Chapitre 1

Ambre se réveilla ce matin avec la nette impression que le rayon de soleil qui filtrait par le petit vasistas au plafond de sa chambre n'était pas la seule raison de son réveil. La jeune fille décida de se rendormir lorsque le bruit sourd qui l'avait réveillée refit surface une deuxième fois. Puis une troisième. Après réflexion, cela s'apparentait plus à un craquement.

Elle s'arracha à son lit, déçue de n'avoir pu rester comme elle le faisait habituellement et descendit dans la petite cuisine. C'était une petite pièce dans laquelle pas un seul endroit était libre. Des bricolages, des livres, des photos qui trônaient sur des meubles dont les tiroirs étaient pleins à craquer.

Il y régnait le calme et le désordre familier. L'adolescente commençait à faire du thé pour elle et sa mère lorsque quelqu'un frappa à la porte. Ambre alla ouvrir et sur le paillasson se tenaient trois personnes bien habillées et en train de se disputer.

- Mais puisque je te dis que ce n'est pas elle !

Je te l'assure sinon ou d'autre pourrait-elle être ?!

- Je ne sais pas à toi de me le dire !

Ambre observait avec amusement ces curieux personnages venus de nulle part et qui semblaient ne pas avoir remarqué qu'elle était là.

- Bonjour est ce que je peux vous aider ? osa-t-elle

- Oh Bonjour ! Oui nous cherchons Luna Lovegood savez- vous ou nous pourrions la trouver ? dit le premier homme

- Heu, c'est ma mère, répondit Ambre.

- T'as vu je t'avais dit que c'était ici idiot ! dit la femme du milieu

- Grmbl, grommela le premier

Le troisième personnage qui s'était tenu à l'écart depuis le début lança un regard noir aux deux autres et prit la parole :

- Bonjour, je m'appelle Dean Thomas. Nous aimerions discuter avec vous ainsi qu'avec votre mère. Il avait un air plutôt grave, ce qui contrastait avec le personnage que sa mère lui avait décrit. Il semblait un peu mal à l'aise. Ambre se rendit compte qu'ils attendaient possiblement une réaction de sa part étant donné qu'elle les fixait depuis un bon moment déjà.

- Ou…ou...oui bien sûr entrez je fais du thé… Vous en voulez ? Non ? Vous avez tort il est très bon. Ne bougez pas je vais réveiller ma mère…

L'adolescente monta en courant les escaliers en colimaçon, grimpa tout en haut et entra dans la chambre de sa mère encore endormie :

- Maman, Maman il y a Dean Thomas qui veut te voir et moi aussi…

- Hmgn

- MAMAN !

- Hmgjhd quoi ?

- Il y a Dean Thomas dans la cuisine qui veut nous voir ! répéta-t-elle

- Ah, bon dis-lui d'attendre deux minutes j'arrive… fit sa mère de sa voix lunaire.

- Je suppose que vous voulez nous parler des Nargoles ? demanda Luna, en coinçant sa folle masse de cheveux dans une baguette. C'est une véritable infection.

- Non pas vraiment… répondit la femme du milieu, qui observait d'un air critique la cuisine.

- Oh salut Dean je ne t'avais pas reconnu ! Ça ne te va pas vraiment cette coiffure. Comment va ton fils ?

- Maman… gémit Ambre tout bas

- Salut Luna ! répondit l'intéressé pas du tout offensé, Louis va très bien, merci.

- Hrm, l'autre homme, un personnage renfrogné, un peu replet semblait désapprouver ces formules d'amitiés, Mrs Lovegood, -

- Miss Lovegood s'il vous plaît, répondit la mère de la jeune fille, je ne suis pas mariée.

- Hrm oui- il balaya sa remarque d'un geste de la main, Miss Lovegood, nous sommes des représentants de la Société de Contrôle des Animaux Magiques, la SCAM si vous préférez. Il semble qu'un hippogriffe ait été relâché près de chez vous, et au vu de la dangerosité de cet animal nous allons devoir vous demander de partir pour votre sécurité en attendant qu'il soit capturé et relâché dans un endroit plus sécurisé, débita-il d'un ton morne en lisant une feuille, aussi, nous nous excusons de ce dérangement et notre unité de capture tentera de faire au plus vite. Voilà, conclu-il en rangeant la feuille dans sa poche, des questions ?

- Oui, et pour les Nargoles j'aimerai vraiment bien que vous fassiez quelque chose.

- Ce n'est pas une question, remarqua d'un ton pincé la femme du milieu.

Dean leur adressa un sourire désolé avant de fermer la porte derrière lui.

La mère et la fille, restées dans la cuisine, abasourdies se regardèrent :

- On va aller où ?

- Ils n'ont rien fait pour mes Nargoles !

- Maman, il faudrait vraiment que tu revoies ton sens des priorités ! s'exaspéra Ambre

- Mais je sais très bien ou on va aller, je vais envoyer un hibou à Ginny, ils ont une très grande maison et il y a beaucoup moins de Nargoles là-bas. Et je suis presque sûre qu'elle dira oui. Et puis après tu iras à Poudlard et j'irais travailler.

Sa mère était la directrice du Chicaneur. Selon elle, les tirages avaient nettement augmenté depuis l'époque de son grand-père, Xenophilius.

Ambre se demandait si c'était vraiment une très bonne idée de s'inviter chez des gens qu'elle n'avait sûrement jamais vu de sa vie lorsqu'elle s'aperçut que leur hibou s'éloignait déjà, une lettre accrochée à sa patte, dans le paysage quasi désertique de leur lande.

Elles reçurent la réponse quelques jours plus tard, lorsqu'elles soupaient sur leur petite terrasse.

Luna ouvrit la lettre et poussa un cri de joie :

- Elle a dit oui ! J'en étais sûre !

Ambre considéra sa mère avec un sourire aux lèvres; elle lui faisait penser à une adolescente qui n'avait jamais grandi.

Luna ne lui parlait jamais de la guerre. Ambre, bien que sorcière, était complètement ignorante sur cette partie de l'histoire de son monde. Avec son père. Mais ça c'était une autre histoire. Si elle mentionnait la guerre ou ses dernières années à Poudlard, ses yeux se voilaient et elle changeait subitement de sujet. De façon plus ou moins subtile.

- Bon, je vais faire ma valise, déclara Ambre en se levant de sa chaise

- Hmrg, lui répondit sa mère absorbée par la lecture de sa lettre.

La jeune fille posa son assiette dans l'évier qui débordait, ouvrit le placard sous l'escalier, chassa quelques araignées et en sortit un grand sac en cuir marron qui semblait avoir beaucoup servi. Elle le traina à l'étage et ouvrit en grand sa vieille armoire en bois rouge usé et en sortit tous ses t-shirts, quelques chemises, ses pantalons, des shorts qui trainaient, une robe et les fourra à l'arrache dans son sac.

Elle prit quelques badges qui trainaient sur sa table de nuit et les accrocha consciencieusement sur le vieux sac en cuir. La jeune fille attrapa trois livres sur son étagère les fourra également dans son sac. Puis, elle descendit en trombe les escaliers et au premier étage, elle s'arrêta dans la chambre de sa mère, s'allongea sur le grand lit où elle avait autrefois tant dormi lors des tempêtes qui la traumatisaient. Désormais, elle adorait les orages et se postait devant une fenêtre pour observer l'eau descendre du ciel à une vitesse folle et frapper avec violence le sol de la lande.

Luna arriva dans la chambre et vint se coucher à côté de sa fille adorée.

- On part quand ? lui demanda Ambre

- Harry vient nous chercher. Il ne devrait plus tarder.

Luna commença à caresser les cheveux de sa fille, qu'elle avait exactement de la même couleur qu'elle ; blond sable et un peu sales.

Elles restèrent comme cela un moment en silence avant que la porte sonne. Elles se levèrent toutes les deux, Luna descendit ouvrir et Ambre alla chercher ses chaussures et sa veste. Quand elle arriva son tour dans la cuisine, un homme s'y tenait. Il était plutôt maigre, avait les cheveux les plus en bataille qu'Ambre n'avait jamais vu et les yeux autant verts qu'elle les avaient marrons. Malgré les cernes qui lui soulignaient les yeux, il lui adressa un grand sourire. Ses grandes lunettes rondes étaient un peu de travers.

- Bonjour, fit la jeune fille.

- Bonjour Ambre ! Tu es prête ? On va y aller !

- Oui.

Soudain, Harry tendit son bras. Ambre savait que sa mère était un peu marginale et donc elle ne pouvait que s'attendre à ce que ses amis le soient aussi, mais là elle était carrément gênée de ne savoir que faire de ce bras. Puis elle comprit que c'était elle la marginale. Transplaner.

Elle ne l'avait jamais fait et c'était terrifiant.. Ambre prit une grande inspiration et posa sa main sur le bras de Harry. Elle ne s'y attendait pas et s'y cramponna la plus fort possible lorsqu'ils tourbillonnaient dans le néant. Elle eut le temps de réaliser qu'elle DETESTAIT absolument la sensation, quand ses pieds touchèrent à nouveau la terre ferme et s'écroula dans l'herbe qui les avait accueillis, respirant enfin librement. Quel fou avait inventé ça? Vraiment!

Elle mit quelques secondes avant de réaliser qu'il pleuvait. Elle ferma les yeux et laissa avec délice les gouttes s'écraser sur son visage et rouler le long de ses joues. Lorsqu'elle les ouvrit Harry se tenait au-dessus d'elle. Il lui tendit la main qu'elle accepta pour se relever.

- Cours jusqu'à la prochaine maison que tu vois, c'est la nôtre, moi je vais chercher ta mère. Lui ordonna-t-il

Ambre n'eut pas le temps de demander pourquoi sa mère ne pouvait pas transplaner toute seule qu'il était déjà parti. Elle ne courut pas, au contraire, elle marcha le plus lentement possible. Elle sentait l'odeur de la pluie ; celle qu'elle affectionnait particulièrement. Les gouttes s'accrochaient à ses longs cheveux et le tonnerre grondait au loin.

Malgré sa lente marche, elle arriva tout de même à la maison dont Harry lui avait parlé. Ambre la trouva extrêmement jolie. Un petit portail trônait devant un grand jardin où se trouvait un grand arbre, dans lequel une petite cabane en bois y reposait. Eux aussi avaient une terrasse et un fauteuil à bascule s'y trouvait, se balançant dans le vent. La maison en elle-même était très accueillante, des lumières se trouvaient à tous les nombreux étages qui la composaient. Ambre frappa à la porte et attendit. Un garçon qui devait avoir un ou deux ans de moins qu'elle lui ouvrit. La ressemblance avec son père était frappante. Il était vêtu d'un sweat Serpentard très usé.

Il posa son regard sur elle et poussa un cri qui la fit sursauter :

- Ah ! Mais t'es trempe ! Entre ! Pourquoi tu mets pas ta veste ?

- J'aime bien la pluie, répondit Ambre tout simplement.

- Mais c'est pas une raison! Tu vas être malade.

- ALBUS ! Laissa-la entrer !

Une jeune fille qui devait être encore plus petite qu'Albus apparut dans son champ de vision. Elle avait des cheveux roux plutôt longs et des yeux noisette qui pétillaient.

- Lily, enchantée.

La petite fille se tourna vers Ambre et lui sourit avec le même sourire que son père. La jeune fille lui sourit à son tour. La dénommée Lily lui prit son sac et commença à monter les escaliers qui occupaient quasi toute la place du hall d'entrée. Une douce odeur de cannelle lui arriva aux narines. Décidément, ces vacances s'annonçaient bien. Ambre sortit de ses pensées et grimpa les escaliers à la suite de Lily. Cette dernière la mena dans une petite chambre au 1er étage où seulement un lit, un fauteuil décapité et une commode la décoraient.

- C'est la chambre d'amis. On a toujours des pièces en trop dans cette maison, lui expliqua Lily.

Ce soir-là, elle s'endormit le plus facilement du monde. Le bruit de l'orage qui grondait au dehors combiné à l'odeur de cannelle qui embaumait la maison la menèrent dans un monde de rêves tous plus loufoques les uns que les autres.