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Préquel

Theodore était mal à l'aise. Il observait avec ses amis les feux d'artifices explosés au-dessus du lac gelé de l'école. C'était une coutume Moldue mais McGonagall avait tenu à réinstaurer cette tradition après la fin de la guerre, tout comme Dumbledore l'avait fait avant elle. Habituellement, les Serpentards préféraient rejoindre leurs dortoirs après le banquet du nouvel an et cette année n'y aurait pas échappé si Pansy n'avait pas insisté pour assister au spectacle. Draco avait eu beau râlé, elle n'avait pas lâcher l'affaire. Bien qu'il fasse profil bas depuis la fin de la guerre tout comme tous les anciens élèves Mangemorts, il ne pouvait pas s'empêcher de râler dans sa barbe face à cette invasion de traditions Moldus.

Theodore n'avait pas donné son avis, se fichant bien du déroulement de sa soirée. Il se moquait de ce genre de tradition et il ne voyait pas le problème à y assister ou non. Il s'était contenté de suivre le groupe, comme d'habitude. Pourtant, il ne put que remercier Pansy pour sa curiosité quand les premières boules de lumière éclairèrent le ciel étoilé. C'était magnifique. Theodore se dit que ça avait été du gâchis de refuser de participer à cette soirée par fierté pendant si longtemps. Evidemment il avait déjà vu des feux d'artifices, mais habituellement les sorciers préféraient faire exploser de petits pétards inoffensifs à quelques mètres du sol. Là, ça n'avait rien à voir. Les explosifs fusaient haut dans le ciel et s'éparpillait parmi les étoiles encore et encore jusqu'à les rendre insignifiante face aux étincelles multicolores.

Et malgré la beauté du spectacle, Theodore fut tiré de son hypnose par un sentiment désagréable d'être observé. Il tenta bien d'ignorer son malaise mais rapidement, il n'en put plus. Il regarda autour de lui, ce n'était pas un autre Serpentard puisqu'il était quelques mètres du groupe. Theodore jeta un coup d'œil derrière son épaule et fut surpris de découvre Harry Potter adossé à l'un des piliers de l'école quelques pas plus loin, le regard rivé sur lui. C'était étrange de le voir seul, habituellement il était toujours entouré de ses deux meilleurs amis si ce n'était pas par tous les Gryffondors.

Theodore se retourna, se sentant de plus en plus mal. Il tenta d'ignorer sa présence et jeta un coup d'œil au pourtour du lac où les amis de Potter s'extasiait comme des gamins. Theodore ne comprenait pas pourquoi il était aussi loin d'eux et surtout, pourquoi il l'observait lui plutôt que le spectacle. Il tenta de se souvenir s'il avait fait quoi que ce soit pour énerver Potter, mais rien ne lui revint. De toute façon, les tentions entre leurs maisons s'étaient apaisées depuis la fin de la guerre, plus personne n'avait encore la force de se battre pour des broutilles. Mais cette incompréhension ne faisait que rendre le comportement de Potter encore plus étrange.

Theodore jeta un nouveau coup d'œil par-dessus son épaule et frissonna en constant que Potter n'avait pas bougé d'un pouce. Son regard émeraude brillait derrière ses lunettes et sa magie tourbillonnait autour de lui. Theodore aurait pu trouver l'image plaisante à regarder si cette même magie n'était pas en train de se tortiller pour attirer son attention. Il ne comprenait pas ce que Potter cherchait mais Theodore ne voulait pas y être mêlé. Il décida de lui tourner le dos pour de bon, hésitant presque à rejoindre Draco et Blaise à l'avant du groupe ou carrément Pansy et Millicent un peu plus loin dans le pré.

Mais il n'eut pas le temps de se décider à fuir cette observation oppressante, Potter apparaissant soudainement à ses côtés. Il se contenta de se tenir à ses côtés, les mains dans les poches et la bouche close. Theodore lui jeta un coup d'œil, Potter observait aussi le feu d'artifices maintenant. Il se tortilla sur place, s'appuyant sur une jambe puis sur l'autre, complètement perdu par le comportement du Survivant. Il décida de ne plus faire attention à sa bizarrerie, se reconcentrant lui aussi sur le spectacle.

«Tu trouves ça beau?»

La question sortait un peu de nulle part et prit Theodore au dépourvu. Evidemment qu'il trouvait ça beau, c'était le but.

«Oui.»

C'était gênant, il ne savait pas ce que Potter cherchait mais cette conversation n'avait aucun sens.

«Pourquoi?»

Theodore lui donna enfin son attention, pas surpris pour un sou de constater que Potter le fixait à nouveau de son regard perçant. Il ne parvint pas à lui rendre son regard, le Survivant était étrange ce soir. Theodore avisa sa bouteille de bièraubeurre, vu la couleur du liquide à l'intérieur la substance avait été échangé avec une autre. Peut-être que son comportement étrange pouvait finalement être expliqué plutôt finalement, si on prenait ce point en compte. Visiblement les Gryffondors avaient bien profité de leur temps libre entre la fin du dîner et le début du feu d'artifice.

«Je ne sais pas.» haussa-t-il les épaules, se souvenant subitement que Potter attendait sa réponse.

Le Survivant sembla déçu de sa réponse et Theodore se sentit stupidement vexé. Il ne devait rien à Potter mais sa fierté l'empêchait d'avoir l'air d'un mouton qui disait juste aimé ça parce que tout le monde aime. C'était de la fierté mal placée, mais elle le poussa tout de même à se pencher un peu plus profondément sur la question.

«Je n'ai jamais vu de feux d'artifices. Enfin, pas un Moldu.» précisa-t-il face à l'air surpris de Potter. «Je ne m'attendais pas à ça et je me dis juste que c'est dommage de ne pas être sorti ici les autres années. Je ne sais pas pourquoi je trouve ça si beau. Je me disais juste qu'on dirait des étoiles qui explosent à l'autre bout de l'univers et ça devrait me paraitre stupide mais je crois que ça me fait juste me rappeler que je ne suis pas grand-chose dans ce monde et que mes problèmes sont insignifiants. Ça m'apaise, je suppose.»

Theodore se sentit rosir subitement, réalisant ce qu'il était en train de dire à Saint Potter. Il avait vraiment perdu la tête. Il détourna le regard, attendant la moquerie qui ne tarderait pas à venir.

«C'est une jolie raison d'aimer les feux d'artifices.» sourit Potter avec une tendresse dans la voix que Theodore trouva étrange.

Visiblement, Potter n'était pas là pour chercher la bagarre ce soir. Il rendait Theodore confus et il n'aimait pas ça. Le Survivant ne semblait pas vouloir ajouter quoi que ce soit, restant simplement debout à ses côtés, semblant bien plus intéressé par le feu d'artifices dorénavant. Theodore décida d'en faire de même, toujours aussi perdu mais décidant de ne pas faire le plaisir à Potter de lui montrer.

Puis les fusées lumineuses se turent et fuirent le ciel ne laissant derrière elles qu'une fumée blancharde. Au loin près de Pré-au-Lard quelques pétards pouvaient encore être entendus ou dépassait parfois les arbres de la forêt interdite, mais ce spectacle semblait bien terme comparé à celui de McGonagall. Autour d'eux, les élèves reprirent leurs discussions enjouées coupées par le son des explosions et certains d'entre eux se dirigeaient déjà vers l'école pour rejoindre leurs lits. Pourtant Theodore ne bougea pas, le regard rivé sur les étoiles à nouveau visibles, froides et lointaines.

«Je pense que je peux comprendre ton point de vue. Une jolie vue est toujours relaxante.» fit soudainement Harry d'une voix si basse que Theodore crut l'avoir rêvé.

Il leva un sourcil interrogateur vers le Survivant, ne comprenant pas vraiment où il voulait en venir. Theodore n'était pas stupide, il avait très bien senti son regard se reporter sur lui dès qu'il s'était lui-même reconcentré sur le feu d'artifices. Pourtant il n'eut pas le temps de lui demander ce qu'il voulait dire par là, ses amis le rejoignant vivement pour le tirer vers l'école. Visiblement Draco n'avait aucune envie de se geler plus longtemps au milieu du parc enneigé si le spectacle était fini et leurs amis avaient suivi le mouvement.

Blaise lui chuchota bien à l'oreille pour connaître la raison de la présence de Potter à ses côtés, mais Theodore se contenta d'hausser les épaules, marmonnant que ce n'était rien. Etrangement, il avait l'impression que ce ne serait pas bien de partager leur discussion à quelqu'un d'autre, que c'était trop intime pour parvenir à d'autres oreilles. Theodore ne se comprenait pas lui-même, ce n'est pas comme s'ils s'étaient partagés un terrible secret ou quoi que ce soit du genre, mais ça ne semblait juste pas être la bonne chose à faire.

Il jeta un dernier coup d'œil derrière son épaule, Theodore ne fut pas surprit de découvrir que Potter ne quittait pas son dos du regard, ignorant ses propres camarades qui revenaient bruyamment du lac. Un sourire en coin lui échappa quand le Survivant faillit perdre l'équilibre lorsque Ronald Weasley sauta presque sur son dos, complètement surexcité et tirant efficacement Potter de ses rêveries.

Theodore traînait à la fin de son groupe d'amis, Draco étant en tête, évidemment. Il discutait bruyamment avec Blaise et Pansy, les autres se contentaient d'écouter ou alors intervenait rapidement avant de leur rendre la parole. Ils n'étaient que les Serpentards de dernières années présents, les plus jeunes ayant décidé de rester observer le spectacle depuis l'intérieur du château ou de jouer quelques parties de bataille explosive dans la salle commune. Ils étaient encore trop sous l'influence de leurs parents pour oser assister à un spectacle Moldu.

Theodore n'était pas vraiment attentif à son environnement, cherchant le sens de la discussion qu'il venait de partager avec Potter. Un bâillement lui échappa, il était minuit passé et la fatigue se faisait sentir. C'est pourquoi il ne vit pas la branche de gui que tous ses amis évitèrent habilement au détour d'un virage. Il se retrouva évidemment coincé sous la branche, le cercle ne le laisserait pas s'échapper avant que quelqu'un ne le rejoigne pour l'embrasser.

Il observait avec horreur le cercle doré l'entourant. Punaise, il avait réussi à éviter toute la journée ces fichues branches de gui et il avait fallu qu'il se fasse coincer à peine dix minutes avant de rejoindre son dortoir. Theodore tenta de se rassurer en se rappelant que contrairement à la tradition, un vrai baiser n'était pas nécessaire. Généralement les élèves se contentait de se faire la bise ou un câlin. Autrement la situation aurait pu devenir dérangeante quand des gamines de onze ans se retrouvaient coincées avec des dernières années ou pire, des professeurs.

Theodore était sur le point d'appeler l'un de ses amis à la rescousse quand un corps le percuta. Il était figé juste derrière un virage et l'autre étudiant n'avait pas pu l'éviter. Theodore se retourna, espérant seulement ne pas tomber nez à nez avec un professeur, ce serait beaucoup trop bizarre! Pourtant, il aurait mille fois préféré découvrir Chourave derrière lui plutôt que Saint Potter. Cette soirée était maudite!

Derrière lui, il pouvait entendre Blaise se fendre la poire et Ronald Weasley en faisait de même avec sa sœur dans le dos de Potter. Franchement, leurs amis étaient aussi énervant les uns que les autres.

«On dirait que tu n'as pas l'air ravi de te retrouver coincé ici avec moi.» fit bêtement remarquer Potter en avisant son teint blafard.

«Parce que toi, tu en es ravi peut-être?» grinça-t-il, agacé de devoir le côtoyer contre son gré une fois de plus ce soir.

Theodore frissonna sous le regard de Harry qui le reluqua de haut un bas, il n'aima pas le sourire qui étira ses lèvres.

«Je pense que j'aurai pu tomber sur pire.»

Il se sentit rougir jusqu'à la racine des cheveux alors qu'en même temps Potter le tirait à lui par le col. Il était un peu plus petit que lui et n'arriverait pas à atteindre ses lèvres sinon. Pourtant, Theodore ne se laissa pas faire, résistant aussi bien que possible. Harry finit par lâcher sa nuque, glissant plutôt ses doigts le long de son corps jusqu'à agripper sa main qu'il porta à ses lèvres. Ce fut léger et rapide et pourtant, la peau sous son baiser lui semblait brûler. Et surtout, Potter ne l'avait pas quitté des yeux, son sourire en coin toujours aux bords des lèvres.

«Je ne te savais pas si prude, Theodore.»

Et punaise, c'était la première fois que Potter l'appelait par son prénom. Non, c'était même la première fois que Potter l'appelait tout court. C'était fou, sept ans de haine et pourtant, ils ne s'étaient encore jamais parlé avant ce soir. Theodore retint une grimace en se souvenant que oui, il y avait bien eu une occasion mais il prféra ne pas y penser dans l'immédiat. Autrement, Potter n'avait d'yeux que pour Draco et inversement, s'il devait se disputer avec quelqu'un, c'était plutôt avec Hermione ou Ron. Pourtant Theodore n'était pas dupe, Potter n'avait pas utilisé son prénom sans raison. Il se moquait de lui, il le provoquait. Il refusait de laisser un Gryffondor croire qu'il lui était supérieur. Il pouvait supporter ses bizarreries quand ils étaient seuls dans le parc, mais pas devant leurs amis.

«C'est qui que tu traites de prude?» s'agaça-t-il en tirant sur le bras de Harry alors qu'il commençait déjà à s'éloigner.

Ça avait été plutôt stupide de sa part, la barrière de gui se réactivant autour d'eux. Theodore se maudit pour sa négligence. Il voulait mettre son point dans la figure du Gryffondor, pas devoir se faire embrasser la main une deuxième fois!

« Prouve-le-moi, dans ce cas.

- Pardon?

- Tu dis que tu n'es pas une mauviette, prouve-le.»

Theodore ne sut que répondre, figé sur place, la main toujours enroulée autour du bras de Potter. Il rêvait ou ce dernier venait réellement de l'inviter à l'embrasser. Son petit sourire moqueur ne fit que l'agacer d'avantage, cet enfoiré se moquait vraiment de lui. Il n'eut même pas le temps de réfléchir à un moyen de se sortir de là que les doigts de Potter s'enfouirent dans sa chevelure, le tirant à lui avec bien plus de force que précédemment. Il ne le laisserait pas s'échapper cette fois-ci.

Harry Potter était en train de l'embrasser! Theodore ne comprenait absolument rien à ce qu'il se passait. Il lâcha sa prise sur son biceps, son corps devenant aussi mou qu'une poupée de chiffon, les bras ballants. Les doigts de Potter remontaient dans sa chevelure, l'attirant toujours un peu plus à lui, lui prodiguant une multitude de petits frissons glissant le long de sa nuque et allant se perdre sous son uniforme. Puis, une langue passa la barrière de ses lèvres et frôla ses dents, tentant vainement de se frayer un passage jusqu'à la sienne. Theodore se reconnecta brutalement avec la réalité, reculant vivement de deux pas, essuyant déjà sa bouche du revers de sa main, le visage rouge comme une écrevisse.

«C'est bien ce que je disais, t'es prude, Theodore.» rit Potter.

«Je suis désolé Nott!» s'exclama Ginny en tirant déjà son ami par le bras. « Harry perd toutes ses manières quand il boit.

- Ouai, désolé pour ça mec.» renchérit Weasley, frappant l'arrière du crâne de son meilleur ami.

Theodore ne put que les observer s'éloigner alors que les deux acolytes passaient un savon à Potter, Granger soupirant de désespoir derrière eux. Elle leur avait bien dit que ce n'était pas une idée de boire dans l'enceinte de l'école pourtant.

«Il vient de se passer quoi là?» marmonna-t-il, complètement perdu.

«Je crois que tu as une touche avec le Survivant.» se moqua Draco, appuyé par le rire fourbe de Pansy.

«Alors, il embrasse bien?» renchérit-elle.

«Bande d'idiots.» s'offusqua-t-il, pourtant il ne pouvait pas le nier, Potter embrassait comme un dieu. C'était la première fois qu'un simple baiser lui faisait un tel effet et punaise, s'ils n'avaient pas été entouré de tous leurs amis, certainement qu'il aurait épinglé Potter à un mur pour poursuivre l'activité. Ça n'allait vraiment plus dans sa tête!

XXXXX

Bal

Dix ans plus tard

Harry observait les corps se mouvant sur la piste de danse, hommes et femmes se mêlant dans des valses dont chaque pas étaient connues à l'avance. C'était d'un ennui, il ne comprenait toujours pas pourquoi Draco avait tenu à ce qu'il vienne. Harry n'apparaissait que peu dans ce genre de soirée. Ses amis les plus proches savaient bien que de telles mondanités n'étaient pas à son goût. Pour les autres, Harry donnait toujours la même excuse « les journalistes seront certainement présents.» Personne n'ignorait sa haine envers la Gazette du Sorcier et la discussion s'arrêtait généralement là. Ce n'était pas entièrement un mensonge, Harry savait bien que chaque personne à qui il serrerait la main ou toute femme qu'il inviterait à danser serait dans les tabloïds le lendemain matin. Ce qui était faux en revanche, c'est qu'il n'y accordait plus la moindre importance depuis longtemps.

Draco avait usé cet argument pourtant infaillible contre lui, fichu Serpentard. Ce vicieux avait décidé d'organiser un bal masqué pour cette réunion d'étudiants. Habituellement, c'était plutôt Zabini ou Dean qui s'occupait d'organiser ce rendez-vous annuel. Mais ils allaient sur leurs trente ans cette année et Draco avait tenu à faire quelque chose de spécial. Selon lui, une sortie au restaurant ou un pique-nique dans un parc n'était pas suffisant.

Alors qu'ils refaisaient pour la plupart leur septième année après la guerre, les tensions entre les maisons se calmèrent petit à petit. La guerre avait fatigué tout le monde et personne n'avait encore la force de se battre. Dean avait été le premier à vouloir réunir tout le monde pour leurs vingt ans, un an après leur graduation. Ron lui avait rapporté que la soirée n'avait pas eu beaucoup de succès. Harry pouvait le comprendre, il ne s'y était lui-même pas rendu. Officiellement, il était de garde ce soir-là, en réalité, il avait trop craint de passer la soirée à remarquer l'absence de ses amis décédés lors de la guerre. Harry avait mis trois ans à s'y rendre et ce fut l'unique fois. Il n'en voulait pas à ses anciens camarades, mais supporter leur interrogatoire l'avait vacciné contre l'envie de revenir.

Bien sûr, il avait aimé revoir Dean, Seamus, Luna, les Patil, Neville et même revoir Draco et sa clique ne l'avait pas dérangé. C'était d'ailleurs depuis ce jour que Harry et Draco étaient passés d'ennemis jurés à connaissances jusqu'à devenir des amis proches. Bien évidemment, c'était une amitié tordue où ils ne cessaient de se mettre des bâtons dans les roues et de se lancer des piques. Mais ils savaient aussi tous deux qu'en cas de soucis, ils pourraient compter l'un sur l'autre. Depuis quelques années, ils allaient mêmes boire des verres ensemble une fois par semaine où se faisait un restaurant entre midi et deux. C'est que leurs amis respectifs avaient pour la plupart des vies de famille et ils s'étaient retrouvés à servir de bouche-trou l'un pour l'autre par la force des choses. La naissance des filles de Ginny et Blaise n'avait que fait les rapprocher d'avantages. Si George était le parrain de la première, Draco était celui de la seconde et Harry de la petite dernière.

Désormais, Harry voyait plus souvent Draco que Ron et Hermione. Sa meilleure amie lui manquait, mais il comprenait aussi qu'elle avait désormais sa propre vie avec Ron et leurs enfants. Pour Ron, c'était différent. Bien sûr, il manquait beaucoup à Harry, il était comme un frère pour lui. Ou plutôt il l'avait été. Mais ils avaient eu quelques grosses disputes par le passé et ils n'avaient pas réussi à les surmonter très brillamment, juste assez pour donner le change devant leurs proches. De plus, Ron avait raccroché sa robe d'Auror quatre ans plus tôt, il ne supportait plus de voir l'inquiétude tirée les traits de sa femme à chaque fois qu'il était appelé en urgence au milieu de la nuit. Avec les gardes de nuit ou de week-end, il ne voyait plus beaucoup Rose et Hugo et Ron avait fini par craquer, démissionnant après six ans de loyaux services. Pendant un temps, Harry avait pris l'habitude de passer après le travail voire son ami qui travaillait désormais avec George dans sa boutique. Puis Ron avait pris en charge la filiale à Pré-au-Lard, déménageant avec Hermione dans le village pour une vie plus paisible qu'à Londres. Harry avait alors réalisé que ces visites, il les donnait à George depuis tout ce temps et que Ron n'avait été que l'argument pour le faire.

Avec le recul, Harry savait bien que c'était sa faute s'il s'éloignait de ses amis, années après années. Il était un sorcier, leur rendre visite n'était pas une contrainte. Mais leurs modes de vie étaient trop différents, eux avançaient joyeusement vers la trentaine alors que lui voulait rester bloquer sur sa vingtaine à tout jamais. Ils n'avaient plus les mêmes passions (hormis le Quidditch avec Ron et Ginny évidemment), plus les mêmes divertissements, plus les mêmes week-ends.

Contrairement à Hermione et Ron ou Blaise et Pansy, Draco et lui était les mêmes. Ils ne pensaient qu'à s'amuser, ou plutôt ils refusaient de prendre la vie au sérieux. Ils étaient toujours aussi différents que lors de leurs jeunes années, mais désormais ils étaient aussi les plus semblables. Harry soupira, ça le désolait de parvenir à cette conclusion. Lui et Malefoy, similaires… la bonne blague.

«Qu'est-ce qui te fais soupirer ainsi?»

Harry quitta des yeux la piste de danse en contrebas, posant les yeux sur son ami adossé à la rambarde du balcon. Draco était parfaitement reconnaissable malgré son masque nacré aux dorures complexes. Il puait le luxe à des kilomètres à la ronde, il n'avait fait aucun effort pour se fondre dans la masse. Franchement, à quoi bon instauré un thème si ce n'était pas pour le respecter. Harry avait quant à lui profiter de l'occasion pour se métamorphoser. Pour l'instant, ça fonctionnait plutôt bien, personne ne l'avait encore reconnu, on le prenait juste pour un ami un peu taciturne du maître des lieux.

Il était passé chez le coiffeur dans la semaine et avait rasé sa barbe. Cela faisait des années qu'il n'avait pas vu son visage à blanc et c'était plutôt étrange. Sur le coup, Harry avait eu l'impression de rajeunir de cinq ans. Il s'était même vêtu de vert et noir, personne ne suspecterait le Golden Boy de s'habiller aux couleurs des Serpentards. Son masque lui avait été prêté par Draco, il était arrivé un peu en avance et le blond lui avait confisqué le sien en rouspétant à propos de son mauvais-goût. Harry se moquait bien de ce qu'il portait tant qu'on ne voyait pas sa cicatrice. Il était l'un des rares à avoir plus de la moitié du visage couvert, seul sa bouche et son menton était visible désormais. La porcelaine était recouverte de vagues blanches et noires s'entremêlant. Ce n'était rien de spectaculaire et c'était presque étrange venant de Draco. Seuls quelques dorures venaient briser cette simplicité. (nda: un peu à la BJ Alex)

«Tu comptes me reluquer encore longtemps?» s'agaça Draco.

«Je m'étonnais juste du fait que même en décidant qu'on ne doit reconnaître personne, tu veux à tout prix que toi, tout le monde te voit.

- Je suis un Malefoy.» nargua pompeusement le blond. «Ce serait un crime de ne pas faire profiter le bas peuple de ma prestance.»

Harry pouffa, portant son verre de champagne à ses lèvres.

«N'y a-t-il pas un peu trop de monde pour une réunion de promo?

- J'ai profité de l'occasion pour inviter les équipes de Quidditch et quelques élèves des années supérieurs et inférieurs. Ainsi que leur plus un, évidemment.

- Dis plutôt que tu voulais organiser un bal mais que t'avais les pétoches que personne ne vienne si tu ne donnais pas l'excuse de la réunion annuelle.»

Draco le fusilla du regard, n'aimant pas que Harry devine aussi bien ses incertitudes. La réputation de sa famille avait pris un sacré coup avec la guerre. Il avait fallu des années de dur labeur pour regagner sa place dans la haute société sorcière et encore aujourd'hui, il lui arrivait de douter de son image.

«Au fait tu ne m'as pas répondu.» changea-t-il peu discrètement de sujet.

« De quoi?

- Qu'est-ce qui te fais soupirer?» précisa le blond.

«Il n'est pas encore là.»

Harry quitta des yeux la foule pour le clouer de son regard perçant. Draco déglutit face à ces billes émeraudes. Potter avait vraiment le don de le mettre mal à l'aise une fois qu'il avait bu quelques verres. Or pour l'instant, il n'avait pas quitté son promontoire de la soirée et une table recouverte de verres et de mignardises se dressaient quelques pas derrière eux. Habituellement le Golden Boy ne buvait jamais plus d'un ou deux verres en public. Mais visiblement il comptait profiter de son anonymat ce soir pour se faire plaisir.

Parfois, Draco se demandait quel Harry était le vrai. Celui qui avait une vie parfaitement rangée et un boulot honorable, qui sortait uniquement les week-ends pour s'occuper de ses filleuls, qui n'avait aucun scandale malgré onze ans de célébrités dont les cinq dernières où pas une seule de ses photos n'avaient fuité. Ou bien était-ce celui qui le rejoignait dans la salle privée d'un bar tous les jeudis, sortaient dans le monde moldu pour draguer en toute discrétion les autres jours de la semaine, qui une fois saoul dévisageait quiconque de son regard froid, analysait chaque propos prononcé pour les utiliser contre son interlocuteur au pire moment, qui buvait sans jamais s'effondrer et fumait même le cigare en sa compagnie de temps en temps. Ce Harry-là effrayait Draco, parce qu'il n'arrivait jamais à prédire ses mouvements et le moindre faux pas pouvait devenir dangereux. Non pas que le Golden Boy lèverait sa baguette sur un innocent, mais ses propos eux restaient douloureux à entendre.

Si ce Harry était le vrai, alors Draco ne pouvait qu'admirer son masque qu'il portait depuis des années au point de réussir à berner tout son entourage. Parfois, Malefoy en venait même à se demander si ses meilleurs amis l'avaient déjà vu ainsi ou s'il était le seul à connaître cette part de Potter. D'aussi loin qu'il se souvienne, il ne l'avait jamais vu être ivre en leur compagnie, ni au mariage de Ginny et Blaise, ni à leur dîner le dimanche, ni même lors de la fête organiser en son propre honneur lors de sa dernière promotion. La seule exception était cet nuit-là au réveillon du nouvel an pendant leur dernière année. A Poudlard, Draco se serait senti flatter de connaître le petit secret de Potter. Mais aujourd'hui, il en était juste las parce que ça signifiait juste que Potter le considérait juste assez comme un ami pour lui montrer sa face cachée, mais qu'il n'était pas assez important pour lui la dissimuler à lui aussi. Potter n'avait aucune attente envers lui et ne craignait donc pas de le décevoir. Draco n'aimait pas ça, pas parce que Potter avait plus d'importance pour lui, il n'aimait juste pas être relégué au second plan.

Il recula d'un pas, gardant une distance de sécurité avec le Survivant. Harry but une seconde gorgée, le regard braqué sur lui. Draco se frotta la nuque, mal à l'aise. Il détestait ce stade dans l'alcoolisation de Potter, il savait que d'ici quelques verres il serait à nouveau plus abordable. Mais là, il était juste effrayant.

«Comment pourrais-tu savoir s'il est là ou non de toute façon. Il sera aussi masqué. Le connaissant, il pourrait même porter un glamour.

- Il n'est pas là.» trancha Harry, il ne permettrait pas que Draco remette sa parole en question.

«Je lui ai envoyé un hibou, mais je n'ai pas eu de réponse. Franchement, je suis censé être son meilleur ami et il ne m'a même pas dit qu'il rentrait en Angleterre.» soupira Draco. «Tu es sûr qu'il quitte les Etats-Unis aujourd'hui?

- J'ai mes sources.» fit vaguement Harry. «Et puis, il est rentré samedi, ça m'étonne qu'il ne t'ait toujours pas contacté.

«Tu sais ce que tu es, un putain de stalker.» grinça-t-il des dents.«Franchement j'ai déjà dit à nos amis que tu viendrais et toi tu passes ta soirée dans ton coin. Je vais juste passer pour un menteur.» fulmina Draco. «Au moins maintenant je comprends pourquoi tu as accepté aussi facilement de venir cette année. Il suffit qu'il mette un pied dans le pays pour que tu accoures la queue entre les jambes. Tout ça pour un gars qui ne sait même pas que tu existes.

- Draco.

- Oui oui je sais, tout le monde sait que tu existes, ô saint Potter. Mais tu sais que je ne disais pas ça dans ce sens. Il s'en fout de toi, vous vous êtes déjà au moins parlé une fois?

- Draco.

- Je n'ai pas fini. Tu as besoin que pour une fois, quelqu'un te remette les idées en place.

- Draco!

- Quoi?» craqua-t-il, à bout de souffle.

«Il est là

- Hein?» s'époumona Draco, se penchant par-dessus la rambarde pour observer la salle du plus près.

«Et la prestance des Malefoy, tu en fais quoi?» se moqua Harry.

Il attrapa le menton de Draco pour diriger son regard vers un coin de la pièce où un jeune homme semblait chercher quelque chose dans la foule.

«C'est vraiment lui?» fit sceptique Draco, hormis sa taille, cet homme n'avait rien en commun avec son meilleur ami.

«Glamour, c'est toi-même qui l'a dit.» soupira Harry, comme s'il s'adressait à un imbécile.«Le grain de beauté sur sa main.

- On ne voit rien d'ici.» rouspéta Draco.

«Magie.»

«Et comment tu sais ça, toi?» fit-il suspicieusement.

Harry ne lui répondit pas, se contentant d'hausser les épaules. Son ami n'insista pas, sachant très bien que s'il ne souhaitait pas parler, alors il ne le ferait pas. Il lui ferait donc confiance sur ce coup, dévalant déjà les escaliers pour rejoindre son meilleur ami.

Theodore se sentait un perdu, Blaise lui avait dit que ce ne serait qu'une petite soirée entre anciens étudiants. Il avait déjà reçu quelques invitations mais n'était jamais venu et au fil des ans, ses amis avaient arrêté de lui en parler. S'il avait fui le Royaume-Uni après Poudlard, ce n'était pas pour rentrer au pays à la moindre soirée organisée. Theodore n'était toujours pas certain que ce soit une bonne idée de venir ici, mais il avait fait son choix.

Au départ, il comptait se rendre chez Draco le lendemain de son arrivée pour lui faire une petite surprise. Seul Blaise était au courant de son retour. Ça n'avait pas vraiment été voulu, mais son ami avait travaillé une année dans le laboratoire face à son cabinet d'avocat et de fil en aiguille Blaise était devenu ami avec quelques-unes de ses connaissances. La nouvelle avait fini par fuiter bien plus rapidement que Theodore ne l'aurait pensé. Blaise avait fini par essayer de le convaincre de venir à cette petite fête, mais Theodore avait fermement refusé. Du moins au départ et il ne savait trop comment son ami avait fini par le convaincre que ce serait l'idée du siècle de faire sa surprise à Draco ce soir.

Puis, il y avait eu la lettre de Draco. C'était rare venant de lui, le blond préférant généralement les appels par cheminette. Il était terriblement impatient et détestait devoir attendre une réponse pendant des jours. Le hibou avait eu l'air complétement épuisé. Le pauvre, il avait dû traverser l'océan pour finalement se faire indiquer qu'il fallait retourner au point de départ, Theodore ne logeant plus à la Nouvelle-Orléans mais bien à Londres. Cette invitation avait piqué l'intérêt de Theodore et il n'avait pas eu le cœur de lui refuser cette faveur. Tant pis pour sa surprise mais certainement que des deux, ce serait Blaise le plus déçu.

Malgré sa décision, Theodore n'avait pas réussi à venir tel qu'il était, se sentant obligé de modifier son apparence, coloré ses cheveux d'un châtain clair qui ne lui allait pas du tout et d'arborer un regard noisette bien trop semblable à celui de Pansy à son goût. Theodore songea qu'il avait bien fait, il y avait bien trop de monde ici pour qu'il se sente à l'aise en tant que Theodore Nott. Visiblement Draco n'avait rien perdu de son côté tape à l'œil en dix ans, s'en était presque risible.

Pourtant, il trouva son idée un peu stupide en longeant la salle de bal. Theodore se retrouvait à dévisager chaque personne se trouvant à portée de vue, analysant leurs manières, leurs traits malgré les masques et leurs magies. Il pouvait sentir la trace de Draco, mais visiblement il n'avait pas arrêté de bouger ce soir et c'était difficile de suivre sa trace surtout avec autant de monde. Theodore était si mal à l'aise, il n'avait qu'une envie, tourner les talons et rentrer chez lui. Surtout qu'il avait cette désagréable impression d'être observé.

C'est alors qu'un éclat blond attira son attention. Draco n'avait fait aucun effort pour ce bal masqué, il aurait pu écrire «Malefoy» sur son front que ça reviendrait au même. Theodore n'eut même pas le temps de faire signe à son ami qu'il dévalait déjà les escaliers pour rejoindre la foule. L'avait-il vu lui aussi ou bien avait-il juste envie de fuir l'homme qui se tenait à ses côtés?

Theodore reporta son regard sur cet homme. Il ne pouvait pas très bien le voir de l'autre bout de la pièce, mais il ne semblait pas commode. Il était droit comme un «i», les bras croisés et Theodore en était maintenant persuadé, c'était cet homme qui le fixait depuis son arrivée. Bien sûr, il ne pouvait pas en être certain puisqu'il ne pouvait pas voir son regard. Mais il aurait juré que l'homme ne souriait pas avant qu'il ne concentre son regard sur lui. Il y avait quelque chose à son propos qui le mettait mal à l'aise, mais Theodore ne saurait mettre le doigt dessus.

«Theo, je suis content que tu ais pu venir!» s'exclama Draco, le sortant brusquement de ses pensées.

Après réflexion, Draco se dit que ça n'avait pas été malin de lui sauter dans les bras avant de confirmer son identité. Il faisait définitivement trop confiance à Harry pour son propre bien. Surtout que le connaissant, Potter aurait très bien pu se moquer de lui en désignant quelqu'un au hasard dans la foule pour lui coller la honte. A son plus grands soulagements, Theodore lui rendit rapidement son étreinte.

«Tu n'es pas drôle Draco, je voulais te faire une surprise et toi, tu me reconnais à peine j'arrive.

- En fait c'est lui qui t'a reconnu. » s'excusa Draco en désignant le vide derrière lui d'un geste du pouce.

«Qui exactement?» fit Theodore, un peu perdu.

Draco fut surpris de ne pas voir Harry derrière lui, il avait complètement disparu du paysage. Il aurait plutôt pensé qu'il sauterait lui aussi sur l'occasion pour aller à la rencontre de Theodore. Il haussa des épaules, les bizarreries de Potter n'étaient pas son problème.

«Il a dû se faire alpaguer en venant ici, j'imagine.» balaya-t-il rapidement.«Est-ce que les autres savent que tu es ici?

- Juste Blaise, il a fini par l'apprendre d'un ami commun.

- Parfais, allons le voirdans ce cas !» s'exclama Draco en claquant des mains. «Il sera tellement heureux de te revoir, je me disais bien que c'était bizarre qu'il n'arrête pas de me parler de toi en ce moment. Je commençais presque à me demander s'il ne trompait pas Weaslette avec toi.» éclata-t-il de rire.

Theodore eut un rire, Draco n'avait pas changé. Il était toujours la même pipelette que dans le passé.

«Ne t'embête pas, j'irai voir les autres dans la semaine. Ce soir, je suis venu te dire bonjour, c'est tout.De toute façon, je ne comptais pas rester trop longtemps, j'étais juste venu te dire bonjour. Tu sais, avec le décalage horaire je suis plutôt claqué.

- Reste au moins jusqu'au dessert, je peux l'avancer pour dans une demi-heure. Il y aura une surprise juste avant.»

Theodore jeta un coup d'œil à sa montre, il était déjà vingt-deux heures passées et il était vraiment épuisé. Mais Draco semblait vraiment vouloir le retenir, il avait presque l'air paniqué face à cette nouvelle. De toute façon, Theodore devait avouer que son ami lui avait à lui aussi beaucoup manqué. Il n'était pas pressé au point de lui refuser cette faveur.

«Très bien, je reste encore un peu.

- Parfait, je suis vraiment content que tu sois là en tout cas!»

Draco marmonna quelque chose à propos de «se faire tuer» et de « tu ne peux pas partir tout de suite», mais Theodore n'y prêta pas vraiment attention. Draco divaguait pour un rien et c'était rarement utile de lui tirer les vers du nez.

« Au fait, comment tu as su que je rentrais? Blaise était censé être le seul au courant.» se renfrogna Theodore en repensant à sa surprise gâchée.

Draco hésita. Vu le comportement de Harry pour l'instant, il n'avait pas l'air de vouloir que Theodore sache qu'il le cherchait. Mais d'un autre côté, il se sentait mal de mentir à son ami.

«Un ami m'en a parlé au fil d'une conversation. En fait je n'y croyais pas vraiment, puisque tu ne m'as rien dit. Mais je me suis dit que dans le doute, j'allais quand même te parler de cette soirée. On dirait que finalement, il n'est pas si inutile que ça.

- C'est vraiment comme ça que tu me vois, ça me blesse Draco. » susurra d'une voix taquine Harry à son oreille.

Draco sursauta, ne l'ayant pas entendu approcher. Harry avait toujours eu une démarche discrète mais depuis qu'il était Auror, il était presque impossible de l'entendre se déplacer. Dans ces moment-là, Draco avait l'impression de revenir à l'époque de Poudlard quand Snape se faufilait dans le dos de ses élèves pour leur faire peur. Il détestait quand son parrain faisait ça et ça n'avait pas changé.

«Crétin tu m'as fait peur.»

Harry le toisa de son regard moqueur, sous-entendant clairement que c'était le but de la manœuvre.

«Je crois qu'il y a un souci en cuisine, quelque chose en rapport avec l'avancé du dessert. On t'appelle.

- Comment tu fais pour toujours être au courant de tout?» râla Draco, se doutant parfaitement que Harry devait espionner leur conversation depuis le début et qu'il se servait de cette excuse pour se débarrasser de lui.

«Qui sait?» haussa des épaules Harry, narquois. «Laisse-moi prendre soin de ton invité en attendant ton retour.»

Theodore se sentit frissonné sous le regard que l'homme posa sur lui. Ça ne dura qu'une seule fraction de seconde, Draco accaparant rapidement son attention une nouvelle fois. Pourtant, il pouvait pressentir rien que par son attitude que cet homme n'était pas une personne lambda.

«Il a vraiment tout prévu, cet enfoiré.» songea Draco.«Parfois j'ai l'impression que de nous deux, c'est lui le Serpentard.» Pourtant, il n'allait pas le laisser tirer les ficelles aussi facilement. Draco pouvait bien au moins essayer de lui mettre des bâtons dans les roues.

«A toi de voir Theo.Sinon, tu peux m'accompagner ou on peut trouver Blaise?»

Theodore observa les deux hommes se toiser du regard, visiblement ils avaient une conversation silencieuse et cet inconnu ne semblait pas aimer voir Draco interférer dans ses plans. Il avait l'air dangereux, il le dépassait d'une demi-tête et sa carrure était impressionnante, ses muscles roulants sous son costume. Malgré cette apparence froide, Theodore était intrigué, cet homme lui disait quelque chose, mais il n'arrivait pas à s'en souvenir. Il n'aimait pas les mystères et résoudre celui-ci semblait intéressant. De plus, son apparence n'était pas pour lui déplaire.

L'homme portait une tenue rare pour un sorcier, on sentait l'influence moldu dans sa façon de s'habiller. Il portait un pantalon droit maintenu par une ceinture à la boucle finement gravée, malheureusement Theodore n'était pas assez proche pour en distinguer les formes élégantes. Sa chemise forêt était recouverte par un gilet aussi sombre que les abysses, tout comme sa cravate et sa veste qu'il avait laissé ouverte et qui lui tombait jusqu'à mi-mollet, ses légères épaulettes ne faisaient qu'accentuer sa stature. En réalité les seules notes plus claires de sa tenue étaient sa chemise assortie aux boutons du gilet, l'intérieur de sa veste qui apparaissait derrière ses jambes lorsqu'il se mouvait ainsi que les ornements brodés autour de ses poches, sa cravate et le long de son revers de veste. Theodore fut attiré par le son des chainettes cliquetants les unes contre les autres au bas de sa tenue, il remarqua alors les petites pierres précieuses semblables à des émeraudes scintiller à seulement quelques centimètres du sol, rappelant les bagues qui ne faisait que rendre les doigts de l'homme plus long. Il était totalement son type, même si ça faisait bien longtemps que Theodore ne s'était plus intéressé à un homme plus imposant que lui.

«C'est bon Draco, je ne suis plus un enfant, je peux me débrouiller.» trancha-t-il finalement, se sentant un peu stupide de céder uniquement à cause de l'apparence attrayante de l'homme. Theodore ne pouvait pas nier qu'il était intrigué par cet Apollon qui arrivait même à éclipser la prestance de Draco et pourtant Merlin savait que son ami pouvait se ruiner en tenues en tout genre.

Il ne manqua pas le discret sourire vainqueur de l'inconnu et la mine renfrognée de son meilleur ami. Pourtant Draco ne rouspéta pas, s'éclipsant déjà dans la foule. Théodore songea que cet homme ne devait pas être si dangereux que ça si le blond abandonnait si rapidement. Draco avait tendance à vouloir le surprotéger depuis qu'ils étaient gamins. Il devait donc avoir confiance en cet homme, ça le rassurait un peu. Il ne le mettrait jamais dans une situation délicate de son plein gré. Ses épaules se détendirent légèrement, se laissant guider par le bras qui le dirigeait vers un des buffets. La main glissa de son épaule jusqu'au creux de son dos, laissant une empreinte brûlante à travers le tissu de sa robe, sa cape ayant été abandonnée dans le vestibule.

Theodore ne sut trop comment réagir. Était-ce de la drague? Ou juste une personne tactile? C'était le problème d'être homosexuel, on se faisait rapidement des idées. Il ne comptait même plus le nombre de gars qu'il imaginait le draguer alors qu'ils avaient juste l'habitude de se comporter ainsi avec leurs amis. Theodore n'aimait pas qu'on le touche, pourtant il n'osa pas se défaire de ce contact, parce que si ce n'était pas de la drague, il aurait juste l'air stupide et distant. C'était un ami de Draco, il ne voulait pas le froisser.

Il n'eut même pas le temps de se questionner plus longuement sur ce contact que l'homme se sépara de lui. Une seconde plus tard, Theodore se retrouvait avec une coupe de champagne à la main et une assiette de petit-four posée sur la table où l'inconnu l'avait mené. Il se sentait mal à l'aise. Cet homme ne le quittait pas des yeux et Theodore avait la désagréable impression d'être une proie devant son prédateur.

Pourtant, l'inconnu était avenant. Son sourire hautain adressé à Draco s'était transformé en une expression plus douce. Même son regard avait perdu ses tons durs et pourtant, Theodore n'arrivait pas à se détendre. Il ne l'écoutait pas réellement parler, trop concentré sur ses pensées. Pourquoi se sentait-il si gêné, ça ne faisait pas de sens. Ce n'était pas comme si cet homme avait une magie agressive ou menaçante.

C'est là que la réalisation le frappa. Cet homme n'avait pas de magie. Il aurait pu être un Moldu, mais ça faisait encore moins de sens. Draco ne l'aurait jamais invité ici et surtout, Theodore n'arrivait même pas imaginer comment ils auraient pu se rencontrer. Ce n'était pas non plus un Cracmol, sinon il pourrait sentir sur lui un résidu de magie, même infime. Non, cet inconnu cachait sa magie. Theodore n'avait rencontré que deux personnes agissant ainsi de toute sa vie. L'un était un ancien Auror ayant servi pendant la guerre contre Grindelwald et qui était parfois appelé en tant que consultant par son ancien cabinet d'avocat. L'autre était un violeur en série qu'il avait rencontré en défendant l'une de ses victimes.

Theodore espérait sincèrement que Draco sache réellement ce qu'il faisait avec ce type. Ça ne voulait rien de dire de vouloir cacher sa magie, ça pouvait juste être un réflexe pour les personnes qui en perdaient facilement le contrôle. Ce n'était pas toujours réfléchit. Mais encore une fois, ce point était en défaveur de l'inconnu, parce que ça voudrait dire qu'il était colérique. De plus, si l'homme face à lui était également un magico-sensible, il aurait dû reconnaître sa propre capacité et savoir que c'était très impoli d'agir ainsi envers Theodore. Mais s'il ne l'était pas, alors c'était presque impossible qu'il puisse la manier aussi aisément. Il était puissant, certainement bien trop pour qu'un tel pouvoir ne lui monte pas à la tête.

Theodore se sentait perdu et pourtant, il y avait cette petite voix qui le poussait à rester à ses côtés. Il voulait comprendre cet homme, découvrir pourquoi il agissait ainsi. Sa curiosité lui avait souvent porté préjudice et pourtant, Theodore n'arrivait pas à la repousser. Il se sentait un peu honteux d'avoir agi en écoutant sa bite plutôt que sa raison.

«Theodore, tout va bien?»

Il sortit soudainement de ses pensées, se reconcentrant sur l'inconnu. Theodore n'avait même pas remarqué qu'il ne le regardait plus, fixant un point imaginaire au-dessus de son épaule. Leurs regards se croisèrent et il songea qu'un homme avec un regard aussi doux ne pouvait définitivement pas être dangereux. L'homme avait réellement l'air de s'inquiéter qu'il s'ennuie ou se sente mal à l'aise. Ce n'était pas juste de sa part de le catégoriser dans la case «dangereux psychopathe» juste parce que la dernière personne qu'il avait rencontré qui cachait sa magie en était un. Peut-être que cet homme était comme l'Auror américain, qui sait.

«Oui, désolé, j'ai juste vu un ancien ami.»

L'homme se tourna pour dévisager la foule, mais ne sembla pas convaincu. A dire vrai, Theodore avait une très mauvaise mémoire des visages alors si en plus ils étaient masqués, ils pourraient passer à côté de Millicent ou Goyle et ne même pas les reconnaître. Ça faisait dix ans après tout et ils étaient à peine adulte à l'époque. Tout le monde avait dû bien changer depuis.

Pour se changer les idées, il porta son verre à ses lèvres, ne remarquant que maintenant que ses mains tremblotaient légèrement. Theodore devait vraiment arrêter de se faire des films, c'était si impoli. Ça ne lui ressemblait pas. Il se sentit rougir sous ce regard qui détaillait chacun de ses mouvements, jusqu'à fixer sa paume d'Adam roulant sous sa peau alors qu'il buvait une gorgée de pétillant. Theodore retirait ce qu'il avait pensé, ce regard n'était pas qu'inquiétude et douceur, il pourrait jurer qu'il y avait aussi un soupçon de désir y briller. Il était heureux que son masque cache ses joues, il n'aimait pas se montrer aussi vulnérable.

«Je constate que tu es toujours aussi prude.» sourit, l'inconnu, détachant enfin ses yeux de sa gorge.

Theodore réajusta son masque sur son visage, essayant vainement de masquer ses rougeurs. Pourtant, il ne pensait pas qu'elles puissent visibles. Il mit de côté cet impression de déjà-vu, comme si cette phrase avait réveillé quelque chose en lui.

«Ce sont tes oreilles qui te trahissent, Theodore.» s'amusa l'homme.

«Est-ce qu'on se connait?» changea-t-il brusquement de sujet, peut-être même un peu trop. «Je veux dire, vous m'appelez par mon prénom alors que Draco n'a même pas fait les présentions, cet impoli.» souffla pour lui-même Theodore.

- Il semblerait, en effet.»

Theodore baissa la tête, réfléchissant à toute allure, son index tapotant contre son verre. C'était la honte, apparemment l'autre homme savait exactement qui il était. Ils étaient même assez proches pour qu'il sache quand est-ce qu'il avait prévu de rentrer des Etats-Unis. Et puis, il y avait cette phrase que Draco lui avait dit. Ce n'était lui qui l'avait reconnu mais quelqu'un d'autre. Theodore était presque certain qu'il s'agissait de cet homme, ça semblerait logique. Mais comment était-ce possibleque lui-même ne le reconnaisse pas du tout? Il s'était définitivement bien trop appuyé sur sa magico-sensibilité pour mémoriser ses connaissances plutôt que sur leurs visages. Ça lui avait déjà porté défaut, mais jamais à ce point.

«Tu n'as vraiment aucune idée de qui je suis.» réalisa l'homme qui semblait plus s'en amusé que s'en vexé au plus grand soulagement de Theodore.

«Désolé.» L'homme chassa son excuse d'un geste de la main, il ne se sentait pas outré. «Et vous, comment m'avez-vous reconnu quand je suis arrivée?

- Tes mains.

- Mes mains? » fit peu convaincu Theodore, fixant ses paumes. Ce n'était donc pas un magico-sensible comme lui. «Qu'est-ce qu'elles ont de spéciales?

- Je ne peux pas te donner tous les indices d'un coup, tu ne penses pas?Ce ne serait plus amusant.»

En tout cas, cet homme savait terriblement bien attiser la curiosité d'un Serpentard. Certainement en était-il lui-même un, vu la couleur de sa chemise. De plus, il s'agissait d'une réunion d'ancien élève, donc ils devaient certainement se connaître de Poudlard, hormis si cet homme était le plus un de quelqu'un. Mais dans tous les cas, ça remontait à plus de dix ans, Theodore avait une mauvaise mémoire des noms et son manque de sociabilisation à l'époque n'aidait pas. En toute honnêteté, hormis son cercle proche d'amis il n'était même pas certain de pouvoir nommer tous les anciens élèves de sa propre année.

Si on n'éliminait les filles, il ne restait que Goyle, Blaise et Draco et cet homme n'était définitivement pas l'un d'eux. Quoi que, Goyle faisait à peu près la même taille non? Il s'était peut-être mis au sport? Non, les yeux n'étaient pas les mêmes, Goyle avait le regard sombre, presque noir. De toute façon, sa manie de parler comme un rustre l'aurait tout de suite mis sur la piste. Mais vu le monde présent, il semblait y avoir des personnes d'autres promotions également. Nott tenta d'énumérer les noms, mais ce n'était pas évident, il était persuadé d'en oublier pas mal: «Flint, Higgs, Bole, Montague…» Visiblement, ce n'était pas comme ça qu'il allait y arriver. D'autant plus que Theodore n'était pas vraiment proche de ces personnes. Pour la plupart, il s'agissait des amis de Draco plutôt que les siens.

«Est-ce que vous portez un glamour?

- A ton avis?»

L'inconnu pencha la tête sur le côté, intrigué par sa réponse. Il n'avait pas imaginé que Nott aurait tant de mal à le reconnaître. Certes, ils n'avaient jamais été amis, mais quand même! S'en serait presque vexant s'il n'était pas aussi excité par ce petit jeu.

«Je ne pense pas. Vous avez l'air d'avoir hâte que je découvre qui vous êtes, un glamour ne ferait que retarder l'échéance.

- Il semblerait que même si tu ne me connais pas, tu me cernes plutôt bien.»

Theodore remarqua soudainement que cette personne le tutoyait. Était-il réellement aussi proche ou est-ce que ça l'amusait seulement de lui parler de façon informelle?

«Vous n'allez vraiment pas me donner d'autres indices?» soupira-t-il, frustrer de ne pas réussir à résoudre ce mystère.

«Qu'es-tu prêt à me donner en échange?»

Il n'y avait plus aucun doute, cet homme le draguait. Theodore sentit les poils sur son bras se dresser alors que l'homme parcourait le dos de sa main de la pulpe de ses doigts, glissant doucement à l'intérieur de sa manche. La caresse cessa aussi rapidement qu'elle avait commencé, pourtant sa main revint ensuite se poser sur sa hanche. Il ne cachait même pas ses intentions, il était vraiment culoté. Au moins ça ne faisait plus aucun doute, cet homme n'était pas «juste» une personne tactile.

«Une danse?» fit Theodore, hésitant.

«Ce serait un honneur.» sourit l'inconnu, lui offrant sa main.

Bien que ce fut son idée, Theodore hésita un instant. Ils étaient deux hommes et ça pourrait être mal vu. Certes, ils étaient masqués mais il ne tenait pas non plus à déclencher un scandale dans la soirée de son meilleur ami. Pourtant cet homme ne semblait pas s'en soucier. Il supposa que de toute façon, il n'avait rien à perdre. Cet homme était attirant, il était bien bâti et certainement qu'avec sa confiance, son visage aussi devait être beau. De plus, Theodore pourrait toujours poursuivre la discussion sur la piste de danse. Il y avait plus de bénéfices à accepter. Il déposa sa paume dans la main offerte. L'homme déposa ses lèvres sur la commissure de ses phalanges.

«Pour répondre à ta question, c'est ton grain de beauté que j'ai reconnu. Comment pourrais-je oublié une main si élégante?» sourit l'homme, charmeur et sans lui laisser le temps de protester, il le tira à sa suite.

L'homme les guida jusqu'au bord de la piste, là où les pilonnes se dressaient et où ils seraient moins visibles. Visiblement lui aussi avait conscience qu'un couple homosexuel au centre de la salle attirerait bien trop l'attention. Il posa sans hésitation sa main sur sa hanche l'incitant à lui-même prendre prise sur son épaule. Theodore tenta bien de garder une petite distance de sécurité, mais c'était peine perdue. Il abandonna l'idée à sa troisième tentative échouée, il pouvait bien céder ce point au bel inconnu. De plus ce n'était pas si mal de sentir sa musculature contre lui.

Ils allaient à un rythme un peu plus lent que les couples un peu plus loin, mais ça ne dérangea pas Theodore. Comme il l'avait dit à Draco plus tôt, il était réellement fatigué. Il avait passé la moitié de la nuit à lire un dossier sur lequel ses collègues travaillaient depuis le début du mois et comme si ça ne suffisait pas, le directeur de son cabinet avait décidé d'organiser une réunion à la première heure se matin pour vérifier qu'il s'adaptait correctement à son nouvel environnement. Si on ajoutait à cela le décalage horaire, le déménagement et tous les papiers que le ministère lui demandait de remplir pour confirmer son changement de pays, il était au bord de l'épuisement. Une danse énergique ne lui conviendrait pas aujourd'hui. Bientôt, Theodore se détendit suffisamment pour aller jusqu'à poser sa joue contre l'épaule de l'homme, se laissant guider à sa guise.

« Alors, quel est mon prix?» murmura-t-il alors qu'un silence se créa entre deux morceaux, pourtant l'inconnu ne cessa pas de danser.

«Je t'accorde trois questions. Evidemment, je me réserve le droit de ne pas y répondre, tu pourras alors m'en poser une autre.

«Trois questions. Vous êtes donc un radin.» bougonna Theodore.

Il fut surpris par le rire franc de l'homme. Ce rire, il était presque certain de le connaître. C'était un beau rire, sincère et libéré. Theodore commençait à douter d'avoir à faire à un Serpentard. Hormis Blaise qui se fichait des convenances, il ne connaissait aucun Sang-Pur qui se lâcherait ainsi en public.

«Quelle est votre couleur préférée?

- Ça dépend du contexte.» Theodore fut surpris qu'il réfléchisse aussi profondément à la question. «Je dirais le brun, du moins pour les vêtements ou pour de la déco. Mais si c'est pour m'acheter un bouquet, je dirais le violet.» murmura-t-il au creux de son oreille.

Theodore ignora le geste, réfléchissant déjà à toute allure. Il avait espéré une réponse un peu plus précise. Généralement, la couleur de la maison devenait la couleur favorite d'une personne. Lui-même ne faisait pas exception, il ne jurait que par le vert. C'était la raison pour laquelle cet homme lui avait tapé dans l'œil. Theodore avait naturellement tendance à chercher les objets verts dans une pièce ou dans ce cas, les personnes vêtues de cette couleur. C'était plutôt superficielle, mais il n'arrivait pas à se débarrasser de cette manie.

«Et la mienne?

- Est-ce vraiment ta deuxième question?»

Theodore se mordit la lèvre, il n'avait pas réfléchi. Devait-il la retirer? Mais d'un autre côté, il voulait savoir si cet homme avait volontairement revêtu cette couleur ou si ce n'était qu'un hasard.

«Disons plutôt que ma question est: comment avez-vous découvert qu'elle est ma couleur préférée?

- Tu ne portais que ça les week-ends à Poudlard. Et j'ai demandé confirmation à Draco.»

Donc ils se connaissaient bien de Poudlard, ça enlevait déjà la théorie du plus un de quelqu'un d'autre qui aurait fui pour aller draguer ailleurs. Mais d'un autre côté, c'était étrange que cet homme doive passer par Draco pour être certain qu'il aime le vert. Ce n'était pas un secret, tout le monde le savait à Serpentard. Donc il n'était pas un camarade de maison. «Intéressant»

« J'ai l'impression que tu m'observais beaucoup, mais qu'on ne se connaissait pas vraiment.» songea à voix haute Theodore.

Il se fustigea pour cella en sentant la prise de son partenaire se raidir sur sa hanche. C'était indélicat de sa part de faire une telle remarque. Il ignorait tout de la personne face à lui. Était-il blessé parce qu'au contraire, ils étaient vraiment proches? Ou alors n'étaient-ils réellement pas amis? Theodore ne savait plus ce qu'il avait le droit de dire ou non. Peut-être que finalement, ce jeu n'était pas aussi amusant qu'il n'en avait l'air de prime abord. Il ne voulait pas se montrer méchant par erreur.

«Theodore… Theodore.

- Hm?

- Tout va bien. J'étais juste surpris.»

Nott releva la tête, remarquant enfin qu'il s'était figé au milieu de la piste, la tête basse et les mains tremblantes. Lentement, l'homme le poussa à reprendre la danse, un pas après l'autre.

«Tu as raison, c'était un amour à sens unique. A l'époque, je ne comprenais pas pourquoi tu voulais tant m'évitez, avec le recul je pense que j'étais assez stupide de ne pas avoir compris. Mais aujourd'hui, je sais que rien n'aurait pu naître de notre relation à l'époque, je n'étais pas assez mature. C'est pourquoi je veux retenter ma chance aujourd'hui, je sens que désormais, nous sommes tous les deux prêts.»

Theodore ne savait plus où se mettre. Comment est-ce que cet homme pouvait avouer aussi facilement avoir été amoureux. C'était insensé, n'avait-il aucune honte? Peut-être était-il un Poufsouffle finalement, ça leur ressemblait bien d'être aussi ouvert. Theodore savait que les cartes étaient entre ses mains. Tant qu'il ne découvrait pas l'identité de cet homme, leur relation ne pourrait pas avancer. Il devait faire accélérer les choses, il devait juste trouver la bonne question à poser. Ce serait sa dernière.

«Mes très chers amis, je vous invite à rejoindre le jardin qui se trouve juste derrière moi. J'ai prévu une petite activité pour fêter le passage à la trentaine de la plupart d'entre nous. Nous passerons ensuite aux desserts. J'espère que ça vous plaira!» annonça Draco grâce à un Sonorus, faisant stopper leur danse.

Theodore pouvait sentir son regard sur eux. Draco ne semblait pas surpris ou déçu, juste curieux. Ça le rassurait un peu, il semblerait qu'il se soit vraiment monté la tête pour rien un peu plus tôt.

La foule se dirigea petit à petit vers la baie vitrée qui s'ouvrit grâce à quelques gestes de la baguette de Draco. Theodore sursauta quand une veste chaude se posa sur ses épaules. L'inconnu l'aida à lui enfiler les manches et plus que de danser serrer contre son torse ferme, c'était ce genre d'action qui le faisait rougir jusqu'à la pointe de ses cheveux.

«Tu risques d'avoir froid, la météo n'est pas la même qu'en Louisiane ici.» s'expliqua l'inconnu, attrapant déjà sa main pour le guider dans un coin de jardin.

«Je risque de salir votre veste.» remarqua Theodore, un peu gêné de la voir traîner sur le sol. Il n'était pas petit pourtant, mais la différence de taille restait pourtant importante.

«Ce n'est pas grave.» haussa des épaules l'inconnu, pourtant Theodore n'était pas bête, cette veste avait dû lui couter une fortune entre le sur-mesure, les bordures et les petites émeraudes qui cognaient sur le carrelage de la salle de bal.

«Et vous?

- Ne t'inquiètes pas, je n'ai pas souvent froid. Et puis, j'ai une baguette si jamais.» il lui fit un clin d'œil complice et l'enjoignit à continuer d'avancer.

Theodore ne rouspéta pas, se demandant tout de même pourquoi ils s'éloignaient tellement des autres. Il ne devrait pas suivre un étranger ainsi, c'était dangereux. Mais il avait confiance en ses qualités de duelliste et surtout, il était persuadé que Draco gardait un œil sur lui depuis tout ce temps. Il ne craignait aucun danger ici. Theodore eut les réponses lorsqu'ils arrivèrent devant un petit lac. Il n'avait encore jamais visité les jardins de la nouvelle maison de Draco, il ne venait que rarement en Angleterre et ce genre de balade semblait futile dans ces instants.

Il sursauta lorsqu'un bruit de pétard résonna. En levant les yeux au ciel, Théodore découvrit un magnifique feu d'artifice illuminant le ciel étoilé de cette nuit de juin. Les petites étincelles multicolores se reflétaient sur la surface lisse de l'eau tel un miroir. C'était tout bonnement magnifique. Trop perdu dans l'admiration du spectacle, Theodore ne sentit pas l'homme se blottir contre son dos, l'entourant de ses bras.

«Tu aimes?» lui chuchota-t-il à l'oreille entre deux explosions, autrement Nott n'aurait pas réussi à l'entendre.

«C'est magnifique!» cria-t-il, sa voix se perdant entre deux feux.

«C'est bien si ça te plaît.J'ai eu un mal de chien à convaincre Draco. »

Theodore ne parvint pas réellement à l'entendre tant sa voix était basse. Mais il ne ressentit pas le besoin de le faire répéter, il se doutait plus ou moins de sa réponse, ce devait être un truc romantique. Le baiser qu'il posa sur son front ne fit que confirmer son hypothèse. Petit à petit, il se demandait si cet homme était vraiment sérieux à son propos. Il avait perdu ses airs dragueurs du début de soirée, laissant place à une tendresse qui ne s'installait habituellement qu'après plusieurs rendez-vous. Theodore avait presque l'impression que son côté rentre-dedans n'avaient été que présents pour attirer son attention. Il ne savait plus, c'était tellement étrange comme situation.

«A quoi penses-tu?»

Theodore cligna des yeux, remarquant enfin que le feu d'artifice avait pris fin pour ne laisser place qu'à un beau ciel étoilé. Il tourna légèrement la tête, tombant nez à nez avec le regard émeraude de son inconnu. Ces iris, il ne connaissait qu'une seule personne qui en possédaient des semblables, Harry Potter. Mais c'était impossible, Potter était petit, la dernière fois qu'il l'avait vu il le dépassait d'une tête. De plus, il était loin d'avoir le moindre contrôle sur sa magie, à l'époque elle dégoulinait de son corps comme du miel, s'en était presque écœurant. Et surtout, il était le Golden Boy, que ferait-il à traîner avec Draco ou lui plutôt que d'aller voir ses amis. Ça ne ferait aucun sens. Cette idée était si stupide qu'il ne tarda pas à l'effacer de son esprit.

«J'ai envie de t'embrasser.»

Le regard de Theodore voyagea le long du masque en porcelaine jusqu'à tomber sur les lèvres humides de l'homme. C'était certainement bizarre comme compliment, mais il avait une belle bouche. Se faire embrasser par de telles lèvres ne devraient pas être désagréable, bien au contraire. Alors doucement, il se tourna dans l'étreinte jusqu'à lui faire face. Ses doigts agrippèrent ses hanches et lentement, Théodore posa ses lèvres sur les siennes, accédant à sa requête.

Ce n'était qu'une simple pression, mais il sentait déjà les papillons dans son ventre bourdonner. Il avait vu juste, cette bouche était incroyable à embrasser. Il recula de quelques centimètres, observant l'expression béate de l'inconnu. C'était difficile à voir avec son masque, mais ses yeux ne mentaient pas. Theodore ne pouvait plus se permettre de laisser planer le doute sur son identité. Il voulait être certain que ce n'était pas un plan foireux. Il refusait d'aller plus loin dans la relation avec un parfait inconnu, ça le dérangeait trop. Non pas qu'il est un problème à avoir un coup d'un soir, mais Theodore savait aussi que cet homme ne recherchait pas cela. Et s'il était question de sentiments, alors faire face à un inconnu ne serait plus possible par la suite.

«Ma troisième question, je sais ce que je veux.

- Dis-moi?

- Est-ce que je peux dormir chez vous ce soir?»

L'homme écarquilla les yeux, visiblement Theodore avait réussi à le prendre de cours.

«Tu es sûr de toi? Je ne veux pas que tu te forces. Je préfèrerai attendre que tu décou…» L'homme se coupa dans sa phrase, une lueur de compréhension éclairant son regard. Il éclata de rire. «Bien sûr, nous pouvons aller chez moi.»

Theodore était un peu perdu, son brusque changement de comportement le surprenant un peu. Pourtant il ne pipa mot. C'était sa chance ou jamais. Là-bas, il devrait bien y avoir au moins une photo ou un papier avec écrit le nom de l'homme. Ce serait sa meilleure occasion.

«Tu veux peut-être saluer Draco avant de partir?

- Oui, tu as raison. Sinon il risque de s'inquiéter pour rien.» approuva Theodore.

Ils retrouvèrent rapidement le blond, il était entouré comme à son habitude d'une petite cour de filles qui buvaient ses paroles comme s'il était Merlin lui-même. Il ne changerait jamais, décidemment. Draco aimait bien trop l'attention pour son propre bien. Harry patienta un peu en retrait que Theodore fasse ses adieux. Cinq minutes plus tard, ils les faisaient transplaner devant sa maison. Ce n'était rien d'aussi extravagant que le manoir Malefoy, bien que Harry en ait les moyens. C'était un simple chalet en bois sur deux étages, un porche suffisamment grand pour accueillir une table et quelques géraniums accrochés aux fenêtres.

«C'est étrange, ça ne te ressemble pas.

- Vraiment? Et qu'est-ce qui me ressemblerait?» ronronna Harry à son oreille, le poussant vers l'entrée.

«Je ne sais pas, mais tu as l'air riche. Je pensais atterrir dans un manoir comme celui de Draco.

- Tu aurais préféré? Je peux en acheter un si c'est ce que tu désires.»

Theodore hoqueta de surprise, ce type était fou. Il n'avait pas vu faux, il devait vraiment être pleins aux as s'il pouvait proposer ça aussi facilement.

«Non, je crois que je préfère un chalet.» s'empressa de démentir Theodore, il ne voulait pas mettre de bêtise dans le crâne de cet étrange individu. Et puis ça fera moins de pièces à fouiller pour lui. «Tu n'allumes pas les lumières?» demanda-t-il en tâtonnant devant lui alors que Harry le poussait vers l'avant.

«Non. Ce soir, nous n'allumerons aucune chandelle. Du moins pas avant d'être dans ma chambre.Attention, il y a des escaliers.»

Theodore trébucha sur la première marche, mais l'homme le maintint facilement debout. Punaise, il avait foiré son coup. Sa seule solution était donc de se réveiller le lendemain matin avant cet homme ou alors rester éveillé en attendant qu'il s'endorme. Si ça continuait comme ça, il allait vendre son cul pour rien du tout!

« Je vais te prêter des vêtements pour dormir.

- Ah… merci, c'est gentil.»

Harry agita sa baguette et quelques petites chandelles se mirent à briller au plafond. Ça ressemblait plus à une veilleuse qu'à une véritable lampe, mais au moins ils n'étaient plus dans le noir complet. Theodore zieuta autour de lui, la décoration n'avait rien de très complexe. Un lit à baldaquin, une armoire en chêne, une commode où reposait deux cactus, une table de nuit. N'empêche que cette chambre restait étrange, il n'y avait absolument rien de personnel à l'intérieur. Hormis les plantes, c'était presque comme si personne ne vivait ici.

Theodore s'avança un peu plus dans la pièce, se mettant à l'aise. Il pouvait sentir le regard de l'homme sur lui, mais ce n'était pas de la surveillance, juste de l'intérêt. Il nota que des traces plus claires tâchaient les meubles et les murs. Ce paranoïaque avait-il réellement enlevé tous les cadres de la pièce? Même sans le connaître, Theodore doutait de ça, l'inconnu avait sincèrement semblé surpris lorsqu'il lui avait proposé d'aller chez lui. Mais ça restait étrange… Peut-être avait-il demandé à quelqu'un de faire le tri pour lui. Oui, maintenant que Theodore y faisait attention, l'homme en avait profité pour s'éclipser pendant qu'il disait au revoir à Draco. S'il était réellement aussi riche qu'il le disait, alors il devait au moins avoir un elfe de maison. Cette théorie semblait probable. Décidément, Theodore se faisait honte, il n'avait plus rien d'un Serpentard rusé. Ces années aux Etats-Unis l'avaient ramolli.

«Tiens.» le sortit de ses pensées l'homme.

Sans même que Theodore ne s'en soit rendu compte, il s'était changé derrière lui et lui tendait désormais ses propres vêtements. Bon sang, était-il obligé de porter un t-shirt aussi moulant? Theodore avait vu juste en imaginant à quoi pouvait bien ressembler le corps de cet homme sous ses couches de vêtements luxueux. Il avait l'impression que ses biceps allaient finir par faire exploser ses manches.

Il fut surpris par la bienveillance de l'homme qui sortit de la pièce pour lui laisser un peu d'intimité. Il n'avait pas pris la pièce par laquelle ils étaient entrés, certainement la salle de bain. Une fois près, Theodore y toqua, attendant que l'homme ouvre de lui-même. Ce serait gênant d'ouvrir si en réalité il s'agissait de toilettes.

Heureusement ce ne fut pas le cas, l'homme lui ouvrant rapidement la porte, une brosse à dent à la bouche. De son autre main, il lui en tendit une seconde ainsi qu'un tube de dentifrice. Theodore était un peu perdu. C'était la première fois qu'il rencontrait quelqu'un qui avait une telle hygiène avant de coucher ensemble. Ce n'était pas romantique et encore moins passionnel. On croirait presque suivre la routine d'un couple marié depuis vingt ans, d'autant plus qu'il n'avait toujours pas pris de douche! Ce n'était pas qu'il puait la sueur, mais tout de même, pourquoi faire une fixette sur les dents et pas sur le reste du corps que Theodore trouvait pourtant bien plus important.

Avant même qu'il ne s'en rende compte il se retrouva dans le lit de l'homme, le dos pressé contre son torse et une paire de bras enroulé autour de lui. Mais bon sang, c'était quoi ce bordel! Après l'avoir chauffé toute la soirée, c'était vraiment tout ce qu'ils allaient faire? Juste dormir? C'était si frustrant.

«Dites?

- Tu préférais dormir de l'autre côté?

- Non, non, ce n'est pas ça.» Theodore remonta un peu plus la couette par-dessus son visage, terriblement honteux. «On ne va vraiment rien faire?

- Comment ça?

- Vous voyez très bien ce que je veux dire.» fit Theodore sur un ton un peu plus incisif, la gêne à son paroxysme.

«Tu es venu pour espionner non? Je ne vais pas te forcer à faire quoi que ce soit.»

Theodore se retourna difficilement, ce type avait vraiment un sacré grip. Il remarqua seulement à ce moment que l'homme ne portait plus son masque. Mais avec toutes les lumières éteintes et les volets fermés, il parvenait à peine à apercevoir ses contours. Pourtant Theodore ne put échapper à son regard émeraude. C'était comme si toute la magie que cet homme s'entêtait à cacher et enfouir en lui brillait de l'intérieur, donnant un éclat irréel à ses yeux. Doucement, Theodore glissa sa main sous son t-shirt brun, il n'avait pas menti en disant que c'était sa couleur favorite. Comme il s'en était douté, sa poitrine était ferme, de même pour ses abdominaux.

«Vous ne me forcez pas, j'en ai aussi envie.

- Comment veux-tu que je me retienne quand tu dis des choses aussi indécentes. »

Harry n'en pouvait plus, il était à bout. Theodore Nott était allongé dans son lit, en train de lui tripoter le torse et en plus, il voulait le faire avec lui. Certes, ce n'était pas réellement avec lui que Theodore pensait le faire, mais il s'en moquait bien. Il se redressa soudainement, faisant s'asseoir son amant sur ses cuisses. Il ne tarda pas à lui retirer son t-shirt, il était tellement excité. Harry ne pouvait plus attendre, touchant, léchant et suçotant chaque parcelle de peau à sa portée.

«Attends, attends.» le repoussa précipitamment Theodore.

Harry se figea, en avait-il trop fait? L'avait-il effrayé? Il n'en avait pas eu l'impression, mais c'était aussi la première fois qu'il était aussi excité. Il avait l'impression de perdre la tête. Pourtant Theodore ne semblait pas être dans un meilleur état que lui, le souffle haletant, le corps tremblant d'anticipation et il sentait déjà son sexe durcir contre son estomac.

«Qui a-t-il mon ange, tu veux arrêter?

- Non, c'est juste que je n'ai pas pris de douche.» haleta Theodore, ignorant le surnom que venait de lui donner l'homme.

«Ce n'est pas grave, de toute façon on va se salir.»

«Punaise, ce type est un vrai pervers.» songea Theodore.

Mais Harry ne lui laissa pas le temps de réfléchir à ce point plus longtemps, reprenant son exploration. Il aima sentir Theodore se raidir entre ses bras lorsqu'il prit l'un de ses tétons en bouche.

«On dirait que tu es sensible ici.» s'amusa Harry, s'attaquant déjà au second.«J'aime ça.Et ici? Tu aimes ça?

- Non!» s'écria Theodore, se reculant vivement. «C'est sale.

- Je t'ai déjà dit que ce n'était pas sale.» susurra Harry à son oreille, mordillant son cartilage. «Mais je ne toucherai plus à tes aisselles si tu n'aimes pas.»

Un soupir de plaisir échappa à Theodore alors que Harry reprenait son activité sur sa poitrine. Punaise, il était vraiment doué pour ça.

«Tu t'épiles aussi là-en bas?

- Bon sang vous pouvez arrêter de dire des trucs pareils!» gémit Theodore, enfouissant son visage carmin dans son cou.«Et non, je ne le fais pas.

- Je peux voir?

- Faites donc ce que vous voulez!» craqua Nott, à bout de nerf. Bon sang, ce sorcier était vraiment trop sans gêne pour son propre bien.

«Vraiment? Tout ce que je veux? Alors, je peux te sucer?

- On doit d'abord prendre une douche.»

Harry soupira. Mais puisqu'il disait que ça ne le dérangeait pas, il ne voyait pas où était le problème. Pourtant, il voulait mettre Theodore le plus à l'aise possible, il ne voulait lui faire ressentir que du plaisir. Le mettre mal à l'aise était donc hors de question.

«Très bien, laisse-moi te faire jouir une fois, nous ne pourrons pas prendre de douche si tu es dans cet état.»

Theodore ne protesta pas, visiblement il en avait aussi envie que lui. Harry s'empressa de glisser sa main dans son pantalon, le faisant glisser sur ses hanches, son boxer suivant rapidement le même chemin. Harry se mordilla la lèvre d'envie. Il regrettait de ne pas avoir une meilleure vue mais il supposa que ce n'était pas plus mal. Rien que ce qu'il pouvait apercevoir grâce aux quelques rayons de lune qui échappait aux volets le faisait succomber. Theodore était tel un pantin entre ses mains, se courbant selon ses désirs, haletant de plaisir et couinant des gémissements plus érotiques les uns que les autres à ses oreilles. Il voulait le faire sien, mais ce n'était pas encore le bon moment. Harry devait se contrôler, il le devait.

«Ah… ah… Je vais, je vais…»

- C'est bien, tu peux le faire. Lâche-toi, Theodore.»

Et punaise, cette voix grave au creux de son oreille, Theodore allait en devenir addicte, cet homme allait le rendre dingue.

«Oui! oui! Encore…»

Harry observa avec satisfaction son amant se tordre de plaisir sur lui, c'était si plaisant à voir. Il était cambré à l'extrême, les orteils recroquevillés par le plaisir alors qu'un long gémissement lui échappait. Il était si beau, Theodore était parfait. Harry avait craint qu'après tout ce temps, il ne ressentirait plus rien. Mais bien au contraire, si auparavant, il l'intéressait, désormais Harry l'adorait. Il voulait le faire sien, il voulait que personne d'autre ne puisse jamais le voir dans cet état. Il était si jaloux de ses exs, c'était une honte qu'il ne soit pas le premier à assister à un tel spectacle.

«Viens, allons à la douche.» susurra-t-il, le portant déjà vers la salle de bain.

Theodore se laissa faire, mou comme une poupée de chiffon entre ses bras. Il n'avait pas eu de relation depuis un moment et ça faisait longtemps qu'il n'avait pas vécu un tel orgasme. Il devait aussi avouer que ça faisait du bien de se faire bichonner un peu. Habituellement, c'était plutôt lui qui prenait soin de ses partenaires. Harry hésita entre la baignoire et la douche, mais finit par choisir la seconde option. Il prendrait un bain plus tard, lorsqu'ils seraient un peu moins pressés. Heureusement, il avait pensé à attraper son masque au passage et ne fut pas gêné de devoir allumer la lumière dans la pièce.

Il fit lentement glisser son pantalon de ses hanches, rapidement suivit par son boxer. Embrassant chaque parcelle de peau découverte, le regard rivé dans celui de Theodore qui couvrait son visage de gêne. Harry se redressa, glissant ses doigts entre ceux de son amant. Il en embrassa la paume, suçotant son index au passage.

«Ne te cache pas, je veux te voir prendre du plaisir.»

Theodore piqua un fard, gêné au possible. Il n'avait pas l'habitude d'être dans cette situation. Habituellement, c'était lui qui prenait soin de tout dans ses anciennes relations. C'était beaucoup trop étranged'inverser les rôles! Il se précipita dans la douche, espérant que sentir l'eau couler sur son corps calme ses ardeurs. Derrière lui, Harry eut un petit rire et cela ne fit que le gêner d'avantages. Theodore n'avait définitivement pas besoin qu'on se moque de lui.

«Tu es adorable.» susurra son amant à son oreille, se collant à son dos. «Tu ne veux pas enlever ton bandage?»

Theodore plaqua sa main sur son avant-bras, le tirant contre sa poitrine pour le cacher à sa vue. Il en avait presque oublié cette marque hideuse qui le souillait. Est-ce que cet homme savait ce qu'il y avait en dessous? Oui, certainement, puisqu'il se connaissait depuis Poudlard. Est-ce que ça le dégoutait? Ou bien voulait-il pouvoir se moquer? Bien sûr, sinon il ne lui demanderait pas de la montrer. Il en avait l'habitude, Theodore pouvait le supporter.

«Siccitas, Impervius. Comme ça tu ne risques pas de l'abîmer.»

Theodore était bouche-bée, observant son amant sécher les bandes et les rendre imperméable. Il lança même un troisième sort pour s'assurer qu'il ne se défasse pas pendant la nuit. Il ne retrouva ses esprits uniquement lorsque l'homme posa ses lèvres sur l'avant-bras, embrassant la marque à travers le tissu. Pris d'un élan de panique, Theodore jeta un coup d'œil au bras de l'homme, manquerait plus qu'il ne tombe sur un ancien fanatique de la cause. Mais non, le bras de son inconnu était parfaitement vierge, seuls quelques cicatrices détonnaient sur la peau hâlée. Il regretta un peu d'avoir été si surpris par ses attentions qu'il en oublia d'analyser sa magie. Il avait l'impression d'avoir reconnu son toucher, mais il n'avait pas fait suffisamment attention pour bien la voir.

«J'espère que tu ne m'en veux pas, je t'ai emprunté ta baguette.» demanda-t-il en reposant le bout de bois avec beaucoup de précaution sur le petit meuble à côté de la douche.

«Non, non… il n'y a pas de soucis.» bégaya Theodore toujours sous le choc de son geste. «Tu n'as pas la tienne?»

L'homme haussa des épaules, le faisant se tourner. Il attrapa la bouteille de gel douche et commença par savonner son dos. Puis, il passa au reste de leurs corps, veillant à ne pas oublier la moindre zone. Theodore faisait une fixette sur la propreté, alors il le contenterait. De toute façon, ce n'était pas quelque chose de désagréable à faire, Harry profitait simplement de l'occasion pour le tripoter un peu plus.

«Elle doit être dans mon salon, je suppose. Ou alors dans la veste que je t'ai prêtée. Je ne suis pas vraiment sûr.» réfléchit-il à voix haute.

Theodore était sidéré. Comment quelqu'un qui touchait aussi délicatement la baguette d'un inconnu pouvait traiter aussi mal la sienne. Lui, il suffisait qu'il la perde de vue cinq minutes pour qu'il commence à paniquer. Cet homme était de plus en plus étrange et Theodore devait avouer qu'il piquait sa curiosité. Il était une véritable énigme et quel Serpentard digne de ce nom pourrait ne pas s'y intéresser? Aucun.

Il attrapa ensuite son shampoing, massant tendrement le crâne de son amant, il insista quelque peu sur sa nuque, le déridant encore un peu plus.

«Ferme les yeux chéris, je ne veux pas que tu aies mal.

- Chéri?» souleva Theodore, obéissant pourtant à l'ordre.

«Tu n'aimes pas? Tu préfères un autre surnom.Amour? Mon ange? Lapin? Dis-moi ce que tu préfères?

- Theo.

- Tu n'as aucun romantisme, Theo. » rit Harry, parcourant de ses mains le corps de son amant. «Tu es de nouveau dur, on dirait.

- C'est parce que tu n'arrêtes pas de me toucher à des endroits bizarres?»

Harry embrassa sa nuque, frôlant encore et encore son périnée, ses fesses, son pubis, ses testicules, mais jamais il ne dérivait sur le sexe à semi érigé.

«Qu'est-ce que tu fais?» se plaignit Theodore, ses ongles s'enfonçant dans les avant-bras de son partenaire par frustration, seule partie accessible dans cette position.

«Je t'ai déjà dit ce que je voulais faire. Et toi, que veux-tu? Dis-le-moi, Theo?»

Harry taquina le bout de sa verge, jouant avec son gland. Theodore rejeta la tête en arrière, la posant sur l'épaule de son amant. Il remarqua alors que son amant portait toujours son masque. Ce ne devait pas être agréable de prendre sa douche avec, mais il ne fit pas de remarque.

«C'est trop gênant.

- Dis-moi ce que tu aimes. Je ne pourrai pas te faire de bien si tu ne me le dis pas. Theo.

- Finalement, ne m'appelez pas par mon prénom.

- Vraiment? Pourquoi? Tu n'aimes pas?

- C'est…» Theodore se mordit la lèvre, gêné au possible. «C'est beaucoup trop sexy.» Et punaise, le sourire victorieux de Harry n'aidait pas du tout à le calmer. «Je veux que tu me suces.» Voilà, il l'avait dit. Theodore allait mourir de honte.

«A vos ordres, maître.

- C'est encore pire.» geignit Nott.

Pourtant, il ne trouva plus aucune raison de se plaindre lorsque Harry le poussa contre le mur de la douche et qu'il tomba à genoux devant lui, sa verge déjà entourée par la bouche chaude de son amant. Bon sang, même pour ça il était beaucoup trop doué. Est-ce que cet homme avait-il seulement un seul domaine qu'il ne maîtrisait pas. Theodore était déjà à bout. Il avait joui à peine dix minutes plus tôt et son sexe était toujours terriblement sensible. Et par Merlin, cette langue! Il n'arrêtait pas de le toucher de toute part, Theodore ne savait plus où donner de la tête. Il avait envie de jouir dans sa bouche, mais ça ne se faisait pas. Lui-même appréciait peu quand ses partenaires ne le prévenaient pas. Mais il avait dit qu'il pourrait faire ce qu'il désirait. Theodore ne savait plus.

«Est-ce … que je peux jouir… dans ta bouche?»

Vu le sourire de l'homme, oui, il le pouvait. Alors Theodore se lâcha, empoignant les cheveux rebelle pour s'enfoncer encore un peu plus dans l'antre chaude. C'était tellement bon et son amant ne s'en plaignit pas. Bien au contraire, il le rapprochait encore un peu plus en poussant sur ses fesses de ses grandes paumes calleuses.

«C'était divin.» soupira Theodore, à bout de souffle, les jambes tremblantes.

«Vraiment? Je suis content alors.» sourit l'homme.

Il se redressa lentement puis coupa l'eau. Theodore redescendait à peine de son petit nuage qu'il était déjà enroulé dans une serviette chaude et toute douce. Bon sang, c'est qu'il allait s'habituer à être bichonné comme ça. Theodore le tira à lui, l'embrassant pleinement. Il voulait lui faire comprendre à quel point il était reconnaissant de se montrer aussi attentionné et à l'écoute de tous ses désirs.

«Le masque, il est gênant, tu n'en as pas un autre?»

Harry hésita. En réalité, il se moquait un peu de le garder ou non, au stade où ils en étaient. Il ne pensait pas que Theodore s'enfouirait la queue entre les jambes en le reconnaissant. Certes, il avait toujours un peu d'appréhension, mais Theodore ne semblait juste pas être le type de personne à agir ainsi.

«J'ai oublié l'autre chez Draco. Tu veux que je l'enlève?

- Non!

- Tu sais, ma tête n'est pas si horrible que ça à voir.» se vexa Harry.

«Je n'en doute pas.» ricana-t-il. «C'est juste que je veux le découvrir par moi-même. Ça me frustrera si je ne le fais pas par moi-même.»

Harry eut un petit rire, les Serpentards étaient si fier de leurs cerveaux que ça en devenait puéril.

«Très bien, dans ce cas j'ai une autre idée. Viens par-là.»

Theodore se laissa guider jusqu'à la chambre. Harry farfouilla dans sa pile de vêtement qu'il avait posé sur la commode jusqu'à en tirer sa cravate. Theodore l'observa le contourner, un peu perdu. Il sursauta en sentant le tissu glisser sur ses yeux. «Plus je le connais et plus il devient un pervers.» Harry aurait bien proposé d'éteindre à nouveau les lumières et se plonger dans le noir. Mais il avait cette envie égoïste de voir Theodore, l'observer prendre du plaisir et admirer son visage pendant l'orgasme.

«Est-ce que ce n'est pas trop serré?

- Non, ça va.» rougit Theodore, peu habitué à ce genre de jeu.

«Je vais te guider jusqu'au lit.»

Avec tout autant de délicatesse dont il faisait preuve depuis le début de la soirée, Harry le fit s'allonger sur les draps, faisant glisser la serviette le long de son corps. Une main empoigna son menton, le guidant vers un baiser passionné qui cette fois-ci, ne fut pas gêné par les bords rugueux du masque. C'était agréable, son inconnu embrassait tellement bien que Theodore en aurait presque des vertiges. Bon sang, il s'était dégotté un véritable pro.

Theodore se crispa en sentant les mains voguer sur son corps. Ce n'était pas désagréable, bien au contraire. C'était juste qu'il n'arrivait à prévoir aucun mouvement et ça rendait les choses encore plus excitantes. Il se surprenait à attendre avec hâte la prochaine caresse, le prochain baiser, le prochain rapprochement de leurs corps. Un hoquet de surprise lui échappa quand un doigt s'inséra en lui. Vu l'humidité, Harry avait dû le lubrifier par lui-même, rendant la pénétration bien plus facile qu'à sec.

«Tu es tellement serré.» soupira Harry à son oreille.

Theodore ne sut trop comment le prendre, était un reproche ou un compliment? Lui-même n'aimait pas quand ses partenaires étaient crispés, enfin ce n'était pas une question d'aimer ou non, juste que ça prenait plus de temps avant la pénétration. Theodore n'avait pas vraiment pu observer le sexe de son amant jusque là. Quand il l'avait masturbé, l'homme était resté habillé et dans la douche, il avait été dos à lui ou à genoux donc hormis son torse et son dos, Theodore n'avait pas vu grand-chose. Mais si ce qu'il sentait contre sa cuisse était bien son pénis, alors un ou deux doigts seraient loin de suffire pour le préparer. Alors être «serré» dans ce genre de situation n'allait vraiment pas aider.

«Theodore, est-ce que c'est ta première fois?

- Pardon?»

Theodore grimaça, il s'était crispé sous la surprise et ça n'avait pas été agréable de sentir le majeur se retirer aussi rapidement.

«Non, je ne suis pas un puceau.» nia-t-il fermement, se sentant un peu insulter. C'est vrai qu'il n'avait pas été très actif pour l'instant, mais ce n'était pas comme si son amant lui en avait beaucoup laissé l'occasion. Et surtout, il avait trente ans bon sang, il n'était certainement plus puceau.

«Oui, ça je le sais.» s'amusa l'homme. «Je voulais dire, est-ce que c'est ta première fois par derrière?

- Pourquoi?

- Tu n'as pas l'air à l'aise avec la pénétration, je ne veux pas que tu te forces.»

Theodore soupira. C'était honteux à dire et surtout, il ne voulait pas s'arrêter là. Or il doutait que son amant veuille échanger les rôles. Enfin, peut-être qu'il ne dirait pas non puisqu'il insistait pour faire tout ce qu'il désirait. Mais juste imaginer dominer cet homme rendait Theodore mal à l'aise. Ce n'était pas ce qu'il voulait.

«Ce n'est pas ça, c'est juste que ça remonte à vraiment très longtemps.» murmura-t-il, gêné.

«Longtemps comment?

- Neuf ans, je dirai.» songea Theodore, penchant la tête sur le côté. «Ou alors huit? »

Un silence s'étendit entre eux, Theodore se crispant un peu plus à chaque seconde qui défilait. Est-ce que son amant n'aimait pas les hommes inexpérimentés? C'est que dans l'autre sens, il n'en manquait pas. Mais Theodore ne savait plus vraiment comment se prendre une bite et il ne pouvait rien faire pour changer cela.

«Est-ce que ça s'est mal passé avec lui?»

Sa voix avait été si basse que Theodore eut du mal à l'entendre. Était-il vraiment si facile à lire? Était-ce vraiment si évident? Il n'aimait pas ça. Son amant était si confiant dans tous ses gestes, ça devait lui paraître risible de craindre un contact même neuf ans après.

«Si c'est trop dur de m'en parler, tu n'as pas besoin de le faire.

- Ce n'est pas ça.» soupira Theodore, se redressant en position assise.« Je n'ai rien contre la… pénétration.» rosit-il. «C'est juste qu'il n'était pas genre tendre, lui. Alors disons juste que je n'en garde pas un très bon souvenir.

- Lui? Est-ce que ça veut dire que moi je le suis?

- Tu n'en as même pas conscience?» s'étonna sincèrement Theodore.

«Je ne sais pas, j'ai l'impression d'être normal, non?»

Harry fut bouche-bée lorsque Theodore éclata de rire. C'était la première fois qu'il le voyait aussi détendu. Même à Poudlard, ce n'était jamais arrivé. Le mieux qu'il eut vu fut un petit pouffement un jour au détour d'un couloir alors que Theodore discutait avec Blaise et Draco. C'était la première fois qu'il voyait ses lèvres s'étirer ainsi pour dévoiler ses dents, sa fossette à la joue droite et les petites rides aux coins de ses yeux se plisser. C'était une honte que Theodore porte cette cravate, il voulait voir son regard. Il voulait voir la joie éclairer ses prunelles azur.

«Tu es magnifique, Theodore.» souffla-t-il exalté.

«Mais qu'est-ce que tu racontes?» pouffa son amant.

«Ton rire, c'est la plus belle chose que je n'ai jamais entendu.»

Le pourpre s'étala sur ses joues, colorant même la pointe de ses oreilles. Une main gracile vint cacher son visage et punaise, Harry n'en pouvait plus. Theodore était à croquer et chaque nouvelle action le faisait tomber un peu plus amoureux. Il voulait lui prouver ses sentiments. Il voulait lui faire oublier ce con qui l'avait blessé, Harry voulait être différent de tous les autres à ses yeux.

«Je t'aime.»

C'était sorti tout seul et Harry ne saurait dire lequel des deux étaient le plus surpris. Mais ça n'avait pas d'importance, parce que Theodore ne semblait pas rebuter, juste surpris. Doucement, il l'attira pour un nouveau baiser, bien plus tendre que les précédents et punaise, c'était fichtrement magique d'embrasser Theodore Nott. Harry pourrait faire ça toute la nuit. Mais même si son amant ne souhaitait pas être pénétré, il restait son érection de laquelle il devait s'occuper. Alors lentement, il fit glisser ses mains sur son corps alors que sa bouche alla embrasser sa poitrine. Theodore avait semblé aimer ça plutôt et Harry avait hâte de confirmer cette théorie.

«Monsieur…» hésita Theodore entre deux soupirs.

«Et dire qu'on était enfin passé au tutoiement.»

Theodore hésita une seconde, il ne s'en était même pas rendu compte. Dans le feu de l'action, il avait arrêté de réfléchir.

«Je ne sais pas comment vous appelez autrement.

- Ce n'est pas grave, appelle-moi comme tu veux, Theodore. » ronronna Harry. «Que voulais-tu me dire?

- Ah et bien… en fait…

- Oui?

- Vous pouvez continuer ce que vous faisiez avant.» chuchota Theodore si bas que Harry eut du mal à l'entendre.

«Je ne veux pas te forcer. Je peux attendre que tu sois prêt.

- Je suis prêt, ça fait neuf ans. C'est juste que je n'ai pas eu l'occasion plutôt et aus…

- Et aussi?» le poussa Harry.

«Je voulais attendre d'être vraiment à l'aise si je devais le faire avec quelqu'un et je sais que ça paraît stupide parce que je ne sais même pas qui vous êtes. Mais si c'est vous, ça me va.»

Il n'en revenait pas, Theodore voulait réellement lui offrir cette chance? C'était incroyable. Leur alchimie était encore meilleure qu'il ne le pensait si son amant était prêt à s'offrir pour lui. Pourtant il pouvait encore sentir cette pointe d'anticipation dans sa voix. Harry se demandait à quel point cette première expérience avait été horrible. Etait-ce juste lié à une mauvaise préparation ou bien son partenaire n'avait même pas pris la peine de le faire? Mais il comprenait aussi que c'était trop intime pour qu'il puisse demander. Peut-être plus tard, quand Theodore s'ouvrira à lui et qu'il n'y aurait plus d'ambiguité dans leur relation. Pour l'instant Harry devait juste le rassurer avec le peu d'infirmation qu'il possédait.

«Ne t'en fais pas, je ne te ferai rien ce soir.

- Pourquoi? Tu n'en as pas envie?»

Harry s'amusa de la mine attristée de son amant. Il était de plus en plus adorable et sa retenue ne faisait que s'effriter petit à petit. Il caressa doucement sa joue, ignorant son sursaut puisque Theodore n'avait pas vu sa main arriver.

«Loin de là, ne t'en fais. Je te désire plus que tout.» Harry parsemait des petits baisers sur son corps, remontant de plus en plus haut jusqu'à lui bécoter les lèvres. «Mais je veux que tu puisses crier mon nom quand je m'enfoncerai en toi.»

Theodore haleta, bon sang, il était vraiment sans gêne. Dire des choses comme ça, ça ne se faisait vraiment pas. Cet homme n'était définitivement pas un noble ou sinon, il serait aussi rouge que lui à cet instant. Plus il parlait et plus Theodore avait hâte de découvrir son identité. Il voulait pouvoir le voir, l'embrasser et faire l'amour avec lui sans avoir à porter un masque ou un bandeau. C'était si frustrant et en même temps, il ne pouvait s'empêcher de frissonner à chaque fois que son partenaire frôlait son corps. Perdre un sens le rendait dix fois plus sensible au toucher ou à l'ouïe, c'était incroyable.

«Je ferai attention, ne t'inquiète pas.» le rassura Harry.

Il était loin de détester l'idée de passer à l'acte avec son amant, mais se serait pour une autre fois. En attendant, il devait prendre toutes les précautions possibles pour ne surtout pas le rebuter de la pénétration et lui prouver qu'il était possible de prendre du plaisir par là. Enfin, Theodore n'avait pas l'air d'être un novice avec les hommes, donc il devait connaître les détails. C'était juste qu'il n'avait pas encore ressenti un tel plaisir de lui-même.

« Vous faites quoi?» haleta Theodore, attrapant le visage de son amant à pleine main alors que Harry continuait à descendre de plus en plus bas jusqu'à embrasser son périnée.

Theodore n'était pas stupide, il savait bien ce qui viendrait ensuite. Mais ça le gênait tout de même. Il ne l'avait jamais fait à ses partenaires et ça semblait juste beaucoup trop intime pour être fait dès la première nuit.

«Tu vas aimer, je te le promets.»

Theodore hésita. Harry embrassa l'intérieur d'une paume, callant son visage un peu plus dans la seconde. C'est vrai qu'il avait peur de la pénétration et une langue semblait plus facile à accepter que des doigts, mais ça restait gênant comme situation. Pourtant la curiosité reprenait le dessus et à force de caresse, Theodore finit par donner son accord implicite à Harry, relâchant son visage.

«Merci.»

Theodore ne comprit par vraiment le sens de ce mot, après tout c'était lui qui recevait une faveur. Mais s'il avait pu voir l'expression de Harry, il aurait su que c'était lui qui venait de recevoir une récompense. Après tant d'années à rêver de ce moment, Harry allait enfin connaître le goût de Theodore et il s'en pourléchait déjà les lèvres. Il passa les jambes de son amant par-dessus ses épaules, callant le creux de ses genoux derrière sa nuque et souleva son bassin, écartant ses fesses de ses mains calleuses. Puis, Harry parsema de baiser son sexe en érection, ses testicules, son périnée et enfin, son anus.

Harry sentait qu'il perdait le contrôle. Il ne pensait plus à rien, juste à ce trou humide qu'il dévorait comme un affamé, son visage s'enfonçant de plus en entre les fesses de son amant alors qu'une de ses mains se déplaçaient pour le masturber au même rythme que sa langue allait et venait en lui. Sous lui, Theodore était soupirs et halètement. Ses doigts s'enfonçaient dans sa chevelure, griffant son crâne et tirant quelques mèches. Mais Harry n'allait pas s'en plaindre, pas alors que son amant le tirait toujours un peu plus vers lui. Il n'avait jamais pris son pied comme ça et Harry n'imaginait même pas comment il allait devoir se retenir de jouir sur le champ le jour où il pourrait enfin le pénétrer.

«Ah… Stop…stop…ah…non…»

Harry se figea soudainement, est-ce que Theodore avait mal. Bien au contraire, il se tordait sous lui de plaisir et poussait sur sa nuque pour l'enjoindre à continuer. Il n'y comprenait plus rien.

« Ah non, encore… J'allais jouir, j'y étais presque.

- Mais c'est toi qui m'as dit d'arrêter.» fit Harry, un peu perdu et pourtant, il observait avec délice les fesses de Theodore se tortiller sous lui à la recherche du contact perdu.

«C'est juste que c'est tellement gênant de … d'éjaculer comme ça.

- Il n'y a rien de gênant ou dégoûtant, Theodore, on se fait juste du bien. Si c'est trop dur pour toi, instaurons une règle.

- Laquelle?

- Tu auras beau me supplier de m'arrêter, je ne le ferai pas. Mais en revanche, si tu n'aimes vraiment pas ce que je fais ou que tu as mal, tu n'auras qu'à dire … feu d'artifice. Je saurai que c'est ta limite et on s'arrêtera là. Ça t'irait?

- Je crois que oui.»

Harry embrassa le creux de ses cuisses, une sourire satisfait aux lèvres.

«Est-ce que tu aimerais essayer de jouir uniquement par derrière?

- Vous êtes un pervers.» gémit Theodore, ses mains revenant encore une fois cacher son visage.

«Je t'ai déjà dit de ne pas te cacher, tu es trop mignon pour que je l'autorise.» pouffa Harry, replaçant de lui-même les doigts de Theodore dans sa tignasse. «Alors?

- Pourquoi pas?» hésita Theodore, trop pudique pour clairement dire oui.

Harry ne rouspéta pas, acceptant sa timidité. Sa pudeur était l'une des raisons qui l'avait poussé à l'aimer et ça n'avait pas changé. Il reprit donc sa tâche sans hésiter, mais ne toucha pas à son pénis cette fois-ci. Bien que Theodore n'était pas habitué à jouir ainsi, il ne lui fallut pas longtemps pour atteindre l'orgasme. Il en était déjà proche de toute façon.

Harry le reposa doucement sur le lit, observant sa cage thoracique se soulever spasmodiquement et son estomac couvert de sperme. Il avait déjà avalé le sperme de Theodore plus tôt dans la douche, mais il en voulait plus. Ce n'était pas assez. Harry remonta doucement, léchant rapidement le sexe sensible de son amant pour le nettoyer, appréciant son petit couinement surpris. Puis, il remonta le long de ses abdominaux discret, léchant et embrassant chaque parcelle de peau. Il n'était pas un tordu aimant particulière le goût de la semence d'un homme, mais quand il s'agissait de Theodore, Harry ne pouvait juste pas s'en empêcher. Il voulait tout de lui, y compris ça.

Il fut pourtant interrompu dans sa tâche par son amant qui chercha à tâtons son visage. Harry se laissa faire, lui accédant sans problème un baiser. Il sera Theodore dans ses bras, comme si ça vie en dépendait. Il voulait lui prouver qu'il serait toujours là pour lui, qu'il voulait le soutenir, peu importe l'épreuve. Il sourit dans le baiser en sentant Theodore s'accrocher à lui, imprimant la marque de ses paumes dans son dos. Harry espérait presque qu'il en laisse un bleu. Il savait bien que c'était impossible, mais il voulait pouvoir s'assurer demain que tout ceci n'était pas un rêve.

Ils restèrent ainsi de longues minutes à juste s'embrasser et se caresser. Harry ne s'était pas encore touché de la soirée et ça commençait vraiment à devenir douloureux. Il pourrait presque imaginer que Theodore faisait exprès de frotter sa cuisse contre son sexe. Il le sentait sourire contre ses lèvres à chaque fois qu'un soupir de plaisir lui échappait.

«Tu n'es pas obligé, Theo. Je peux m'en occuper.» intervint-il quand le jeu alla plus loin, une des mains de Theodore se glissant entre leurs corps.

«Moi aussi.» répondit avec assurance Theodore.

Visiblement, une fois qu'il devait prendre les choses en main, il devenait bien moins timide. Harry aima le découvrir, Theodore ne lui avait pas encore laissé l'opportunité de penser qu'il ne soit pas que pudeur et timidité. Il aima sentir la poigne étonnement ferme de son amant sur son membre, sa langue se mêlant à la sienne et son sourire satisfait contre sa bouche quand il vint dans sa main.

Harry essuya la main de son amant avec la serviette abandonnée un peu plus loin sur le lit. Il s'allongea à ses côtés, satisfait. Pourtant, il ne put se retenir de continuer à toucher Theodore, son cops était si tentant. Il avait déjà éjaculer trois fois ce soir et pourtant, Harry était prêt à parier qu'avec un peu de stimulation, il pourrait rebander d'ici quelques minutes de plus.

«Est-ce que tu voudrais essayer avec des doigts, cette fois-ci?»

Bien qu'il ne puisse pas le voir, Harry imaginait parfaitement le regard écarquillé par la surprise de Theodore. Ses sourcils étaient si hauts qu'ils se cachaient presque derrière sa frange.

«Sérieusement?

- Tu n'es pas curieux? Imagine à quel point ce sera bon avec des doigts si je peux déjà te faire ressentir tout ça avec ma langue. Là, je pourrai vraiment appuyer sur ta prostate, t'étirer et toucher des zones bien plus profondes. Alors, ça te tente?»

Theodore hésita. Il n'avait pas aimé quand Harry lui avait mis un doigt plutôt, mais la situation était différente à ce moment-là. Il était stressé et pas vraiment en confiance. Et puis, Harry avait passé vingt minutes à essayer de le faire jouir juste avec ses fesses et y était vraiment arrivé en plus de ça. Ça ne pouvait rien couté d'essayer et surtout, Theodore pensait pouvoir lui faire confiance pour arrêter à n'importe quel moment s'il n'était pas à l'aise.

«Je veux bien, dans ce cas.» marmonna-t-il, toujours aussi gêné malgré tout ce qu'ils avaient fait.

«Tu me fais tellement plaisir.» susurra Harry. «Merci.»

Encore une fois Theodore ne comprit pas bien la raison de ces remerciements mais ne chercha pas à comprendre. Son amant était un homme étrange, mais ça ne le dérangeait pas.

«Mets ta jambe comme ça, ce sera plus facile.» indiqua Harry en levant une jambe de Theodore pour la passer par-dessus les siennes.

Il comprenait que c'était effrayant pour lui et qu'il allait devoir le mettre à l'aise. Surtout que Theodore ne donnait pas l'impression de vouloir bouger, préférant rester ainsi blotti dans ses bras et le visage caché contre son torse. Ça n'arrangeait pas beaucoup Harry qui comptait sur ses expressions faciales pour deviner son ressenti, mais il se débrouillerai sans.

Il tendit la main vers sa table de nuit. Le tiroir s'ouvrit par lui-même et une bouteille de lubrifiant en sortit. Il l'attrapa agilement, s'en tartinant une bonne couche sur les doigts.

«Potter?»

Il y eut un instant de flottement, seuls leurs respirations étaient encore perceptibles. Par précaution, Harry vérifia que sa cravate couvrait toujours les yeux de son amant et visiblement, c'était bien le cas. Il ne comprenait pas, comment est-ce que Theodore avait deviné? Il n'avait rien dit de spécial, ça n'avait aucun sens.

«Pardon?» décida-t-il de confirmer, juste pour être sûr qu'il n'avait pas halluciné.

«Oh merde, je suis tellement désolé. Ce n'est pas du tout ce que tu crois.» se défendit Theodore, se redressant complètement. Harry trouvait ça un peu amusant, il ne parlait pas du tout dans sa direction. «Je ne m'imagine pas avec un autre, ok? C'est juste que l'odeur de ta magie m'a rappelé celle d'un ancien camarade de classe, c'est tout. Le nom est sorti tout seul, je te promets.»

Harry eut un petit rire, alors comme ça, Theodore se souvenait de son odeur. Même dix ans après.

«De un, tu parles à un mur.» rit-il franchement, s'asseyant à son tour pour lui faire face. «Ensuite, j'ignorais que tu es magico sensible, tu es plein de merveilleuse surprise. Tu es fantastique.» Il l'embrassa, aimant sentir ses bras se resserrer autour de sa nuque. «Et troisièmement, tu peux m'appeler Harry Potter si ça t'excite, je m'en moque, tant que tu prends du plaisir.

- T'es pas sérieux là, je ne suis pas horrible à ce point.» grimaça Theodore, le repoussant en poussant sur ses épaules. «Je ne vais certainement pas appeler mon mec actuel par le nom de mon premi…»

Theodore se figea, réalisant soudainement ce qu'il allait dire. La boulette. Il se sentit soulevé et sur le coup, il pensa vraiment se faire jeter du lit comme un malotru. Il l'avait vraiment énervé c'était certain. Il avait été attentionné jusque-là, mais Theodore le comprendrait s'il perdait patience. C'était de sa faute, il avait tout fait foirer. Il était un boulet.

Mais à la place il se retrouva assis entre les bras puissants de son amant, le dos collé à son torse et serré comme une peluche.

«Theodore, tout va bien. C'est juste que cette position sera meilleure pour toi.

- Je ne crois pas, c'est trop gênant.» geignit-il, enfouissant son visage dans ses mains alors que Harry écartait ses jambes à l'aide des siennes.

Theodore se sentait totalement exposé et au moins cette fois-ci son amant eu la délicatesse de ne pas lui reprocher sa gêne. A la place, il se contenta de reprendre ses caresses, descendants de plus en plus bas sans jamais franchir le dernier pas.

«Je t'assure. On essaie et si tu n'aimes pas, on arrête. Ça te va?»

Theodore hocha la tête, ignorant si son amant pouvait vraiment voir ce mouvement presque imperceptible. Mais il était bien trop gêné pour répondre à voix haute. Harry embrassa chaque parcelle de peau à sa porter, insistant sur sa nuque, un endroit qu'il avait remarqué faisait frissonner Theodore lorsqu'il le stimulait. Il adora sentir l'effluve de son shampoing, Theodore avait son odeur était c'était fichtrement divin. C'était comme s'ils étaient un vrai couple et partageait le même gel douche.

«Mais maintenant, je suis curieux.» le taquina Harry alors qu'il insérait le bout de son index lubrifier en lui. «Il était ton premier quoi, ce Potter?

- Tu veux vraiment en parler maintenant?» grogna Theodore qui tentait tant bien que mal de s'adapter à l'intrusion.

- Il faut te changer les idées, je trouve que c'est une très bonne idée. Je ne serai pas en colère, je veux juste apprendre à te connaître. Comme tu l'as dit, je suis ton mec actuel, j'ai bien le droit de savoir.»

Theodore réfléchit à quand est-ce qu'il avait bien pu l'appeler ainsi, mais ça ne lui revenait pas. De toute façon, il n'était pas vraiment en état de réfléchir. Il était épuisé par ses orgasmes précédents et pourtant, il était toujours aussi excité. Theodore commençait à croire que des deux, c'étaient plutôt lui le pervers.

«Si tu me racontes, je te récompenserai.»

Vu comme ça, la proposition était tentante. Theodore craignait plutôt de le mettre en colère mais si au final être jaloux l'excitait, c'était gagnant pour les deux.

«C'était le premier garçon qui m'a embrassé. C'est comme ça que j'ai su que j'étais gay.

- Vraiment? Tu l'aimais?

- Je ne sais pas.» couina Theodore, une sensation étrange dans l'arrière-train. Il n'arrêtait pas de toucher un endroit bizarre. «Je le trouvais juste mignon.

- Mignon?»

Harry se figea une seconde, tirant une plainte à son amant. C'était vraiment comme ça qu'on le voyait à Poudlard, comme un gars mignon? Il n'avait pourtant pas eu l'impression de donner cette image. C'était presque vexant.

«Vraiment mignon? Pas sexy?

- C'est vraiment ça qui te dérange.» râla Theodore, Harry appuya un peu plus fort sur sa prostate, le faisant taire efficacement. «C'est vrai, il était beau, il n'était pas mignon.»

Harry adorait ça, Theodore savait vraiment comment flatter son égo.

«Et moi? Je suis quoi?

- Un putain de dieu grec.» soupira de plaisir Theodore, se souvenant avoir pensé ça en voyant son corps sous la douche.

Il n'arriverait plus à tenir plus longtemps. Harry avait envie de le dévorer tout cru. Il le retourna légèrement afin de pouvoir atteindre son visage, l'embrassant jusqu'à n'en plus pouvoir alors qu'enfin, son premier doigt entrait entièrement en lui. Theodore n'imaginait même pas à quel point ce compliment lui allait droit au cœur.

«Au fait, comment tu peux savoir que je ne suis pas ton Harry?Peut-être que c'est vraiment lui?

- Non, aucune chance, il est beaucoup plus petit que toi.»

- Petit?» rit l'homme.

Theodore ne comprit pas vraiment ce qu'il y avait de si amusant là-dedans, Harry Potter était connu pour sa petite taille à Poudlard. Même sa meilleure amie, Hermione Granger, le dépassait et pourtant elle était loin d'être très grande elle aussi. Il préféra ignorer l'homme, reprenant là où il en était dans son résonnement.

«De toute façon, je n'ai pas l'impression que c'est exactement la même magie. Et puis, Harry Potter, dans mon lit? Aucune chance.» éclata de rire Theodore, pourtant il se calma bien vite face au ton sérieux de son amant.

«Pourquoi ne penses-tu pas le mériter? Tu mérites tellement mieux, Theodore. Tu mériterais un roi.» lui susurra-t-il à l'oreille. «Je suis honoré que tu t'abaisses à mon niveau ce soir, un simple dieu grec.»

Harry aimait le voir rougir, le bout de ses oreilles devant pivoine sous l'effet de ses paroles. C'était adorable. Il déposa un dernier baiser sur ses lèvres avant de se reconcentrer sur sa tâche. Il tilla son entrée avec un second doigt. Theodore ne se crispa pas, alors il tenta de l'insérer. Il ne reçut qu'un soupir de plaisir comme réponse, le comblant. Peut-être que Theodore ne voudrait plus de lui en découvrant qu'il était réellement Harry Potter, mais au moins il saurait que désormais, Theodore penserait à cette nuit et à tout le plaisir qu'il lui prodiguait s'il devait avoir un autre petit-ami. Au moins, il ne penserait plus à ce connard du passé. Harry tentait de se convaincre que c'était assez, mais il savait bien que ça ne l'était pas. Ça ne le serait jamais pour lui et juste penser à Theodore avec un autre, ça lui donnait envie de hurler de frustration.

«Ah oui… là… c'est trop bon

- Vraiment? Tu aimes ça tant que ça?»

Theodore hocha vivement de la tête, comblé. S'il avait su qu'être celui en dessous était aussi bon, il aurait passé le pas depuis longtemps. Pourtant, il n'imaginait personne avec qui il aurait pu faire autre que son amant de cette nuit. Certes, il avait eu plusieurs compagnon ces dernières années et il avait eu confiance en eux. Ses exs n'avaient jamais eu d'expérience dans l'autre sens et ils n'avaient pas semblé intéressé à l'idée d'échanger les rôles. Etrangement, il avait ce sentiment étrange que personne d'autre que cet étrange inconnu pourrait le combler mieux qu'à cet instant.

« Tu n'es pas concentré.» susurra Harry à son oreille, retirant ses doigts pour les réinsérer avant même que Theodore ne se plaigne, frappant cet endroit si sensible en lui. «Revenons-en à nos moutons, tu lui ferais quoi à ton Harry s'il était là, avec nous?»

Harry savait qu'il jouait à un jeu dangereux, mais ça l'excitait vraiment d'entendre son nom dans la bouche de Theodore, même s'il ne s'adressait pas directement à lui. De sa main libre, il vint taquiner un téton, le pinçant, le massant et jouant avec.

- Sérieusement? Tu n'en as toujours pas finiavec ça? Puisque je te dis que c'est toi que je veux.»

Harry était à la fois au paradis et en enfer. Comment ça il n'en avait plus rien à faire de son Potter? Il aurait dû s'arrêter à sa première découverte et se contenter de savoir qu'à l'époque, Theodore le trouvait mignon. Mais là, il craignait réellement qu'il ne veuille réellement plus de lui. Non, c'était injuste de résonner ainsi. Theodore serait fou de dire à cet instant qu'il avait envie d'un homme du passé, ça ne ferait juste aucun sens.

«Si tu veux jouir, raconte-moi.

- ça t'excite vraiment, n'est-ce pas?» grogna Theodore, lui lançant un regard noir.

«Tu n'imagines même pas à quel point.» sourit narquoisement Harry.

Est-ce qu'un troisième doigt passerait? Il n'était pas sûr. Il voulait voir son visage. Harry ne pensait pas que Theodore simule, son corps était bien trop honnête pour ça. Mais il voulait s'assurer de pouvoir détecter le moindre inconfort. Il le retourna dans ses bras, Theodore se laissant faire sans bronche, trop heureux de pouvoir l'embrasser sans avoir à se tordre le cou. Harry s'installa en tailleur, les jambes de son amant s'enroulant d'elles-mêmes autour de sa taille. Et en plus, ce petit pervers se frottait à lui, il était bien loin Theodore le prude.

«Je ne sais pas… Je voudrai qu'il me suce?»

Maintenant que Theodore l'avait dit, Harry avait envie de le faire. Il se laissa tomber en arrière sur le lit, son amant se retrouvant à quatre pattes au-dessus de lui. Harry n'eut aucun mal à se glisser vers le bas prenant en bouche le sexe rougit de son amant.

«Ah oui, comme ça…Juste comme ça…

- Et qui s'occuperai de ton derrière, s'il est occupé devant?

- Ah… vous, vous!

- Et comment est-ce que je le ferai? Tu préfères mes doigts? Ou ma langue?

- Je ne peux pas… C'est trop gênant.

- Ce sera donc les doigts?

- Ah non, pas les doigts!»

Harry eut un rire rauque, presque démens. Theodore savait exactement comment faire pour lui faire perdre la tête. Il tira un peu plus sur le bas de son dos, le faisant presque s'asseoir sur lui, Theodore désormais complètement redressé, le dos cambré.

«Je pense que vu comment tu aimes que je te lèche ici, Harry n'aurait pas besoin de s'occuper de devant, tu dégoulines déjà. Mais alors, que fera-t-il en attendant?

- A l'époque, je n'ai pas osé l'embrasser pour de vrai. On ferait ça?»

Harry bouillonnait. Sérieusement? Theodore irait embrasser son amourette d'il y a dix ans et le laisserait simplement lui lécher le cul? Franchement, c'était un truc à dire au mec qu'il venait de mettre dans son lit? Enfin, il ne pouvait pas en vouloir à Theodore, c'est lui qui l'avait poussé à dire ces choses. Et pourtant, Harry sentait la magie bouillonner dans ses veines. Ce n'était pas bon, Theodore risquait de réellement la reconnaître s'il pouvait l'analyser plus longuement. Mais il n'y arrivait plus. Harry n'avait plus envie de le partager pas même avec son fantôme du passé.

«Ta magie! Aah… C'est trop!»

Harry grimaça en sentant les ongles de Theodore s'enfoncer dans ses poignées, mais il ne pipa mot. Voulant lui procurer le plus de plaisir possible, il reprit son sexe en bouche et remplacer sa langue par ses doigts en lui. Cette fois-ci, il n'hésita pas à en enfoncer un troisième sachant parfaitement que Theodore était prêt pour cela. Il observa son amant s'arquer à l'extrême au-dessus de lui, la bouche ouverte en un cri silencieux et les jambes secouées de spasmes. Theodore s'effondra sur lui, le souffle court et un air ravi sur le visage. Harry, plus que de vouloir prendre du plaisir pendant le sexe, aimait voir son partenaire atteindre le septième ciel. Mais jamais encore cette envie avait été aussi forte que ce soir. Il voulait en voir plus, tellement plus. Il voulait que Theodore grimpe au rideau comme jamais il ne l'avait fait. Il voulait que cette nuit soit inoubliable pour lui aussi.

Un rire psychotique lui échappa. Juste pour vérifier ce que Theodore avait dit, Harry laissa sa magie échapper à son contrôle une fois de plus alors qu'il le retournait sur le lit. Il s'empressa de lui retirer son bandeau alors que son masque revenait se fixer sur son visage par un vague geste de la main. Theodore semblait au bord de l'évanouissement, son orgasme semblait durer indéfiniment alors que plus aucun sperme ne pouvait lui échapper, la magie déferlant sur lui avec une seule consigne «fais-le jouir, encore et encore». Et pourtant Theodore était toujours aussi dur, même trois minutes après son éjaculation. Est-ce que juste sa magie pouvait vraiment le garder excité aussi longtemps?

«C'est trop…» gémit-il d'une vois suraigüe. «Monsieur… ah… s'il vous plaît.»

Harry attrapa son sexe toujours excité, le masturbant vigoureusement. C'était la première fois qu'il assistait à un tel spectacle, il avait déjà lu à ce propos plus jeune quand il faisait des recherches pour sa première fois et avait fini apr tomber sur des bouquins franchement bizarres. Mais Harry n'avait encore jamais mis ça en pratique et qui de mieux que Theodore pour réaliser ce fantasme.

«Stop! Stop! Ah… oui…oui…»

Harry trouvait adorable que même Theodore ne comprenne pas ce plaisir qu'il ressentait. Il semblait perdu, son regard ne le fixant qu'une fraction de seconde avant de se perdre dans le vide. Il ne semblait plus conscient de rien et les larmes s'échappaient de ses paupières mies-closes. Il hésita à arrêter parce que Theodore n'arrêtait pas de passer des supplications aux cris de jouissances et ça le troublait vraiment. Pourtant Theodore n'avait toujours pas utilisé son safeword, c'est que la situation ne devait pas tant lui déplaire. Pourtant, ses ongles continuaient de creuser dans la peau de son avant-bras et les larmes dévalaient ses joues. Etait-ce du plaisir? Harry l'espérait.

«Pitié… c'est bizarre… ah… c'est trop bizarre!

- Theodore, tu te souviens du safeword.» voulut tout de même s'assurer Harry.

«Ouiii

- Je ne t'en voudrai pas de l'utiliser si c'est trop dur.»

Theodore ne semblait pas vraiment se concentrer sur sa voix, pourtant Harry était persuadé qu'il l'avait parfaitement entendu.

«Non… pas plus vite!»

Ça c'était bien le genre d'ordre qui embêtait Harry. Theodore avait tendance à dire de s'arrêter et pourtant, il ne le désirait pas; il n'utilisait pas le safe word. Mais là, c'est une vitesse à faire varier. C'était bien différent. Harry hésita une seconde et tenta d'accélérer juste un peu plus la tendance, juste pour voir sa réaction.

«Ah oui… c'est trop bon!» Visiblement Harry avait fait le bon choix.«Monsieur, c'est bizarre… c'est pas comme d'habitude… Mon pénis… C'est trop bizarre.

- C'est bon Theodore, tu peux te lâcher.» l'encouragea-t-il, cherchant ses lèvres dans un baiser autoritaire.

Theodore s'accrocha à lui comme à une bouée de secours, lâchant son avant-bras pour se raccrocher à son dos. Il était enroulé autour de lui comme un koala à sa branche, il ne touchait même plus le matelas, seulement soutenu par le bras libre de Harry. Et alors qu'il sentait que son amant était sur le point de venir, il lâcha ses lèvres pour observer le spectacle, zieutant difficilement entre leurs deux corps entrelacés. Theodore était fabuleux, il avait eu un orgasme sec et deux minutes après, il avait squirter.

«Tu es incroyable.» lui chuchota-t-il à l'oreille, la voix emplie de fierté. «Tu n'imagines même pas à quel point je t'adore, tu es splendide.»

Harry ne se soucia pas du manque de réponse, laissant le temps à son amant de se remettre de ses émotions. En attendant il parsema son visage de baiser, complètement sous le charme de la sirène qui avait partagé son lit. Il sourit en sentant Theodore chercher ses lèvres malgré l'épuisement. Se souvenant qu'il n'aimait pas le contact du masque, Harry l'enleva, sans oublier de récupérer sa cravate avant évidemment.

Une fois que Theodore eut récupérer son souffle, il le souleva, le gardant dans ses bras pendant qu'il appelait sa baguette à lui. Vu le temps qu'elle avait mis pour arriver, elle devait bien être dans le salon comme il l'imaginait. Habituellement il n'en aurait pas besoin, mais il était épuisé. Theodore n'avait pas arrêté de se frotter à lui et il avait joui sans avoir d'autres stimulations, le voir orgasmer ainsi avait été la goutte de trop. De plus, il avait beaucoup utilisé sa magie alors pour l'instant, il allait se reposer un peu sur sa baguette. Il envoya la literie à la buanderie et sortie de nouveaux draps d'un placard. Dans le même temps, il fit couler l'eau du bain où il fit mousser beaucoup de savon. Theodore méritait de se faire bichonner un peu après tant d'émotions.

Harry le porta jusqu'à la baignoire, l'installant entre ses jambes et se moquant bien que l'eau déborde sur le carrelage en y entrant. Il déversa une huile relaxante dans le bain, espérant que ça aide à détendre les muscles tendus de son amant. Il le sera contre lui, inquiet qu'il s'endorme et s'enfonce complètement dans l'eau.

«Je vais t'enlever le bandeau, mais je n'ai pas mon masque à proximité.»

- Je ne me retournerai pas.» promis Theodore.

Harry l'embrassa une dernière fois avant de tenir parole. Theodore cligna difficilement des yeux. Heureusement, son amant n'avait allumé que quelques bougies et la basse luminosité ne le blessa pas. C'était étrange de pouvoir tout voir à nouveau. Il avait eu conscience à un moment donné que le tissu avait été enlevé dans la chambre, mais tout lui semblait flou. Pourtant l'image de ce regard émeraude restait gravé dans sa mémoire. Il s'enfouit un peu plus dans l'eau, le visage rouge carmin. Jamais encore on ne l'avait fixé ainsi. Sur un champ de bataille, ces pupilles auraient été celles de la folie. Mais et au lit, qu'est-ce que cela pouvait bien signifier? Theodore peinait à croire que quelqu'un puisse l'adore à se point, le vénérer. C'était tellement gênant d'être la source d'une telle attention, il ne pensait pas pouvoir un jour s'y habitué.

Et pourtant, il n'y avait plus aucune trace de ces baisers autoritaires, de cette poigne ferme sur son membre, de ce regard proche d'une folie adoratrice. Il n'y avait plus que la tendresse, les bras chauds autour de lui, les doigts qui parcouraient du bout de leurs pulpes ses avant-bras, la bouche qui posait des baisers sur ses tempes et sa nuque. Theodore était bien là, il n'avait plus envie de se creuser la tête pour rien. Il avait juste sommeil.

Harry sourit en sentant Theodore s'affaisser contre lui. Il le sortit du bain, le séchant en veillant à ne pas le réveiller. Il le déposa sur le lit, lui enfilant un pyjama qui traînait dans son armoire depuis des années mais qui était encore en parfait été. Il l'avait acheté pendant sa soudaine poussée de croissance et n'avait pu le mettre que quelques mois au final. Actuellement, c'était certainement la seule chose qui convenait à son amant dans son armoire.

«Kreattur.

- Que veut le stupide maître à Kreattur.» fit l'elfe grognon.

«Est-ce que tu pourrais aller acheter une tenue de rechange pour mon ami quand les boutiques ouvriront. Je vais t'écrire les tailles.»

Harry attira un calepin et un stylo, essayant de deviner les mensurations de son amant.

«Tu sais quoi, une tenue ne suffira pas, je vais te faire une liste, il m'en faudra trois de chaque en vert, noir et brun à chaque fois. Tu penses avoir le temps de le faire?

- Je stupide maître sous-estime Kreattur, Kreattur va le faire.

- Merci, c'est gentil. »

Harry rit franchement face à la tête dégoûté de son elfe face à des remerciements. Il ne se lasserait jamais de son air bougon. Au début ça n'avait pas été facile de faire la paix avec lui mais au fil des années, Harry s'était surpris à éprouver de l'affection pour le vieil elfe. Il n'y pouvait rien, il avait l'impression de se revoir enfant au travers de ces créatures. Elles ne méritaient pas ce qui leur arrivait et Kreattur refusait d'être libéré, peu importe à quel point il le détestait. La moindre des choses étaient de se montrer civilisé envers lui.

Harry finit de glisser Theodore sous les draps, n'oubliant pas de changer les bandages autour de sa marque des Ténèbres. Il pouvait comprendre pourquoi il en avait honte, Draco agissait de la même façon. Pourtant, il voudrait faire comprendre à Theodore que devant lui, il n'a pas besoin de regretter et de vivre dans le passé. Mais Harry ignorait comment faire ça, lui qui avait mis tant d'année à passer outre la guerre, pouvait-il vraiment aider Theodore? Il l'espérait, mais il ignorait s'il en avait le droit.

Harry soupira, préférant oublier ses sombres pensées et éviter de ternir une si belle soirée. Il s'enfuit à son tour dans les draps, serrant son amour dans ses bras.