Je ne possède aucun des personnages des films.
Un recueil de textes courts sur l'univers des films Mission Impossible nous plongeant dans un instant ou une pensée des protagonistes de l'histoire
Ce texte a été écrit pour l'anniversaire de Simon Pegg
En espérant que cela vous plaise
Bonne lecture
PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)
QUELQUES TEXTES DE L'IMF Tome 3
Une chambre de motelLa porte du motel grinça doucement dans la pénombre. Ethan se redressa brusquement sur le lit défait, réprimant un gémissement de douleur quand le mouvement tira sur sa blessure. Ses doigts cherchèrent instinctivement son arme sous l'oreiller.
- Doucement. C'est moi, murmura Benji en refermant derrière lui.
Il jonglait avec plusieurs sacs en plastique qui bruissaient.
- J'ai tracé ton téléphone.
- Il n'est pas sécurisé ?
- Par moi !
Ethan grogna et se laissa retomber contre le matelas avec un soupir las.
- Tu n'aurais pas dû venir.
- Bien sûr que si.
Benji déposa ses achats sur la table bancale près de la fenêtre. La lumière du néon qui clignotait à l'extérieur dessinait des ombres mouvantes sur son visage préoccupé.
- Tu croyais vraiment que j'allais te laisser te vider de ton sang tout seul dans ce trou à rats ?
- Je ne me vide pas de mon sang, protesta faiblement Ethan. C'est juste une égratignure.
- Une égratignure qui t'a fait perdre connaissance pendant la mission, répliqua son ami tout en commençant à déballer ses sacs méthodiquement dont un sortit des bandages, des antiseptiques, des antidouleurs. Tu as de la chance que Luther ait réussi à terminer le transfert de données pendant que je te traînais jusqu'à la voiture.
La culpabilité noua l'estomac d'Ethan. Il détestait mettre son équipe en danger, détestait encore plus quand ils devaient le secourir.
- Je suis désolé. J'aurais dû être plus prudent.
- Oh, tais-toi, on sait tous les deux pourquoi tu prends tous ces risques…
Tout en parlant, Benji sortit également des sandwichs emballés et une bouteille d'eau.
- Quand as-tu mangé pour la dernière fois ?
Ethan dut réfléchir, ce qui était probablement une mauvaise réponse en soi. Benji leva les yeux au ciel.
- C'est bien ce que je pensais.
Il s'approcha du lit, posant les provisions sur la table de nuit.
- Allez, montre-moi cette blessure.
- Ce n'est pas nécessaire, grommela Ethan, mais il se redressa tout de même, grimaçant quand le mouvement tira sur les points de suture improvisés qu'il s'était fait quelques heures plus tôt.
Benji s'assit au bord du lit et écarta doucement le t-shirt taché de sang. Ses doigts étaient délicats sur la peau meurtrie.
- Tu appelles ça « pas nécessaire » ? Ces points sont affreux, même pour toi.
Il y avait de la tendresse dans sa voix malgré le reproche. Ethan ferma les yeux, laissant Benji nettoyer la plaie avec des gestes précis. La douleur s'estompa progressivement sous ses soins attentifs. Il savait bien que les points étaient loin d'être parfaits, sa main tremblait trop pour les réussir.
- Tu n'es pas obligé de faire ça, murmura-t-il après un moment.
- Je sais, répondit Benji en appliquant un nouveau bandage avec soin, mais c'est ce que font les amis. Même quand lesdits amis sont des idiots têtus qui pensent pouvoir gérer une blessure par arme blanche tout seuls.
Ethan esquissa un sourire malgré lui. La présence de Benji réchauffait quelque chose en lui, apaisait cette solitude qu'il s'imposait par habitude. Par précaution. Par peur, peut-être…
- Merci, dit-il doucement.
Benji termina le bandage et tapota légèrement son épaule.
- Mange ton sandwich et prends ces antidouleurs avant que je ne décide de te les faire avaler de force.
- Tu deviens tyrannique, observa Ethan en acceptant docilement le sandwich et les médicaments.
- Quelqu'un doit bien l'être, puisque tu es incapable de prendre soin de toi-même, répliqua Benji avant de s'installer dans le fauteuil élimé près du lit, sortant son propre sandwich. Je reste ici cette nuit et ne discute pas.
En effet, Ethan ne discuta pas. Le sandwich était simple mais c'était le meilleur repas qu'il avait eu depuis des jours. Les antidouleurs commencèrent à faire effet, enveloppant ses pensées d'un brouillard cotonneux. Il observa Benji qui pianotait sur son téléphone, probablement pour rassurer le reste de l'équipe, à commencer par Luther…
La chambre de motel était toujours aussi miteuse, le néon continuait de clignoter dehors, mais la présence de son ami rendait tout plus supportable. Plus chaleureux. Plus sûr…
- Dors, dit doucement Benji sans lever les yeux de son écran. Je monte la garde.
Ethan frémit, hocha la tête et se laissa glisser dans le sommeil, bercé par le bruit familier des doigts de Benji sur le clavier et la certitude réconfortante de ne plus être seul.
