Capitaine de Starfleet

Chapitre 27:

Le choc de l'uniforme

Harias profita de sa permission pour s'occuper de Severus, pour l'aider à appréhender un monde très différent de tout ce qu'il avait connu. Christopher l'avait accompagné. Il avait tenu à les présenter d'une manière plus détendue dés qu'il avait pu. Et lorsqu'il les voyait l'un à côté de l'autre, il ne pouvait que sourire. Voir les deux personnes les plus importantes de sa vie ensemble était un bonheur. Il avait d'une part son père de cœur, son protecteur, et de l'autre son compagnon, son amour. Il avait expliqué à Severus son histoire avec Christopher depuis que l'Irae l'avait trouvé. Il avait dit qu'ils étaient ensemble et il avait dit que l'amiral en savait bien plus que les autres sur lui. Harias avait été ravi de les voir s'entendre facilement. Rapidement, il serait reparti avec le Discovery et il ne serait plus là pour Severus. Christopher avait promis qu'il l'aiderait et qu'il veillerait sur lui. Il avait donc voulu qu'ils puissent apprendre à se connaître avant qu'il ne reparte en mission.

Ses deux semaines de permission étaient passées à toute vitesse, son temps partagé entre son compagnon et son protecteur. S'il avait toujours un peu de mal à quitter Christopher, il eut également de la peine à quitter Severus. Mais il se rassurait en sachant que son compagnon serait là pour l'aider et veiller sur lui, en sachant qu'ils pouvaient rester en contact à distance. De retour sur le Discovery, le commandement programma des réunions pour faire un point complet sur la mission du réacteur mycélien dans la réalité de l'empire terriens. On avait eu le temps de lire tout les rapports, d'analyser une bonne part des informations et on termina de dresser le dossier complet. Ne voulant pas que cette mission s'ébruite, ce fut aux équipes scientifiques du Discovery que fut confiée l'analyse de toutes les données anthropologiques et technologiques qu'ils avaient ramenées, cela comprenant les informations sur le Défiant.

Cette affaire définitivement close, on se pencha sur le premier problème du Discovery: reconstituer sa serre et sa réserve de spore. C'était pour régler cela qu'ils étaient présentement en route pour le système Veda. Ce fut alors qu'ils étaient en distorsion et en pilote automatique que Harias rassembla tout ceux qui avaient été sur la passerelle le jour de leur passage sur Gaïa. Cela comprenait l'équipe de la passerelle, Culbert, Tilly, Stamets, Khan et Burnam. Ils n'avaient pas encore reparlé de l'épisode mais il tenait à le faire.

- Bien, dit-il une fois la porte fermé. Maintenant que nous avons un peu de temps, commença-t-il en se postant devant eux, parlons de notre passage près de Gaïa. Je sais que vous avez de nombreuses questions avec ce que vous avez vu. La directive du secret des peuples tient toujours mais je suis prêt à répondre à quelques questions. Alors allez-y.

- Vous étiez humain à l'origine? commença Khan sans l'hésitation que les autres avaient.

- Oui, confirma-t-il. L'adolescent brun que vous avez vu était moi même à 17 ans. En réalité, les mezoriem ne sont pas une espèce comme les autres. On ne naît pas mezoriem, on le devient après une transformation particulière. Cette transformation est complètement naturelle. On pourrait être tenté d'y voir un genre de manipulation génétique mais ce n'est pas le cas. Il s'agit d'une capacité parfaitement naturelle, celle d'une entité unique en son genre. Elle est immortelle, immensément ancienne, bien plus que n'importe quelle autre espèce connue. Elle est unique et ne peut se reproduire. On considère qu'il a deux type de formes de vie dans l'évolution: celle qui se reproduit et évolue, mortelle et celle qui est immortelle mais qui n'a pas de capacité de reproduction. Jusqu'ici, la Fédération et Starfleet n'avait connaissance que de formes de vies issues du premier type. L'entité créatrice des mezoriem tient du second. À défaut d'avoir un peuple à elle, de pouvoir se reproduire, elle a la capacité de transformer d'autres êtres capables d'interagir avec elle, d'être comme ses enfants. En réalité, n'importe quelle être, de n'importe quel peuple pourrait être transformé en mezoriem, à condition d'être choisi par cette entité, notre Mère pourrait-on dire.

- Où est cette entité? demanda Burnam très intriguée comme tout les autres.

- Cela serait compliqué à expliquer. La Mère des mezoriem n'est pas une entité, une forme de vie comme vous les connaissez. Elle n'est pas propre à Gaïa, propre à une planète, à un système, à un univers ou même à une réalité. Elle existe partout à la fois.

- C'est impossible, remarqua Stamets perplexe.

- Pour vos connaissances actuelles, certes, approuva-t-il. C'est d'ailleurs pour cela que je n'ai parlé de ça à personne depuis que j'ai rejoins Starfleet. J'ai vite compris que cela serait peut-être trop complexe à expliquer et à comprendre. Pourtant c'est la réalité. La mère des mezoriem n'est pas un être que vous pourriez voir, entendre, toucher… Seuls les mezoriem peuvent entrer en contact avec elle sauf si elle décide d'établir elle même ce contact, ce qui est extrêmement rare.

- Donc vous n'êtes pas forcément le dernier mezoriem? remarqua Burnam.

- En effet. Malgré tout, la mère des mezoriem n'a créé que très très peu d'entre nous depuis qu'elle a commencé à le faire il y a un temps immémorial de cela. Nous n'avons été qu'une poignée à son échelle. En tant qu'entité unique, elle est faîte pour exister et vivre seule. La création de mezoriem, d'un peuple, d'une famille… tout ça n'est pas vraiment important à ces yeux. Toutefois, c'est aussi à travers les mezoriem qu'elle peut entrer plus facilement en contact avec les autres formes de vie. Tous ici, vous l'avez déjà croisé sans vous en apercevoir, dit-il en les surprenant. Vous ne pouvez pas la percevoir que ce soit pas vos sens ou votre technologie. Les mezoriem sont un peu comme une passerelle entre elle et les autres.

- Dans quel but? demanda Saru.

- Je ne saurais le dire précisément, répondit-il en les perdant un peu. Elle choisit des êtres pour devenir des mezoriem sur des critères que je ne saurais citer complètement. Il y a une dimension de caractère, de personnalité mais tout en même temps, les mezoriem sont extrêmement différents de l'un à l'autre. Elle nous transforme et ensuite, nous n'avons que peu de contact avec elle. Quand cela arrive, c'est souvent subtile. Elle nous laisse vivre comme bon nous semble. Elle n'a pas la même façon de voir la vie et l'univers que toutes les autres espèces. À travers les mezoriem, elle explore les différentes façons dont la vie peut évoluer, se comporter, penser… Grossièrement, le but est d'étudier tout ce qui est et parfois d'enseigner quelque chose à travers nous. Il se trouve que j'ai attiré son attention lorsque j'étais adolescent et ce jour là, le 2 mai 1998, elle a fait de moi un mezoriem. Je ne le savais pas et la transformation complète a pris du temps.

- Vous n'aviez pas donné votre accord? releva Tilly.

- Non et aucun mezoriem ne l'a jamais fait. Seulement, aucun de nous n'a jamais été dérangé par cela. Tous ont été très satisfait au final. Notre Mère ne nous choisit pas n'importe comment et elle ne choisit personne qui ne pourrait apprécier la vie qu'elle offre dans cette transformation. Il n'y a jamais de parole entre elle et nous mais elle nous connaît probablement bien mieux que nous ne nous connaissons nous même. Et même si l'un de nous avait voulu refuser, elle y aurait accédé sans mal. Nous forcer et nous contraindre n'est pas un concept qu'elle connaît.

- Et elle ne créé pas d'autres mezoriem? demanda Culbert. Ne serait-ce qu'un pour que vous puissiez vous tenir compagnie mutuellement? Si elle est une entité solitaire, ce n'est pas votre cas? Cela n'est-il pas cruel?

- J'ai pensé cela un moment, avoua-t-il. Mais il faut comprendre qu'elle n'est pas comme nous, qu'elle ne pense pas comme nous et que sa nature solitaire provoque chez elle d'énormes difficultés à comprendre la dynamique d'un groupe, d'une famille, des émotions qui entrent en ligne de compte, des comportements, des besoins et contraintes qu'une vie grégaire implique. Il y a cela et le fait qu'elle est en contact avec de très très nombreuses formes de vie. Lorsqu'elle nous regarde, elle ne voit pas des peuples différents. Elle voit des êtres individuels chacun unique en son genre et elle voit un groupe tout entier de milliards d'êtres. Elle ne nous voit pas en sociétés scindées, en cultures différentes et j'en passe. Tout est un et un est tout pour elle. Soit elle nous voit individuellement, soit elle nous considère comme une gigantesque communauté où chacun tient son rôle. Elle comprend le principe d'appartenance à une espèce, à un peuple mais elle considère aussi que nous sommes tous un. Les mezoriem n'existent pas pour former leur propre civilisation, ils existent pour entrer en contact avec toutes les autres, dit-il en obtenant des moue d'assentiment. Lorsque j'ai pris conscience de ce que j'étais, j'ignorais totalement l'existence d'autres planètes, d'autres peuples, d'autres réalités même si c'était une théorie sur Gaïa. Et nous savions déjà que voyager dans le temps était aussi possible. C'est pour cela que Severus n'a pas été réellement choqué par tout cela.

- Comment cela est-il possible? demanda Stamets. Si je me souviens bien, vous avez dit que les peuples de Gaïa avaient une évolution technologique significativement moins avancée que la nôtre à date égale. Alors comment de telles théories pourraient-elles sérieusement exister dans votre vingtième siècle?

- La technologie de Gaïa était en effet beaucoup moins avancée que celle de la Terre à date égale, reprit-il. Nous avons posé le pied sur la lune pour la première fois en 1969 puis la lune n'a plus vraiment été un sujet. Nous avons envoyé des sondes explorer un peu le système et commencé la construction de la station spatiale internationale en orbite en 1984. Nous n'avons jamais vraiment été plus loin en raison des évènements que j'ai déjà décris dans le dossier Gaïa de Starfleet. Seulement, comme vous l'avez certainement remarqué, ma Gaïa avait quelques différences avec la Terre.

- C'est le moins que l'on puisse dire, releva Khan. Était-ce… des armes à énergie ces rayons lumineux?

- En quelque sorte oui. Mais ce n'était pas produit par la technologie, dit-il en les laissant perplexe. Si je n'ai jamais dit que Gaïa était la Terre d'une autre réalité, tout le reste est vrai et donc, il y avait bien des peuples différents sur ma Gaïa. Il y a une différence majeure dans l'évolution des deux planètes. Cette capacité que j'ai a maîtriser l'énergie, plusieurs autres espèces l'avaient naturellement depuis toujours. Ce n'était pas de la même façon que moi, ni avec cette ampleur mais c'était le principe. Et contrairement à moi, il s'agissait uniquement d'une forme d'énergie particulière. Elle existe partout à l'état naturel mais c'est une chose dont Starfleet et la Fédération, comme aucun autre peuple ici, n'a pas conscience.

- Comment ça? demanda Tilly.

- C'est une forme d'énergie naturelle que vous n'avez pas encore découvert, précisa-t-il en les surprenant. Et oui, ça existe et c'est la raison pour laquelle beaucoup de choses à mon propos sont encore incompréhensible pour les scientifiques, parce qu'elles sont permise par cette énergie particulière. Elle a eu beaucoup de nom mais celui d'énergie vive serait le plus représentatif pour vous. Elle est présente partout même dans cette réalité. C'est une forme d'énergie très particulière qu'il m'est difficile de définir pour vous la faire comprendre. Elle est… vivante en quelque sorte. Il serait impossible de la concilier avec de la technologie puisqu'elle ne fonctionne qu'à travers un être vivant et son esprit. La différence entre les deux réalités est que dans celle de Gaïa, cette énergie s'est naturellement intégrée à l'évolution d'une bonne partie des formes de vies de la planète. Elle fait partie d'eux et il est naturel pour ceux qui en sont dotés de se servir de cette énergie. Cela a aussi interféré dans l'évolution des espèces animales, végétales… Et créé de nombreuses espèces avec cette particularité de maîtrise de l'énergie vive.

- Toutes les espèces de la planète? demanda Burnam.

- Non, seulement une partie, précisa-t-il. Sur Gaïa, vous trouveriez toutes les espèces qu'il y a sur Terre mais il faudrait y ajouter de nombreuses autres. Et il y a encore une chose: les humains aussi ont reçu cette particularité. Il y a deux types d'humains sur Gaïa: des humains ordinaires comme vous les connaissez et des humains qui ont cette capacité de manipulation de l'énergie vive. Ceux que vous avez vu étaient tous de ceux là, j'étais de ceux là.

- Est-ce qu'ils vivent tous ensemble? questionna Detmer.

- Bonne question. Il fut un temps où oui, toutes ces espèces et les deux genres d'humains vivaient ensemble. Cependant, un 1689, décision a été prise de scinder les deux communautés qui ont dés lors vécus séparément jusqu'à ce que les humains ordinaires oublient totalement l'existence des autres et se croient être la seule espèce de ce niveau d'intelligence de Gaïa.

- Comment cela est-il possible? demanda Rhis.

- Les humains ordinaires, la faune et la flore ordinaire ont toujours été en large supériorité numérique par rapport aux autres mais les espèces dotées de l'énergie vive ont développé des stratagèmes de camouflages et de dissimulations très efficaces, grâce à l'énergie vive. Les humains ordinaires ont poursuivit leur chemin un peu à l'image de la Terre dans une voie scientifique et les autres l'ont fait en se concentrant sur la manipulation de l'énergie vive en la mettant au centre de leur évolution. L'énergie vive, telle qu'ils l'utilisent, ne fait pas bon ménage avec les technologies artificielles. Elle fait tout disjoncter, s'amusa-t-il, alors les deux voies existantes se sont retrouvés très éloignées l'une de l'autre avec le temps. Si les humains ordinaires ignoraient l'existence des autres, il y avait tout de même des liens diplomatiques entre les dirigeant pour gérer ça. Seulement, c'était très complexe parce que les uns méconnaissaient les autres et en avaient terriblement peur. Les liens diplomatiques étaient pourtant vitaux pour éviter la guerre, gérer les interférences entre les deux communautés et pouvoir faire passer des gens de l'une à l'autre.

- Pourquoi s'ils vivaient isolés? interrogea Burnam.

- Parce qu'il arrivait que des enfants possédant l'énergie vive naisse de parents qui ne l'avaient pas, dit-il en les surprenant. Si vous regardiez un humain ordinaire à côté d'un doté de l'énergie vive, vous seriez incapable de faire la différence. Mais il y a pourtant bel et bien une légère différence génétique, un gène en plus chez les seconds. Il s'agit d'un gène récessif et donc, comme il fut un temps où tous les humains vivaient ensemble, ce gène récessif dormant est très répandu.

- Et parfois il ressurgit de manière aléatoire en donnant cette capacité à un enfant dont les parents sont ordinaires, comprit Culbert.

- Exactement, approuva-t-il. On faisait venir ces enfants chez nous pour leur apprendre à maîtriser ce don. Hors contrôle, ça peut faire de gigantesque dégâts alors c'était indispensable.

- Ces humains particuliers avaient ils un nom? demanda Burnam.

- Il a dit «du sang de sorcier», remarqua Khan en citant Voldemort.

- Oui. On les appelle sorciers. Cela parce qu'à l'époque où ils vivaient encore avec les autres et que les connaissances scientifiques étaient basiques, cette capacité à maîtriser l'énergie vive relevait de la magie. Alors on les a appelé «sorcier», leur société «monde magique» et l'énergie vive «magie». Ces appellations sont restées avec le temps.

- Des sorciers? releva Owosekun. Vraiment?

- Sorciers, mage, magicien, enchanteur…, cita-t-il. Il y a eu ce genre de noms. De leur côté, les sorciers appelaient les humains moldus ou non-maj.

- Donc vous étiez un sorcier à l'origine? fit Tilly l'air encore plus impressionnée qu'elle ne l'était déjà par son capitaine. C'est trop cool, dit-elle en amusant tout le monde

- En effet, sourit Harias. Pour en revenir à la question d'origine: oui, ces raies de lumière étaient un peu comme des tirs d'énergies mais produit par l'énergie vive manipulée par les sorciers. Des sorciers qui avaient inventé tout un tas d'outils pour perfectionner cette maîtrise. Pas des outils au sens où vous l'entendez. Ce n'était pas artificiel ou technologique. Il s'agissait d'objets combinant des éléments eux aussi imprégnés de cette énergie pour nous aider à la contrôler. Vous avez certainement vu les outils que la plupart ont utilisés?

- Les bouts de bois? releva Stamets.

- Baguette magique, s'amusa-t-il en les laissant un peu ahuris. Ce n'est que du bois avec un coeur organique à l'intérieur. Il peut s'agir d'une plume, d'un cheveux, d'un crin… venant d'un animal doté de ce don. Cela sert de catalyseur en quelque sorte. La plus part des sorciers ne peuvent utiliser l'énergie vive, la magie, sans baguette. Ce qu'il faut comprendre est que ce don est différent chez chacun. C'est dans le sang des sorciers, naturellement dans leur corps alors cela ne se développe pas de la même manière chez chacun, comme les différences physiques que nous avons tous. Les niveaux de puissance, d'endurance, ne sont pas les mêmes pour tous à la naissance et suivant le travail et l'entraînement tout au long de la vie, ce sera différent. La plupart des sorciers n'ont qu'une faible marge de manœuvre conditionnée par leur endurance, leur savoir-faire, leur entraînement, leur volonté…

- Leur volonté? releva Stamets.

- Comme je l'ai dit, c'est une énergie vivante et donc capricieuse, dotée d'émotion. Le mental joue énormément sur le niveau de maîtrise qu'un sorcier peut atteindre. On peut gagner en puissance ou perdre le contrôle sous le coup d'émotions intenses. Les enfants sorciers ne peuvent commencer à pratiquer ce don avant onze ans parce que leur mental et leur corps ne sont pas assez mature pour le supporter. Cela ne veut pas dire que cette capacité ne se manifeste pas. Au contraire. Les enfants sorciers font ce que l'on appelle «de la magie accidentelle». Des phénomènes étranges se passent autour d'eux sous le coup de fortes émotions. Cela fait clignoter les lumières artificielles autour de lui, peut briser des vitres ou d'autres choses… Les parents sorciers guettent cela chez leurs enfants comme on guetterait le premier sourire, le premier mot, les premiers pas… Les baguettes mises à part, il existe bien d'autres choses du même genre autour d'eux.

- Pourquoi les humains et les sorciers ont décidé de vivre chacun dans leur coin? demanda Burnam.

- Parce que les sorciers et tout ce qui avaient cette particularité, la «magie», ont été lourdement persécutés et chassés pour leur différence, pour les soumettre et utiliser leurs capacités. L'expression de «chasse aux sorcières», n'est pas qu'un concept ou une expression sur Gaïa, c'est un fait historique. Les sorciers avaient beau avoir l'avantage de ce don, ils étaient beaucoup moins nombreux et comme je l'ai dit, chacun était limité plus ou moins par sa propre maîtrise et sa propre endurance. Beaucoup sont morts et il a été décidé que le monde magique vivrait caché du monde ordinaire pour sa sécurité. Lorsque j'avais 17 ans, ce secret était toujours d'actualité. Ce n'est que bien plus tard, avec la dégradation des choses sur Gaïa, que ce secret a sauté. Seulement, entre temps, les non-maj ont développé leurs technologies, leurs armes et les sorciers ont perdu l'avantage qu'ils avaient. On pouvait faire disjoncter leur technologie mais il fallait savoir le faire et le voir arriver. Quand un missile vous tombe dessus, on n'a pas le temps de réagir. Et il fallait aussi prendre en compte l'arme nucléaire. Cela fait déjà des dégâts colossaux sur tout mais c'est encore pire sur ceux qui ont l'énergie vive. Les non-maj avaient largement l'avantage technique et numérique mais ils craignaient toujours énormément la magie. Quand le secret a sauté à nouveau, il y a eu des guerres et des chasses comme autrefois. Les relations entre les deux cultures ont toujours été très difficiles et violentes.

- Ce que nous avons vu, qu'est-ce que c'était? demanda Tilly.

- Un champs de bataille, soupira-t-il. Toutes les choses étranges que vous avez vu viennent de l'énergie vive et des différences d'évolution qu'elle a engendrées. Cet endroit était… une école de sorcier, Poudlard. Elle existait depuis un millénaire, dit-il en les surprenant. Elle a été le dernier champ de bataille de la première guerre de ma vie. Au delà d'être une école, c'était tout un symbole puissant dans le monde sorcier. On disait qu'il n'y avait pas plus sûr et beaucoup de sorciers de grande ampleur en sont sortis.

- Seigneur des Ténèbres? remarqua ensuite Landry perplexe.

- Cela peut prêter à sourire mais ce n'est pas le cas, répondit-il. C'est ainsi que l'on a nommé les plus grands tyrans despotiques de l'histoire des sorciers. Tous se sont fait connaître dans des guerres sanglantes. Celui que vous avez vu, avec cette apparence étrange entre humain et serpent, était celui de cette époque de ma vie. Il s'appelait Tom Riddle et il était incroyablement puissant en plus d'être très intelligent et très doué. Chez les sorciers il y avait énormément de discriminations contre tout les autres mais aussi au sein de la communauté. Chez eux, il n'était pas question de couleur de peau, d'apparence physique ou d'origine. Il était question de pureté du sang. Il y avait trois statuts: un né moldu, un sorcier né de parents ordinaires; un sang-mêlé, qui avait des ancêtres moldu et sorcier; et les sang-pur qui n'aurait soit-disant pas un seul moldu dans leur lignage. Cela n'existait pas en réalité. Même si ça remontait à loin, tous avaient les deux dans leur arbre généalogique. Quand à la politique, il y avait deux grands partis dans le monde magique: les pro-moldu, qui voulaient être en paix avec les non-maj et rapprocher les cultures; et il y avait les conservateurs qui prônaient la pureté de la race si on peut dire. Tom Riddle étaient de ceux qui pensaient dure comme fer que les sorciers étaient supérieurs aux non-maj, que ces derniers devaient mourir ou servir comme des esclaves.

- C'est répugnant, murmura Detmer.

- Oui. Il était d'une cruauté sans pareil. Lui, comme beaucoup de ses disciples, qui se faisaient appeler des mangemorts, tuaient sans aucun remord et avaient la torture en passe temps amusant. Ils étaient de vrais monstres. Tom voulait prendre le contrôle de la communauté magique et déclencher un véritable génocide visant les moldu. Cela décrit grossièrement le noyau de cette guerre. Il avait un immense pouvoir de terreur sur tout le monde de part les atrocités qu'il commettait. Personne n'osait simplement prononcer son nom. On disait «Vous-savez qui» ou «Celui-dont-on-ne doit- pas-prononcer-le-nom». Le problème avec les sorciers très puissants est qu'ils peuvent faire des dégâts gigantesques à eux seuls. Malgré tout, certains se sont levés pour le combattre, jusqu'à cette journée que vous avez vu, sa mort par ma main.

- Vous sembliez être au centre de tout ceci, remarqua Khan. Pourquoi vous?

- Tom Riddle a commencé sa guerre bien avant ma naissance et mes parents étaient adolescents. Ma mère était une née moldue, mon père un sang pur ouvert aux non-maj et tout les deux ont combattu contre Tom. Un soir, j'avais un peu plus d'un an, Tom est venu chez nous pour se débarrasser de nous. Mon père était issu d'une très ancienne famille sorcière et s'il n'était pas aussi puissant que lui, il était doué et ma mère aussi. Tom avait horreur qu'on se dresse contre lui et voulait tuer tout ceux qui le faisaient en grande pompe, de manière sanglante, pour effrayer les autres qui seraient tentés d'essayer. Il est venu chez nous, il a tué mon père et ma mère et il a essayé de me tuer. Ma mère s'est sacrifiée pour me protéger et dans ses derniers instants, elle a mobilisé tout ce qu'elle savait pour dresser une protection autour de moi, un peu comme un champs de force. Comme je l'ai dit, l'énergie vive est fortement influencé par les émotions. L'amour de ma mère et sa volonté de me protéger ont bâtis un véritable murs invisible autour de moi. Tom ne s'en n'est pas rendu compte et il a tenté de me tuer. La protection a fait rebondir son tir d'énergie et c'est lui qui l'a pris à ma place. Il a été très grièvement blessé dans la manœuvre et il a disparus ce soir là. Severus est arrivé juste après cela. Il savait qu'il viendrait et il voulait nous protéger mais c'était trop tard. Sa promesse de me protéger date de cet instant. Toutefois, personne n'a jamais su ce qu'il s'était vraiment passé ce soir là dans notre maison, je ne l'ai compris que bien des années plus tard. Tom est parti et son camps s'est disloqué, arrêtant sa guerre. Tout le monde le croyait mort et moi, je suis devenu une sorte de héros.

- Pourquoi? questionna Khan.

- Les sorciers n'ont pas l'esprit très scientifique. Il y a beaucoup de superstition chez eux, on croit à la divination… Personne n'a compris ce qu'il s'était passé. En revanche, on savait que j'avais survécu et jamais personne n'avait survécu face à Tom lorsqu'il avait décidé d'éliminer quelqu'un. Ajoutez à cela qu'on a cru qu'il avait été détruit dans la manœuvre et mon jeune âge et tous ont pensé que j'avais une sorte de capacité spéciale, de don et que c'était moi qui l'avait vaincu aussi absurde que cela paraisse. Je suis devenu «Le-garçon-qui-a-survécu», une sorte d'élu, un héros. Je ne l'ai pas su avant d'avoir onze ans. Après la mort de mes parents, j'ai été placé chez ma tante maternelle, ma seule famille restante. Ils étaient moldus et ont choisi de me cacher ce que j'étais jusqu'à ce que les sorciers viennent me chercher à onze ans pour mon apprentissage. Je suis passé d'un monde à l'autre et ce fut un sérieux choc. Je suis passé de gamin inconnu auquel personne ne faisait attention à un héros que tous voulaient voir, dont-on voulait serrer la main, issus d'une très ancienne lignée sorcière, avec un héritage énorme, des parents héros de guerre et j'en passe et des meilleurs. Autant dire que lorsque l'on a cet âge, c'est un sacré chamboulement. Ma tante m'avait toujours dit que mes parents étaient des alcooliques morts dans un accident de voiture, dit-il les choquant. Le morceau a été difficile à avaler.

- Tu m'étonnes, bredouilla Tilly.

- L'année de mes onze ans, Tom a commencé à refaire surface. Il lui a fallu tout ce temps pour récupérer. Il a commencé à revenir doucement, discrètement, dans l'ombre, cherchant à reconstruire ses forces pour reprendre sa guerre. Tom était aussi intelligent qu'il pouvait être fou et obsessionnel. J'étais le seul à lui avoir survécu, élevé en héro qui l'avait vaincu. Alors pour lui, me tuer est devenue une véritable obsession déraisonnable. Il voulait prouver à tout prix que personne ne pouvait lui résister et j'étais donc sa cible numéros un. J'avais onze ans la première fois que je l'ai affronté, dit-il en les stupéfiant. C'est à cette occasion que j'ai tué pour la première fois de ma vie. Il s'agissait du sbire qu'il avait envoyé contre moi. J'ai agis en légitime défense et par miracle, je m'en suis sorti. J'étais un enfant qui ne savait pas se battre et qui commençait à peine son apprentissage de maîtrise de l'énergie vive. Tom avait autour des 80 ans, un génie très puissant. Je ne faisais pas le poids sur le papier. Il a perdu, puis il est revenu à la charge, a encore perdu et ainsi de suite. J'ai dû apprendre à me défendre même s'il faut bien avouer que j'ai aussi eu beaucoup de chance, de la chance et Severus qui me protégeait sans que personne ne puisse s'en apercevoir. Quand la population s'est rendue compte qu'il était de retour, tous sont retombés dans l'extrême terreur que Tom inspirait et pour tout le monde, il était mon problème parce que j'étais le héros ayant on ne sait quel don capable de le vaincre. J'ai été jeté en première ligne pour cela et je me suis battu jusqu'à cet affrontement que vous avez vu.

Il y eut un long silence sur la passerelle, tous assimilant ces informations.

- Donc toutes les choses étranges, les explosions, les raie d'énergie…, cita Khan. Tout ça découlait de cette capacité énergétique?

- Oui. Il y aurait bien plus à dire sur le sujet pour expliquer chaque point mais c'est une chose que je ne désire pas partager.

- Comment avez-vous survécu au tir que vous avez pris dans la forêt? demanda Stamets.

- Ce tir spécifique est appelé Avada Kedavra et il est mortel à tout les coups pour tout ce qu'il touche, même si ce n'est qu'un simple effleurement. Personne n'y a jamais survécu sauf moi et Tom en un sens. Le soir où il a tenté de me tuer, c'est ce tir qu'il a utilisé et qui s'est retourné contre lui. Mais comme s'était un tir de sa propre énergie, cela ne l'a pas tué mais très gravement blessé. Cette technique était sa préférée et il l'utilisait à tour de bras. Sachant que j'étais sa cible prioritaire, il a vite été évidant pour moi que je devais trouver un moyen de m'en protéger. J'ai trouvé et j'ai survécu.

- Et l'oiseau? remarqua Burnam. Comment a-t-il pu guérir monsieur Snape et l'amener sur le Discovery?

- Fumseck est un phénix, une créature «magique» extrêmement rare et intelligente. De multiples façon d'utiliser l'énergie vive se sont développées durant l'évolution des êtres qui en étaient dotés. Comme vous l'avez vu, j'ai une capacité semblable à la téléportation et je peux me régénérer. Les phénix avait aussi ces capacités. Ils étaient aussi capables de transmettre leur capacité de régénération par leurs larmes. Je ne connais rien que les larmes d'un phénix ne puisse guérir. Il peut se téléporter, son chant et ses vibrations spécifiques ont un effet apaisant et réconfortant naturel et ils peuvent voler en portant de très lourdes charges. Ils sont aussi connus pour se choisir un maître avec lequel ils vivent dans une sorte de symbiose d'énergie. Fumseck était avec mon mentor. Il m'a sauvé la vie et s'est battu avec moi quand j'avais douze ans et lorsque mon mentor est mort, il m'a choisi pour le remplacer. Mais c'est la version actuelle de ma personne qu'il a choisi.

- Comment pouvait-il savoir? Vous localiser? interrogea Stamets.

- Par le lien d'énergie entre nous. Les phénix sont extrêmement fidèles et loyaux.

Tous comprirent qu'il ne disait pas tout mais ils respectaient cela et c'était déjà bien assez pour commencer. Un autre sujet attirait pourtant l'attention de Stamets:

- Cet être qui est apparu, Evialys, vous savez ce qu'il est?

- Je l'ai compris en le rencontrant. Il vit dans le Réseau et nous sommes très semblables. Si la Mère des mezoriem est unique, il existe d'autres entités uniques du même genre. Je n'en n'étais pas sûr avant mais je m'en doutais. L'une d'elle vit vraisemblablement dans le Réseau et a elle aussi créé un «enfant», cet Evialys. Ces entités uniques se considèrent un peu comme des sœurs et leurs enfants comme des cousins. Nous avons beau vivre extrêmement loin les uns des autres, nous sommes tous capables de comprendre cela d'un coup d'œil lorsque l'on se rencontre. Nous sommes d'une certaine manière connectés entre nous.

- Pourquoi a-t-il insisté pour vous récompenser pour l'harmonie entre vous? demanda Rhis.

- Parce que ces entités et leurs enfants pensent, de diverses manières d'ailleurs, que l'existence de la vie ne peut prospérer que dans un délicat équilibre entre tout ce qui la compose. Ce principe vaut pour tout. Dans ce cas, sa dette envers nous faisait pencher la balance et il fallait la rééquilibrer. Cette harmonie est valable aussi bien pour des choses telles que l'équilibre d'un écosystème jusqu'à équilibre moral entre nous.

Harias répondit encore à quelques questions avant qu'elles ne se tarissent, tous ayant déjà bien assez à analyser comme ça. Il vint donc reprendre place dans son fauteuil, un silence léger s'installant. Tous reprirent leur travail, méditant tout cela et ce fut lorsqu'ils furent en approche de leur destination que l'on revint vraiment à leur mission. Lorsqu'ils sortirent de distorsion, ce fut pour entrer dans le système Veda, près d'une lune de classe 4. L'idée était alors très simple: transformer cette lune, à priori inhospitalière, et y implanter l'espèce de champignon, les prototaxite stellaviatori, qui produisaient leurs spores. Si leur serre était morte, Stamets avait réussi à protéger et préserver le spécimen d'origine dont-il s'était servi dans ses recherches. On entreprit une vaste opération de terraformation, préparant les modules nécessaires et ce fut avec émerveillement que tous purent voir la lune sans vie s'épanouir soudain en se couvrant d'une épaisse forêt fongique. Dans les jours qui suivirent, ils ne firent que veiller sur cette lune pour l'aider à prospérer jusqu'à refaire leur réserve de spores et reconstituer la serre du Discovery pour remettre en service leur moteur. La mezoria avait beau produire des spores en continu, ce n'était pas assez pour le vaisseau. Au delà de régler leur problème, cela leur donnait aussi un endroit où venir se recharger en spores si besoin.

Ils reprirent leur travail normalement, enchaînant les missions scientifiques, avançant sur les projets abrités par le Discovery et continuant à en apprendre toujours plus sur le Réseau. Régulièrement, Harias prenait des nouvelles de son compagnon et de son protecteur sur Terre. Il fut soulagé de voir que Severus s'en sortait à merveille, apprenant vite. Mais ce n'était pas vraiment surprenant vu sa capacité d'adaptation et son intelligence. Il semblait aussi très bien s'entendre avec Christopher même s'il avait vite remarqué qu'il était lui aussi un Gryffondor chevaleresque, amusant le mezoriem. Après tout, c'était ce grand cœur qui l'avait attiré en premier chez Christopher. Ce fut après une mission standard de six mois qu'ils retournèrent sur Terre pour des permissions, le capitaine très heureux de retrouver Christopher et Severus. Le sorcier s'était parfaitement accoutumé à sa nouvelle vie et il avait déjà assimilé énormément de choses, apprenant très vite. Harias le soupçonnait d'utiliser sa magie pour apprendre plus vite. Severus maîtrisait si bien l'occlumencie et les magies de l'esprit que ça ne l'étonnerait pas. Il ne pourrait jamais aller aussi vite que lui même mais entre cela et son intellect, il apprenait beaucoup plus vite qu'un humain ordinaire. Comme on lui avait demandé, il s'était plié à une petite étude de sa personne et de sa vie par Starfleet et il s'y était plié comme Harias l'avait fait autrefois. Et comme prévu par Harias, son droit d'asile avait été largement et facilement confirmé. On ne lui reprocha rien à sa grande surprise et on l'aidait à redémarrer une nouvelle vie sur Terre.

Comprenant vite que la technologie était le nerf de la guerre ici, il s'y était mis pour au moins apprendre à s'en servir facilement et à en comprendre le principe. Deux domaines semblaient particulièrement l'intéresser: l'exobiologie et la chimie. Sur le fond, il s'agissait de discipline cousine des potions, de la botanique magique et de la magizoologie qu'il connaissait parfaitement en étant maître des potions, au moins pour les effets des différents composants exploitables. C'était d'ailleurs pour cela que Harias avait dit qu'il était une sorte de chimiste. Il lui fallait seulement apprendre d'autres principes, les effets d'autres composants… Harias avait été agréablement surpris en le retrouvant physiquement lors de sa permission. Severus ne souriait toujours pas beaucoup et parlait peu, sarcastique et tranchant, mais il était plus détendu que jamais, son aura paisible et heureuse. Il s'épanouissait visiblement et Harias en fut profondément touché et heureux. Et il avait été très heureux aussi lorsqu'il avait évoqué, un peu à la légère, qu'il intégrerait bientôt Starfleet. Severus n'avait rien dit mais il avait senti qu'il l'envisageait et il espérait qu'il le ferait. Il pourrait peut-être même l'avoir sur le Discovery avec un peu de chance.

Bien sûr, et même si cela restait secret, on avait parlé de la magie de Severus, de sa maîtrise de l'énergie pour eux. Ayant convenu avec Harias de ce qu'il était prudent de dire ou pas, il avait répondu avec prudence mais cela était passé sans mal. Rapidement, on avait détecté cette anomalie génétique propre aux sorciers et comme Harias l'avait fait avec son équipage, il avait expliqué d'où cela venait et ce que cela était. Très curieux de découvrir une autre évolution de l'espèce humaine, les scientifiques travaillant sur ce dossier avaient été emballés. Ce fut pourtant une toute autre chose qui poussa à sérieusement demander à Severus de rejoindre Starfleet et le Discovery. Stamets avait été à l'origine de cela en supposant que, peut-être, la particularité de Severus pourrait l'aider à communiquer avec le Réseau comme Harias. Et si cela était possible, ils pourraient étudier comment un humain pourrait communiquer avec le Réseau. Harias n'y avait pas pensé mais c'était pertinent et possible, surtout en connaissant l'aptitude de Severus avec son esprit. Le commandement avait étudié l'idée et quand Harias avait confirmé que c'était une hypothèse solide, ils avaient décidé de proposer à Severus de rejoindre Starfleet et le Discovery pour y travailler, le besoin de trouver plus de navigateur essentiel au projet du vaisseau.

Harias les avait laissé faire leur proposition à son protecteur sans intervenir, décidé à ne pas intervenir dans sa décision même s'il espérait qu'il accepterait. Severus étant venu par le Discovery et étant déjà relié à ses secrets, l'intégrer à l'équipage était plus simple. Seulement, il lui fallait une formation sur Starfleet et le commandement ne voulait pas attendre qu'il passe plusieurs années à l'Académie pour ensuite rejoindre le vaisseau. Il lui fut donc proposé d'intégrer Starfleet comme cadet mais avec la tutelle d'Harias et un programme de formation qu'il pourrait mener en parallèle tout en travaillant avec Stamets. Le sorcier n'avait pas hésité très longtemps avant d'accepter, surprenant agréablement le mezoriem. Christopher lui avait confié qu'il avait remarqué que l'homme s'inquiétait pour lui. Il ne le faisait pas ouvertement mais l'amiral était doué pour lire les gens et il avait noté sa prise régulière de nouvelles l'air de rien, se renseignant auprès de lui pour savoir s'il était potentiellement en danger ou non. S'il ne l'avouerait jamais, d'après Christopher, Severus serait heureux et rassuré de l'avoir dans son champs de vision et de pouvoir le retrouver sans les barrières qu'ils avaient eu dans le passé. Cela et il était évident que le sorcier n'avait véritablement confiance qu'en Harias.

La chose avait donc été actée, Severus devant rejoindre le Discovery lorsqu'il partirait en mission. Au final, la chose la plus surprenante et choquante pour Harias dans toute cette histoire fut de voir Severus dans un uniforme de Starfleet. Il avait bloqué sur cette vision un bon moment avant de se faire rabrouer par son protecteur. Pour sa défense, Harias fit remarquer qu'il ne l'avait jamais vu que dans une seule tenue toute sa vie et toujours avec du noir, des robes sorcières bien moins ajustées que cet uniforme. Ils avaient rejoins le Discovery ensemble avec le groupe de l'équipage revenant de permission. Ce fut avec enthousiasme que Harias l'amena avec lui sur la passerelle où il retrouva son équipe avec Khan qui l'attendait déjà et Burnam. Après cette mission avec l'empire terrien où elle avait beaucoup aidé en toute bonne foi, il avait voulu lui donner sa chance, l'affectant à un poste d'analyste scientifique sur la passerelle. Avec cela, il n'y avait plus un poste de libre sur sa passerelle mais c'était bien comme ça. Les passerelles étaient rarement pleines, certains postes tournant ou occasionnels. Mais compte tenu des spécificités du Discorvery et de ses missions, il était justifié de fonctionner ainsi. Si Burnam fut surprise, elle en avait été très heureuse, lui promettant qu'il ne le regretterait pas. Cela faisait un peu plus d'un an maintenant qu'elle était sous sa responsabilité et elle avait vite revu son comportement en apprenant à le connaître et en découvrant l'être incroyable que tous décrivaient et auquel elle n'avait pas trop cru. Mais elle était convaincue désormais et elle avait commencé à le respecter à son tour. Il était donc enclin à lui laisser une chance d'avancer encore.

Il la trouva donc sur la passerelle avec les autres, suivit de Severus qui observait tout sans faire un bruit, semblant observer avec intérêt son protégé dans la peau d'un capitaine. Malgré le temps passé, Harias eu de nouveau l'impression de se retrouver en classe de potions à Poudlard. Cela le fit sourire de bonheur alors que jamais il n'aurait cru que cela puisse être possible un jour. Sans compter qu'il n'aurait jamais cru apprécier cela. Il donna ses ordres pour se mettre tranquillement en route vers une zone déserte. Autant que possible on évitait de sauter avec le moteur sporique près d'autres vaisseaux, installations et planète, encore peu sûr de ce que cela pourrait provoquer et voulant garder le secret autant que possible. Et il fallait dire que le trafic spatial autour de la Terre était dense. Ils se mirent en route et Harias ordonna que l'intercom général soit ouvert:

- Ici le capitaine Harias depuis la passerelle. Je vous demande votre attention pour le briefing. Comme à l'habitude, le Discovery va poursuivre sa mission scientifique sur les projets en cours. Une nouvelle mission prioritaire principale nous a cependant été confié suite à un évènement impromptu. Ces dernières vingt quatre heures les scruteurs de la Fédération ont détecté sept explosions rouges réparties sur trente années lumières. Elles sont apparues en parfaite synchronisation juste assez longtemps pour qu'on les voit avant de disparaître de manière tout aussi soudaine à l'exception d'une. Je ne pense pas vous apprendre quoi que ce soit en vous disant qu'une telle synchronisation écarte pratiquement l'hypothèse du phénomène naturel. Nous pensons qu'il s'agit de signaux émis volontairement. Starfleet n'est pas parvenu à les identifier clairement et ils relève d'une nature encore inconnue pour le moment. Aucun contact n'a pu être établi et les scans se sont révélés infructueux. La Fédération est sur la défensive. La dernière fois que nous avons enquêté sur une distorsion d'énergie inconnue cela a déclenché l'escarmouche des étoiles binaires et nous avons frôlé de très près le déclenchement d'une guerre totale avec l'empire klingon, remarqua-t-il en sentant Burnam se tendre à cette évocation. Ces signaux mystérieux ne ressemblent à rien que nous ayons déjà rencontré. L'énergie nécessaire pour les créer est au-delà de notre compréhension. Salutation, manœuvre d'intimidation ou appel à l'aide, nous n'en savons rien. Cela pouvant être n'importe quoi, il est urgent d'aller analyser ces signaux pour que nous puissions comprendre que qu'ils signifient. Nous n'avons pu localiser qu'un seul d'entre eux et nous allons nous rendre là bas. Que tout le monde reste vigilant.

L'intercom fut coupé et Harias se tourna vers Saru.

- Sommes-nous prêts commander?

- Affirmatif capitaine, répondit-il.

- Bien, alerte noire, ordonna-t-il alors.

Comme toujours les lumières de la passerelle changèrent et le message prévenant du saut éminent fut diffusé sur le vaisseau. Comme toujours les anneaux que le capitaine portait sur ses cornes s'illuminèrent et ils sautèrent, ressortant du Réseau près des cordonnées du signal avec cependant une distance sécurité pour analyser la situation. Et grand bien lui en prit puisque ce fut un immense champs de débris bougeant dans tout les sens, très dense, qui se retrouva juste devant eux. Immédiatement Detmer réagit pour éviter d'entrer dans la masse, faisant monter en piquet le Discovery pour effectuer une grand boucle vers l'arrière, les éloignant. Dans le même temps, Harias réagit, la passerelle calme et réactive comme il leur avait appris.

- Alerte jaune, ordonna-t-il. Activez les boucliers. Scannez la zone, je veux savoir si d'autres sont ici. Chargez les phaseurs et diffusez nos messages d'accueil standard.

- À vos ordres capitaine.

Quelques secondes plus tard, Detmer les avait mis en sécurité et ils purent voir toute l'ampleur de l'immense champs de roches de toute taille qu'il y avait là.

- Belle manœuvre Detmer, félicita-t-il en la faisant sourire. Détecte-t-on notre signal rouge?

- Non capitaine, répondit Burnam. Il n'y a aucune trace du signal ou d'un objet qui aurait pu le générer.

- Comme si c'était un mirage, remarqua Saru.

- Que nous disent les scans? questionna-t-il.

- Il y a des interférences dues à un nuage chargé de particule. Le rocher central a une atmosphère, répondit Burnam en fixant le gigantesque astéroïde devant eux.

- Comment ça? fit Owosekun. Il n'est pas assez grand pour générer un champs gravitationnel suffisant.

- Je n'en suis pas si sûr, intervient Detmer. Il y a un puits de gravité fluctuant non loin.

- Très bien. Detmer, gardez nous a distance prudente mais assez près pour effectuer au mieux les analyses.

- Oui capitaine.

- Les scruteurs peuvent-t-ils nous en apprendre plus? questionna-t-il.

- Pas avec une telle interférence, répondit Burnam.

- Nous pouvons toujours utiliser les caméras télescopiques du vaisseau pour obtenir des images, proposa Khan.

- Faisons ça, activez les caméras et braquez les sur le point exact des coordonnées du signal rouge, ordonna-t-il.

- Nous avons des images mais nous devons nous rapprocher, fit Saru.

- Non, trancha-t-il sur le champs. Ce n'est pas une bonne idée.

On s'apprêta à lui demander pourquoi lorsque une vague d'énergie les toucha en provenance de la masse, faisant reculer le vaisseau.

- Votre instinct m'étonnera toujours, remarqua platement Khan.

- La trajectoire de l'objet a changé, informa Saru, il est maintenant sur un trajet de collision avec un pulsar. Temps avant incinération: cinq heures.

- Alors nous devons faire vite pour comprendre tout cela, posa Harias.

- Capitaine, intervint Khan, il y a un vaisseau de Starfleet posé sur l'astéroïde, dit-il en surprenant tout le monde.

- Montrez moi ça, commanda-t-il.

Une seconde plus tard, l'image était affichée sur leur baie vitrée, montrant le vaisseau qui s'était visiblement écrasé dessus.

- Peut-on les joindre Bryce? interrogea-t-il.

- Aucune réponse capitaine, répondit-il.

- Saru, pouvez-vous voir le numéros d'enregistrement avec votre vision? demanda-t-il.

- Oui, NCC-815, annonça-t-il rapidement. Une frégate médicale.

- Je l'entre, fit Owasekun. USS Hiawatha. Détruis lors d'une escarmouche avec les klingons il y a dix mois, dit-elle en les surprenant à nouveau.

- Impossible d'obtenir la moindre donnée sur eux, posa Khan. Pas avec les interférences et la distance. Impossible de savoir s'il y a encore de la vie là bas. La surface de l'astéroïde est à moins cent vingt degrés celsius. Pas très hospitalier, s'amusa-t-il.

- J'imagine que la téléportation n'est pas possible? questionna-t-il.

- Négatif, répondit Burnam, pas avec ces interférences. Il faudrait un amplificateur de signal sur l'astéroïde lui même pour qu'elle soit possible.

- Navette? questionna-t-il.

- Le pilotage serait extrêmement difficile dans un tel champ de débris et les champs gravitationnels rendraient l'atterrissage impossible, répondit Rhys.

- Owosekun, détectez vous quoi que ce soit dans la zone qui puisse poser problème en dehors de cet astéroïde et de son champs de débris?

- Non capitaine. Il n'y a rien dans la zone.

- Très bien. Dans ce cas, préparez un amplificateur de signal, je vais y aller moi même, annonça-t-il en se levant.

- Capitaine, c'est extrêmement dangereux et nous ignorons s'il y a ne serait-ce qu'un survivant, remarqua Saru.

- C'est pour cela que nous devons nous en assurer et je suis celui le plus à même d'aller sur cet astéroïde avec le moins de risque possible. Nous n'avons pas beaucoup de temps alors au travail. Préparez l'amplificateur de signal et renforcez au maximum ma ligne de communication avec vous. Saru, la passerelle est à vous.

- Oui capitaine.

- Pendant que je vais voir ce vaisseau, continuez à chercher des informations sur notre signal rouge, sur cet astéroïde et sur tout ce que nous pouvons détecter. Prévenez le docteur Culbert qu'il va peut-être avoir du travail. S'il y a des survivants, après dix mois, ça ne doit pas être la grande forme.

- Oui capitaine.

Il approuva et quitta la passerelle, Severus soupirant après avoir tout écouté en silence.

- Il ne se débarrassera jamais de son complexe du héros, remarqua-t-il en les amusant.

Ce fut rapidement que Harias se dirigea vers l'endroit où il pourrait récupérer le matériel nécessaire. Il y était lorsqu'il vit Tilly débouler.

- Capitaine? Oh merci vous n'êtes pas encore parti.

- Je vous écoute Tilly, s'amusa-t-il.

- J'aurais besoin d'un échantillon de cet astéroïde monsieur. Le commander Stamets et moi étions en salle des machines durant l'approche. Nous avons constaté que les spores devenaient de plus en plus folles à mesure qu'on arrivait. En dehors de vous lorsque vous sautez et le tardigrade, jamais nous n'avions constaté un tel pic d'énergie mycélienne.

- Je vois. Je m'occupe d'abord des éventuels survivants puis nous verrons pour cet échantillon, assura-t-il.

- Merci capitaine.

Elle s'en alla alors et il termina de s'équiper, avant de se diriger vers un sas.

- Capitaine Harias à la passerelle. Sommes-nous prêt?

- Oui capitaine, répondit Saru.

- Bien. Je m'élance dans trois, deux, un…

Il ouvrit le sas, aspiré à toute vitesse, filant vers l'astéroïde.

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Joyeux Noël à tous! Je me permets une nouvelle fois de vous parler de mon livre «Le monstre qui souriait» qui est désormais disponible en numérique et en papier sur plusieurs sites (amazon, cultura, libranova….) Il est également proposé aux librairies physiques mais je ne sais pas encore lesquelles le mettront en rayons. Je vous le dirais si je venais à le savoir. Je vous rappelle aussi mon nom d'auteur: Andréa Dreok. Vous pouvez me retrouver sur X et Facebook si vous le voulez. Je compte sur vous qui me lisez, depuis plus ou moins longtemps suivant les cas, pour soutenir mon travail si cela vous dit, ne serait-ce qu'en en parlant autour de vous. Merci à vous de me lire, les suites de mes histoires arrivent et j'espère qu'elles continueront à vous plaire.

Bonne lecture et joyeuses fêtes à tous!