24. Retrouvailles
Les éléments en italique sont des répliques reprises directement du livre "Harry Potter et Le prisonnier d'Azkaban" de J.K. Rowling
Le lendemain, Harry, Drago et Millicent montent des escaliers menant à la grande salle en discutant encore de l'étrange rencontre de la veille. Tous trois sont encore chamboulés de cette rencontre, si bien qu'ils discutent sans faire attention aux paroles des autres. Harry, distrait, s'arrête net lorsqu'il entend des éclats de voix familiers près de l'entrée de la Grande Salle. Drago lève les yeux aux ciel et place ses mains dans ses poches en comprenant qu'il s'agit une fois de plus d'une dispute entre Hermione et Ron. Millicent pince les lèvres et tente de ne pas prêter attention, contrairement à Drago et Harry, qui sont pressés de connaître le nouveau sujet de dispute que les deux rouge et argent ont choisi. En regardant autour d'eux, Harry et ses amis remarquent que les cris des deux Gryffondors attirent déjà les regards de plusieurs élèves.
— Tu crois que c'est une coïncidence ? crie Ron en pointant Hermione du doigt. Croutard a disparu, et ton horrible chat est encore responsable, Hermione !
Hermione croise les bras, tremblante de frustration. Elle ne baisse pas les yeux.
— Tu n'as aucune preuve ! Tu sais que Pattenrond n'aurait pas pu faire ça ! Peut-être que ton rat s'est enfui. Il semblait malade depuis des semaines, Ron !
Ron serre les poings, visiblement prêt à éclater.
— Malade ? C'est ça ton excuse ? Il y avait du sang dans le dortoir ! Pattenrond l'a tué, et tu refuses même de l'admettre !
Harry, Drago, et Millicent échangent un regard. Les pièces du puzzle se mettent en place dans l'esprit de chacun, et une certitude glaçante les traverse. Drago hausse un sourcil, avant de se pencher vers Harry.
— Eh bien… On dirait que Pettigrow a senti que le vent tournait. Quel lâche. Il a simulé sa propre mort, encore une fois.
— Il sait qu'on est sur ses traces, ajoute Millicent d'un ton sec tout en observant du coin de l'œil la dispute entre son amie et Ronald. Il doit déjà être loin maintenant… Mais on pourrait peut-être encore le rattraper.
Harry, les sourcils froncés, fixe Ron avec intensité, tandis que celui-ci continue de verser son venin sur Hermione. Celle-ci se défend plutôt bien, ce qui rassure Harry.
— S'il a laissé du sang, c'est pour qu'on pense qu'il est mort, murmure Harry entre ses dents. Exactement comme la dernière fois.
Drago acquise, un sourire moqueur se dessine sur son visage.
— Évidemment. Pettigrow est un maître dans l'art de fuir en semant le chaos derrière lui. Mais cette fois, il ne nous échappera pas.
— Tu ne fais que blâmer mon chat pour tout ! S'exclame bruyamment Hermione, incapable de contenir sa frustration plus longtemps. Peut-être que Croûtard a fui parce qu'il en avait assez de toi !
Ron écarquille les yeux, la bouche ouverte, cherchant une réponse à envoyer à sa camarade de dortoir. Harry, Drago, et Millicent en profitent pour s'approcher discrètement.
— Weasley, intervient Drago avec un sourire narquois, tu ne devrais pas être surpris. Après tout, ce n'était qu'un rat, non ? Peut-être qu'il a juste trouvé une meilleure cachette.
Ron se tourna vers lui, les joues encore plus rouges de colère.
— Ferme-la, Malefoy. Qu'est-ce que tu en sais, toi ?
Drago hausse les épaules avec désinvolture. Harry l'interrompt avant que les choses ne dégénèrent.
— Ça suffit, dit-il d'un ton dur en regardant Drago. Il se tourne ensuite pour regarder Hermione et Ronald.
— Vous devriez arrêter de vous disputer. Croutard n'est pas mort.
Ron le regarde, confus.
— Quoi ? Comment tu peux savoir ça, Potter ?
Harry hésite une seconde. Ce n'est clairement pas le moment de tout expliquer.
— Appelle ça une intuition. Mais si j'étais toi, je chercherais ailleurs au lieu d'accuser Hermione.
Avant que Ron puisse répondre, Harry fait signe à Drago et Millicent. Ils s'éloignent pour se diriger vers leur table, tandis que Hermione se dirige furieusement vers la sienne. Lorsqu'ils sont hors de portée des oreilles curieuses, Drago se tourne vers lui.
— Alors, Potter, qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Pettigrow ne va pas rester près du château longtemps. Il sait qu'on est trop proches.
Harry serre les poings. Son ami a raison. :
— On le retrouve, répond-t-il avec détermination. Cette fois, on ne le laissera pas fuir, répond simplement Harry en serrant les poings, déterminé.
— Tu veux vérifier qu'il est bien sur la carte, demande Millicent en regardant son ami à la cicatrice.
— Si ça vous rassure, allez-y, mais il ne peut pas aller bien loin, assure Harry en se servant un peu de porridge.
Drago lance machinalement la carte en direction de Millicent, qui la pose sur ses genoux pour l'ouvrir en toute sécurité. Étant donné qu'on est dimanche, seul très peu d'étudiants sont déjà debout, et seuls trois serpents de cinquième année sont présents à leur table. Comme ils sont bien plus loins d'eux, Millicent prononce doucement la formule pour laisser apparaître le plan de l'école. Pendant quelques secondes, elle fouille la carte du regard.
— Les gars ?
— T'as fait un mouvement incroyable hier pendant le match, tu t'es grave amélioré.
— Ouais, mais j'ai aussi eu le temps de voir les regards que tu lançais vers l'attrapeuse serdaigle !
— Les gars !
Drago et Harry se tournent vers Millicent comme un seul homme et lui offrent un regard interrogateur.
— Il n'est plus là.
— Qu'est ce que tu veux dire ? Drago se rapproche de Millicent pour regarder à son tour. Plus ses yeux parcourent les couloirs de Poudlard, plus son visage blêmit, ce qui ne rassure en aucun cas Harry.
— Il a disparu, souffle le blond en levant un regard paniqué en direction de Harry.
Millicent tend la carte à Drago, qui l'attrape et la pose directement sur la table pour continuer à chercher activement le nom de Peter Pettigrow. Il voit clairement Ron se diriger vers la tour Gryffondor, il remarque qu'une fois de plus, Dumbledore fait les cent pas dans son bureau et la plupart des élèves sont encore dans leurs lits. Le rat ne se trouve pas dans le château.
Harry, immobile, fixe Hermione, seule à sa table. Elle mange seule, en lisant un livre. Harry se prépare à se lever pour aller lui parler de ce qu'il se passe avant de remarquer que Parvati et Brown se dirigent vers elle. Trop tard. Un mélange de colère et d'inquiétude bouillonnent en lui.
— On a attendu trop longtemps. On aurait dû agir hier soir.
Millicent pose une main sur son épaule.
— Ce n'est pas de ta faute, Harry. Mais maintenant, on doit réfléchir vite. Si Pettigrow est parti, il n'a pas dû aller bien loin.
Drago, les poings serrés, se tourne vers Harry.
— On ne peut pas le laisser s'en tirer. Pas après tout ce qu'il a fait à ta famille.
— On ne le laissera pas s'échapper. Cette fois, il va payer, affirme Harry en hochant lentement la tête.
Durant toute la semaine, Harry et ses amis tentent de se concentrer sur les différents cours. Malheureusement, les trois serpentards n'arrivent pas à se sortir de la tête que le coupable du meurtre des parents de Harry se ballade quelque part autour du chateau. Ils se retiennent tous les soirs de sortir pour longer la forêt interdites, certains que Peter fuirait définitivement s'il les voit rôder. De plus, s'il se trouve réellement autour de la forêt interdite, Sirius pourrait peut-être l'intercepter…
Comme promis, le vendredi soir suivant, Harry se rend devant le saule cogneur, accompagné de Drago. Millicent voulait également venir, mais il leur fallait quelqu'un pour les couvrir. Le paysage que Harry découvre lui arrache un petit sourire triste. La lune est haute dans le ciel, croissante. Il aurait aimé pouvoir apprécier ce qui se trouve devant lui. Cependant, des choses plus importantes l'attendent. Une fois une longue branche en main, il commence à stresser. Et si rencontrer une nouvelle fois l'évadé de Azkaban était une mauvaise idée ? Harry prend une grande respiration, ferme les yeux et expire. Ce qu'il fait, il le fait pour ses parents et pour Marlène. Il ne peut pas les décevoir. Il ne peut pas laisser ce traître de Pettigrow courir dans la nature et il peut encore moins ne pas soutenir un homme enfermé à tort durant douze longues années.
— Prêt, souffle Harry, les yeux rivés vers la petite entrée qui se trouve sous le saule.
— Prêt, confirme Drago en hochant la tête.
Dans des gestes maladroits, Harry réussit finalement à actionner le mécanisme. Immédiatement, l'arbre cesse de bouger, ce qui impressionne les deux étudiants. Il se regardent trente seconde avant de hocher la tête et de se faufiler sous les branchages pour accéder au passage secret.
— C'est si petit, grogne Drago en époussetant sa manche, sur laquelle est tombé un peu de terre.
— Allez viens, on avance…
Drago et Harry s'avancent dans le tunnel assez rapidement, pressé de sortir. Le plafond comme le sol est fait de terre, ce qui leur donne l'impression qu'il pourrait s'effondrer à tout instant.
— On aurait dû dire à Sev ou on va, se plaint Drago en ne voyant toujours pas le bout du tunnel.
— Surement pas, s'offusque Harry en coulant un regard furieux vers le blond.
— On y est presque !
En apercevant la trappe devant lui, Harry sourit. Enfin, le bout est là. Il la soulève et pénètre dans la cabane hurlante. Tout est poussiéreux. En soufflant sur un meuble, un nuage gris se soulève. Drago éternue et se passe une main sous le nez. Le blond ne comprend pas beaucoup de choses. Comment est-ce que Black pouvait connaître ce passage secret ? Pourquoi a-t-il donné rendez-vous à son ami ici, et non pas comme la dernière fois, dans la forêt interdite ?
— Sirius ?
Harry appelle son parrain doucement, ne sachant pas à quel point on peut l'entendre de l'extérieur. A leur gauche, Drago pousse légèrement la porte pour regarder ce qu'i l'intérieur. Des meubles une fois de plus couverts de poussières sont présent, ce qui le fait grimacer.
— Black ?
Harry ouvre la deuxième porte présente sur le palier. Là, il remarque une large cheminée dans laquelle rien ne brûle, ainsi qu'un lit couvert d'une couverture miteuse. Là, installé sur le lit, Sirius Black dort. Assis sur le lit, le dos contre le mur, l'homme à la tête qui pend sur son épaule droite. Un léger sifflement confirme aux deux ami que l'évadé est encore vivant.
— Sirius, on est là, indique plus fort Harry, se refusant de le toucher sans le connaître suffisamment. De plus, il a l'air sale. Les yeux de celui-ci s'ouvrent d'un coup. Il se redresse brusquement et se cale encore plus contre le mur avant de se rendre compte que son filleul se trouve en face de lui. Il pousse un soupir de soulagement et détend ses épaules avant de leur offrir un petit sourire.
— Bonjour les enfants, comment allez-vous, demande l'ancien prisonnier.
— Est-ce que ton animagus, c'est un sinistros, demande immédiatement Harry en se rappelant de la taille impressionnante du chien dont l'homme en face de lui peut prendre la forme.
Sirius hausse les sourcils, surpris, mais affiche un sourire coquin.
— Et bien c'est vrai que je suis plutôt grand, certaines personnes pourraient le penser, avoue-t-il.
Harry reste un instant interdit face à l'assurance un peu malicieuse de Sirius, mais Drago, lui, n'a pas la patience de laisser traîner les choses. Il s'avance d'un pas et se place légèrement devant Harry, dans une posture protective. Sirius est encore un criminel, même s'il est le parrain de Harry.
— Écoutez-moi bien, commence-t-il avec un ton glacial. On n'est pas là pour échanger des plaisanteries. Croutard a disparu, et on sait tous ici qui il est vraiment. Si vous avez une idée d'où il pourrait être, parlez. Maintenant.
Sirius arque un sourcil, mais son sourire s'efface. Il passe une main nerveuse dans ses cheveux emmêlés. Leur longueur impressionne Harry, qui n'arrive pas à arrêter de le fixer.
— Croyez-moi, si je savais où se trouve Pettigrow, il ne serait déjà plus un problème, dit-il en posant son regard fatigué sur Drago, puis sur Harry. Mais ça veut dire qu'il sait qu'on est après lui. C'est mauvais. Très mauvais.
Harry, bien qu'un peu intimidé par le ton direct de Drago, s'avance à son tour.
— Il a disparu juste après le match Serdaigle-Gryffondor. Hermione et Ron se disputaient à cause de ça devant la Grande Salle, explique-t-il en serrant ses mains pour cacher leur tremblement. Vous pensez qu'il s'est échappé à cause de vous ?
Sirius baisse les yeux, son visage tordu dans une grimace que ni Harry ni Drago ne savent identifier. Honte, regret ?
— Probablement. La dernière fois, quand j'ai essayé de l'attraper dans la tour de Gryffondor, j'ai dû le mettre sur ses gardes. Il sait que son secret n'est plus sûr ici. Ce rat... Il a toujours été un lâche.
— Et maintenant, il peut être n'importe où, murmure Drago, croisant les bras, l'air sombre. Génial.
Sirius fixe Harry un instant, comme s'il évaluait quelque chose, puis se redresse légèrement. Don dos se décolle du mur et il croise les bras sur sa poitrine.
— Écoutez, je ne peux pas courir après lui seul. Il va falloir qu'on agisse vite, ensemble. J'ai demandé à ce qu'on se retrouve tous bientôt. Mary, Marlène, et Lupin… ils peuvent nous aider.
Harry écarquille les yeux.
— Vous avez parlé à Remus ? Et vous comptez impliquer Mary et Marlène ?
Sirius hoche lentement la tête.
— Remus et moi avons une histoire... compliquée. Mais il est l'une des seules personnes en qui je peux avoir confiance. Quant à Mary et Marlène, elles doivent savoir ce qui se passe. Je leur expliquerai tout. Elles méritent la vérité. Mais toi, Harry… tu es le centre de tout ça. On doit s'assurer que Pettigrew ne puisse plus te mettre en danger.
Harry déglutit, la mention de son rôle dans cette affaire pèse lourd sur ses épaules. Avant qu'il ne puisse répondre, Drago prend la parole, le regard noir fixé sur Sirius.
— Vous êtes sûr que ce n'est pas une excuse pour attirer Pettigrew juste pour vous venger ? Parce que si c'est le cas, je ne laisserai pas Harry risquer sa vie pour vous.
Sirius serre la mâchoire, visiblement piqué par l'accusation. Il ne réplique pas immédiatement et prend le temps de choisir ses mots pour ne pas blesser le fils Malefoy.
— Oui, je veux me venger, finit-il par admettre, sa voix grave et tranchante. Mais ce n'est pas tout. Si Pettigrew est en liberté, Voldemort a une chance de revenir. Et je ne laisserai pas ce monstre faire d'autres victimes. Pas après ce qu'il a pris à James et Lily.
Un silence tendu s'installe dans la pièce. Harry observe Sirius. Il essaie de discerner ses véritables intentions. Puis il se tourne vers Drago, qui soutient son regard un moment avant de soupirer et de détourner les yeux.
— Très bien, dit Harry à voix basse. On viendra à cette réunion. Mais si vous essayez de nous cacher quoi que ce soit…
— Je ne cacherai rien, l'interrompt Sirius, les yeux brillants d'une sincérité féroce. Je vous le promets.
— Vous avez intérêt, grince Drago, avant de tirer doucement Harry par la manche. Allons-y. Millicent va s'inquiéter.
Harry acquiesce, lançant un dernier regard à Sirius avant de suivre Drago vers le tunnel. Derrière eux, Sirius reste silencieux, ses pensées troublées, tandis que la cabane replonge dans l'obscurité et le calme. Harry et Drago sortent du passage secret en silence, le bruit étouffé de leurs pas résonnent dans l'air lourd de terre. Le retour leur semble encore plus interminable que l'aller car pas un seul mot n'est prononcé. Quand enfin ils atteignent la surface, l'air frais de la nuit leur arrache un soupir de soulagement. Les branches du Saule Cogneur ont déjà recommencé à s'agiter derrière eux.
— Tu crois vraiment qu'on peut lui faire confiance? murmure Drago, tout en époussetant un peu de terre sur sa manche.
Harry réfléchit quelques secondes, le regard rivé vers les lumières du château, visibles au loin.
— Je ne sais pas, avoue-t-il finalement. Mais il connaît mes parents. Il veut attraper Pettigrow. Je crois que… ça me suffit pour l'instant.
Drago pousse un soupir exaspéré, mais il n'insiste pas. Les deux garçons traversent rapidement le parc, veillant à éviter les fenêtres éclairées et à rester dans l'ombre des arbres. Une fois à l'abri dans le hall d'entrée, ils montent les escaliers menant aux cachots. Tout en se référant à la carte pour ne pas croiser de professeur dans les couloirs, leurs pas sont légers mais rapides.
Quand ils atteignent enfin leur salle commune, Millicent les attend dans un fauteuil près du feu, un livre posé sur ses genoux. Elle relève immédiatement la tête en les voyant entrer. Ses sourcils froncés trahissent son inquiétude.
— Alors? demande-t-elle sans préambule en fermant son livre d'un geste vif.
— On l'a vu, répond Harry en se laissant tomber dans un fauteuil en face d'elle.
— Et? insiste Millicent. Ses yeux passent rapidement de Harry à Drago.
Drago s'assoit sur l'accoudoir du fauteuil de Harry, l'air contrarié.
— C'était… étrange, commence-t-il. Black n'a pas l'air complètement fou, mais je ne sais pas. Je ne lui fais pas confiance.
— Il veut vraiment attraper Pettigrow, intervient Harry en croissant les bras. Il est obsédé par ça. Il pense qu'on devrait se revoir avec Mary, Marlène et Lupin pour essayer de le coincer.
Millicent hoche la tête, réfléchissant rapidement.
— Et toi? Tu lui fais confiance?
Harry hésite. Pendant de longues secondes. Son regard se perd dans les flammes dansantes du feu devant lui.
— Je ne sais pas encore, avoue-t-il. Mais il sait des choses sur mes parents que je ne peux apprendre nulle part ailleurs.
Millicent serre les dents, visiblement contrariée.
— Ce n'est pas une raison pour baisser ta garde, Harry. On ne sait pas ce qu'il a vécu à Azkaban, ni ce que ça lui a fait.
— Je sais, répond Harry, la voix un peu plus dure. Je fais attention, d'accord?
Un silence tendu s'installe, seulement troublé par le crépitement du feu. Finalement, Drago se lève d'un bond, agacé.
— Ce type est louche, déclare-t-il, les mains croisées dans le dos. Mais je suis là, Harry. S'il essaie quoi que ce soit, je te jure que je le ferai regretter.
— Moi aussi, ajoute Millicent avec détermination.
Harry leur adresse un faible sourire.
— Merci, murmure-t-il.
Il sait qu'il peut compter sur eux, et rien que cette pensée apaise légèrement le poids sur ses épaules. Mais au fond de lui, une inquiétude persistante demeure.
Harry a le sentiment de marcher sur un fil tendu entre plusieurs vérités qu'il n'a pas encore découvertes, et cela le tourmente. D'un côté, il se demande s'il peut réellement faire confiance à Sirius. Bien qu'il soit son parrain et qu'il semble sincère dans son désir de se venger de Pettigrow, Harry ne peut s'empêcher de se demander si cet homme, marqué par douze années à Azkaban, est encore pleinement lucide ou s'il est guidé par des émotions dévorantes. De l'autre, il ne peut ignorer que, malgré ses doutes, ce même sorcier est l'une des seules personnes encore vivantes qui puisse lui parler de ses parents sans filtre. Le jeune garçon est curieux, avide d'en savoir plus, mais il redoute aussi ce qu'il pourrait découvrir. Que se passera-t-il si les réponses qu'il cherche ne sont pas celles qu'il espère?
La disparition de Pettigrow ajoute une couche supplémentaire à son angoisse. S'il s'échappe pour de bon, Harry a l'impression qu'il aura échoué à protéger les gens qu'il aime: Marlène, Mary, Drago, Millicent et Sofia. Pettigrow pourrait représenter une menace imminente pour eux, et Harry ne peut en aucun cas se permettre de laisser le passé se répéter.
Cette nuit-là, alors qu'il s'allonge dans son lit, il sent cette inquiétude peser sur sa poitrine comme une pierre. Peut-il vraiment mener ce combat, un combat que ses parents ont payé de leurs vies? Et s'il n'était pas à la hauteur? Cette pensée le hante bien après que le sommeil ait envahi le dortoir des Serpentard.
Harry et ses amis n'ont pas à attendre bien longtemps avant que Hedwige ne viennent les voir, un message de la part de Sirius dans le bec. Millicent s'empresse de lui donner un peu d'eau et des graines tandis que Harry s'empresse d'ouvrir le petit bout de papier légèrement humide. "15 Février, 19 heures", indique seulement le message. Le survivant lève la tête vers ses amis et sourit. Tout se met en place, il ne reste plus beaucoup de temps avant que le traître ne soit attrapé. Le soir indiqué, Harry, Millicent et Drago quittent leur dortoir sous la cape d'invisibilité.
La cabane hurlante est éclairée par la lumière froide de la lune lorsqu'ils arrivent. Harry, Drago, Millicent saluent poliment Sirius avant de commencer à patienter dans l'atmosphère poussiéreuse, de la cabane. Les craquements du bois sous leurs pas sont les seuls sons qui rompent le calme tendu qui règne dans la pièce. Sirius ne peut s'empêcher de jeter des coups d'œil vers la porte, nerveux à l'idée de revoir ses anciens amis après tant d'années.
— Tu es sûr qu'ils viendront? demande Drago d'un ton sec, les bras croisés, son regard méfiant fixé sur Sirius.
— Ils viendront, affirme Sirius d'une voix rauque, bien qu'un brin d'incertitude perce dans son ton.
Un craquement sonore retentit soudain, indiquant un Transplanage. Harry sursaute légèrement et se retourne, son cœur battant. Trois silhouettes émergent de l'ombre: Marlène McKinnon, Mary MacDonald et Remus Lupin. La vue de leurs visages familiers soulage instantanément Harry.
— Harry! s'exclame Marlène en se précipitant vers lui, les bras ouverts.
Harry se laisse envelopper dans son étreinte chaleureuse et sent une vague de réconfort le submerger. Mary le rejoint aussitôt, posant une main douce et protectrice sur son épaule.
— Tu vas bien? demande-t-elle avec une inquiétude sincère dans la voix.
— Oui… ça va, répond Harry, sa voix plus calme qu'il ne l'aurait cru. Mais il faut qu'on parle.
Pendant ce temps, Sirius reste en retrait. Il observe Marlène et Mary, un mélange de nostalgie et de culpabilité dans son regard. Remus, plus calme, s'avance vers lui d'un pas lent, comme s'il évalue l'homme qui se trouve devant lui.
— Remus, murmure Sirius.
— Sirius, répond Remus, sa voix grave résonnant dans la pièce.
Ils s'observent en silence, leurs regards lourds de souvenirs partagés et de blessures profondes. Finalement, Remus tend une main hésitante, et Sirius l'attrape avec force, la secouant comme pour confirmer que son vieil ami est bien réel. Marlène ne bouge pas. Elle reste immobile tout comme son amie. Toutes deux dévisagent leur ancien ami avec stupéfaction.
— Sirius Black, lâche enfin Marlène d'un ton sec. Comment oses-tu… après tout ce temps?
La culpabilité traverse le visage de Sirius, et il baisse les yeux, incapable de répondre.
— Je veux dire… tu aurais pu nous prévenir, ajoute la jeune femme, une étincelle de reproche dans la voix.
Sirius relève la tête, son regard brûlant d'émotion.
— Comment? réplique-t-il. J'étais à Azkaban, Marlène ! Enfermé pour un crime que je n'ai pas commis!
— Et nous? rétorque-t-elle. Nous étions là, dehors, à chercher des réponses! Tu crois qu'on ne souffrait pas?
Harry, mal à l'aise, échange un regard inquiet avec Drago, qui serre les poings, visiblement agacé par la tournure des échanges. Mary finit par intervenir pour calmer les tensions.
— Ce n'est pas le moment de régler vos comptes, dit-elle fermement en croisant les bras. Nous avons une mission: protéger Harry et prouver l'innocence de Sirius.
Marlène hoche lentement la tête, apaisée par les paroles de Mary. Tous s'assoient autour d'une vieille table bancale, Sirius gardant un œil attentif sur Harry. Mary et Marlène sortent une pile de vieux journaux et de documents qu'elles ont ramenés.
— Nous avons découvert des indices, commence Marlène en posant la pile de documents sur la table.
Elle explique avoir trouvé des preuves dans les archives de St. Mangouste et les vieux journaux : Pettigrow, supposé mort, aurait été hospitalisé pour une blessure qui pourrait correspondre à une morsure de loup-garou. Elle montre aussi des photos où un rat gris, suspecté d'être Pettigrow, apparaît furtivement dans des lieux fréquentés par des familles pro-mangemorts.
— Ce rat a été aperçu près de l'entrepôt abandonné à l'extérieur de Pré-au-Lard, explique Mary. On pense qu'il s'y cache régulièrement.
Sirius serre les dents, sa mâchoire contractée. Sur chaque photo, il observe les pattes du rat et constate. Il lui manque toujours un doigts.
— Ça suffit! rugit Drago soudainement, son regard fusillant Sirius. Vous êtes ici pour parler de Pettigrow, pas pour vous quereller ou ressasser le passé!
Le ton protecteur de Drago surprend Marlène, qui jette un coup d'œil à Harry. Elle se rend compte que, malgré sa méfiance initiale envers Drago, le jeune Malfoy est prêt à tout pour protéger son ami.
— Drago a raison, murmure Harry. On doit se concentrer sur ce qui compte vraiment. Pettigrow est dehors, quelque part, et il faut l'arrêter.
Sirius hoche la tête.
— Tu as raison, Harry, dit-il doucement. Et pour ça, il faut un plan.
Pendant une demi-heure qui ressemble des heures à Harry, les adultes commencent à discuter des différentes possibilités de plans. Qu'est ce qui pourrait faire sortir le rat de sa cachette, comment faire en sorte qu'il ne puisse pas s'enfuir. Pourtant, il est clair pour le survivant que la discussion n'avance pas. Il observe la lueur vacillante des bougies illuminer les visages tendus autour de la table bancale. Les feuilles annotées, les plans griffonnés et les articles jaunis par le temps s'empilent sur le bois usé.
— Nous devons agir vite, insiste Sirius, le regard fixé sur la carte déployée devant lui. Pettigrow sait qu'on est sur sa trace. S'il se sent acculé, il disparaîtra à jamais.
Marlène croise les bras, son regard perçant rivé sur Sirius.
— On est tous d'accord là-dessus, mais se précipiter pourrait être encore pire. Pettigrow est rusé. Il a survécu en se cachant pendant douze ans. Si on veut l'avoir, il faut le piéger.
— Marlène a raison, intervient Mary d'une voix calme mais ferme. On a besoin d'un plan précis. Une fois qu'on saura où il est, on devra bloquer toutes ses issues.
Drago, adossé au mur, scrute Sirius avec méfiance.
— Et que fera-t-on une fois qu'on l'aura? grogne-t-il. Lui sauter dessus comme des imbéciles?
Sirius fixe Drago, son regard intense.
— Une fois qu'on l'aura, je m'assurerai qu'il ne puisse plus jamais fuir, murmure-t-il, un éclat sombre dans les yeux.
— Ce n'est pas une solution! proteste Millicent, assise près de Harry. On doit le capturer et prouver son identité. Sinon, ça ne servira à rien.
Harry, jusque-là silencieux, prend la parole d'un ton décidé:
— On doit le coincer et l'amener devant Dumbledore. Lui seul pourra convaincre le ministère qu'il est en vie. Mais pour ça, il faut le prendre par surprise.
— Si on sait qu'il retourne régulièrement à l'entrepôt abandonné, on peut le surveiller.
— Et l'attirer, ajoute Remus, qui s'était montré discret jusque-là. Pettigrow ne viendra pas si on le traque ouvertement. Il faudra un appât.
Tous les regards se tournent vers Sirius, mais c'est Harry qui s'exprime le premier:
— Moi.
— Hors de question! rétorque Drago aussitôt, se redressant brusquement.
— Il a raison! s'indigne Millicent. On ne te mettra pas en danger, Harry.
— Ce n'est pas dangereux! réplique Harry, son ton s'élevant légèrement. Pettigrow ne me fera rien. Il sait que je suis trop important pour Voldemort.
— Et s'il panique? interroge Marlène en fronçant les sourcils. On ne sait pas de quoi il est capable s'il se sent menacé.
— Il ne paniquera pas si on lui fait croire que je suis seul, répond Harry avec assurance.
Sirius tape du poing sur la table, attirant l'attention de tous.
— Non! Je refuse que tu prennes ce risque, Harry. Je n'ai pas passé douze ans à espérer te revoir pour te perdre maintenant.
Le silence retombe, pesant. Finalement, Remus s'éclaircit la gorge.
— Et si Harry était l'appât… mais que nous étions en embuscade? propose-t-il. Pettigrow croira qu'il est seul, mais il ne pourrait pas s'échapper.
Marlène hoche la tête, visiblement plus rassurée par cette idée.
— On pourrait utiliser un sortilège de désillusion pour rester cachés, suggère-t-elle.
— Et des barrières anti-Transplanage pour bloquer ses voies de fuite, ajoute Mary en réfléchissant à voix haute.
— C'est faisable, mais il faudra agir vite, commente Sirius, le ton soudain grave. Si quelque chose tourne mal…
— Rien ne tournera mal, l'interrompt Harry. On fait ça ensemble.
Drago, bien qu'encore réticent, finit par acquiescer en croisant les bras.
— Si ça tourne mal, je te jure que c'est moi qui irai chercher Pettigrow, marmonne-t-il, lançant un regard furieux à Sirius.
— Attendez, s'exclame Millicent, c'est juste pas réalisable du tout ! On n'a plus du tout de week end prévu à Pré-au-lard, Harry ne pourra en tout cas pas se retrouver là-bas !
Tous échangent un regard déçu. La jeune fille a raison, il est impossible d'impliquer physiquement Harry et ses amis dans ce plam.
— D'accord, dit-il finalement Sirius, il nous faut donc autre chose.
Pendant quelque seconde, personne ne parle autour de la table. Chacun réfléchit à un nouveau plan. Harry sourit. Mary et Marlène cherchent activement à l'aider dans sa quête de la vérité concernant la mort de ses parents, et cela le remplit de joie. Le seul point négatif du tableau est que Sofia n'est pas présente ce soir.
— Pettigrow est un lâche, mais pas un imbécile, déclare finalement Remus. Si on veut l'attraper, il faut l'isoler, le contraindre à se montrer.
Harry s'appuie contre un meuble et croise les bras, la mine sombre.
— Oui, mais pas avec une simple embuscade. Il trouverait un moyen de fuir.
Marlène, les yeux plissés, intervient :
— Alors, il faut jouer sur sa paranoïa. Lui donner une raison de sortir de sa cachette. Et si on le forçait à croire qu'il est déjà en danger ?
L'idée intrigue immédiatement l'assemblée.
— Exactement, s'exclame soudain Millicent avec un sourire rusé collé aux lèvres. On pourrait lui faire croire que Voldemort doute de sa loyauté. S'il pense que sa vie est en péril, il viendra chercher refuge ou tenter de s'expliquer.
Drago, adossé contre le mur, est bien plus sceptique.
— Et comment compte-on lui faire croire ça ? Pettigrow n'est pas du genre à croire n'importe quoi.
Sirius, jusque-là silencieux, s'avance.
— Si on utilisait une lettre falsifiée, signée de la main d'un Mangemort, propose-t-il en observant une photo de Lucius Malefoy qui se trouve sur l'un des journaux posés sur la table. Avec le bon sortilège d'authenticité, il n'y verrait que du feu.
Marlène et Remus se regardent et hochent la tête, tous deux certain qu'il s'agit d'une idée qui tient bien plus la route que la première.
— Une lettre pourrait marcher, dit lentement Marlène en attrapant du papier, déjà en train d'imaginer ce qui pourrait y être écrit. On pourrait y glisser une directive urgente, lui ordonnant de se rendre à un endroit précis pour prouver sa loyauté... mais il faudra choisir ce lieu avec soin.
— On pourrait l'attirer dans un endroit où il ne pourrait pas utiliser ses pouvoirs, propose Drago en observant à son tour la table sur laquelle trône de nombreux articles. Une zone sous l'effet d'un sortilège d'entrave magique.
— Une clairière, annonce finalement Mary. Isolée, facile à surveiller, et suffisamment éloignée pour qu'il n'ait pas de renforts à proximité.
Les discussions se poursuivent, chaque détail du plan étant minutieusement élaboré. La lettre serait écrite à la main, avec un style imitant celui de Lucius Malefoy, et ensorcelée pour convaincre Pettigrow de son authenticité. L'endroit choisi serait une clairière entourée de sortilèges de confinement, empêchant toute tentative de Transplanage ou de transformation en Animagus. Après plusieurs heures de préparation et de discussion sur les détails, tout est prêt. Ne manque que la date de réalisation.
— On est prêts, conclut Mary en rassemblant les papiers. Pettigrow ne sait pas encore à qui il a affaire.
— Nous avons assez de preuves pour montrer qu'il n'est pas ce que les gens pensent, non ? lance Marlène, les yeux fixant Sirius avec insistance.
Sirius, d'un mouvement las, passe une main dans ses cheveux épars, son regard sombre désormais remplis d'espoir.
— On va le retrouver, Marlène, je ne compte pas l'abandonner. Sa voix se fait plus basse, et il tourne son regard vers Mary, comme s'il cherchait son approbation.
Mary, les bras croisés, est immobile. Elle fixe les papiers entre ses mains avant de relever les yeux pour fixer Sirius.
— C'est un homme qu'on cherche, pas un simple rat... Même si ce rat est le plus grand traître qu'il ait jamais existé. Son ton, sans être accusateur, porte une lourde charge de reproche. Depuis le début, tout le monde parle de Pettigrow comme d'une affaire à régler. Il s'agit en réalité également d'un sorcier. Qui a été un jour leur ami, qui plus est.
Mary est celle qui, jadis, avait partagé tant de secrets avec Peter. Elle avait cru en lui, avait vu en lui une âme perdue, bien différente de l'image qu'il donnait. Le fait de devoir l'affronter à présent lui fait mal, d'une douleur indicible qu'elle n'a jamais accepté.
— Mary… commence Sirius, son regard plongé dans le sien. Mais la blonde détourne les yeux, ne voulant pas encore tout admettre.
Quelques minutes plus tard, Sirius et Remus se serrent une nouvelle fois la main, autant pour tenter de se pardonner l'un et l'autre que pour se promettre de venger la mort de leurs amis. Mary et Marlène attrapent Harry dans un coin pour demander de ses nouvelles, puis, chacun repart d'où il est venu. Un code secret a été décidé, et dès que le plan pourrait se mettre en marche, tout le monde se rejoindrait dans la forêt interdite. Harry, Drago et Millicent empreinte le passage secret puis se munissent de la cape d'invisibilité afin de se rendre au château, complètement épuisés par cette nuit blanche. Une fois devant leur petit déjeuné, ils n'échangent pas un seul mot. Ils ont tous bien trop réfléchi durant la nuit pour encore pouvoir une pensée cohérente.
— J'adore les samedis, marmonne Harry en se traînant à son dortoir pour se jeter sur le canapé et fermer les yeux.
Ses amis n'ont même pas le courage de se moquer de sa bêtise que eux aussi, tombent de sommeil. Les trois amis commencent enfin à dormir vers huit heures trente du matin, alors que tout le monde dans le château commence à peine à se réveiller.
Le lundi matin, le ciel est d'un gris terne, et Harry ne peut que contempler les nuages lourds à travers la fenêtre de la salle de Divination. Il n'a pas dormi correctement pendant tout le week-end, rongé par ses pensées et l'angoisse que Croûtard ne réapparaisse pas. Les événements récents, les secrets, l'incertitude, et la présence constante de la menace de Pettigrow semblaient le hanter à chaque instant. Quand il entre dans la salle de Divination, il est épuisé, à bout de forces. Tout ce qu'il veut, c'est oublier, ne serait-ce qu'un moment.
La lumière tamisée des lampes suspendues enveloppe la salle de Divination d'une étrange chaleur oppressante. L'air est lourd, saturé des parfums d'encens qui rendent Harry encore plus nauséeux que d'habitude. Il s'efforce de garder les yeux ouverts, mais la fatigue pèse lourd sur lui. Chaque clignement lui donne envie de s'effondrer sur la table ronde devant lui.
Millicent, assise à ses côtés, le fixe du coin de l'œil. Même si elle ne dit rien, Harry sent son inquiétude. Les dernières semaines l'ont vidé de toute son énergie : les recherches sur Pettigrow, les discussions nocturnes avec Sirius et les tensions qui s'accumulent autour de lui. Il se sent à bout.
En face de lui, Ron et Hermione chuchotent. Hermione, visiblement exaspérée par le cours, feuillette son manuel avec une grimace, tandis que Ron se penche en avant pour tenter de lire les lignes de sa main. À la table voisine, Pansy et Daphné gloussent. Elles inventent probablement des prédictions absurdes pour s'amuser.
Mais Harry n'écoute rien de tout cela.
— Harry, mon cher garçon, puis-je voir ta tasse ? La voix de Trelawney, fluette et mystérieuse, perce le brouhaha ambiant.
Harry serre les dents. Elle est déjà venue le voir deux fois depuis le début du cours, et chaque fois, elle a trouvé une nouvelle catastrophe à prédire dans son avenir. Avec un soupir agacé, il pousse sa tasse de thé à moitié vide vers elle. Trelawney s'en empare avec des gestes théâtraux. Elle inspecte les feuilles de thé qui reposent au fond en faisant différentes mimiques avec son visage.
— Oh… murmure-t-elle. Son visage se déforme d'un mélange de fascination et de terreur. Je vois… une ombre terrible qui plane au-dessus de toi, Harry. Un grand danger se rapproche… Oui, je vois la mort. Elle te suit de près…
Le sang de Harry ne fait qu'un tour. Il serre les poings sous la table. Il est déjà à bout de nerfs, et cette prophétesse amateur en rajoute encore.
— Peut-être est-ce le sinistros, cette grande silhouette noire qui hante tes pas, continue Trelawney, les yeux agrandis derrière ses lunettes rondes.
— Ça suffit, lâche Harry, la voix glaciale.
La salle se fige. Même Pansy et Daphné cessent de glousser. Millicent le fixe avec un mélange d'étonnement et d'inquiétude. Trelawney cligne des yeux, surprise par le ton de Harry.
— Pardon ?
— J'ai dit, ça suffit, répète Harry en se levant brusquement. Sa chaise racle le sol dans un bruit strident, attirant le regard de toute la classe.
— Vous ne faites que dire n'importe quoi ! Vous ne voyez rien du tout. Tout ce que vous faites, c'est nous remplir la tête de vos absurdités pour nous faire peur.
Un murmure choqué parcourt la salle. Lavande et Parvati froncent les sourcils, manifestement mécontente qu'il ose insulter leur matière préférée.
— Harry, calme-toi, murmure Millicent. Mais il ne l'entend pas.
— Je suis fatigué de vos soi-disant visions, crie-t-il, le visage rouge de colère. Vous ne savez rien de moi. Vous ne savez rien de ce qui se passe réellement. Alors arrêtez de jouer les voyantes et concentrez-vous sur quelque chose d'utile, pour une fois !
Trelawney recule d'un pas, choquée par l'explosion de Harry. Elle ouvre la bouche, mais aucun son ne sort.
— Je quitte ce cours, hurle Harry. Je ne reviendrai pas. Je ne vais pas perdre mon temps à écouter des âneries alors que j'ai des choses beaucoup plus importantes à gérer !
Sans attendre de réponse, il attrape son sac et quitte la salle en trombe, la trappe claquant derrière lui.
Dans le couloir, il s'arrête, le souffle court. Il s'adosse contre le mur et regarde ses mains tremblantes. Il serre les poings pour se calmer, mais les mots de Trelawney résonnent encore dans sa tête.
Millicent le rejoint quelques instants plus tard. Elle referme la trappe doucement derrière elle.
— Harry, qu'est-ce qui t'arrive ? Tu n'es pas toi-même…
— Je n'en peux plus, Millicent, souffle-t-il, la voix brisée. Tout ce qui se passe… Pettigrow, Sirius, tout ça… Et elle, là-dedans, qui passe son temps à prédire ma mort. Je n'en peux plus.
Millicent ne répond pas tout de suite. Elle pose une main légère sur son bras.
— Tu n'es pas obligé d'affronter tout ça tout seul. On est là, Drago et moi. On est avec toi.
Harry hoche la tête, mais il ne répond rien. Les paroles de Millicent le réconfortent un peu, mais l'angoisse qui l'habite refuse de disparaître.
