La nuit était tombée sur Galar, enveloppant l'hôtel dans un silence pesant, troublé uniquement par le léger souffle du vent. Cynthia se tournait et se retournait dans son lit, les draps froissés autour d'elle, mais le sommeil refusait de la gagner. Une sensation d'inquiétude la tenait éveillée, amplifiée par les ombres dans la pièce et le léger craquement des vieux murs.
Au bout d'un moment, elle perçut des murmures, des chuchotements indistincts qui flottaient dans l'air. Intriguée et légèrement inquiète, elle se redressa dans son lit et jeta un coup d'œil à Diantha, qui dormait paisiblement, inconsciente des bruits étranges qui l'entouraient. Cynthia hésita, mais sa curiosité l'emporta sur sa prudence.
Après avoir attendu quelques instants, s'assurant que sa meilleure amie était bien plongée dans un sommeil profond, elle se leva doucement, prenant soin de ne pas faire de bruit. Elle enfila une veste et sortit de la chambre, le cœur battant d'excitation et de nervosité.
Les couloirs de l'hôtel étaient sombres, à peine éclairés par des lampes vacillantes. Chaque pas résonnait sur le plancher en bois, et les chuchotements devenaient de plus en plus clairs au fur et à mesure qu'elle s'avançait. Ils semblaient l'appeler, comme si une force invisible la guidait vers leur source.
Cynthia se figea devant une porte à peine visible au bout du couloir. Elle était ornée de motifs étranges, presque mystiques, et semblait pulsée d'une énergie sombre. Les murmures étaient plus puissants ici, chuchotant des mots incompréhensibles mais chargés d'émotion. Un frisson lui parcourut l'échine, mais elle savait qu'elle devait découvrir d'où provenaient ces voix.
Cynthia, le cœur battant, prit une profonde inspiration et ouvrit la porte. Le grincement des gonds résonna dans le silence, et elle pénétra dans la pièce. À l'intérieur, la lumière était encore plus faible que dans le couloir, et une odeur de vieux bois et de poussière l'enveloppa. Ses yeux s'habituèrent rapidement à l'obscurité, et c'est alors qu'elle aperçut une silhouette croulant dans un coin : un vieil homme, assis dans un placard à balais, sa peau incroyablement pâle presque translucide.
Ses yeux, enfoncés dans leurs orbites, brillaient d'une lueur fiévreuse. Il murmurait des mots à peine audibles, répétant inlassablement : « Fuis… méfiez-vous… »
« De qui faut-il se méfier ? » demanda Cynthia, ne pouvant s'empêcher d'approcher malgré le frisson d'appréhension qui lui parcourait le dos.
Le vieil homme leva lentement la tête, et son regard croisa le sien. Ses yeux, d'un noir profond et perçant, semblaient dépassé par la peur. « Il est de retour… » murmura-t-il d'une voix éraillée, comme si chaque mot lui coûtait un effort monumental. « Le Corbeau… le diable aux yeux rouges. »
Cynthia frissonna à l'évocation de ce nom. Elle n'avait jamais entendu parler du "Corbeau", mail elle avait un mauvais pressentiment. « Que signifie cela ? » demanda-t-elle, sa voix tremblante d'angoisse. « Que doit-on faire ? »
Le vieil homme secoua la tête, son expression empreinte de terreur. « Écoute-moi, jeune femme. Il se nourrit de la peur et de l'angoisse. Il s'infiltre dans les rêves et les esprits, sème la discorde. Vous devez quitter cet endroit avant qu'il ne vous trouve. »
Cynthia, bien que troublée par ses paroles, se sentit déterminée. « Mais nous sommes ici pour découvrir la vérité sur le temple et les légendes. Nous ne pouvons pas fuir sans comprendre ce qui se passe. »
« La vérité a un prix », murmura le vieil homme, sa voix se faisant de plus en plus faible. « Parfois, mieux vaut ne pas chercher ce que l'on ne peut pas affronter. Le Corbeau ne laisse jamais partir ceux qui s'aventurent trop près de son ombre. »
Cynthia sentit une vague d'inquiétude l'envahir. Elle savait qu'elle devait retourner auprès de Diantha et partager ce qu'elle avait appris. Mais une part de son esprit, celle qui avait toujours cherché à comprendre, était maintenant en proie à un dilemme. Rester et affronter le mystère ou fuir et garder le secret ?
« Je vais vous aider, » déclara-t-elle enfin, la voix ferme malgré sa peur. « Je ne laisserai pas le Corbeau s'en prendre à ceux que j'aime. »
Le vieil homme la regarda avec un mélange de respect et de désespoir. « Alors, sois prudente, Cynthia. La nuit est pleine de surprises, et le Corbeau a des yeux partout. »
Avec cette mise en garde gravée dans son esprit, Cynthia sortit de la pièce, le cœur lourd mais déterminé. Le mystère s'épaississait autour d'elle, et elle savait qu'elle devait avertir Diantha et se préparer à tout ce que le Corbeau pourrait déclencher dans cette quête de vérité.
