Chapitre 3

La blancheur du ciel se fit intensément présente au sein de la pièce. La jeune femme perçu simplement par la nouvelle luminosité une atmosphère changeante, étrangeté d'inconnue froideur au cœur ce qui fut sa magnifique chambre, comme au jour de sa découverte du journal dans la bibliothèque..
Le cœur dans la gorge et les mains rougies de son sang séché, Anna sentit sa vie d'un coup lui échapper par son souffle. Sa vision se porta finalement implorante, vers les fenêtres qui diffusèrent vers ses yeux, cette profonde clarté.

Un effroi passa alors sur le fin visage de la pauvre Cendrenor après qu'elle eu protégé son regard. Le tableau, son tableau… auquel elle avait finalisé par sa marque son représenté.. Son beau portrait lui faisant face, exposait la preuve effarante du vide. Le visage peu de temps avant, si unique et les yeux de son aimé avaient disparus. Ainsi que son pinceau, qu'elle avait laissé sur le rebord du chevalet.

Le silence, lourd s'installa de longues minutes, juste avant que la malheureuse, paralysée ne recule avec maladresse. Anna couvrit sa bouche dans un cri déchirant face à l'horreur, de découvrir tremblante la noirceur absolue, d'une masse boueuse gâcher, la toile de sa peinture. Certaines parties de la chose, plus fluides tout aussi noires que l'encre explosèrent en sortant du tableau et, s'écoulèrent jusqu'au sol..

Son œuvre perdue, Anna se souvint dans ses larmes d'une vision de son cauchemar passé, où le mal sous une forme similaire lui avait été montré.. Mais la réalité de ce à quoi elle assistait alors était complètement différente en son ressenti. Anna ne reçu plus qu'un terrible sentiment tandis que ses jambes s'étaient dérobées sous son corps. Elle devait quitter cette pièce. Fuir de la souillure informe, le plus vite possible..

Alors que la matière coulait en se projetant, noyant le marbre et le bois, la boue menaçant l'espace lentement de la jeune femme apeurée, un élan soudain s'empara d'elle. D'une force intérieure inespérée, elle se releva sans ressentir ses jambes, sauta sur le grand matelas du lit baldaquin et, tendit le bras sans réfléchir. Elle atteignit presque avec bravoure, ce qu'elle n'aurait jamais pu oublier à l'intérieur de ses appartements. Le livre incarnadine, vif à ses yeux, plus près de l'oeuvre gâchée inexplicable que d'elle, attendait. L'eau de son entité, rejetée sur les couvertures...

Anna n'eu qu'à peine le temps de réaliser, les tissus de sa robe blanche volants dans son élancement, le besoin du «non-objet» d'être pris. Elle récupéra enfin dans la vitesse d'un coup de vent son digne journal près du monstre sans visage, échevelée, blême et éplorée de ce qui réellement, se produisait.
Le serrant contre sa poitrine comme elle ne l'avait jamais fait, un immense pincement au cœur, la svelte jeune femme quitta la pièce brutalement, sans lancer un dernier regard en arrière.. Elle avait réussi à récupérer un des trésors de son âme.

La pauvre fuit avec des hurlements se ruant vers les grands escaliers de son manoir, lourdement silencieux et, comme n'étant pas le sien.

Un bruit sourd, puis un léger tremblement des murs se fit soudain entendre. Seulement, le temps que la malheureuse Cendrenor ne parvienne au premier étage, elle se retourna dans une reprise de souffle. La vision qui l'attendit sembla la statufier sur place.

Une vague de peinture charbonneuse se répandit dans le corridor principal qu'elle avait dépassé. Inondant tout sur son passage, bibelots comme mobilier présents furent ravagés et, les lampes à huiles fixées aux fines tapisseries, en peu de temps décrochées.

Anna poursuivit sa course effrénée aussitôt dans un cri d'épouvante, le journal humidifié, particulièrement froid plaqué contre elle.

« - Jeanne! Jeanne! Georges! Pourquoi tout à l'air si vide! Au secours!» La jeune femme demanda en cris ses domestiques, sa petite femme de chambre et le responsable habituel de sa propriété, son central majordome.

Sans pouvoir l'anticiper, elle fut bientôt témoin d'un phénomène dans un décor comme flou propre à un rêve. À mesure de sa descente, de ses tapisseries et tableaux appartenant à sa famille, à son oncle, Anna vit jaillir des coulées de peinture malsaines en toutes teintes, jaunies, blanches, noires, rougeâtres, verdâtres, toutes se réunissant… Plus elle surveillait et constatait le non-sens, plus elle voyait de peinture provenir de toutes les directions. Les effusions dont elle fut la cible n'atteignirent, pourtant pas les vêtements de la jeune femme, inconnue à sa propre maison. Seul le journal, était encore immaculé, protégé. Ce venant du fait qu'elle l'avait préservé dans un carré de tissu arraché à sa toilette, quelques secondes auparavant sans un souvenir.

La pauvre Anna implora, suppliant à l'aide maintes et maintes fois, jamais personne ne lui répondait. Ainsi jusqu'à ce qu'elle eu atteint le centre du vaste rez-de-chaussée. En sueurs glaciales, elle atteignit enfin les double portes assombries de l'entrée du manoir. Derrière, le plus grand de tout les halls.
Le géant profond lui fit face, avec ses nombreux plafonds dont des voûtes boisées qui lui apportaient un caractère. Celui-ci, étouffant religieusement les lieux.
La solitaire Cendrenor pria lui semblai-t-il, une fois bien définitive. Sans reconnaître encore le drame sans rebours à venir de la situation, elle sentit de légères gouttelettes apparaître sur ses mains à l'état fantomatique.. Perles teintés verdoyantes et bleues vernies d'huile.

Une peur indescriptible gagna la malheureuse sachant l'issu de sa position et de son chemin, son parcours de vie. « Memento mori »...
Les yeux levés lentement vers le ciel caché, de la teinte brute du bois lisse, plut de la peinture. En gouttes de plus en plus régulières et, de plus en plus nombreuses.

La pauvre âme cogna jusqu'à se blesser les bras et les poings contre l'entrée condamnée sans raison de sa demeure, ne parvenant à la faire céder par sa détresse.
Les pleurs des yeux de la belle en désespoir, les cheveux souillés de pigments dilués, tombèrent de ses joues sur la couverture de cire et de cuir. L'état interne de vérité de sa gardienne, l'être, aux secrets blancs de ses chairs, se fit oublier peu à peu au creux de ses bras.

Les yeux clos et recroquevillée sur elle-même, elle fut emportée par la marée des étages qui avait tenté de la piéger auparavant. L'eau noire épaisse montait.
Bientôt, elle parvint jusqu'au cou d'Anna qui hurlait, odeur de racine anisée, boueuse et sombre. La chose la fit étrangement regarder de l'extérieur, la frontière de sa propre vie se dispersant.
Peu à peu, l'Héritière qui n'en avait jamais été une, fut avalée sans le temps d'un geste de fuite, par la mer de peinture et d'encre noircie, joints ensemble.

La vie au point de se terminer, la jeune femme lança en une dernière aura, un appel au vide existant. Le corps s'enfonça, éteint et disparut bientôt. À l'exception d'une des mains raidies, la seule, tendue pour toujours vers l'invisible.

Dépasser l'ombre du vide clair, juste pour avancer encore.. jusqu'à, une entrée. Une salle, édifice circulaire intérieur en forme, plongé dans un extérieur, essentiel de l'observable. Sa verrière au plafond muré projetait sa lumière brillante par endroits, mais principalement, sur l'image d'un chêne à ses pieds, majestuosité centrale d'un vert îlot lointain.
Les premiers pas découverts au bord du liquide froid. Elle avança lentement, les cheveux d'or blanchis, en une très longue robe charnelle, chrysalide de soie pure dentelée. Âme elle-même en mouvements, jambes nues, elle s'enfonçait sûrement dans le lac d'eau vermillon. Ses yeux fixaient dans le vague, pourtant droit devant elle. La taille immergée, la peau mouillée sans la sentir, elle était la jeune aura à l'image de son apparence restituée par un vivant, sans nom.
La source atteignable, l'arbre dont le tronc creusé était tordu, se tint de plus en plus près.

La progression de son corps dans la forme de l'eau était presque achevée.

Près du bord de cet autre côté de la rive intérieure, rougissait d'un sang limpide, sans odeur, plus vif à cet endroit, le fluide calme.. Présentant, une algue étrangère.. Expliquant ainsi, la teinte de ce que l'on ne pouvait retenir dans sa main..
Elle leva la tête, elle était arrivée au bout. Au bout de son chemin. Elle n'avait eu aucunement la sensation de se retrouver en danger au cœur de l'élément insondable, paradoxalement si agréable. Mais de plus en plus étourdie et, lourde après l'accès à l'îlot, le corps élancé immaculé de la jeune cendrée et sa conscience floue s'écroulèrent sans douleur sur la fraîcheur de l'herbe douce. À l'ombre, du géant de silence revêtit d'écorce éternelle.

La Dormance sur la route du vent, signe d'Éole, ses ailes commandées au-dessus du berceau des âme pures, elle se retrouva ouvrant les yeux, dans une sensation de rêve lucide... Elle ressentait pourtant bien une réalité autour de son corps et de certains sens. La belle se redressant, toujours ensommeillée, réalisa alors sa présence au milieu d'une barque protectrice, soulevant en son bois, une magie naturelle et muette..
L'embarcation, était posée sur une mer, une mer qui ne lui était pas familière.

Figée, le regard se perdant avec lenteur du côté de l'horizon, la surface miroir des flots stagnants ne lui avait jamais parut autant infinie...

Se penchant curieusement au-dessus de l'eau, elle eu le sentiment qu'une vivance l'y attendait.

À cet instant, l'extrémité d'une chose à la forme singulière vint faire son apparition, troublant la jeune âme. De plus en plus nettement, elle vit le rostre d'une balaenoptera blanche faire surface près d'elle, en se rapprochant, ressentant en cela, un fort signe de bienvenu. Une bienvenue, en un monde qu'elle ne parvenait désespérément pas à reconnaître. Pourtant au sein duquel, elle se sentait de l'autre côté de son être, le cœur, progressivement éveillé à ses merveilles dissimulées.
Avec pourtant, des larmes dominantes, de mélancolie qu'elle ne pouvait s'expliquer...

Elle effleura en un air rasséréné le docile cétacé, pur au toucher caoutchouteux, mais si sensible. Elle caressa l'animal des mers avec amour, ce, jusqu'à l'apparition d'un large soleil couchant. Le plus surprenant et spectaculaire auquel elle eu la conviction d'avoir assisté..

Alors, image succédée.. L'essence de l'océan immergée en elle, respiration aérienne, elle se vit descendant longuement vers la clarté abritée au fond d'une eau de glace, qui découvrait un trésor de lumière bleue, en plongée de la bête. Quand peu avant, la tête couchée sur le dos doux de la baleine, l'âme aux cheveux d'or, n'avait pu même entrevoir ses yeux.

Elle se sentait légère, si légère.. Elle avait la sensation de voler, sous la surface, les mains apposées près de l'évent silencieux du roi des mers. Au coeur de la lame, avec lui..

Bientôt, elle ressentit les vibrations lourdes du chant long et plaintif de son transporteur blanc. Il ne cessait de s'enfoncer, dans l'inconnu, toujours plus loin vers le fond..

Elle peinait à se souvenir, des choses.. passées? Ce pouvait-il qu'il y en eu? Cependant, elle goûtait à une vivance au travers de ce corps, comme une unique réalité, mais redécouverte refoulée.

Sa tête se mit sans prévenir à bourdonner.. Il y avait une chose… une seule. Définitivement, qui vint tout d'un coup violemment, la surprendre. Elle ne pouvait rien discerner sous l'eau, pourtant, il était.. Quelque chose, de rouge. Quelque chose, fait de… de, papier.

La vue de la baleine se brouilla. Ses yeux se figèrent, ses longues mèches tels des algues autour de son visage… Et un Être… Un Autre, au loin reconstitué en image.. Pincement, enclume en son cœur… Au sein des vagues.. Des vagues..

Un toucher. Un étouffement dans une eau aux bulles sans chaleur, sans profondeur.. Anna ouvrit les yeux, sentit son corps se soulever par delà la frontière, de cette mare étrangère..

Alors qu'elle se redressa, Aucune lumière ne l'aveugla..Elle voyait flou, une perception inconnue. Elle demeurait quasi- allongée, dans ce qui lui semblait, la forme d'un bain aux rebords de peaux, les poumons, libérés, hors de cet impossible.

Elle avait l'esprit presque embrumé, ne sachant ce qu'il lui arrivait, de par un stress naissant qui s'emparait d'elle et, la prédominance du rien, dans sa tête..

C'est tout à fait brusquement, sentant une présence anormale permanente depuis son réveil à ses côtés, que la jeune fille qu'elle était redevenue, aux cheveux d'or assombris, appela la nature de son remémoré, précieux Ami. « - Le livre ! Le livre! »

Alors qu'elle s'écria, la vision inutile, elle cacha son visage derrière ses mains et, ce faisant, fut attirée par une force inattendue et puissante de nouveau sous l'eau, sa source d'apparition. La nouvelle Cendrenor, ressentit comme un fredonnement caressante sur ses tempes, l'atmosphère berçante d'une marque qui lui avait été auparavant si familière et encerclante, jusqu'à pénétrer au sein de son ventre.

Une chose vint se former, au creux de ses bras, contre son cœur battant d'une violente chamade. Chaud, souple, dont une odeur irremplaçable de cuir de cire, lointaine odeur de poussière de plante, trace de charbon…Un rappel olfactif, pour son esprit retrouvé. Avec par dessus tout le reste, un son. Celui du froissement de pages uniques, rapidement par le vent balayées.

« Je m'appelle, Anna »

C'est dans la résonance de l'amour du journal d'eau perlé réapparu en ses bras, qu'elle, petite âme entendue si lointainement par ses lourds sanglots, aux yeux entachés de lumières brillantes, qu'Anna, éreintée de ce qu'elle vivait alors, s'évanouit. Ce bouleversement, d'un tout autre vide, vide de perceptions corporelles, pris au creux du tourbillon de ses sentiments...

Dans la voix du silence, elle était soulevée, emportée hors de l'alcôve de sauvegarde organique, par de longs membres nus décharnés, aux mains larges, pourvus de doigts pointus.

La jeune fille à la peau claire, fut sur un ordre, « durée ». Plongée au milieu d'un arc en fleurs, pétales de verres obscurcies et draps d'eaux satin, étrange magie similaire à des contes d'un temps ancien, c'est aux cieux d'un sommeil artificiel mais paisible, qu'elle, n'eut plus à subir, grâce à l'apport d'une temporalité salvatrice, l'ignorance de la nouvelle réalité, lucide, de l'extérieur du monde et, de tout autre visage.

Bientôt, des racines de sang d'aspect pâteuses, dépourvues de toute origine avaient emprunté une de ses mains, blanche humaine, pour venir drainer ses faiblesses d'Être. Imprévisible, Incomprise pour les visions, Extérieures..

Ce fut dans un temps, amenant de vives poussières pailletés dans l'enceinte de son repos achevé, qu'Anna se réveilla lucidement, ce jour-. Elle respira l'air venteux du dehors intensément, éprouvant le plaisir réel du souffle qui avait étrangement semblé, lui avoir manqué. Et, le premier décor qu'elle constata sans doute, fut le contours de peintures effacées et des moulures craquelés au plafond de sa nouvelle vue.

Elle sentait que le temps avait changé. Dans son Âme.. Au travers des ressentis de ce qui accompagnait sa présence.. Les objets curieux. L'onirisme du mobilier.. Cependant, un grand vide du passé submergeait son esprit quand elle tenta difficilement de se rappeler. Mais une barrière inconnue l'en empêchait..
Anna se leva, son corps incroyablement léger..

Le vent qui la poussa la fit se retourner. Les rideaux du lit qu'elle examina en passant tout près, étaient d'un toucher qu'elle n'avait jamais expérimenté..
Sensation aux doigts, de poussières de givre. Devant elle, l'embrasure solitaire et nue de la fenêtre, lui apporta des paillettes d'argent, tel un appel de bienvenue sur le visage. Comme des cendres, cendres reluisantes d'or blanc, sur ses mains..

En explorant timidement la chambre, pièce singulière d'un gris-perlé monocorde aux murs endormis, semblant à ce qu'elle avait jadis possédé mais terriblement oublié, la pauvre troublée sentit que sa mémoire n'était, que page blanche malgré les sensations qui se traduisaient en elle.. Mémoire effacée, au sein pourtant de laquelle, était sauvegardée son propre souvenir.. Elle se rappelait qui elle était, son apparence alors dans les nouveaux miroirs de son environnement, lui était tout à fait familière.

De l'autre côté de la chambre, lui fit face à son tour, la haute largeur d'une ouverture, dépourvue de porte. Le signe, de la sortie.

Elle s'engouffra hâtivement, dans un semblant de dédales de couloirs vides, sans fin, marbré incroyablement du sol au plafond, et dans lesquels, se reflétait comme au fond d'une flaque de pluie, sa frêle silhouette élancée. Sans en avoir la moindre connaissance, elle portait continuellement sur elle, son Ami éternel.

Bientôt, elle fit la découverte après quelques tournants, de salles richement disposées et, après tant d'essais sans l'ombre d'épuisement, de loin, d'êtres au visage aveugle, voilés de peau, dérangeants au regard de la jeune fille. Puis, s'avérant bien craintifs, à son égard.. À d'autres moments, elle se heurtait à d'immenses portes condamnées en serrures vivantes, paraissant surveiller son chemin en se mouvant sensiblement.

C'est en cet instant d'errance et de manque de repères, que le journal prit la décision de se dévoiler à son esprit et à son corps, définitivement.
De longues ficelles rouges et liquéfiées vinrent s'extraire de son poignet droit en passant par ses pâles vêtements miroitants, pour lui faire face quelques secondes, en petite tête pourpre..

Anna demeura hébétée et subitement apeurée par l'apparition insoupçonnable.. Elle eu le réflexe de fermer les paupières, mais quand elle les rouvrit, la chose était partie..
La jeune fille après un étourdissement, perçu alors avant de continuer son chemin, une masse chaude et bénéfique au sein de son ventre, qui l'apaisa instantanément. Et lui fit se rappeler dans des larmes incontrôlables.. De lui. Du livre de feu sa vie. Du journal rouge…

Et par cet élément déclencheur, agitant ses émotions fragiles mais résistantes pour son « identité survivante », l'ancienne Cendrenor entrevit dans le vide de son propre regard, un visage dans un tableau. Un visage impressionnant et sévère.. Autant dans sa figure et allure statuaire, que dans la vivacité sombre de ses yeux de la couleur du jour.

Le rappel le plus intriguant, fut celui enfin pour la belle, d'une intuition récupérée, fine, de ce « qui semblait Vrai ».

Le regard brillant, Anna finit par saisir, la surface d'un étage au-dessus d'elle à emprunter, en s'engouffrant sûrement, dans la pénombre d'escaliers d'albâtre...

Place aux allures de hall vitré, excepté au sol et, plafond incrusté de pierres bleutés obscures, Anna s'émerveilla, exaltée, à la présence de magnifiques bêtes derrière les hauts murs de verre. Emprisonnés mais semblants libres pourtant, les rubans vivants d'écailles, ces longs êtres flottants étaient merveilleux à contempler pour la jeune fille solitaire.

Par hasard, une belle anguille métallisée à la crinière corail de feu se rapprocha, témoignant de la familiarité à la main d'Anna venant à ce moment effleurer cet autre côté pour lui, de «l'aquarium-étage».. Même partie toute transparente, de la complexe structure du château aux aspects oniriques, apparu pour elle, à l'image du serpent d'eau, un symbole du secret total de la création de ce fort pastel et, drôle de monde..

La confondante Vivance envahit ainsi sa vision humaine, baleines majestueuses à voiles, narvals à la peau rosée.. Tout ces mammifères marins lui montrèrent une docilité inattendue, suivant même ses propres mouvements. Plus que tout, Anna fut bouleversée d'être ainsi inondée de continuels chants vibrants, à parfois, son seul passage…

Vers chaque nouvelle rencontre, elle réalisa avec des sueurs froides une chose effrayante, rassemblant les mêmes informations à son esprit..
Comme pour les humanoïdes nus au visage incomplet qu'elle avait pu difficilement appréhender, les bêtes alternatives au sein de la construction irréaliste de cette aile, elle le comprit en toute conscience, pouvaient la voir, alors que la porte de leur yeux, était condamnée. Dans une inexistence..

La surdité de doubles portes impressionna la jeune vivante à la chevelure d'or étonnement cendrée, qui vint franchir le seuil d'un nouvel espace, apparu d'un semblant de rien comme par l'effet d'un rêve à son insu.. La jeune humaine fut frappée d'une ambiance supérieure d'un autre genre, en entrant alors au dernier lieu du «couloir-espace» finalement, pour sa seule perception.. Elle pénétra dans, ce qui d'apparence, lui fut semblable à un temple circulaire intérieur.

Et en son centre, à la merveille structure entièrement carrelée de cristaux semi-opaques, Anna immédiatement fascinée, découvrit une lente béatitude ne pouvant se retenir de toucher les pierres lisses, où elle se vit presque se refléter. Pourtant, à proximité d'elle, quatre trônes blanchâtres en arc-de-cercle vinrent réveiller, sa vive capacité intuitive. Vides.

Sous le dôme de l'improbable architecture, le plafond pigmenté de teintes chaudes et froides mêlées ensemble dans une étrange harmonie, finit d'impressionner la jeune femme. Avant, qu'elle ne reporte son regard malgré elle, sur le symbole de l'autorité « assise » du nouveau monde, de tout ce qui créait, son réel éveil à l'existence.