Chapitre 54 : Barrow

Sur l'île de Ponza, bercée par les murmures des vagues méditerranéennes et dissimulée par les sortilèges de Circé, un calme apparent régnait. Mais au sommet de l'antre de la puissante magicienne, ce calme fut soudain brisé par une onde de magie sinistre que seul l'œil expérimenté de Circé pouvait percevoir. Ses mains, doucement posées sur le grimoire antique devant elle, se crispèrent. Elle leva les yeux, ses sourcils se fronçant dans une inquiétude inhabituelle.

« Gabriel, viens ici », murmura-t-elle, son regard se perdant dans les flammes dansantes de l'âtre.

Dracula apparut derrière elle, silencieux et majestueux, son aura imposante enveloppant la pièce. Il savait, avant même qu'elle ne parle, que quelque chose de grave avait perturbé l'équilibre des forces mystiques. Circé ne s'inquiétait jamais sans raison.

« Que se passe-t-il ? » demanda Dracula, sa voix grave résonnant doucement dans la pièce, son regard perçant observant les moindres détails du visage de son épouse.

Circé tourna son visage vers lui, ses yeux reflétant à la fois une inquiétude contenue et la détermination froide qui lui était propre. « Il y a une perturbation en Alaska. Une puissance surnaturelle massive s'y manifeste, bien trop forte pour être naturelle. » Elle marqua une pause, croisant le regard de son mari. « C'est une meute, Gabriel. Une meute de vampires qui se cachent dans la nuit éternelle du Grand Nord. Ils massacrent tout sur leur passage.

Dracula resta silencieux un instant, son regard s'assombrissant à l'évocation de ces créatures. Ces vampires primitifs, sans conscience, n'étaient que des bêtes pour lui. Des êtres inférieurs, incapables de comprendre la noblesse du pouvoir qu'ils possédaient. Une simple mention de leur existence l'emplissait d'un mépris silencieux. Cependant, la mention de Barrow, une ville plongée dans la nuit polaire pendant 30 jours, ajoutait une couche de gravité à la situation.

« Tu veux que je les élimine, » dit-il simplement, presque comme une constatation. Ce n'était pas une question.

Circé posa sa main sur son bras, ses doigts fins pressant doucement le tissu de sa cape noire. « Oui. Si personne n'intervient, ils dévoreront toute trace de vie là-bas. Je crains qu'il ne soit déjà trop tard pour beaucoup, mais tu peux encore sauver ceux qui restent. »

Le visage de Dracula, implacable et résolu, se tourna vers elle. Mais dans ses yeux, un éclat plus tendre brillait. Pour elle, il irait jusqu'au bout du monde. « Je m'en occuperai, » déclara-t-il doucement, mais avec une autorité indéniable.

Elle acquiesça, puis, comme pour briser la froideur de l'instant, Circé se rapprocha de lui, l'enlaçant brièvement. « Reviens-moi entier, Gabriel. Nous avons encore tant à accomplir ensemble. » Sa voix, bien que ferme, laissait filtrer une trace de vulnérabilité.

Il posa un baiser sur son front, un geste rare pour celui que l'on nommait le Seigneur des Ténèbres. « Je reviendrai, et je reviendrai à toi. Toujours. »

Sans un mot de plus, Circé téléporta Dracula à Barrow.

La transition fut immédiate et brutale. En un battement de cœur, Dracula se retrouva projeté des terres chaudes et mystiques de Ponza à l'obscurité glaciale de Barrow, en Alaska. Circé l'avait téléporté avec une précision implacable, déposant son époux dans ce coin du monde où la lumière du jour avait disparu depuis des semaines. La nuit polaire régnait sans partage, engloutissant le paysage sous un voile d'obscurité aussi épais que l'air lui-même.

Le froid mordant accueillit Dracula comme une bête affamée. Chaque souffle de vent arctique, chargé de cristaux de glace, semblait capable de déchirer la peau. L'atmosphère était si glaciale que même l'air paraissait suspendu dans un immobilisme presque surnaturel. La neige recouvrait tout, formant une couche épaisse et immaculée, sauf là où des traces de luttes récentes la souillaient de rouge. Le silence pesait, oppressant, seulement perturbé par le gémissement lointain du vent. Cette ville, autrefois habitée, semblait maintenant figée dans une attente mortelle.

Barrow, tel qu'il se tenait devant Dracula, ressemblait à un lieu oublié du monde. Les rues désertes, les maisons aux fenêtres béantes, les ombres figées dans le froid... Tout évoquait une tragédie muette. Aucune lumière, aucun signe de vie visible. Dracula, pourtant, sentait la présence des morts et des vivants, leur empreinte imprégnée dans chaque souffle d'air. L'odeur métallique du sang flottait encore faiblement, signe que le massacre avait eu lieu récemment.

« Ces créatures sont des bêtes », murmura Dracula pour lui-même, son regard acéré balayant les ruelles et les places désertes.

Il avança sans bruit, sa cape noire flottant derrière lui, fusionnant presque avec les ténèbres qui régnaient en maîtres ici. Il pouvait ressentir la mort dans l'air, cette sensation oppressante que seuls ceux familiers de la guerre et du carnage pouvaient percevoir. Dracula savait que ces vampires n'étaient pas comme ceux qu'il avait affrontés auparavant. Ils étaient primitifs, sauvages, guidés uniquement par leur soif de sang. Des créatures qui n'avaient plus rien d'humain, réduites à l'état d'animaux affamés.

Il se dirigea vers le centre de Barrow, où les rues laissaient place à une large place publique désormais recouverte d'un épais manteau de neige. Là, des cadavres jonchaient le sol, mutilés, vidés de leur sang. Il n'y avait pas que des humains. Les animaux, les chiens de traîneau principalement, gisaient aux côtés de leurs maîtres, leurs chairs lacérées de griffes acérées. Dracula ne s'attarda pas sur les corps. C'était un spectacle auquel il était malheureusement habitué.

Mais parmi ces signes de mort, Dracula sentit une présence. Un faible écho de vie. Ses sens surnaturels le guidèrent vers les survivants, ceux qui s'étaient réfugiés dans un ancien fort, un bâtiment imposant et robuste situé à la périphérie de la ville. Ils y étaient barricadés, se cachant désespérément des vampires qui rôdaient à l'extérieur, cherchant à pénétrer leurs défenses.

Dracula n'eut qu'à tendre l'oreille pour capter les grognements des vampires qui encerclaient le fort. Ils étaient nombreux, affamés, leurs crocs luisants sous la faible lueur des étoiles. Mais ces créatures, malgré leur nombre, ne ressentaient pas la présence de celui qui marchait parmi eux. Dracula était une ombre parmi les ombres.

Sans hésiter, il invoqua le Shadow Whip, cette version sombre du légendaire fouet Vampire Killer, capable d'atteindre des ennemis à grande distance. Une arme aussi redoutable que son maître, nourrie de la même essence vampirique. Dans un éclat silencieux, Dracula brandit le fouet, et en une fraction de seconde, il frappa. Le premier vampire n'eut même pas le temps de comprendre. La lanière du fouet, faite d'ombre et de sang, s'abattit sur lui, le déchirant en deux avant qu'il ne pousse son dernier cri.

D'autres vampires, cachés dans les ruelles et les recoins sombres de la ville, furent alertés par le mouvement. Ils surgirent de la neige et des toits, comme des prédateurs affamés. Mais ils ne pouvaient rivaliser avec la vitesse et la précision de Dracula. Le Shadow Whip s'abattait encore et encore, décimant les créatures en quelques instants. À chaque coup, Dracula avançait, impassible, éliminant les vampires restés en ville sans le moindre effort.

Ce n'était pas un combat. C'était une extermination.

Dracula, se tenant désormais seul au milieu des cadavres, laissa son regard percer l'obscurité. Les vampires qui se trouvaient à proximité du fort ne tarderaient pas à sentir leur meute décimée. Ils viendraient à lui, comme des rats pris au piège.

Mais il les attendrait.

Dracula avançait dans les ténèbres glaciales de Barrow, traquant les vampires restants avec une précision implacable. Le sol sous ses pieds, couvert de neige fraîchement tombée, se compactait silencieusement à chacun de ses pas, mais aucun son ne trahissait sa présence. Il connaissait les vampires mieux que quiconque, et ceux de cette meute n'étaient que des bêtes sauvages, des créatures primitives sans la moindre sophistication ni compréhension des ténèbres qu'ils manipulaient.

Alors qu'il parcourait les ruelles abandonnées, Dracula décida d'adopter une approche plus furtive. Il ferma les yeux un instant, et son corps sembla se dissoudre dans l'air. Il devint une brume impalpable, une simple ombre parmi les ombres. Sous cette Mist Form, il pouvait se déplacer sans être vu ni entendu, une entité fantomatique, se glissant entre les bâtiments et les arbres couverts de givre. Le vent polaire emportait ses traces, effaçant toute preuve de son passage.

Les vampires, habitués à traquer les humains, ne pouvaient percevoir Dracula. Leur soif de sang les rendait aveugles à tout ce qui n'était pas une proie immédiate. Ils rôdaient dans les rues de Barrow, leurs yeux avides scrutant chaque recoin, cherchant d'éventuelles victimes qui auraient échappé à leur massacre. Ils étaient aveuglés par leur arrogance, par leur croyance d'être les maîtres de cette nuit polaire.

Dracula les observait de loin, calculateur, patient. Il ne s'agissait pas seulement d'une mission d'élimination. C'était une démonstration de la différence abyssale entre ces créatures bestiales et lui, le véritable seigneur des ténèbres. Alors qu'il flottait discrètement vers eux sous sa forme de brume, il réfléchit un bref instant à cette dichotomie. Ces vampires pensaient dominer la nuit parce qu'ils vivaient dans les ténèbres. Mais ils ne comprenaient rien. Ils n'étaient que des bêtes, des prédateurs guidés par l'instinct. Ils ne connaissaient ni la noblesse ni le poids de l'immortalité.

« Des animaux », pensa-t-il avec mépris.

Dracula se reforma dans l'ombre d'un bâtiment, redevenant une silhouette imposante enveloppée de sa veste noire.

À quelques mètres de lui, un groupe de trois vampires isolés avançait à pas lourds, traînant dans la neige comme des prédateurs impatients. Ils n'avaient aucune discipline, aucune stratégie, seulement l'envie primitive de détruire.

Sans un mot, Dracula tendit la main et invoqua sa Void Sword. La lame de glace se matérialisa dans un éclat bleuté, vibrant d'une énergie ancienne, tirant son pouvoir du néant lui-même. En un éclair, il frappa. La première tête tomba avant que les autres n'aient le temps de comprendre ce qui se passait. Le vampire à sa droite eut à peine le temps de tourner la tête que Dracula le transperça d'un coup net, drainant son énergie vitale alors que le corps tombait inerte dans la neige.

Le troisième, enfin conscient de la menace, tenta de réagir, mais il était déjà trop tard. Dracula, rapide comme l'éclair, enroula son Shadow Whip autour de la créature. D'un mouvement sec et précis, il le déchira en morceaux, laissant ses restes s'effondrer dans la neige, sa vie s'éteignant avant même qu'un cri ne puisse s'échapper de sa gorge.

Dracula se redressa, observant les cadavres à ses pieds. Ils étaient nombreux, mais leur nombre n'était qu'une illusion de puissance. Ils se pensaient invincibles dans cette nuit polaire, mais ils n'étaient rien de plus que des insectes écrasés sous la botte d'un maître bien plus ancien.

Il continua son avancée, suivant les traces laissées par la meute principale. Chaque pas le rapprochait du cœur de leur tanière, un ancien fort délabré à la périphérie de Barrow. C'était là que la plupart des survivants humains s'étaient réfugiés, et c'était aussi là que les vampires concentraient leurs efforts. Ils grattaient à leurs portes, cherchant à pénétrer ces murs vieux de plusieurs siècles.

« Des charognards, voilà ce qu'ils sont », murmura Dracula en progressant dans la neige.

Le fort se dressait à l'horizon, ses murs épais recouverts de givre, une silhouette fantomatique dans l'obscurité éternelle. Dracula pouvait sentir les vampires à l'intérieur. Leur puanteur était si forte qu'elle semblait empoisonner l'air. Ils étaient tous là, regroupés autour de leurs proies, inconscients du prédateur qui se glissait silencieusement vers eux.

Alors qu'il approchait, trois autres vampires se détachèrent du groupe, probablement envoyés en éclaireurs. Leurs crocs brillaient sous la lueur faible des étoiles, leurs yeux injectés de sang cherchant des proies dans la neige. Dracula les laissa approcher, les observant, presque amusé par leur insouciance. Ces créatures étaient des ombres de ce qu'elles avaient été. Autrefois, peut-être, elles avaient une humanité, un semblant de vie. Mais maintenant, tout ce qui restait en elles était un désir primaire, une faim sans fin. Et Dracula méprisait cette dégénérescence.

D'un geste vif, il brandit à nouveau le Shadow Whip. Le fouet s'abattit avec une violence calculée, traçant une ligne de mort à travers la neige. Les vampires n'eurent pas le temps de réagir. Deux d'entre eux furent décapités instantanément, leurs corps retombant mollement dans la neige, tandis que le troisième tenta de fuir. Mais Dracula n'était pas d'humeur à jouer. Il leva la Void Sword et d'un mouvement gracieux, trancha l'air, coupant le fuyard en deux.

La neige se teinta de rouge à ses pieds, mais Dracula ne s'attarda pas sur les corps. Il savait que les autres vampires avaient probablement senti la disparition de leurs congénères, mais cela n'avait aucune importance. Il continuait d'avancer, inébranlable, sa mission gravée dans son esprit comme une évidence.

Bientôt, il atteindrait le fort. Bientôt, il affronterait le cœur de la meute.

Le fort se dressait devant Dracula, un vestige du passé qui semblait résister avec difficulté à l'emprise du temps et du froid. Ses murailles étaient couvertes de givre, leurs pierres grises craquelées par le poids des siècles. Pourtant, malgré son état délabré, le fort représentait le dernier bastion de vie humaine à Barrow. À l'intérieur, les derniers survivants s'étaient retranchés, espérant que ces murs, autrefois conçus pour repousser les envahisseurs humains, tiendraient face à des créatures bien plus mortelles.

Dracula resta immobile un moment, étudiant la structure. Il pouvait sentir les battements faibles et irréguliers des cœurs humains cachés derrière ces murs, leur peur palpable flottant dans l'air glacé. Mais au-delà de ces vies fragiles, une autre présence bien plus menaçante emplissait l'atmosphère : celle des vampires. Ils étaient là, regroupés autour du fort comme des prédateurs affamés encerclant leurs proies. Certains tentaient de forcer les portes, d'autres patrouillaient les alentours, guettant la moindre faiblesse.

Dracula observa tout cela avec un calme glacé, ses yeux perçant l'obscurité comme un faucon scrutant le moindre mouvement. Il n'y avait pas de place pour l'erreur ici. Ces créatures, bien que bestiales, n'étaient pas dépourvues de ruse. Elles avaient le nombre et la férocité de leur côté, mais Dracula avait quelque chose de bien plus précieux : la maîtrise absolue de ses pouvoirs et l'expérience de siècles de combats contre les ténèbres.

Il recula légèrement dans l'ombre d'un bâtiment en ruines à proximité et évalua ses options. Une attaque frontale serait inefficace ; les vampires, même primitifs, se regrouperaient rapidement pour tenter de le submerger. Non, il lui fallait une approche méthodique, stratégique, où il pourrait frapper avec la précision d'un maître d'armes, tout en créant la confusion parmi ses ennemis.

« Ils pensent être les chasseurs, » murmura-t-il pour lui-même. « Mais ils ne sont que des proies. »

Dracula se concentra un instant, puis, avec un geste fluide de la main, invoqua une Bat Swarm. Une nuée de chauves-souris apparut dans un souffle, jaillissant des ténèbres pour répondre à son appel. Les créatures ailées, obéissant à son commandement silencieux, se dispersèrent dans l'air, se fondant dans la nuit polaire. Leur mission était simple : perturber les vampires qui montaient la garde et semer le chaos avant que Dracula n'entre en action.

Alors que les chauves-souris tourbillonnaient dans l'obscurité, s'abattant sur les sentinelles vampires avec des cris aigus et des battements d'ailes frénétiques, Dracula se fondit à nouveau dans les ombres. Sa Mist Form lui permettait de glisser discrètement à travers le périmètre, tandis que les vampires, désormais distraits par la nuée de chauves-souris, tentaient vainement de repousser l'attaque. Leur confusion jouait parfaitement en sa faveur.

L'atmosphère devint encore plus oppressante alors que Dracula se rapprochait du fort. Les vampires, occupés à se défendre contre l'essaim, ne sentirent pas la présence du prédateur ultime qui s'infiltrait parmi eux. Les survivants humains, quant à eux, restaient terrés derrière les murs, ignorant que leur salut approchait.

Dracula émergea de la brume au pied des remparts, ses sens en alerte. Le silence, brisé seulement par les cris des vampires luttant contre la Bat Swarm, accentuait la tension dans l'air. Il se glissa dans une brèche du mur, avançant avec une aisance surnaturelle, ses mouvements précis et calculés. À l'intérieur, il ressentit plus distinctement la présence des humains, cachés dans une grande salle barricadée.

Mais avant de pouvoir les atteindre, il devait d'abord éliminer les vampires qui rôdaient à l'intérieur du fort, leurs crocs brillants dans l'obscurité, leurs yeux injectés de sang. Certains étaient encore à l'extérieur, tentant de pénétrer les portes massives. Dracula se concentra sur ceux qui patrouillaient à l'intérieur, leurs pas lourds et leurs grognements bestiaux trahissant leur impatience.

Le temps était venu de frapper.

Dracula se redressa, laissant sa silhouette imposante émerger de l'ombre. D'un geste fluide, il invoqua le Shadow Whip, sa fidèle arme de sang et d'ombres. Le fouet craqua dans l'air, s'enroulant autour de la gorge du premier vampire avant de l'arracher du sol, le réduisant en cendres en un instant. Les autres se retournèrent, alertés par le mouvement, mais Dracula était déjà en action. Il balaya la salle d'un coup de fouet puissant, envoyant les créatures voler dans les murs.

L'un des vampires tenta de riposter, se jetant sur Dracula avec une férocité désespérée. Mais ce dernier, d'un geste élégant, dégaina la Void Sword et le transperça avant même qu'il n'ait pu comprendre ce qui venait de se passer. La lame glacée draina la vie de la créature, son corps s'effondrant dans une flaque de sang noirâtre.

Le fort, autrefois rempli de grognements et de bruits de lutte, retomba dans un silence presque irréel. Seuls les battements effrayés des cœurs humains résonnaient faiblement à travers les murs épais.

Dracula savait que ce n'était que le début. Les vampires à l'extérieur n'allaient pas tarder à comprendre que leur meute était en train d'être décimée. Et leur chef, Marlow, viendrait sans aucun doute à leur tête, espérant rivaliser avec celui qui se tenait maintenant entre eux et leurs proies.

Mais Dracula, calme et résolu, se tenait prêt. Le véritable affrontement approchait, et il savait que les ténèbres de cette nuit polaire allaient bientôt être éclipsées par sa puissance. Les vampires allaient découvrir, trop tard, qu'ils s'étaient attaqués à la seule force capable de les détruire.

Les vampires avaient enfin réalisé la menace qui pesait sur eux, et ils se regroupaient dans la cour principale du fort. Une dizaine, peut-être plus, leurs yeux rouges brillant dans l'obscurité, leurs crocs dévoilés dans des rictus affamés. Leur instinct leur criait qu'un prédateur bien plus puissant était parmi eux, mais ils étaient trop primitifs, trop arrogants pour comprendre pleinement ce qui les attendait.

Dracula sortit des ombres avec la froideur et la majesté d'un roi allant au combat. Le Shadow Whip luisait dans ses mains, une arme d'ombres ondulantes, prête à fendre l'air et à déchirer la chair. Autour de lui, le froid semblait ployer sous son aura, comme si même la nuit polaire se méfiait de lui.

Les vampires le fixèrent un instant, hésitant entre l'attaque et la fuite, mais l'odeur du sang et la promesse de destruction les firent bondir. Le premier se précipita vers lui, hurlant, ses griffes prêtes à lacérer sa proie. Mais avant qu'il n'ait pu poser la moindre main sur Dracula, le Shadow Whip s'abattit dans un sifflement. La créature fut fauchée en plein vol, son corps se déchirant en deux, retombant lourdement dans la neige, qui se teinta instantanément de rouge.

Un second vampire tenta d'approcher par derrière, mais Dracula, d'un mouvement élégant et calculé, fit tournoyer le fouet. La lanière sombre se lova autour du cou du vampire, et dans un craquement sec, il tira, décapitant la créature sans même lui accorder un regard.

Les autres hésitèrent. Mais l'hésitation n'était pas une option. Dracula leva ses bras, et dans une explosion de flammes, les Chaos Claws apparurent, illuminant la scène d'un éclat rougeoyant. Les gantelets enflammés crépitaient, chauffant l'air autour de lui alors que le froid mordant reculait sous leur chaleur. D'un bond, Dracula se lança dans la mêlée, frappant avec une violence méthodique.

Un vampire, courageux mais naïf, tenta de le saisir, mais Dracula l'attrapa avec ses Chaos Claws et écrasa son crâne entre ses mains brûlantes. Les cris de la créature s'étouffèrent alors que son corps se tordait dans une agonie impuissante. Il se tourna vers les autres, enchaînant une série de coups rapides et précis. Chaque mouvement de Dracula était calculé, chaque coup chorégraphié avec une grâce macabre. Il n'y avait aucune hésitation, aucun effort inutile. Ce n'était pas un combat pour lui. C'était une danse de mort, où lui seul était le maître.

Mais soudain, une présence plus imposante se fit sentir. Le reste de la meute se dispersa pour laisser passer leur chef. Marlow apparut, imposant, ses yeux jaunes luisant dans l'obscurité. Contrairement à ses subordonnés, il ne se précipita pas. Il avança lentement, dégageant une aura de menace bien plus palpable que celle de ses frères vampires. Ses mouvements étaient moins bestiaux, plus calculés, et une lueur d'intelligence froide brillait dans ses yeux.

« Dracula, » murmura Marlow, sa voix grave résonnant dans la cour. « Je me demandais combien de temps il te faudrait pour venir ici. »

Dracula, toujours calme, leva lentement la tête vers lui. « Tes créatures sont des animaux, Marlow. Je n'ai pas l'habitude de m'attarder sur des bêtes. »

Marlow esquissa un sourire carnassier, révélant ses crocs, luisant dans la faible lumière. « Tu te crois différent, n'est-ce pas ? Plus noble. Mais tu es comme nous, Dracula. Un prédateur. Une créature des ténèbres. »

Dracula ne bougea pas, ses yeux fixant ceux de Marlow avec une intensité glaciale. « Je suis bien plus que toi, » répondit-il d'une voix ferme et froide. « Je suis le roi de ces ténèbres que tu oses revendiquer. »

Marlow gronda, son sourire disparaissant. D'un bond, il se lança vers Dracula, plus rapide que ses subordonnés, plus mortel. Leurs deux forces se percutèrent dans un fracas sourd, le choc résonnant dans la cour.

Marlow était puissant, bien plus que les autres vampires. Ses coups étaient brutaux, et il utilisait ses griffes avec une précision redoutable. Chaque attaque était un déferlement de sauvagerie contrôlée, cherchant à déchirer, à broyer. Mais Dracula, imperturbable, parait chaque coup avec une grâce déconcertante. Ses Chaos Claws rencontraient les griffes de Marlow, émettant des étincelles à chaque impact. Le combat, bien que violent, ressemblait à une danse macabre, chaque mouvement étant un mélange d'élégance et de brutalité.

Marlow tenta de prendre l'avantage en frappant violemment vers le torse de Dracula, mais ce dernier se volatilisa en une brume épaisse, évitant l'attaque avec une facilité déconcertante. Lorsqu'il se reforma derrière Marlow, Dracula frappa immédiatement, utilisant sa Void Sword pour transpercer le flanc du vampire.

Marlow hurla de douleur, reculant en titubant. Mais il n'était pas vaincu. Il grogna, ses muscles se tendant alors qu'il reprenait l'assaut, son visage déformé par la rage.

« Tu n'es qu'un roi déchu, Dracula ! » gronda Marlow, sa voix emplie de haine. « Tu ne peux pas me vaincre ! »

Dracula l'observa un instant, impassible, puis leva la main, invoquant ses Sacred Powers. Une épée et un bouclier faits d'énergie sacrée apparurent dans ses mains, illuminant la scène d'une lumière divine. Le contraste entre ces pouvoirs et les ténèbres environnantes était frappant.

Marlow hésita, comprenant enfin l'ampleur de la force à laquelle il faisait face. Mais sa fierté, sa rage, ne lui permirent pas de reculer. Il chargea une dernière fois, dans une attaque désespérée. Mais Dracula, calme, le contra avec une facilité presque surnaturelle. Le bouclier sacré repoussa l'assaut de Marlow, et l'épée, scintillant d'énergie divine, se leva pour porter le coup final.

Dans un éclair de lumière, Dracula abattit l'épée sur Marlow. L'onde de choc explosa dans la cour, projetant de la neige et des débris dans toutes les directions. Marlow, frappé de plein fouet, poussa un cri déchirant alors que son corps se désintégrait, réduit en cendres par l'explosion d'énergie sacrée.

Le silence retomba lourdement. La lumière de l'épée sacrée se dissipa, et il ne resta plus rien de Marlow, si ce n'était une fine poussière emportée par le vent glacial.

Dracula, impassible, se redressa, fixant l'horizon. Le chef de la meute était mort, et les ténèbres autour de Barrow venaient de perdre leur emprise. Mais pour Dracula, il ne s'agissait que d'une autre victoire dans une guerre sans fin contre les créatures des ombres.

Le calme après la tempête avait un goût amer. La neige, toujours présente et éternelle, semblait envelopper Barrow dans une quiétude trompeuse. Le silence qui régnait maintenant, loin des hurlements et des combats, était presque oppressant. Dracula se tenait au milieu de la cour du fort, ses yeux scrutant l'horizon glacé. La meute de vampires avait été décimée, réduite en cendres, et la menace qui planait sur cette ville reculée n'était plus qu'un mauvais souvenir.

Pourtant, derrière les murs épais du fort, les survivants restaient terrés, encore paralysés par la peur. Ils avaient entendu les bruits du combat, les hurlements des vampires et, enfin, le silence. Mais ils n'osaient pas encore sortir, craignant que la terreur ne soit pas encore finie.

Dracula, implacable et majestueux, marcha vers les grandes portes du fort, ses pas silencieux dans la neige. Il pouvait entendre les cœurs battre frénétiquement à l'intérieur. Des murmures se faisaient entendre, des prières peut-être, ou simplement des supplications murmurées à un dieu lointain. Ils ne savaient pas que leur véritable sauveur marchait parmi eux.

Il poussa les portes massives d'un simple geste, et elles s'ouvrirent lentement dans un grincement sinistre. À l'intérieur, une poignée de survivants, hommes et femmes, se retournèrent brusquement vers la silhouette imposante de Dracula. Leurs visages étaient marqués par l'épuisement et la terreur. Certains avaient des armes improvisées dans les mains, mais rien qui n'aurait pu les protéger contre la horde de vampires qui les assiégeait.

Leurs regards s'écarquillèrent lorsqu'ils virent Dracula pénétrer le fort, son manteau noir flottant derrière lui. Il n'était pas humain. Cela se voyait à son aura, à la manière dont il se mouvait, comme une ombre vivante. L'un des hommes, un grand gaillard portant un badge de shérif, s'avança, tremblant de peur mais armé de courage. C'était le shérif de Barrow, et malgré l'horreur de la nuit, il tenait toujours à son devoir de protéger les siens.

« Qui... qui êtes-vous ? » demanda-t-il, sa voix rauque trahissant une peur qu'il peinait à dissimuler.

Dracula s'arrêta, se tenant droit, son regard transperçant les âmes de ceux qui se trouvaient devant lui. « Je suis Dracula, Seigneur des Ténèbres, Élu de Dieu et Protecteur de l'humanité. »

Un murmure traversa la foule. Dracula. Le nom seul évoquait à la fois la terreur et la légende. Certains reculèrent instinctivement, craignant que ce nom ne soit synonyme de malédiction. Mais Dracula ne leur laissa pas le temps de s'enfoncer dans la peur. Sa voix, grave et imposante, résonna dans le fort.

« Vous n'avez plus rien à craindre. J'ai détruit la meute de vampires qui vous traquait. Ils ne reviendront plus. Vous êtes libres de sortir et de vous occuper des vôtres. Vos morts méritent d'être enterrés. »

Le shérif, bien que secoué, osa poser une autre question, sa voix tremblante d'incrédulité. « Pourquoi... pourquoi nous avez-vous aidés ? »

Dracula posa son regard sur lui, son visage impassible. « Parce que c'est mon devoir. Les ténèbres doivent être combattues, même par ceux qui en sont nés. Je suis le fléau des créatures de la nuit, et je protège l'humanité contre les forces qui cherchent à la détruire. »

Les survivants échangèrent des regards, hésitant entre gratitude et méfiance. L'un des hommes, le visage creusé par la faim et la peur, fit un pas en avant. « Vous... vous les avez vraiment tous tués ? »

Dracula hocha lentement la tête. « Tous. Il ne reste rien d'eux. Vous pouvez sortir sans crainte. »

Le shérif s'avança prudemment vers la porte, suivit de quelques hommes armés de fusils. Ils franchirent le seuil et furent accueillis par le froid mordant de la nuit polaire. Ce qu'ils virent les stupéfia. Les corps des vampires, ou plutôt ce qu'il en restait, étaient éparpillés dans la neige, réduits à des cendres. Le silence régnait sur la ville, mais il n'était plus oppressant. Il avait la saveur d'une paix retrouvée.

Les autres survivants sortirent à leur tour, leurs visages marqués par un mélange de soulagement et de choc. Ils avaient survécu à l'impensable. Mais la vue des corps sans vie de leurs proches étendus dans la neige rappela à chacun la brutalité de ce qu'ils venaient de vivre. Lentement, les habitants commencèrent à s'organiser pour enterrer les morts, leurs visages encore pâles, mais emplis d'une nouvelle détermination.

Dracula, observant cette scène, resta silencieux. Il n'était pas là pour les réconforter, mais pour s'assurer que l'humanité, même au bout du monde, avait une chance de se relever. Il n'y avait ni gloire ni satisfaction dans ce rôle. Seulement le devoir.

« Ces créatures ne comprennent rien à la véritable puissance, » se dit-il en observant les cendres des vampires. « La véritable force ne réside pas dans la destruction, mais dans la protection. »

Dracula se détourna du fort, prêt à partir. Les survivants le regardèrent s'éloigner, certains avec reconnaissance, d'autres encore incrédules face à ce qu'ils avaient vu. Mais tous savaient qu'ils devaient leur survie à cet être mystérieux qui avait émergé des ténèbres pour les sauver.

Il s'enfonça dans la neige, son corps se fondant lentement dans la brume épaisse qui entourait Barrow. La nuit polaire s'étendait encore, mais la menace qui pesait sur cette ville reculée avait disparu.

Dracula sentait le froid se refermer sur lui, mais cela n'avait aucune importance. Il savait que d'autres dangers l'attendaient ailleurs, mais pour l'instant, une seule pensée occupait son esprit : retourner auprès de Circé. Elle l'attendait, et avec elle, il pouvait enfin trouver un semblant de paix, même si ce n'était que pour un court moment.

Tandis qu'il disparaissait dans l'obscurité, il laissait derrière lui une ville sauvée, mais marquée à jamais par les horreurs de cette nuit. Une nuit qui, grâce à lui, était enfin terminée.