Lorsque Regina arriva au travail, légèrement plus tard qu'à son habitude, elle retrouva le bureau complètement vide. Sa collègue avait, apparemment, été appelée en urgence pour présider une audience de dernière minute et pourtant, avant d'y aller, elle avait eu le temps de travailler puisque le bazar était déjà parfaitement installé sur son plan de travail.

Soupirant face à cette pagaille incessante, elle laissa tomber ses affaires sur sa chaise avant d'attraper la petite poubelle pour venir faire un peu de rangement. Les emballages vides de biscuit jetés, les stylos rangés, les dossiers mis de côté pour libérer de l'espace et l'écran de l'ordinateur éteint. Elle mit un peu d'ordre dans les affaires et profita d'être seule pour ouvrir la fenêtre, aérant ainsi la pièce.

L'air frais de ce début de mois de février ne la dérangeait pas le moins du monde alors, satisfaite de son rangement, elle retourna à son propre bureau où elle s'installa. Déposant sa bouteille d'eau dans un coin, elle attrapa le premier dossier de la pile pour se mettre à travailler et entendit le bruit d'un objet tombant au sol. Fronçant des sourcils, elle se releva et fit le tour du meuble en bois pour découvrir une petite boite, enroulée dans un joli papier cadeau couvert de couronne dorée. Elle le prit en main et découvrit un petit post-it accroché dessus.

Joyeux anniversaire Madame Mills !

Ce n'est pas grand-chose mais voici un petit cadeau, j'espère qu'il vous plaira ou du moins, qu'ils vous seront utile puisque les vôtres sont abimés.

Emma Swan.

La brune n'avait parlé à personne de son anniversaire, elle ne le fêtait plus depuis plusieurs années maintenant alors elle ne voyait pas l'intérêt de partager cette information avec qui que ce soit. En fixant la petite boite, elle se demanda comment son homologue pouvait bien connaitre sa date de naissance.

Retournant à sa chaise, elle décolla doucement le post-it jaune qu'elle glissa précieusement dans un tiroir avant de défaire, avec une hâte qu'elle ne se connaissait plus, le papier cadeau durement fait. Soulevant le couvercle, elle découvrit plusieurs protèges doigts qui, contrairement à ceux qu'elle utilisait actuellement, ne semblaient pas avoir fait la guerre.

Un sourire se dessina sur son visage. Pour une raison qu'elle ignorait, ce présent lui faisait étrangement plaisir. Elle était sincèrement touchée par cette attention et, pour faire honneur à son cadeau, elle jeta immédiatement ses protèges doigts usés dans la poubelle pour utiliser les nouveaux qui étaient parfaitement à sa taille.

Les minutes passèrent à une lenteur monstre jusqu'à ce que la blonde revienne dans le bureau, vêtue de sa longue robe de juge. Deux gobelets fumants à la main, elle s'approcha du bureau, avec un immense sourire sur le visage.

« Un café, Madame Mills ? » Proposa-t-elle.

Regina releva la tête et senti son cœur battre bien plus vite, plus fort, dans sa poitrine. La tête légèrement penchée sur le côté, un sourire niais sur les lèvres et une légère couche de maquillage autour des yeux, la jeune femme était tout bonnement magnifique. Ses cheveux, tirés en arrière, libéraient son visage ce qui l'illuminait d'autant plus.

« Miss Swan, je ne suis pas intéressée par les personnes plus jeunes. » Assura-t-elle avec tout le sérieux du monde.

« Euh... D'accord. Vous le voulez ce café du coup ? »

« Vous n'avez pas entendu ce que je viens de dire ? »

« Un café reste un café. »

Emma déposa le gobelet sur une partie libre du bureau et retourna dans la partie de la pièce qui lui était dédiée. Etonnée de voir son lieu de travail aussi organisé, elle lança un furtif coup d'œil à sa collègue avant de sourire. Rangeant sa robe de juge dans l'armoire pour ne pas la salir, elle se laissa tomber sur sa chaise et avala une gorgée de chocolat chaud avant de se pencher sur ses dossiers.

Pendant une très grande partie de la matinée, les deux jeunes femmes travaillèrent sans s'adresser le moindre mot. Le bruit des touches du clavier, de la mine du crayon grattant les feuilles de papier, ce fut tout ce qui combla le silence de la pièce. Les deux gobelets se vidèrent à une vitesse inouïe et terminèrent leur course dans le fond de la poubelle. L'heure du déjeuner approchant, la blonde décida de faire une petite pause et fit naturellement craquer les articulations de ses doigts ce qui valut un regard noir de la part de sa collègue.

Elle sortit alors son propre ordinateur de son sac et le déposa sur son bureau, entrant son mot de passe, elle ouvrit sans attendre l'une de ses applications. Les écouteurs plongés dans les oreilles pour ne pas déranger, elle lança un nouvel épisode.

« Miss Swan, dites-moi que vous n'êtes pas en train de regarder un dessin animé. » Soupira Regina qui la fixait du coin de l'œil.

« Je ne vous le dirais pas, alors. Vous voulez un écouteur ? » Proposa-t-elle sans quitter l'écran des yeux.

« Vous êtes une enfant. »

Pourtant, elle déposa ses lunettes sur son bureau pour faire glisser sa chaise au niveau de celle de sa collègue. Les bras croisés sur sa poitrine, elle s'installa à ses côtés, accepta l'oreillette et regarda, avec elle, les drôles d'aventures menées par cette bande d'ami.

« J'aime beaucoup le personnage de Dingo. » Annonça la blonde.

« Il est simplet. »

« C'est justement sa stupidité qui permet à Mickey d'être le personnage principal. »

« Si vous le dites. »

« Je suis peut-être une enfant mais je ne suis pas la seule à prendre du plaisir en regardant cet épisode. »

La jeune femme n'avait pas foncièrement tort, le visage de la brune s'était détendu à vue d'œil au point qu'un petit sourire avait fini par étirer ses lèvres. Elle n'aurait jamais cru que regarder ce dessin animé pour enfant l'apaiserait autant, ce n'était pas l'épisode qui lui faisait du bien mais les souvenirs qu'il faisait remonter à la surface.

Elle se revoyait, passant des heures assise sur son canapé, à découvrir les merveilleuses aventures avec sa petite tête brune blottie dans ses bras. Les dimanches matin en pyjama ou toutes les soirées passées à lire leurs histoires avant d'aller se coucher. Que ce soient les peluches ou encore les jouets, sans oublier les films, elle avait passé des heures à chercher tous les objets possible et inimaginable pour créer une immense collection à son bambin.

Les images qu'elle revoyait de cette période où tout allait bien dans sa vie, où elle était encore heureuse, apaisèrent son âme mais tourmentèrent son cœur. Une larme solitaire roula le long de sa joue et elle la chassa précipitamment du revers de la main pour que sa collègue ne la voit pas. Finalement, elle sentit son regard se brouiller et se leva pour s'éloigner.

Avant que la blonde n'ait le temps de poser la moindre question, elle lui annonça avoir besoin d'aller au toilette puis elle quitta le bureau. Elle s'enfuyait presque pour ne pas lui montrer son désarroi, sa faiblesse.

« Mademoiselle Swan ? L'accueil vient de téléphoner, vous devriez descendre dans le hall. » Lança Ashley qui passa sa tête dans l'ouverture de la porte.

« Moi ? Pourquoi ? » Fit la jeune femme, étonnée.

La secrétaire se contenta de lui lancer un sourire énigmatique avant de retourner à sa place pour vaquer à ses occupations. La blonde ne put s'empêcher de soupirer, elle n'avait même pas encore terminé son nouvel épisode et pourtant, elle ferma la page internet sans prendre la peine d'arrêter la vidéo. Elle se leva de sa chaise et quitta son bureau en laissant son manteau derrière elle, elle offrit un léger signe de la main à la jeune femme enceinte avant d'arpenter le couloir.

Qui pouvait bien chercher à la voir en pleine matinée ? Elle n'avait pas d'ami en dehors du bureau, elle ne côtoyait personne puisqu'elle s'impliquait corps et âme dans son travail. Elle passait tellement de temps à faire des heures supplémentaires au tribunal qu'elle n'avait absolument pas une seule seconde à consacrer à une possible vie sociale. Le peu de temps qu'elle avait de libre, qu'elle ne passait pas le nez dans un dossier, elle l'utilisait à bon escient à la salle de sport ou encore à dormir.

Elle n'eut pas à attendre bien longtemps avant de savoir qui était son visiteur. Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent et ses yeux sondèrent immédiatement la pièce pour tomber sur la femme d'un âge mur, assise dos à elle. Sa posture, la taille de ses épaules, ses très court cheveux noir tirant sur le gris : tous ces éléments lui donnèrent la chair de poule.

Instinctivement, elle posa son doigt sur le numéro de son étage mais elle fut complètement incapable d'appuyer sur le bouton pour faire démarrer l'ascenseur. Cette personne avait fait appeler son bureau, Ashley allait donc lui poser des questions si elle la voyait revenir aussi vite. De plus, au vu du petit sourire qu'elle lui avait lancé, elle savait exactement qui avait fait le déplacement pour venir la visiter.

Fébrile, elle sortit sa tête hors de la cabine et passa l'entrée du tribunal au peigne fin, la femme était visiblement venue seule – comme à chacune de ses visites – ce qui lui arracha un soupir de soulagement. Aujourd'hui encore, elle n'aurait pas à le voir.

Légèrement rassurée, elle serra le poing comme pour canaliser sa peur puis, en prenant de profonde inspiration, elle tenta de reprendre le contrôle sur sa respiration. Physiquement, elle semblait parfaitement sereine mais intérieurement, elle était sur le point de s'écrouler. Un sourire dessiné sur le visage, elle combla rapidement la distance qui les séparait.

« Maman. »

« Oh ! Emma ! » Sourit la femme qui se leva.

« Tu aurais dû appeler pour me dire que tu venais. »

« Je t'ai fait de bon petit plat. » Assura-t-elle en lui montrant les divers plats qui se trouvaient sur le banc.

« Je suis gâtée, tu en as faits pour un régiment. »

« C'est ton père, il a toujours peur que tu ne manges pas assez ! »

Au même moment, Regina revint dans son bureau et fronça des sourcils en voyant la chaise de sa collègue vide. Que s'était-il passé en son absence pour qu'elle abandonne ses dessins animés en laissant toutes ses affaires derrière elle ? Elle n'avait tout de même pas pris autant de temps à se calmer, si ?

« Où est passée Miss Swan ? » Demanda-t-elle à Ashley qui entra pour déposer plusieurs dossiers sur les bureaux.

« Elle est dans le hall. Sa mère est venue lui rendre visite, elle aime bien la dorloter et lui apporter des petits repas de temps à autres. C'est moi qui les récupère lorsqu'elle est en plein procès, mais aujourd'hui, pour une fois, c'était le bon moment. »

« Je vois. »

« Elles ont vraiment de la chance. Mademoiselle Swan et sa mère sont très proche, elles sont un peu comme des meilleures amies. De nos jours, c'est rare de voir une si belle complicité entre un enfant et sa maman. Je suppose qu'elle a dû grandir entourée de beaucoup d'amour quand elle était petite. »

La brune baissa les yeux et se mordilla nerveusement l'intérieur de la joue. De l'amour ? Après les marques qu'elle avait vu sur le corps de son homologue, elle pouvait pratiquement assurer que celle-ci n'avait jamais reçu d'amour. Ces cicatrices n'étaient certainement pas le résultat d'un fort amour maternel.

« Quand j'aurais accouché, j'aimerais tellement avoir avec ce genre de relation avec mon fils. Elle a beaucoup de chance Mademoiselle Swan. » Informa la secrétaire en caressant son ventre encore plat.

La blonde en question revint à ce moment-là, les bras chargés de sac desquels se dégageait une odeur des plus alléchantes. Sa mine consternée disparu, en une demie seconde, pour laisser place à son éternelle brillance qui, à cet instant, ressemblait plus à une grimace forcée qu'à un sourire ravi.

« Vous n'étiez pas en train de parler de moi ? »

« Non, on n'oserait pas. » Plaisanta Ashley.

« Ma mère m'a encore préparé un véritable festin mais, avec tout ce qu'elle m'a donné, il y a largement de quoi partager. »

« J'avoue que je mourrais secrètement d'envie de goûter ses petits plats. Surtout, vous lui direz merci de ma part. »

« Vous pouvez en emporter aussi, Madame Mills. » Proposa Emma en lui tendant le premier plat qui lui tomba sous la main.

« Merci mais ça ira, donnez ma part à quelqu'un d'autre. Je n'ai pas prévu de manger chez moi aujourd'hui. »

Sans un mot de plus, elle attrapa son sac à main et quitta la pièce.

« J'ai dit quelque chose qui ne fallait pas ? » Souffla la blonde en glissant nerveusement sa main dans ses cheveux.

« Non, bien sûr que non. Vous avez été très gentille, comme d'habitude. C'est juste la juge Mills, on commence à la connaitre. En tout cas, ça a vraiment l'air délicieux. »

Soupirant, elle proposa à sa collègue de prendre plus de plat avant de lui annoncer qu'elle était attendue ailleurs pour le repas. Attrapant sa veste et son sac, elle lui souhaita un bon déjeuné avant de quitter, à son tour, le tribunal.

Elle avait lamentablement menti, personne ne l'attendait nulle part mais elle refusait catégoriquement de manger ces plats préparés par sa mère. Ils étaient sans aucun doute très bon, sa mère avait possiblement mis beaucoup d'amour dans l'exécution de la recette mais elle ne pouvait accepter ce geste de sa part. Elle ne pouvait pas se laisser acheter si facilement après tout ce qu'elle avait vécue.

Elle passa alors l'après-midi en ville, elle passa rapidement à un fastfood pour avaler un morceau avant d'aller voir plusieurs enfants – en centre – qu'elle avait promis de visiter. Elle resta avec chacun d'entre eux pendant un long moment, découvrant de ses propres yeux les efforts qu'ils faisaient tous les jours.

Malheureusement, elle ne pouvait pas fuir indéfiniment son lieu de travail. Elle retourna donc au tribunal et, dans l'entrée, elle reçut un appel provenant de l'avocat commis d'office pour l'affaire qu'elle traitait en ce moment. Elle l'écouta attentivement, lui donnant la date pour la prochaine audience et lui offrant quelques information supplémentaire pour lui permettre d'effectuer son travail correctement face à un adolescent qui refusait de lui adresser le moindre mot. A l'instant même où elle raccrocha, elle frôla un homme à la chevelure rousse, elle eut comme une impression de déjà vu et se mit soudainement à trembler.

« Excusez-moi, est-ce que vous êtes allé au collège du Massachussetts ? » Lança ladite personne.

« Pardon ? »

« Tu es bien Emma Nolan ? Tu te rappels de moi ? August Wayne Booth, la maison en face de la tienne, on était voisin ! »

« Euh... Je crois que vous vous méprenez. Je n'ai pas fréquenté cet établissement, vous vous êtes trompé de personne. »

« Désolé, j'ai dû me tromper mais c'est marrant parce que j'avais une amie qui s'appelait Emma Nolan et vous lui ressemblez vraiment comme deux gouttes d'eaux. »

« Bonne journée. » Fit-elle simplement pour couper court à la conversation.

Elle reprit son avancée et entra dans la zone réservée aux employés du tribunal, elle grimpa dans l'ascenseur et soupira. Elle laissa son sac tomber au sol et frappa sur le bouton d'arrêt d'urgence avant de glisser sa main gauche dans ses cheveux alors que l'autre se trouvait posée sur sa poitrine.

Son cœur battait la chamade, elle avait même l'impression qu'il allait casser sa cage thoracique pour en sortir. Les pulsations étaient douloureuses, si bien qu'elle en avait du mal à respirer, mais ce n'était rien face à l'angoisse qui lui retournait l'estomac.

Aujourd'hui, elle avait le droit à un vrai défilé de la part de personne ayant un jour fait partie de sa vie. D'abord sa mère qu'elle faisait en sorte d'éviter un maximum à chacune de ses visites et, à présent, son ancien voisin qui la reconnaissait en un clin d'œil. Sans doute aurait-elle du couper ses mèches blondes et les teindre en une couleur sombre pour passer inaperçu puisque fuir, changer d'Etat, n'était visiblement pas suffisant pour tirer un trait sur cette vie dont elle ne voulait pas se souvenir.

Les mains tremblantes, elle imagina le pire. La prochaine personne qu'elle allait croiser serait peut-être son père. Cette simple supposition lui arracha un frisson de terreur et elle bondit vers l'avant en se sentant soudainement en danger.

Appuyant à nouveau sur le bouton pour reprendre son ascension des étages, elle se jeta dans le couloir qu'elle parcourut pratiquement en courant. S'éloigner, mettre un maximum de distance, voilà tout ce qu'elle pouvait faire afin de se protéger pour le moment.

En arrivant face à son bureau, elle resta quelques secondes devant la porte, la poignet dans la main. Elle fit en sorte de retrouver son calme avant d'entrer, elle ne voulait pas se montrer dans cet état de panique devant ses collègues. Son éternel sourire aux lèvres, elle secoua énergiquement sa tête pour se donner du courage puis elle entra.

« Ça va ? » Souffla-t-elle en direction d'Ashley.

« Mademoiselle Swan, regardez le jolie cadeau que l'on vient de vous livrer. »

Intriguée, elle s'approcha de la plante qui se trouvait devant le bureau de la secrétaire et jeta un coup d'œil au nœud blanc sur lequel était écrit, au niveau de ses rubans :Merci, juge Emma Swan. De la part de l'établissement pour mineur de Boston.Ses yeux s'écarquillèrent en lisant les mots et elle arracha le ruban en espérant que personne ne l'ait vu.

« S'il vous plait, est-ce que vous voulez bien leur renvoyer cette plante ? Je ne peux pas l'accepter, j'appellerais la personne qui l'a envoyé. »

« Il m'a appelé pour s'assurer que vous l'aviez bien reçu. »

« C'est l'intention qui compte. Désolé mais je ne peux pas l'accepter, ce serait gentil de votre part de vous en occuper. »

Sans un mot de plus, elle s'empressa de rejoindre son bureau qui était toujours aussi vide. Elle déchira le ruban et le jeta à la poubelle avant d'aller s'asseoir à son bureau pour travailler et ne plus y penser.

La secrétaire, restée derrière, fronça des sourcils face à son comportement. Depuis le temps qu'elles travaillaient ensemble, elle n'avait sincèrement jamais vu la juge dans cet état. Elle, qui possédait toujours un sourire communicatif, avait l'air si fébrile. Ne voulant pas la déranger, elle prit quelques photos de la plante si jamais la blonde venait à changer d'avis et désirait garder un souvenir de ce présent.

« C'est quoi ça ? Tu as acheté une nouvelle plante ? » Lança soudainement Scarlett en entrant dans la pièce.

« Non, moi je n'ai rien acheté du tout. Ça vient du centre de Boston. »

« De Boston ? Mais pourquoi ? En quel honneur ? »

Ashley jeta un coup d'œil en direction de la porte et lui fit signe de sortir, elle n'avait pas envie de déranger Emma avec ces discussion. Elle suivit l'assistante jusqu'à la salle de pause où Belle les attendait, une tasse de thé à la main.

« Elle est incroyable Emma, comment elle peut refuser ? Ça fait 6 ans qu'elle envoie de l'argent, chaque mois, pour les enfants du centre. 6 ans qu'elle fait ça. Vous savez ce qu'elle m'a dit avant de me demander de renvoyer la plante ? C'est l'intention qui compte. » Confia la blonde.

« Moi, ça ne m'étonne pas du tout. C'est dans sa nature, c'est quelqu'un de profondément gentil. »

« Je me demandais, comment élever un enfant pour qu'il devienne comme elle ? »

« Moi, il y a un truc qui m'interpelle quand même. Pourquoi avoir choisi Boston ? C'est étrange, non ? C'était le premier tribunal pour jeune délinquant où elle a commencé mais on est aussi relié aux autres palais de justice d'Hartford dans le Connecticut ou de Montpellier dans le Vermont. Pourquoi elle ne donnerait qu'au centre de détention de Boston depuis autant d'année ? » Lança la médiatrice en justice.

« Peut-être qu'elle vivait là-bas ? »

« Ça pourrait être une piste. » Affirma Scarlett, le nez plongé dans sa tasse à café.