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Le soleil se levait paresseusement sur Poudlard, effleurant les tours de pierre d'une lumière dorée. Dans la Grande Salle, les élèves prenaient leur petit-déjeuner dans un bruissement de voix curieuses et de vaisselle animée. Hermione, assise à la table des professeurs, gardait un œil attentif sur ses élèves, déjà alertée par la note officielle reçue tôt ce matin.

Elle n'eut pas longtemps à attendre.

Le professeur Dumbledore se leva, tapotant calmement son verre, et le silence se fit aussitôt.

— Mes chers élèves, commença-t-il de sa voix chaleureuse, j'ai le plaisir de vous annoncer une initiative un peu particulière. Aujourd'hui, plusieurs anciens élèves de Poudlard viendront partager avec vous leur parcours après leur scolarité. Il ne s'agit pas seulement de carrières, mais aussi de choix, de convictions et de l'impact qu'un élève peut avoir sur le monde sorcier… ou sur lui-même.

Il marqua une pause, le regard pétillant.

— Parmi nos invités : Monsieur Norbert Dragonneau, célèbre magizoologiste ; Monsieur Arthur Weasley, employé émérite du Département des Détournements de l'Usage des Objets Moldus ; et enfin, Monsieur Lucius Malefoy, membre du Conseil d'administration du Ministère de la Magie.

Un murmure parcourut la salle. Certains élèves échangèrent des regards intrigués. D'autres, des sourires tendus. Hermione, elle, sentit aussitôt une crispation à sa gauche : Severus Rogue, silencieux, fixait son assiette avec une concentration suspecte.

Elle, en revanche, haussa un sourcil. Voilà qui promettait d'être... animé.

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L'après-midi arriva plus vite qu'attendu. Hermione avait réorganisé sa salle de Défense contre les Forces du Mal : les bancs repoussés, les chaises disposées en cercle autour d'un petit espace central. Les septièmes années — Lily, James, Sirius, Remus, Severus, Aëlys de Serdaigle et quelques autres — prirent place avec curiosité.

Norbert Dragonneau, les cheveux en bataille et le regard doux, observait les élèves avec intérêt. Arthur Weasley arborait un sourire sincère, mal à l'aise dans un costume trop grand. Lucius Malefoy, drapé dans une cape sombre, s'appuyait sur une canne, regardant autour de lui comme s'il jugeait les lieux indignes.

— C'est une joie de revenir ici, dit Norbert avec chaleur. J'espère que certains d'entre vous envisageront un travail avec les créatures magiques. C'est un domaine exigeant, mais profondément enrichissant.

Arthur prit la parole avec enthousiasme :

— Le monde sorcier aurait beaucoup à gagner à s'inspirer des Moldus. Leur inventivité est parfois au-delà de ce que la magie permet.

Lucius sourit lentement, glacial.

— Charmant. Il est vrai qu'Arthur a toujours eu une passion… attendrissante pour les objets moldus. On raconte qu'il possède un grille-pain enchanté dans son bureau. Un chef-d'œuvre de technologie.

Des ricanements s'élevèrent côté Serpentard. Arthur, sans se départir de son calme, répliqua :

— Il vaut mieux s'émerveiller d'un grille-pain que s'attacher à des artefacts de magie noire, Lucius.

— Toujours aussi prompt à se défendre, Weasley.

Hermione intervint, d'un ton posé mais sans équivoque :

— Messieurs. Les élèves sont ici pour apprendre, pas pour assister à vos joutes verbales.

Lucius s'inclina légèrement, son regard glissant vers elle.

— Bien sûr, Professeure Granger.

L'échange se poursuivit, moins tendu. Remus interrogea Norbert sur les créatures obscures, Lily sur les lois de protection magique, et Sirius lança une pique sur la coupe de cheveux de Lucius, soutenu par les applaudissements rieurs de James.

Mais alors que la session touchait à sa fin, Hermione remarqua que Lucius était resté. Il s'était rapproché d'un groupe de Serpentard — Rosier, Mulciber… et Severus, en retrait.

— Voilà où mène le laxisme, disait-il doucement. Des professeurs sans pedigree qui prêchent la tolérance comme vertu. Bientôt, un elfe de maison vous enseignera les sortilèges.

Hermione, encore à son bureau, se redressa.

— Monsieur Malefoy, il est temps de laisser place au groupe suivant.

Lucius se retourna, narquois :

— Bien sûr. Je ne voudrais pas priver vos élèves de la sagesse d'une… née-Moldue.

Un silence brutal s'abattit sur la pièce. Lily, restée en arrière, vit les doigts d'Hermione se crisper.

Mais elle ne cilla pas.

— Vous avez raison sur un point, Monsieur Malefoy. Je suis une née-Moldue. Et j'ai travaillé plus dur que beaucoup pour me tenir là où je suis aujourd'hui. Votre mépris ne m'atteint pas. Il ne fait que révéler vos propres limites.

Des murmures s'élevèrent. Lucius, piqué, garda le silence.

— Le professeur Slughorn prendra la relève, conclut-elle.

Elle tourna les talons, quittant la pièce dans un bruissement de robe noire. Lily la suivit sans hésiter.

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Hermione marchait d'un pas rapide dans les couloirs, la mâchoire encore contractée. Elle ne s'attendait pas à être rattrapée.

— Professeure Granger ?

Elle s'arrêta, se retourna lentement. Lily Evans s'approcha, les sourcils froncés, la voix hésitante.

— Vous… vous n'étiez pas obligée de répondre comme ça. Mais… c'était impressionnant.

Hermione la fixa un instant. Cette élève-là… elle avait cette même flamme que jadis, dans un autre temps. Elle soupira, adoucissant ses traits.

— Ce n'est pas la première fois qu'on m'insulte ainsi. Mais chaque fois, je choisis de répondre. Pas pour lui. Pour moi. Et pour ceux qui écoutent.

Elle hésita, puis remonta doucement sa manche.

Lily écarquilla les yeux. Une fine cicatrice sinueuse marquait la peau d'Hermione, ancienne mais visible.

— C'est… c'est une marque ?

— Oui. Un rappel. Pas une blessure que j'ai choisie, mais que je porte. Pas pour susciter la pitié. Pour ne pas oublier ce qu'on essaie parfois d'effacer.

Lily resta silencieuse, saisie par le poids de ce geste. Puis hocha lentement la tête.

— Merci de me l'avoir montrée.

— Ce que tu es n'est jamais une faiblesse, Lily. Jamais.

Un silence doux s'installa. Puis Hermione remit sa manche, esquissa un demi-sourire.

— Tu devrais retourner en classe. Moi… j'ai besoin de prendre l'air.

— Oui, professeure. Et… merci.

Hermione la regarda s'éloigner, une lueur nouvelle dans les yeux. Puis elle reprit sa marche, plus calme, plus droite, portée par quelque chose d'invisible — la certitude d'avoir semé une graine.

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Depuis la salle encore occupée, Sirius suivait toujours la porte des yeux. Ses bras croisés, son regard sombre.

— Elle est incroyable, murmura-t-il presque pour lui-même.

James le regarda de travers.

— Quoi ?

— Rien, Potter. Rien du tout.

Mais au fond, Sirius savait que quelque chose avait bougé.

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