Blabla de l'auteur: Bonjour à tous. J'espère que ce chapitre vous fera plaisir. Bonne lecture à vous.

Disclaimer: Tout de que vous reconnaissez de l'univers appartient à Kaoru Tada et à l'équipe de Playful kiss. Je ne touche rien en écrivant.

Six ans plus tard

Six ans plus tard…

La cérémonie touche à sa fin. Je suis enfin libre. Dégagé de mes devoirs militaires. Bien qu'il faille que je revienne un jour par an pour continuer l'entraînement au cas-où, j'ai le droit de décider de quoi faire les trois cent soixante quatre autres jours de l'année. Je souris et rejoins ma famille dans mon uniforme. Ils sont tous là. Papa, maman et Eun-Jo. Je regrette l'absence de Ha-Ni mais je sais pourquoi elle n'est pas là. Je ne voulais pas qu'elle me voit en uniforme. Je ne le ramènerais même pas à la maison si j'avais le choix mais l'armée est formelle. Je dois prendre soin de mon uniforme et me tenir prêt à l'enfiler en cas d'attaque de la Corée du nord. Penser à tout ça, à Ha-Ni, me rappelle la dernière nuit qu'on a passé ensemble lors de ma dernière permission.

Flash-back

Je sors du sommeil en entendant un sanglot et je papillonne doucement des yeux avant de lever la tête. Je ne veux pas réveiller mon épouse seulement le lit est vide. Elle n'est plus dans mes bras et il y a de la lumière dans notre cuisine. Sans un bruit, je sors du lit et parcours doucement l'appartement silencieux. Seul un reniflement vient en troubler la quiétude et je fronce les sourcils. Il n'y a que Ha-Ni et moi ici. C'est forcément elle qui pleure. Mais pourquoi? Parce que je repars pour l'armée demain? Je m'arrête en l'apercevant enfin. Dos à moi, elle s'est recroquevillée sur une chaise et elle pleure doucement. Pourquoi? Pourquoi vouloir me cacher tes larmes et tes sentiments Ha-Ni-a? Il est à nouveau là. Ton cœur que tu portes en bandoulière et qui m'empêche d'approcher. Je l'observe quelques instants, le temps de trouver le courage d'avancer puis je la rejoins. Elle ne m'a pas entendu arriver et elle sursaute quand je pose ma main sur son épaule. Je la vois aussitôt porter ses mains à son visage avant de me regarder. Pourquoi me cacher tes joues ruisselantes Ha-Ni-a? Puisque tes yeux sont rouges et brillants des larmes que tu as versé? Je soupire et m'accroupie pour croiser son regard.

«- Pourquoi pleures-tuà trois heures du matin?

On pourrait croire qu'avec le temps, j'ai appris à être plus doux avec mon épouse quand je lui parle mais non. J'ai toujours autant de mal à ne pas être brusque quand nos sentiments entrent en ligne de compte.

«- Pour… Pour rien, dit-elle rapidement malgré son hésitation qui m'interpelle.

«- Si tu pleures pour rien, c'est idiot. Si tu pleures parce que je repars demain, c'est important… Ha-Ni-a, j'ajoute avec plus de douceur, parle-moi.

«- Je… Ce n'est rien… Je… Je n'aime pas te savoir à l'armée. Je voudrais pouvoir t'en empêcher même si c'est obligatoire pour les coréens.

«- Il ne me reste que six mois à faire Ha-Ni. C'est la dernière fois que je pars. Quand je vais revenir, ce sera définitif et tu ne pourras plus te débarrasser de ton mari, j'ajoute pour la faire sourire.

«- Je ne veux pas… Je ne veux pas que tu apprennes à te battre, à te servir d'un fusil ou que sais-je encore… Tu es un génie, tu aurais pu être exempté. Ta tête est plus importante que tes muscles!

«- Il faut des cerveaux intelligents pour donner les bons ordres en temps de guerre et je dois apprendre à manier les armes à feu et à connaître leur danger. Comme ça, si jamais la guerre recommence, je serai à même de te protéger. Toi et la famille que nous fonderons bientôt, dis-je avec tendresse en regardant son ventre où notre bébé grandit.

«- Mais qui va te protéger toi?

«- Toi, ma douce Ha-Ni. Te savoir en sécurité, loin de l'horreur, des blessures et de tout ce qui est moche durant la guerre, me permettra d'être plus concentré et d'éviter les blessures… S'il te plaît Ha-Ni-a, ne pense pas à ça, tu veux bien? Nous ne connaîtrons probablement jamais la guerre ou alors je serai trop vieux pour aller me battre. Reviens te coucher. Le stress c'est mauvais dans ton état.

«- Je ne suis pas stressée, j'ai peur, me défend-elle en essuyant sa joue. Je ne veux pas me réveiller un matin et découvrir que je vais devoir élever notre enfant seule.

«- Tu ne seras pas seule, je serai là pour vous deux… Et même si je venais à mourir, tu dois te faire une raison, ma mère ne te laissera jamais seule. Elle t'obligera à revenir vivre chez eux et élèvera notre enfant comme le sien. Notre bébé finira par t'appeler grand sœur, j'ajoute pour tenter de la faire sourire.

J'échoue lamentablement puisque je n'ai même pas le droit à une ébauche de sourire. Mais ce n'est pas grave. A la place, j'essuie ses joues avec tendresse et je me redresse en prenant sa main pour l'obliger à quitter sa chaise.

«- Ne t'en fais pas mon Ha-Ni-a, je ne fais que m'entraîner, je ne peux pas être blessé. Sauf quand on apprend le combat au corps à corps mais ose te plaindre des muscles que j'ai à présent!

«- Je ne veux pas de tes muscles, dit-elle en posant sa tête contre mon cœur.

«- Ce n'est pourtant pas ce que tu as dit lors de ma dernière permission. Il me semble même que c'est grâce à eux que tu portes notre premier enfant à présent.

«- Non, ment-elle en tentant de me cacher son sourire.

«- Ah oui? Peut-être devrais-je appeler Yoon Hae-Ra, dis-je pensivement. Pour lui demander son avis sur mes muscles.

«- Hey Baek Seung-Jo, grogne Ha-Ni en me donnant un coup de poing dans l'épaule. Pourquoi stresser ton épouse alors qu'elle est enceinte? Tu es médecin! Tu devrais savoir que c'est mauvais pour elle et…

Je la fais taire en pressant mes lèvres contre les siennes. La revoilà mon épouse. Celle qui sait rappeler à tous, qui est son homme! Je souris quand je la sens répondre à mon baiser et je fais lentement glisser mes mains le long de son corps pour attraper sa taille. Je la soulève avant de quitter sa bouche quand je sens ses jambes autour de moi.

«- Allez reviens au lit que je puisse te prouver que contrairement à ce que tu dis, tu aimes le corps que l'armée me sculpte!

Elle me fusille des yeux un instant puis sourit au moment que je la dépose délicatement sur notre lit. Ses larmes et ses angoisses sont oubliées pour ce soir et c'est tout ce que je souhaitais. Pouvoir emporter avec moin son délicat visage souriant.

Fin du flash-back

Je salue mes camarades de la marine, attrape mon paquetage et je rejoins enfin mes parents. J'en ai terminé avec l'armée. Rendez-vous dans un an. Mon petit frère me serre dans ses bras en souriant alors que j'ai du mal à le voir comme un adulte. L'an prochain, il sera majeur mais j'ai encore en moi l'image de ce petit bonhomme qui me demandait mon aide pour apprendre l'anglais. Je lui rends son étreinte et salue mes parents. Papa me serre la main et maman me prend brièvement contre elle avant de regretter l'absence d'Ha-Ni.

«- Tu ne lui as rien dit, j'espère, je demande un peu brutalement.

«- Non. Ton épouse croit que tu ne reviens que demain, marmonne-t-elle. Oh pauvre Ha-Ni! Avec tout ce qu'elle a vécu ces derniers mois! Elle aurait été tellement fière de te voir dans ton bel uniforme!

«- Tu as pris assez de photos pour qu'elle me voit dans cette tenue, je soupire.

«- Hyung! Tu rentres à la maisonavec nous, n'est-ce pas?

«- Oui Eun-Jo. Ha-Ni m'a prévenu que notre immeuble avait été vendu. Qu'on vit à nouveau avec vous!

Il hoche la tête et comme on est sur le parking, je monte dans la voiture après avoir mis mon paquetage dans le coffre. Tandis que papa démarre, je repense à mon dernier départ.

Flash-back

Lorsque son réveil sonne, je soupire. Je n'ai pas assez dormi. Pourtant sentir le corps de mon épouse contre moi m'en rappelle la raison et je ne peux m'empêcher de sourire. Je quitte le lit et vais prendre ma douche alors que Ha-Ni se contente de réclamer dix minutes de sommeil en plus. Je suis obligé de la secouer en sortant de la douche et une fois qu'elle est dans la salle de bain, je m'occupe du petit-déjeuner. Le dernier que l'on partage avant six mois… J'ai déjà fait quinze mois sur les vingt-et-un obligatoire dans la marine. Ma formation s'achève bientôt et je souris en songeant qu'à mon retour, mon épouse m'attendra avec un bébé dans les bras. Ha-Ni me rejoint au moment où je pose sa tasse de thé sur le table et on se restaure sans qu'un mot ne soit échangé. Je n'en ai pas besoin. La savoir assise à côté de moi, ma main sur son genou que je serre parfois me suffit. Je termine mon café et me tourne vers elle pour lui voler un baiser avant de la fixer pour graver ses traits dans mon esprit. Elle va me manquer ces prochains mois. Qu'étais-je stupide durant notre première année de mariage! Je pensais à ce moment-là qu'elle me manquait quand je ne la voyais pas, mais en réalité, c'est quand je suis parti pour mon service militaire que j'ai découvert la véritable définition de manque. J'ai cru devenir fou les premiers jours. Je n'arrivais pas à me concentrer sur ce que nous apprenaient nos instructeurs. Mon esprit repartait sans cesse vers elle. Je voulais savoir ce qu'elle faisait, avec qui elle parlait, qui la faisait rire. J'avais sans cesse peur que Yoon Joon-Hee la séduise, que Joon-Gu se lasse de Chris et revienne courtiser mon épouse… Mais j'avais peur pour rien puisqu'elle m'écrivait chaque semaine pour me raconter ce qu'elle vivait. L'enfer des gardes de nuits, les patients qui se plaignaient de ses piqûres, ses collègues qui semblaient lui en vouloir ou ceux avec qui elle s'entendait. Sa première lettre m'a rassurée. Elle continuait à vivre, à aller à l'hôpital pour travailler, à sortir avec ses amies… Elle pensait à moi chaque soir et ça a suffi à rassurer ma jalousie. Personne ne pourrait me l'enlever. Elle me fait revenir à elle en me demandant pourquoi je la regarde et je secoue la tête.

«- Je veux graver tes traits dans mon esprit. J'aime te voir ainsi Ha-Ni. Souriante et sereine. Prête à affronter la journée et… Qu'as-tu, je demande en voyant son sourire disparaître.

«- Rien, simplement tu vas repartir pendant six mois… Tu ne seras pas là pour l'arrivée de notre bébé et je…

Elle ne va pas plus loin dans sa phrase. Les sanglots compriment sa gorge et tout reste bloqué. Mon cœur se serre mais je n'ai pas le choix. Je ne peux pas lui imposer un nouveau départ. Je ne veux pas emporter avec moi son visage larmoyant devant les portes de la caserne. Je soupire et je prends son visage en coupe. Mes pouces effacent ses larmes et je souris.

«- N'y pensons pas d'accord? Va te préparer, je t'emmène travailler et…

«- Non, je vais appeler l'hôpital. J'ai un jour à prendre, je vais le poser aujourd'hui pour pouvoir t'emmener.

«- Inutile. Tu termines à quinze heures, dis-je en montrant son planning accroché au mur. Je ne dois pas être là-bas avant dix-huit heures. Va travailler. Je viendrais te chercher à l'hôpital pour que tu puisses me déposer à la caserne.

Elle me fixe puis hoche la tête. Elle termine sa tasse et va se préparer alors que je nettoie. Pardon Ha-Ni! Je ferme les yeux une seconde en m'appuyant sur l'évier. Je secoue la tête et une fois qu'elle est prête, on prend le chemin de l'hôpital. Elle n'est pas heureuse mais au moins elle sourit ravie qu'on puisse passer un peu de temps ensemble ce matin. Je me gare devant l'hôpital universitaire et je lui ouvre la porte pour pouvoir profiter de ton sourire encore quelques instants. Elle descend et embrasse ma joue en riant. Je pourrais me vexer, je l'ai déjà fait, pourtant ce matin, je souris avec elle et la suis des yeux jusqu'à ce qu'elle entre dans l'hôpital. Quand elle n'est plus en vue, je remonte et quitte le parking, pour rejoindre notre appartement. Une fois seul, je termine mon paquetage puis je m'assoie à mon bureau. Je sors une feuille et commence à écrire.

«Pardon Ha-Ni-a,

Je te demande pardon Ha-Ni-a. Je t'ai menti ce matin. Je dois être à la caserne pour treize heures. Je ne voulais pas que tu viennes. Je ne voulais pas te voir pleurer une nouvelle fois en arrivant devant les portes. Je ne voulais pas entendre tes sanglots comme cette nuit dans la cuisine. Je voulais t'épargner une nouvelle séparation difficile. Je sais, depuis cette nuit, que tu n'aimes pas les soldats, et je ne voulais pas t'imposer la vision de la caserne. Pas après la nuit que l'on a passé. Pas après ce réveil en douceur. Je voulais emmener avec moi la chaleur de ton sourire, la brillance de tes yeux et la douceur de ton visage. J'aime te voir aussi insouciante que tu l'étais ce matin sur le parking de l'hôpital. Quand je reviendrais, je te laisserais me hurler dessus sans me défendre. Parce que je mérite que tu sois en colère contre moi. Mais je ne voulais pas que tu sois triste. Si tu l'es alors notre enfant aussi. Promets-moi simplement de garder ta colère pour mon retour. En attendant que je te revienne entier et libre, garde-moi dans ton cœur. Repense à tous ces merveilleux moments que l'on a vécu ces douze derniers jours. A mon sourire quand tu m'as annoncé que j'allais être papa. Cette balade au parc main dans la main où on cherchait un prénom pour notrele bébé. Ce dîner au restaurant où je t'ai rappelé combien je t'aimais. Ce rendez-vous sous les étoiles comme lorsqu'on vivait avec nos familles. Ton rire qui emplit la pièce et réchauffe mon cœur. La brillance de tes yeux quand je te prends dans mes bras. Le bonheur que je sens en moi quand tu es contre moi. Je pars mais le temps passera vitre. Tu ne verras rien passer. Tu as tant à préparer. Le berceau et les vêtements à acheter pour le bébé. Les examens à faire pour s'assurer que vous êtes tous deux en bonne santé, tes journées à l'hôpital et tes amies qui occuperont le reste de ton temps. Tu ne verras pas le temps passer et quand je reviendrais, nous reprendrons notre vie là où on l'a laissé ce matin.

Je t'aime Ha-Ni.

Ps: Ne pleure pas ma tendre Ha-Ni, je vais te revenir.»

Je songe à la laisser en évidence puis je change d'avis et la plie pour former un cœur. J'ai fait le plus difficile. Il en me reste plus qu'à attendre. J'ai dit au revoir à tout le monde hier soir et je décide de m'occuper en rangeant notre appartement. Je change les draps pour que le lit soit propre et frais pour son retour, j'aère l'appartement et je range la vaisselle. En ouvrant le frigo, je grogne et décide d'aller faire les courses pour qu'elle n'ait pas à les faire en rentrant.

Quand tout est prêt, je quitte l'appartement et met mon sac dans le coffre de la voiture avant de rejoindre le parc. Je m'y balade durant une heure en souriant à nos souvenirs. Le banc où nous nous sommes reposés un soir après la fac. Le lac où elle nous a fait tomber de la barque. La clairière où je l'ai observé dormir. Je soupire quand mon téléphone sonne pour me ramener à la réalité. Il va être l'heure que je parte. J'embrasse le paysage des yeux et quitte le parc pour rejoindre l'entreprise de papa. Je salue le personnel que je connais, prends rapidement de leurs nouvelles et je laisse le manager prévenir papa de ma présence avant d'entrer dans le bureau. Il me fixe surpris mais accepte de m'emmener à la caserne en s'étonnant de l'absence de mon épouse.

«- Elle est à l'hôpital. Sa garde n'est pas terminée.

«- Je vois. Allons l'attendre sur le parking dans ce cas, sourit-il.

Je soupire et dès qu'on est seul dans l'ascenseur, je lui raconte mes mensonges et surtout que je ne veux pas voir Ha-Ni pleurer. Elle est fragile à présent et je veux la protéger. Heureusement papa n'étant pas maman, il comprend ma démarche et m'emmène à la caserne sans rechigner ni tenter de me faire culpabiliser.

Fin du flash-back

«- Tu verras hyung, Ha-Ni va être ravie de te revoir.

«- J'en doute Eun-Jo, je marmonne.

Elle a plutôt été explicite dans sa première lettre après mon départ. Elle est arrivée en trois jours et Ha-Ni m'en veut d'être partie sans lui avoir dit au revoir. Sans l'avoir laissé m'accompagner. Même si elle a apprécié que l'appartement soit propre et les courses faites. J'aurais voulu qu'elle me rappelle dans chacune de ses lettres qu'elle attendait mon retour pour me hurler dessus mais elle a perdu notre bébé quelques jours plus tard. A cause d'une mauvaise chute à l'hôpital. C'est maman qui m'a prévenu en m'appelant et j'ai voulu aller la voir pour être à ses côtés seulement Ha-Ni m'a interdit de quitter la caserne tant que je n'aurais pas terminé mon service. Elle refusait d'avoir à me dire au revoir une nouvelle fois. J'ai du me contenter des appels quotidiens de maman pour savoir comment mon épouse se remettait. Elle a beaucoup pleuré la perte du bébé, moi aussi, mais elle s'en remet. Elle sort à nouveau et elle a même repris son travail avec plus d'acharnement. La voiture s'arrête et je regarde devant moi. C'est quoi cette maison? Elle est trois fois plus grande que la précédente.

«- Où sommes-nous?

«- Chez nous, soupire Eun-Jo… Quand maman a appris que votre immeuble allait être vendue, elle a proposé à papa qu'on déménage. On vit ici depuis un mois, notre ancienne maison a été vendue.

«- Pourquoi si grand, je demande curieux.

«- Comme ça Ha-Ni et toi n'avez plus besoin de déménager, sourit maman en frappant joyeusement dans ses mains.

«- Que… Quoi? Maman!

«- Quoi? Je veux qu'on vive tous ensemble mais tu as raison. Notre ancienne maison était bien trop petite. Celle-ci a sept chambres. C'est assez pour que Ha-Ni et toi fassiez vite de moi une grand-mère, s'enthousiasme-t-elle.

«- Papa, dis-je en le fixant excédé. Ne peux-tu dire non à maman?

Il rigole un peu gêné et rentre avec mon sac alors que je fixe cette immense maison, énervé. Comment partir à présent? Je n'ai plus d'excuse et je paris que notre chambre à Ha-Ni et très loin de celle d'Eun-Jo! Je soupire de m'être fait avoir et j'entre en observant partout. La décoration est similaire à l'ancienne maison mais l'escalier est plus large. Les bureaux de papa et maman sont en bas et non plus à l'étage. Je soupire et monte pour trouver maman dans le couloir. Je lui demande où est ma chambre, j'aimerais prendre une douche et défaire mon sac avant le retour d'Ha-Ni. Elle m'indique la porte au fond du couloir, il fallait s'y attendre et je hoche la tête avant d'y aller. Je suis surpris de voir que la pièce n'est pas peinte en rose mais en vert clair. C'est très reposant. Les meubles sont blancs et un tapis gris est posé au sol. Il n'y a qu'un bureau, ce que je trouve étrange seulement je décide de ne pas m'en occuper pour le moment. A la place, je défais mon sac puis cherche la salle de bain. Heureusement, sur chaque porte est écrit le nom de la pièce. J'entre donc dans la première salle de bain que je trouve et prends une douche avant de retourner dans la chambre. Sur le bureau, il n'y a que les livres de cours d'Ha-Ni. Pareil sur l'étagère accrochée au mur. Où sont mes livres? Mes affaires? Je veux aller poser la question à maman seulement la porte s'ouvre au même moment. Je m'écarte d'un pas pour laisser entrer mon épouse qui me fixe sans réaction… Durant une seconde. Elle se reprend aussitôt et me donne un coup sur le bras.

«- Hé!

«- Oh tais-toi! Tu étais prévenu que je te ferais payer ta défection l'autre jour! Comment as-tu osé partir sans me dire au revoir Baek Seung-Jo? Est-ce que tu sais que je t'ai attendu plus d'une heure sur le parking avant de comprendre que tu m'avais menti, m'annonce-t-elle me donnant une nouvelle gifle sur l'épaule. Je suis rentrée à la maison le cœur en miette en pensant que tu avais peut-être eu un problème! Puis j'ai trouvé ta lettre! Espèce de coq! On ne t'a pas appris à être courageux à l'armée, s'énerve-t-elle.

Tandis qu'elle continue de sortir toute sa colère, je l'observe ébahie! Elle m'a tellement manqué. Sa voix m'a manqué. Son regard de tueuse m'a manqué. La brillance de ses yeux m'a manqué. Son front plat m'a manqué. Même son petit nez taquin m'a manqué. Je sens mon corps réagir en m'apercevant que son corps m'a également manqué et je craque. Tant pis, elle continuera de me dire que je suis lâche plus tard! Sans la prévenir, je fonds sur sa bouche pour l'embrasser. Je voulais être tendre mais mon cerveau n'a plus aucun contrôle. La porte claque dans son dos alors que mes mains sont de part et d'autre de son visage. Mon Dieu elle m'a tellement manqué! Je soupire quand je sens son corps se coller au mien et sans réfléchir, je la porte pour la déposer sur le lit. La seconde suivante, je suis allongé contre elle à dévorer son cou, à revenir contre sa bouche alors que mes mains appellent sa peau. Je grogne de plaisir en la sentant se détendre contre moi et bientôt ma faim est rassasiée. Je n'ai plus besoin de la sentir près de moi, j'en ai simplement envie.

«- Pourquoi souris-tu? J'étais en train de te hurler dessus, soupire-t-elle en me regardant.

«- Parce que je me sens enfin de retour à la maison. Avec toi dans mes bras. Ton sourire suffit à mon bonheur… Tu m'as manqué ces derniers mois!

«- Toi aussi, soupire-t-elle en se blottissant dans mes bras

«- Hey, je grogne quand elle me donne un nouveau coup dans l'épaule. Pourquoi me frappes-tu encore?

«- Ne pars plus jamais de la maison sans me dire au revoirBaek Seung-Jo!

«- Très bien mais toi, dis-je en la fixant avec sérieux, ne m'interdis plus jamais de venir te voir si tu as mal!

«- Quand ai-je fait ça, demande-t-elle en levant le menton.

«- Le bébé Ha-Ni, dis-je doucement. Je voulais être près de toi quand c'est arrivé. Je voulais être celui qui te consolait. Pourquoi m'avoir empêché de jouer mon rôle d'époux?

«- Je… C'était trop dur. Je ne voulais pas que tu viennes, je n'aurais pas supporté ton nouveau départ. Ne pas te voir c'était douloureux mais moins que si tu étais revenu puis reparti.

«- Je ne pars plus sans toi Ha-Ni… Sortons ce soir! Juste toi et moi. Je veux fêter mon retour à la vie civile autour d'un bon repas en compagnie de la plus belle des coréennes.

«- Désolée Hae-Ra n'est pas là!

«- Je parlais de toi bécasse, dis-je avec amour.

«- Non! Tu m'as abandonné sur le parking de l'hôpital, tu vas devoir en payer le prix!

«- Qui est, je demande en la regardant quitter notre lit.

«- Mère a probablement préparé un repas en ton honneur! Tu vas devoir y assister sans te plaindre et sans rechigner!

«- D'accord. J'accepte la punition.

«- Parfait, parce que tu feras la vaisselle après!

«- Ce sera tout?

«- Non. Tu devras venir me rejoindre dans le jardin pour contempler les étoiles après la vaisselle. Et seulement après ça, tu seras pardonné.

Je la regarde amusé et me lève à mon tour pour la rejoindre au moment où elle ouvre la porte.

«- Tu as fait le tour de la maison?

«- Non j'ai vu rapidement le rez-de-chaussée la chambre et une salle de bain.

«- Viens, dit-elle en prenant ma main, je vais te faire faire le tour.

Je souris et me laisse docilement faire. Sa présence m'a manqué. On rejoint le rez-de-chaussée et je découvre tout plus en détail. A l'étage, se trouve cinq chambres et deux salles de bains, plus un bureau. Le mien m'apprend mon épouse en précisant qu'elle a tout arrangé elle-même. Je souris en notant qu'elle a rangé mes livres de médecine par année et par matière, tout sur mon bureau est exactement comme je l'aurais placé. La décoration semble très masculine et l'odeur de cuir mêlé à la brillance du chrome me plaît. Je souris en voyant qu'elle a été jusqu'à mettre une photo de nous en cadre. Je la reconnais pour l'avoir prise durant notre voyage de noce. Sur la plage. Le dernier jour. Je prends le cadre et observe nos visages heureux. Quand je lève les yeux, je suis tout seul et je sors de la pièce pour chercher mon épouse, que je trouve en train de replier du linge propre. Je m'approche et je décide de l'aider sans un mot.

«- Oh le professeur Kim voudra certainement te voir quand il apprendra ton retour, dit-elle soudainement.

«- Le professeur Kim?

«- Oui il dirige le service de chirurgie depuis trois mois. Il est très compétent. Je te le présenterais demain.

«- J'irais me présenter moi-même… Pourquoi veut-il me voir?

«- Le professeur Hong, son prédécesseur, n'a pas tarit d'éloge sur toi. Il paraît que tu as demandé à travailler à l'hôpital universitaire donc il t'a gardé une place… Mais il a demandé sa mutation à Busan quand sa femme a été envoyé là-bas. Enfin bref, le professeur Kim n'aime ni le piston, ni les passes droits. Il veut voir ce que tu vaux avant de t'intégrer à l'équipe médicale.

«- Très bien, j'irais à l'hôpital demain rencontrer ce professeur.

Elle sourit puis comme nous avons terminé, elle rejoint maman à la cuisine alors que je monte m'allonger. Je suis debout depuis quatre heures ce matin et je n'ai dormi que deux heures, l'unité a fait la fête hier puisque c'était notre dernier jour. Je ferme les yeux quelques secondes avant de les rouvrir en entendant mon téléphone sonner. Le numéro n'est pas dans mon répertoire et je décroche.

«- Bonjour, qui est-ce? Bonjour, monsieur Baek Seung-Jo? Oui c'est bien moi. Bonjour. Je suis le professeur Kim Su Dik, directeur du service de chirurgie à l'hôpital universitaire de Séoul. Monsieur le directeur, dis-je en me redressant. Ma femme m'a prévenu que vous vouliez me rencontrer. En effet. Quand serez-vous dégagé de vos obligations militaires? Je le suis depuis aujourd'hui midi professeur. Parfait! Pourriez-vous venir demain à l'hôpital? Mon prédécesseur ne tarissait pas d'éloge sur vous mais je tiens à choisir moi-même les médecins de mon service. Bien sûr professeur. Je viendrais demain, à l'heure qui vous arrangera. Très bien. Soyez-là à huit heures précises. Bien monsieur.

Il raccroche sur ces mots et je soupire avant de me rallonger quelques instants. J'aimerais pouvoir me reposer quelques minutes afin de pouvoir profiter de mon rendez-vous ce soir. Seulement je ne peux m'empêcher de penser à mon épouse. A sa manière de me faire payer ma défection, à son amour qui me réchauffe, à la joie de pouvoir la sentir à nouveau contre moi. Mes pensées rappellent à mon corps combien elle m'a manqué et je soupire en sentant mon désir grandir. La porte s'ouvre sur Ha-Ni qui me fixe surprise de me voir allongé et je me redresse pour la rejoindre quand elle m'annonce que le dîner est prêt. Mince j'ai tout de même dû dormir un peu, je suis rentré, il y a cinq heures. Je secoue mentalement la tête et comme il n'y a personne à l'étage, j'attrape mon épouse par derrière et la colle contre moi. Ses mains se posent les miennes sur son ventre plat et elle tourne la tête pour me regarder alors que je fixe son profil. Elle se tourne pour me faire face et je quitte sa taille pour glisser ma main dans ses cheveux. Ils ont poussés depuis la dernière fois et j'aime la taille qu'ils ont à présent. J'ai toujours aimé les filles aux cheveux longs. Mes doigts remontent jusqu'à son visage pour dessiner l'arrondi de sa mâchoire, mon pouce passe sur ses lèvres rose et je souris en la voyant fermer les yeux pour apprécier cette caresse. Je ne peux pas résister à son visage ainsi offert et je me penche pour l'embrasser avec douceur alors que mes mains caressent son cou. Je sens ses doigts serrer les miens alors qu'elle répond à mon baiser en se collant à moi. Je ne suis pas insensible à ce geste et je grogne quand maman nous appelle depuis la cuisine. Je n'ai pas envie de quitter cette bouche qui répond à mes baisers, ce corps de femme qui se colle au mien et qui l'excite, ce parfum doux et sucré qui me chatouille les narines et qui m'enivre. A regret, je m'éloigne de mon épouse que je fixe avec amour. Ses yeux sont devenus plus noirs et plus brillants et je peux sentir son souffle irrégulier qui s'écrase dans mon cou. Je soupire, revient l'embrasser une seconde à peine puis je la laisse me guider jusqu'à la cuisine. Je salue Ki-Dong qui n'était pas là à mon arrivée et m'assois à côté de mon épouse tout en répondant à ses questions. Oui je suis libre à présent. Non j'ai détesté l'ambiance militaire. Oui j'ai hâte que mes cheveux repoussent. Oui sa fille et mon épouse m'a manqué plus que n'importe qui. Je ponctue cette vérité en frôlant la joue rouge de Ha-Ni. Je souris quand mon frère grogne qu'on lui donne envie de vomir.

«- Ne t'en fais pas Eun-Jo, tu y viendras également, souris-je en posant discrètement ma main sur la cuisse de mon épouse que je serre tendrement.

«- Oui et mon épouse sera belle et intelligente, le contraire de ma belle-sœur, dit-il en la fixant.

«- Tu veux que je reprenne contact avec Ma-Ri, demande-t-elle un air de défi.

Je souris en voyant mon frère perdre quelques couleurs et je me fais une note d'interroger mon épouse tout à l'heure. Pour l'instant, le repas est agréable et je n'ai pas envie de gâcher l'instant. Sa main caresse mes doigts sur sa cuisse et je tourne la tête pour la regarder. Comme moi, elle me surveille du coin de l'œil et je sais que ce repas va me paraître long. Grâce à l'armée, j'ai appris la patience aussi je fais de mon mieux pour ne pas tout expédier. Je profite de ma famille, des moqueries entre mon frère et mon épouse, des regards tendres que s'échangent encore mes parents, de l'inquiétude qui teinte le regard de mon beau-père quand il regarde Ha-Ni malgré la fierté qui y brille.

Eun-Jo est le premier à quitter la table et bientôt nous sommes tous debout. Ha-Ni et maman débarrassent alors que je rejoins l'évier pour commencer à tout nettoyer. Maman veut m'en empêcher mais Ha-Ni est formelle. C'est ma punition pour l'avoir abandonné sur le parking de l'hôpital, six mois plus tôt. Moi ça ne me dérange pas, ce n'est pas la première vaisselle que je fais et celles de l'armée étaient bien plus conséquentes. J'entends la porte d'entrée qui claque et je termine rapidement de tout laver et ranger avant de suivre mon épouse. Elle n'est pas devant la porte et je fouille l'endroit des yeux avant de la voir assise plus loin sur les marches qui mènent à la rue. Je la rejoins en souriant et m'assois à ses côtés sans un mot. Il n'y en a pas besoin entre nous. Elle pose sa tête sur mon épaule et je pose mon bras sur les siennes pour la rapprocher de moi. Mais ce n'est pas assez. Six mois que je n'ai pu lui parler, l'embrasser, la toucher, la prendre dans mes bras, l'enlacer… J'ai besoin de plus. J'ai besoin de retrouver la douceur de sa peau sous mes doigts, son souffle dans mon cou alors qu'elle chuchote mon prénom d'une voix tendre, de sentir son corps collé au mien… Sa main se pose sur ma cuisse et j'observe ses doigts fins avant de les prendre de ma main libre. Je les porte à ma bouche et les embrasse un par un avant de les glisser sur ma joue au moment où je tourne la tête pour la regarder. Elle a les yeux levés au ciel mais ils le quittent bientôt pour se poser sur moi et je souris doucement. Lentement, je me penche pour l'embrasser avec tendresse. Elle y répond aussitôt alors que sa main glisse dans mes cheveux pour s'accrocher à moi. Comme elle, je sens la passion monter en moi et je me penche pour approfondir notre baiser qui devient presque sauvage. Pourtant ce n'est pas le lieu, les voisins peuvent nous voir, nos familles également et sans quitter sa bouche, je glisse ma main sous ses jambes et me lève l'emportant avec moi. Elle souffle mon prénom de surprise contre mes lèvres mais je m'en moque. Le manque d'air nous sépare et je vois dans son regard qu'elle se pose mille questions. Mais je ne peux pas y répondre tout de suite. Alors à la place, je me penche à son oreille et murmure:

«- On a assez fait acte de présence, à présent je veux me retrouver seul avec ma magnifique épouse et lui prouver combien elle m'a manqué ces derniers mois.

Je lui demande la permission de l'emmener dans notre chambre pour lui faire l'amour comme j'en rêve depuis six mois et elle hoche la tête avant de vouloir descendre mais je resserre ma prise sur elle. Je veux la garder contre moi. Je lui demande simplement d'ouvrir les portes pour moi. Je suis malheureusement obligé de la poser au sol qu'elle se déchausse mais elle a à peine enfilé ses pantoufles que je la reprends dans mes bras. Ce soir je me moque qu'on puisse nous voir, qu'on puisse choquer nos familles, je veux juste être avec elle. On passe devant le salon où les conversations se taisent, pourtant personne ne prononce nos prénoms et je nous monte à l'étage et rejoins notre chambre dont je verrouille la porte. On ne ressortira plus de cette chambre avant demain. Je dépose enfin mon épouse sur notre lit où je la rejoins aussitôt.

«- Seung-Jo-a, souffle-t-elle choquée par ce que je viens de faire.

Je ne dis rien, je me contente de la regarder voulant lire dans son regard si elle veut toujours de moi dans ses bras. Elle déglutit puis prends ma main pour la poser sur son pull au niveau de son nombril. Toute résistance serait vaine et je n'ai aucune envie de tester ma patience. Je me penche vers elle et l'embrasse une nouvelle fois en la serrant contre moi. Si c'est sa bonne humeur qui m'a fait tomber amoureux d'elle, c'est indéniablement son corps qui enchaîne mon cœur au sien. Je sens mon impatience grimper et je glisse bientôt mes doigts sous ses vêtements. J'ai besoin de sentir sa peau sous mes doigts, nos vêtements disparaître sous notre désir de l'autre, nos corps brûler de passion, se retrouver enfin. Son souffle devenir irrégulier alors que je retrouve enfin la douceur de son corps de femme qui me met à genoux chaque jour davantage. Je suis pourtant le premier à gémir son prénom d'impatience, alors que je n'ai même pas encore réussi à lui retirer ce pull gênant. Je l'entends rire légèrement alors qu'elle réussit à me retirer ma chemise. J'en profite pour me débarrasser de mon tee-shirt et j'ai le plaisir de l'entendre hoqueter en voyant que mon corps a encore changé durant ces six derniers mois. Mes muscles sont davantage visibles et je la laisse me regarder. Elle ne bouge plus et je peux lui retirer ce pull inutile sans avoir besoin de lutter. Comme pour moi, je la déleste de son tee-shirt et remercie le ciel d'être allongé. La voir simplement habillée d'un short et de son soutien-gorge m'auraient probablement fait tomber à genoux devant elle. Je reviens contre sa bouche pour ne plus y penser pour le moment. Seulement dès que nos corps se retrouvent je ne peux m'empêcher d'en vouloir plus. Ce n'est pas assez. Je la veux totalement nue contre moi. Je veux la sentir frémir de désir alors que je lui fais l'amour.

«- A quelle heure commences-tu demain, je lui demande d'une voix rauque.

«- Six heures du matin.

«- Alors nous n'avons pas beaucoup de temps, ce soir, je soupire en voyant qu'il est déjà vingt-et-une heures. Ne me repousse pas mon Ha-Ni-a, je supplie doucement.

«- Je n'en avais pas l'intention, chuchote-t-elle. Tu m'as tellement manqué ces derniers mois.

Je soupire son prénom avant de nous déshabiller pour qu'on se glisse sous la couette. Elle aussi m'a manqué. Pas uniquement son corps, son esprit aussi, ses réflexions et ses accidents qu'elle sème dans ma vie réinventant ma routine autour d'elle. Rapidement je retrouve celle de mon retour d'armée. J'ai passé chaque soirée en elle, à lui faire l'amour, à la combler de baisers, à l'entourer d'amour pour lui montrer combien elle a pu me manquer. Ce soir, je ne veux pas faire exception même si nos familles vivent à quelques murs. J'ai besoin de retrouver mon épouse, sa douceur, sa tendresse, sa chaleur, son amour qui m'entoure, me consume, me ramène à elle, qui refont mon monde pour le faire graviter autour d'elle comme elle est le monde qui gravite autour de moi.

Je me réveille dès la première note et m'assois sur le lit m'attendant à retrouver mes collègues de chambrés avant de me rappeler que je ne suis plus à la caserne. Quelqu'un grogne à côté de moi, mon épouse, dont le corps s'éloigne du mien pour éteindre le réveil. Je me rallonge et l'attire contre moi. Nous n'avons pas eu le temps de nous habiller cette nuit et je soupire en sentant son corps nu contre le mien.

«- Ne va pas travailler ce matin, reste avec moi, je plaide d'une voix tendre à son oreille.

«- Je dois y aller, souffle-t-elle en me repoussant avec douceur.

Je la regarde quitter le lit et enfiler son pyjama avant de quitter la pièce des vêtements propres dans les bras. Je dois me rendormir puisque je sursaute quand elle rentre à nouveau dans la pièce. Je sens son léger parfum à la noix de coco que je lui ai acheté avant de partir à l'armée, alors qu'elle se penche vers moi. Elle caresse ma joue, passe son pouce sur mes lèvres et je lui fais savoir que je suis éveillé en embrassant son doigt. Elle sursaute puis se penche à mon oreille pour me souhaiter de bien dormir. Elle quitte la chambre peu après et je replonge dans le sommeil n'en sortant qu'à six heures quand mon propre réveil sonne. Je m'étire et comme elle plutôt, j'enfile mon pyjama avant de sortir de la chambre pour rejoindre la salle de bain pour me laver.

Quand j'arrive dans la cuisine, je salue nos parents avant de m'asseoir pour prendre mon petit-déjeuner. Papa me passe le journal dès qu'il l'a terminé puis me demande ce que je vais faire de ma journée.

«- J'ai rendez-vous à l'hôpital pour rencontrer le professeur Kim qui dirige le service de chirurgie. Il tient à s'assurer que je suis un bon médecin avant de m'engager. Je suppose que j'irais faire un tour à Séoul après. Pourquoi tu as besoin de quelque chose?

«- Non, non, profite de ta journée de repos. Dès demain, tu devras aller travailler à l'hôpital, je le pressens.

Je le remercie et je remonte me brosser les dents avant de quitter la maison. Heureusement, je connais le quartier et je ne tarde pas à retrouver le chemin de l'hôpital universitaire. Je suis légèrement en avance naturellement mais ça ne me dérange pas. J'en profite pour me balader dans les services. Je sais qu'ils ont changé depuis que j'ai fait mon dernier stage ici et j'ai envie de voir ce qui a été fait. L'aile des enfants semble plus joyeuse qu'avant. Je suis surpris de voir No Ri. Il n'a fait que des sorties éclairs ces dernières années. Je discute avec lui quelques minutes puis voyant l'heure, je le laisse le temps de rencontrer mon futur chef.

Et voilà qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? Du retour de Seung-Jo au bercail après son service militaire ? De Ha-Ni qui a été enceinte et qui a malheureusement perdu son bébé ? De la maman qui est toujours décidé à vivre avec ses enfants ? Au fait que Seung-Jo va aller travailler avec sa femme à l'hôpital ? il semble attendu puisqu'il a rendez-vous le lendemain de son retour à la maison... Et parlons un peu de notre petit couple... Ils ne sont pas mignons tous les deux ? Lui qui semble un peu plus doux qu'avant et elle un peu plus calme ? mdrr

Miss Tagada (L)