Cette fic est écrite dans le cadre de la 184ème nuit écriture du FoF (Forum Francophone) pour le thème "Minuit". Le FoF est un forum regroupant tous les francophones de ffnet où l'on peut discuter, demander de l'aide ou s'amuser entre nous. Le lien se trouve dans mes favoris. Rejoignez-nous !
Sirius soupira longuement. Son réveil venait d'afficher minuit et il savait par expérience qu'il ne dormirait donc pas. Quand il était plus jeune, il avait souvent essayé. De se dire que cette heure ne signifiait rien, que les corrections de son père étaient trop douloureuses pour qu'il s'endorme rapidement mais que ça ne l'empêcherait pas de bien dormir dès qu'il aurait trouvé une position confortable. Mais rien n'y faisait. Il avait grandi en apprenant, à force de nuits blanches, ce fait qu'aucune stratégie de respiration ou de calme ne pouvait contrer : S'il n'était pas endormi à minuit, alors il ne réussirait pas à s'endormir de la nuit.
Chez lui, il avait pris l'habitude de se résigner, de rallumer la lumière de sa chambre et de s'occuper, au calme et sans crainte que ses parents ne le surprennent. Mais il n'était plus chez ses parents. Il était à Poudlard pour sa première nuit, réparti à Gryffondor à la surprise générale, il avait ressassé pendant des heures la façon dont il allait pouvoir annoncer cela à ses parents, et il avait fini par remarquer que minuit était passé, qu'il ne dormait toujours pas mais qu'il était obligé de rester silencieux et dans le noir pour ne pas gêner ses camarades de dortoir. Il avait bien envisagé de se lever dans leur salle commune mais il ignorait s'il était autorisé de quitter le dortoir la nuit. Si les professeurs l'apprenaient et en avertissaient ses parents, est-ce qu'il ne s'attirerait pas plus d'ennuis encore que ce que sa répartition lui apporterait déjà ? Il tourna dans son lit pendant plusieurs minutes avant d'admettre qu'il ne tiendrait pas toute la nuit comme ça. Tant pis pour les remontrances de ses parents, le fait d'être à Gryffondor éclipserait certainement une bête sortie nocturne.
Il rouvrit ses baldaquins et se glissa hors de son lit. Il avait pensé être silencieux, pourtant, il n'avait pas traversé la moitié du dortoir qu'une voix l'interrompit :
- Tu ne dors pas ?
Il se tourna vers James qui le regardait d'un air surpris. Est-ce qu'il l'avait vraiment réveillé ou est-ce que lui non plus ne parvenait pas à dormir ?
- Non, avoua-t-il. Et il est plus de minuit. J'arrive jamais à fermer l'œil de la nuit si je ne dors pas à minuit, donc je me levais pour ne pas vous déranger.
- Vu les ronflements qui viennent de leur lit, je doute que tu les déranges, sourit James en désignant les baldaquins fermés de Remus et Peter. Même si tu ne dors pas, ça te ferait du bien de te reposer. Viens, si tu veux.
James s'était complètement redressé dans son lit et désignait l'espace face à lui sur les draps. Sirius n'hésita qu'une seconde avant de le rejoindre et, une fois installé confortablement, James reprit :
- Alors, raconte… Qu'est-ce qui t'empêche de dormir ?
Sirius avait commencé timidement le récit de son enfance chez ses parents. James l'avait rassuré en lui jurant que le fait que toute sa famille soit passée par Serpentard ne le définissait pas, et que lui-même aimait bien le fait qu'il ait été réparti à Gryffondor – parce qu'il l'aimait bien, lui, et qu'ils pourraient ainsi passer plus de temps ensemble. Au fil des heures passées à discuter, de leurs familles, de Quidditch, des sortilèges qu'ils avaient envie d'apprendre, de leurs inquiétudes sur le groupe appelé les mangemorts et qui terrorisait la population, ils avaient changé de position et s'étaient vite retrouvés allongés côte à côte, installés contre l'oreiller de James. La voix de Sirius avait fini par s'éteindre progressivement au milieu d'une phrase et sa tête par retomber contre l'épaule de James, qui s'était également endormi rapidement après.
Et, quand Sirius s'était réveillé quelques heures après, toujours blotti contre James et avec l'impression de ne jamais s'être senti aussi reposé, il s'était persuadé que sa répartition à Gryffondor avait quand même eu du bon et que, s'il n'était pas endormi à minuit, James serait toujours là pour lui éviter une nouvelle nuit blanche.
En espérant que ça vous ait plu !
