Chapitre 3

Suite à cette dispute, Byakuya resta froid et intransigeant. Ichigo n'était même pas sûr que leur relation survive à ce défi. Le noble restait tous les jours auprès de lui mais, leur conversation était limitée. Byakuya lui administrait toujours de sa pression spirituelle, cependant, il refusait catégoriquement d'écouter les désirs d'Ichigo. Il menait la vie dure à Urahara pour qu'il trouve enfin une solution et retire ce fœtus de son ventre.

Ichigo s'y soumettait à contre cœur, car, depuis que l'idée de garder ce bébé s'était installé dans son esprit, cela devenait de plus en plus difficile d'accepter de le perdre. Byakuya refusait qu'ils en reparlent. Il refusait même d'en discuter avec quiconque voulait lui faire entendre raison. Après une conversation avec Rukia, Ichigo avait appris que cette histoire était venue aux oreilles des anciens du clan Kuchiki. D'après elle, tout ce qui avait pu se dire pendant cet entretien, ne pouvait pas être bon. Et, à voir le comportement de plus en plus tendu et inflexible de Byakuya, elle devait avoir raison. Allongé dans son lit, son regard ne quittant pas la silhouette de dos de son amant, Ichigo ne pouvait s'empêcher de rejouer son moment passé avec Rukia.

oOo

Les mains de Byakuya quittaient son corps après une nouvelle transfusion, lorsqu'un coup à la porte de la chambre annonça une arrivée. Ichigo soupira, de soulagement grâce à la pression spirituelle du noble qui circulait dans son organisme, que de fatigue. Malgré qu'il allait un peu mieux, il continuait de dormir la plupart du temps. Il avait du mal à tenir une longue conversation et, les nombreuses visites qu'il recevait le laissaient souvent épuisé.

Byakuya avait, d'ailleurs, mis une restriction aux nombres de visites ainsi qu'une limite de temps pour chacune d'elle. Ichigo trouvait ça tellement excessif mais, il reconnaissait aussi qu'il n'était pas en état pour supporter l'énergie débordante de tous ses amis. Au fond de lui, il remerciait le noble d'avoir la fermeté et une rigidité que lui-même n'avait pas. Il n'y avait plus que quelques personnes, qui se risquaient à venir tous les jours, alors Ichigo savait déjà qu'il s'agissait soit de Renji, soit de Rukia. Il ne se trompa pas, lorsque la porte s'ouvrit, dévoilant la petite silhouette de sa meilleure amie.

Elle échangea d'abord un regard avec son frère, qui s'était tourné vers l'arrivée. La tension était réellement palpable entre eux, à couper au couteau. Ichigo les observa chacun leur tour, surpris par cette subite discorde. Ça faisait bien longtemps qu'ils avaient renoués entre eux. Ils étaient même devenus plutôt proche depuis plusieurs années, pour le plus grand plaisir de tous. Le roux allait dire quelque chose mais, il fut stoppé dans son élan.

- Je vous laisse tous les deux, déclara le noble, avançant jusqu'à la porte. Je reviens dans une heure, ajouta-t-il, un avertissement dans le ton de sa voix.

Rukia ne répondit rien et se décala de son chemin, baissant la tête à son passage. La tension chuta dès que la porte se referma derrière Byakuya. Les épaules de la petite shinigami s'affaissèrent et elle lança un coup d'œil mélancolique à la porte, avant de reporter son attention sur Ichigo. Ce dernier haussa les sourcils, curieux.

- Qu'est-ce qui s'est passé entre vous? demanda-t-il.

Rukia soupira, levant les yeux au ciel. Elle se déplaça lentement et vint s'assoir à ses côtés sur le bord du lit.

- Un désaccord, répondit-elle.

- Ce n'est pas la première fois, répliqua Ichigo. Et vous n'avez jamais été aussi tendu l'un envers l'autre.

- Eh bien… d'habitude… ça ne te concerne pas.

Ichigo ferma les yeux, basculant sa tête contre son oreiller. Il soupira lourdement. Il avait craint que la dispute entre le frère et la sœur Kuchiki le concernait mais, il avait espéré que Byakuya arriverait, si ce n'était à entendre raison, au moins, à accepter la discussion avec sa sœur.

- Je suis désolé, soupira Ichigo.

- Ce n'est pas ta faute, répondit Rukia. Il a toujours été ainsi. Il n'écoute que lui-même mais, il avait changé ses dernières années. Cependant, lorsque ça te concerne, il retombe dans ses vieux schémas.

- Si ça peut te rassurer, il ne m'écoute pas, non plus.

- Vous vous êtes disputés aussi? demanda Rukia, surprise.

Ichigo acquiesça vaguement, fermant les yeux un instant, les souvenirs de leur dispute remontant à la surface.

- J'ai… J'ai émis l'idée… Que je voulais… garder ce bébé, souffla-t-il, rouvrant les yeux et portant son attention sur son amie.

Rukia haussa les sourcils, ouvrant et fermant la bouche comme si elle ne savait pas quoi répondre. La réaction de Rukia poussa Ichigo à se dire qu'il était, peut-être, réellement fou de vouloir essayer de mener cette grossesse à terme. Après tout, chaque homme qui avait dû subir cette expérience à l'époque, en était irrémédiablement mort. Pourquoi cela serait-il différent avec lui? Il se croyait assez fort pour supporter cette épreuve, il n'était pas seul, lui, mais, peut-être avait-il tort. Peut-être était-il en train de faire subir une souffrance insoutenable à Byakuya, pour un désir qu'il n'arriverait jamais à avoir. Toutefois, la voix de Rukia l'interpella, le sortant brutalement de ses sombres pensées.

- Alors, je comprends mieux pourquoi nous nous sommes, aussi, disputés, fit-elle doucement.

- Comment ça?

Rukia soupira, pinçant les lèvres une seconde, avant de répondre:

- Lorsque nous avons appris que tu… commença-t-elle, avant de s'arrêter, faisant un vague geste vers son ventre.

- Que j'étais enceint? termina-t-il pour elle.

- Oui, grimaça-t-elle. Byakuya a tout de suite exigé qu'on te l'enlève, mais…

- Pas toi, conclut Ichigo.

La petite shinigami secoua la tête, tordant ses doigts entre eux, visiblement nerveuse.

- Comprend que je suis aussi surprise et inquiète de ce qui se passe. Très inquiète, même. J'ai peur de ce qui t'arrive alors, j'imagine que mon frère doit avoir encore plus peur que moi mais, je pense, que c'est ton droit… de choisir. Il n'a pas apprécié que je m'oppose à sa décision. Une fois seuls, nous nous sommes violemment disputés.

- Si ça peut te rassurer, il n'a pas apprécié, non plus, que je soumette l'idée de le garder, rétorqua le roux.

- Il est terrifié, Ichigo, Souffla Rukia. Il a déjà perdu quelqu'un qu'il a profondément aimé, une fois. Je n'ose imaginer ce que cela doit être en ce moment. La terreur de risquer de revivre une telle chose.

Ichigo serra les dents, détournant son regard de Rukia vers la fenêtre de sa chambre. Il comprenait parfaitement ce que voulait dire son amie. Lui-même s'était fait cette réflexion, cependant…

- C'est plus fort que moi… Je veux essayer.

- Est-ce que tu comprends, que tu risques de ne pas t'en sortir? demanda Rukia, d'un ton amer.

- Oui, répondit-il, plongeant son regard dans celui, brillant de sa meilleure amie. Urahara et Unohana m'ont expliqué les risques que cela comportaient. Mais, de toute façon, comme ils n'arrivent pas trouver de solution pour le retirer, ça ne change pas grand-chose.

- S'ils en trouvaient une, de solution, que ferais-tu? demanda-t-elle.

Ichigo inspira, comme voulant répondre mais, à la place, il s'arrêta, refermant la bouche. Il fixa Rukia, secouant la tête, haussant les épaules. Que pouvait-il répondre? Au fond de lui, il savait déjà parfaitement ce qu'il voulait. Ils se connaissaient, tous les deux, depuis longtemps et, au final, il n'eut pas besoin de répondre quoique ce soit pour qu'elle le comprenne. Il vit son visage de poupée se plisser de confusion puis d'angoisse et de tristesse et, finalement, de compréhension. Elle esquissa un sourire en coin et ils restèrent ainsi, chacun plongés dans le silence pendant plusieurs minutes. Ils écoutèrent les bruits de l'hôpital, l'agitation des membres de quatrième qui vaquaient à leur occupation. Ichigo somnola quelques instants, il crut même s'endormir, mais fut ramener à la conscience par la tension qui émanait de Rukia.

- Qu'est-ce que tu ne me dis pas? finit-il par demander, groggy.

Rukia soupira, grimaçant, gênée.

- Byakuya n'a pas du t'en parler mais… toute cette histoire est arrivée aux oreilles des anciens du clan.

- Tu veux dire… qu'ils savent…

- Oui, fit Rukia. Ils savent qu'il y a un… héritier noble en… préparation. Mais, surtout, ils savent que Byakuya est le père.

- Qu'est-ce que… Qu'est-ce que ça signifie, exactement?

- Je ne sais pas, répondit la petite shinigami. Le clan à toujours toléré ton existence… tant que tu restais… a ta place.

- Ils n'accepteront pas qu'un hybride dans mon genre… a pu mélanger mes gènes avec ceux de leur noble chef.

- Je ne sais pas, Ichigo, répétât Rukia. Je n'ai eu que des échos. Byakuya ne m'en a pas parlé et, je n'ai pas osé lui poser de questions. En revanche… Je sais que mon frère était particulièrement en colère après sa réunion avec les anciens.

- Je suppose que ça n'annonce rien de bon, soupira le roux.

Sur ces dernières paroles, ils restèrent dans un lourd et pesant silence, tous les deux accaparés par leur propre pensée et inquiétudes, jusqu'à ce que Byakuya revienne une heure plus tard, comme il l'avait dit, poussant Rukia à partir sans demander son reste.

oOo

Ichigo n'arrivait pas à lâcher du regard le corps tendu de son amant, qui s'obstinait pas fixer l'extérieur par la fenêtre. Toute cette situation les blesser tous les deux mais, ils étaient trop fier, l'un comme l'autre, pour se faire face sans se disputer. Lorsqu'ils avaient commencé cette relation, ça s'était fait de manière naturelle. Aucun des deux n'avait vraiment réfléchis. Ils s'étaient lentement rapprochés, avait appris à mieux se connaître.

Ichigo avait accepté très tôt son attirance pour Byakuya. Peu après tout ce qui se passa avec Rukia, lorsque tout alla mieux entre lui et les membres de la Soul Society, il avait compris que cette attraction qu'il ressentait était loin d'être anodine. Au début, c'était seulement quand il voyait le noble. Il pensait que c'était seulement de l'admiration et qu'avec le temps, ça passerait mais, plus Byakuya s'apaisa, plus Ichigo se sentit captivé, charmé. Les sentiments s'installèrent, augmentant, prenant une place démesurés, au point qu'un jour, il finisse par devoir accepter de vivre avec, sans que jamais il ne puisse les dévoiler. Il avait toujours pensé que Byakuya ne ressentirait jamais la même chose. C'était une telle évidence pour lui. Après tout, il était de noble lignée, avait, un jour, épousé et aimé profondément une femme… comment un tel homme aurait pu tomber amoureux de quelqu'un comme lui? Un humain lambda, d'une noble lignée, mais déchu, un hybride, qui n'appartenait complètement, à aucun monde. Et pourtant, ce fut le cas. Jamais, Ichigo, n'avait été aussi heureux, que le jour où il apprit que Byakuya éprouvait les mêmes sentiments que lui. Rien n'avait été plus exaltant, que le jour où, pris d'une impulsion, après des mois à s'être rapprochés, il avait osé se dévoiler et que le noble y répondit, de façon si naturelle.

Pour la première fois de sa vie, Ichigo avait eu l'impression d'appartenir à un monde. Bien sûr qu'il savait qu'il était aimé. Sa famille, ses amis, il comptait pour eux tous et, il avait dévoué sa vie à les protéger, quoiqu'il en coute mais, avec Byakuya, ça avait été différent. Il se savait respecter, aimé pour ce qu'il était vraiment. Avec lui, il n'avait pas besoin de faire bonne figure, il pouvait se montrer réellement. Il savait que s'il flanchait, le noble serait là pour le rattraper, le relever et le soutenir s'il le fallait. Il avait une confiance totale, presque aveugle mais, il ne doutait pas d'avoir raison. Aujourd'hui encore, malgré leur dispute, Ichigo savait parfaitement que jamais Byakuya ne l'abandonnerais.

Il se redressa sur un bras, sentant son corps protester sous l'effort, cependant, il insista, forçant ses membres à bouger. Il serra les dents, tirant ses jambes de sous la couverture. Le fœtus absorbait le peu de pression spirituelle qu'il avait, affaiblissant son corps, raidissant ses muscles. Il n'avait plus de force dans ses membres et il tremblait déjà alors qu'il posait à peine les pieds au sol. Il ferma les yeux, s'obligeant à continuer. Il sentait chacun de ses muscles protester. La douleur irradiait dans tous ses tissus lui donnant l'impression de prendre feu. Ses oreilles bourdonnaient si fort, qu'il n'entendit pas Byakuya bouger. C'est seulement lorsqu'une paire de mains fraiches le rattrapa qu'il rouvrit les yeux.

Les bras fort qu'il connaissait intimement le redressèrent contre un torse ferme, sa tête pris instinctivement appuie contre la large épaule, alors que la voix profonde du noble résonnait dans tout son corps:

- Qu'est-ce que tu cherches à faire?

- Je voulais venir te retrouver, souffla Ichigo.

Au fond, il était dépité de ne même pas réussir à sortir de son lit sans s'effondrer.

- Tu n'as pas assez de force pour ça, répondit doucement Byakuya. J'aimerai que tu économise celle qu'il te reste.

Le noble repoussa son faible corps sur le lit, voulant le réinstaller contre ses oreillers. Cependant, Ichigo eut assez de force pour s'accrocher aux bras qui l'entouraient, se serrant contre le corps chaud de son amant. Il sentit Byakuya se tendre contre lui mais, il ne chercha pas à le repousser.

- Ichigo, sermonna-t-il doucement.

- Tu me manque tellement. J'ai seulement envie de te sentir un peu contre moi.

C'était la première fois depuis leur dispute et qu'il avait quitté la Soul Society sans regarder en arrière, qu'ils étaient proches l'un de l'autre. Ichigo avait l'impression que cela faisait une éternité qu'il n'avait pas senti les mains du noble courir sur son corps, ses bras le serrer contre lui, son cœur résonnant au même rythme que le sien. Il releva la tête, plongeant dans les prunelles anthracite qui brillaient d'une lueur qu'Ichigo connaissait bien. Byakuya leva une main, encadrant l'une de ses joues, glissant ses longs doigts dans ses mèches folles. Il cajola ses lèvres de la pulpe de son pouce avant de plonger son nez dans son cou, resserrant son emprise autour de lui. Il écrasa son corps entre le sien et le rebord du lit, le maintenant fermement d'un bras autour de sa taille.

Ichigo sentit une paire de lèvre glisser le long de sa gorge,le faisant frissonner de la tête aux pieds. Ce n'était rien de plus, juste ça, des baisers léger, un nez frôlant l'arrière de son oreille, une langue caressant la jonction de son épaule, laissant place aux lèvres chaudes qui l'embrassaient encore et encore. Il n'y avait rien d'érotique, les mains, les corps ne bougeaient pas, c'était seulement tendre, intime et Ichigo adorait ça.

Ils se câlinèrent plusieurs minutes, profitant de la présence de l'autre, se ressourçant dans l'étreinte. Byakuya dû même y insuffler un peu de sa pression spirituelle, car Ichigo sentit les douleurs dans ses membres s'atténuer, son corps se réchauffant de l'intérieur. Il s'enfonça un peu plus dans l'étreinte, s'appuyant avec plaisir contre le large torse qui le soutenait, se décidant, enfin, à ouvrir une discussion.

- J'ai appris que le clan avait découvert… notre situation, déclara-t-il doucement.

Un profond soupire, qu'il sentit autant qu'il entendit, la tête toujours appuyée contre la poitrine de Byakuya, lui répondit. L'espace d'une seconde, Ichigo craignit que le noble refuse de lui parler, avant que sa voix ne résonne à ses oreilles.

- Rukia ne sait décidément pas se taire.

- Elle a bien fait de m'en parler, râla Ichigo, se redressant pour plonger son regard dans celui du brun.

- Peu importe… Ce qu'ils veulent est hors de question.

- Et… Que veulent-ils? demanda Ichigo, hésitant.

- Je crois qu'ils ne le savent pas eux-mêmes.

- Comment ça? fit Ichigo, fronçant les sourcils.

- Ils sont étrangement ravis d'une naissance noble mais… ils ne savent pas où te placer dans l'équation, dévoila Byakuya d'un ton plat.

Ichigo se redressa complètement, un peu trop vite car il sentit un vertige le gagner dans la seconde. Il tangua avant qu'une paire de main ne le redresse et le pousse à s'assoir sur le lit. Il ferma les yeux, reprenant ses esprits, sans perdre le fil de la conversation.

- Comment ça… «Ils ne savent pas où me placer dans l'équation»? demanda-t-il, un brin agacé. Ça me semble évident, pourtant, non…!?

Il rouvrit les yeux, soulagé que le vertige se soit dissipé aussi vite qu'il était venu. Il se tourna vers Byakuya, qui paraissait trop détaché à son gout. Mais, il était vrai qu'il pratiquait les anciens de son clan depuis longtemps, peut-être un peu trop longtemps d'ailleurs, qu'il ne prêtait plus cas à leur parole. Ichigo, lui, c'était autre chose. Il avait toujours le sentiment d'être épié. Il avait tenu à ce que personne ne sache que lui et Byakuya entretenait une relation, encore moins le clan Kuchiki, pour une bonne raison. Ichigo avait toujours eu peur qu'au moindre faux pas, Byakuya soit obligé de renoncer à leur histoire… Et que, dès que l'ordre serait donné, le noble abdiquerait. Pourtant, à présent, le clan savait et Byakuya était toujours à ses côtés, ne semblant pas plus affecté que cela. Son irritation face aux paroles du clan se dissipa et il concentra toute son attention sur son amant.

- Byakuya, qu'est-ce que ça veut dire? demanda-t-il doucement.

- Ils sont ravis… Parce qu'ils savent parfaitement qu'aucune de ces naissances n'a jamais été aussi loin et que… dans tous les cas, jamais un porteur n'a survécu… donc peu importe qui il est.

- Alors… Ils veulent… notre bébé, souffla Ichigo, mal à l'aise.

Le roux porta instinctivement une main à son ventre, effrayé à l'idée qu'un groupe d'homme, avide de pouvoir, puisse leur arracher leur enfant. Bon sang, si cette grossesse arrivait jusqu'au bout, et qu'il s'en sortait vivant, il était hors de question qu'il perde son bébé. Il allait exprimer ses craintes, cependant, la voix de Byakuya le ramena à la réalité, attirant son attention sur lui.

- Je me fiche bien de ce qu'ils veulent… parce que je ne vais rien leur donner.

- Byakuya… marmonna Ichigo, mais fut coupé dans son élan.

- Ils pensent que je vais te sacrifier au profit de cette chose… Ils se trompent lourdement. Il est hors de question que je prenne le risque de te perdre.

Ichigo soupira lourdement, baissant la tête un instant sur ses doigts, qu'il triturait sur ses cuisses. Byakuya, assis à ses côtés, respecta son silence et ne chercha pas à pousser plus la conversation. Ils s'étaient déjà assez disputés sur le sujet, il ne voulait certainement pas remettre ça. Toutefois, Ichigo n'était pas du même avis.

- J'aimerai prendre ce risque, souffla-t-il à peine mais, il sut tout de suite, qu'il avait été entendu.

Byakuya redressa le dos, se tournant vers lui, raide, comme il l'était souvent lorsqu'il se jugeait attaqué. L'espace d'une seconde, Ichigo eut peur qu'une nouvelle dispute n'éclate et, il n'était pas certain d'avoir l'énergie pour le supporter. Il sentait son corps commencer à fatiguer. Cependant, lorsque la voix de son amant résonna à ses oreilles, ce ne fut pas pour l'invectiver, comme il s'y attendait.

- Pourquoi?

- Quoi…? fit Ichigo, surpris par le ton las, mais dénué de colère de Byakuya.

- Pourquoi veux-tu autant aller au bout de cette folie? demanda le noble. Si tu tiens tant à avoir un enfant… Alors je t'en trouverai un.

- Ce n'est pas une pomme qu'on va acheter au marché, grommela Ichigo.

- Tu as très bien compris ce que je voulais dire.

- Justement! répondit vivement Ichigo. Je ne veux pas en avoir un autre. Je veux «celui-là »! Je veux «notre» enfant.

- C'est trop risqué…

- Moins qu'à l'époque.

- Tu n'en sais rien!

- Toi, non plus! Aujourd'hui, il y a Urahara, Unohana… Mayuri, aussi. Il y a en moi Zangetsu, qui fait tout son possible aussi. J'ai plus de force que tous ceux qui ont été sacrifiés lors de ces expériences.

- Et, si ce n'est pas le cas? demanda Byakuya, la terreur perçant, pour la première fois, le ton monotone de sa voix.

- Je refuse de croire ça, répondit Ichigo, secouant la tête. Je refuse de croire qu'avec tous les génies que nous avons, il ne soit pas possible de faire naître cet enfant.

- Le faire naître n'est peut-être pas le problème… te garder en vie, en revanche…

- Je m'en sors bien, pour l'instant, rétorqua Ichigo. Depuis que tu partages ta pression spirituelle avec moi, je me sens mieux.

Byakuya resta silencieux, serrant les dents, son visage impassible. Ichigo sentit qu'il désirait vraiment répliquer, pourtant, il ne fit que soupirer lourdement.

- Tu es décidé, alors, finit-il par s'exprimer. Je n'ai rien à dire.

Ichigo secoua la tête, triturant nerveusement ses doigts une seconde, avant de répondre:

- Je ne peux pas m'y résigner, Byakuya. Je ne peux pas imaginer ce petit être, un mélange de toi et de moi et accepter l'idée d'y renoncer. Même si Urahara trouvait une solution, je ne pourrais pas.

Un lourd silence les enveloppa, si lourd qu'Ichigo sentit son cœur se serrer douloureusement dans sa poitrine. Il savait parfaitement que cela pouvait sonner le glas de sa relation avec le noble. Qu'il serait plus facile pour lui de renoncer à leur amour, plutôt que d'affronter la possibilité de le perdre pour toujours dans la mort. Finalement, Byakuya se leva, restant immobile un instant avant que sa voix ne résonne dans les murs de la chambre.

- Très bien, déclara-t-il, je ne peux aller contre ta volonté. Je vais en discuter avec Urahara.

- Tu… Tu es d'accord, alors? demanda Ichigo, surpris.

Byakuya ne répondit pas tout de suite mais, il finit par se tourner à moitié vers le jeune homme, acquiesçant une fois, pas une de plus, avant de se détourner pour quitter la chambre. Ichigo sentit aussitôt sa poitrine et son estomac se serrer, la culpabilité venant ronger ses entrailles. Pourtant, il n'arrivait pas à regretter entièrement son choix, se sentant, au plus profond de lui, réellement soulagé à l'idée de garder ce bébé. Il ne savait pas où ça allait le mener avec Byakuya, sachant qu'il lui en demandait beaucoup mais, il espérait sincèrement que le temps adoucirait le noble.

oOo

Après leur échange, Byakuya ne revint pas, comme il avait l'habitude de le faire. Cela fit naître une angoisse supplémentaire et Ichigo se demanda si son choix avait conduit à la fin de leur histoire. Etait-il si égoïste? Peut-être aurait-il dû accepter le choix du noble. Cependant, il savait très bien que cela n'aurait pas été possible non plus. Ils étaient dans une impasse, un tournant et Byakuya avait tout simplement cédé, cela ne voulait pas dire qu'il avait accepté cette situation.

Ichigo passa le reste de la journée seul et finit par s'endormir, complètement épuisé, le corps douloureux comme ce n'était pas arrivé depuis des jours, l'esprit remplis de rêves qui le laissèrent en sueur le matin. Il se réveilla en sursaut, des crampes atroces lui vrillant le ventre, le corps contracté par des spasmes, son regard vitreux tombant sur le visage concentré et inquiet de Byakuya, qui se tenait au-dessus de lui. Il voulut ouvrir la bouche pour lui parler, mais rien ne sortit à part un gémissement de douleur, sur lequel il serra les dents. Une lueur argentée les enveloppait. Il sentit une chaleur l'envahir, la pression de Byakuya qui inondait chaque cellule de son organisme, soulageant son corps souffrant. Il se rendit à peine compte d'une main qui glissait dans ses cheveux avant de sombrer dans l'inconscience.

Lorsqu'il revint à lui, il se sentait groggy, mais beaucoup mieux. Il avait terriblement soif. Sa bouche était pâteuse et il ouvrit difficilement un œil. Il sentit tout de suite, avant même de le voir, la présence deByakuya à ses côtés. Une main chaude serrait la sienne et il bougea instinctivement ses doigts pour presser ceux du noble. Ichigo tourna alors son visage vers le brun, ce dernier se penchant vers lui, une ride d'inquiétude barrant son front, pressant le rebord d'un verre d'eau contre ses lèvres. Le roux but quelques gorgées avant que le verre ne lui soit retiré et que la main revint dans ses cheveux, le faisant soupirer doucement de confort.

- Je t'ai fait peur… souffla Ichigo. Excuse-moi.

Byakuya baissa la tête, restant silencieux une seconde, avant de se redresser, se pencher et déposer un tendre baiser sur sa tempe. Il plongea ensuite son nez dans ses mèches orange, inspirant profondément.

- Ça va être mon quotidien, dorénavant, marmonna-t-il. Chaque jour sera, à la fois, une source d'angoisse et une victoire.

Le noble quitta sa chaise pour s'assoir à ses côtés sur le lit, glissant ses bras autour de lui, attirant son corps contre le sien. Instinctivement, Ichigo répondit à l'étreinte, enfonçant ses doigts dans les mèches noires de Byakuya.

- Tu me demande l'impossible, souffla Byakuya dans le cou du roux.

- Tu as changé d'avis? demanda Ichigo, ses lèvres frôlant l'oreille du brun.

- Non, répondit Byakuya, son souffle dans le creux de son cou le faisant frissonner. Tu as le droit de choisir de le garder et je resterais à tes côtés mais… je ne pourrais jamais accepter qu'il puisse t'arriver quoique ce soit.

Ichigo ferma les yeux sous ses paroles. Il fit glisser son nez de l'oreille de Byakuya jusqu'à sa joue, respirant son odeur piquante, qu'il aimait tant, ses lèvres déposant un baiser contre la mâchoire saillante. Il serra sa prise dans les mèches noires, embrassant son menton, avant de trouver une paire de lèvres, chaudes et fines, qu'il adorait. Elles le happèrent sans demander leur reste, dansant ensemble, s'effleurant, se câlinant. Byakuya vint encadrer une joue, la pulpe de ses doigts caressant tendrement sa peau.

- Je te promets, souffla Ichigo entre deux baisers, de me battre… pour rester… auprès de toi… Je n'abandonnerai pas…

Byakuya ne répondit pas, mais l'intensité du baiser augmenta. Le bout de sa langue, chaude et tentatrice glissa sur sa lèvre inférieure avant que sa jumelle ne vienne à sa rencontre. Un gémissement mutuel leur échappa, Ichigo s'enfonçant un peu plus contre le torse du noble, le désir faisant bouillonner leur ventre. Cependant, ils n'eurent pas le temps de s'écarter lorsque la porte de la chambre s'ouvrit rapidement.

- Oh… Bon sang! On est désolé!

Urahara et Unohana se tenaient dans l'entrée, la capitaine de la quatrième gênée, alors que le scientifique semblait plutôt amusé. Byakuya se redressa aussitôt, quittant le lit et la chaleur d'Ichigo, portant une main à ses lèvres. Le roux redescendit violement de son nuage, ses joues prenant une violente couleur écarlate. Il cacha ses yeux derrière une paume, glissant ensuite ses doigts dans ses cheveux. Il jeta un rapide coup d'œil au noble qui restait obstinément de dos, avant de porter son attention sur Urahara, qui affichait un air goguenard.

- On peut repasser plus tard, si vous voulez, s'exclama-t-il, sa voix tremblant sous un rire contenue.

Ichigo en fut mortifié. Byakuya se retourna vivement vers lui, la main sur la poignée de Senbonzakura, prêt à dégainer pour laver son honneur bafoué par le scientifique. Urahara sortie aussitôt de sa trajectoire alors que Unohana reprenait contenance, s'avançant jusqu'au lit. Elle ausculta Ichigo, son visage ne perdant jamais son sérieux. Elle vérifia ses constances avant de se pencher sur sa pression spirituelle.

- Quelque chose ne va pas? demanda Ichigo, attirant aussitôt l'attention de Byakuya sur lui.

Les deux hommes s'approchèrent chacun d'un côté du lit. Unohana échangea un coup d'œil avec Urahara, puis lui céda sa place. Ce dernier ne répondit pas tout de suite, auscultant lui-même Ichigo. Ce dernier ne disait rien mais, une sourde angoisse lui vrillait l'estomac et la poigne de Byakuya sur sa main n'arrangeait pas la situation. Finalement, Urahara soupira doucement, se redressant, son chapeau voilant son regard un instant, avant qu'il n'échange un regard avec la brune et reporte son attention sur le noble et Ichigo.

- Il n'y a rien de catastrophique, pour l'instant, déclara-t-il, mettant le plus d'assurance possible dans le ton de sa voix.

- Pour l'instant? demanda Byakuya.

Urahara pinça les lèvres, n'aimant pas cette partie de la conversation. Avant qu'il ne puisse répondre, Unohana pris les devants.

- Il faut savoir que le… le bébé, dit-elle, jetant un coup d'œil à Byakuya, connaissant l'aversion du noble à nommer ce petit être, grandit un peu différemment que lors d'une grossesse normal.

- Comment ça «différemment»? questionna Ichigo.

- Eh bien, dans le ventre d'une femme, le bébé grandit dans l'utérus. C'est lui qui apporte tout ce dont il a besoin pour se développer, commença Unohana.

- Un utérus, que tu n'as pas, Ichigo, poursuivis, Urahara. Alors, pour grandir, une poche de pression spirituelle s'est créée. C'est cette dernière qui maintien, protège le bébé et lui permet de se développer dans ton ventre. Cependant… Pour que cela se poursuive sans problème, cette poche doit rester stable et grandir en même temps que le fœtus.

- Qu'est-ce que ça veut dire, exactement? demanda Byakuya.

- Le bébé se «nourris» de cette poche de pression spirituelle, répondit Urahara…

- Plus la grossesse va avancer, plus il aura besoin de pression spirituelle pour se développer correctement, poursuivis Unohana.

Ils restèrent tous silencieux un moment, assimilant les nouvelles. Finalement, Ichigo releva la tête.

- C'est pour cette raison que Byakuya doit m'en donner?

- Oui, répondit Urahara. Le problème, c'est qu'il est le seul à pouvoir le faire. En tant que père du bébé, sa pression spirituelle est compatible avec la sienne et la tienne… Cependant…

- Nous ne savons pas s'il pourra tenir jusqu'au terme de la grossesse, continua Unohana.

- Je tiendrais! affirma Byakuya d'une voix ferme et concise.

Urahara acquiesça, mais ajouta:

- Je sais que tu le feras mais, j'aimerais demander à Isshin et Karin d'essayer. Leur pression spirituelle sera peut-être compatible. Ça permettrait de te reposer entre deux transfusions.

- Je… Je vais devoir le dire à mon père, souffla Ichigo.

- J'en ai bien peur, oui, répondit Urahara. Mais, c'est nécessaire.

Le roux acquiesça, pas pressé de devoir annoncer à son père qu'il avait une relation… avec un homme pour commencer… et qu'en plus de ça, ce même homme l'avait mis enceinte. Il tourna son regard vers le noble, qui restait de marbre. Il n'enviait pas sa position, mais il enviait encore moins celle de Byakuya.

- Il y a d'autres points, que j'aimerai aborder, finit par s'exclamer Urahara, ramenant tout le monde à la réalité.

- Lesquels? demanda le noble.

- Premièrement, nous nous sommes renseignés sur les expériences, qui ont eu lieu à l'époque, répondit Unohana. Les porteurs sont toujours tombés enceinte grâce à une aide extérieur.

- Comment ça? questionna Ichigo, fronçant les sourcils.

- Il a fallu créer la poche de pression spirituelle. Nous nous sommes rendu compte de ton état, uniquement parce que ton corps ne supportait plus le développement du fœtus. Tu manquais de pression spirituelle mais, pour en arriver jusque-là, il fallait déjà maintenir cette poche stable, expliqua Urahara.

- Est-ce que tu essais de nous dire, qu'une tierce personne, a fait en sorte qu'Ichigo soit dans cet état? interrogea Byakuya.

- Nous sommes certains que ce n'est pas l'un de vous deux, répondit Unohana, donc c'est obligatoirement quelqu'un d'autre.

- Quelqu'un qui vous connait bien, de préférence, ajouta Urahara. Qui savait pour votre relation.

Ces paroles plongèrent la chambre dans un profond silence. Ichigo fronça les sourcils, baissant les yeux sur ses cuisses recouvertes des couvertures de son lit. Byakuya croisa les bras sur sa poitrine, se détournant, réfléchissant intensément. Qui aurait pu avoir envie de faire une telle chose? Qui aurait pu commettre une telle folie? A part les anciens des différents clans des familles nobles, personnes ne connaissait l'histoire de ces expériences pour vouloir réessayer.

- C'est ma faute!

Résonna soudainement une voix caverneuse dans la chambre, prenant tout le monde par surprise. Ichigo releva la tête, écarquillant les yeux. Byakuya se retourna violemment, ses bras tombant le long de son corps, alors qu'Unohana et Urahara faisaient volte-face, tous regardant le nouvel arrivant avec surprise. Là, devant eux, au pied du lit, se tenait, matérialisé, la silhouette blanche de Zangetsu, ses yeux jaunes aussi francs et arrogants que d'habitude, pourtant, Ichigo pouvait y voir une petite lueur, qu'il identifia comme un brin de culpabilité.

- C'est une des théories que j'avais imaginé, finit par s'exclamer Urahara.

Cela attira l'attention de tout le monde sur lui. Ichigo était complètement abasourdis, ne quittant pas son hollow du regard. Cependant, la colère anima Byakuya, qui s'avança, menaçant, vers Zangetsu.

- Que veux-tu dire par «c'est ta faute»?

- Exactement ce que ça veut dire Princesse!

Le noble serra les dents, faisant un pas de plus vers le hollow, sa main empoignant son zanpakuto. Ichigo se redressa aussitôt, essayant de sortir de son lit.

- Byakuya, attend! s'exclama-t-il, tendant une main vers le noble, ses membres tremblant, alors qu'il était à moitiédans et hors de son lit. Laisse-le s'expliquer… s'il te plait.

Son amant pinça les lèvres, adressant un dernier regard mauvais à Zangetsu, puis se tourna vers Ichigo. Il s'approcha de lui, l'aidant à se redresser et se rallonger.

- Explique-toi! Vite! ordonna Byakuya, fermement.

- Il n'y a rien à expliquer, répondit Zangetsu. C'est ma faute. J'en avais marre de votre situation. J'en pouvais plus d'être au première loge de vos disputes constantes, sans aucun changement.

- Alors tu t'es dit que tu allais faire en sorte de tuer ton hôte?!

- Ne soit pas bête, Princesse! s'agaça Zangetsu. Je ne m'attendais pas à ça. J'ai entendu parler de cette expérience et, je n'ai pas réfléchis. Pas une seule seconde j'ai pensé que ça pouvait mal se passer. D'ailleurs, quand je me suis rendu compte que c'était en train de mal tourner, j'ai tout de suite fait en sorte de concentrer toute ma puissance dans cette boule de pression spirituelle, pour le maintenir le plus longtemps en vie. Je ne savais pas que ça allait être irrémédiable. Lorsqu'enfin, on la ramené à la Soul Society, je pensais pouvoir continuer à le garder en vie et que je suffirais pour faire grandir le bébé, ou, dans le pire des cas, que quelqu'un arriverait à…

- Le retirer de mon ventre…? souffla Ichigo, posant instinctivement ses deux mains contre son abdomen.

- Oui, acquiesça Zangetsu.

- Sauf que cela n'est pas possible! fulmina Byakuya. Tu l'as probablement condamné à une mort certaine!

Ichigo attrapa une main du noble, serrant ses doigts entre les siens, l'incitant à se calmer. Byakuya serra les dents, se détournant de tous pour se poster devant la fenêtre de la chambre, son cœur battant douloureusement dans sa poitrine, comme ce n'était pas arrivé depuis très longtemps.

- J'ai commis une erreur, râla Zangetsu. J'en ai parfaitement conscience.

- Pourquoi une telle extrémité? demanda Ichigo. Tu… Tu aurais pu m'en parler.

Le hollow lui adressa un regard torve, penchant la tête sur un côté, croisant ses bras sur sa poitrine.

- Sérieusement, Mon Roi!? Lorsqu'il s'agit de sa Seigneurie Princesse, plus rien d'autre ne compte.

- Non! Ce n'est pas vrai!

- Si! C'est vrai! répliquèrent Urahara et Unohana, en même temps.

Ichigo leur adressa un regard mauvais, avant de retourner son attention sur son hollow.

- Ça fait des années que je suis témoin de toute cette mièvrerie! pesta Zangetsu. J'en avais assez! Vous aviez tous les deux besoin de discuter sérieusement, de faire de vrais choix, et vous agissez comme deux gamins tournant autour d'un bol de bonbons. Je me suis dit que vous aviez besoin de quelque chose, qui vous pousserez à agir enfin.

- Qui t'a parlé de ces expériences? questionna Urahara.

- Ça n'a pas d'importance, répondit le hollow. Il ne pourra pas vous aidez de toute façon, il n'en savait pas beaucoup plus.

- Mais, tu es un zanpakuto, fit Unohana. Tu ne peux pas interagir avec le monde extérieur… Comment aurais-tu pu avoir une conversation avec quelqu'un d'autre…

- Un autre zanpakuto! s'exclama Ichigo.

Il se souvenait, du moment où il avait atterri dans son monde intérieur, alors qu'il pensait être mort. Zangetsu lui avait dit qu'il avait changé dernièrement. Et c'était vrai. A présent, si son monde intérieur ressemblait toujours à une ville, cette dernière était, maintenant, enseveli sous une énorme floraison de cerisier. Il tourna son regard vers Byakuya, qui s'était retourné vers lui. Ils se fixèrent une seconde, avant qu'il ne retourne son attention sur son hollow.

- Toi et Senbonzakura… vous pouvez communiquer? C'est ça? demanda Ichigo, avançant une théorie dont il n'était pas entièrement certain.

- Ce n'est pas possible, Ichigo, répondit gentiment Byakuya.

- Ton monde intérieur n'a pas changé? demanda le roux.

- Je ne sais p…

- Bien sûr que non! le coupa Zangetsu. Puisque tu ne daignes jamais aller le voir!

- Senbonzakura et moi avons notre propre façon de communiquer, répondit le noble, agacé.

- Le mien a changé, fit cependant Ichigo, attirant le regard de Byakuya sur lui.

- Comment ça? demanda Urahara, visiblement très curieux.

Ichigo resta silencieux, laissant les autres attendre avec impatience sa réponse. Finalement, il soupira, fixant, à nouveau, le noble.

- Au départ, je pensais que c'était à cause…

Avec une grimace, il fit un geste vers son ventre.

- Comme, tu es le père… je me suis dit que c'était «normal».

- Qu'est-ce qui es «normal», Ichigo? demanda Byakuya.

- Mon monde intérieur a toujours été une grande ville… De grands immeubles sens dessus-dessous et rien d'autre. Mais maintenant… Cette grande ville croule sous d'immenses cerisiers en fleur. Donc, je pensais que c'était à cause du bébé mais…

- Ça fait plus longtemps que ça, avoua Zangetsu, attirant sur lui le regard, surpris, de Byakuya.

- C'est stupéfiant! fit Urahara. Vos deux mondes intérieurs sont connectés.

- Toi… Et Senbonzakura, fit le noble… Vous pouvez communiquer ensemble?

- Nous pouvons nous voir, répondit Zangetsu. Nous pouvons allez dans le monde intérieur de l'un et de l'autre et cela, bien avant la création de ce bébé… Cela devrait vous poussez à vous poser les bonnes questions.

La pièce fut soudainement plonger dans un silence abasourdis. Après quelques seconde, Ichigo ressentit une profonde fatigue et un le début d'un atroce mal de tête. Zangetsu l'éprouva aussi, car sa matérialisation flancha un instant.

- Je ne pourrais plus revenir. Je tenais à le faire, maintenant, pour tout expliquer, mais je vais mettre toute ma puissance dans le maintien de la sphère de pression spirituelle. Ichigo, tu ne pourras pas faire appel à moi.

- Quoi…? souffla le roux.

- Tu ne peux plus te battre et… Je ne sais pas si… Tu pourras le refaire un jour.

- Qu… Quoi? Comment ça?

- Je suis désolé, fit Zangetsu avant de disparaitre.

Ichigo, choqué, restant un instant bloqué là ou Zangetsu se tenait une seconde auparavant, avant de tourner son regard vers chaque personnes présente.

- Qu'… Qu'est-ce qu'il… à voulut dire?

Le noble s'approcha de lui, posant une main tendre sur le bras à sa portée.

- Byakuya…? Qu'est-ce qu'il a voulu dire? redemanda Ichigo.

- Tes centres spirituels…, répondit le brun.

- Ils se fissurent, termina Unohana, à la place de Byakuya.

Le mal de tête d'Ichigo s'intensifia et il serra les dents sous la douleur qui lui vrilla les tempes.

- Alors… c'était ça «l'autre point» que vous vouliez aborder, finit-il par dire, tournant son regard vers Urahara.

L'homme au chapeau acquiesça silencieusement, avant de soupirer un grand coup.

- Après ça… Si je m'en sors… Je ne pourrais plus jamais être un shinigami…

- Nous ne savons pas avec certitude, répliqua le scientifique. Nous allons tout faire pour que tes centres spirituels ne se détruisent pas.

- Mais…

- Ne pense pas au pire, coupa Byakuya. C'est ce que tu n'arrêtes pas de me répéter, alors fait le aussi.

- C'est pour ça que vous voulez demander à mon père et à ma sœur d'essayer le transfert de pression spirituelle?

- On espère que cette solution gardera tes centres spirituels assez intacts, pour poursuivre la grossesse sans plus de risque, approuva Unohana.

Ichigo ferma les yeux, basculant sa tête contre son oreiller. Il déglutit, son mal de tête devenant de plus en plus insupportable. Il avait bêtement espéré qu'après avoir fini par convaincre Byakuya de garder le bébé, tout aller s'arranger. Qu'après ça, ils pourraient aller de l'avant mais, peut-être qu'il n'y aurait bien jamais d'avenir.

Il rouvrit subitement les yeux lorsqu'il sentit un poids s'installer à ses côtés, tombant sur le visage de son amant. Il n'avait pas entendu Urahara et Unohana quitter la chambre. Le noble l'attira contre lui, l'enfermant dans une étreinte chaude et serrée. Les bras, forts et fermes, l'entourèrent avec assurance et il s'y glissa avec abandon et confiance. Il sentit un afflux de pression spirituelle l'inonder doucement et il referma les yeux, s'accrochant sans honte au torse de Byakuya, enfonçant son nez dans son cou, respirant son odeur. Il ne pouvait pas baisser les bras, pas encore. Le noble ne lui pardonnerait jamais. Il se devait de continuer à espérer, pour lui. Il se laissa bercer, l'inconscience le gagnant avec soulagement.

oOo

Note : On oublie pas que c'est une fanfiction. Même si c'est probablement impossible que Zangetsu se manifeste ou que lui est Senbonzakura puisse se connecter, j'adore l'idée haha...

A la prochaine..