Chapitre 22: Les crises de colère de Thémis

Camus et Hilda avaient pris l'avion pour aller voir leur nièce Thémis, la petite fille de trois ans. Freya, quant à elle, traversait une période difficile. Sa fille était très instable en ce moment, et n'écoutait plus rien de ce qu'on lui disait.

Maman, je véu la robe rose!!!

Ma chérie, elle est en train de sécher, tu ne peux pas la mettre, répondit Freya.

Je suis fâchée! Je véu la robe rose! cria Thémis en tapant du pied.

Ça suffit Thémis, ce n'est pas toi qui décides, dit Freya d'un ton sérieux.

Doudou cygne!!! Ouiiin… méchante maman… pleurnicha Thémis en courant dans sa chambre.

Hyoga, qui rentrait des courses, fut surpris de trouver sa fille en pleurs.

Ta fille n'en fait qu'à sa tête ce matin, dit Freya, agacée. Ça suffit la comédie.

Ouinnnnn!!! Méchante maman… Doudou!! Doudou!!!

Y a pas de doudou, Thémis. Tant que tu ne fais pas ce qu'on te dit, doudou est confisqué.

Freya, tu es dure je trouve…

Je ne suis pas dure, Hyoga. Ta fille fait ce qu'elle veut, ça suffit les caprices, elle doit apprendre à obéir.

Thémis sanglotait dans sa chambre, allongée dans son lit, la tête enfouie dans l'oreiller.

Rends-lui au moins son doudou. Je ne suis pas d'accord avec ta méthode, dit Hyoga, contrarié.

Il en est hors de question. En faisant ça, tu lui donnes raison. C'est vraiment ce que tu veux?

Mon amour, s'il te plaît, rends-lui son doudou, demanda Hyoga tendrement.

Non. Et ce n'est pas négociable, répondit Freya, les yeux brillants de colère.

Je dois aller chercher Hilda à l'aéroport. Fais en sorte que Thémis accepte de mettre la robe posée dans sa chambre.

Freya quitta la maison, toujours énervée. Hyoga rangea les courses, puis se rendit dans la chambre de Thémis qui s'était endormie en larmes. La petite tenait fermement son oreiller, blottie contre elle-même.

Hyoga la prit doucement dans ses bras. Thémis sentit la chaleur réconfortante de son papa et se serra contre lui, murmurant entre deux sanglots:

Papa… Doudou…

Tiens ma chérie, ton doudou, dit-il doucement.

Maman a fait pleurer Thémis. Maman pas gentille…

Tout va bien, ma Thémis. Tu veux mettre ta jolie robe? Je suis sûr que tu seras une véritable princesse dedans. Et tu sais, ta tante Hilda vient à la maison.

Oui papa… Tu m'aides?

Oui princesse.

Après que Thémis eut accepté de mettre sa robe, elle demanda encore à être portée dans les bras de son papa. Dans le salon, elle jouait tranquillement. Hyoga préparait la table pour accueillir Hilda, Camus et le petit Isak.

Papa fait quoi? demanda-t-elle.

Je mets la table ma puce. Tu veux aider papa?

Trop lourd pour Thémis. Peut pas aider papa.

Hyoga rigola et lui fit un bisou sur le front.

À l'aéroport, Freya venait de retrouver sa sœur qui venait de descendre de l'avion avec le petit Isak dans les bras.

Ma sœur! Comment vas-tu? demanda Hilda.

Je vais bien. Et vous? Comment ça se passe à Asgard?

Asgard va bien, mais tu connais les problématiques avec la glace. Les vents sont de plus en plus froids, les habitants souffrent. Mais le seigneur Odin nous protège, je prie souvent devant sa statue.

D'accord. Et toi, cher beau-frère, comment vas-tu?

Je vais très bien. Nous avons simplement des nuits difficiles à cause de ce petit bonhomme, mais rien de grave, répondit Camus calmement.

Ils montèrent en voiture pour rentrer à la maison. À leur arrivée, Thémis jouait calmement dans son parc.

Tante Hilda! cria Thémis en courant vers elle.

Ma petite princesse! Tu as encore grandi!

Camus, bonjour, comment vas-tu? demanda Hyoga.

Je vais très bien.

Ma chère belle-sœur, vous êtes ravissante dans votre robe, complimenta Hyoga.

Merci, c'est très gentil, répondit Hilda avec un sourire.

Papa, faim! J'ai faim! dit Thémis en tapotant son petit ventre.

Ma petite chérie, on va bientôt manger, ne t'en fais pas.

Elle a du caractère votre fille, plaisanta Camus.

Surtout du caractère… Je dirais même un peu trop, dit Freya en fixant Thémis, qui détourna les yeux, fâchée.

Bon, allons à table. J'ai préparé un biberon pour le petit Isak, s'il a faim.

Merci, Hyoga. C'est très gentil. Pour l'instant il dort encore.

Hilda et Camus déposèrent leurs affaires et installèrent Isak dans le petit berceau pliable. Tout le monde passa à table. Thémis mangea sagement sa purée de pommes de terre, préparée par son papa.

Mais après le repas, l'heure du coucher arriva.

Non papa! Pas dodo! fit Thémis en se cachant.

Allez ma chérie, il est l'heure. Papa reste avec toi.

Non pas dodo! Thémis veut papa! dit-elle au bord des larmes, serrant fort son doudou.

Thémis, ça suffit! cria Freya.

La petite se cacha derrière son papa, effrayée.

Freya, ne crie pas. Tout va bien.

Non! Thémis, viens ici maintenant. Tu vas au lit!

Freya attrapa Thémis malgré ses larmes. La petite voulait son papa.

Thémis, arrête ta comédie. Papa ne viendra pas. Il est l'heure de dormir.

Elle pleura contre son doudou tandis que Freya fermait les volets. Puis Freya ressortit, silencieuse. Tous les regards étaient tournés vers elle.

Freya, pourquoi tu cries sur Thémis? demanda Hyoga, visiblement en colère.

Elle n'est pas une princesse. Elle doit obéir, c'est comme ça, point.

Mais tu lui fais de la peine… dit Hyoga calmement.

On va peut-être vous laisser pour l'instant. C'est l'heure de nourrir Isak, dit Hilda en prenant le biberon, Camus la suivant dans la chambre.

Mais ce n'est pas sa faute. Elle est encore toute petite. C'est normal à cet âge de faire des colères. Elle affirme son caractère, tenta d'expliquer Hyoga.

Non. Si tu arrêtais de céder à tout ce qu'elle demande, peut-être qu'elle serait plus raisonnable, rétorqua Freya.

Alors ce serait ma faute si elle n'écoute pas? Je te rappelle qu'on est deux dans ce rôle de parent. Je n'accepterai pas d'être accusé d'être un père trop doux juste parce que j'essaie de comprendre ma fille.

Et pourtant c'est ce que tu fais! Sois un peu plus autoritaire avec elle!

Cette discussion ne mène à rien. Tu es trop têtue pour écouter.

Part! Va-t'en! cria Freya.

Très bien, je pars, répondit Hyoga, furieux, en attrapant sa veste. Il claqua la porte derrière lui.

Freya se mit à pleurer, mais elle voulait rester forte. Sa fille devait apprendre à obéir. Elle se disait qu'elle était une maman forte et douce. Et que Hyoga était un père formidable et aimant, câlin avec sa fille. Mais parfois, il fallait poser des limites.

Thémis traversait une phase que beaucoup d'enfants de trois ans vivent. Et c'était tout à fait normal.