Chapitre 69 : Invasion d'araignées
Dracula se tenait dans son repaire, entouré des ombres éternelles qui semblaient danser au rythme de ses pensées. Depuis des jours, un malaise s'était insinué en lui, une sensation familière de désordre et de chaos imminent. Il connaissait cette énergie. Une force malveillante était en mouvement, quelque part dans le monde. Puis, la révélation frappa comme un coup de tonnerre dans son esprit. Une perturbation dans les ténèbres, profonde et vicieuse, marquée de l'empreinte de Randall Flagg.
Dracula ferma les yeux, sondant les abysses des mondes invisibles. Flagg était à l'œuvre, encore une fois, et cette fois-ci, il avait libéré une arme redoutable : Mordred Deschain. Dracula connaissait ce nom, cet être démoniaque, fruit des ambitions déformées de Flagg. Mordred était jeune, mais ses pouvoirs étaient terrifiants, et Flagg le modelait à son image, un agent de destruction et de chaos. Aujourd'hui, Mordred avait une nouvelle mission : semer la terreur, tester ses limites.
Le vampire se redressa lentement, ses pensées se tournant vers la petite ville humaine de Stratford. Là-bas, des cris résonnaient déjà, et Dracula pouvait presque sentir l'odeur de la peur dans l'air. Mordred avait commencé son attaque.
À Stratford, la terreur prenait forme. Des araignées, noires comme l'obsidienne, déferlaient dans les rues, rampant sur les murs, se faufilant dans les maisons, et s'accrochant aux malheureux habitants. Leur venin était instantané, transformant des vies ordinaires en cauchemars vivants. En haut d'un immeuble, au centre de la ville, Mordred observait avec une froide satisfaction. Sa silhouette sombre et sinistre, mi-humaine, mi-démon, se découpait contre le ciel couvert de nuages gris. Ses yeux brûlaient d'une lueur cruelle tandis qu'il se délectait de la terreur grandissante en contrebas.
Les cris résonnaient dans l'air, étouffés par le bourdonnement des araignées. Les corps, déjà inertes, s'empilaient dans les rues. Mordred souriait légèrement. Ce n'était que le début. Flagg l'avait envoyé pour voir ce dont il était capable, et cette petite ville était parfaite pour tester ses talents. Mais au-delà de l'expérience, Mordred avait soif de destruction. Chaque cri alimentait son pouvoir, chaque mort nourrissait sa haine.
« Les faibles tomberont, » murmura-t-il en regardant une mère et son enfant tenter de fuir les créatures venimeuses. « Et je me nourrirai de leurs peurs. »
Une vague d'araignées fondit sur eux, les engloutissant dans une vague noire. Le sourire de Mordred s'élargit, ses pouvoirs grandissant à mesure que la terreur envahissait la ville.
Dracula ressentit l'horreur avant même d'arriver. L'air lui-même semblait chargé de poison. Se matérialisant à la lisière de la ville, il observa les rues désertes, les bâtiments défigurés, les cadavres éparpillés dans les ruelles. Mais ce qui le frappa le plus, c'était la sensation omniprésente de peur, une terreur pure et viscérale.
« Mordred... » murmura Dracula, ses yeux brillants d'une colère froide. « Flagg t'a envoyé pour détruire, mais c'est ici que tout s'arrête. »
Sans un mot de plus, Dracula se transforma en brume, se déplaçant à travers la ville, effleurant les ruines avec la légèreté d'une ombre. Chaque instant comptait. Chaque vie épargnée serait une victoire contre le chaos que Flagg tentait de semer.
À l'orée de la ville, Dracula apparut, se matérialisant dans un nuage de brume noire qui s'évaporait dans l'air froid. Ses sens vampiriques captaient chaque détail : l'odeur du venin, le bourdonnement des araignées, le souffle résiduel des derniers survivants tentant désespérément d'échapper à l'enfer qui dévorait leur monde.
Il avança lentement, son visage impassible, mais ses yeux brillants d'une froide résolution. Le chaos autour de lui ne l'effrayait pas, mais la souffrance qu'il percevait éveillait en lui une colère sourde. Randall Flagg était une fois de plus à l'origine de cette destruction, et Mordred, son émissaire, jouait son rôle à la perfection. Mais cette fois, Dracula ne permettrait pas à la terreur de se répandre plus loin.
Ses pas résonnaient dans le silence de mort qui pesait sur la ville. À mesure qu'il progressait, les araignées commencèrent à se rassembler, attirées par son énergie, et elles fondirent sur lui comme une vague affamée.
D'un geste fluide, Dracula invoqua sa Void Sword. L'arme apparut dans une explosion glaciale, émettant une lueur bleutée. Dès qu'elle rencontra les premières créatures, elles furent tranchées net, leur énergie vitale aspirée par la lame pour nourrir Dracula. Une à une, les araignées furent réduites en poussière gelée, comme si elles n'avaient jamais existé.
Sans hésitation, Dracula avança encore. Les Chaos Claws s'illuminèrent soudain de flammes incandescentes, déchaînant des vagues de chaleur infernale. Les créatures qui avaient survécu à sa première attaque furent instantanément réduites en cendres, leurs corps carbonisés dans des cris silencieux.
Mais pour Dracula, ce n'était pas une victoire. Ce n'était qu'une réponse nécessaire à la barbarie qui s'était abattue sur cette ville.
Il s'arrêta un instant, ses yeux balayèrent les cadavres éparpillés. Des hommes, des femmes, des enfants. Aucun n'avait eu la moindre chance. Leur mort n'était pas naturelle, elle était imposée par une cruauté sournoise, un jeu macabre orchestré par Flagg à travers son champion, Mordred. Dracula ressentait une pointe de pitié pour ces âmes innocentes, mais ce sentiment fut rapidement remplacé par une détermination froide.
« Ce massacre s'arrête ici, » murmura-t-il d'une voix grave, ses yeux brûlant d'une lueur féroce.
Il s'agenouilla près d'une femme, le regard fixé sur son corps sans vie. Sa main se posa délicatement sur son front, fermant doucement ses paupières, comme pour lui accorder un dernier repos. Les visages déformés par la douleur et la peur lui rappelaient la brutalité de ceux qu'il combattait. Mordred devait être stoppé, non seulement pour cette ville, mais pour empêcher que d'autres ne subissent un sort similaire.
En levant les yeux, il aperçut au loin une ombre, immobile, contemplant sa propre œuvre de destruction. Mordred Deschain. Dracula serra le manche de sa Void Sword plus fermement, sentant la confrontation inévitable qui approchait.
a place centrale de la ville n'était plus qu'un champ de ruines, un écho déformé de ce qu'elle avait été. Les bâtiments, autrefois symboles de vie et de sécurité, étaient réduits à des amas de gravats, les rues jonchées de cadavres. Au milieu de ce chaos, deux figures se faisaient face. Dracula, seigneur des ténèbres, imposant et stoïque, et Mordred Deschain, jeune démon à la puissance terrifiante, observant avec une satisfaction malveillante l'œuvre de sa terreur.
Mordred se tenait là, au milieu des corps sans vie, un sourire tordu sur les lèvres. Ses yeux brillaient d'un éclat cruel alors qu'il fixait Dracula, évaluant cet adversaire qui venait perturber son carnage. Mordred, mi-humain, mi-démon, respirait l'arrogance. Il croyait en sa supériorité, mais derrière ses provocations, il ressentait la puissance immense que dégageait Dracula. Il savait que ce combat serait un test, un défi digne de prouver sa valeur à Randall Flagg.
« Alors... le légendaire Dracula se déplace lui-même pour de simples insectes. » Mordred prononça ces mots avec une moquerie glaciale. « Je pensais que tu appréciais ce genre de spectacle. Après tout, n'es-tu pas aussi un créateur de cauchemars, comme moi ? »
Dracula, impassible, fit un pas en avant, ses yeux perçant les ténèbres qui entouraient Mordred. « Nous ne sommes pas semblables, Mordred. Ta destruction est gratuite, une démonstration d'égoïsme et de cruauté sans but. Je ne suis pas là pour échanger des mots avec toi, mais pour mettre fin à ce carnage. »
Le sourire de Mordred s'élargit. Il leva lentement une main, et une nouvelle vague d'araignées émergea des ombres. Les créatures se déplaçaient rapidement, leurs pattes cliquetantes résonnant dans l'air tandis qu'elles convergeaient vers Dracula avec une férocité décuplée.
« Tu penses vraiment que tu peux m'arrêter ? Regarde autour de toi. Tout ce que tu vois ici, c'est mon œuvre. Chaque vie prise, chaque âme déchirée... cela m'appartient ! »
Sans un mot, Dracula leva la main, son regard froid et calculateur fixé sur les créatures qui avançaient. En un instant, son corps se désintégra en une fine brume sombre. Les araignées, confuses, se jetèrent sur lui, mais ne rencontrèrent que de l'air et de l'ombre. La Mist Form, l'une des compétences maîtresses de Dracula, lui permettait d'esquiver les assauts, d'être intangible, insaisissable. Il réapparut à quelques mètres de Mordred, et cette fois, il invoqua son Shadow Whip. Un fouet noir, fait de ténèbres pures, se matérialisa dans sa main, ondulant comme une créature vivante.
D'un geste précis et rapide, Dracula fit claquer le fouet. Il frappait les araignées avec une violence calculée, chaque coup éradiquant les créatures comme si elles n'avaient jamais existé. Le fouet s'enroulait autour des corps des monstres et les réduisait en poussière. La scène se déroulait avec une telle maîtrise que Mordred, pour la première fois, perdit son sourire.
« Impressionnant, » cracha Mordred avec un rictus de dédain, bien que l'éclat de satisfaction dans ses yeux s'était éteint. « Mais tu n'as rien vu de mon véritable pouvoir. » Il recula d'un pas, ses doigts tordus invoquant une nouvelle vague de ténèbres. « Tu crois pouvoir m'empêcher de plonger ce monde dans le chaos ? Nous verrons combien de temps tu pourras tenir. »
Une série de créatures plus massives apparurent alors. Ces araignées, plus grandes, leurs crocs dégoulinant de venin, se jetèrent sur Dracula dans un mouvement rapide et coordonné. Mordred riait, jubilant alors que le combat s'intensifiait.
Mais Dracula restait imperturbable. D'un geste fluide, il changea d'arme, invoquant la Void Sword, son épée imprégnée d'énergie glaciale. Avec des mouvements précis, il trancha chaque créature qui s'approchait, absorbant l'énergie de ses ennemis à chaque coup. La température autour de lui semblait chuter avec chaque balancement de l'épée, la lame laissant derrière elle une traînée de givre dans l'air.
Le sol se recouvrait d'une fine couche de glace, gelant les cadavres des créatures tombées. Dracula avançait pas à pas vers Mordred, chacun de ses gestes calculé, précis, implacable.
Mordred gronda. Son arrogance initiale commençait à se fissurer, la réalité de la situation le rattrapant. Dracula n'était pas un adversaire ordinaire, et chaque tentative de le submerger échouait lamentablement. Mais Mordred refusait d'accepter cette vérité. Il voulait prouver sa puissance, surpasser ce seigneur vampire, se montrer digne de Randall Flagg.
« Penses-tu vraiment que tu pourras me vaincre avec ces vieilles astuces, vampire ? » Mordred recula, levant les bras au ciel. « J'ai bien plus en réserve que tu ne le crois. »
Dracula s'arrêta, fixant Mordred avec une intensité glaciale. « Tu as déjà perdu, Mordred. Tout ce que tu fais ne fait que retarder l'inévitable. » Sa voix était calme, mais elle portait un poids écrasant, comme une sentence prononcée avant l'exécution.
Mais Mordred ne l'écoutait plus. Son corps commençait à changer. Ses muscles se tordaient, ses os craquaient alors qu'il se préparait à révéler sa véritable forme. Un rire démentiel s'échappa de ses lèvres alors que son visage commençait à se déformer, se métamorphosant en une monstruosité cauchemardesque.
« Alors, Dracula, tu veux vraiment voir de quoi je suis capable ? Regarde, et contemple ta mort ! »
Dracula, impassible, observa la transformation grotesque de Mordred, ses instincts aiguisés, prêt pour le combat final.
La transformation de Mordred fut un spectacle d'horreur absolue. Son corps commença à se tordre, ses os craquant de manière grotesque alors qu'il se recroquevillait sur lui-même, ses membres s'étendant dans des directions impossibles. Sa chair se déchirait pour laisser place à une carapace chitineuse d'un noir profond, luisant sous les faibles lumières restantes de la ville dévastée. Ses doigts s'allongèrent en pattes acérées, griffues et recouvertes d'une membrane collante. Une paire d'yeux supplémentaires émergea sur son front déformé, ses crocs venimeux suintant un liquide noirâtre, prêt à tuer tout ce qu'il toucherait.
Dracula, stoïque, se contenta de l'observer, prêt à affronter cette nouvelle abomination. La métamorphose de Mordred se poursuivait, chaque seconde ajoutant une nouvelle dimension de terreur à la créature. Des pattes massives s'étaient développées, lui conférant la taille d'une bête gigantesque, une araignée géante, prête à dévorer le monde. Mordred rugissait, ou plutôt, il émettait un son guttural qui semblait provenir des profondeurs des abysses.
Mordred, maintenant transformé en cette monstruosité cauchemardesque, lança un regard de pure haine vers Dracula.
« Tu ne pourras jamais m'arrêter, vampire ! Je suis au-delà de la puissance humaine, je suis l'incarnation de la terreur elle-même ! »
Sa voix, bien que déformée et monstrueuse, restait reconnaissable. Elle vibrait d'une arrogance effrayante, comme s'il était convaincu de sa supériorité malgré l'échec de ses tentatives précédentes. Mordred se jeta sur Dracula avec une vitesse déconcertante pour une créature de sa taille, ses crocs venimeux visant la gorge du seigneur vampire.
Dracula, toujours impassible, réagit immédiatement. D'un geste fluide, il se transforma en une fine brume noire, la Mist Form, évitant l'attaque avec une agilité surnaturelle. Mordred, furieux, balaya l'air de ses pattes acérées, cherchant à frapper Dracula même sous cette forme insaisissable.
La créature arachnéenne s'élançait de manière imprévisible, ses crocs claquant dans le vide, cherchant à percer la défense de Dracula. Chaque attaque semblait plus violente que la précédente, comme si la rage de Mordred alimentait une frénésie meurtrière. Dracula réapparut à quelques mètres de lui, ses yeux rougeoyants, observant calmement chaque mouvement, cherchant les failles dans l'armure naturelle de l'araignée.
« Est-ce cela, ta véritable forme, Mordred ? Un être voué à la destruction, consumé par la peur et la haine ? » dit Dracula, sa voix calme mais empreinte de dédain. « Tu n'es rien d'autre qu'une marionnette, tirée par les fils de Flagg. »
Ce commentaire fit rugir Mordred. Avec une agilité monstrueuse, il s'élança à nouveau, ses pattes tentant de transpercer Dracula. Cette fois, Dracula contra immédiatement avec son Shadow Whip, qui se matérialisa dans sa main en une traînée d'ombre noire. Le fouet s'enroula autour d'une des pattes de Mordred, et d'un mouvement sec, Dracula le tira violemment, brisant une partie de la carapace chitineuse de la créature.
Le cri de douleur de Mordred résonna à travers la ville dévastée. Mais il ne s'arrêta pas. Mordred, maintenant blessé, entra dans une rage incontrôlable. Ses attaques devinrent encore plus violentes, ses pattes s'abattant sur le sol avec une telle force que la terre tremblait. Il lança des vagues de venin corrosif, tentant d'atteindre Dracula, mais celui-ci esquivait chaque coup avec la grâce d'un prédateur immortel.
Dracula, voyant une ouverture, invoqua ses Chaos Claws, des griffes enflammées qui brûlaient d'une chaleur infernale. Il chargea Mordred avec une rapidité déconcertante, frappant la créature à plusieurs reprises. Les griffes déchiraient la carapace chitineuse, faisant fondre les parties touchées par le feu infernal des Chaos Claws. Mordred rugissait de douleur, son corps gigantesque se tordant sous les assauts incessants de Dracula.
Mais Mordred, même acculé, ne se laissait pas abattre. Dans un dernier acte de désespoir, il projeta une nuée d'araignées plus petites qui jaillirent de son corps mutilé, cherchant à submerger Dracula. Mais le vampire était préparé. Il recula d'un bond, son regard se durcissant.
« C'en est assez, Mordred. »
D'un geste fluide, Dracula brandit sa Void Sword, l'épée glaciale qui absorbe l'énergie vitale de ses ennemis. Le froid émanant de la lame semblait figer l'air autour de lui. Mordred, affaibli mais déterminé à ne pas tomber, tenta une dernière attaque, ses pattes acérées frappant de toutes parts.
Dracula, utilisant la Void Sword, para chaque coup avec une précision surnaturelle. La créature, trop lente et trop blessée, ne pouvait plus rivaliser. Voyant une ouverture, Dracula bondit dans les airs, évitant les derniers assauts frénétiques de l'araignée, et d'un coup net, il planta la Void Sword directement dans le cœur de Mordred.
Un cri déchirant s'échappa de la créature. Le froid de la Void Sword se propagea rapidement dans son corps, gelant son sang démoniaque et brisant ses dernières défenses. Dracula enfonça la lame plus profondément, absorbant l'énergie vitale de Mordred, sa puissance vampirique grandissant à chaque seconde.
Le corps monstrueux de Mordred, réduit à l'impuissance par la puissance glaciale de la Void Sword, se convulsait dans ses derniers instants. Le démon-araignée, jadis source de terreur, n'était plus que l'ombre de lui-même. Dans un ultime souffle, une voix rauque et brisée sortit de ses multiples bouches.
« Flagg... reviendra... tu... ne pourras pas l'arrêter... »
Ses mots, tentant de semer une malédiction finale, se dissipèrent dans l'air nocturne, aussi faibles que son corps qui commençait déjà à se désintégrer. Les cendres de Mordred s'éparpillèrent dans le vent, balayées sans pitié par la froideur de la nuit. Ce qui restait de la créature n'était qu'un tas de poussière, emporté dans le néant.
Dracula demeurait immobile, observant les cendres se disperser, impassible. Mordred était vaincu, mais il ne pouvait se réjouir de cette victoire. Ce n'était qu'un combat dans une guerre bien plus vaste, une guerre contre un adversaire bien plus redoutable. Randall Flagg restait dans l'ombre, tissant ses fils de destruction à travers le multivers. Dracula savait que chaque bataille ne faisait qu'ouvrir la voie à un affrontement encore plus grand et plus dangereux.
Il porta son regard vers la ville ravagée. Les rues étaient désertes, les cadavres des victimes de Mordred et de ses araignées jonchaient le sol. Les bâtiments, autrefois pleins de vie, n'étaient plus que des vestiges calcinés de l'horreur qu'ils avaient abritée. Une partie de Dracula ressentait une profonde pitié pour ces âmes perdues, tandis qu'une autre partie, celle forgée par des siècles de luttes et de souffrances, savait que cette scène se répéterait encore et encore. Le cycle de destruction, de terreur et de souffrance ne s'arrêterait pas.
Il respira profondément, non pas par besoin physique, mais par habitude, son esprit se tournant vers ce qui venait ensuite. Flagg avait envoyé Mordred comme un pion, pour tester ses pouvoirs, mais surtout pour jauger la réponse de Dracula. Cette provocation ne passerait pas inaperçue. La guerre entre les deux titans était loin d'être terminée, et Dracula était déterminé à poursuivre Flagg jusqu'au bout, où qu'il se cache dans les recoins du multivers.
Le silence qui s'était abattu sur la ville était à la fois apaisant et lourd de sens. Dracula savait que cela ne durerait pas. Des cris retentiraient à nouveau dans d'autres lieux, et il serait là pour y répondre. Mais pour l'instant, il ne restait plus rien à faire ici. Il avait accompli sa tâche.
D'un geste fluide, Dracula fit disparaître sa Void Sword, la lame s'évaporant dans une brume légère. Son regard, autrefois humain, brillait désormais d'une détermination impassible. Il avait accepté depuis longtemps sa nature, son rôle dans cette lutte perpétuelle contre les ténèbres.
Sans un mot, il tourna les talons et s'éloigna des ruines. Flagg l'attendait quelque part, ourdissant de nouveaux plans, mais Dracula serait prêt. Ce soir, il avait remporté la bataille, mais la guerre contre Randall Flagg continuait.
Disparaissant dans la nuit, Dracula se téléporta, prêt pour sa prochaine confrontation. Le seigneur des ténèbres poursuivait son combat sans relâche, pragmatique et concentré sur sa mission ultime : défendre le multivers, quelle qu'en soit la gravité.
