Musiques : Entr'acte, The Plot Thickens et Lapis Philosophorum – Piano Solo (FMAB, OST 2)
Note : Pour le coup, petit chapitre tranquille, mais croyez-moi, vous en avez bien besoin avant qu'on attaque sous peu la troisième partie de l'histoire ! Ne me demandez pas combien il y en a au total, je n'en ai foutre aucune idée.
Chapitre 26 : Débroussaillage
Riza s'abîma dans la contemplation du café gorgé de sucre qui reposait au fond de sa tasse déjà froide. Elle le touilla machinalement, laissant ses pensées errer au gré du bruit cristallin de la cuillère qui raclait la porcelaine à un rythme régulier. D'habitude, elle préférait son café noir, mais avec tout ce qu'elle traversait en ce moment, un petit coup de boost ne serait pas de trop.
Un lourd silence s'était installé. Sig, debout aux côtés de sa femme, elle-même assise face à Riza autour de la table de la salle à manger, lui jeta un regard inquiet qui détonnait avec son apparence bourrue d'ursidé.
« Je vois… », souffla Izumi, comme pour se donner le temps de passer en revue toutes les péripéties que venait de lui relater son invitée. « En somme, ces derniers jours ont été mouvementés », résuma-t-elle en croisant ses mains devant son visage et en appuyant son menton dessus, pensive. « Même si j'avais déjà connaissance de certaines choses ou que je m'en doutais, j'en ignorais beaucoup d'autres.
— Voilà pourquoi je tenais à vous rencontrer. J'ai besoin de votre avis et je souhaitais également comprendre pourquoi vous n'aviez pas agi depuis tout ce temps, alors que vous êtes si proche des garçons. J'avais espéré que vous ayez eu de leurs nouvelles, mais…
— Ce n'est pas le cas, comme je vous l'ai dit. J'étais au courant pour leur emménagement à Central, bien évidemment, ainsi que pour la "promotion" d'Ed. Je savais aussi qu'Al avait récupéré son corps par un étrange miracle que je ne m'explique toujours pas. Sauf que vu que ces deux têtes de mule préfèrent souvent faire cavaliers seuls et sont manifestement allergiques au courrier ou au téléphone, je n'ai pas la moindre idée de ce qui a pu leur arriver après ça. Ni de ce qui a pu pousser Ed à disparaître.
— "Poussé" ?
— Vous m'avez bien dit que c'est lui qui n'a plus donné signe de vie le premier, non ?
— Oui, mais ce sont les homonculi qui…
— Pas forcément. La presse n'a jamais mentionné d'effraction chez les garçons, n'est-ce pas ? Et vous-même, vous n'en avez pas eu vent par Alphonse ou qui que ce soit, je me trompe ? »
Riza resta interdite. Izumi laissa un sourire amer lui barrer le visage.
« C'est bien ce que je me disais. Et puis, je ne pense pas qu'Ed ait pu être battu par le premier venu, et encore moins kidnappé– aussi dopé à la pierre son adversaire soit-il. »
Le lieutenant décrypta sans mal le sous-texte mâtiné de fierté : « Je l'ai entraîné mieux que ça. » Izumi laissa son regard glisser sur le côté, dans un ailleurs de conjectures.
« Il ne s'est pas non plus évanoui dans la nature. Ou ses opposants étaient plus forts que je ne le crois – et j'en doute –, ou ils ont réussi à trouver un moyen de pression suffisant pour qu'Ed consente à disparaître. Ce sont les seules explications possibles.
— Al… », souffla aussitôt Riza.
Izumi hocha la tête.
« Il n'est pas à exclure qu'Al soit lié au départ d'Edward. Ce n'est qu'une hypothèse, mais il nous faut l'envisager. Et nous savons toutes deux que comme Ed, Al remuerait ciel et terre pour le retrouver. Sauf que, contrairement à lui, il est nettement plus posé. Cette façon précipitée d'agir, au mépris du danger… ça ne lui ressemble pas. Peut-être y avait-il urgence. Dans un cas comme dans l'autre, si Al estimait qu'il avait bien un rapport avec la disparition d'Ed, ça ne m'étonnerait pas qu'il ait pu foncer tête baissée pour lui venir en aide. Ça expliquerait pourquoi votre supérieur et lui n'ont pas pris la peine de vous attendre, ce soir-là. Quant à l'explosion, ça reste encore un grand mystère. Je vous rejoins au moins sur un point : Scar n'y est pour rien. Honnêtement, s'il disposait d'une telle puissance, il y a longtemps qu'il serait passé à l'action et que ce gouvernement aurait rendu les armes. Amestris pleurerait plus qu'une vingtaine de morts, aujourd'hui », exposa Izumi avec calme, comme si toute la scène défilait devant ses yeux et qu'elle se contentait de la rapporter.
Riza, elle, n'en croyait pas ses oreilles. Il lui semblait que la vérité même émergeait de la bouche de cette femme, alors qu'elle n'avait pris conscience de toute la mesure de la situation que quelques minutes auparavant.
Décidément, l'esprit de déduction des alchimistes m'impressionnera toujours. Elle jongle avec toutes ces données comme si c'était l'enfance de l'art, alors que moi, je me noie dans un verre d'eau.
« Cela dit, quelque chose me chiffonne, dans tout ça », admit cependant la détective de circonstances.
« Quoi donc ?
— La visite qu'Edward vous a rendue. Pourquoi ces "homonculi" l'auraient-ils laissé aller chez vous s'ils l'ont enlevé ? Pensez un peu à toutes les informations qu'il serait susceptible de divulguer à leur sujet ! Alors, soit vos yeux vous ont joué des tours, soit il ne s'agissait pas vraiment d'Edward, mais d'un déguisement.
— Je suis sûre que non. Le garçon que j'ai vu ne pouvait être que lui. J'en suis certaine ! » insista la blonde en tapant du poing sur la table, sentant son cœur s'emballer sous le poids du regard dubitatif de la brune. « Vous devez me croire », réitéra-t-elle, les dents serrées.
Izumi était la seule à pouvoir l'aider. Si elle doutait de sa version des faits, elles allaient droit dans le mur.
« Admettons », concéda Izumi, non sans un claquement de langue qui trahit son scepticisme. « Mais un autre point reste à éclaircir : qu'en est-il du général ? »
Riza, dont le poing était toujours abattu sur la table, ramena sa main à elle d'un air pensif. L'énigme qui l'obsédait revenait sur le tapis. Son cœur avait frémi à sa mention.
La soldate inspira profondément, puis tenta de décoder d'une voix éteinte :
« Même si cet homonculus était très convaincant quand il m'a certifié l'avoir tué, le journal nous crie l'inverse. Je me dis que cette créature pourrait très bien m'avoir menti, bien que rien n'explique comment elle aurait pu se retrouver en possession des gants du général. Sans eux, je vois mal comment il aurait pu s'en sortir. Alors, peut-être que… peut-être que ce métamorphe a voulu me duper. Peut-être car j'étais dans le vrai en refusant de croire à la mort du général et que cela contrariait leurs plans. »
Où se situait le vrai du faux dans tout ça ? En énonçant tout haut ce qu'elle souhaitait tout bas, ne cherchait-elle pas plutôt à maquiller la réalité qu'à trouver la vérité ? La tentation était grande, mais Riza s'efforça de rester lucide. En fin de compte, il n'y avait qu'une réponse possible à la question d'Izumi :
« En tout cas, je sais que je n'en aurai le cœur net que lorsque j'aurai le général en face de moi, en chair… ou en os. Sans compter que, pour l'heure, je n'ai strictement aucune idée de l'endroit où il aurait pu trouver refuge s'il avait bel et bien survécu.
— Laissons cette inconnue de côté pour l'instant, voulez-vous ? Supposons donc que Roy Mustang et Edward soient vivants.
— Oui.
— Qu'en est-il d'Al ? »
Riza adressa un regard douloureux à Izumi. À présent qu'elles avaient discuté plusieurs heures, le lieutenant avait acquis la certitude que cette femme occupait bien plus de place qu'un simple maître dans la vie des deux frères. Fatalement, cette histoire la touchait plus qu'elle ne le laissait voir. Or, les mots qu'elle s'apprêtait à prononcer allaient, à nouveau, être durs à entendre :
« Je… Je n'ai pas le moindre indice le concernant. Je me suis dit qu'il était probablement retenu en otage… ou… ou peut-être mort. »
Un silence accabla le couple. Sig attrapa tendrement la main tremblante de sa femme. Pourtant, loin de fondre en larmes, Izumi déclara d'un ton égal :
« Al serait donc soit enfermé quelque part, soit mort.
— A priori.
— Et rien ne vous choque ? Si Al est prisonnier ou, pire, s'il a été assassiné, pourquoi Ed n'a-t-il pas encore cherché à échapper à ses ravisseurs ? Pourquoi n'a-t-il pas tenté d'appeler à l'aide ? S'il est venu chez vous, c'est qu'il jouit d'une certaine liberté de mouvement ou qu'il s'est enfui, selon toute vraisemblance. C'était l'occasion rêvée de demander du secours. Sans compter que s'il a bien récupéré son bras et sa jambe, comme vous le soutenez, qu'en est-il d'Alphonse ? Vous devez connaître Ed tout comme moi : jamais il ne laisserait Al sur la touche, encore moins s'il avait déjà retrouvé son propre corps.
— En effet. Je ne l'imagine pas abandonner Alphonse à son sort. Lorsque Edward donne sa parole, il s'y tient. Surtout quand il s'agit d'Alphonse », abonda Riza.
« Exactement. Cela nous amène donc à la question suivante : pourquoi et comment Ed aurait-il pu récupérer ses membres ? Quel intérêt pour ses ravisseurs à l'y aider ou à l'y autoriser, alors qu'il est censé être captif ?
— Je me le demande encore…
— Et malgré ça, vous êtes certaine que c'était Ed, et pas cet homonculus polymorphe qui se serait travesti.
— Absolument.
— Très bien. Vous avez vu Ed. Mais vous admettrez qu'avec toutes les interrogations que ça soulève, votre témoignage pose un problème. »
Jusque-là silencieux, Sig prit tout à coup la parole :
« Tout ça, c'est pas logique.
— C'est ça ! » s'exclama Izumi en pointant brusquement son index vers son mari d'un mouvement vif. « Ou, plus précisément, c'est cet Ed qui n'est pas logique. Celui que vous avez vu cette nuit. Et c'est pour ça que nous sommes coincés. »
Elle se tourna vers Riza, et demanda :
« Est-ce que vous comprenez ce que ça signifie ?
— Pas du tout », avoua la blonde, complètement perdue, et dont le cerveau peinait à suivre la cadence effrénée de celui de l'alchimiste.
« Mademoiselle Hawkeye… Comment voulez-vous démêler ce mystère si vous vous attaquez non pas au nœud du problème, mais à ses répercussions ? »
La soldate écarquilla les yeux.
« Il faut rediriger nos pensées en amont : le souci, ce n'est pas Ed. C'est Al. Si nous comprenons ce qui lui est arrivé, nous saurons ce qu'il est advenu d'Ed. Toute cette énigme se résoudra alors d'elle-même, comme une évidence.
— Et comment pourrais-je savoir ce qu'il s'est passé ce jour-là si je n'y étais pas ?
— Nous le pouvons. Vous connaissez quelqu'un qui était là à ce moment, et qui a été témoin de tout ça. »
Riza resta bouche bée.
Mais bien sûr !
La femme qui lui faisait face était bien plus qu'une simple scientifique. C'était avant tout une alliée extrêmement précieuse.
Une alliée qui venait de chasser les ténèbres qui, des jours durant, avaient obscurci son esprit.
« Le général… », souffla la blonde, presque pour elle-même.
« Depuis que vous avez vu ce garçon chez vous, vous êtes restée focalisée sur lui. Je vous comprends, mais avec ce journal… », indiqua Izumi en apposant sa main à plat dessus. « La donne a changé. En ce moment, l'urgence n'est pas de savoir ce que trament les homonculi, pas plus que de… retrouver Ed. »
Un temps d'hésitation révéla combien ce raisonnement lui coûtait. Néanmoins, la brune choisit de poursuivre :
« C'est de localiser le général Mustang, s'il est effectivement vivant, pour le rejoindre et entendre sa version des faits. Il est le seul qui pourra nous éclairer.
— Mais je ne sais pas où chercher ! Ni même s'il est…
— En vie ? Il y a de grandes chances que si. Faites confiance à votre intuition ! Pour moi, ce journal en dit long », affirma le maître des garçons en tapotant le papier froissé. « Et pas que celui-ci. Si on alignait tous ceux qui sont sortis ces dernières semaines, je suis sûre que les incohérences du gouvernement nous sauteraient aux yeux. L'armée essaie de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Sans compter toutes ces descentes, dans la capitale. C'est beaucoup d'agitation pour quelqu'un de supposément mort. S'ils s'excitent autant, là-haut, et s'ils se sont donné la peine de rajouter le signalement du général au vôtre, c'est qu'ils ne sont pas tranquilles. Mais pour moi, le plus criant reste cet enterrement. »
L'alchimiste eut un rictus à vous glacer le sang. Riza comprit mieux pourquoi, lorsqu'ils mentionnaient leur maître, Edward et Alphonse avaient parfois des sueurs froides. À cette vision terrifiante, seul un mince filet de voix lui échappa :
« Pourquoi ça ?
— Parce qu'il nous renseigne sur deux points : un, à présent, les homonculi sont aux abois ; deux, ils sont complètement stupides. »
Izumi croisa les jambes et les bras d'un air revanchard.
« Faire passer cet enterrement pour une ruse du général et monter cette histoire de faux corps… Franchement ! On dirait des enfants pris la main dans le sac. » Le ton laissait supposer que c'était l'expérience qui parlait. « Nous n'en sommes pas loin, en soi. Ces nigauds avouent noir sur blanc qu'ils ont vendu la peau de l'ours avant de l'avoir tué.
— Vous voulez dire que…
— Parfaitement. Vous savez, j'ai eu quelques déboires avec l'un de ces êtres, par le passé.
— Vraiment ?!
— Hélas, oui. Comment s'appelait-il, déjà ? » Elle se tapota le menton. « "Greed", je crois… Enfin, qu'importe. Toujours est-il que, question prétention, je dois reconnaître qu'il se posait là. Je ne serais pas étonnée qu'il en soit de même pour le reste de sa petite famille. À mon avis, ces créatures ont présumé de leurs forces. Cette histoire de complot est tellement tirée par les cheveux… Elle me donne l'impression d'avoir été inventée à la va-vite, plus pour justifier le fait que ces funérailles aient été tenues que pour expliquer l'effondrement du Q.G. Je mettrais ma main à couper que vous avez vu juste. Ce cercueil était vide. Ces obsèques n'étaient pour les responsables qu'une formalité, persuadés qu'ils étaient d'être parvenus à leurs fins. Curieux, d'ailleurs, qu'ils n'aient pas fait de même pour Ed.
— Maintenant que vous le dites…
— De deux choses l'une, alors : soit les homonculi pensaient que la disparition d'Ed ne ferait pas grand bruit, ce qui ne serait guère étonnant compte tenu de ses maigres "faits d'armes" – après tout, votre supérieur a largement fait plus parler de lui que lui, ces dernières années… soit ils savaient qu'il n'y avait pas besoin de funérailles pour lui, car il est vivant et que ça ne leur a pas effleuré l'esprit. Pire : peut-être se seraient-ils tiré une balle dans le pied en le déclarant mort, s'il ne l'est pas. Edward, si c'est bien lui, semble libre de ses mouvements. D'autres que vous auraient pu l'apercevoir. La crédibilité de notre dictateur favori en aurait pris un coup, si Ed avait été vu en train de trottiner dans les rues de Central après l'annonce de son décès.
— Ça se tient. Mais alors…
— Tout juste. À l'inverse, on peut en déduire que si les hautes sphères ont organisé ces funérailles pour le général, c'est qu'elles pensaient en avoir fini avec lui. Donc, ce journal, ce complot inventé de toutes pièces… c'est la preuve de leur échec. La preuve de sa survie.
— Les travaux… », souffla Riza, dont le visage s'était illuminé aux mots d'Izumi. La blonde claqua des doigts. « Ils viennent de les finir. C'est ça… C'est forcément ça ! Il n'y avait aucun corps sous les décombres. »
Tous les indices se répondaient. Tout conduisait à cette conclusion. Dès lors…
Leur seule solution est d'entacher l'image du général pour le coincer, limiter les dégâts de leur côté, et terminer ce qu'ils ont commencé, songea Riza, partagée entre espoir et angoisse.
Une angoisse que vint raviver Izumi malgré elle :
« À supposer que tout ça soit vrai, je serais d'avis de ne pas vous faire trop d'illusions pour autant. J'ai vu les ravages causés par l'attentat de mars. Si votre supérieur s'est retrouvé prisonnier des décombres ou s'il a dû tenir tête à cet homonculus et à ses comparses, attendez-vous à ce qu'il ne s'en soit pas sorti indemne. »
Riza ferma douloureusement les yeux. Elle l'avait déjà compris toute seule, mais l'entendre de la bouche d'une autre ne faisait que donner davantage corps à cette crainte. Izumi dut voir l'ombre qui planait sur son visage, parce qu'elle tenta de lui apporter du réconfort :
« Tout n'est pas si noir pour autant. Cela voudrait aussi dire que votre collègue n'a pas pu aller bien loin.
— Il serait toujours à Central ? » s'interrogea Riza, stupéfaite.
Quoique l'idée fût séduisante, la perspective de devoir retourner à son point de départ, avec l'armée à ses trousses, était tout sauf réjouissante.
« On peut le supposer, si l'on s'en tient aux indices dont on dispose et au tempérament que je devine vindicatif du sulfureux Flame Alchemist », confirma Izumi. « Reste à savoir où. Il nous faudrait une carte pour établir un "périmètre de survie", comprenant les lieux où il aurait pu se réfugier à proximité du Q.G. Il doit bien en exister au moins un où il aurait pu vivoter au cours des deux derniers mois, à l'abri des regards. Enfin, je ne pourrai pas vraiment vous aider à déterminer où, je ne connais pas suffisamment bien la ville. C'est après que ça se corse. »
Les deux femmes se turent un instant. Riza avait déjà deviné la suite :
« Après ça, la seule solution sera de vous rendre directement sur place. Mais vu la situation, cela va sans dire, c'est courir droit à la mort. »
Riza laissa son regard se perdre sur le journal, de l'autre côté de la table.
En à peine une heure, elle avait pu, grâce à Izumi, démêler beaucoup de choses et trouver une ébauche de plan de bataille. C'était beaucoup, car elle entrevoyait enfin un moyen de lever le voile sur tout ce mystère et de se débarrasser des tourments qui architecturaient tout son être depuis de longs mois déjà. Toutefois, l'alchimiste avait raison. Suivre cette voie, c'était se jeter à corps perdu dans la gueule du loup et risquer de perdre la vie, sans garanties de réussite.
Cela dit, y avait-il grande différence avec ce qu'elle avait traversé jusqu'ici ?
Elle avait failli mourir, ce soir-là, lorsque le canon de sa propre arme avait caressé sa tempe. Puis, une seconde fois lorsque elle-même l'avait dirigé vers sa tête.
Riza fronça les sourcils et baissa les yeux. Enfin, après un instant de réflexion, elle les leva et croisa ceux d'Izumi.
Ce monstre regretterait de ne pas avoir appuyé sur la détente.
« Vos conseils m'ont été très précieux », termina le lieutenant en quittant son expression déterminée pour offrir un chaleureux sourire au couple. « Je manquais de recul sur la situation. Grâce à vous, j'y vois plus clair. J'y vois tout court, même. »
Elle se leva et rajouta avec une sérénité à laquelle elle ne pensait plus pouvoir goûter :
« Je comprends mieux pourquoi les frères Elric vous admirent tant.
— Ces idiots ! S'ils m'admiraient autant que vous le dites, ils se seraient rappelé que je leur ai toujours répété d'être plus prudents. Mais que voulez-vous ! Ce sont des têtes brûlées. On n'y peut rien », répondit Izumi en se levant elle aussi… avant d'écarquiller les yeux de stupeur et de s'effondrer, emportant la chaise dans sa chute.
À suivre…
Hé hé ! Que se passe-t-il ?! Pour le coup, ça, vous le saurez samedi prochain ! En plus, on a passé la plus grosse partie « fil rouge », ce qui signifie que, dorénavant, nous allons retrouver des choix à un rythme plus soutenu, à commencer par un premier la semaine prochaine. C'est-y pas cool ?
D'ici là, je vous fais des bisouX. N'oubliez pas de mettre un petit commentaire pour booster le mood(parce que moi, je ne prends pas de sucre dans mon café :p).
White Assassin
