Scorpius et Théia l'ignorèrent, ce qui attrista Dorea.

- C'est important, ajouta-t-elle dans un demi-murmure.

Scorpius se leva brusquement, puis sortit de la salle à manger d'un pas rageur. Elle l'entendit monter les escaliers, puis la porte de sa chambre claqua si durement que Dorea sursauta. Théia, quant à elle, commença à ranger les pièces du plateau d'échec, comme si elle n'existait pas.

Dorea se leva à son tour et s'approcha de sa fille avant de l'embrasser sur le sommet de ses longs cheveux roux.

- Je vous aime, souffla-t-elle.

La jeune fille ne lui répondit pas et la mère sut qu'il n'était pas nécessaire d'ajouter quoi que ce soit. Elle devait partir et régler cela à son retour. Peut-être nommer Andrew à la tête des opérations ?

En pensant à son amant, le téléphone sonna et alors qu'elle se dirigeait vers sa chambre, elle décrocha.

- Oui, Andrew ?

- Bon, il n'y a plus de portoloin pour Londres. Tous ont été annulés pour ce weekend, et ce, jusqu'à lundi. Sans doute une mesure de sécurité avec la potentielle mise en liberté de Lucius Malefoy.

- Oui, il pourrait y avoir un fou furieux qui pourrait faire un attentat juste par vengeance, au ministère, déduisit Dorea.

- Le dernier est parti il y a une heure, et je n'ai pas trouvé de vol avant cinq heures du matin.

- Cinq heures du matin ?! Mais enfin Andrew, l'audience est à onze heures demain matin. Et il faut presque huit heures de vol. Sachant que nous avons trois heures de décalage horaire et qu'il faut une éternité pour sortir d'un aéroport moldu et rejoindre le centre-ville, je n'y serai jamais à temps !

- Tu pourrais transplaner ?

- Andrew ! Il faut un permis de transplanage pour le faire en Angleterre. Ce que je n'ai pas.

- Une heure pour rejoindre le centre de Londres, c'est largement suffisant, lui soutint son associé.

- Oh, Andrew ! s'agaça la rousse.

- J'adore quand tu es en colère contre moi…

- Andrew, ce n'est pas le moment ! s'exclama rageusement Dorea.

La jeune femme réfléchit un instant, puis une idée lui vint :

- Envoie tout de suite un hibou express au Magenmagot pour demander que l'audience se fasse à huis clos. Avec un peu de chance, ils recevront la notification avant le début de l'audience et seront obligés de m'attendre pour commencer.

- Ok, je fais ça !

- Bien, je te laisse. Je vais me préparer.

Dorea raccrocha rapidement et commença à rassembler ses affaires. Puis elle donna des recommandations à la nourrice de ses enfants, Magda. C'était une vieille dame, charmante, qu'elle avait employée il y a des années, lors de son arrivée à Dubaï. Elle était cracmole, mais connaissait parfaitement leur monde, élevant Scorpius et Théia dans les traditions sorcières que Dorea tenait absolument à leur inculquer. Et les enfants l'adoraient.

La jeune femme pensa que sans elle, cela ferait longtemps qu'elle aurait sombré. C'était sa béquille, la soutenant et maintenant sa famille à flot.

La soirée passa rapidement, alors qu'elle remettait de l'ordre dans la maison avec Magda, tâchant d'anticiper tout imprévu logistique pouvant survenir lors de son absence.

Lorsque, enfin, elle s'autorisa une pause et consulta l'heure, constatant qu'il était près d'une heure du matin, elle réalisa qu'il était temps pour elle de partir. Devant passer la sécurité, le contrôle d'identité et parcourir l'immense aérogare qu'était Dubaï, elle préféra prendre de l'avance.

Elle pénétra d'un pas léger dans la chambre de Théia et vit que Scorpius s'était endormi à ses côtés, alors qu'ils regardaient un dessin animé sur l'ordinateur portable de ce dernier.

Dorea rangea l'appareil et couvrit ses enfants avant de les embrasser un à un. En les observant un instant, elle prit conscience de la chance qu'elle avait de les avoir et espérait que leur dispute n'aurait plus d'importance à son retour.

0o0

Drago marchait derrière sa mère, les flashs l'aveuglant instantanément. Il sentit Astoria s'accrocher à lui alors qu'elle baissait la tête, tentant d'éviter les questions inopinées des journalistes.

Heureusement pour eux, ils virent la salle d'audience se dessiner au loin dans le couloir.

Il n'y avait pas mis les pieds depuis douze ans maintenant, cette période lui semblant floue chaque fois qu'il y pensait.

Pourtant, lorsqu'il y pénétra, il remarqua à quel point la pièce avait changé. Elle était devenue plus semblable à une réelle salle de tribunal comme on en voyait dans ces films moldus. Les hauts gradins circulaires étaient restés, mais cette chaise au centre où, il se souvenait, des chaînes tremblaient chaque fois que l'accusé en question avait le malheur de s'y asseoir, avait bien disparue, laissant la place à plusieurs rangés de bancs s'entendant de part et d'autre de la salle, derrière une table où avocats, victimes et accusés s'installaient généralement.

Lorsqu'il passa la porte, il vit Hermione Granger s'approcher d'eux, alors que plusieurs sorciers et sorcières prenaient place sur les bancs.

- Mrs Malefoy, salua-t-elle à l'adresse de sa mère.

- Mrs Granger-Weasley, répondit Narcissa avec une politesse feinte.

- Votre époux est en route. Il ne devrait pas tarder. Je vous laisse vous installer sur le banc juste derrière la table, sur la gauche.

- Je vous remercie.

Hermione fit un signe de tête, puis Drago passa devant elle, la saluant à son tour d'un ton placide.

- Granger.

- Malefoy, fit-elle sur le même ton.

Drago suivit sa mère, sentant le regard des personnes présentes s'appesantir sur leur passage. Il repéra quelques anciens camarades avec qui il était toujours en contact, comme Pansy Parkinson, Aidan Vaisey ou Colin Warrington. Puis d'autres qui étaient simplement là, poussés par une curiosité mal placée, à l'instar de Rita Skeeter.

Toutefois, à sa plus grande surprise, il remarqua également la présence de Ginny et Ronald Weasley, Luna Lovegood, et même Neville Londubat.

Lorsqu'ils arrivèrent à leur place, Drago ressentit un soulagement en voyant également la présence de sa famille. Il embrassa sa belle-sœur — qui, somme toute, était proche d'exploser à la vue de son ventre arrondi — puis tapa d'un geste amical l'épaule de Blaise, ainsi que celle de Théo.

Il prit enfin place, la main d'Astoria se posant possessivement sur sa cuisse. Poussé par la tendresse qu'il éprouvait pour elle en cet instant, il saisit sa main, la remerciant intérieurement de le soutenir dans cette épreuve.

0o0

Dorea avait enfin quitté cette aérogare de malheur et appuya sur l'accélérateur de son bolide, qui avait retrouvé une taille normale après huit heures de vol. Elle avait réellement cru que le système de sécurité à Dubaï allait s'alarmer au passage de son sac à main, mais fort heureusement, elle avait rusé de ses pouvoirs.

Elle fonça sur la M4 afin de se rapprocher au plus vite du centre de Londres et pouvoir être à temps pour l'audience préliminaire de Lucius Malefoy.

Après avoir gagné près de dix minutes sur son itinéraire, elle ralentit en entrant dans le quartier de Brentford. Puis continua de rouler sur Chiswick Road, le long de la Tamise. Elle passa Hammersmith, le quartier d'Earl's Court se dessinant devant elle.

Soudain, elle fut envahie par une vive émotion en voyant le centre de Londres se découper à l'horizon.

Douze ans qu'elle n'avait pas mis les pieds dans cette ville. Elle l'avait évitée par tous les moyens. Et pourtant, cette sensation d'être enfin de retour chez elle, dans cette ville qu'elle avait tant aimée, croissait en elle. Elle réalisa alors que l'architecture victorienne, cet esprit particulier régnant à Londres, les affres de l'Histoire se faisant ressentir à chaque coin de rue, les parcs verdoyants, la brume et le ciel gris matinal, sans oublier ces moldus vêtus d'une mode décalée propre à la culture cosmopolite de Londres, lui avaient tant manqué.

Elle arriva enfin sur Piccadilly et accéléra légèrement pour rejoindre Whitehall. Elle jeta un coup d'œil à l'horloge de sa voiture : onze heures moins cinq. Elle y était. Elle serait un peu en retard, mais de peu. Elle était enfin là.

Une boule se forma dans son ventre, la tension de devoir de nouveau faire face à son passé ne l'ayant plus quittée depuis qu'elle s'était installée dans l'avion huit heures plus tôt.

Elle jeta un coup d'œil dans le rétroviseur, vérifiant rapidement si elle n'avait pas trop l'air échevelée après la nuit blanche qu'elle avait passée. Elle recoiffa ses cheveux et essuya le mascara qui avait un peu coulé sous ses yeux, puis reporta son attention sur la route.

0o0

Drago, installé entre sa mère et sa femme, patientait, et commençait même à s'impatienter. Il jeta un énième coup d'œil à sa montre, constatant qu'il était onze heures pile. Les portes du tribunal s'étaient fermées depuis plus de cinq minutes déjà, ne laissant plus personne entrer. Pourtant, le brouhaha des journalistes au-dehors couvrait encore les conversations à l'intérieur.

Il tourna le regard vers l'assemblée installée de l'autre côté de l'allée séparant les bancs, et plus particulièrement vers l'homme assis devant un bureau, lisant avec concentration un parchemin annoté.

C'était Alden Thorne, l'avocat de l'accusation choisi par le Magenmagot.

Alden Thorne était un homme d'une trentaine d'années, mesurant environ la même taille que Drago. Il arborait une silhouette élancée et athlétique, et son allure était souvent soignée. Il portait des lunettes rectangulaires qui lui donnaient un air intellectuel. Ses cheveux bruns, légèrement ondulés, étaient toujours tirés en arrière de manière précise, révélant un visage aux traits anguleux et une mâchoire bien dessinée. Ses yeux verts perçants semblaient constamment analyser son environnement, reflétant une intensité qui démontrait son engagement dans son travail. Il était habillé d'un costume sombre, accompagné d'une cravate sobre symbolisant son sérieux.

Drago savait, de source sûre, qu'il était reconnu pour son esprit acéré et son sens aigu de la justice. Il était extrêmement déterminé et n'hésitait pas à employer toutes les stratégies légales nécessaires pour défendre la position du Ministère. Sa réputation le précédait ; il était perçu comme un avocat implacable, capable de démolir les arguments de la défense avec une précision rhétorique impressionnante. Toutefois, derrière cette façade rigide, Alden possédait un sens de l'humour sec et ironique qu'il utilisait parfois pour déstabiliser ses adversaires. Drago l'avait déjà vu à l'œuvre, et il n'était pas rassuré de savoir que c'était lui qui défendrait les intérêts du Ministère.

Ce fut précisément à ce moment que les membres du Magenmagot choisirent d'entrer, passant par la porte derrière les gradins.

Drago vit alors avec horreur, que c'était l'ancien ministre de la Magie qui présidait la séance : Cornelius Fudge. Il échangea un regard étonné avec sa mère, puis avec Astoria, alors que les sorciers et sorcières présents dans la salle se turent soudainement.

- Il n'est pas mort, celui-là ? lui chuchota Blaise, qui était juste derrière.

- Apparemment non, répondit Drago dans un murmure.

- Pourquoi Granger ne préside-t-elle pas l'audience elle-même ? interrogea alors Daphné, d'un ton intrigué.

- Je crois qu'elle a refusé, fit Astoria en se tournant vers sa sœur.

- Pourquoi ? demanda Théo.

- Certainement par souci d'impartialité, rétorqua Drago dans un demi-murmure.

- Souci d'impartialité ? Mais Fudge est tout sauf impartial, chuchota Blaise. S'il y a bien un qui veut mettre ton père définitivement au trou, c'est lui.

- Tu crois que c'est pour ça qu'ils l'ont sorti de la retraite, à ton avis ? fit Drago en se retournant vers son meilleur ami.

Il détourna le regard vers l'entrée et vit Granger se tenir près de la porte, les bras croisés sur la poitrine, fixant Fudge avec surprise.

Il pivota sur son banc, soupirant de dépit. Il saisit alors la main de sa mère, la sentant presque s'écrouler sur place. Il n'y avait aucune chance que Lucius s'en sorte. Fudge allait tout faire pour boucler l'audience en à peine dix minutes, et son père retournerait en prison, définitivement, sans avoir le droit de se défendre correctement.

Il aurait dû faire plus… beaucoup plus… Voir sa mère ainsi lui était insupportable.

Fudge, après avoir échangé quelques banalités, saisit son marteau et frappa le bois de son pupitre.

- Je déclare la séance ouverte. Veuillez faire entrer l'accusé.

Une porte sur le côté s'ouvrit et Lucius Malefoy entra, mains menottées au-devant, tenu de part et d'autre par Harry Potter et Cyrus Blackwood, un Auror prometteur que Potter avait pris sous son aile.

Mais Drago se concentra sur son père. Cela faisait maintenant douze ans qu'il ne l'avait plus vu, refusant de lui rendre régulièrement visite avec sa mère, l'amertume de ses erreurs demeurant bien trop vive longtemps après la guerre.

Cependant, le blond fut aussitôt peiné de voir ce qu'était devenu l'homme qu'il avait tant admiré enfant.

Lorsque Lucius Malefoy pénétra dans la salle d'audience, son apparition était loin du faste dont il était autrefois le maître. Douze ans de prison avait laissé des traces visibles sur son apparence, transformant l'ancien aristocrate en une ombre de ce qu'il avait été.

Son visage, bien qu'encore anguleux, était marqué par des rides prématurées et des signes de fatigue, rendant son expression presque hagarde. Ses cheveux blonds, jadis brillants et soigneusement coiffés, étaient maintenant ternes et en désordre, avec quelques mèches grisonnantes, lui faisant paraître plus vieux que son âge. Ses yeux, d'un argent terne, semblaient avoir perdu leur éclat, flottant dans un regard distant, trahissant un mélange de désespoir et de colère refoulée.

Lucius avançait dans la salle, sa démarche moins assurée, comme s'il portait le poids de ses années d'incarcération. Chaque pas était marqué par une hésitation, souvenir d'une fierté déchue dans un lieu où son statut d'ancien noble avait été réduit à néant. Lorsqu'il croisa le regard de Drago, une émotion ambivalente émergea — un mélange de regret et de désespoir, mais il tentait d'étouffer sa vulnérabilité derrière un sourire forcé qui tombait un peu trop vite.

Les murmures dans la salle s'intensifièrent alors que l'atmosphère était empreinte d'une tension palpable. L'ambiance était marquée par le mélange de curiosité, de pitié et de mépris que suscitait le retour de son père. Les spectateurs échangeaient des regards choqués, se moquant parfois de son état décrépit, tandis que Lucius prenait place derrière la table, aidé par les deux Aurors.

Potter adressa un infime signe de tête à Drago, qui lui répondit avant que l'Auror ne reprenne place près de l'entrée.

0o0

Dorea courait le long de l'atrium, complètement silencieux en cette heure avancée de la matinée. Mais elle devinait où tous se trouvaient.

Elle passa rapidement le contrôle de sécurité, tâchant de reprendre sa respiration, puis avança de quelques pas avant de s'arrêter de nouveau.

Une statue avait remplacé la fontaine qu'elle avait connue autrefois. Une statue représentant deux hommes, dos à dos, tous deux hissant leur baguette en l'air : Albus Dumbledore et Severus Rogue.

Aussitôt, les larmes lui vinrent et sa respiration se coupa, déglutissant avec une certaine difficulté.

- Mrs Harrington, avez-vous besoin d'aide ? demanda alors l'agent de sécurité qui l'observait d'un œil scrutateur.

Dorea tourna la tête vers lui et réalisa que son comportement paraissait effectivement suspect.

- Euh… l'audience de Lucius Malefoy ?

- Dans la salle numéro dix, au sous-sol, indiqua l'agent.

- Je vous remercie.

La rousse fit volteface, se dirigeant vers les ascenseurs, les talons de ses escarpins claquant sur le sol en marbre noir. Elle essuya rapidement une larme qui coulait sur sa joue, recouvrant alors un air froid et déterminé. Elle était Kate Harrington, avocate de renom.

0o0

- Bienvenue à cette audience extraordinaire. Nous nous réunissons aujourd'hui pour examiner le cas de Lucius Malefoy, accusé de plusieurs crimes contre la communauté magique, il y a douze ans. Nous sommes ici aujourd'hui pour débattre de la question de sa liberté ou du potentiel allongement de sa réclusion, en raison des nouveaux éléments portés à l'accusation.

Fudge prit une profonde inspiration avant de se pencher en avant, regardant Lucius avec une intensité croissante.

- Monsieur Malfoy, pendant votre incarcération, des preuves nouvelles et accablantes ont émergé. Il a été démontré que vous n'étiez pas seulement un ancien partisan de Voldemort, mais également un complice actif dans la reformation récente d'un réseau de partisans. Des témoins affirment avoir entendu des conversations, des complots que vous auriez orchestrés même depuis votre cellule. Que répondez-vous à cela ?

Malefoy se leva d'un mouvement peu assuré et déclara d'une voix rauque et tremblante :

- Cela est… exagéré. Les accusateurs veulent me présenter comme un monstre, mais cela ne fait pas de moi un criminel en activité.

Fudge afficha alors un sourire savant qui n'augurait rien de bon.

- Une belle rhétorique, mais cela demeure insuffisant face aux faits. De plus, nous avons également des preuves que vous avez tenté de recruter de jeunes sorciers pour grossir vos rangs à la sortie de prison. C'est un acte impardonnable.

La salle murmura alors, les spectateurs échangeant des regards choqués. Puis Fudge enchaîna rapidement avant que Lucius ne prenne la parole.

- Je m'étonne de ne pas voir d'avocat à vos côtés, Lucius. Votre absence de représentation est troublante. Selon l'article douze de la Charte des droits des accusés, promulgué par le Ministère de la Magie lui-même, si un individu n'est pas représenté par un avocat au cours de l'audience, il peut choisir de plaider coupable afin d'alléger sa peine.

Lucius Malefoy, visiblement inquiet, réalisa les implications de ce qu'il venait d'entendre.

- Ce n'est pas ce que je veux. Je ne suis pas coupable des crimes qu'on me reproche !

Soudain, un bouhaha s'éleva au-dehors.

- Peut-être, mais la loi est claire, dit Fudge impassible. Si vous choisissez de ne pas vous défendre efficacement, cela pourrait se retourner contre vous.

Drago vit son père se retourner et poser un regard suppliant vers lui. Le blond baissa les yeux, incapable d'affronter une nouvelle fois la déception de son père.

- Je… je n'ai pas d'avocat. Mais cela n'a pas d'importance. J'ai le droit de me défendre…

Le brouhaha au-dehors s'intensifia et Fudge lança un regard réprobateur en direction de la porte d'entrée, avant de reporter son attention sur Lucius Malefoy.

- Cela ne change rien. Vous pourriez, dans un effort pour obtenir une peine allégée, envisager de plaider coupable. Cela ne vous garantit pas l'innocence, mais cela pourrait montrer une certaine intention de réparation…

- Il ne plaidera pas coupable ! s'exclama alors une voix glaciale à l'arrière de la salle.

Tous se retournèrent et Drago vit, avec choc, Maître Kate Harrington se tenir à l'entrée de la salle d'audience.

Elle se tenait là, grande, magnifique, avec ses longs cheveux roux tombant librement et ses jambes interminables surmontées d'escarpins à hauts talons. Elle portait une jupe crayon en cuir marron et son chemisier en soie crème légèrement décolleté laissait deviner une silhouette généreusement avantageuse.

Drago, durant un instant, alors qu'il lâchait la main d'Astoria, oublia qu'il se trouvait dans une salle d'audience, et même que le principal accusé dans cette enceinte n'était autre que son père. Pendant un bref moment, il sentit son estomac se contracter, désireux de toucher, ou même d'effleurer le corps de cette femme.

- Qui êtes-vous pour faire irruption dans ma salle d'audience ainsi ? s'écria Fudge, tandis que les agents de sécurité fermaient la porte de la salle, juste avant que les journalistes ne s'y engouffrent.

Elle avança d'un pas déterminé.

- Maître Kate Harrington, avocate de Lucius Malefoy, se présenta-t-elle, ses talons claquant sur le marbre d'un air menaçant, alors qu'elle tenait son sac à main contre elle.

Puis elle s'arrêta au centre de la salle, devant les gradins où siégeaient les membres du Magenmagot. Son regard scrutait Fudge, qui ne pouvait s'empêcher de la dévisager avec surprise.

- Je croyais que Monsieur Malefoy n'avait pas d'avocat ? fit Fudge en plissant les yeux.

- Eh bien, il en a un maintenant, rétorqua Harrington d'un ton assuré.

- Maître Harrington, votre retard est inacceptable pour une audience de cette importance.

L'avocate s'approcha d'un pas, son ton devenant plus ferme.

- Inacceptable, c'est avant tout votre non-respect de la procédure d'un procès équitable, cher M. Fudge. L'audience ne devrait pas se dérouler sans avocat pour mon client.

- Votre client a été averti qu'en l'absence de représentation légale, il pourrait être contraint de plaider coupable, comme stipulé dans l'article 12 de la Charte des droits des accusés…

- Cet article, cher Monsieur, a été adopté la semaine dernière, une manœuvre purement opportuniste du Magenmagot lorsqu'il a découvert que Lucius Malefoy n'avait pas d'avocat. Je doute que cette mesure puisse s'appliquer rétroactivement.

Les murmures parcoururent de nouveau la salle, certains affichant une expression quasi choquée.

- C'est le Magenmagot qui décide de ce qui est approprié dans cette salle, et vous, Maître Harrington, devez respecter ses règles, contra Fudge, agacé.

Drago vit alors la rousse se redresser, une étincelle de défi brilla dans ses yeux. Une lueur qu'il avait l'impression d'avoir déjà vue auparavant, mais il ne savait où, ni quand…

- Respectez ses règles ? Je suis ici pour m'assurer que tout se passe conformément à la justice. D'ailleurs, puis-je demander si la note de mon associé est parvenue concernant la requête pour une audience à huis clos ?

Fudge lâcha un soupir, s'apprêtant à répondre :

- Eh bien, la procédure n'indique pas…

- La procédure ne devrait pas s'appliquer si vous n'avez pas respecté celle-ci, toutes nuances juridiques mises à part. Je n'hésiterai pas à faire valoir mes droits en ce sens.

La tension dans la salle monta, les conversations s'élevant à nouveau alors que tous prenaient conscience que Maître Harrington n'était pas là pour plaisanter. Fudge, craignant une véritable confrontation, se redressa.

- Très bien, nous devrions examiner votre demande. Mais sachez que je resterai vigilant quant à la gestion de cette audience.

- Je n'en attendais pas moins, Monsieur, rétorqua l'avocate avec un sourire confiant.

Puis elle se tourna et fit face à Lucius Malefoy, posant un bref regard sur lui avant de le dévier sur Drago, qui ressentait une tension croissante en lui.

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Harry, de son côté, observait la scène, fronçant les sourcils, alors que Maître Harrington lui lançait un coup d'œil en coin avant de se placer derrière la table où Lucius Malefoy était déjà assis, tandis qu'Alden Thorne réajustait sa cravate, subitement mal à l'aise. Sans doute l'idée de faire face à l'une des plus grandes avocates de leur génération le mettait-il en émoi.

Cependant, en contemplant cette femme, Harry eut une impression de déjà-vu. Ne sachant ni d'où, ni quand provenait cette réminiscence, il préféra se concentrer sur le reste de l'audience.