Samedi 4 mars,

C'est devenu un rituel maintenant. Chaque samedi, Blaise passe me prendre au Manoir et nous transplanons dans le monde moldu.

Durant la semaine, il travaille au département de la Coopération Magique Internationale au sein du Ministère. Sa neutralité durant la guerre lui a permis de pouvoir s'assurer une place dans le monde sorcier. Je l'envie pour ça.
Pour l'instant, il travaille simplement en tant qu'assistant au sein du Bureau International des Lois Magiques, mais il a l'ambition d'intégrer la Commission de Quidditch pour ensuite être au cœur des organisations des prochaines Coupes du Monde. Je sais qu'il réussira. Blaise a toujours réussi à mener sa barque là où il voulait aller.

Qui sait, dans quelques années, il pourra peut-être m'obtenir des places pour assister à des matchs internationaux. J'avoue que j'adorerais ça. Le Quidditch me manque.
Je sors parfois voler sur mon balai au-dessus du parc, mais cela n'égale pas ces matchs où je devais t'affronter pour attraper le vif d'or. Je n'ai jamais gagné face à toi, Potter. Tu as été un adversaire de taille, le seul qui en vaille la peine, mais au moins, l'adrénaline était toujours au rendez-vous. Ces confrontations entre nous paraissent bien lointaines à présent. La vie était tellement plus simple à cette époque.

Quoi qu'il en soit, j'ai appris par Blaise que Granger travaille elle aussi au Ministère à présent, au sein du Département de Contrôle et de Régulation des Créatures Magiques. D'après les bruits de couloir, il semblerait qu'elle non plus ne sache pas où tu te trouves.

J'en doute.

Même si tu as disparu du monde sorcier, j'ai du mal à imaginer que tes inséparables ne soient au courant de rien. Cependant, je me vois mal aller aborder Miss Je-sais-tout dans son bureau pour lui demander des nouvelles du Sauveur. Blaise non plus n'obtiendrait rien de cette façon.

En attendant de creuser cette piste, il me fait découvrir le monde moldu. Là-bas au moins, je reste un parfait inconnu. Personne ne me pointe du doigt dans la rue. Personne ne m'insulte. Personne n'a envie de m'envoyer à Azkaban. Je peux arpenter les rues en toute sécurité.

Et j'ai tant à apprendre de cette partie du monde. C'est un univers qui m'est totalement inconnu, alors qu'il se situe dans mon propre pays. Je commence seulement à m'habituer au bruit qui y règne.

Aujourd'hui, Blaise a réussi à me persuader de me familiariser avec les transports en commun. Le métro plus particulièrement.
Jusque-là, je n'ai pas honte de dire que descendre dans les profondeurs de la ville m'effrayait. Toutefois, après deux samedis passés à marcher dans le froid, je me suis décidé à essayer.

Ce n'est pas si différent du train pour Hogwarts en fin de compte, en plus bruyant et en plus bondé. Je ne dis pas que je suis fan d'être sous terre avec tout ce monde. Cela m'oppresse la plupart du temps, mais le côté pratique et rapide l'emporte, surtout en cette saison.

Jusque-là, Blaise m'avait montré les quartiers autour de la gare de King's Cross, histoire que je me repère, puis autour du Chaudron Baveur, côté moldu, sur Charing Cross Road, et enfin les bords de la Tamise.
Je possède un plan de la ville aussi. C'est très étendu, d'où l'utilité de savoir utiliser le métro. Il y a tellement de choses à voir.

C'est impressionnant la manière dont les moldus ont réussi à créer tout un monde entièrement dépourvu de magie, et pourtant si ingénieux. Je ne comprends pas le dédain de Père à leur égard. Ces gens n'ont rien d'inférieur aux sorciers. Ils se sont même plutôt bien adaptés à leur environnement, si l'on considère qu'ils font tout sans magie.

Je ne dis pas que je serais capable de me passer de magie, loin de là. Ce serait renier qui je suis. Mais les moldus ne me semblent pas si insignifiants que le décrivait Père.

Par contre, plus j'en apprends sur ce monde, plus je me dis que je n'arriverai jamais à te trouver…

(à suivre...)