Je tiens à remercier les personnes qui me suivent et commentent cette Fanfiction. Merci de votre fidélité et ça fait toujours plaisir de lire vos reviews.


Dorea était allongée sur le rebord de la piscine, profitant des derniers rayons du soleil de cette fin de journée. Elle entendait Scorpius et Théia jouer dans l'eau, leurs rires et cris résonnant dans le jardin.

Cela faisait plusieurs semaines qu'elle était rentrée, ayant enfin achevé le procès de Lucius Malefoy. Si elle avait repris son quotidien, il lui était difficile de ne pas ressasser chaque instant de cette période tumultueuse. À présent que tout était derrière elle, elle se demandait ce qui lui avait pris d'accepter cette affaire. Une part d'elle avait voulu défendre la justice, son code de conduite l'exigeant, mais une autre part, plus profonde, plus enfouie en elle, affirmait qu'elle avait agi ainsi parce qu'elle désirait les revoir. Les revoir tous : Drago, Harry, Théo, Blaise, Daphné... Avoir cette certitude que ce qu'elle avait vécu il y a douze ans, n'était pas simplement une invention de son esprit.

Ils étaient tous heureux. Ils avaient tous réussi. Ils avaient tous accompli leurs objectifs pendant ces douze années. Et elle, qu'avaitelle fait ? Avaitelle réellement été heureuse ? Oh, bien sûr, ses enfants lui apportaient cet amour inconditionnel qui la remplissait de joie à chaque instant de ces douze dernères années. Mais en conclusion, à part ses enfants et son travail, qu'avaitelle réellement ?

Un plan sexe de temps en temps ? Un dîner par ci, un dîner parlà ? Une soirée tous les trentesix du mois ? Elle n'avait aucun homme dans sa vie l'attendant à la maison pour le dîner ou l'étreindre le soir en s'endormant. Elle ne pouvait s'en remettre à aucune famille lorsqu'elle devait gérer des soucis de logistique avec ses enfants, ou partager ces moments fugaces que justement, seule une famille pouvait lui apporter. Elle n'avait personne avec qui rire ou discuter de tout et de rien. Elle n'avait rien de tout cela. Et elle avait réalisé cela lorsque Drago lui avait lancé ses mots plus qu'insultants en plein visage. Cela avait eu l'effet d'une claque, et ça résonnait encore dans sa tête.

- Salut les enfants ! s'exclama une voix à l'entrée du jardin.

Dorea se redressa lentement et vit Andrew s'approcher d'elle, le sourire charmeur.

- Salut, Andrew, répondit Scorpius au milieu de ses batailles avec Théia.

Andrew, par leur étroite collaboration professionnelle au départ, était le seul homme que ses enfants avaient côtoyé jusqu'alors. Lorsqu'ils avaient commencé à avoir une liaison, elle s'était alors braquée, lui ordonnant de ne plus entrer en contact avec eux. Mais elle s'était aperçue que Scorpius et Théia appréciaient réellement Andrew. Peu à peu, elle avait lâché du lest et laissé les choses s'installer naturellement. Même si ses enfants n'avaient aucune idée de la vraie nature de leur relation, le voyant comme le bras droit de leur mère dans son cabinet, ils appréciaient visiblement ses visites impromptues.

- Salut, toi, lui murmura-t-il en se postant devant elle, alors qu'elle se remettait debout.

Il l'embrassa sur la joue, glissant une main sur sa taille et appréciant du regard le bikini qu'elle portait.

- Andrew, pas devant les enfants ! protesta Dorea d'un murmure.

- Tes gosses ne sont pas dupes. Ils savent parfaitement que j'existe.

- Oui, mais je préférais éviter d'avoir une discussion gênante à notre propos avec eux.

- Ne t'inquiète pas, ça viendra assez tôt lorsqu'eux-mêmes feront leurs expériences.

- Andrew…, menaça Dorea en croisant ses bras sur sa poitrine.

- Bon, je ne suis pas là pour t'énerver, mais plutôt pour…

Il glissa une main dans la poche de son pantalon et en sortit quatre billets.

- Des places pour la finale de Quidditch à Paris pour samedi prochain ! annonça-t-il fièrement.

- Oh, trop cool ! s'écria Scorpius, cessant instantanément d'asperger sa sœur.

- Mais quand je suis allé au ministère français, juste après le procès, tout était déjà pris, dit Dorea avec un froncement de sourcil.

- C'est parce que tu n'as pas les bons contacts, lui répondit-il avec un clin d'œil.

Théia, qui avait émergé de l'eau, toussa et cria sur son frère. Mais ce dernier n'en avait que faire. Il sortit de la piscine, fit le tour et courut vers Andrew, demandant expressément de voir les billets.

- Nous serons dans une loge privée, expliqua Andrew. C'est l'une des meilleures du stade.

- Oh, maman ! On peut y aller ?! fit Théia en les rejoignant. Dis oui, dis oui, dis oui !

Dorea jeta un œil incrédule mais amusé à son amant, qui riait face aux comportements des enfants, désormais agenouillés devant elle, la suppliant avec les mains en prière.

- Oui, bien sûr, nous pouvons y aller. Mais à une condition.

- Tout ce que tu veux ! fit Théia.

- Attends, elle n'a encore rien dit, contra Scorpius en faisant les gros yeux à sa sœur.

- Que vous restiez en sécurité près de moi tout au long du match. Je ne veux pas que vous échappiez à ma surveillance. C'est entendu ?

- Compris, chef ! fit Scorpius en simulant un salut militaire.

- On y va, on passe la nuit là-bas et on repart dès le lendemain matin, d'accord ?

Les deux enfants hochèrent la tête avec vivacité.

- Bien, allez prendre votre douche. Je vais demander à Magda de préparer le dîner.

- Ok !

Ils se levèrent et Scorpius partit déjà en direction de la maison. Théia, quant à elle, s'avança vers Andrew et l'embrassa sur la joue avec une certaine timidité.

- Merci, Andrew, c'est vraiment gentil.

- C'est avec plaisir, Théia.

Dorea ne put s'empêcher de sourire face à cette vision de complicité entre la jeune fille et son amant. Puis ils la regardèrent partir rejoindre le blond déjà monté à l'étage.

- Je crois que ta fille m'aime bien, dit Andrew.

- Fais attention à cette tête d'ange, elle peut bien cacher son jeu.

- Alors elle ressemble bien plus à sa mère que je ne l'aurais pensé, murmura l'associé en s'approchant de la rousse.

Cette dernière jeta un coup d'œil dans le salon et constata que ses enfants n'y étaient pas. Elle glissa ses mains sur le torse du brun, recouvert d'une chemise blanche.

- Tu viens chez moi ce soir ? lui murmurat-il d'un ton rauque.

- Oui, j'ai déjà demandé à Magda de rester.

- Bien, parce que j'ai plein d'idées qui me viennent à l'esprit quand je te vois à moitié nue comme ça.

- Mmmh, soupira Dorea, avec un léger sourire. Ça a l'air alléchant…

Andrew sourit et posa ses lèvres sur les siennes, lui donnant un baiser plein de promesses pour la soirée à venir.

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- Tu vois, je t'avais dit qu'ils couchaient ensemble, observa Scorpius, assis sur les escaliers, observant leur mère dans les bras de son amant.

- Tu penses que ça va évoluer, leur relation ? demanda sa sœur, avec une certaine crainte dans la voix. Il est souvent là en ce moment, tu ne trouves pas ?

- Non. S'il a le malheur de vouloir s'impliquer un peu plus, maman le jettera comme tous les autres avant lui.

- Tu crois qu'elle a déjà été amoureuse dans sa vie ? demanda Théia, songeuse.

- Ouais, une fois, répondit Scorpius, contemplant le couple enlacé dans le jardin. Et jamais plus personne n'arriva à sacheville.

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Dorea, Scorpius et Théia atterrirent brusquement sur le sol pavé, les deux enfants tombant soudainement. Dorea les aida à se relever, tandis que l'agent de liaison annonçait l'heure de l'arrivée de leur portoloin, en français, d'une voix forte et claire.

- Arrivée du Portoloin en provenance de Dubaï, à dix heures et cinquante-sept minutes.

- Franchement, je serais bien content le jour où je pourrai utiliser un portoloin sans me faire mal aux fesses à chaque trajet, grimaça Scorpius, se frottant son derrière alors qu'il sortait de la salle.

C'était un espace vaste et dynamique, avec un sol carrelé en marbre noir et blanc, semblable à un damier. Les murs étaient ornés de tapisseries représentant des moments historiques de la magie française, évoquant des événements marquants de l'histoire sorcière.

Des Portoloins, sous forme de lampes anciennes ou d'objets usuels, étaient dispersés sur des tables en pierre. Lorsque des sorciers en sortaient, une légère lueur scintillante donnait à ces moments une atmosphère enchanteresse. Des agents de sécurité, vêtus de robes noires, surveillaient les lieux pour s'assurer de la tranquillité des arrivées. Parfois, à l'instar de Dorea et ses enfants, certains sorciers quittaient une salle réservée aux Portoloins privés. Le matin même, beaucoup avaient réservé l'un d'eux pour assister à la finale de la Coupe du Monde de Quidditch.

Les trois sorciers débouchèrent sur le hall d'entrée du Ministère, qui était tout simplement majestueux. Éclairé par de grands lustres en cristal, le hall était dominé par de hauts plafonds ornés de motifs floraux. De grandes fenêtres laissaient passer la lumière du jour, éclairant des œuvres d'art montrant des scènes de la vie magique.

Au centre, un immense bureau d'accueil était géré par des employés souriants – ce que Dorea trouvait étrange, connaissant l'expression grincheuse des français, même chez les sorciers – prêts à aider les visiteurs. Des tableaux magiques décoraient les murs, représentant d'anciens ministres de la magie interagissant avec les passants. À droite, une vaste fresque murale montrait le blason du Ministère, symbole de l'union des différentes branches de la magie française.

Ils empruntèrent un ascenseur en verre parmi les multiples qui se trouvaient au bout du hall, donnant une vue panoramique sur les étages inférieurs et supérieurs pendant la montée. Le design mêlait l'art déco à des éléments modernes, avec des panneaux de bois sculpté et des boutons lumineux indiquant les départements.

Des inscriptions en français et en runes anciennes ornaient les murs, et un léger bruit de cloche retentissait à chaque arrêt.

Dorea, Scorpius et Théia, entre les diverses allées de l'ascenseur, réussirent à en saisir un après deux passages.

Dorea tourna la tête et vit, au-dessous, la salle des archives. C'était une pièce impressionnante, accessible par des escaliers en colimaçon en fer forgé. Dominée par un dôme vitré, elle était remplie de grands rayonnages en bois sombre, débordant de livres poussiéreux, de parchemins et de documents essentiels à l'administration magique.

Au milieu de la salle, une estrade surélevée permettait d'accéder aux étagères inaccessibles.

L'ascenseur grimpa plusieurs étages en enfilade, et enfin ils arrivèrent dans un deuxième hall qui débouchait sur un long couloir, le bruit du métro parisien résonnant entre les murs. Ils arrivèrent sur un quai de métro et montèrent des marches, avant de passer des tourniquets. Ils grimpèrent une autre volée de marches, Théia râlant sur les sorciers parisiens qui aimaient un peu trop faire comme les moldus, avant d'arriver enfin sur une petite ruelle pavée.

En sortant, ils furent accueillis par l'odeur du pain frais et des pâtisseries, puisque des boulangeries artisanales bordaient la rue. Le contraste entre le monde magique et le monde moldu était palpable, et ils pouvaient entendre les rires des enfants jouant dans la rue.

- On va à l'hôtel directement ? demanda Théia.

- Non, Andrew est censé venir nous récupérer en voiture.

- Pourquoi on ne transplane pas ? questionna Scorpius en plissant le nez dans une grimace typiquement malefoyenne.

- Parce que je vous ai déjà expliqué que lorsque nous sommes dans un pays étranger, il faut un permis pour le faire. Et en plus, avec la coupe du monde de Quidditch, l'administration magique française a réduit le nombre d'autorisations pour des raisons de sécurité.

- Tu veux dire que l'on va devoir se trimballer comme des vulgaires moldus dans tout Paris ? s'exclama Théia, outrée.

Dorea soupira, exaspérée, se disant que parfois, ses enfants étaient vraiment des copies conformes de leur père.

- Kate !

La rousse se tourna et vit Andrew se tenir devant une longue voiture rutilante et vintage, attirant immédiatement l'attention des passants autour d'eux.

La jeune femme, talonnée par ses enfants, se dirigea vers son associé, qui leva le bras pour leur faire signe.

- Bonjour les enfants, vous avez fait bon voyage ? demanda-t-il à l'adresse de Scorpius et Théia.

- Excellent, dit cette dernière. Mais Scorp' n'a pas arrêté de se plaindre depuis qu'on est partis de la maison.

- Tu mens ! protesta son frère.

Sa sœur lui adressa un sourire goguenard, tandis que Dorea et Andrew les observaient, amusés.

- Allez, montez, dit Andrew en ouvrant la portière lui-même. On va directement à l'hôtel, vous allez pouvoir vous reposer avant le match de ce soir.

Les enfants grimpèrent dans l'habitacle, agrandi magiquement, puis Dorea prit place à son tour, juste face à eux, avant qu'Andrew ne la suive et referme la portière.

- Direction le Ritz, Robert, dit-il à l'adresse du chauffeur qui se trouvait à l'avant.

- On va au Ritz ? questionna Scorpius, surpris. Ce n'est pas un palace moldu ?

- Si, confirma Andrew. Il n'y avait plus de chambre dans les hôtels sorciers, vu que l'on s'y est pris à la dernière minute.

Dorea tourna le regard vers la fenêtre, observant les bâtiments historiques aux façades ornées de balcons en fer forgé et de fenêtres à volets colorés défiler lentement. À chaque coin de rue, des artistes, des musiciens et des vendeurs ambulants donnaient vie à la ville avec une telle beauté.

La circulation était fluide, et le chauffeur s'engagea sur une route animée bordée de cafés et de boutiques. Ils passèrent devant des endroits emblématiques comme le Jardin des Tuileries, où des parisiens se promenaient tranquillement, profitant de ce cadre enchanteur.

Enfin, ils arrivèrent sur l'avenue des Champs-Élysées, enveloppés par l'atmosphère dynamique et vive de cette célèbre avenue. Les lampadaires scintillaient, et les enseignes lumineuses des magasins de luxe ajoutaient une touche de glamour. Scorpius indiquait de son index l'Arc de Triomphe qu'ils apercevaient au loin, majestueux et toujours aussi impressionnant.

La voiture continua son chemin, zigzaguant entre les véhicules, tandis que des cyclistes et des piétons animaient davantage cette place mythique. En quittant les Champs-Élysées, le chauffeur se dirigea vers la Place Vendôme, un lieu emblématique de Paris, avec ses hôtels particuliers et ses boutiques de haute couture. La colonne Vendôme brillait avec éclat, entourée de magnifiques bâtiments haussmanniens.

Enfin, ils arrivèrent au Ritz. La voiture ralentit juste devant l'hôtel, permettant à Dorea de déguster la vue sur le célèbre palace, orné de draperies magnifiques et de feuilles de laurier dorées. Le chauffeur s'arrêta devant les marches de marbre, tandis que les portiers en uniforme noir souriaient et ouvraient la portière arrière avec une grâce impeccable.

Andrew sortit le premier, suivi des enfants, Dorea fermant la marche.

- Vous n'avez pas d'autres bagages à part vos sacs, messieurdames ? demanda un groom.

Dorea tourna le regard vers Andrew, qui lui fit hocher la tête, lui signifiant silencieusement de répondre à la question avec simplicité.

- Tout est dans mon sac. Nous ne restons qu'une nuit, répondit Dorea.

- Bien, d'accord.

Puis la rousse suivit Andrew à l'intérieur, ses enfants pouffant de rire et se moquant du pauvre moldu qui posait une question assez banale pour lui, mais somme toute assez rigolote pour les sorciers qu'ils étaient : les sortilèges d'extension, étaient la norme lorsqu'ils voyageaient.

- J'ai pris trois chambres, expliqua Andrew alors qu'ils pénétraient dans le hall.

Scorpius et Théia cessèrent de s'esclaffer et ouvrirent grand les yeux d'ébahissement face à la majesté des lieux.

En entrant dans le hall d'accueil du Ritz, ils furent immédiatement frappés par l'opulence et le raffinement de cet espace emblématique. Les murs étaient ornés de délicates moulures dorées, capturant la douce lumière des lustres en cristal suspendus au plafond et créant ainsi une ambiance chaleureuse et accueillante.

Le sol était en marbre poli, avec des motifs complexes mêlant différentes nuances de blanc et de beige. À leur droite, une grande réception était en place, où des employés en uniforme élégant accueillaient les visiteurs avec sourire et attention. Leurs tenues, en noir et or, reflétaient parfaitement le luxe qui caractérisait l'établissement. Des tableaux et œuvres d'art vintage décoraient les murs, représentant des scènes de la vie parisienne et ajoutant une touche d'histoire et de culture à l'espace.

Les grandes fenêtres, drapées de rideaux en velours riche, offraient une vue sur les jardins intérieurs du Ritz, où des clients se détendaient en sirotant des boissons. Des fauteuils tuftés et des canapés en tissu somptueux étaient disposés çà et là, créant des coins confortables pour que les clients puissent se reposer ou discuter tranquillement. Un parfum délicat flottait dans l'air, mélange de fleurs fraîches et de sophistication, accentuant le luxe de l'endroit.

- Bah dis donc, ils ont le sens de l'architecture, ces moldus, observa Scorpius.

Dorea pila net sur place en entendant son fils exprimer cette remarque d'une voix forte, attirant l'attention des visiteurs autour d'eux. Commençant à perdre patience, le comportement de ses enfants la frustrant depuis qu'ils étaient partis de Dubaï, elle signifia à Andrew de l'attendre.

Elle fit volteface, s'avançant vers son fils – qui, lui-même, en voyant l'expression de sa mère, savait qu'il allait passer un mauvais quart d'heure – avant de lui saisir le bras, ainsi que celui de sa fille, et de les traîner jusqu'aux ascenseurs situés derrière le hall.

Traversant la salle, ses escarpins claquant contre le marbre, elle rejoignit Andrew, qui se tenait près des appareils qui étaient un autre symbole de l'élégance du Ritz. Les portes en laiton doré s'ouvrirent, puis se refermèrent avec un doux cliquetis lorsque Dorea entra, suivie de ses enfants et d'Andrew.

- Non mais tu ne peux pas te taire ?! s'exclama brusquement la rousse à l'adresse de son fils. On est entourés de moldus ici. Tu veux que je sois poursuivie par les autorités pour mise en danger du secret magique ?

- Désolé, m'man.

- Oui, il faudrait apprendre à la fermer, Scorp', renchérit sa sœur.

- Toi aussi, tu devrais faire profil bas, dit Dorea en se tournant vers Théia. Parce qu'entre ta remarque à peine voilée sur les transports moldus et ton attitude de harpie, je me demande sérieusement si je ne devrais pas vous laisser à l'hôtel et aller seule avec Andrew à la finale.

- Non… non, pleurnichèrent les enfants.

- Maman, nous sommes désolés.

- Vous avez intérêt à bien vous tenir ce soir, car sinon, croyez-moi, cela ne se passera pas bien pour votre matricule. Ai-je bien été claire ?

- Oui, murmura Scorpius, penaud.

- Oui, maman.

Le "ding" de l'ascenseur retentit à cet instant.

- Nous sommes arrivés, annonça Andrew, qui était resté silencieux jusque-là.

Ils s'enfoncèrent dans un couloir entièrement moquetté, le longeant de quelques mètres avant de s'arrêter devant une double porte, juste en face d'eux, ainsi que deux portes de part et d'autre.

- Tu as pris seulement trois chambres ? demanda Dorea, réalisant ce qu'Andrew avait déclaré en arrivant.

- Oui… pourquoi ? demanda-t-il en haussant les épaules, face à l'expression désappointée de la rousse.

- Ils ne vont jamais s'entendre dans la même suite. Ils sont insupportables quand ils dorment ensemble.

- Hé, nous sommes juste ici ! protesta Scorpius.

Le regard de sa mère qu'il reçut le fit aussitôt taire.

- Je crois qu'il y a un malentendu, Kate, sourit Andrew. Une suite pour chacun de tes enfants et… une suite pour nous deux.

- Quoi ? Mais enfin Andrew…

Elle jeta un coup d'œil en coin à ses enfants, qui ne perdaient pas une miette de leur discussion, devenant tout à coup très silencieux. Elle s'approcha alors de son associé.

- Je ne peux pas faire ça, lui chuchota-t-elle. Que vont-ils penser ?

- Eh bien, qu'ils pensent que vous couchez ensemble, répondit Théia.

Andrew et elle tournèrent la tête vers eux, l'un d'eux, complètement horrifiée par ce qu'elle venait d'entendre de la bouche de sa fille, l'autre amusé par la situation.

- Théia ?!

- C'est la vérité, maman, ajouta Scorpius. Sérieusement, vous ne pensez pas que l'on ne voit pas votre manège depuis longtemps ?

- Bon, assez perdu de temps, dit Théia. Scorp', tu prends celle de droite, et moi celle de gauche. Ça te va ?

- Parfait, sœurette.

Puis ils partirent chacun de leur côté, ouvrirent leur porte et la refermèrent d'un claquement sec, tandis que Dorea était littéralement décomposée sur place.

- Tu vois, je t'avais dit qu'ils n'étaient pas si bêtes, tes enfants.

- Ils n'ont que onze ans ! Espèce d'abruti ! jura Dorea en balançant son sac sur l'épaule de son amant.

Ce dernier éclata de rire, amusé par la situation, puis la saisit par la taille pour la rapprocher de lui, l'embrassant avec une soudaine sensualité. Il l'emmena alors vers la double porte blanche ornée de moulures. Andrew l'ouvrit et tous deux pénétrèrent à l'intérieur, bien décidés à profiter des prochaines heures avant de devoir se rendre à la finale de la coupe de Quidditch.

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Alors que Dorea, Andrew, Scorpius et Théia se dirigeaient vers le stade de Quidditch, situé à Saint-Denis, une atmosphère palpable d'excitation flottait dans l'air. Les rues étaient animées par des groupes de supporters arborant les couleurs vives de leurs équipes favorites, mêlant rires, chants et anticipation électrique. Des drapeaux anglais aux motifs rouge et or flottaient aux côtés de ceux des couleurs espagnoles, rouge et jaune, créant un véritable festival de couleurs.

Non loin du célèbre Stade de France, le stade de Quidditch se dressait comme une merveille architecturale, un espace où le monde magique et le monde moldu se rencontraient. À mesure qu'ils s'approchaient de cette enceinte, un mélange d'excitation et d'émerveillement imprégnait l'air, alors que les fans commençaient à affluer en masse pour soutenir leurs équipes.

Pour accéder au stade de Quidditch, les sorciers devaient passer par un portail magique dissimulé, ce qu'effectuèrent les quatre sorciers, camouflés derrière un grand arbre séculaire, gardien des secrets du monde magique.

- Comment les moldus font-ils pour ne rien voir ? demanda Scorpius.

- Un simple sort de dissimulation permet aux Moldus de le traverser sans s'en apercevoir, expliqua Andrew alors qu'ils empruntaient une large allée pavée les menant jusqu'à l'entrée principale du stade, où des balais colorés flottaient, attendant leurs pilotes.

Au-dessus de l'entrée, une arche scintillait, accueillant les spectateurs.

À l'entrée du stade, ils furent immédiatement frappés par sa taille imposante. Les gradins pouvaient accueillir des dizaines de milliers de supporters, tous élégamment assis sur des sièges confortables aux couleurs des différentes équipes.

- Whaou ! souffla Théia.

- Chaque tissu est enchanté pour offrir un maximum de confort, même durant les matchs les plus longs, précisa l'avocat.

Les spectateurs étaient disposés en cercles concentriques, garantissant à chacun une vue dégagée sur le terrain.

À chaque extrémité du terrain, trois grands anneaux en bois de cerisier, enchâssés dans des socles de bronze étincelants, s'élevaient majestueusement vers le ciel. Ces anneaux scintillaient sous le soleil couchant de début mai, prêts à accueillir les tirs des poursuiveurs. Au-dessus des anneaux, des filaments lumineux dansaient dans l'air, offrant un spectacle enchanteur à chaque but marqué.

- Venez, nous allons prendre les escaliers, notre loge se trouve tout en haut.

Ils suivirent Andrew vers des escaliers en bronze, leurs pas résonnant alors qu'ils montaient les marches, précédant et suivant d'autres spectateurs. Dorea, pour la première fois depuis longtemps, se sentit réellement bien. Comme si une pièce qui lui avait manqué s'était enfin révélée à travers la présence d'Andrew.

Timidement, elle glissa sa main dans celle d'Andrew, tandis qu'ils attendaient leurs tours de passage. Il se retourna vers elle et lui afficha un sourire franc avant de pencher la tête et de l'embrasser tendrement sur la tempe. Scorpius et Théia échangèrent un regard entendu avant d'avancer de nouveau.

Lorsqu'ils arrivèrent enfin à leur destination, Andrew se posta devant une porte en bois, arborant un numéro en laiton fièrement accroché. Il frappa délicatement contre le panneau, puis l'ouvrit. Dorea s'immobilisa, ses enfants lui rentrant presque dans le dos. Ce n'était pas l'atmosphère conviviale et accueillante qui la surprit, ni les grandes baies vitrées qui s'étendaient du sol au plafond offrant une vue panoramique sur le terrain. Ce n'était pas non plus les murs ornés de teintes chaleureuses comme le rouge, le bleu et l'or, rappelant les couleurs des équipes. Ce n'étaient pas non plus les illustrations de légendes du Quidditch qui décoraient les murs, immortalisant des moments mémorables de l'histoire du sport, qui la stupéfia.

Non, ce qui la sidérait vraiment, c'étaient les personnes présentes à l'intérieur. Et tandis qu'Andrew serrait la main de Lucius et Narcissa Malefoy, Drago se tourna vers elle.

- Maître, quel plaisir de vous revoir, fit-il en s'avançant vers elle et en tendant la main.

Elle observa cette main, déglutit avec une telle difficulté qu'elle se demanda un instant si elle allait s'étouffer. Elle serra, d'un geste machinal, la main du blond. Puis il salua les enfants de la même façon, se présentant formellement à eux. D'ailleurs, Scorpius ajouta :

- Oui, je me souviens, nous vous avons aperçus à Dublin.

- Drago, désires-tu du champagne ? demanda alors une personne dont Dorea n'avait pas encore réalisé la présence.

Elle dévia son regard tandis que le blond se tournait vers sa femme, Astoria, qui était près du buffet.

Les oreilles bourdonnantes, son cœur se serrant et son souffle se ralentissant, elle entra dans la pièce, fermant la porte derrière elle. Elle observa la scène qui défila au ralenti sous ses yeux, complètement hagarde, Drago s'approchant d'Astoria, prenant le verre qu'elle lui tendait alors qu'il se penchait pour l'embrasser brièvement.

Un écho se fit lointain… quelqu'un l'appelait… une voix familière résonna dans son esprit…

- Maman ? Maman ?

- Hein ? fit Dorea en revenant à la réalité, se retournant vers sa fille.

- Tu te sens bien ? s'enquit celle-ci, les sourcils froncés.

- Euh… oui… oui, ça va, bégaya-t-elle.

- Maître Harrington, fit alors Narcissa en s'approchant d'elle et en saisissant ses mains, les étreignant amicalement entre les siennes. Je doutais réellement que votre associé puisse vous faire venir. Mais nous sommes très heureux de vous avoir parmi nous, n'est-ce pas Lucius ?

- Tout à fait, approuva celui-ci, qui prenait un amusebouche que lui présentait l'elfe.

- Je… je vous remercie, murmura la rousse.

- Et je crois avoir déjà rencontré vos enfants lors de notre passage à Dublin avec Drago.

- Scorpius Harrington, se présenta son fils.

- Oui c'est cela, affirma Narcissa. Et Théia si mes souvenirs sont bons, fit-elle en se tournant vers la petite rousse.

- Ravie de vous revoir Madame, répondit la jeune fille.

Andrew se rapprocha d'eux, alors qu'ils étaient toujours près de la porte, et donna une coupe à Dorea. Elle fronça les sourcils et lui lança un regard furieux, réalisant qu'elle avait été, ni plus ni moins, manipulée.

Dorea attendit que ses enfants s'éloignent, désireux de contempler le terrain de Quidditch à travers la vitre panoramique avant de prendre la parole.

- Peux-tu m'expliquer ce que nous faisons ici ? siffla-t-elle entre ses dents à son amant à voix basse.

Il l'observa un instant, puis soupira, contrit.

- Ils ont essayé de te contacter à plusieurs reprises.

- Oui, et j'avais donné des instructions très claires après le procès. Karl a tout bloqué.

- Mais c'est lui qui m'a contacté. Et il m'a harcelé pour que je te fasse venir ici.

- Lui ?

- Drago Malefoy. Il voulait te remercier pour ce que tu avais fait pour son père. Et par ailleurs, j'avais refusé, car je savais que tu ne voulais pas les revoir. Mais son père a débarqué dans mon bureau avec lui, pas plus tard que la semaine dernière. Lorsque nous nous étions vus la veille, tu m'avais dit que Scorpius et Théia étaient très déçus que tu n'aies pas pu obtenir de places pour la finale. Et je voulais te faire plaisir. Ils m'ont offert ces billets, et je n'ai pas pu refuser.

Dorea ouvrit la bouche, puis la referma, totalement abasourdie par ce qu'elle venait d'entendre.

- J'étais acculée. Et tu sais aussi bien que moi qu'on ne dit pas non à un Malefoy. Et en l'occurrence, aux deux. Et puis tes enfants et toi étiez réellement déçus que…

- Laisse mes enfants en dehors de ça ! s'exclama-t-elle d'un murmure rageur.

- Un problème ? demanda alors Astoria qui s'approchait d'eux.

- Non, aucun. Juste un souci de logistique, dit Andrew en se tournant vers elle.

- Mmmh… Oh Maître ! fit la brune à l'adresse de Dorea. Je voulais vous remercier au fait.

- Me remercier ? questionna la rousse en voyant Andrew s'éloigner pour engager la discussion avec les Malefoy.

- Oui. Grâce à vous et… - elle hésita - ce qu'il s'est passé au procès, à propos de votre interrogatoire…corsé, Drago et moi avons pu réellement discuter. Et je crois que… même si je n'étais pas ravie au moment où vous m'avez mise devant le fait accompli, notre couple aurait continué sur ce chemin de faux-semblants.

Puis elle posa sa main amicalement sur son bras, avant de l'agripper, enfonçant ses ongles dans sa chair. Elle se pencha vers elle et chuchota entre ses dents :

- Je ne sais pas ce qu'il s'est passé entre Drago et vous pour que vous tentiez de ruiner mon mariage, mais sachez que, quoi que vous fassiez, Drago sera toujours à moi. Compris ?

Astoria recula et la jaugea d'un regard conquérant. Elle leva son verre et un sourire aux éclats malveillants se dessina sur ses lèvres.

- À votre santé, Maître.

Elle la lâcha enfin et retourna auprès du blond, qui discutait avec Andrew et son père. Ce dernier lui lança un regard en coin avant de rapidement se reconcentrer sur la conversation.

- Maman ! s'exclama Scorpius, collé à la baie vitrée. Regarde comme c'est incroyable !

Narcissa, qui était avec eux, détaillait comment le ministère avait réussi à construire le stade et la sécurité déployée pour repousser tous les Moldus qui avaient le malheur de s'en approcher.

Dorea s'avança de quelques pas, encore un peu chamboulée d'être dans cette loge, et de devoir passer plusieurs heures en compagnie – entre autres – du père de ses enfants, sans qu'aucun d'eux ne sache quel rôle ils jouaient réellement dans la vie des autres. Elle était le point de ralliement, mais ça, personne ne le savait.

Elle posa son sac sur l'un des fauteuils et s'approcha de la vitre, contemplant le stade d'un œil admiratif. Elle remarqua sur le mur juste à sa gauche un tableau de contrôle, permettant aux visiteurs d'accéder à des informations en temps réel sur le match : les scores, les statistiques des joueurs, et même des ralentis des meilleurs moments. Puis elle reporta son attention sur le stade et l'observa avec émerveillement, saisie par la magnificence et la magie qui régnaient en ces lieux.

Les supporters étaient assis dans les sections dédiées aux fans de chaque équipe, dans les tribunes face à eux, agitant des drapeaux flottants et des banderoles colorées. Ils étaient habillés en costumes extravagants représentant leurs joueurs préférés ou des créatures de l'univers magique, criant et chantant, créant une ambiance presque festive, tandis que des feux d'artifice magiques illuminaient régulièrement le ciel, annonçant le début des divertissements d'avant- match.

- Dans combien de temps le match commence-t-il ? questionna Théia.

Drago s'avança vers eux, entourant la taille de son épouse d'un bras, ce qui surprit Dorea.

- Dans trente minutes, répondit-il en souriant.

- Trop cool ! s'exclamèrent les enfants.

- Scorp', Théia, évitez de vous coller à la vitre, dit la rousse à leur adresse. Ça ne se fait pas.

Tous deux se reculèrent et se retournèrent vers la loge, pour prendre place sur les fauteuils.

- C'est étrange, commença Astoria. Votre fille vous ressemble, en revanche votre fils n'a aucun trait de vous, ni de son père.

- Son père ? s'étonna Dorea.

- Tori… prévint Drago.

- Eh bien, oui, poursuivit Astoria. L'un est brun aux yeux bruns, tandis que l'autre est blond avec des yeux bleus. Ce sont totalement des opposés.

Dorea comprit où elle voulait en venir en scrutant du coin de l'œil Andrew, qui dégustait un petit sandwich près du buffet.

- Mon fils a les yeux gris, rétorqua Dorea, un peu plus fort qu'elle ne l'aurait voulu.

Cela eut pour effet d'attirer l'attention de tous dans la pièce. Un silence tendu s'installa.

- Et Andrew n'est pas leur père.

- Oh. Alors vous êtes divorcée ? demanda-t-elle avec une naïveté déconcertante.

Dorea la considéra un instant, puis laissa échapper un soupir. Il fallait qu'elle sorte d'ici avant de succomber à l'envie de proférer des injures à l'égard de cette garce, qui, elle en était certaine, était bien au courant de sa situation. Elle aurait vraiment dû se taire, ce jour-là où elle avait évoqué le père de ses enfants à Blaise. Ce dernier avait toujours une langue bien pendue.

Et Astoria avait la rancune tenace. Bien qu'elle ne se doutât pas un instant du jeu auquel elles jouaient, ou que ledit père se trouvait juste à ses côtés, elle cherchait à se venger de leur affrontement au tribunal quelques semaines plus tôt.

Ne répondant pas à la question, Dorea posa son verre sur une petite table d'appoint derrière elle d'un geste brusque.

- Excusez-moi, je vais aller prendre l'air.

Puis elle se dirigea vers son fauteuil, attrapa son paquet de cigarettes dans la poche avant de son sac, et sortit de la pièce, claquant la porte violemment.

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- Je suis désolée… ai-je dit quelque chose de mal ? fit Astoria avec ce ton toujours aussi naïf.

Scorpius prit la parole :

- Euhm… maman n'aime pas qu'on parle de notre père.

- Il est mort quand elle était enceinte de nous, précisa Théia.

- Oh… je suis désolé, j'avais cru comprendre qu'il était toujours…

- Astoria ! interrompit Drago de manière abrupte.

Le silence retomba, et le blond lança un regard furieux à sa femme, lui signifiant silencieusement qu'elle avait tout intérêt à se taire.

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Dorea sortit sa baguette de la poche de sa veste pour allumer une cigarette.

Elle prenait conscience qu'elle fumait de plus en plus ces derniers temps. Mais le stress du procès avait été tel qu'elle avait besoin de canaliser sa frustration sur quelque chose. En toute honnêteté, fumer l'aidait à réfléchir et l'apaisait.

Elle expira un long jet de fumée, se demandant si elle aurait assez de force pour remonter tous ces étages, passer le reste de la soirée en compagnie des Malefoy.

S'il n'y avait pas eu ses enfants, elle serait partie depuis longtemps. Mais Scorpius et Théia étaient enchantés de voir le match, et elle ne pouvait décemment pas leur demander de repartir et de cruellement leur interdire de vivre ce qui promettait d'être le match du siècle, comme se plaisait à le dire la rumeur, depuis la sélection des deux équipes en demi-finale.

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Drago sortit du stade à la recherche de la rousse. Il avait lui aussi quitté la pièce, irrité par les manigances de sa femme, dont le comportement était plus que pitoyable.

Il avait parfaitement conscience de la rivalité entre les deux femmes et ne connaissait toujours pas les raisons de celle-ci. Peut-être qu'elles-mêmes ne le savaient pas. Cependant, il y avait un gouffre entre s'attaquer à une adulte, parfaitement capable d'encaisser des révélations accablantes sur les fondements de son mariage, et s'en prendre à deux enfants, entrant à peine dans l'adolescence et croyant depuis toujours que leur père était mort.

Il repéra une chevelure rousse qu'il commençait à reconnaître près des grilles d'entrée du Stade de France. En s'approchant d'elle, il ne put s'empêcher d'admirer, encore une fois, combien elle était belle. Même habillée ainsi, avec ses chaussures à talon, son jean, son t-shirt, et la veste qu'elle avait revêtue, elle donnait l'impression d'un style décontracté-chic parfait.

Il la vit tirer sur sa cigarette, puis la taper sur le sol, les cendres disparaissant dans le bitume du trottoir.

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Dorea frotta l'arête de son nez, pensant qu'elle pourrait peut-être rester ici indéfiniment, jusqu'à ce que le match se termine. Mais c'était sans compter l'intervention de l'homme qui se posta à ses côtés.

- Je crains que vous ne voyiez pas grand-chose d'ici.

Dorea leva les yeux et laissa échapper un soupir exaspéré. Elle ne pouvait pas être tranquille deux secondes, par Merlin ?!

- Je suis désolé pour tout à l'heure, enchaîna Drago. Astoria est parfois…

- Détestable ? Honteuse ? Ignoble ? Abjecte ? Méprisable ? lui lança-t-elle, frustrée.

- J'aurais dit un peu trop rancunière, répondit Drago en penchant la tête sur le côté.

Dorea secoua mollement la tête, dépitée et incrédule face à l'attitude du blond. Elle sortit une une autre cigarette du paquet et la ralluma avec sa baguette avant de la porter à ses lèvres, évitant soigneusement de croiser son regard.

- Vos enfants ont l'air d'être très gentils.

- Ils le sont, répliqua froidement Dorea.

Drago enfonça ses mains dans les poches et s'approcha d'elle.

- Je voulais… je voulais vous voir seules justement, pour que l'on puisse… discuter tous les deux.

- Discuter de quoi ? demanda la rousse, le cœur battant.

- Du procès.

- Pourquoi revenir dessus ? Ce qui est fait est fait et ce qui a été dit est dit.

- Justement…

- Monsieur Malefoy, interrompit alors Dorea, enfin en face de lui. Vous m'avez demandé d'obtenir la liberté totale de votre père, et c'est ce que j'ai fait. J'ai gagné un procès de plus. Je ne vois pas ce qu'il y a d'exceptionnel là-dedans.

- Vous êtes partis très vite du tribunal. Nous avons à peine eu le temps d'échanger quelques mots, et vous avez bloqué tous mes appels lorsque j'ai voulu un entretien avec vous pour parler de ce qui s'était passé.

- Après ce que vous m'avez dit, je crois qu'il était plutôt normal de bloquer vos appels.

- J'étais en colère contre vous.

- Et quoi ? Quelles ont été les conséquences de cette débâcle avec votre femme ?

Drago ouvrit la bouche, puis la referma.

- Je crois que, justement, ça a l'air d'aller plutôt bien, non ? Alors foutez-moi la paix, une bonne fois pour toutes ! ragea Dorea en balançant son mégot au sol.

Puis elle entreprit de se diriger à nouveau vers l'entrée du stade de Quidditch. Mais, en passant à côté de lui, Drago saisit son bras avec un réflexe digne d'un attrapeur.

La retenant d'une poigne forte, il la força à lui faire face, se reculant de quelques pas.

- Je n'ai jamais aimé ma femme. J'ai de l'affection pour elle. Mais je ne l'aime pas.

Dorea déglutit puis fronça les sourcils, tâchant de rester impassible.

- Pourquoi me dites-vous ça ? En quoi cela me regarde-t-il ?

- Parce que je n'ai cessé de penser à vous ces dernières semaines, Kate. Vous me… vous m'intriguez. Quelque chose en moi semble se réveiller en votre présence. Quelque chose que j'avais oublié depuis longtemps et dont je n'avais pas conscience jusque-là, pourtant.

La rousse plissa un peu plus le front, son souffle se ralentissant pour la deuxième fois en moins d'une heure.

- Vous êtes spéciale, Kate Harrington. Je sais que vous l'êtes pour moi. J'en suis convaincu. Mais je ne saurais dire pourquoi.

Dorea chancela sur ses jambes, s'éloignant de lui, alors qu'il plongeait son regard métallique dans le sien.

Puis brusquement, il se jeta sur elle, la plaquant contre la grille juste derrière eux. La rousse cessa de respirer, tandis que tous deux se dévisageaient. Elle fit alors une chose qu'elle ne put contrôler. C'était comme si son corps, son désir parlaient à sa place.

Elle l'embrassa. Et aussitôt, il répondit avec force.

Un ballet sensuel de langues et de gémissements s'établit entre eux. Drago colla son bassin au sien, entourant sa taille d'un bras, tandis que l'autre main caressait ses cheveux. Elle glissait ses doigts dans les siens.

Elle savait qu'il la voulait. Et elle le voulait aussi.

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Drago sentit quelque chose exploser en lui. À l'instar des feux d'artifice jaillissant dans le ciel au-dessus d'eux, le ravissement du public résonnant dans le stade.

Perdant pied sous les caresses de la jeune femme, il sentit son esprit s'éloigner à mesure que le baiser se développait en quelque chose de passionné et presque brutal. Cela lui rappelait quelque chose…

Dorea le considéra, puis le lâcha finalement et tendit la main. Drago lui donna une potion, qu'elle s'empressa de déboucher et de boire d'un trait. La rousse sentit son ventre et plus particulièrement son bas-ventre se relâcher inopinément, ce qui lui fit un bien fou.

La jeune femme reposa la fiole au creux de la main du blond, le visage coléreux, puis releva le regard vers ses orbes orageux. Constatant tout le désir et l'appétit qu'il éprouvait pour elle à cet instant, un courant électrique la traversa subitement.

Elle se mordit la lèvre inférieure, s'empêchant de gémir, et sans attendre, il plaqua sa bouche contre la sienne, amorçant un baiser des plus passionnés.

Dorea enroula sa nuque avec son bras, souhaitant maintenir l'intimité qui existait entre eux.

Il avait envie d'elle. Un désir ardent l'animait, tout comme la jeune Artwood. Mais bien au-delà de cela, il avait des sentiments pour elle. Il en avait toujours eu.

Drago interrompit le baiser brusquement et recula, considérant Dorea, les yeux écarquillés et le souffle haletant.

Que venait-il de se passer ? Qu'était-ce que cela ? Qu'est-ce qu'il avait vu ?

C'était comme… comme si cela avait été réel, mais à la fois quelque chose de si lointain, que c'était tout aussi flou qu'un rêve.

La rousse, totalement essoufflée, le fixa, intriguée, ne comprenant pas pourquoi il l'observait avec un mélange de choc et d'hébètement.

- Je… je crois qu'il serait mieux que nous retournions dans la loge, dit Dorea. Le match va commencer.

Drago acquiesça mollement et suivit la jeune femme, rejoignant l'entrée du stade.