Une fine brume couvrait le pont d'observation du Vigilance, comme si même les systèmes atmosphériques internes s'étaient imprégnés de la tension latente qui habitait l'équipage depuis leur arrivée dans ce système inconnu. Anakin Skywalker était seul dans la salle, agenouillé au centre du cercle de méditation, les mains posées sur les genoux, les yeux clos. Autour de lui, les senseurs silencieux affichaient des données codées, qui auraient été sans signification pour quiconque ne maîtrisait pas les subtilités de la navigation intergalactique.
Mais ce n'était pas les chiffres qu'Anakin sentait. C'était un cri. Une vibration déchirante, ancrée dans la trame même de la Force. Elle n'avait ni direction, ni source précise, mais elle était là, oppressante, enserrant son esprit comme une tempête contenue sous une coque trop mince.
Obi-Wan entra sans bruit. Son regard se posa sur son ancien padawan, puis sur les écrans. Il ne dit rien. Il n'avait pas besoin de mots pour comprendre que quelque chose n'allait pas.
« Quelque chose hurle, là-bas, » dit Anakin d'une voix tendue. « Une douleur ancienne. Un souvenir figé dans la haine… mais pas seul. Il y a trois présences autour. Elles sont jeunes, vives. Mais aussi marquées par la peur. »
Obi-Wan croisa les bras, son esprit balayant les données du dernier vol de reconnaissance. L'un des rapports mentionnait une distorsion gravitationnelle anormale dans une forêt isolée, au nord-ouest du continent européen de cette planète.
« Nous avons détecté un champ d'occultation au sein d'une zone boisée. Il empêche toute cartographie précise. Aucun de nos senseurs n'a pu percer ce voile. »
« Ce n'est pas un champ technologique, » murmura Anakin. « C'est vivant. Organique. Magique. »
Ils échangèrent un regard. La décision se forma sans avoir besoin d'être exprimée.
Quelques heures plus tard, sous le manteau étoilé d'une nuit sans lune, une navette LAAT/i modifiée fendit silencieusement l'atmosphère terrestre. Sa coque noire absorbait la lumière, son champ de dissimulation active masquait ses signatures. À son bord, Anakin, Obi-Wan, Rex, Cody, et deux clones éclaireurs s'étaient équipés pour une mission d'observation discrète.
La navette se posa entre les arbres sans bruit, ses répulseurs coupés à quelques mètres du sol. La neige amortit l'atterrissage. Les trappes s'ouvrirent en silence, et le petit groupe s'élança dans la forêt.
La Forêt de Dean était silencieuse, comme si les arbres eux-mêmes retenaient leur souffle. Seules leurs respirations et le craquement lointain d'une branche ponctuaient leur avancée. Chaque pas les rapprochait de la source de la perturbation, et chaque pas rendait la Force plus agitée.
Anakin s'arrêta net. Sa main se posa sur le tronc d'un pin noueux.
« Ça brûle, » souffla-t-il. « C'est comme… un fragment du Côté Obscur. Distillé. Concentré. Pur. »
Obi-Wan s'approcha. Il sentait lui aussi cette énergie noire, une tension électrique suspendue dans l'air.
À travers les branches, ils virent une lumière tremblotante. Un feu de camp. D'un geste, Rex ordonna aux éclaireurs de prendre position.
Le campement était modeste : une tente, un cercle de pierres noircies, un chaudron fumant. Trois silhouettes y étaient blotties. Un jeune homme aux lunettes rondes tenait dans ses mains un médaillon noir, orné d'un serpent incrusté. Une jeune fille, vive et méfiante, feuilletait un vieux grimoire. Le troisième, roux, montait la garde, baguette levée.
Anakin avança le premier, lentement, sans hostilité. Obi-Wan le suivit, les mains en évidence. Les clones restèrent à couvert.
Harry Potter leva les yeux. Il vit les silhouettes capuchonnées, les sabres laser à la ceinture, les visages impassibles. Son premier réflexe fut instinctif :
« Protego ! » hurla Hermione.
Ron se plaça devant elle, baguette tendue, prêt à lancer un autre sort.
Anakin leva la main. « Nous ne sommes pas vos ennemis. »
Obi-Wan ajouta calmement : « Mais ce que vous portez… met en danger plus que vous ne l'imaginez. »
Harry recula, serrant le médaillon. Hermione les fixa avec suspicion.
« Qui êtes-vous ? » demanda-t-elle, la voix vibrante d'inquiétude. « Des Mangemorts déguisés ? Des agents de Voldemort ? »
Obi-Wan secoua doucement la tête. « Nous venons d'un autre monde. Nous avons suivi une fracture dans la Force. »
« Une fracture ? » Harry fronça les sourcils.
Anakin s'avança de quelques pas, ses yeux fixés sur le médaillon.
« Tu portes une douleur qui n'est pas tienne. Elle t'empoisonne. Elle ronge la trame même de ce que tu es. »
« C'est un Horcruxe, » murmura Ron.
Hermione le fusilla du regard, mais il haussa les épaules. « Ils savent déjà. »
Rex sortit de l'ombre. Les trois sorciers sursautèrent à la vue de l'armure, du blaster.
« Croyez-moi, si on était venus pour vous faire du mal… vous ne seriez déjà plus là pour en parler, » dit-il simplement.
Le silence tomba. Le feu crépitait doucement.
Puis le médaillon vibra.
Un frisson traversa la clairière. Le vent sembla tourner sur lui-même, la lumière se tordit. Anakin tendit la main.
Le médaillon explosa d'un éclat noir, un halo d'ombre jaillit, balayant tout sur son passage.
Les six clones, les deux Jedi, les trois sorciers furent projetés au sol. La neige s'envola en gerbes. Le feu s'éteignit brutalement.
Quand la poussière retomba, Harry se redressa péniblement. Le médaillon gisait au sol, fissuré. Une énergie noire en suintait encore.
Anakin ramassa un bâton tombé près de lui et le toucha au médaillon. Il noircit instantanément.
« Ce n'est pas seulement un artefact maudit, » dit-il lentement. « C'est une déchirure. Une faille dans la Force. »
Harry récupéra le médaillon, la main tremblante. Il leva les yeux vers Anakin, puis vers Obi-Wan. Il ne comprenait pas… mais une peur nouvelle s'était insinuée dans son cœur.
« Pourquoi vous nous dites ça ? » demanda Hermione, encore secouée.
Obi-Wan hésita.
« Parce que ce que vous affrontez dépasse votre monde. Et parce que… nous affrontons peut-être le même ennemi. »
Il sortit un petit cylindre, qu'il tendit à Hermione. Un dispositif de communication à courte portée.
« Quand vous serez prêts à parler, activez ceci. Nous viendrons. »
Puis il fit un signe à Rex. Les clones se replièrent sans bruit. Les Jedi disparurent dans les ombres de la forêt.
Le silence revint.
Autour du feu mort, le trio resta immobile. Le vent s'était levé. Hermione tenait le cylindre comme un poison.
Harry, lui, fixait l'obscurité. Il pensait à la douleur dans les yeux d'Anakin.
À quelque chose d'étrangement familier.
Et quelque chose, au fond de lui, lui soufflait qu'un nouveau combat venait de commencer.
